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Le 27 février dernier à 3h34 locales, le Chili était durement touché par un violent séisme de magnitude 8,8. Selon les estimations, il y aurait environ 800 morts, le nombre de sinistrés étant quant à lui évalué à 2 millions.
L'Etat chilien n'a trouvé d'autres moyens que d'envoyer l'armée dans les zones touchées et d'augmenter ses effectifs policiers. Quelle meilleure façon d'aider une population déjà très fortement sinistrée ?
Face à cette catastrophe naturelle les compagnons libertaires tentent de réagir rapidement aux vues des multiples dégâts et des besoins du peuple chilien. Seul le peuple aide le peuple. La solidarité de classe avant tout. Tel est le mot d'ordre des compagnons se mobilisant. De nombreuses organisations sociales, syndicats et organisations étudiantes se réunissent en assemblée. Des comités de solidarité sont mis en place dans la capitale permettant de collecter des vêtements, nourriture, etc. Nous devons soutenir autant que nous le pouvons nos organisations soeurs.
Pour soutenir nos compagnons chiliens nous relayons un appel à la solidarité. Toute aide est la bienvenue. Contactez-nous !
Secrétariat international d'Alternative Libertaire, le 10 mars 2010
Tanya Reinhart, journaliste et linguiste, s'attaque ici aux mythes qu'Israël, depuis sa création, est obligé d'inventer et de peaufiner pour continuer de justifier l'injustifiable, d'excuser l'impardonnable.
En s'attachant à explorer la politique des faucons autant que des soi-disant colombes, elle dévoile une commune obsession : débarrasser le pays des Palestiniens.
Son objet d'étude est exclusif : les accords d'Oslo et le travail de propagande israélien, ses actions politiques pour mystifier son monde. L'objectif : faire capoter les accords (depuis le début !) en faisant porter le chapeau aux Palestiniennes et aux Palestiniens.
Elle examine bien sûr au passage l'histoire et les grands épisodes du conflit et des étapes du si mal nommé « processus de paix ». Mais le ton est passionné, scandalisé, et profondément digne.
Ce livre qui se lit presque comme un roman, se penche sur les aspects essentiels du conflit : la volonté farouche et paranoïaque des Israéliennes et des Israéliens de poursuivre la guerre entamée en 1948, le nettoyage ethnique et la finesse de sa technologie militaire, médiatique et politique. Il faut y ajouter une analyse profonde des motivations schizophrènes d'Israël : « où Israël veut-il en venir ? ».
C'est, en forme de point sur les i, la lecture à faire pour saisir les évolutions récentes du conflit.
Cuervo (AL 95)
L'immigration sioniste en Palestine ottomane a commencé dès la fin du XIXe siècle. Elle s'est accentuée considérablement après la déclaration Balfour de 1917, par laquelle la Couronne britannique promettait aux sionistes que, dès qu'elle aurait mis la main sur la Palestine, elle y favoriserait l'implantation d'un « foyer national juif ». Cette transaction portait bien la marque de son temps : une époque où chasser des Noirs et des Arabes de leurs terres pour y installer des Blancs ne choquait pas grand monde.
Quand, près de vingt ans après Balfour, éclate la révolte, la Palestine a déjà changé de visage. Elle est passée du stade féodal à un capitalisme naissant, avec la montée en puissance économique des sionistes. Entre 1933 et 1935, 150 000 Juifs ont immigré en Palestine, atteignant 29,6 % de la population. L'occupant britannique collabore avec les élites arabes comme avec la direction sioniste, tout en tenant ses promesses vis-à-vis de cette dernière : il favorise une immigration juive de substitution, devant permettre de se passer du prolétariat arabe. Cependant, avec la colonisation des zones rurales, les paysans arabes sont chassés de leurs terres, et beaucoup immigrent dans les villes pour chercher un travail qui se raréfie. La tension sociale ne fait donc que grandir, et le slogan « Le travail aux Juifs » s'accompagne de la naissance de tendances fascistes parmi les colons .
Dans les villes, le mouvement ouvrier palestinien naissant doit, en plus de l'impérialisme britannique, faire face à deux ennemis : d'une part la Haganah, l'organisation paramilitaire sioniste qui, bientôt, deviendra une force supplétive de l'armée britannique ; d'autre part les hommes de main des caciques clérico-féodaux palestiniens, qui assassinent épisodiquement des syndicalistes gênants. La seule organisation internationaliste est le Parti communiste de Palestine (PCP), qui se veut multiethnique même si la plupart de ses dirigeants sont juifs. Mais, persécuté, il a échoué à s'enraciner dans la classe ouvrière arabe. Cela se paiera cher au moment de l'explosion de 1936, quand la représentation du mouvement national sera monopolisée par les élites clérico-féodales.
Al-Qassam tombe les armes à la mainLa révolte de 1936 n'éclate pas comme un brusque orage dans un ciel serein. Elle succède à plusieurs années de manifestations, grèves et violences interconfessionnelles.
Le 19 novembre 1935, le chef d'un groupe armé nationaliste qui bientôt passera à la légende, Cheikh Izz al-Din al-Qassam, est tué lors d'un accrochage avec les Britanniques. Sa mort va provoquer une prise de conscience dans la population arabe et les troubles vont aller grandissant. La ville de Jaffa se soulève et, le 21 avril 1936, lance un appel à la grève générale. Dans les villes et villages, des comités de grève se créent et convoquent un congrès le 7 mai. Il en ressortira trois revendications principales : arrêt de l'immigration juive, prohibition de la vente des terres et octroi de l'indépendance. Dans le même temps, le congrès confie la direction du mouvement à une coalition de partis représentant la bourgeoisie marchande et les vieilles élites clérico-féodales : le Haut Comité arabe, présidé par le grand mufti de Jérusalem.
Mais cette direction, soucieuse de préserver ses intérêts de classe, craint moins l'occupant britannique qu'un mouvement populaire qui bouscule ses habitudes de collaboration. Les Britanniques en ont conscience, et ménagent ces adversaires irrésolus [1].
Un mois après le lancement de la grève, les Palestiniens cessent de payer l'impôt ; les transports en commun, les ports, l'enseignement, la justice, les municipalités et plusieurs autres secteurs sont paralysés. Les paysans rejoignent les maquis créés par des partisans d'Al-Qassam. Le pipeline Kirkouk-Haïfa est saboté, ainsi que des lignes de chemin de fer.
Le keffieh, symbole de rébellionAu bout de 174 jours, malgré tout, le Haut Comité arabe appelle à la fin d'une grève qu'il n'avait pas déclenchée, pour entrer en négociation avec les Britanniques. De leur côté, les maquis suspendent les combats. Mais d'ores et déjà l'expérience a bouleversé la société palestinienne. Comme l'écrira l'historien Elias Sanbar, « pendant six mois, les Palestiniens avaient vécu avec leur pouvoirs, leurs contradictions et leurs formes sociales spécifiques, une période unique, sorte de préfiguration d'une patrie débarrassée du colonialisme » [2]. Les liens entre la ville et la campagne se renforcent. Vu le rôle important des paysans dans l'insurrection, les citadins adoptent leurs habits, comme le keffieh et l'agal, de telle sorte qu'un paysan venant en ville ne puisse être harcelé par les autorités. Le keffieh devient un symbole de résistance.
En novembre, l'insurrection laisse la place aux négociations. Londres envoie des médiateurs. Mais ceux-ci concluent, en juillet 1937, que la solution est de démembrer la Palestine en créant deux États, un juif et un arabe. Les sionistes acceptent évidemment. Le Haut Comité arabe ne peut que refuser.
Les sionistes, supplétifs des BritanniquesLa violence redémarre donc, pour trois ans. Cette seconde partie de l'insurrection voit la Haganah se transformer en force supplétive de l'armée britannique. Ainsi armée et entraînée, elle fournira les cadres de l'armée israélienne en 1948.
Le bilan humain de ces quatre années est lourd : 200 Britanniques ont été tués, 500 Juifs et 5 000 Arabes. Près de 9 000 de ces derniers ont été emprisonnés. Au regard de la population de l'époque, c'est énorme. Cela aurait signifié, en Grande-Bretagne, 200 000 morts et 1,22 million de détenus. Il aura fallu trois ans d'opérations et des renforts considérables pour étouffer une révolte qui, dès le départ, était bien mal engagée. Son échec, en dehors de l'inégal rapport de forces, c'est l'échec d'une direction archaïque – le grand mufti finira d'ailleurs par se réfugier en Allemagne nazie.
La faiblesse du mouvement ouvrier internationaliste ne permit pas de créer à temps des ponts avec le prolétariat juif, ni de prendre l'ascendant sur le mouvement populaire. Malgré cette défaite, la grande révolte de 1936 devait rester, pour la population palestinienne, un évènement fondateur de sa longue marche pour l'émancipation.
Nico P. (AL 77)
De la mort d'Al-Qassam à la fin de l'insurrection19 novembre 1935 Le maquisard nationaliste Al-Qassam est tué par l'armée britannique.
12 avril 1936 Formation du Haut Comité arabe, coalition de caciques présidée par le grand mufti.
21 avril Appel à la grève générale lancé par la population révoltée de Jaffa.
7 mai 150 délégués arabes réunis en congrès réclament l'arrêt de l'immigration juive et l'indépendance.
15 mai début de la grève de l'impôt.
23 mai Répression sélective : arrestation de 63 meneurs de la grève, tandis que les leaders modérés liés au mufti sont préservés.
18 juin L'armée britannique dynamite 220 maisons à Jaffa, jetant 6 000 personnes à la rue.
19 juin Londres estime qu'il y a un « lien organique entre la sécurité des intérêts britanniques et le succès du sionisme en Palestine ».
30 septembre 20 000 soldats supplémentaires sont en Palestine.
11 octobre Le Haut Comité arabe appelle à la fin de la grève.
11 novembre Appel aux maquis à cesser le feu.
7 juillet 1937 Les médiateurs de la commission Peel préconisent la partition de la Palestine entre sionistes et Arabes. Le Haut Comité arabe refuse. Il est dissous par les Britanniques. Le mufti doit s'enfuir. Les maquis se reforment et la révolte reprend. Elle ne sera écrasée qu'en 1939.
[1] Ghassan Kanafani « La révolte de 1936-39 en Palestine », Affaires palestiniennes n°6, janvier 1972.
[2] Elias Sanbar, Les Palestiniens dans le siècle, Gallimard, 2001.
Emission de radio à écouter ou télécharger :
Quand bébé rime avec business, le projet pédagogique n'est pas au cœur des préoccupations des entreprises, c'est plutôt la mise en place d'une organisation rentable au détriment de la qualité du travail.
Nous défendons des pédagogies "innovantes", centrées sur l'enfant et sa famille, la réflexion sur nos pratiques, la communication et l'autonomie. Cela gêne une pensée normative, associée à des pratiques managériales qui entravent les libertés de mouvements, le bien-être de l'enfant et l'accueil personnalisé des familles.
Quand une équipe dynamique et reconnue dans ses compétences a en plus le culot de se syndiquer, l'entreprise pique sa crise !!
Récemment 5 salariées d'une structure (qui en compte 9) ont fait l'objet de mises à pied conservatoires et ont été convoquées à des entretiens préalable au licenciement au lendemain d'une journée de grève suite aux pressions de la direction. Elles ont été sommées de quitter la crèche sous les yeux des enfants qui ont découvert une nouvelle équipe du jour au lendemain.
Imaginez le bouleversement des parents qui se voient ce jour-là confier leurs chérubins à des personnes inconnues des enfants !
Stop à la répression !Pour accueillir les jeunes enfants dans de meilleures conditions, nous continuons à revendiquer :
. la réintégration des salariées sanctionnées
. la liberté syndicale
. le rattachement à une convention collective choisie par les salarié-e-s
. le respect des projets pédagogiques tournés vers l'émancipation des enfants
. le refus des heures supplémentaires et l'embauche de personnel !
. une augmentation conséquente des salaires
. 8 semaines de congés pour tous et toutes !
. un droit à la formation et à l'information pour toutes les catégories de personnel !
Section CNT People and baby / Fédération CNT des travailleurs de la santé, du social et des collectivités territoriales 33 rue des Vignoles - 75020 Paris Tel : 06 19 34 51 27 Email : sectionpetb@cnt-f.org Site : http://www.cnt-f.org/sante-social.rp/
Les député-es unanimes s'apprêtent à voter une loi contre les violences faites aux femmes. La même semaine, une jeune marocaine de 18 ans est expulsée vers le Maroc après avoir tenté de porter plainte contre son frère qui la violentait.
L'État fait une campagne de pub inutile pour son grand emprunt illustrée par une Marianne habillée d'un blanc virginal et enceinte. Des centres IVG ferment dans le cadre du démentèlement de l'hopital public et ceux qui restent n'ont pas les moyens de fonctionner correctement. Les femmes de France recommencent à aller avorter en nombre à l'étranger.
Des député-es de tous les bords se prononcent pour une interdiction du port du voile intégral au nom du respect des femmes. Des membres du gouvernement parlent de rouvrir les maisons closes.
Le gouvernement milite pour qu'il y ait plus de femmes dans les conseils d'administration des entreprises du CAC40. Plus de 80 % des travailleurs pauvres sont des femmes.
Les discours appelant au respect et à l'extension des droits des femmes n'ont jamais été aussi nombreux. Et étrangement le recul de ces mêmes droits est constant et considérable. Ces discours ne sont que poudre aux yeux et instrumentalisation à visées électorales.
Les dirigeants et dirigeantes politiques et économiques se fichent des droits des femmes, seuls les profits les intéressent et les motivent. La croissance et la protection des entreprises priment surle sort des individus, en particulier des femmes.
Nous n'avons rien à attendre d'elles et eux. Refusons les débats électoraux, laissons les politiques à leurs jeux de pouvoir, foutons-nous d'eux comme ils se foutent de nous.
Bien sûr, il nous faut continuer à exiger le respect et l'extension de nos droits par le pouvoir mais également être lucides sur le fait que rien ne nous sera donné et que la régression n'est pas finie.
Alors organisons-nous pour prendre ce qui est à nous.
Cachons et protégeons les femmes sans-papiers !
Luttons pour l'égalité salariale et contre les discriminations dans les entreprises !
Défendons notre droit à disposer de notre corps et de notre liberté sexuelle !
Opposons-nous aux fermetures de centres IVG et revendiquons avortement et contraceptions libres, gratuits et réellement accessibles !
Boycottons les débats posés en des termes qui ne peuvent que desservir les femmes !
Conférence-débat avec Guillaume de Gracia, le samedi 13 mars 2010 à 17 h au local du CIRA, 3 rue Saint Dominique (près gare Saint Charles), 13001 Marseille
Que des centaines de milliers, voire des millions d'Argentins soient descendus dans les rues de Buenos Aires, les 19 et 20 décembre 2001 au cri de ¡ Que se vayan todos ! (Qu'ils s'en aillent tous !) apparut pour bien des commentateurs, la simple expression de la légitime exaspération de citoyens dont les droits les plus élémentaires étaient depuis longtemps bafoués.
Que la protestation dure dix jours et que de réguliers soulèvements ponctués de très violents affrontements avec les forces de l'ordre forcent quatre présidents consécutifs à abdiquer, voilà qui commençait à inquiéter. D'autant que ces insurrections urbaines se doublaient de formes de constructions populaires que la mythologie néo-libérale pensait avoir bannies pour de bon dans « ses » démocraties : assemblées de quartiers, entreprises récupérées et autogérées par leurs travailleurs, troc… La « Fin de l'Histoire » prophétisée par Francis Fukuyama peinait à se concrétiser. (…)
Plusieurs millions d'Européens ont littéralement débarqué en Argentine entre le milieu des années 1870 et 1910. Autant de paysans italiens et espagnols politiquement sensibilisés aux formes sociétales alternatives que supposaient les utopies anarchistes et socialistes. Autant de futurs ouvriers mais aussi, de futurs militants qui vont ancrer profondément dans l'esprit collectif argentin une mythologie utopique et une solide subculture de lutte, dont les méthodes vont se retrouver tout au long du dernier siècle. Autant d'individus qui, au début des années 1900 vont se syndiquer au sein de structures : FORA, UGT ou USA, à l'esprit indéniablement libertaire (au sens large) totalement hermétiques aux formes de collaboration de classes et de jeu parlementaire prônés par les sociaux-démocrates de l'époque. (…)
La politique économique et sociale menée pendant les dix ans de la présidence de Carlos Menem aboutit à l'expression massive (bien que circonscrite temporellement) d'un anti-politisme qui fut et restera le marqueur le plus évident de l'anarchisme. Mais les fondements de cette idéologie - éducation et conscientisation - ayant du mal à se faire entendre en des temps d'ultra-médiatisation globaliste, le génie populaire argentin en inventa d'autres : l'horizontalisme.
Guillaume de Gracia, L'horizon argentin, petite histoire des voies empruntées par le pouvoir populaire, 1860-2001, éditions CNT-Région parisienne, 2009, 581 p., 22 euros. (livre disponible au CIRA) Centre International de Recherches sur l'Anarchisme
Infos/contact : Tel:09 50 51 10 89
Permanences Mardi au vendredi (15h30 a 18h30)
Manifestation àl'appel du Réseau « Stop aux expulsions de logement » (RESEL 13), le samedi 13 mars 2010 à 15 h place Sadi Carnot, 13001 Marseille
Le 15 mars, qui marque la fin de la trêve hivernale et le retour des expulsions, risque cette année d'être dramatique pour un nombre croissant de personnes. Avec la crise, la montée du chômage et les effets de la loi Boutin - qui a réduit par trois les délais d'expulsion - davantage de locataires sont menacés, alors que les loyers et les charges ont partout atteint des niveaux historiques. Demain l'huissier peut frapper à n'importe quelle porte, locataire, accédant, occupant précaire …
La flambée des loyers, de l'immobilier, et des charges, y compris en HLM, conjuguées à la baisse des revenus, a rendu difficile voire impossible l'accès à un logement stable pour les familles populaires, les salariés modestes, les jeunes, les précaires, les personnes vulnérables.
La cherté du logement réduit le pouvoir d'achat des ménages, voire les précarise. L'offre de logements à loyer abordable est très nettement insuffisante. Les formes d'habitat précaire se développent, les marchands de sommeil s'enrichissent, la crise du logement s'étend.
En 2010, le budget de l'Etat en faveur du logement social est en baisse. Le gouvernement ne tient pas ses engagements. De nombreuses familles sont expulsées sur autorisation de certaines Préfectures, alors qu'elles doivent les reloger en vertu de la loi DALO (droit au logement opposable de 2007). La loi Boutin a encore restreint les droits des locataires (entorses au droit au maintien dans les lieux), tandis que les nouvelles « Conventions d'utilité sociale » organisent la marchandisation du parc HLM.
La nouvelle « Garantie des risques locatifs », vantée par le gouvernement, ne s'accompagne d'aucune mesure en faveur d'un encadrement des loyers et ne s'attaque donc pas au coeur du problème. Rien n'est fait pour encadrer le marché, décourager la spéculation et la vacance des logements, et faire reculer la crise du logement.
Dans ce contexte, nous exigeons :
Un moratoire sur les expulsions locatives ;
Le droit à un logement stable, au lieu de la précarisation des locataires ;
L'encadrement des loyers et des charges, la taxation de la spéculation immobilière, pour rendre le logement accessible à tous ;
La réalisation massive de vrais logements sociaux ;
L'application de la loi de réquisition
Le refus de la marchandisation du logement social et l'abrogation de la loi Boutin.
Premiers signataires : CNL13, CSF13, LDH13, AMPIL, Article 13, ATTAC 13, AC !, CIMADE,
rejoignant l'appel national, regroupant CNL, CSF, DAL, AC !, ACDL, ADVOCACY, AIH, AITEC, ANECR, APEIS, ATTAC, Bagagérue, Caravane Solidaire, CAL, FSU, Jeudi Noir, HIC, LDH, Union Syndicale Solidaires, SNES, Stop Précarité, Syndicat des Avocats de France, Syndicat de la Magistrature…
Manifestation le lundi 8 mars 2010 à 18 h aux Mobiles (métro Réformés) à Marseille
1910‐2010 : 100 ans de luttes, d'espoirs et de victoires qui ont changé la vie des femmes, comme le droit de vote, le droit à la contraception et à l'avortement.
Mais beaucoup reste encore à faire :
Certains de ces acquis comme le droit à l'avortement sont menacés
L'égalité entre les hommes et les femmes existe dans le droit mais pas dans la vie
Les violences envers les femmes touchent des millions de femmes chaque année en France : viols, mutilations sexuelles, violences conjugales, mariages forcés, harcèlement…
Dans la crise économique les femmes sont les premières à vivre la précarité et le chômage.
Parmi elles, les femmes sans papiers n'ont aucun droit.
Ensemble, faisons du 8 mars 2010 une journée de lutte et d'actions pour l'égalité, la justice, la liberté, la solidarité et la paix.
Nous vous appelons toutes et tous dans la rue le 8 Mars 2010 à 18 heures aux Mobiles pour descendre la Canebière jusqu'au Vieux Port.
Ce 8 Mars à Marseille, comme dans le monde entier, nous lancerons la 3ème Marche Mondiale des Femmes qui se déroulera jusqu'au 17octobre 2010.
Nous dénonçons le capitalisme et le patriarcat qui engendrent les inégalités, la violence, le sexisme, le racisme et la pauvreté.
Nous exigeons que l'égalité professionnelle prévue par les textes soit une réalité.
Nous demandons qu'enfin soit adoptée une loi cadre contre les violences faites aux femmes.
Nous affirmons que face à la montée des intégrismes, seule la laïcité peut garantir le respect des droits et des libertés des femmes.
Nous agirons pour construire un monde de justice et de paix.
Il ne peut y avoir d'avenir possible pour l'humanité sans respect de l'intégrité des femmes, sans égalité entre les femmes et les hommes, sans partage équitable de la richesse collective.
Collectif 13 Droits des Femmes
Cette manifestation marquera le centenaire de la Journée internationale de lutte des femmes, l'ouverture de la 3e Marche Mondiale des Femmes et les 40 ans du MLF. Par ailleurs, à la veille de l'examen de la loi sur les violences faites aux femmes, prévu en mars, c'est aussi l'occasion de rappeler qu'il s'agit là du fruit de nombreuses années de lutte des féministes et qu'au-delà d'une loi, seul un changement des mentalités par une réelle éducation à l'égalité seront les clefs de nouveaux rapports hommes-femmes.
La manifestation parisienne pour les droits des femmes aura lieu le lundi 8 mars. Le rendez-vous sera à Nation à 18h30 pour nous rendre à Bastille. Un arrêt est prévu devant l'hôpital Saint Antoine pour protester contre la suppression des centres IVG et soutenir les personnels en lutte.
Alternative Libertaire sera présente à la manifestation dans un pôle libertaire, que vous retrouverez en fin de manifestation avec les organisations et partis politiques.
Le 12 mars, des milliers de personnels de l'éducation nationale seront en grève, principalement dans le secondaire mais pas seulement. Cette journée s'inscrit surtout dans le cadre du mouvement de grève reconductible qui touche plusieurs établissements dans les académies de Créteil, d'Aix-Marseille…
Quand le privé bouffe le public
L'entreprise de démolition programmée du service public d'éducation est aujourd'hui à un tournant décisif. La réforme de la formation des enseignants et enseignantes, gigantesque fabrique à précaires, couplée aux suppressions massives de postes (14 600 cette année, 50 000 en cinq ans) sont des signes clairs. En parallèle le nombre de postes aux concours du Privé augmente dans des proportions vertigineuses : + 121% pour le Capes privé, + 219% pour le CAFEP PLP ! La LRU permet le financement privé des universités et quelques « jardins d'enfants » payants sont appelés à remplacer les classes maternelles. En le finançant massivement, le gouvernement favorise clairement le secteur privé au détriment du public. Et ne soyons ni dupes ni naïfs : l'éducation est bel et bien privatisable. Des modèles alternatifs au service public existent (ailleurs dans le monde, embryonnaire ici dans les « boîtes à bac » qui pullulent…) et les capitalistes salivent à l'avance devant les futurs bénéfices du « marché » de l'éducation.
L'indécence des assises sécuritaires de Châtel
Inutile de s'étonner des actes « d'incivilités », vu l'état de délabrement savamment orchestré par le gouvernement : en trois ans près de la moitié des effectifs de Vie scolaire ont disparus. Que Châtel tente d'entonner la ritournelle sécuritaire pour amadouer les personnels en annonçant des « assises de la sécurité » n'est pas surprenant. Mais toutes les vidéosurveillances, tous les portails électriques, toutes les équipes mobiles de sécurité n'empêcheront pas la violence sociale d'exister dans un système d'injustice et d'oppression. Non, l'école n'est pas un sanctuaire ! Aujourd'hui corsetée entre loi du fric et loi des flics, l'école doit se libérer en redevenant un bien public appartenant à toutes et tous.
On a toutes les raisons de se révolter
Face à des conditions de travail dégradées pour les personnels de l'éducation nationale, il est légitime de se révolter. Dans la grève et dans l'action, les travailleurs et les travailleuses de l'éducation peuvent inverser la vapeur et apporter leur contribution à la construction d'un vaste mouvement d'ensemble. C'est la voie à suivre, celle que prennent les grévistes du 93 en reconduisant leur mouvement en assemblées générales souveraines. L'action et la démocratie directe sont nos seules garanties de victoire collective. Un mouvement massif pourrait aussi, comme dans le supérieur l'an passé, poser concrètement, par les personnels mobilisés eux et elles-mêmes, la question de l'alternative à l'école capitaliste. C'est ce à quoi veulent travailler les militants et militantes communistes libertaires de l'éducation.
Pas un euro pour l'enseignement privé, l'argent public à l'école publique !
Créations massives d'emplois publics, titularisation immédiate de tous les précaires
Nationalisation du privé sans indemnités : vers un service public d'éducation socialisé
Réunion publique organisée par Alternative Libertaire Montpellier le 20 Mars 2010 a 18H au Café de la Comédie, Allée Paul Riquet à Béziers (34)
Retraites, chômage, salaires… Quels outils face au rouleau compresseur capitaliste ?
La grève ou le bulletin de vote ?
La rue ou l'isoloir ?
Et quel projet de société ?
Venez en parler avec des militants communistes libertaires !
Réunion publique le 11 Mars a 18H au Full G, Rue des écoles laiques
(arret de tram Louis Blanc) à Montpellier
Retraites, chômage, salaires… Quels outils face au rouleau compresseur capitaliste ?
La grève ou le bulletin de vote ?
La rue ou l'isoloir ?
Et quel projet de société ?
Venez en parler avec des militants communistes libertaires !
Le 27 février dernier, la fédération CNT des travailleurs de la santé, du social et des collectivités territoriales publiait un communiqué intitulé « People and baby veut jeter le bébé avec l'eau du bain » (1) qui dénonçait au sein de cette entreprise gestionnaire de crèches la discrimination syndicale qui y est pratiquée et l'entrave au droit syndical. Il annonçait également, pour ces raisons notamment, une journée de grève parmi les personnels de la halte garderie Giono située dans le 13ème arrondissement de Paris pour le 1er mars.
Le 2 mars, le lendemain du mouvement de grève donc, « People and baby » jette effectivement le bébé avec l'eau du bain en signifiant à 5 salariées grévistes des mises à pieds conservatoires devant théoriquement déboucher sur des procédures de licenciement. Le motif invoqué est purement fallacieux puisqu'il est reproché à ces salariées une « insubordination » concernant des directives portant sur l'hygiène et la sécurité qui n'avait pourtant jusqu'à lors jamais été évoqué et n'avait jamais donné lieu à une quelconque sanction de la part de la direction. Ce qui est réellement reproché à ces salariées, c'est tout simplement de s'être syndiquées, d'avoir osé revendiquer de meilleurs conditions de travail et d'accueil pour les enfants, d'avoir défendu des pratiques professionnelles tournées vers l'éveil et de s'être mis en grève.
Le motif justifiant ces mises à pied est donc parfaitement infondé et n'a d'autre objectif que de faire pression sur les salariées concernées pour qu'elles acceptent enfin les ruptures conventionnelles de contrat de travail que « people and baby » leur propose depuis quelques temps avec une insistance qui confine au harcèlement. En effet, la direction a tout à gagner à se débarrasser des éléments venus troubler son insouciance du droit su travail sans avoir à recourir à des licenciements qu'il faudrait arriver à justifier. Par ailleurs, cette entreprise si soucieuse de son image de marque qui lui permet de conquérir de nombreux marchés en mettant en avant ses couches biodégradables et son « attention portée à la personne humaine »(2), n'a pas forcement envie que ses méthodes de « management », particulièrement violentes et répressives, s'ébruitent et viennent ternir sa réputation.
Pour l'heure, la mairie du 13ème arrondissement de Paris, qui a délégué sa mission de service public à la société « People and baby » et a déjà été interpellée au sujet de la situation à la halte garderie Giono, ne semble pas réagir. Ce qui laisse à penser que, de fait, elle cautionne les pratiques en vigueur dans cette entreprise et accorde une confiance aveugle à son prestataire sans se préoccuper du sort des salariées et des parents de sa circonscription.
La violence patronale s'exerce parfois dans des secteurs où on ne s'attend pas forcement à la trouver, comme celui de la petite enfance dans le cas présent. Mais dans une société où les crèches sont gérées par des entreprises dont l'unique préoccupation est la course au profit, comment pourrait-il en être autrement ?
La fédération CNT des travailleurs de la santé, du social et des collectivités territoriales tient à rappeler que les personnels de crèche ne sont pas biodégradables et ne se jettent pas comme des couches usagées. Et elle fera le nécessaire pour le faire valoir. La lutte ne fait que commencer.
Fait à Paris le 03.03.10
1) http://www.cnt-f.org/sante-social.r...
2) voir le site de « people and baby »
Féderation CNT des travailleurs de la santé, du social et des collectivités territoriales 33 rue des Vignoles - 75020 Paris Tel : 06 28 33 42 43 Courriel : fede.sante-social@cnt-f.org Site : http://www.cnt-f.org/sante-social.rp/
Il y a des jours, presque plus que d'autres, où les réacs sont d'une bêtise crasse et qui pourrait n'être qu'affligeante si elle n'était pas dangereuse. Christine Boutin s'était déjà distinguée à rosir de plaisir devant les caméras dans des manifs homophobes où le slogan « les pédés au bûcher » faisait figure de bande-son. Aujourd'hui elle a obtenu du (décidément) sinistre de l'Éducation, Luc Châtel, une fatwa homophobe à l'encontre du court-métrage Le baiser de la Lune. Ce petit film d'animation, réalisé à l'attention des élèves de CM1/CM2, aborde, sous l'angle d'une fiction poétique, les relations amoureuses entre personnes du même sexe.
C'en était trop, beaucoup trop pour Boutin-la-morale ! S'appuyant sur une campagne de pétitions, l'affreuse a pu se vautrer dans les poncifs les plus homophobes et hétéronormés qui soient pour obtenir de Châtel une déclaration disant que la lutte contre l'homophobie serait « prématurée » dans les écoles suivie d'une décision de censure du film. Mix-Cité Rennes a lancé une pétition de soutien à la diffusion du film Le baiser de la Lune.
Nous appelons nos lecteurs et lectrices à la soutenir.
Car le lobbying des associations homophobes, de plus en plus intense, doit appeler une riposte. Il y a urgence ! Récemment par exemple, l'extrême droite homophobe mobilisait en pleine journée contre un kiss-in homo devant Notre-Dame… et réussissait à s'imposer dans la rue ! Se mobiliser contre l'ordre moral n'est pas un combat d'arrière garde. Sexistes, machos, homophobes : dégagez de nos vies !
Alternative libertaire, le 23 février 2010
Le constat est unanime : les droits des femmes sont en recul. Que ce soit dans les pays où elles ont acquis par leurs luttes des droits sur le papier mais qui ne se concrétisent pas réellement, ou dans les pays où elles ne les ont pas encore acquis, même sur le papier, il y a du boulot !
Ce 8 mars est l'occasion du lancement de la 3ème Marche Mondiale des Femmes dans de nombreux pays du monde. En France, l'accent sera mis tout particulièrement sur deux sujets brûlants d'actualité : le droit à l'avortement et les violences exercées contre les femmes. Le droit à l'avortement est lourdement menacé par les fermetures de centres IVG qui s'inscrivent dans la politique de démantèlement de l'hôpital public. Ces attaques s'accompagnent d'une dégradation du système de santé et de protection sociale, et, plus généralement, de la casse du service public.
Les violences faites aux femmes persistent et nous craignons fort que la loi discutée à l'Assemblée Nationale ce printemps ne comporte presque plus rien des propositions contenues dans la loi-cadre portée depuis des années par le CNDF. Les violences ne sont pas le fait de pathologies individuelles, mais bien la conséquence d'un système patriarcal persistant qui considère que les femmes sont inférieures aux hommes. Il s'agit donc de les combattre d'abord par la prévention et l'éducation dès le plus jeune âge plutôt que par une politique répressive le plus souvent inefficace et qui vire au tout sécuritaire, donc finalement liberticide pour tout le monde.
Naturellement, les autres revendications concernant les droits des femmes et leur libération réelle seront également portées par les manifestantes : maintien et développement du service public de la petite enfance, égalité effective entre femmes et hommes dans tous les domaines (éducatif, professionnel et social), régularisation des travailleuses sans papier, droits pour les migrantes et respect du droit d'asile pour les femmes persécutées…
Une édition encore plus internationaleEnfin, et c'est l'un des grands intérêts de la Marche Mondiale des Femmes, la dimension internationale sera particulièrement développée cette année, le 8 mars puis après. Le tract mentionne les « Afghanes, encore et toujours oubliées dans le honteux processus de « réconciliation » avec les talibans ; Iraniennes, en butte à la répression d'un régime d'un autre temps ; Congolaises, utilisées comme butin de guerre ; et, dans tant d'autres pays, encore des millions de femmes victimes d'un système patriarcal arriéré et meurtrier où le corps des femmes reste un enjeu de pouvoir ». Le forum qui aura lieu en juin et les différents rendez-vous internationaux prévus seront l'occasion d'échanger, de réfléchir et de construire ensemble.
Emilie (AL Saint-Denis)
Calendrier des actions de la Marche mondiale des femmes8 mars 2010
Lancement de la Marche dans chaque pays
En France, des manifestations et/ou des marches dans les régions, départements, villes, avec célébration des 100 ans de la Journée Internationale pour les droits des femmes
12 juin 2010
Manifestation nationale à Paris
Événements pour la fin de cette manifestation
12 et 13 juin 2010
Forum national sur les quatre thèmes de la Marche (Autonomie économique des femmes, Biens communs et services publics, Paix et démilitarisation, Violences envers les femmes)
30 juin 2010
Manifestation européenne à Istanbul (Turquie)
17 octobre 2010
Délégation internationale à Bukavu (République démocratique du Congo)
Journée de solidarité internationale principalement en direction des femmes vivant dans des pays en situation de guerre
L'administration française a refusé de renouveler, en décembre 2009, les papiers d'identité de notre camarade Armand. Nous publions une lettre qu'il nous a adressée.
Bien que je sois né en France, en 1949, et de parents français, la préfecture de police de Paris refuse, pour la première fois, de renouveler ma carte d'identité française, expirée en 2009, tant que je n'aurai pas apporté moi-même la preuve de ma nationalité. L'acte de naissance sur le sol français et la mention nationalité française sur ma carte ne suffisent plus pour des Français « spéciaux » comme moi : mes parents, d'origine polonaise, et pourtant naturalisés avant ma naissance, sont nés à l'étranger. Et ce en violation complète de l'article 21-13 du code civil [1].
Certes, les ministres Hortefeux et Besson ne sont pas les sinistres Darnand [2] ou Darquier de Pellepoix [3] – et les « Auvergnats » d'aujourd'hui ne sont pas les juifs de l'époque. Mais il est quand même difficile de ne pas voir un air de famille entre cette exigence administrative de prouver qu'on est bien français avec des parents étrangers, et la loi pétainiste du 22 juillet 1940 [4], qui remettait en cause les naturalisations récentes des étrangers, en majorité juifs à l'époque.
Simple détail dans ce film d'horreur de l'Occupation… La ressemblance des acteurs avec des personnages existants aujourd'hui ne peut être que fortuite, car il y a une véritable ligne de démarcation entre cette époque et la nôtre… Chacun sait aujourd'hui qu'expulser n'est pas déporter, et que le confort des jets ultra-modernes de 2010 n'a plus rien à voir avec celui des wagons en bois de marchandises de la Seconde Guerre mondiale !
J'aime la France, avec ses cafés populaires, ses vins et certains de ses fromages, mais les communistes, libertaires ou autres, n'ont pas de patrie, et je laisse donc la fierté d'appartenir à une nationalité ou une autre aux imbéciles.
Je n'irai pas m'abaisser à aller prouver, comme un suspect, que je suis français alors que je le suis. Me plier à cette exigence préfectorale équivaudrait à manquer de respect :
– à la mémoire de ma mère, l'actrice Esther Gorintin, arrêtée comme juive par Papon en 1943.
– à la mémoire des Français, y compris des policiers résistants, qui l'ont sauvée des camps de la mort en désobéissant courageusement aux lois de l'époque comme le font aujourd'hui les délinquants de la solidarité pour les sans-papiers.
– à la mémoire de mon père David, engagé volontaire pour la France en 1939 et compagnon d'armes de Joseph Epstein, héros de la Résistance FTP-MOI [5].
Je suis dès lors moi-même sans papiers, et face à la haine nationaliste fascisante et à la bêtise administrative, je me vois dans l'obligation, malgré mon état… français [6], de me battre pour ma régularisation.
Armand Gorintin (AL Paris-Sud), le 23 février 2010
Paris, le 1er mars 2010
Chers amis, chers camarades,
J'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai obtenu satisfaction à propos de ma lettre ouverte au préfet de police (« Des papiers pour Armand ») et que la Préfecture a très aimablement accepté de renouveler ma carte d'identité française et plastifiée.
Il est donc possible, même avec des parents nés à l'étranger, de renouveler cette carte sans devoir systématiquement prouver sa nationalité française, et je ne peux que conseiller à ceux qui sont dans mon cas de prendre contact avec le service juridique de la Ligue des droits de l'homme (LDH).
Merci encore à tous ceux qui ont contribué à cette victoire contre la xénophobie d'Etat en m'apportant leur solidarité.
Armand Gorintin
[1] Qui stipule que la nationalité de celles et ceux qui ont vécu en tant que Français depuis plus de dix ans ne peut plus être contestée.
[2] Ministre de l'Intérieur et dirigeant de la Milice.
[3] Responsable du commissariat aux affaires juives.
[4] Une des premières lois xénophobes de Vichy.
[5] FTP-MOI : Francs-tireurs partisans et Main d'œuvre immigrée, organisations de la résistance communiste, à laquelle appartenait Joseph Epstein (le « colonel Gilles »), qui a donné son nom à un stade à Bobigny et à une place à Paris.
[6] Le régime de Vichy se désignait sous le nom d'« Etat français ».
Deux rendez-vous pour un 8 mars de lutte des femmes :
1) A Lille
Manifestation féministe contre le patriarcat et le sexisme à l'initiative de (par ordre alphabétique) : Chez Violette, Flamands Roses, GDALE-CGA, Idées à Coudre, Solidaires 59/62, UL-CNT de Lille. Rendez-vous à 18h, place de la République.
Info transmise par l'union locale des syndicats CNT de Lille : ul-lille@cnt-f.org
2) A Limoges
Il y a quelques jours, le préfet du Loiret profitait du dépôt de plainte d'une jeune marocaine victime de violences familiales pour l'arrêter et la renvoyer dans son pays d'origine. Cela était fait en dépit des menaces familiales qui pèsent sur elle : maltraitances, mariage forcé.
Il y a un peu plus d'un siècle, en 1905, se déroulait à Limoges un mouvement ouvrier qui marqua durablement l'histoire sociale de cette ville. Le déclencheur avait, à l'époque était le harcèlement sexuel, régulier et ordinaire, d'un contremaître de chez Havilland, une grande manufacture de porcelaine.
Parce qu'aujourd'hui comme hier, la lutte pour l'émancipation des femmes se doit de continuer, les syndicats CNT de Limoges, l'association féministe révolutionnaire Le Torchon Brûle, l'AGEL-FSE et le Scalp 87 appellent à une manifestation unitaire à Limoges le 8 mars prochain à 19h place de la Motte.
Si l'émancipation des femmes doit en partie à leur émancipation économique, et donc à leur accès au travail, n'oublions pas que là aussi elles ont subi et subissent encore : harcèlements, exploitations, précarité de manière plus forte encore que leurs homologues masculins dont la solidarité n'est souvent pas aussi forte qu'elle devrait l'être.
C'est pour cela que Clara Zetkin, militante allemande, fit adopter en 1910 à Copenhague par la conférence de la IIe Internationale socialiste l'idée d'une journée internationale des luttes des Femmes. Ce sera le 8 mars.
Le temps et la mémoire s'effaçant, cette journée n'est souvent plus présentée par les médias que comme une simple journée de la Femme, qui bientôt, si nous n'y prenons garde, ne comptera guère plus que la Fête des mères instaurée par Pétain ou la Journée des secrétaires. Même s'il est tentant de considérer qu'une journée unique de commémoration et de revendication des luttes des femmes peut paraître désuète et insuffisante ; il faut plus que jamais se la réapproprier pour ne pas que le mouvement féministe ne s'essouffle.
Depuis les combats et avancées gagnés par les mouvements féministes des années 70, les luttes des femmes et leurs militantes subissent opprobre et attaques diffamatoires. Aujourd'hui, si l'on écoute les médias et les tenants du pouvoir, nous serions tentés de croire que les dernières conquêtes féministes encore d'actualité seraient la parité parlementaire ou au sein des conseils d'administration des grandes entreprises.
Alors que le droit à la contraception et à l'avortement est toujours contraint économiquement et remis en cause par des commandos d'extrême droite ou par les pouvoirs législatifs et religieux (entrave à la contraception). Alors que l'égalité des salaires reste un vœu pieu. Alors que les femmes subissent toujours plus que leurs collègues, précarité et travail partiel. Alors que nombre de préceptes moraux et culturels réduisent encore les femmes à des tâches soi-disant naturelles, à une situation d'inférieures ou à de simples proies. Il nous paraît important de remettre le 8 mars à sa place parmi les journées importantes de lutte.
Communiqué transmis par les syndicat CNT interpro de la Haute-Vienne : cnt87@cnt-f.org
Le vendredi 26 février au matin une perquisition a eu lieu au local associatif de la Maison du Peuple Kurde lieu de rassemblement de la communauté kurde marseillaise. Sur ordre du parquet de Paris dans le cadre d'une enquête pour « terrorisme », l'opération a mobilisé pas moins de 15 fourgons de CRS, en plus de la section anti-terroriste de la police judiciaire et de la police scientifique. Bilan de la journée 9 personnes interpelées, certaines ont été libéré mais plusieurs ont été transférées à Paris pour être entendu par un juge anti-terroriste.
Marseille n'est pas la seule ville a avoir été touchée par les perquisitions ce jour là : Montpellier, Draguignan, Grenoble, et même une ferme dans le Larzac ont aussi vue les enquêteurs parisiens débarquer. En Italie ce sont pas moins de 71 personnes arrêtés pour le même motif.
Comme en avril 2007 à Paris et en janvier 2009 à Marseille, cette opération a pour but d'intimider la population kurde réfugiée en France pour favoriser les relations économiques et politiques avec la Turquie. Nous dénonçons la collaboration policière entre les pays de l'Union Européenne et la Turquie. Nous réclamons la libération immédiate des Kurdes interpellés en France le 26 février, et l'arrêt de toutes poursuites contre eux.
Alternative libertaire, le 3 mars 2010
Le 8 Mars 2010 à la Maison du bas Belleville (ex Centre Social Elisabeth), 124-126 boulevard de Belleville à 75020 Paris - M° Belleville
Du 8 au 12 mars le Centre social et culturel « La Maison du Bas Belleville » organise une semaine pour les droits des femmes. Canal Marches, partenaire de cette initiative, interviendra toute la semaine
- Lundi 8 mars à 16h :
Projection d'un court-métrage réalisé avec les 15 femmes d'un chantier d'insertion :
Femmes : une place à l'arrache !
Ce film sera ensuite projeté en boucle durant toute la semaine au Centre social.
- Lundi 8 et mardi 9 mars de 14 à 18h :
Cabine vidéo d'expression libre-Droits des femmes
Venez vous exprimer devant la caméra de Canal Marches, donner votre opinion, pousser un coup de gueule, dénoncer, exprimer, revendiquer, rêver… Les témoignages seront projetés en boucle dans le centre durant toute la semaine, puis mis en ligne sur les sites de la Maison du Bas Belleville et de Canal Marches
Le programme complet de la semaine
Les trois sites de Canal Marches :
Le projet vidéo réalisé avec les femmes du Centre social La Maison du Bas Belleville est soutenu par la Délégation à la politique de la ville et à l'intégration de la Ville de Paris, et la Mission ville de la Préfecture de Paris. Cet atelier est réalisé dans le cadre de l'Université populaire audiovisuelle (l'UPOPA) mise en place par Canal Marches avec le soutien de la Région Île-de-France
Le 8 Mars 2010 à la Maison du bas Belleville (ex Centre Social Elisabeth), 124-126 boulevard de Belleville à 75020 Paris - M° Belleville
Du 8 au 12 mars le Centre social et culturel « La Maison du Bas Belleville » organise une semaine pour les droits des femmes. Canal Marches, partenaire de cette initiative, interviendra toute la semaine
- Lundi 8 mars à 16h :
Projection d'un court-métrage réalisé avec les 15 femmes d'un chantier d'insertion :
Femmes : une place à l'arrache !
Ce film sera ensuite projeté en boucle durant toute la semaine au Centre social.
- Lundi 8 et mardi 9 mars de 14 à 18h :
Cabine vidéo d'expression libre-Droits des femmes
Venez vous exprimer devant la caméra de Canal Marches, donner votre opinion, pousser un coup de gueule, dénoncer, exprimer, revendiquer, rêver… Les témoignages seront projetés en boucle dans le centre durant toute la semaine, puis mis en ligne sur les sites de la Maison du Bas Belleville et de Canal Marches
Le programme complet de la semaine
Les trois sites de Canal Marches :
Le projet vidéo réalisé avec les femmes du Centre social La Maison du Bas Belleville est soutenu par la Délégation à la politique de la ville et à l'intégration de la Ville de Paris, et la Mission ville de la Préfecture de Paris. Cet atelier est réalisé dans le cadre de l'Université populaire audiovisuelle (l'UPOPA) mise en place par Canal Marches avec le soutien de la Région Île-de-France
L'identité nationale est employée pour dissoudre la conscience d'appartenir à une seule et même classe, celle des prolétaires. Ce grand diviseur commun que serait l'identité nationale est bien un moyen pour faire oublier l'essentiel : les aberrations d'un capitalisme décomplexé.
Le nationalisme, antilibéralisme des imbécilesC'est bien de nationalisme dont il s'agit avec le débat proposé par le méprisant Éric Besson. Le nationalisme a besoin d'un grand récit fédérateur, d'une croyance dans les mirages économiques et sociaux qu'il est censé prodiguer, et reposant sur un ensemble de rites (la Marseillaise) et d'emblèmes (du coq gaulois au buste de Marianne) afin de s'auto-entretenir. Le grand récit que le nationalisme propose, c'est celui d'un « nous », fort et fier, qui s'oppose à un « eux » susceptible d'affaiblir, de dégénérer le premier. Vision essentialiste, homologue en tout cas à n'importe quel racisme : cette structuration binaire de l'organisation sociale est quand même l'un des ressorts politiques des pires catastrophes que l'Europe et le monde ont vécues ces deux derniers siècles.
Poser les vraies questionsFace à cette offensive réactionnaire, il est urgent de retourner le débat à l'avantage des victimes du racisme d'État. En premier lieu, le ministère de l'identité nationale est également celui qui s'acharne à refuser de délivrer les documents administratifs permettant aux travailleuses et travailleurs migrant-e-s d'être en règle. Ce ministère est ainsi la machine qui fabrique de nouvelles classes d'irréguliers, et qui dans le même mouvement appelle au sursaut de la nation face à la menace que feraient planer ces mêmes irréguliers.
La libre circulation des marchandises et des capitaux ne poserait aucun problème, mais les êtres humains sembleraient représenter une autre affaire, surtout lorsqu'ils ne sont ni riches ni blancs. Mais les sans-papiers ne sont pas les seuls visés par ce débat chauvin. Les immigrés présents depuis 50 ans et leurs enfants ou petits-enfants français sont implicitement visés : leurs cultures, leurs religions ou leurs langues seraient aussi une menace contre l'identité de la « France éternelle » !
Ce qui ne fait jamais débat en revanche, sauf lorsque les banlieues se révoltent, ce sont les violences racistes et les crimes policiers impunis. Ce sont les discriminations au logement et à l'emploi, vécues par les enfants d'immigré-e-s, elles et eux à qui on reproche leurs origines, contrôlées plusieurs fois par jour. Ce sont l'échec scolaire et les années de chômage qu'ils vivent, la gestion punitive de la délinquance, les conditions de vie dans les quartiers populaires…
Ces questions doivent déborder ce débat qui cache la forêt d'injustices que vivent les racisé-e-s dans ce pays. C'est pourquoi Alternative libertaire appelle à manifester le samedi 27 février 2010 à 15 heures, place de la Bourse à Paris, pour la suppression du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale.
Franz B. (AL93), Nico P. (AL77)
L'identité nationale est employée pour dissoudre la conscience d'appartenir à une seule et même classe, celle des prolétaires. Ce grand diviseur commun que serait l'identité nationale est bien un moyen pour faire oublier l'essentiel : les aberrations d'un capitalisme décomplexé.
Le nationalisme, antilibéralisme des imbécilesC'est bien de nationalisme dont il s'agit avec le débat proposé par le méprisant Éric Besson. Le nationalisme a besoin d'un grand récit fédérateur, d'une croyance dans les mirages économiques et sociaux qu'il est censé prodiguer, et reposant sur un ensemble de rites (la Marseillaise) et d'emblèmes (du coq gaulois au buste de Marianne) afin de s'auto-entretenir. Le grand récit que le nationalisme propose, c'est celui d'un « nous », fort et fier, qui s'oppose à un « eux » susceptible d'affaiblir, de dégénérer le premier. Vision essentialiste, homologue en tout cas à n'importe quel racisme : cette structuration binaire de l'organisation sociale est quand même l'un des ressorts politiques des pires catastrophes que l'Europe et le monde ont vécues ces deux derniers siècles.
Poser les vraies questionsFace à cette offensive réactionnaire, il est urgent de retourner le débat à l'avantage des victimes du racisme d'État. En premier lieu, le ministère de l'identité nationale est également celui qui s'acharne à refuser de délivrer les documents administratifs permettant aux travailleuses et travailleurs migrant-e-s d'être en règle. Ce ministère est ainsi la machine qui fabrique de nouvelles classes d'irréguliers, et qui dans le même mouvement appelle au sursaut de la nation face à la menace que feraient planer ces mêmes irréguliers.
La libre circulation des marchandises et des capitaux ne poserait aucun problème, mais les êtres humains sembleraient représenter une autre affaire, surtout lorsqu'ils ne sont ni riches ni blancs. Mais les sans-papiers ne sont pas les seuls visés par ce débat chauvin. Les immigrés présents depuis 50 ans et leurs enfants ou petits-enfants français sont implicitement visés : leurs cultures, leurs religions ou leurs langues seraient aussi une menace contre l'identité de la « France éternelle » !
Ce qui ne fait jamais débat en revanche, sauf lorsque les banlieues se révoltent, ce sont les violences racistes et les crimes policiers impunis. Ce sont les discriminations au logement et à l'emploi, vécues par les enfants d'immigré-e-s, elles et eux à qui on reproche leurs origines, contrôlées plusieurs fois par jour. Ce sont l'échec scolaire et les années de chômage qu'ils vivent, la gestion punitive de la délinquance, les conditions de vie dans les quartiers populaires…
Ces questions doivent déborder ce débat qui cache la forêt d'injustices que vivent les racisé-e-s dans ce pays. C'est pourquoi Alternative libertaire appelle à manifester le samedi 27 février 2010 à 15 heures, place de la Bourse à Paris, pour la suppression du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale.
Franz B. (AL93), Nico P. (AL77)
Malgré le sentiment de découragement présent dans la plupart des manifestations du 21 janvier, les chiffres sont là : plus de 20 % de grévistes, une centaine de milliers de manifestants et manifestantes dans tout le pays, à l'appel de la CGT, la FSU et Solidaires. Pour une journée sans perspective… on aurait pu s'attendre à pire !
Pourtant la nocivité des politiques menées par le gouvernement est largement ressentie et les mobilisations sectorielles se multiplient (culture, IUFM, désobéissance pédagogique, hôpitaux…).
Sauvons la grève !Ce genre d'appel à la grève d'une journée est remis en cause dans tous les syndicats bien au-delà des minorités « radicales ». Pourtant, les assemblées générales de personnel se font plus rares et ne permettent plus d'espérer un départ en grève reconductible à partir de la base. Même certains syndicats Sud ont choisi de ne pas appeler à la grève dans leur département, alors que la fédération y appelait. Beaucoup de syndicalistes n'ont pas vu l'intérêt de participer à ces manifestations traine-savates. Finalement, après une année 2009 de mobilisations interprofessionnelles massives sans résultat, la grève n'apparaît plus comme un mode d'action crédible face à un gouvernement qui démontre clairement que rien ne peut le faire reculer.
Ayant remplacé la lutte pour des symboles de luttes, certains syndicats vont au fond de la démarche et recherchent maintenant des modes d'action alternatifs, tel la FSU qui proclamait, dans un texte préparatoire à son congrès, que « la détermination gouvernementale à privatiser la Poste […] a enfin conduit à une bataille large et massive sur une votation citoyenne […]. Le succès rencontré, première véritable victoire populaire, montre que le chemin choisi est le bon. »
Et le fond ?Mais la faible mobilisation ne s'explique sans doute pas uniquement par un manque d'enthousiasme pour la stratégie syndicale. Il y a très souvent un défaut d'analyse de fond des contre-réformes gouvernementales : les syndicalistes se contentent souvent de reprendre le discours dominant sur le coût des services publics et d'expliquer leurs dégradations par des choix budgétaires.
Pourtant, loin d'être guidée par des « contraintes » budgétaires, cette politique correspond bien à la « politique de civilisation » prônée par Sarkozy, pour transformer la société selon un projet néolibéral. Les exemples du Royaume-Uni, des États-Unis ou d'ailleurs devraient cependant clairement ouvrir les yeux à toutes ces fédération syndicales qui refusent encore de dire que l'éducation, les hôpitaux ou la recherche sont en cours de privatisation.
Face au projet de société des capitalistes, il devient urgent que les travailleurs et les travailleuses se donnent d'autres perspectives que la défense d'acquis, ou la défense d'un modèle étatique keynésien. Sans un véritable travail de conviction à la base, sans un but collectif à atteindre, la grève reconductible risque d'être très prochainement rangée dans les musées du syndicalisme.
Momo (AL Alsace)
Malgré le sentiment de découragement présent dans la plupart des manifestations du 21 janvier, les chiffres sont là : plus de 20 % de grévistes, une centaine de milliers de manifestants et manifestantes dans tout le pays, à l'appel de la CGT, la FSU et Solidaires. Pour une journée sans perspective… on aurait pu s'attendre à pire !
Pourtant la nocivité des politiques menées par le gouvernement est largement ressentie et les mobilisations sectorielles se multiplient (culture, IUFM, désobéissance pédagogique, hôpitaux…).
Sauvons la grève !Ce genre d'appel à la grève d'une journée est remis en cause dans tous les syndicats bien au-delà des minorités « radicales ». Pourtant, les assemblées générales de personnel se font plus rares et ne permettent plus d'espérer un départ en grève reconductible à partir de la base. Même certains syndicats Sud ont choisi de ne pas appeler à la grève dans leur département, alors que la fédération y appelait. Beaucoup de syndicalistes n'ont pas vu l'intérêt de participer à ces manifestations traine-savates. Finalement, après une année 2009 de mobilisations interprofessionnelles massives sans résultat, la grève n'apparaît plus comme un mode d'action crédible face à un gouvernement qui démontre clairement que rien ne peut le faire reculer.
Ayant remplacé la lutte pour des symboles de luttes, certains syndicats vont au fond de la démarche et recherchent maintenant des modes d'action alternatifs, tel la FSU qui proclamait, dans un texte préparatoire à son congrès, que « la détermination gouvernementale à privatiser la Poste […] a enfin conduit à une bataille large et massive sur une votation citoyenne […]. Le succès rencontré, première véritable victoire populaire, montre que le chemin choisi est le bon. »
Et le fond ?Mais la faible mobilisation ne s'explique sans doute pas uniquement par un manque d'enthousiasme pour la stratégie syndicale. Il y a très souvent un défaut d'analyse de fond des contre-réformes gouvernementales : les syndicalistes se contentent souvent de reprendre le discours dominant sur le coût des services publics et d'expliquer leurs dégradations par des choix budgétaires.
Pourtant, loin d'être guidée par des « contraintes » budgétaires, cette politique correspond bien à la « politique de civilisation » prônée par Sarkozy, pour transformer la société selon un projet néolibéral. Les exemples du Royaume-Uni, des États-Unis ou d'ailleurs devraient cependant clairement ouvrir les yeux à toutes ces fédération syndicales qui refusent encore de dire que l'éducation, les hôpitaux ou la recherche sont en cours de privatisation.
Face au projet de société des capitalistes, il devient urgent que les travailleurs et les travailleuses se donnent d'autres perspectives que la défense d'acquis, ou la défense d'un modèle étatique keynésien. Sans un véritable travail de conviction à la base, sans un but collectif à atteindre, la grève reconductible risque d'être très prochainement rangée dans les musées du syndicalisme.
Momo (AL Alsace)
Grâce à la création de ce « complot », il est désormais possible de dénier purement et simplement le droit de manifester… En partant de présomptions à l'encontre des participants et organisateurs de la manifestation prévue, on exercera, à titre préventif, la violence policière pour réprimer à l'avance des troubles dont l'occurrence n'est alors que pure spéculation. La complicité des médias aidant, il devient facile de justifier a posteriori l'action de la police comme une réponse à des échauffourées qu'elle aura été la seule à provoquer (vous me suivez ?). C'est exactement ce qui s'est produit ce jour-là à Rennes, où devaient converger l'ensemble des organisations de chômeurs et précaires de Bretagne à l'occasion de la Marche contre le chômage.
Quatre arrestations cibléesAvant même le début de la manifestation, un gradé vient nous signifier une interdiction de partir en cortège, soi-disant en raison du contexte des Transmusicales (avec techno-parade en centre ville…). Étrangement, au lieu de tout simplement boucler la place où les manifestants devaient se rassembler afin d'empêcher la manifestation, l'interdiction reste tout d'abord purement verbale. Comme si le but n'était pas réellement d'empêcher le départ du cortège mais de créer l'occasion de réprimer durement ceux et celles qui le formaient…
En effet, ayant décidé de manifester malgré tout, nous nous heurtons au bout de 50 mètres aux CRS et à leurs camions anti-émeute placés en travers du parcours : pure provocation sans justification. Plutôt que de livrer une bataille perdue d'avance, nous décidons de continuer la manif' et empruntons des chemins détournés. S'ensuit une longue partie du jeu du chat et de la souris, les flics s'efforçant de nous tenir à l'écart du centre ville, et multipliant les provocations pour leur fournir le prétexte à nous rentrer dedans. Jusqu'à nous encercler totalement, formant l'espoir que les manifestants acculés déclencheront les hostilités, mais ceux-ci conservent leur sang froid.
L'hallaliLes flics sont obligés de nous relâcher, et d'attendre la fin de la manif pour sonner l'hallali. Et là, le piège se referme : le lieu de l'AG des chômeurs et précaires est fermé par les autorités malgré la parole donnée, et à la première occasion (le jet d'un œuf) la Bac charge et tabasse les manifestants restés sur place. Bilan : quatre arrestations ciblées qui se solderont par un procès le 18 janvier, et de nombreux blessés, certains gravement (notamment un traumatisme crânien qui risque de laisser des séquelles à vie).
Cette fois-ci, comme en bien d'autres occasions, l'objectif de la police apparaît clairement : ne plus se contenter d'encadrer les mouvements sociaux pour éviter qu'ils ne menacent l'ordre en place. Non, l'approche est beaucoup plus directe et consiste dès que possible à étouffer tout mouvement dans l'œuf.
Gaspard Julien (AL Rennes)
Grâce à la création de ce « complot », il est désormais possible de dénier purement et simplement le droit de manifester… En partant de présomptions à l'encontre des participants et organisateurs de la manifestation prévue, on exercera, à titre préventif, la violence policière pour réprimer à l'avance des troubles dont l'occurrence n'est alors que pure spéculation. La complicité des médias aidant, il devient facile de justifier a posteriori l'action de la police comme une réponse à des échauffourées qu'elle aura été la seule à provoquer (vous me suivez ?). C'est exactement ce qui s'est produit ce jour-là à Rennes, où devaient converger l'ensemble des organisations de chômeurs et précaires de Bretagne à l'occasion de la Marche contre le chômage.
Quatre arrestations cibléesAvant même le début de la manifestation, un gradé vient nous signifier une interdiction de partir en cortège, soi-disant en raison du contexte des Transmusicales (avec techno-parade en centre ville…). Étrangement, au lieu de tout simplement boucler la place où les manifestants devaient se rassembler afin d'empêcher la manifestation, l'interdiction reste tout d'abord purement verbale. Comme si le but n'était pas réellement d'empêcher le départ du cortège mais de créer l'occasion de réprimer durement ceux et celles qui le formaient…
En effet, ayant décidé de manifester malgré tout, nous nous heurtons au bout de 50 mètres aux CRS et à leurs camions anti-émeute placés en travers du parcours : pure provocation sans justification. Plutôt que de livrer une bataille perdue d'avance, nous décidons de continuer la manif' et empruntons des chemins détournés. S'ensuit une longue partie du jeu du chat et de la souris, les flics s'efforçant de nous tenir à l'écart du centre ville, et multipliant les provocations pour leur fournir le prétexte à nous rentrer dedans. Jusqu'à nous encercler totalement, formant l'espoir que les manifestants acculés déclencheront les hostilités, mais ceux-ci conservent leur sang froid.
L'hallaliLes flics sont obligés de nous relâcher, et d'attendre la fin de la manif pour sonner l'hallali. Et là, le piège se referme : le lieu de l'AG des chômeurs et précaires est fermé par les autorités malgré la parole donnée, et à la première occasion (le jet d'un œuf) la Bac charge et tabasse les manifestants restés sur place. Bilan : quatre arrestations ciblées qui se solderont par un procès le 18 janvier, et de nombreux blessés, certains gravement (notamment un traumatisme crânien qui risque de laisser des séquelles à vie).
Cette fois-ci, comme en bien d'autres occasions, l'objectif de la police apparaît clairement : ne plus se contenter d'encadrer les mouvements sociaux pour éviter qu'ils ne menacent l'ordre en place. Non, l'approche est beaucoup plus directe et consiste dès que possible à étouffer tout mouvement dans l'œuf.
Gaspard Julien (AL Rennes)
Dès qu'il s'agit de traquer des communistes, les champions de la démocratie libérale n'hésitent pas une seconde : peu importe que le chat soit gris ou noir, pourvu qu'il attrape les souris. Aux États-Unis et en Europe, les autorités politiques, les journalistes ou les intellectuels ont fait les yeux doux à la révolution iranienne. Personne n'a eu de mots assez durs, pour dénoncer la répression policière, les assassinats, les arrestations. Tant que les capitalistes trouvent face à eux l'image attendue d'une opposition « modérée », tout va bien. Mais lorsque la contestation revêt des accents révolutionnaires, cette belle solidarité avec le peuple iranien se lézarde.
Interpol vient ainsi d'émettre une notice rouge, à l'encontre de douze membres et sympathisants du Parti communiste-ouvrier d'Iran – Hekmatiste (PCOI-H), accusés de « terrorisme » pour les uns, de « crime organisé transnational » pour les autres. En l'occurrence, les militants ont été condamnés par le tribunal de Sanandaj, capitale administrative du Kurdistan iranien. Le rôle d'Interpol est alors « d'assister les forces de police nationale pour identifier ou localiser ces personnes, en vue de leur arrestation et de leur extradition ».
Est-ce si étonnant ? L'Iran est après tout un des pays membres d'Interpol. À cet égard, la décision prise contre ces communistes iraniens n'a rien d'inattendu.
Justifier le terrorisme d'ÉtatElle témoigne tout de même des ambiguïtés des puissances occidentales, dont les indignations ont véritablement deux poids et deux mesures. Surtout, la collaboration d'Interpol risque d'avoir des conséquences graves sur la vie des opposants en général, comme le souligne le PCOI-H lui-même, dans un communiqué. En cas d'extradition, les personnes visées pourraient être condamnées à la peine de mort ou à de lourdes peines de prison. Mais les résolutions d'Interpol contribuent aussi à renforcer la légitimité de l'État iranien, dans son travail de répression intérieure, tout en intimidant l'opposition en exil. En ce sens, Interpol fait le jeu de la théocratie iranienne et de son terrorisme d'État. La nécessité de protester contre ce type de mesure n'en est que plus urgente.
Le groupe Bataille socialiste a entamé, en décembre dernier, une campagne pour s'opposer à cette décision. Une pétition a été lancée, pour que les noms des douze militants soient retirés de la liste de notices rouges d'Interpol et pour mettre un terme aux demandes politiques des États, destinées à museler l'opposition. Plusieurs individus et organisations politiques, dont Alternative libertaire, y ont apporté leur soutien.
Pour signer la pétition : [bataillesocialiste.wordpress.com]
Dès qu'il s'agit de traquer des communistes, les champions de la démocratie libérale n'hésitent pas une seconde : peu importe que le chat soit gris ou noir, pourvu qu'il attrape les souris. Aux États-Unis et en Europe, les autorités politiques, les journalistes ou les intellectuels ont fait les yeux doux à la révolution iranienne. Personne n'a eu de mots assez durs, pour dénoncer la répression policière, les assassinats, les arrestations. Tant que les capitalistes trouvent face à eux l'image attendue d'une opposition « modérée », tout va bien. Mais lorsque la contestation revêt des accents révolutionnaires, cette belle solidarité avec le peuple iranien se lézarde.
Interpol vient ainsi d'émettre une notice rouge, à l'encontre de douze membres et sympathisants du Parti communiste-ouvrier d'Iran – Hekmatiste (PCOI-H), accusés de « terrorisme » pour les uns, de « crime organisé transnational » pour les autres. En l'occurrence, les militants ont été condamnés par le tribunal de Sanandaj, capitale administrative du Kurdistan iranien. Le rôle d'Interpol est alors « d'assister les forces de police nationale pour identifier ou localiser ces personnes, en vue de leur arrestation et de leur extradition ».
Est-ce si étonnant ? L'Iran est après tout un des pays membres d'Interpol. À cet égard, la décision prise contre ces communistes iraniens n'a rien d'inattendu.
Justifier le terrorisme d'ÉtatElle témoigne tout de même des ambiguïtés des puissances occidentales, dont les indignations ont véritablement deux poids et deux mesures. Surtout, la collaboration d'Interpol risque d'avoir des conséquences graves sur la vie des opposants en général, comme le souligne le PCOI-H lui-même, dans un communiqué. En cas d'extradition, les personnes visées pourraient être condamnées à la peine de mort ou à de lourdes peines de prison. Mais les résolutions d'Interpol contribuent aussi à renforcer la légitimité de l'État iranien, dans son travail de répression intérieure, tout en intimidant l'opposition en exil. En ce sens, Interpol fait le jeu de la théocratie iranienne et de son terrorisme d'État. La nécessité de protester contre ce type de mesure n'en est que plus urgente.
Le groupe Bataille socialiste a entamé, en décembre dernier, une campagne pour s'opposer à cette décision. Une pétition a été lancée, pour que les noms des douze militants soient retirés de la liste de notices rouges d'Interpol et pour mettre un terme aux demandes politiques des États, destinées à museler l'opposition. Plusieurs individus et organisations politiques, dont Alternative libertaire, y ont apporté leur soutien.
Pour signer la pétition : [bataillesocialiste.wordpress.com]
Le centre de planification intra-muros du Centre hospitalier régional (CHR) d'Orléans devrait fermer au tout début du mois de février 2010. La sentence est tombée en décembre dernier, et les personnels reçoivent actuellement leurs nouvelles affectations.
Le planning familial, situé à Orléans Sud, dans un quartier plutôt défavorisé, à proximité de l'hôpital, se voyait l'an dernier menacé, faute de subvention. Après une large mobilisation, à l'initiative du Parti communiste, soutenue par le centre de planification intra muros, le planning a été sauvé. Ces deux structures permettent de répondre de façon satisfaisante aux demandes de l'agglomération.
Le projet d'agrandissement et de regroupement des activités hospitalières (dont la gynécologie, la maternité et le centre de planification) ont beaucoup mobilisé les forces politiques locales ces dernières années. Après d'innombrables tractations, la décision de tout regrouper sur Orléans Sud a été retenue, en dépit de l'opposition du Parti communiste, qui préférait envisager la construction d'un hôpital Nord, et offrait d'ailleurs un terrain situé dans la commune de Saran, une municipalité gérée par les communistes.
Un bloc opératoire saturéAujourd'hui, c'est au tour du centre de planification du Centre hospitalier d'Orléans d'être menacé de fermeture. Le planning ne peut seulement assurer que 10 % des activités du CHR. Alors même qu'il est nécessaire d'avoir un agent à temps complet par jour, afin de recevoir les personnes dans des conditions correctes, le planning ne dispose que d'un demi-temps salarié par semaine… Dès lors, que vont devenir les femmes qui ont besoin de consulter, notamment les plus jeunes, ou encore les femmes issues de l'immigration, et dont il faut souvent protéger l'anonymat ? Les listes d'attente vont logiquement exploser, les femmes se retrouveront hors délais pour une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse, et le recours à la chirurgie s'avèrera finalement nécessaire – avec les complications éventuelles qui en découlent, bien entendu. Devra-t-on alors traverser de nouveau la Manche, pour pouvoir avorter – à condition d'avoir quelque argent, bien entendu ?
Le Centre hospitalier régional a déjà fait savoir qu'il ne pourrait répondre à davantage de demandes d'IVG chirurgicales, car le bloc est déjà aux limites de la saturation. Quant au conseil général, il préfère pratiquer la politique de la chaise vide. Le conseil d'administration a pour sa part refusé la proposition du directeur général – qui n'est pourtant pas un exemple d'humanisme – de surseoir à la fermeture prévue en février. Les personnels sont évidemment mobilisés dans une intersyndicale et ils recherchent actuellement des soutiens. Mais cette fois, on n'entend plus guère la voix du PC dans l'affaire…
Josiane (Orléans)
Le centre de planification intra-muros du Centre hospitalier régional (CHR) d'Orléans devrait fermer au tout début du mois de février 2010. La sentence est tombée en décembre dernier, et les personnels reçoivent actuellement leurs nouvelles affectations.
Le planning familial, situé à Orléans Sud, dans un quartier plutôt défavorisé, à proximité de l'hôpital, se voyait l'an dernier menacé, faute de subvention. Après une large mobilisation, à l'initiative du Parti communiste, soutenue par le centre de planification intra muros, le planning a été sauvé. Ces deux structures permettent de répondre de façon satisfaisante aux demandes de l'agglomération.
Le projet d'agrandissement et de regroupement des activités hospitalières (dont la gynécologie, la maternité et le centre de planification) ont beaucoup mobilisé les forces politiques locales ces dernières années. Après d'innombrables tractations, la décision de tout regrouper sur Orléans Sud a été retenue, en dépit de l'opposition du Parti communiste, qui préférait envisager la construction d'un hôpital Nord, et offrait d'ailleurs un terrain situé dans la commune de Saran, une municipalité gérée par les communistes.
Un bloc opératoire saturéAujourd'hui, c'est au tour du centre de planification du Centre hospitalier d'Orléans d'être menacé de fermeture. Le planning ne peut seulement assurer que 10 % des activités du CHR. Alors même qu'il est nécessaire d'avoir un agent à temps complet par jour, afin de recevoir les personnes dans des conditions correctes, le planning ne dispose que d'un demi-temps salarié par semaine… Dès lors, que vont devenir les femmes qui ont besoin de consulter, notamment les plus jeunes, ou encore les femmes issues de l'immigration, et dont il faut souvent protéger l'anonymat ? Les listes d'attente vont logiquement exploser, les femmes se retrouveront hors délais pour une interruption volontaire de grossesse médicamenteuse, et le recours à la chirurgie s'avèrera finalement nécessaire – avec les complications éventuelles qui en découlent, bien entendu. Devra-t-on alors traverser de nouveau la Manche, pour pouvoir avorter – à condition d'avoir quelque argent, bien entendu ?
Le Centre hospitalier régional a déjà fait savoir qu'il ne pourrait répondre à davantage de demandes d'IVG chirurgicales, car le bloc est déjà aux limites de la saturation. Quant au conseil général, il préfère pratiquer la politique de la chaise vide. Le conseil d'administration a pour sa part refusé la proposition du directeur général – qui n'est pourtant pas un exemple d'humanisme – de surseoir à la fermeture prévue en février. Les personnels sont évidemment mobilisés dans une intersyndicale et ils recherchent actuellement des soutiens. Mais cette fois, on n'entend plus guère la voix du PC dans l'affaire…
Josiane (Orléans)
À l'occasion du congrès de la FSU, qui se déroule à Lille du 1er au 5 février, la liste et le texte d'orientation présentés par la tendance Émancipation a obtenu 3,7 %, contre 4,5 % en 2006. Malgré la stratégie suicidaire des journées de grèves mensuelles, suivies avec constance les dernières années, la tendance majoritaire, Unité et Action (U&A), ne perd qu'un point. Seule l'École émancipée (ÉÉ), qui remettait en cause cette stratégie, semble en sortir gagnante, en passant de 15,4 à 17,9 %.
Depuis sa création en 1910 sous la forme d'une revue, L'École émancipée a toujours eu un poids important dans le syndicalisme enseignant, remettant en cause le corporatisme et poussant à une intégration dans le syndicalisme ouvrier. Mais lors du congrès du SNES (syndicat majoritaire du second degré, premier syndicat de la FSU) en 2001 à Strasbourg, une partie de l'ÉÉ, alors menée par des militants de la LCR, accepte d'intégrer la direction du syndicat, dont elle critiquait pourtant les orientations. Ceux et celles qui refusent fondent alors, autour d'une revue du même nom, la tendance Émancipation, attachée aux principes de la charte d'Amiens et à l'aspect intersyndical. Si l'Émancipation rassemble aussi des militants et militantes de Sud, de la CGT, de l'Unsa ou de la CNT, c'est principalement au sein de la FSU qu'elle milite contre une majorité U&A-ÉÉ qui aconduit la fédération vers un modèle cogestionaire à l'américaine.
Vers le cimetière des éléphants ?Lorsqu'en mai 2008, la direction de la FSU propose de signer le texte de Fillon sur le dialogue social et n'obtient pas la majorité qualifiée de 70 % au conseil délibératif fédéral national, l'École émancipée accepte d'apporter les voix manquantes dans un nouveau vote sur le même sujet. Refusant de rentrer dans ce jeu, Émancipation est souvent cantonnée dans un rôle marginal par la majorité. Ses propositions concernant la répression et la solidarité, presque toujours seules sur ces sujets, sont plus souvent reprises. Elle a notamment joué un grand rôle dans la participation de la FSU aux campagnes de soutien aux militants qui subissent la répression (Roland Veuillet, Sami Benméziane ou Erwan Redon…)
Par un travail militant important, dans les établissements scolaires et les sections syndicales, Émancipation s'est aussi donné les moyens de peser dans les luttes, de présenter un autre visage de la FSU. Mais l'orientation de la FSU incite certains syndicalistes combatifs à choisir plutôt Sud ou la CNT, voir à arrêter le militantisme. Beaucoup d'autres se réfugient dans une protestation « acceptable » en votant pour l'École émancipée. Dans une FSU vieillissante et corporatiste, parfois nostalgique de la notabilité de l'instituteur de la IIIe République, les positions égalitaires et anti-hiérarchiques d'Émancipation ont du mal à ébranler une bureaucratie qui range le syndicalisme de lutte au musée.
Renaud (AL Alsace)
À l'occasion du congrès de la FSU, qui se déroule à Lille du 1er au 5 février, la liste et le texte d'orientation présentés par la tendance Émancipation a obtenu 3,7 %, contre 4,5 % en 2006. Malgré la stratégie suicidaire des journées de grèves mensuelles, suivies avec constance les dernières années, la tendance majoritaire, Unité et Action (U&A), ne perd qu'un point. Seule l'École émancipée (ÉÉ), qui remettait en cause cette stratégie, semble en sortir gagnante, en passant de 15,4 à 17,9 %.
Depuis sa création en 1910 sous la forme d'une revue, L'École émancipée a toujours eu un poids important dans le syndicalisme enseignant, remettant en cause le corporatisme et poussant à une intégration dans le syndicalisme ouvrier. Mais lors du congrès du SNES (syndicat majoritaire du second degré, premier syndicat de la FSU) en 2001 à Strasbourg, une partie de l'ÉÉ, alors menée par des militants de la LCR, accepte d'intégrer la direction du syndicat, dont elle critiquait pourtant les orientations. Ceux et celles qui refusent fondent alors, autour d'une revue du même nom, la tendance Émancipation, attachée aux principes de la charte d'Amiens et à l'aspect intersyndical. Si l'Émancipation rassemble aussi des militants et militantes de Sud, de la CGT, de l'Unsa ou de la CNT, c'est principalement au sein de la FSU qu'elle milite contre une majorité U&A-ÉÉ qui aconduit la fédération vers un modèle cogestionaire à l'américaine.
Vers le cimetière des éléphants ?Lorsqu'en mai 2008, la direction de la FSU propose de signer le texte de Fillon sur le dialogue social et n'obtient pas la majorité qualifiée de 70 % au conseil délibératif fédéral national, l'École émancipée accepte d'apporter les voix manquantes dans un nouveau vote sur le même sujet. Refusant de rentrer dans ce jeu, Émancipation est souvent cantonnée dans un rôle marginal par la majorité. Ses propositions concernant la répression et la solidarité, presque toujours seules sur ces sujets, sont plus souvent reprises. Elle a notamment joué un grand rôle dans la participation de la FSU aux campagnes de soutien aux militants qui subissent la répression (Roland Veuillet, Sami Benméziane ou Erwan Redon…)
Par un travail militant important, dans les établissements scolaires et les sections syndicales, Émancipation s'est aussi donné les moyens de peser dans les luttes, de présenter un autre visage de la FSU. Mais l'orientation de la FSU incite certains syndicalistes combatifs à choisir plutôt Sud ou la CNT, voir à arrêter le militantisme. Beaucoup d'autres se réfugient dans une protestation « acceptable » en votant pour l'École émancipée. Dans une FSU vieillissante et corporatiste, parfois nostalgique de la notabilité de l'instituteur de la IIIe République, les positions égalitaires et anti-hiérarchiques d'Émancipation ont du mal à ébranler une bureaucratie qui range le syndicalisme de lutte au musée.
Renaud (AL Alsace)
La grève des salariés de TOTAL à Dunkerque a démarré le 12 janvier à l'appel des
syndicats SUD, CGT et FO de la Raffinerie des Flandres. Cette grève ne doit pas, ne peut
pas rester isolée. Le conflit TOTAL est devenu un conflit emblématique du combat contre le
chômage et les licenciements.
Ce que les actionnaires de TOTAL veulent ; c'est la fermeture de cette raffinerie, c'est le chômage, la misère, pour les 380 salarié-e-s de l'usine pour les centaines de salariés travaillant pour la sous-traitance. Ils veulent préserver et accroitre les 20 milliards de bénéfice record, accumulés en 2008 et 2009, ils veulent préserver les dividendes des milliardaires qui sont propriétaires d'une des plus grandes multinationales du monde.
Depuis le 15 février la raffinerie TOTAL des Flandres est occupée suite à l'ultimatum de l'intersyndicale SUD, CGT, FO à la Direction, lui demandant de relancer l'activité de la raffinerie pour le 15 février : « passée cette date nous prendrons possession des lieux ».
La grève nationale du groupe TOTAL n'a pas permis d'apporter de réponse à la question posée depuis le 12 janvier : le redémarrage de l'entreprise pour permettre sur le site de Dunkerque la préservation de tous les emplois de la Raffinerie des Flandres mais aussi de toute la sous-traitance.
Dans l'unité à l'appel de SUD, CGT, FO le combat continue !
Nous salariés, employés, retraités, étudiants. Nous syndicalistes, militants associatifs, élus, membres d'un parti. Nous organisations signataires, appelons toute la population et l'ensemble du mouvement populaire à construire un mur de solidarité autour de ce conflit.
Les salariés de TOTAL Dunkerque montrent la voie. Avec eux battons nous pour que les salariés ne paient pas la crise !
Chaque jour, un peu, chacun, à sa mesure nous pouvons aider à ce combat. Ensemble nous sommes plus forts.
Nous appelons dores et déjà à un grand rendez vous à Paris le 8 Mars 2010 jour du CCE TOTAL où doit être annoncée la décision des patrons de Total.
Texte adopté par l'intersyndicale TOTAL, le 25 février 2010.
Participons à toutes les initiatives, popularisons leur lutte, soutenons les financièrement !
Chèques à l'ordre de : Intersyndicale RF TOTAL Adressé à : Intersyndicale TOTAL SUD – CGT - FO Raffinerie des Flandres. Route du Fortelet Mardyck 59279 BP 26.
PREMIERS SIGNATAIRES Intersyndicale Total raffinerie des Flandres : Wullens Philippe (SUD Chimie Total), Pigeon Marc (CGT Total), Leclaire Patrice (FO Total), Organisations région Nord Pas de Calais signataires : Syndicats : Intersyndicale SUD-CGT-FO TOTAL RF Dunkerque, SUD Industrie 59/62, région métallurgie CGT, FSU 59/62, Syndicat de lutte des travailleurs Arcelor Mittal Dunkerque, Solidaires 59/62, SUD sante-sociaux 59/62, SUD Mairie Dunkerque, SUNDEP 59/62, SUD FPA 59/62, , Ferc sup CGT Lille 3, Associations : La ligue des Droits de l'Homme 59, Collectif des sans papiers CSP 59, Ligue des Droits de l'Homme Dunkerque, ATTAC Villeneuve d'Ascq, collectif Univers Cité Lille3, ATTAC Roubaix Tourcoing, Association franco chilienne CORDILLERA, Partis : Les Alternatifs 59, Parti de Gauche 62, NPA 59 62
Organisations nationales signataires :
Alternative libertaire, AC (agir contre le chômage), APEIS (Association Pour l'Emploi et l'Information), ATTAC (Association pour la Taxation des Transactions financières et pour l'Action Citoyenne), CGT Ferc secteur associatif, Fédération SUD PTT , Fédération SUD Collectivités-Territoriales, FSE (fédération syndicale étudiante), Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Fédération SUD-RAIL, Fédération SUD-étudiant, Front syndical de classe, Les Alternatifs, Nouveau parti Anticapitaliste (NPA), Parti de Gauche, Respect conscience musulmane, Solidaires Industrie, SUD Chimie-Pharma, SUD recherche EPST, Union syndicale Solidaires, Union Solidaires Transports.
Premiers signataires au niveau national :
Antoine ALEXIS (CGT ex Mollex), Didier BERNARD (CGT et comité de lutte Continental Clairoix), Olivier BESANCENOT (NPA), Annick COUPE (Union syndicale Solidaires), Guillaume DAVRANCHE (Alternative libertaire), Jean-Pierre DELANNOY(métallurgie CGT), Marc DELEPOUVE (SNESUPFSU), Philippe ENCLOS (SNESUP-FSU), Georges GASTEAUD (PRCF), Christian MAHIEUX, (Union syndicale Solidaires), Xavier MATHIEU (CGT et comité de lutte Continental Clairoix), Jean-Luc MELENCHON (Parti de Gauche PG),, Pierre PAREYS (union syndicale de la psychiatrie), Evelyne PERRIN(réseau stop précarité), François TEYSSIER (syndicat national SUD Chimie-pharma)., Aurélie TROUVE (co-présidente d'ATTAC)…
La jeune Najlae, lycéenne au LP Dolto d'Olivet (Loiret), a été expulsée vers le Maroc où elle est menacée de mariage forcé. Et cela seulement quinze heures après avoir été arrêtée dans la gendarmerie où elle était venue porter plainte contre son frère qui la battait ! Victime tant de la politique raciste du gouvernement français que du patriarcat, Najlae subit une odieuse double peine.
Le Collectif d'Alternative libertaire Orléans appelle à se mobiliser pour le retour, la protection et la régularisation de Najlae.
Le 2 mars 2010
Les prochaines échéances :
Mardi 2 mars :
17h, une délégation des soutiens sera reçue à la Préfecture
18h-19h, Cercle de silence Place du Martroi à Orléans
Mercredi 3 mars :
17h, Assemblée lycéenne pour se mobiliser pour le retour de Najlae et préparer une première initiative pour le 8 mars. Lieu : Bourse du Travail (ancien Collège Joliot Curie), rue Théophile Naudy (Bus 2, arrêt Place St Marc) à Orléans
Vendredi 5 mars :
Mobilisation de soutien à Najlae dans la matinée sur son lycée, le LP Dolto à Olivet
Samedi 6 mars :
14h30, Marche silencieuse à Château-Renard, ville de Najlae. Pour les orléanais, départ en bus à 12h30, au parking de la prison rue E. Zola à Orléans.
Lundi 8 mars :
Journée internationale de la femme : mobilisation et manifestation (des lycéens et lycéennes notamment) pour le retour de Najlaeà 17h30, Place d'Arc à Orléans.
Mercredi 10 mars :
Marche à Montargis (après-midi)
Samedi 20 mars :
Soirée de soutien à la salle des fêtes de Château-Renard.
Vers la fin mars à Orléans :
Projet d'un grand concert de soutien.
C'est lors de la Révolution espagnole de 1936 que les libertaires touchèrent au plus près l'utopie que des générations de militants et militantes avaient porté au quotidien.
Patiemment, ils avaient crée syndicat après syndicat, fait vivre des athènées culturels où des générations d'ouvriers et de paysans apprirent à lire et à écrire, publié des dizaines de revues, livres, tenté des expériences sociales innovantes.
Le coup d'État militaire de Franco le 18 juillet 1936 accèléra le cours de l'Histoire. Et si une grande partie de l'Espagne tombe rapidement sous la coupe des fascistes, l'autre Espagne résiste. En Aragon, en Catalogne, en Castille, au Pays Basque et dans le Levant les armées franquistes sont mises en déroute par la seule mobilisation de la classe ouvrière, organisée dans sa majorité dans la centrale syndicale libertaire : la CNT.
Une révolution se répand alors changeant en profondeur la structure politique, économique et sociale de ces régions : les paysans collectivisent les terres, les ouvriers contrôlent et autogèrent les usines. Des écoles voient le jour où les préceptes des pédagogies alternatives de Francisco FERRER sont mises en application.
Moins connue et à bien des égards bien diffèrente de la Révolution russe dominée par son aspect autoritaire, la Révolution espagnole de 1936 est éludé par l'historiographie officielle qui résume la guerre d'Espagne à un affrontement binaire Républicains et Fascistes.
A l'occasion du centenaire de la CNT espagnole crée en 1910, la CNT Nîmes entend rendre hommage à cette Révolution libertaire.
Cet hommage aura lieu à la Casa de España le samedi 13 mars 2010 à partir de 16h.
Au programme : projection-débat, exposition, concert et comida española.
PROJECTION - DEBAT : 16H -19HL'ouverture des portes aura lieu à 16h. L'Hommage débutera par la diffusion d'un film-documentaire avec des images d'époque et des témoignages sur cette expérience révolutionnaire. Il sera suivi d'un débat animé par Jérémie BERTHUIN, militant de la CNT Nîmes et auteur de "La CGT-SR et la Révolution espagnole" (Editions CNT RP, 2000).
L'EXPOSITION "LA RÉVOLUTION LIBERTAIRE" A 19HA 19h, l'exposition "La Révolution libertaire" sera inaugurée. Cette exposition est composée d'une trentaine de panneaux thématiques avec un texte explicatif et illustrés d'images et de photos d'époque. Les thèmes abordés sont entre autres ceux : des miliciens qui combattirent les troupes de Franco sur les différents fronts, le rôle des femmes dans la révolution, les collectivisations agraires en Aragon et les fondements d'une société ignorant l'argent et l'individualisme, les pratiques d'autogestion dans les usines et les quartiers de Barcelone et de Catalogne etc.
Cette exposition nous a été fournie par la CGT espagnole, organisation soeur de la CNT.
L'exposition restera ouverte au public jusqu'au 26 mars à la Casa de España. On pourra la voir aux heures d'ouverture de la Casa de España : tous les jours de 16h à 20h et le dimanche matin.
COMIDA ESPAÑOLA ET PEPE LINARES EN CONCERT A 21HA partir de 21h, Pépé LINARES nous fera l'honneur d'être présent et de nous jouer son répertoire habituel de chansons populaires et révoltées.
Dès 16h et ce jusque tard dans la soirée, les membres de la Casa de España se chargeront du bar et nous régaleront le soir de tapas et de plats espagnols.
L'entrée est libre.
CNT Nîmes
1er mars 2010
Chers amis, chers camarades,
J'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai obtenu satisfaction à propos de ma lettre ouverte au Préfet de Police (Des papiers pour Armand) et que la Préfecture a très aimablement accepté de renouveler ma carte d'identité française et plastifiée.
Il est donc possible, même avec des parents nés à l'étranger, de renouveler cette carte sans devoir systémiquement prouver sa nationalité française, et je ne peux que conseiller à ceux qui sont dans mon cas de prendre contact avec le service juridique de la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).
Merci encore à tous ceux qui ont contribué à cette victoire contre la xénophobie d'état en m'apportant leur solidarité.
Armand Gorintin
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