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« Eh bien non, il ne s'agit pas d'un film de Spielberg où il faudrait sauver le soldat Abraham. C'est plutôt lui qui nous sauve et veille sur nous, nos idéaux, nos enfants, notre futur. Nous avons le choix ! Pas eux, donc pas nous ! Aidons-les à veiller sur eux… enfin sur nous. »
Tel est le commentaire personnel de l'humoriste français Gad Elmaleh inscrit sur le site de l'Association pour le Bien-être des Soldats Israéliens. A ceux qui connaissent les tendances politiques d'Elmaleh, pas besoin de clarifications. A ceux qui les ignorent, une simple recherche sur internet, le réseau de télécommunication international de ce siècle, suffit pour réaliser ce fait.
Nombreuses sont les justifications et les réactions au Liban, défavorables à l'annulation de la tournée d'Elmaleh, prévue les 13, 14 et 15 juillet, dans le cadre du festival international de Beïteddine. Cette annulation est survenue suite aux reportages diffusés par la chaine de télévision Al Manar, qui ont révélé le soutien inconditionnel de l'humoriste français à "Israël".
En effet, Al Manar n'a rien fabriqué. Quelques rédacteurs se sont renseignés sur cette personnalité inconnue du public libanais, en surfant sur internet. En voici les résultats :
Sur le site (http://www.bladi.net/forum/139880-g...) Elmaleh déclare haut et fort : "Israël me donne du bonheur comme nulle part ailleurs dans le monde… C'est une chose que nous tous, devons faire : inciter les gens à voyager pour ressentir et aimer ce pays (Israël)".
Il a reçu un remerciement de la part de l'Association pour le Bien-être des Soldats Israéliens. Le texte du remerciement a été reproduit sur le site ( http://no-sioniste-medias.blogspot....) et voici sa teneur : "A vous tous qui avez su rendre ce tendre hommage au soldat de Tsahal, merci d'avoir franchi le pas. Celui qui nous lie les uns aux autres dans la grande famille du peuple d'Israël".
Sur le site http://www.info-palestine.net/artic... ?id_article=6409 on peut lire l'article intitulé "Gad Elmaleh, le nouvel ambassadeur d'Israël dans la Francophonie".
Notons que le lien http://absikerenor.free.fr/actualit... a dû effacer récemment le texte qui prouve la profonde sympathie entre l'humoriste en question et les sionistes.
Ces quelques spécimens doivent suffire à eux seuls pour prouver la véritable identité culturelle à visée politique de cet artiste, qui n'a pas cessé dans ses films cinématographiques comme dans toutes ses productions à appeler les Juifs à venir s'installer en Israël ! Donc, les révélations d'Al Manar ne portent sûrement atteinte ni à l'origine marocaine d'Elmaleh, ni à sa nationalité française, ni non plus à sa confession juive. Le Hezbollah, accusé d'antisémitisme, fut le premier parti à accueillir les rabbins membres de l'association juive anti-israélienne " Neturei Karta " (ou les gardiens de la cité) qui dénonce les politiques extrémistes de l'entité sioniste et qui considère que la Palestine appartient aux Palestiniens.
Le point litige figure dans les tendances politiques de Gad qui soutiennent à fond l'ennemi numéro 1 des Libanais, "Israël", qui a ravagé maintes fois le pays des Cèdres et massacré son peuple.
Malgré ces réalités, certains Libanais continuent de prendre le parti de cet acteur pro-israélien au détriment des lignes rouges nationales empêchant toute promotion à l'entité sioniste.
Les organisateurs du festival de Beïteddine ont tenu mardi une conférence de presse durant laquelle quatre ministres ont dénoncé la "campagne" d'Al Manar. Contrairement aux preuves tangibles présentées par ladite chaine, les ministres du tourisme Joe Sarkiss et de la culture Tammam Salam se sont contentés d'exprimer leur colère et leur refus à cette action qui "sabote le festival", sans fournir ni garantie ni réponse sur les questions mettant en cause les motifs d'Elmaleh.
Selon eux, il ne faut tenir compte que du côté culturel et artistique, et négliger l'identité politique des gens ! Étrange constat dans un pays où grouillent les réseaux d'espionnage recrutant en permanence des Libanais et des étrangers au service d'"Israël".
Le député des Phalanges nouvellement élu Sami Gemayel est allé plus loin, en appelant il y a deux jours à signer un accord de paix avec Israël, et à désarmer le Hezbollah.
Bref, s'agit-il vraiment d'une simple défense d'un acteur pro-israélien voulant participer à un festival culturel ? Les organisateurs ignorent-ils vraiment les tendances politiques d'Elmaleh ? Ou bien la décision a été prise pour ouvrir la page de la normalisation et de la reconnaissance d'Israël ?
http://www.almanar.com.lb/NewsSite/... ?id=92630&language=fr
Nada Raad- Al Manar
http://mplbelgique.wordpress.com/20...
Ces français qui soutiennent les bourreauxPour faire connaître des noms de ceux qui soutiennent l'armée d'occupation de la Palestine, du sud de la Syrie et du sud du Liban
Cette armée qui perpétue crimes et actes racistes et de haine contre les peuples arabes, cette armée de voleurs...qui se voit absoute de tous ses actes et violations. En voilà : ils sont chez nous, adulés, honorés, respectés, écoutés....
Ariel Zeitoun, Patrick Braoudé, Daniel Sibony, Ivan Levaï, Marek Halter, Enrico Macias, Alain et Marc Nacash, Richard Berry, Michel Jonasz, Gad Elmaleh, Rika Zaraï, Gérard Miller, Elie Semoun, Daniela Lumbroso, Stephan Shayevitz, Alain Ayache.
http://www.protection-palestine.org...
les sionistes de d'extrême droite, de droite, de gauche, d'extrême gauche, les anarcho-sionistes accusent les détracteurs du soutien aux soudards d'antisémitisme.
Ils font un rideau de fumée à propos d'une photographie d'un soudard, illustrant l'album, criant à l'antisémitisme

« Eh bien non, il ne s'agit pas d'un film de Spielberg où il faudrait sauver le soldat Abraham. C'est plutôt lui qui nous sauve et veille sur nous, nos idéaux, nos enfants, notre futur. Nous avons le choix ! Pas eux, donc pas nous ! Aidons-les à veiller sur eux… enfin sur nous. » Gad ELMALEH
dédicacée par Gad Elmaleh qui n'aurait même pas fait son service, selon un anarcho-sioniste. Et alors ? Il n'a pas risqué sa vie, il a tué par procuration. C'est mieux ?
Comment appeler un soutien de la pire soldatesque autrement qu'un charognard ?

L'apport des maoïstes dans les luttes de classes en France.
Sur mai 68 et les maoïstes
Intervention de l'AGEN au meeting du 28 novembre 2008
L'apport des maoïstes dans les luttes de classes en France
1) Les mythes réactionnaires sur mai 68 et sur les maoïstes de France.
2) La pratique des maoïstes. Les trois mots d'ordre stratégiques : « Servir le peuple », « Mener l'enquête », « On a raison de se révolter ».
3) Contre le crétinisme parlementaire, l'électoralisme et le légalisme : rupture avec la gauche respectueuse.
4) Rependre le flambeau, lutter face à la contre-révolution préventive, soutenir les nouvelles révoltes !
Introduction : celui qui ne connaît pas son histoire est condamné à la revivre
Nous nous méfions comme la peste des commémorations, surtout en ce qui concerne des épisodes révolutionnaires comme mai 68 et ses suites.
Si nous organisons un meeting à la cité-U de Nanterre avec des militants membres de la Gauche Prolétarienne et du MTA (Mouvement des Travailleurs Arabes) dans les années 1970, ouvriers OS à Renault, avec des camarades maoïstes de Turquie, d'Italie et de France, c'est pour partager une mémoire des luttes et tirer des leçons pour la lutte des classes aujourd'hui.
Pourquoi la mémoire de 68 est-elle défigurée ? En quoi cette déformation sert-elle les dominants c'est-à-dire la bourgeoisie impérialiste ?
D'abord, la parole de ceux qui ont lutté, notamment la parole des ouvriers, est purement et simplement absente de la fête commémorative. Vous avez sûrement entendu partout dans les médias la voix des renégats (Cohn-Bendit, Geismar, Glucksman...) ex-leaders étudiants qui se sont repentis de leurs péchés de jeunesse, mais nous n'avons pas entendu la voix des OS de Renault, de Peugeot, de Sud aviation et d'ailleurs. Pas de droit à la parole pour ceux qui ont lancé la plus grande grève générale de l'histoire de France. Le premier enterrement, la première trahison, c'est celle de la mémoire des luttes. La bourgeoisie se présente sous les atours de la liberté mais dans ces appareils idéologiques (écoles, médias) il n'y a pas de place pour la mémoire des opprimés, pour les luttes du peuple. « Tant que les lions n'auront pas leurs historiens les histoires de chasse continueront à glorifier les chasseurs »
Deuxième problème majeur. La version dominante de la mémoire sur mai 68 consiste à vider les « évènements » de leur contenu politique. Liquider, brouiller, vider de son contenu peut se faire de multiples façons : soit par la version biographique (personnalisation) soit par une version sociologique qui ne retient que l'aspect générationnel (une révolte de la jeunesse). Pour les dominants il importe de faire de mai 68 le simple passage d'une société autoritaire à une société bourgeoise libérale (l'apogée de cet usage de 68 furent les déplorables « années Mitterand »). Selon une autre optique car cette fois, il faut détruire l'idée même de révolte le discours versaillais de Nicolas Sarkozy, le 28 avril 2007 à Bercy, avait le ton de la revanche sociale : « Mai 68 nous avait imposé un relativisme intellectuel et moral... Le culte de l'argent roi et du profit à court terme a été porté par les valeurs de mai 68... Je propose aux Français de rompre réellement avec l'esprit, avec les comportements, avec les idées de Mai 68. Je propose aux Français de rompre réellement ave le cynisme de Mai 68. Je propose aux Français de renouer en politique avec la morale, avec l'autorité, avec le travail, avec la nation. ». Travail, famille, patrie : la trilogie vichyste au grand complet. En prime on accuse la grève générale et la remise en cause du système capitaliste d'être responsable des ravages du capitalisme !!!
Troisième falsification : encore aujourd'hui, le cortège funèbre de l'extrême gauche institutionnelle enterre ces luttes de mille manières : par exemple les discours contre le sabotage tenu par le NAP lors de l'arrestation du « groupe de Tarnac ». Le sabotage qui ne serait pas une méthode prolétarienne selon nos « révolutionnaires » légalistes, ou encore les discours sur « la place électorale à prendre à gauche », sur le fait de faire très attention à tout ce qu'on dit sur la Palestine (sous peine d'être taxé d'antisémitisme). Toutes ces préventions vont totalement à l'encontre du combat pour le projet révolutionnaire. Il faut être propre, médiatique et ne pas poser la question du pouvoir. Le paradoxe apparent c'est que cet esprit liquidateur, à notre avis cet esprit est celui qui préside à la création du NPA, émerge aujourd'hui. Mais dans un sens ce n'est pas un hasard Après des décennies de matraquage assommant sur le fait que le système capitaliste et sa démocratie de marché étaient un horizon indépassable, tout est remis en cause brutalement par un épisode de la crise générale du système capitaliste. Tout est remis en cause aussi par des révoltes de plus en plus nombreuses. Les dominants ont intérêt à promouvoir des fausses pistes et à canaliser les révoltes vers des impasses. Le trotskisme, plus ou moins relooké, est une de ces impasses. En fait, le seul courant neuf, novateur et qui a fait peur à la bourgeoisie c'est le courant maoïste, que ce soit aux USA, en Turquie, en Inde, en France. Ce n'est pas un hasard si l'on crache sur son expérience, c'est avant tout pour conjurer un péril.
Notre but en tant que groupe marxiste agissant à l'université c'est de commencer à faire connaître ce mouvement maoïste et de voir ce qui dans son histoire peut nous servir pour aller de l'avant aujourd'hui. Tirer les leçons de cette expérience, Reconstituer ce qui a fait le contenu et les formes de luttes de ces années doit nous aider à fonder des luttes radicales pour aujourd'hui. A défaut on revivra le scénario de la liquidation du mai français.
1) Les mythes réactionnaires sur mai 68 et les maoïstes
Le premier mythe dépolitisant, tout le monde le connaît, il consiste à dire que mai 68 n'est qu'une éruption libertaire spontanée et se résume à un mouvement culturel de changement des moeurs. Pourtant, l'essentiel de mai 68 c'est d'être un mouvement politique de masse entièrement tourné contre le système capitaliste. Escamoter cette donnée c'est chercher à détruire les idées d'émancipation. Ce que l'idéologie dominante doit réussir à faire entrer dans les têtes c'est que le capitalisme, son Etat policier, ses guerres sont des lois naturelles indépassables
Cette version culturelle commence dès que l'on évoque les origines de mai 68, résumé à un chahut étudiant né du problème de la mixité des bâtiments la cité-U de Nanterre. Bref, que si il y avait révolte c'est qu'il s'agissait d'une question culturelle, « sociétale » C'est une énorme falsification, les mobilisations même purement étudiantes en février mars et avril 68 (alors qu'il faudrait évoquer les grèves dures de 67 au Mans, à Caen, à Lyon, à Saint-Nazaire, à Redon, à Besançon avec des barricades et des syndicats dépassés par la base), les luttes étudiantes elles-mêmes donc, viennent de luttes antifascistes et internationalistes avec un contenu politique explicite. En soutien au peuple combattant du Vietnam, le Groupe d'autodéfense crée par l'UJC(ml), toute jeune organisation maoïste, attaque l'ambassade du Sud-Vietnam et les expositions organisées par les fascistes d'Occident et d'Ordre Nouveau. Des militants sont emprisonnés et la Sorbonne est envahie en mai avec comme première revendication leur libération. Ces SO antifa prendront fin après le 21 juin 1973 avec l'attaque de la Mutualité. L'origine immédiate de mai n'est pas une poussée de libido juvénile.
Dans les années 1960 et 1970. Les révolutions anti-coloniales se lient politiquement aux luttes ouvrières : « le Vietnam dans nos usines ». Une jeunesse étudiante s'est politisée depuis la Révolution nationale algérienne. Elle veut se lier aux plus opprimés dans l'optique d'un combat anticapitaliste. Ces deux aspects se rejoignent de la façon la plus puissante dans la voie révolutionnaire défendue par l'expérience chinoise. En effet les révolutionnaire chinois appellent à soutenir les luttes de libération dans la « zone des tempêtes » et à lutter pour le socialisme jusqu'au bout. C'est la lutte contre le révisionnisme moderne et pour le Révolution Culturelle. Il faut expliquer que le courant mao naît d'une critique des théories et de la pratique des partis communistes révisionnistes qui tournent le dos à la révolution et à l'internationalisme. Les maoïstes qui dénoncent la gauche respectueuse (principalement le PCF qui pendant la guerre d'Algérie appelle à la paix mais veut sauvegarder la présence française) vont défendre les luttes de libérations nationales. L'Algérie est considérée comme une affaire intérieure depuis 1848. N'oublions pas que la première manifestation de masse des années 60 c'est le 17 octobre 1961. 40000 hommes, femmes et enfants traqués par la police. Papon, ex-collabo qui supervise le massacre en tant que préfet, sera ministre du budget sous Giscard mais aussi PDG de Sud-Aviation, 1ère usine à se mettre en grève en 68. Renault suivra. Papon était d'ailleurs depuis 1945 responsable de l'Algérie au ministère de l'Intérieur.. Les méthodes anti-subversives mises en place en Algérie vont devenir celles de la police en France. En octobre 1961, le PCF n'appelle pas à une manifestation de soutien seul le FUA (Front. Universitaire. Antifasciste) et le Comité Anticolonialiste descendront dans la rue contre le massacre. C'est la première intervention des étudiants pour une cause autre que la leur.
On est très loin du sympathique débordement libertaire récupérable et marchandisable qui deviendra le stéréotype de mai 68.
Deuxième mythe : mai 68 a été globalement non-violent
Le matraquage à été une éducation directe sur la nature de l'Etat. Une police qui blesse, estropie et tue à Sochaux (Henri Blanchet, Pierre Belot), à Flins (Gilles Tautin). Il y a aussi l'apprentissage de la résistance aux flics. 1er tract maoïste distribué à Nanterre dans le bidonville et les quartiers populaires « Les étudiants n'ont pas peur des flics. Quand les flics de la bourgeoisie se heurtent aux mouvements progressistes, ils ne font pas la loi. Les ouvriers de Caen et de Redon leur ont infligé une sévère leçon. Les étudiants qui soutiennent les luttes des peuples se mettront à l'école des ouvriers et des paysans » Durant mai 68 et après, il y a les interdictions d'organisations, la prison, des blessés par balles par lance-grenades. Parallèle révélateur50 membres de l'OAS condamnés pour assassinat sont amnistiés et le SAC se crée. En 1970, 60 militants de la GP sont en prison. Dans les années qui suivent les crimes racistes (Djellali à la Goutte d'Or, Diab à Versailles et bien d'autres) vont se multiplier. Et bien sûr il ya l'assassinat de Pierre Overney à Renault-Billancourt.
En fait, la répression mise en place par la bourgeoisie hier comme aujourd'hui ne consiste d'abord pas à chercher un bouc-émissaire ou encore à installer le fascisme mais face aux confrontations d'ampleur à venir, elle représente une contre-révolution préventive. Depuis 2005 et la révolte des quartiers popumaires, les moyens sont démultipliés en ce sens. L'une des différences entre 68 et aujourd'hui porte sur la question du rapport à la violence. Celle-ci n'était pas problématique en 68. On avait alors l'image de Che Guevara, des guérillas, des luttes de l'Algérie ou du Vietnam, d'une violence directement libératrice. Le « pouvoir est au bout du fusil » disait Mao. Cette idée revient tout de même dans les dernières luttes.
Troisième mythe : les maoïstes étaient de dangereux « illuminés », « aveuglés », « manipulés »
C'est le langage de l'ordre et de tous les renégats. Discours dominant sur les maoïstes : des intellectuels aveuglés qui défendent un totalitarisme populiste et à la base des ouvriers jusqu'auboutistes, ultradangereux, tentés par la lutte armée, qu'on a réussi à arrêter avant un bain de sang comme en Allemagne ou en Italie. Pour certains le maoïsme en France c'est même un coup de la CIA pour déstabiliser un pays allié mais non aligné.
En tout cas, selon ce discours, c'est au mieux une « aventure folle » (voir le livre de Bourseiller, La folle aventure des maoïstes français, Points seuil) qui surtout ne doit pas avoir de suites. Prenons les choses sérieusement. Il s'agit d'un combat politique et non d'une mystique qui déraille. Toutes les questions soulevées par les maoïstes sont des contradictions concrètes, de classe, qui rongent un pays impérialiste comme la France. Depuis 68, tous les militants révolutionnaires considèrent que la révolution est à l'ordre du jour mais le chemin pour sortir de l'hégémonie des forces conservatrices (gaullisme et PCF à l'époque) n'est pas défini. Ce ne sont pas les étudiants qui sont les plus dangereux, « on ne renverse pas un régime avec 100000 étudiants désarmés » (Sartre) mais le danger vient du fait que leur lutte se soit accrochée à un mouvement de masse offensif. En dépassant les veilles organisations de gauche, les ouvriers posaient la question d'une perspective en dehors de ces forces. La tactique d'occupation est reprise de 1936 mais avec un contenu classe contre classe. La violence est assumée et revendiquée. Voilà pourquoi, pour la bourgeoisie sous tous ses déguisements, il faut discréditer à tout prix ce mouvement de mai 68.
2) La pratique des maoïstes. « Servir le peuple », « Mener l'enquête ». « On a raison de se révolter »
La pratique des maoïstes en France c'est l'inverse de « jouir sans entraves », mot d'ordre égoïste et consumériste, mais c'est plutôt « lutter sans entraves »
Servir le peuple, c'est le principe qui consiste à savoir dans chaque acte de la vie quotidienne, de la pratique sociale, se poser cette question est primordial. Est-ce que tu vis, tu te bats pour tes propres intérêts ou pour les intérêts d'une petite poignée ? Ou bien encore tu te bats pour l'intérêt des opprimés. Servir le peuple ou ses ennemis. Il y a des contraintes du combat révolutionnaire. Elles tournent autour de ces questions. Donc, il ne faut pas juste suivre ses impulsions. Une révolte qui ne se lie pas aux plus opprimés ne peut mener qu'aux impasses. Servir le peuple, c'est avant tout, se mettre à l'école des masses, étudier auprès d'elles et se considérer, d'abord, comme son élève avant d'être son prof .En effet, sous l'impulsion des maos, mai 68 a vu fleurir une multitude d'initiatives qui se revendiquaient des thèses des révolutionnaires chinois ; et notamment assimiler et faire vivre l'application de la ligne des masses dans toute les luttes. En voici quelques exemples.
Exemples des initiatives des maoïstes. L'établissement pour briser la hiérarchie entre travail intellectuel et manuel, connaître la réalité de l'exploitation en s'installant en usine, créer un groupe ouvrier puis combattre pour la révolution ; on a parlé de démarche chrétienne ou sacrificielle mais c'est d'abord une école de lucidité.
La création des comités de lutte d'ateliers pour lutter contre la bureaucratie syndicale et construire une force autonome. Actions directes des ouvriers à Billancourt, à Nantes, à Marseille, Usinor et chantiers ACDB à Dunkerque, Sochaux, mines du Nord, Lorraine : séquestration, sabotages, correction des chefs et question du pouvoir ouvrier posé concrètement. Les GOAF, s'occupent des petits chefs qui martyrisent les ouvriers. La création du MTA (Mouvement des travailleurs arabes), luttes pour les papiers, pour les permis de travail, grève contre le racisme le 3 sept1973. Les organisations traditionnelles de la classe ouvrière ne représentent souvent que le prolétariat « blanc ». Il faut s'organiser pour défendre ses propres intérêts.
Les premiers comités de soutien à la lutte du peuple palestinien sont lancés par des maoïstes. La dénonciation des conditions de vie dans les bidonvilles et les cités dortoir est aussi à l'ordre du jour.
Des campagnes sur les assassinats d'ouvriers par les marchands de sommeil, comme à Aubervilliers, sont organisées.
Les Comités Vietnam de base (soutien pratique et soutien à la ligne politique du Vietnam. Le mot d'ordre n'est pas « paix au Vietnam » mais « peuple vietnamien vaincra », différence nette avec les trotskistes qui introduisent leur marchandise sur le fait qu'il n'y a pas deux étapes à la lutte dans les pays dominés. Implantation dans les quartiers plutôt que des grands shows (6h pour le Vietnam) sans travail prolongé.
Les réquisitions de nourriture, comme le « pillage » de Fauchon 8 mai 1970 avec redistribution au bidonville de Saint-Denis, sont des actions très populaires. Les procès populaires, les sabotages, les attaques de commissariat, les campagnes contre les crimes racistes, contre les vacances réservées aux riches, contre le métro trop cher. La création de crèches sauvages, l'occupation des logements vides. Des pratiques qui partent des besoins des masses populaires. Des pratiques créatives qui signifient toutes une attaque frontale contre l'Etat bourgeois : « oser lutter, oser vaincre ! ». Des pratiques qui partent des expériences révolutionnaires et non pas qu'ils les nient comme aujourd'hui.
Unir la pratique et la théorie, lutter contre le réformisme, contre la ligne noire au sein du mouvement communiste, c'est assumer d'être des communistes authentiques. Assumer à nouveau d'être communiste. Il ne s'agit pas de faire des « actions exemplaires » détachée des masses mais de lutter au besoin en dehors du légalisme qui pourrit la vie des dominés.
3) Contre le crétinisme parlementaire, l'électoralisme et le légalisme
Cette critique du légalisme part des deux éléments. La démocratie bourgeoise est une imposture dans laquelle le peuple n'a le pouvoir en rien. Ensuite, il faut promouvoir l'expérience pratique des comités de lutte pour dépasser les optiques syndicalistes et périparlementaires propres aux trotskistes et au PSU.
La démocratie est un processus historique, son avènement est connu, avec la Révolution française, mais elle a un caractère de classe. La bourgeoisie a marqué de son empreinte toutes les institutions. Des libertés ont été arrachées par les émeutes populaires mais contredites par la représentation politique. Pourtant les préjugés sur la démocratie sont les plus ancrés. Dénoncer la mascarade de la démocratie bourgeoise est une priorité.
Cependant, sans parti révolutionnaire, on ne peut espérer aller plus loin que des révoltes sans perspectives.
Il existe deux conditions pour créer le parti selon la Gauche Prolétarienne : être le noyau dirigeant effectif du mouvement de masse dans les grandes usines stratégiques et disposer d'une ossature de cadres liés aux masses
Le style de travail c'est la centralisation des idées justes qui viennent des masses et pas une ligne qui vient d'en haut (exemple de cette ligne de masse : Lénine et les paysans en 1917, Lénine reprend les revendications paysannes même si elles sont distinctes du programme bolchévik et cette alliance est une des clefs de la victoire). La Gauche Prolétarienne veut unir toutes les couches hostiles au système capitaliste, mais pas d'illusions : la force principale ce sont les plus exploités, c'est-à-dire les ouvriers.
Pour les maoïstes la Révolution culturelle a résolu la question du pouvoir révolutionnaire de masse. Nous ne pouvons pas développer cette question ici mais elle est fondamentale.
Le peuple n'est pas barbare, passif, en attente de « lumière » : les idées justes existent dans les luttes. Les militants doivent les généraliser et se mettre au service de ces idées.
Quant au respect de la légalité, il va sans dire qu'il est, aujourd'hui comme hier, celui du renoncement absolu à définir une voie révolutionnaire. Mais, les révolutionnaires conséquents ne vénèrent pas l'illégalisme à l'inverse certaines sectes anarchistes qui en font un mode de vie. Seul ce qui est utile aux luttes des opprimés mérite que l'on dépasse le strict cadre légal.
4) Rependre le flambeau, lutter face à la contre-révolution préventive. Soutenir les nouvelles révoltes
Bien sûr il existe des aspects négatifs dans l'expérience des maoïstes en France qui sont criants. Le spontanéisme de la Gauche Prolétarienne, les thèses sur la lutte antiautoritaire comme lutte principale sont fausses. Sa compréhension limitée de la ligne de masse a nourri sa liquidation car il s'agit de la négation du rôle d'un parti pour faire la révolution.
Mais aujourd'hui, le principal c'est que le maoïsme a été l'expression la plus radicale et la plus conséquente de l'affrontement avec le capitalisme. Comme les épisodes de la Commune, du Front populaire, de la Résistance, l'épisode des années 68 est incontournable pour ceux qui cherchent une voie d'émancipation.
Face à l'émergence de nouvelles révoltes (centres de rétention, luttes dans les usines, quartiers populaires, jeunesse scolarisée,) un dispositif de législation répressive et de consensus sécuritaire tente de tout étouffer, y compris préventivement.
Pourtant la bourgeoisie ne peut éviter les révoltes.
La crise n'est pas un orage brusque. Les marxistes l'avaient annoncée. La crise n'est pas uniquement financière mais générale, pas uniquement américaine mais mondiale. La paupérisation relative et absolue ne peut plus être camouflée. Le capitalisme ce n'est pas l'abondance mais la dévastation sociale, les violences et les guerres.
La transformation des rapports de forces à l'échelle mondiale, c'est-à-dire la défaite des expériences socialistes, a crée le monde le plus inégalitaire que l'on ait jamais vu. Le théorème d'Helmut Schmitt « les profits d'aujourd'hui sont les investissements et les emplois de demain », un concentré de la pensée bourgeoise, a été contredit dans l'éclatement de la phase aigüe d'une crise qui couve depuis 30 ans.
L'homme fait l'histoire on ne peut rester passif face à la misère, aux guerres, à un système de mort. Nous partageons sur ce point l'avis du philosophe slovène Slavoj Zizek : la véritable utopie est de croire que le système global actuel peut se reproduire indéfiniment ; la seule façon d'être vraiment réaliste est d'envisager ce qui, au regard des critères de ce système, ne peut apparaître autrement qu'impossible. Il n'y a rien de pire que le sentiment d'impuissance.
Mais pour ceux qui veulent une alternative il faut se réarmer de l'analyse de la société qui a fait la force du mouvement ouvrier. Cette analyse c'est celle du marxisme militant nourri de 160 ans d'expériences.
L'homme le plus riche du monde pose bien à sa manière les termes du problème, Warren Buffet dans le New York Times du 26 novembre 2006 déclare « Il y a une guerre des classes, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui la mène, et nous sommes en train de la gagner ».
La seule façon de combattre ce cynisme tranquille c'est de renouer avec l'état d'esprit révolutionnaire. Cet état d'esprit il est expliqué en quelques mots célèbres par Mao :
« Tout homme doit mourir un jour, mais toutes les morts n'ont pas la même signification. Un écrivain de la Chine antique, Sema Tsien, disait : « Certes, les hommes sont mortels ; mais certaines morts ont plus de poids que le mont Taichan, d'autres en ont moins qu'une plume. Mourir pour les intérêts du peuple a plus de poids que le mont Taichan, mais se dépenser au service des fascistes et mourir pour les exploiteurs et les oppresseurs a moins de poids qu'une plume. »
(Mao Zedong, Servir le peuple).
Par AGEN (pour un syndicalisme de combat)
L'apport des maoïstes dans les luttes de classes en France.
Sur mai 68 et les maoïstes
Intervention de l'AGEN au meeting du 28 novembre 2008
L'apport des maoïstes dans les luttes de classes en France
1) Les mythes réactionnaires sur mai 68 et sur les maoïstes de France.
2) La pratique des maoïstes. Les trois mots d'ordre stratégiques : « Servir le peuple », « Mener l'enquête », « On a raison de se révolter ».
3) Contre le crétinisme parlementaire, l'électoralisme et le légalisme : rupture avec la gauche respectueuse.
4) Rependre le flambeau, lutter face à la contre-révolution préventive, soutenir les nouvelles révoltes !
Introduction : celui qui ne connaît pas son histoire est condamné à la revivre
Nous nous méfions comme la peste des commémorations, surtout en ce qui concerne des épisodes révolutionnaires comme mai 68 et ses suites.
Si nous organisons un meeting à la cité-U de Nanterre avec des militants membres de la Gauche Prolétarienne et du MTA (Mouvement des Travailleurs Arabes) dans les années 1970, ouvriers OS à Renault, avec des camarades maoïstes de Turquie, d'Italie et de France, c'est pour partager une mémoire des luttes et tirer des leçons pour la lutte des classes aujourd'hui.
Pourquoi la mémoire de 68 est-elle défigurée ? En quoi cette déformation sert-elle les dominants c'est-à-dire la bourgeoisie impérialiste ?
D'abord, la parole de ceux qui ont lutté, notamment la parole des ouvriers, est purement et simplement absente de la fête commémorative. Vous avez sûrement entendu partout dans les médias la voix des renégats (Cohn-Bendit, Geismar, Glucksman...) ex-leaders étudiants qui se sont repentis de leurs péchés de jeunesse, mais nous n'avons pas entendu la voix des OS de Renault, de Peugeot, de Sud aviation et d'ailleurs. Pas de droit à la parole pour ceux qui ont lancé la plus grande grève générale de l'histoire de France. Le premier enterrement, la première trahison, c'est celle de la mémoire des luttes. La bourgeoisie se présente sous les atours de la liberté mais dans ces appareils idéologiques (écoles, médias) il n'y a pas de place pour la mémoire des opprimés, pour les luttes du peuple. « Tant que les lions n'auront pas leurs historiens les histoires de chasse continueront à glorifier les chasseurs »
Deuxième problème majeur. La version dominante de la mémoire sur mai 68 consiste à vider les « évènements » de leur contenu politique. Liquider, brouiller, vider de son contenu peut se faire de multiples façons : soit par la version biographique (personnalisation) soit par une version sociologique qui ne retient que l'aspect générationnel (une révolte de la jeunesse). Pour les dominants il importe de faire de mai 68 le simple passage d'une société autoritaire à une société bourgeoise libérale (l'apogée de cet usage de 68 furent les déplorables « années Mitterand »). Selon une autre optique car cette fois, il faut détruire l'idée même de révolte le discours versaillais de Nicolas Sarkozy, le 28 avril 2007 à Bercy, avait le ton de la revanche sociale : « Mai 68 nous avait imposé un relativisme intellectuel et moral... Le culte de l'argent roi et du profit à court terme a été porté par les valeurs de mai 68... Je propose aux Français de rompre réellement avec l'esprit, avec les comportements, avec les idées de Mai 68. Je propose aux Français de rompre réellement ave le cynisme de Mai 68. Je propose aux Français de renouer en politique avec la morale, avec l'autorité, avec le travail, avec la nation. ». Travail, famille, patrie : la trilogie vichyste au grand complet. En prime on accuse la grève générale et la remise en cause du système capitaliste d'être responsable des ravages du capitalisme !!!
Troisième falsification : encore aujourd'hui, le cortège funèbre de l'extrême gauche institutionnelle enterre ces luttes de mille manières : par exemple les discours contre le sabotage tenu par le NAP lors de l'arrestation du « groupe de Tarnac ». Le sabotage qui ne serait pas une méthode prolétarienne selon nos « révolutionnaires » légalistes, ou encore les discours sur « la place électorale à prendre à gauche », sur le fait de faire très attention à tout ce qu'on dit sur la Palestine (sous peine d'être taxé d'antisémitisme). Toutes ces préventions vont totalement à l'encontre du combat pour le projet révolutionnaire. Il faut être propre, médiatique et ne pas poser la question du pouvoir. Le paradoxe apparent c'est que cet esprit liquidateur, à notre avis cet esprit est celui qui préside à la création du NPA, émerge aujourd'hui. Mais dans un sens ce n'est pas un hasard Après des décennies de matraquage assommant sur le fait que le système capitaliste et sa démocratie de marché étaient un horizon indépassable, tout est remis en cause brutalement par un épisode de la crise générale du système capitaliste. Tout est remis en cause aussi par des révoltes de plus en plus nombreuses. Les dominants ont intérêt à promouvoir des fausses pistes et à canaliser les révoltes vers des impasses. Le trotskisme, plus ou moins relooké, est une de ces impasses. En fait, le seul courant neuf, novateur et qui a fait peur à la bourgeoisie c'est le courant maoïste, que ce soit aux USA, en Turquie, en Inde, en France. Ce n'est pas un hasard si l'on crache sur son expérience, c'est avant tout pour conjurer un péril.
Notre but en tant que groupe marxiste agissant à l'université c'est de commencer à faire connaître ce mouvement maoïste et de voir ce qui dans son histoire peut nous servir pour aller de l'avant aujourd'hui. Tirer les leçons de cette expérience, Reconstituer ce qui a fait le contenu et les formes de luttes de ces années doit nous aider à fonder des luttes radicales pour aujourd'hui. A défaut on revivra le scénario de la liquidation du mai français.
1) Les mythes réactionnaires sur mai 68 et les maoïstes
Le premier mythe dépolitisant, tout le monde le connaît, il consiste à dire que mai 68 n'est qu'une éruption libertaire spontanée et se résume à un mouvement culturel de changement des moeurs. Pourtant, l'essentiel de mai 68 c'est d'être un mouvement politique de masse entièrement tourné contre le système capitaliste. Escamoter cette donnée c'est chercher à détruire les idées d'émancipation. Ce que l'idéologie dominante doit réussir à faire entrer dans les têtes c'est que le capitalisme, son Etat policier, ses guerres sont des lois naturelles indépassables
Cette version culturelle commence dès que l'on évoque les origines de mai 68, résumé à un chahut étudiant né du problème de la mixité des bâtiments la cité-U de Nanterre. Bref, que si il y avait révolte c'est qu'il s'agissait d'une question culturelle, « sociétale » C'est une énorme falsification, les mobilisations même purement étudiantes en février mars et avril 68 (alors qu'il faudrait évoquer les grèves dures de 67 au Mans, à Caen, à Lyon, à Saint-Nazaire, à Redon, à Besançon avec des barricades et des syndicats dépassés par la base), les luttes étudiantes elles-mêmes donc, viennent de luttes antifascistes et internationalistes avec un contenu politique explicite. En soutien au peuple combattant du Vietnam, le Groupe d'autodéfense crée par l'UJC(ml), toute jeune organisation maoïste, attaque l'ambassade du Sud-Vietnam et les expositions organisées par les fascistes d'Occident et d'Ordre Nouveau. Des militants sont emprisonnés et la Sorbonne est envahie en mai avec comme première revendication leur libération. Ces SO antifa prendront fin après le 21 juin 1973 avec l'attaque de la Mutualité. L'origine immédiate de mai n'est pas une poussée de libido juvénile.
Dans les années 1960 et 1970. Les révolutions anti-coloniales se lient politiquement aux luttes ouvrières : « le Vietnam dans nos usines ». Une jeunesse étudiante s'est politisée depuis la Révolution nationale algérienne. Elle veut se lier aux plus opprimés dans l'optique d'un combat anticapitaliste. Ces deux aspects se rejoignent de la façon la plus puissante dans la voie révolutionnaire défendue par l'expérience chinoise. En effet les révolutionnaire chinois appellent à soutenir les luttes de libération dans la « zone des tempêtes » et à lutter pour le socialisme jusqu'au bout. C'est la lutte contre le révisionnisme moderne et pour le Révolution Culturelle. Il faut expliquer que le courant mao naît d'une critique des théories et de la pratique des partis communistes révisionnistes qui tournent le dos à la révolution et à l'internationalisme. Les maoïstes qui dénoncent la gauche respectueuse (principalement le PCF qui pendant la guerre d'Algérie appelle à la paix mais veut sauvegarder la présence française) vont défendre les luttes de libérations nationales. L'Algérie est considérée comme une affaire intérieure depuis 1848. N'oublions pas que la première manifestation de masse des années 60 c'est le 17 octobre 1961. 40000 hommes, femmes et enfants traqués par la police. Papon, ex-collabo qui supervise le massacre en tant que préfet, sera ministre du budget sous Giscard mais aussi PDG de Sud-Aviation, 1ère usine à se mettre en grève en 68. Renault suivra. Papon était d'ailleurs depuis 1945 responsable de l'Algérie au ministère de l'Intérieur.. Les méthodes anti-subversives mises en place en Algérie vont devenir celles de la police en France. En octobre 1961, le PCF n'appelle pas à une manifestation de soutien seul le FUA (Front. Universitaire. Antifasciste) et le Comité Anticolonialiste descendront dans la rue contre le massacre. C'est la première intervention des étudiants pour une cause autre que la leur.
On est très loin du sympathique débordement libertaire récupérable et marchandisable qui deviendra le stéréotype de mai 68.
Deuxième mythe : mai 68 a été globalement non-violent
Le matraquage à été une éducation directe sur la nature de l'Etat. Une police qui blesse, estropie et tue à Sochaux (Henri Blanchet, Pierre Belot), à Flins (Gilles Tautin). Il y a aussi l'apprentissage de la résistance aux flics. 1er tract maoïste distribué à Nanterre dans le bidonville et les quartiers populaires « Les étudiants n'ont pas peur des flics. Quand les flics de la bourgeoisie se heurtent aux mouvements progressistes, ils ne font pas la loi. Les ouvriers de Caen et de Redon leur ont infligé une sévère leçon. Les étudiants qui soutiennent les luttes des peuples se mettront à l'école des ouvriers et des paysans » Durant mai 68 et après, il y a les interdictions d'organisations, la prison, des blessés par balles par lance-grenades. Parallèle révélateur50 membres de l'OAS condamnés pour assassinat sont amnistiés et le SAC se crée. En 1970, 60 militants de la GP sont en prison. Dans les années qui suivent les crimes racistes (Djellali à la Goutte d'Or, Diab à Versailles et bien d'autres) vont se multiplier. Et bien sûr il ya l'assassinat de Pierre Overney à Renault-Billancourt.
En fait, la répression mise en place par la bourgeoisie hier comme aujourd'hui ne consiste d'abord pas à chercher un bouc-émissaire ou encore à installer le fascisme mais face aux confrontations d'ampleur à venir, elle représente une contre-révolution préventive. Depuis 2005 et la révolte des quartiers popumaires, les moyens sont démultipliés en ce sens. L'une des différences entre 68 et aujourd'hui porte sur la question du rapport à la violence. Celle-ci n'était pas problématique en 68. On avait alors l'image de Che Guevara, des guérillas, des luttes de l'Algérie ou du Vietnam, d'une violence directement libératrice. Le « pouvoir est au bout du fusil » disait Mao. Cette idée revient tout de même dans les dernières luttes.
Troisième mythe : les maoïstes étaient de dangereux « illuminés », « aveuglés », « manipulés »
C'est le langage de l'ordre et de tous les renégats. Discours dominant sur les maoïstes : des intellectuels aveuglés qui défendent un totalitarisme populiste et à la base des ouvriers jusqu'auboutistes, ultradangereux, tentés par la lutte armée, qu'on a réussi à arrêter avant un bain de sang comme en Allemagne ou en Italie. Pour certains le maoïsme en France c'est même un coup de la CIA pour déstabiliser un pays allié mais non aligné.
En tout cas, selon ce discours, c'est au mieux une « aventure folle » (voir le livre de Bourseiller, La folle aventure des maoïstes français, Points seuil) qui surtout ne doit pas avoir de suites. Prenons les choses sérieusement. Il s'agit d'un combat politique et non d'une mystique qui déraille. Toutes les questions soulevées par les maoïstes sont des contradictions concrètes, de classe, qui rongent un pays impérialiste comme la France. Depuis 68, tous les militants révolutionnaires considèrent que la révolution est à l'ordre du jour mais le chemin pour sortir de l'hégémonie des forces conservatrices (gaullisme et PCF à l'époque) n'est pas défini. Ce ne sont pas les étudiants qui sont les plus dangereux, « on ne renverse pas un régime avec 100000 étudiants désarmés » (Sartre) mais le danger vient du fait que leur lutte se soit accrochée à un mouvement de masse offensif. En dépassant les veilles organisations de gauche, les ouvriers posaient la question d'une perspective en dehors de ces forces. La tactique d'occupation est reprise de 1936 mais avec un contenu classe contre classe. La violence est assumée et revendiquée. Voilà pourquoi, pour la bourgeoisie sous tous ses déguisements, il faut discréditer à tout prix ce mouvement de mai 68.
2) La pratique des maoïstes. « Servir le peuple », « Mener l'enquête ». « On a raison de se révolter »
La pratique des maoïstes en France c'est l'inverse de « jouir sans entraves », mot d'ordre égoïste et consumériste, mais c'est plutôt « lutter sans entraves »
Servir le peuple, c'est le principe qui consiste à savoir dans chaque acte de la vie quotidienne, de la pratique sociale, se poser cette question est primordial. Est-ce que tu vis, tu te bats pour tes propres intérêts ou pour les intérêts d'une petite poignée ? Ou bien encore tu te bats pour l'intérêt des opprimés. Servir le peuple ou ses ennemis. Il y a des contraintes du combat révolutionnaire. Elles tournent autour de ces questions. Donc, il ne faut pas juste suivre ses impulsions. Une révolte qui ne se lie pas aux plus opprimés ne peut mener qu'aux impasses. Servir le peuple, c'est avant tout, se mettre à l'école des masses, étudier auprès d'elles et se considérer, d'abord, comme son élève avant d'être son prof .En effet, sous l'impulsion des maos, mai 68 a vu fleurir une multitude d'initiatives qui se revendiquaient des thèses des révolutionnaires chinois ; et notamment assimiler et faire vivre l'application de la ligne des masses dans toute les luttes. En voici quelques exemples.
Exemples des initiatives des maoïstes. L'établissement pour briser la hiérarchie entre travail intellectuel et manuel, connaître la réalité de l'exploitation en s'installant en usine, créer un groupe ouvrier puis combattre pour la révolution ; on a parlé de démarche chrétienne ou sacrificielle mais c'est d'abord une école de lucidité.
La création des comités de lutte d'ateliers pour lutter contre la bureaucratie syndicale et construire une force autonome. Actions directes des ouvriers à Billancourt, à Nantes, à Marseille, Usinor et chantiers ACDB à Dunkerque, Sochaux, mines du Nord, Lorraine : séquestration, sabotages, correction des chefs et question du pouvoir ouvrier posé concrètement. Les GOAF, s'occupent des petits chefs qui martyrisent les ouvriers. La création du MTA (Mouvement des travailleurs arabes), luttes pour les papiers, pour les permis de travail, grève contre le racisme le 3 sept1973. Les organisations traditionnelles de la classe ouvrière ne représentent souvent que le prolétariat « blanc ». Il faut s'organiser pour défendre ses propres intérêts.
Les premiers comités de soutien à la lutte du peuple palestinien sont lancés par des maoïstes. La dénonciation des conditions de vie dans les bidonvilles et les cités dortoir est aussi à l'ordre du jour.
Des campagnes sur les assassinats d'ouvriers par les marchands de sommeil, comme à Aubervilliers, sont organisées.
Les Comités Vietnam de base (soutien pratique et soutien à la ligne politique du Vietnam. Le mot d'ordre n'est pas « paix au Vietnam » mais « peuple vietnamien vaincra », différence nette avec les trotskistes qui introduisent leur marchandise sur le fait qu'il n'y a pas deux étapes à la lutte dans les pays dominés. Implantation dans les quartiers plutôt que des grands shows (6h pour le Vietnam) sans travail prolongé.
Les réquisitions de nourriture, comme le « pillage » de Fauchon 8 mai 1970 avec redistribution au bidonville de Saint-Denis, sont des actions très populaires. Les procès populaires, les sabotages, les attaques de commissariat, les campagnes contre les crimes racistes, contre les vacances réservées aux riches, contre le métro trop cher. La création de crèches sauvages, l'occupation des logements vides. Des pratiques qui partent des besoins des masses populaires. Des pratiques créatives qui signifient toutes une attaque frontale contre l'Etat bourgeois : « oser lutter, oser vaincre ! ». Des pratiques qui partent des expériences révolutionnaires et non pas qu'ils les nient comme aujourd'hui.
Unir la pratique et la théorie, lutter contre le réformisme, contre la ligne noire au sein du mouvement communiste, c'est assumer d'être des communistes authentiques. Assumer à nouveau d'être communiste. Il ne s'agit pas de faire des « actions exemplaires » détachée des masses mais de lutter au besoin en dehors du légalisme qui pourrit la vie des dominés.
3) Contre le crétinisme parlementaire, l'électoralisme et le légalisme
Cette critique du légalisme part des deux éléments. La démocratie bourgeoise est une imposture dans laquelle le peuple n'a le pouvoir en rien. Ensuite, il faut promouvoir l'expérience pratique des comités de lutte pour dépasser les optiques syndicalistes et périparlementaires propres aux trotskistes et au PSU.
La démocratie est un processus historique, son avènement est connu, avec la Révolution française, mais elle a un caractère de classe. La bourgeoisie a marqué de son empreinte toutes les institutions. Des libertés ont été arrachées par les émeutes populaires mais contredites par la représentation politique. Pourtant les préjugés sur la démocratie sont les plus ancrés. Dénoncer la mascarade de la démocratie bourgeoise est une priorité.
Cependant, sans parti révolutionnaire, on ne peut espérer aller plus loin que des révoltes sans perspectives.
Il existe deux conditions pour créer le parti selon la Gauche Prolétarienne : être le noyau dirigeant effectif du mouvement de masse dans les grandes usines stratégiques et disposer d'une ossature de cadres liés aux masses
Le style de travail c'est la centralisation des idées justes qui viennent des masses et pas une ligne qui vient d'en haut (exemple de cette ligne de masse : Lénine et les paysans en 1917, Lénine reprend les revendications paysannes même si elles sont distinctes du programme bolchévik et cette alliance est une des clefs de la victoire). La Gauche Prolétarienne veut unir toutes les couches hostiles au système capitaliste, mais pas d'illusions : la force principale ce sont les plus exploités, c'est-à-dire les ouvriers.
Pour les maoïstes la Révolution culturelle a résolu la question du pouvoir révolutionnaire de masse. Nous ne pouvons pas développer cette question ici mais elle est fondamentale.
Le peuple n'est pas barbare, passif, en attente de « lumière » : les idées justes existent dans les luttes. Les militants doivent les généraliser et se mettre au service de ces idées.
Quant au respect de la légalité, il va sans dire qu'il est, aujourd'hui comme hier, celui du renoncement absolu à définir une voie révolutionnaire. Mais, les révolutionnaires conséquents ne vénèrent pas l'illégalisme à l'inverse certaines sectes anarchistes qui en font un mode de vie. Seul ce qui est utile aux luttes des opprimés mérite que l'on dépasse le strict cadre légal.
4) Rependre le flambeau, lutter face à la contre-révolution préventive. Soutenir les nouvelles révoltes
Bien sûr il existe des aspects négatifs dans l'expérience des maoïstes en France qui sont criants. Le spontanéisme de la Gauche Prolétarienne, les thèses sur la lutte antiautoritaire comme lutte principale sont fausses. Sa compréhension limitée de la ligne de masse a nourri sa liquidation car il s'agit de la négation du rôle d'un parti pour faire la révolution.
Mais aujourd'hui, le principal c'est que le maoïsme a été l'expression la plus radicale et la plus conséquente de l'affrontement avec le capitalisme. Comme les épisodes de la Commune, du Front populaire, de la Résistance, l'épisode des années 68 est incontournable pour ceux qui cherchent une voie d'émancipation.
Face à l'émergence de nouvelles révoltes (centres de rétention, luttes dans les usines, quartiers populaires, jeunesse scolarisée,) un dispositif de législation répressive et de consensus sécuritaire tente de tout étouffer, y compris préventivement.
Pourtant la bourgeoisie ne peut éviter les révoltes.
La crise n'est pas un orage brusque. Les marxistes l'avaient annoncée. La crise n'est pas uniquement financière mais générale, pas uniquement américaine mais mondiale. La paupérisation relative et absolue ne peut plus être camouflée. Le capitalisme ce n'est pas l'abondance mais la dévastation sociale, les violences et les guerres.
La transformation des rapports de forces à l'échelle mondiale, c'est-à-dire la défaite des expériences socialistes, a crée le monde le plus inégalitaire que l'on ait jamais vu. Le théorème d'Helmut Schmitt « les profits d'aujourd'hui sont les investissements et les emplois de demain », un concentré de la pensée bourgeoise, a été contredit dans l'éclatement de la phase aigüe d'une crise qui couve depuis 30 ans.
L'homme fait l'histoire on ne peut rester passif face à la misère, aux guerres, à un système de mort. Nous partageons sur ce point l'avis du philosophe slovène Slavoj Zizek : la véritable utopie est de croire que le système global actuel peut se reproduire indéfiniment ; la seule façon d'être vraiment réaliste est d'envisager ce qui, au regard des critères de ce système, ne peut apparaître autrement qu'impossible. Il n'y a rien de pire que le sentiment d'impuissance.
Mais pour ceux qui veulent une alternative il faut se réarmer de l'analyse de la société qui a fait la force du mouvement ouvrier. Cette analyse c'est celle du marxisme militant nourri de 160 ans d'expériences.
L'homme le plus riche du monde pose bien à sa manière les termes du problème, Warren Buffet dans le New York Times du 26 novembre 2006 déclare « Il y a une guerre des classes, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui la mène, et nous sommes en train de la gagner ».
La seule façon de combattre ce cynisme tranquille c'est de renouer avec l'état d'esprit révolutionnaire. Cet état d'esprit il est expliqué en quelques mots célèbres par Mao :
« Tout homme doit mourir un jour, mais toutes les morts n'ont pas la même signification. Un écrivain de la Chine antique, Sema Tsien, disait : « Certes, les hommes sont mortels ; mais certaines morts ont plus de poids que le mont Taichan, d'autres en ont moins qu'une plume. Mourir pour les intérêts du peuple a plus de poids que le mont Taichan, mais se dépenser au service des fascistes et mourir pour les exploiteurs et les oppresseurs a moins de poids qu'une plume. »
(Mao Zedong, Servir le peuple).
Par AGEN (pour un syndicalisme de combat)
L'apport des maoïstes dans les luttes de classes en France.
Sur mai 68 et les maoïstes
Intervention de l'AGEN au meeting du 28 novembre 2008
L'apport des maoïstes dans les luttes de classes en France
1) Les mythes réactionnaires sur mai 68 et sur les maoïstes de France.
2) La pratique des maoïstes. Les trois mots d'ordre stratégiques : « Servir le peuple », « Mener l'enquête », « On a raison de se révolter ».
3) Contre le crétinisme parlementaire, l'électoralisme et le légalisme : rupture avec la gauche respectueuse.
4) Rependre le flambeau, lutter face à la contre-révolution préventive, soutenir les nouvelles révoltes !
Introduction : celui qui ne connaît pas son histoire est condamné à la revivre
Nous nous méfions comme la peste des commémorations, surtout en ce qui concerne des épisodes révolutionnaires comme mai 68 et ses suites.
Si nous organisons un meeting à la cité-U de Nanterre avec des militants membres de la Gauche Prolétarienne et du MTA (Mouvement des Travailleurs Arabes) dans les années 1970, ouvriers OS à Renault, avec des camarades maoïstes de Turquie, d'Italie et de France, c'est pour partager une mémoire des luttes et tirer des leçons pour la lutte des classes aujourd'hui.
Pourquoi la mémoire de 68 est-elle défigurée ? En quoi cette déformation sert-elle les dominants c'est-à-dire la bourgeoisie impérialiste ?
D'abord, la parole de ceux qui ont lutté, notamment la parole des ouvriers, est purement et simplement absente de la fête commémorative. Vous avez sûrement entendu partout dans les médias la voix des renégats (Cohn-Bendit, Geismar, Glucksman...) ex-leaders étudiants qui se sont repentis de leurs péchés de jeunesse, mais nous n'avons pas entendu la voix des OS de Renault, de Peugeot, de Sud aviation et d'ailleurs. Pas de droit à la parole pour ceux qui ont lancé la plus grande grève générale de l'histoire de France. Le premier enterrement, la première trahison, c'est celle de la mémoire des luttes. La bourgeoisie se présente sous les atours de la liberté mais dans ces appareils idéologiques (écoles, médias) il n'y a pas de place pour la mémoire des opprimés, pour les luttes du peuple. « Tant que les lions n'auront pas leurs historiens les histoires de chasse continueront à glorifier les chasseurs »
Deuxième problème majeur. La version dominante de la mémoire sur mai 68 consiste à vider les « évènements » de leur contenu politique. Liquider, brouiller, vider de son contenu peut se faire de multiples façons : soit par la version biographique (personnalisation) soit par une version sociologique qui ne retient que l'aspect générationnel (une révolte de la jeunesse). Pour les dominants il importe de faire de mai 68 le simple passage d'une société autoritaire à une société bourgeoise libérale (l'apogée de cet usage de 68 furent les déplorables « années Mitterand »). Selon une autre optique car cette fois, il faut détruire l'idée même de révolte le discours versaillais de Nicolas Sarkozy, le 28 avril 2007 à Bercy, avait le ton de la revanche sociale : « Mai 68 nous avait imposé un relativisme intellectuel et moral... Le culte de l'argent roi et du profit à court terme a été porté par les valeurs de mai 68... Je propose aux Français de rompre réellement avec l'esprit, avec les comportements, avec les idées de Mai 68. Je propose aux Français de rompre réellement ave le cynisme de Mai 68. Je propose aux Français de renouer en politique avec la morale, avec l'autorité, avec le travail, avec la nation. ». Travail, famille, patrie : la trilogie vichyste au grand complet. En prime on accuse la grève générale et la remise en cause du système capitaliste d'être responsable des ravages du capitalisme !!!
Troisième falsification : encore aujourd'hui, le cortège funèbre de l'extrême gauche institutionnelle enterre ces luttes de mille manières : par exemple les discours contre le sabotage tenu par le NAP lors de l'arrestation du « groupe de Tarnac ». Le sabotage qui ne serait pas une méthode prolétarienne selon nos « révolutionnaires » légalistes, ou encore les discours sur « la place électorale à prendre à gauche », sur le fait de faire très attention à tout ce qu'on dit sur la Palestine (sous peine d'être taxé d'antisémitisme). Toutes ces préventions vont totalement à l'encontre du combat pour le projet révolutionnaire. Il faut être propre, médiatique et ne pas poser la question du pouvoir. Le paradoxe apparent c'est que cet esprit liquidateur, à notre avis cet esprit est celui qui préside à la création du NPA, émerge aujourd'hui. Mais dans un sens ce n'est pas un hasard Après des décennies de matraquage assommant sur le fait que le système capitaliste et sa démocratie de marché étaient un horizon indépassable, tout est remis en cause brutalement par un épisode de la crise générale du système capitaliste. Tout est remis en cause aussi par des révoltes de plus en plus nombreuses. Les dominants ont intérêt à promouvoir des fausses pistes et à canaliser les révoltes vers des impasses. Le trotskisme, plus ou moins relooké, est une de ces impasses. En fait, le seul courant neuf, novateur et qui a fait peur à la bourgeoisie c'est le courant maoïste, que ce soit aux USA, en Turquie, en Inde, en France. Ce n'est pas un hasard si l'on crache sur son expérience, c'est avant tout pour conjurer un péril.
Notre but en tant que groupe marxiste agissant à l'université c'est de commencer à faire connaître ce mouvement maoïste et de voir ce qui dans son histoire peut nous servir pour aller de l'avant aujourd'hui. Tirer les leçons de cette expérience, Reconstituer ce qui a fait le contenu et les formes de luttes de ces années doit nous aider à fonder des luttes radicales pour aujourd'hui. A défaut on revivra le scénario de la liquidation du mai français.
1) Les mythes réactionnaires sur mai 68 et les maoïstes
Le premier mythe dépolitisant, tout le monde le connaît, il consiste à dire que mai 68 n'est qu'une éruption libertaire spontanée et se résume à un mouvement culturel de changement des moeurs. Pourtant, l'essentiel de mai 68 c'est d'être un mouvement politique de masse entièrement tourné contre le système capitaliste. Escamoter cette donnée c'est chercher à détruire les idées d'émancipation. Ce que l'idéologie dominante doit réussir à faire entrer dans les têtes c'est que le capitalisme, son Etat policier, ses guerres sont des lois naturelles indépassables
Cette version culturelle commence dès que l'on évoque les origines de mai 68, résumé à un chahut étudiant né du problème de la mixité des bâtiments la cité-U de Nanterre. Bref, que si il y avait révolte c'est qu'il s'agissait d'une question culturelle, « sociétale » C'est une énorme falsification, les mobilisations même purement étudiantes en février mars et avril 68 (alors qu'il faudrait évoquer les grèves dures de 67 au Mans, à Caen, à Lyon, à Saint-Nazaire, à Redon, à Besançon avec des barricades et des syndicats dépassés par la base), les luttes étudiantes elles-mêmes donc, viennent de luttes antifascistes et internationalistes avec un contenu politique explicite. En soutien au peuple combattant du Vietnam, le Groupe d'autodéfense crée par l'UJC(ml), toute jeune organisation maoïste, attaque l'ambassade du Sud-Vietnam et les expositions organisées par les fascistes d'Occident et d'Ordre Nouveau. Des militants sont emprisonnés et la Sorbonne est envahie en mai avec comme première revendication leur libération. Ces SO antifa prendront fin après le 21 juin 1973 avec l'attaque de la Mutualité. L'origine immédiate de mai n'est pas une poussée de libido juvénile.
Dans les années 1960 et 1970. Les révolutions anti-coloniales se lient politiquement aux luttes ouvrières : « le Vietnam dans nos usines ». Une jeunesse étudiante s'est politisée depuis la Révolution nationale algérienne. Elle veut se lier aux plus opprimés dans l'optique d'un combat anticapitaliste. Ces deux aspects se rejoignent de la façon la plus puissante dans la voie révolutionnaire défendue par l'expérience chinoise. En effet les révolutionnaire chinois appellent à soutenir les luttes de libération dans la « zone des tempêtes » et à lutter pour le socialisme jusqu'au bout. C'est la lutte contre le révisionnisme moderne et pour le Révolution Culturelle. Il faut expliquer que le courant mao naît d'une critique des théories et de la pratique des partis communistes révisionnistes qui tournent le dos à la révolution et à l'internationalisme. Les maoïstes qui dénoncent la gauche respectueuse (principalement le PCF qui pendant la guerre d'Algérie appelle à la paix mais veut sauvegarder la présence française) vont défendre les luttes de libérations nationales. L'Algérie est considérée comme une affaire intérieure depuis 1848. N'oublions pas que la première manifestation de masse des années 60 c'est le 17 octobre 1961. 40000 hommes, femmes et enfants traqués par la police. Papon, ex-collabo qui supervise le massacre en tant que préfet, sera ministre du budget sous Giscard mais aussi PDG de Sud-Aviation, 1ère usine à se mettre en grève en 68. Renault suivra. Papon était d'ailleurs depuis 1945 responsable de l'Algérie au ministère de l'Intérieur.. Les méthodes anti-subversives mises en place en Algérie vont devenir celles de la police en France. En octobre 1961, le PCF n'appelle pas à une manifestation de soutien seul le FUA (Front. Universitaire. Antifasciste) et le Comité Anticolonialiste descendront dans la rue contre le massacre. C'est la première intervention des étudiants pour une cause autre que la leur.
On est très loin du sympathique débordement libertaire récupérable et marchandisable qui deviendra le stéréotype de mai 68.
Deuxième mythe : mai 68 a été globalement non-violent
Le matraquage à été une éducation directe sur la nature de l'Etat. Une police qui blesse, estropie et tue à Sochaux (Henri Blanchet, Pierre Belot), à Flins (Gilles Tautin). Il y a aussi l'apprentissage de la résistance aux flics. 1er tract maoïste distribué à Nanterre dans le bidonville et les quartiers populaires « Les étudiants n'ont pas peur des flics. Quand les flics de la bourgeoisie se heurtent aux mouvements progressistes, ils ne font pas la loi. Les ouvriers de Caen et de Redon leur ont infligé une sévère leçon. Les étudiants qui soutiennent les luttes des peuples se mettront à l'école des ouvriers et des paysans » Durant mai 68 et après, il y a les interdictions d'organisations, la prison, des blessés par balles par lance-grenades. Parallèle révélateur50 membres de l'OAS condamnés pour assassinat sont amnistiés et le SAC se crée. En 1970, 60 militants de la GP sont en prison. Dans les années qui suivent les crimes racistes (Djellali à la Goutte d'Or, Diab à Versailles et bien d'autres) vont se multiplier. Et bien sûr il ya l'assassinat de Pierre Overney à Renault-Billancourt.
En fait, la répression mise en place par la bourgeoisie hier comme aujourd'hui ne consiste d'abord pas à chercher un bouc-émissaire ou encore à installer le fascisme mais face aux confrontations d'ampleur à venir, elle représente une contre-révolution préventive. Depuis 2005 et la révolte des quartiers popumaires, les moyens sont démultipliés en ce sens. L'une des différences entre 68 et aujourd'hui porte sur la question du rapport à la violence. Celle-ci n'était pas problématique en 68. On avait alors l'image de Che Guevara, des guérillas, des luttes de l'Algérie ou du Vietnam, d'une violence directement libératrice. Le « pouvoir est au bout du fusil » disait Mao. Cette idée revient tout de même dans les dernières luttes.
Troisième mythe : les maoïstes étaient de dangereux « illuminés », « aveuglés », « manipulés »
C'est le langage de l'ordre et de tous les renégats. Discours dominant sur les maoïstes : des intellectuels aveuglés qui défendent un totalitarisme populiste et à la base des ouvriers jusqu'auboutistes, ultradangereux, tentés par la lutte armée, qu'on a réussi à arrêter avant un bain de sang comme en Allemagne ou en Italie. Pour certains le maoïsme en France c'est même un coup de la CIA pour déstabiliser un pays allié mais non aligné.
En tout cas, selon ce discours, c'est au mieux une « aventure folle » (voir le livre de Bourseiller, La folle aventure des maoïstes français, Points seuil) qui surtout ne doit pas avoir de suites. Prenons les choses sérieusement. Il s'agit d'un combat politique et non d'une mystique qui déraille. Toutes les questions soulevées par les maoïstes sont des contradictions concrètes, de classe, qui rongent un pays impérialiste comme la France. Depuis 68, tous les militants révolutionnaires considèrent que la révolution est à l'ordre du jour mais le chemin pour sortir de l'hégémonie des forces conservatrices (gaullisme et PCF à l'époque) n'est pas défini. Ce ne sont pas les étudiants qui sont les plus dangereux, « on ne renverse pas un régime avec 100000 étudiants désarmés » (Sartre) mais le danger vient du fait que leur lutte se soit accrochée à un mouvement de masse offensif. En dépassant les veilles organisations de gauche, les ouvriers posaient la question d'une perspective en dehors de ces forces. La tactique d'occupation est reprise de 1936 mais avec un contenu classe contre classe. La violence est assumée et revendiquée. Voilà pourquoi, pour la bourgeoisie sous tous ses déguisements, il faut discréditer à tout prix ce mouvement de mai 68.
2) La pratique des maoïstes. « Servir le peuple », « Mener l'enquête ». « On a raison de se révolter »
La pratique des maoïstes en France c'est l'inverse de « jouir sans entraves », mot d'ordre égoïste et consumériste, mais c'est plutôt « lutter sans entraves »
Servir le peuple, c'est le principe qui consiste à savoir dans chaque acte de la vie quotidienne, de la pratique sociale, se poser cette question est primordial. Est-ce que tu vis, tu te bats pour tes propres intérêts ou pour les intérêts d'une petite poignée ? Ou bien encore tu te bats pour l'intérêt des opprimés. Servir le peuple ou ses ennemis. Il y a des contraintes du combat révolutionnaire. Elles tournent autour de ces questions. Donc, il ne faut pas juste suivre ses impulsions. Une révolte qui ne se lie pas aux plus opprimés ne peut mener qu'aux impasses. Servir le peuple, c'est avant tout, se mettre à l'école des masses, étudier auprès d'elles et se considérer, d'abord, comme son élève avant d'être son prof .En effet, sous l'impulsion des maos, mai 68 a vu fleurir une multitude d'initiatives qui se revendiquaient des thèses des révolutionnaires chinois ; et notamment assimiler et faire vivre l'application de la ligne des masses dans toute les luttes. En voici quelques exemples.
Exemples des initiatives des maoïstes. L'établissement pour briser la hiérarchie entre travail intellectuel et manuel, connaître la réalité de l'exploitation en s'installant en usine, créer un groupe ouvrier puis combattre pour la révolution ; on a parlé de démarche chrétienne ou sacrificielle mais c'est d'abord une école de lucidité.
La création des comités de lutte d'ateliers pour lutter contre la bureaucratie syndicale et construire une force autonome. Actions directes des ouvriers à Billancourt, à Nantes, à Marseille, Usinor et chantiers ACDB à Dunkerque, Sochaux, mines du Nord, Lorraine : séquestration, sabotages, correction des chefs et question du pouvoir ouvrier posé concrètement. Les GOAF, s'occupent des petits chefs qui martyrisent les ouvriers. La création du MTA (Mouvement des travailleurs arabes), luttes pour les papiers, pour les permis de travail, grève contre le racisme le 3 sept1973. Les organisations traditionnelles de la classe ouvrière ne représentent souvent que le prolétariat « blanc ». Il faut s'organiser pour défendre ses propres intérêts.
Les premiers comités de soutien à la lutte du peuple palestinien sont lancés par des maoïstes. La dénonciation des conditions de vie dans les bidonvilles et les cités dortoir est aussi à l'ordre du jour.
Des campagnes sur les assassinats d'ouvriers par les marchands de sommeil, comme à Aubervilliers, sont organisées.
Les Comités Vietnam de base (soutien pratique et soutien à la ligne politique du Vietnam. Le mot d'ordre n'est pas « paix au Vietnam » mais « peuple vietnamien vaincra », différence nette avec les trotskistes qui introduisent leur marchandise sur le fait qu'il n'y a pas deux étapes à la lutte dans les pays dominés. Implantation dans les quartiers plutôt que des grands shows (6h pour le Vietnam) sans travail prolongé.
Les réquisitions de nourriture, comme le « pillage » de Fauchon 8 mai 1970 avec redistribution au bidonville de Saint-Denis, sont des actions très populaires. Les procès populaires, les sabotages, les attaques de commissariat, les campagnes contre les crimes racistes, contre les vacances réservées aux riches, contre le métro trop cher. La création de crèches sauvages, l'occupation des logements vides. Des pratiques qui partent des besoins des masses populaires. Des pratiques créatives qui signifient toutes une attaque frontale contre l'Etat bourgeois : « oser lutter, oser vaincre ! ». Des pratiques qui partent des expériences révolutionnaires et non pas qu'ils les nient comme aujourd'hui.
Unir la pratique et la théorie, lutter contre le réformisme, contre la ligne noire au sein du mouvement communiste, c'est assumer d'être des communistes authentiques. Assumer à nouveau d'être communiste. Il ne s'agit pas de faire des « actions exemplaires » détachée des masses mais de lutter au besoin en dehors du légalisme qui pourrit la vie des dominés.
3) Contre le crétinisme parlementaire, l'électoralisme et le légalisme
Cette critique du légalisme part des deux éléments. La démocratie bourgeoise est une imposture dans laquelle le peuple n'a le pouvoir en rien. Ensuite, il faut promouvoir l'expérience pratique des comités de lutte pour dépasser les optiques syndicalistes et périparlementaires propres aux trotskistes et au PSU.
La démocratie est un processus historique, son avènement est connu, avec la Révolution française, mais elle a un caractère de classe. La bourgeoisie a marqué de son empreinte toutes les institutions. Des libertés ont été arrachées par les émeutes populaires mais contredites par la représentation politique. Pourtant les préjugés sur la démocratie sont les plus ancrés. Dénoncer la mascarade de la démocratie bourgeoise est une priorité.
Cependant, sans parti révolutionnaire, on ne peut espérer aller plus loin que des révoltes sans perspectives.
Il existe deux conditions pour créer le parti selon la Gauche Prolétarienne : être le noyau dirigeant effectif du mouvement de masse dans les grandes usines stratégiques et disposer d'une ossature de cadres liés aux masses
Le style de travail c'est la centralisation des idées justes qui viennent des masses et pas une ligne qui vient d'en haut (exemple de cette ligne de masse : Lénine et les paysans en 1917, Lénine reprend les revendications paysannes même si elles sont distinctes du programme bolchévik et cette alliance est une des clefs de la victoire). La Gauche Prolétarienne veut unir toutes les couches hostiles au système capitaliste, mais pas d'illusions : la force principale ce sont les plus exploités, c'est-à-dire les ouvriers.
Pour les maoïstes la Révolution culturelle a résolu la question du pouvoir révolutionnaire de masse. Nous ne pouvons pas développer cette question ici mais elle est fondamentale.
Le peuple n'est pas barbare, passif, en attente de « lumière » : les idées justes existent dans les luttes. Les militants doivent les généraliser et se mettre au service de ces idées.
Quant au respect de la légalité, il va sans dire qu'il est, aujourd'hui comme hier, celui du renoncement absolu à définir une voie révolutionnaire. Mais, les révolutionnaires conséquents ne vénèrent pas l'illégalisme à l'inverse certaines sectes anarchistes qui en font un mode de vie. Seul ce qui est utile aux luttes des opprimés mérite que l'on dépasse le strict cadre légal.
4) Rependre le flambeau, lutter face à la contre-révolution préventive. Soutenir les nouvelles révoltes
Bien sûr il existe des aspects négatifs dans l'expérience des maoïstes en France qui sont criants. Le spontanéisme de la Gauche Prolétarienne, les thèses sur la lutte antiautoritaire comme lutte principale sont fausses. Sa compréhension limitée de la ligne de masse a nourri sa liquidation car il s'agit de la négation du rôle d'un parti pour faire la révolution.
Mais aujourd'hui, le principal c'est que le maoïsme a été l'expression la plus radicale et la plus conséquente de l'affrontement avec le capitalisme. Comme les épisodes de la Commune, du Front populaire, de la Résistance, l'épisode des années 68 est incontournable pour ceux qui cherchent une voie d'émancipation.
Face à l'émergence de nouvelles révoltes (centres de rétention, luttes dans les usines, quartiers populaires, jeunesse scolarisée,) un dispositif de législation répressive et de consensus sécuritaire tente de tout étouffer, y compris préventivement.
Pourtant la bourgeoisie ne peut éviter les révoltes.
La crise n'est pas un orage brusque. Les marxistes l'avaient annoncée. La crise n'est pas uniquement financière mais générale, pas uniquement américaine mais mondiale. La paupérisation relative et absolue ne peut plus être camouflée. Le capitalisme ce n'est pas l'abondance mais la dévastation sociale, les violences et les guerres.
La transformation des rapports de forces à l'échelle mondiale, c'est-à-dire la défaite des expériences socialistes, a crée le monde le plus inégalitaire que l'on ait jamais vu. Le théorème d'Helmut Schmitt « les profits d'aujourd'hui sont les investissements et les emplois de demain », un concentré de la pensée bourgeoise, a été contredit dans l'éclatement de la phase aigüe d'une crise qui couve depuis 30 ans.
L'homme fait l'histoire on ne peut rester passif face à la misère, aux guerres, à un système de mort. Nous partageons sur ce point l'avis du philosophe slovène Slavoj Zizek : la véritable utopie est de croire que le système global actuel peut se reproduire indéfiniment ; la seule façon d'être vraiment réaliste est d'envisager ce qui, au regard des critères de ce système, ne peut apparaître autrement qu'impossible. Il n'y a rien de pire que le sentiment d'impuissance.
Mais pour ceux qui veulent une alternative il faut se réarmer de l'analyse de la société qui a fait la force du mouvement ouvrier. Cette analyse c'est celle du marxisme militant nourri de 160 ans d'expériences.
L'homme le plus riche du monde pose bien à sa manière les termes du problème, Warren Buffet dans le New York Times du 26 novembre 2006 déclare « Il y a une guerre des classes, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui la mène, et nous sommes en train de la gagner ».
La seule façon de combattre ce cynisme tranquille c'est de renouer avec l'état d'esprit révolutionnaire. Cet état d'esprit il est expliqué en quelques mots célèbres par Mao :
« Tout homme doit mourir un jour, mais toutes les morts n'ont pas la même signification. Un écrivain de la Chine antique, Sema Tsien, disait : « Certes, les hommes sont mortels ; mais certaines morts ont plus de poids que le mont Taichan, d'autres en ont moins qu'une plume. Mourir pour les intérêts du peuple a plus de poids que le mont Taichan, mais se dépenser au service des fascistes et mourir pour les exploiteurs et les oppresseurs a moins de poids qu'une plume. »
(Mao Zedong, Servir le peuple).
Par AGEN (pour un syndicalisme de combat)
L'apport des maoïstes dans les luttes de classes en France.
Sur mai 68 et les maoïstes
Intervention de l'AGEN au meeting du 28 novembre 2008
L'apport des maoïstes dans les luttes de classes en France
1) Les mythes réactionnaires sur mai 68 et sur les maoïstes de France.
2) La pratique des maoïstes. Les trois mots d'ordre stratégiques : « Servir le peuple », « Mener l'enquête », « On a raison de se révolter ».
3) Contre le crétinisme parlementaire, l'électoralisme et le légalisme : rupture avec la gauche respectueuse.
4) Rependre le flambeau, lutter face à la contre-révolution préventive, soutenir les nouvelles révoltes !
Introduction : celui qui ne connaît pas son histoire est condamné à la revivre
Nous nous méfions comme la peste des commémorations, surtout en ce qui concerne des épisodes révolutionnaires comme mai 68 et ses suites.
Si nous organisons un meeting à la cité-U de Nanterre avec des militants membres de la Gauche Prolétarienne et du MTA (Mouvement des Travailleurs Arabes) dans les années 1970, ouvriers OS à Renault, avec des camarades maoïstes de Turquie, d'Italie et de France, c'est pour partager une mémoire des luttes et tirer des leçons pour la lutte des classes aujourd'hui.
Pourquoi la mémoire de 68 est-elle défigurée ? En quoi cette déformation sert-elle les dominants c'est-à-dire la bourgeoisie impérialiste ?
D'abord, la parole de ceux qui ont lutté, notamment la parole des ouvriers, est purement et simplement absente de la fête commémorative. Vous avez sûrement entendu partout dans les médias la voix des renégats (Cohn-Bendit, Geismar, Glucksman...) ex-leaders étudiants qui se sont repentis de leurs péchés de jeunesse, mais nous n'avons pas entendu la voix des OS de Renault, de Peugeot, de Sud aviation et d'ailleurs. Pas de droit à la parole pour ceux qui ont lancé la plus grande grève générale de l'histoire de France. Le premier enterrement, la première trahison, c'est celle de la mémoire des luttes. La bourgeoisie se présente sous les atours de la liberté mais dans ces appareils idéologiques (écoles, médias) il n'y a pas de place pour la mémoire des opprimés, pour les luttes du peuple. « Tant que les lions n'auront pas leurs historiens les histoires de chasse continueront à glorifier les chasseurs »
Deuxième problème majeur. La version dominante de la mémoire sur mai 68 consiste à vider les « évènements » de leur contenu politique. Liquider, brouiller, vider de son contenu peut se faire de multiples façons : soit par la version biographique (personnalisation) soit par une version sociologique qui ne retient que l'aspect générationnel (une révolte de la jeunesse). Pour les dominants il importe de faire de mai 68 le simple passage d'une société autoritaire à une société bourgeoise libérale (l'apogée de cet usage de 68 furent les déplorables « années Mitterand »). Selon une autre optique car cette fois, il faut détruire l'idée même de révolte le discours versaillais de Nicolas Sarkozy, le 28 avril 2007 à Bercy, avait le ton de la revanche sociale : « Mai 68 nous avait imposé un relativisme intellectuel et moral... Le culte de l'argent roi et du profit à court terme a été porté par les valeurs de mai 68... Je propose aux Français de rompre réellement avec l'esprit, avec les comportements, avec les idées de Mai 68. Je propose aux Français de rompre réellement ave le cynisme de Mai 68. Je propose aux Français de renouer en politique avec la morale, avec l'autorité, avec le travail, avec la nation. ». Travail, famille, patrie : la trilogie vichyste au grand complet. En prime on accuse la grève générale et la remise en cause du système capitaliste d'être responsable des ravages du capitalisme !!!
Troisième falsification : encore aujourd'hui, le cortège funèbre de l'extrême gauche institutionnelle enterre ces luttes de mille manières : par exemple les discours contre le sabotage tenu par le NAP lors de l'arrestation du « groupe de Tarnac ». Le sabotage qui ne serait pas une méthode prolétarienne selon nos « révolutionnaires » légalistes, ou encore les discours sur « la place électorale à prendre à gauche », sur le fait de faire très attention à tout ce qu'on dit sur la Palestine (sous peine d'être taxé d'antisémitisme). Toutes ces préventions vont totalement à l'encontre du combat pour le projet révolutionnaire. Il faut être propre, médiatique et ne pas poser la question du pouvoir. Le paradoxe apparent c'est que cet esprit liquidateur, à notre avis cet esprit est celui qui préside à la création du NPA, émerge aujourd'hui. Mais dans un sens ce n'est pas un hasard Après des décennies de matraquage assommant sur le fait que le système capitaliste et sa démocratie de marché étaient un horizon indépassable, tout est remis en cause brutalement par un épisode de la crise générale du système capitaliste. Tout est remis en cause aussi par des révoltes de plus en plus nombreuses. Les dominants ont intérêt à promouvoir des fausses pistes et à canaliser les révoltes vers des impasses. Le trotskisme, plus ou moins relooké, est une de ces impasses. En fait, le seul courant neuf, novateur et qui a fait peur à la bourgeoisie c'est le courant maoïste, que ce soit aux USA, en Turquie, en Inde, en France. Ce n'est pas un hasard si l'on crache sur son expérience, c'est avant tout pour conjurer un péril.
Notre but en tant que groupe marxiste agissant à l'université c'est de commencer à faire connaître ce mouvement maoïste et de voir ce qui dans son histoire peut nous servir pour aller de l'avant aujourd'hui. Tirer les leçons de cette expérience, Reconstituer ce qui a fait le contenu et les formes de luttes de ces années doit nous aider à fonder des luttes radicales pour aujourd'hui. A défaut on revivra le scénario de la liquidation du mai français.
1) Les mythes réactionnaires sur mai 68 et les maoïstes
Le premier mythe dépolitisant, tout le monde le connaît, il consiste à dire que mai 68 n'est qu'une éruption libertaire spontanée et se résume à un mouvement culturel de changement des moeurs. Pourtant, l'essentiel de mai 68 c'est d'être un mouvement politique de masse entièrement tourné contre le système capitaliste. Escamoter cette donnée c'est chercher à détruire les idées d'émancipation. Ce que l'idéologie dominante doit réussir à faire entrer dans les têtes c'est que le capitalisme, son Etat policier, ses guerres sont des lois naturelles indépassables
Cette version culturelle commence dès que l'on évoque les origines de mai 68, résumé à un chahut étudiant né du problème de la mixité des bâtiments la cité-U de Nanterre. Bref, que si il y avait révolte c'est qu'il s'agissait d'une question culturelle, « sociétale » C'est une énorme falsification, les mobilisations même purement étudiantes en février mars et avril 68 (alors qu'il faudrait évoquer les grèves dures de 67 au Mans, à Caen, à Lyon, à Saint-Nazaire, à Redon, à Besançon avec des barricades et des syndicats dépassés par la base), les luttes étudiantes elles-mêmes donc, viennent de luttes antifascistes et internationalistes avec un contenu politique explicite. En soutien au peuple combattant du Vietnam, le Groupe d'autodéfense crée par l'UJC(ml), toute jeune organisation maoïste, attaque l'ambassade du Sud-Vietnam et les expositions organisées par les fascistes d'Occident et d'Ordre Nouveau. Des militants sont emprisonnés et la Sorbonne est envahie en mai avec comme première revendication leur libération. Ces SO antifa prendront fin après le 21 juin 1973 avec l'attaque de la Mutualité. L'origine immédiate de mai n'est pas une poussée de libido juvénile.
Dans les années 1960 et 1970. Les révolutions anti-coloniales se lient politiquement aux luttes ouvrières : « le Vietnam dans nos usines ». Une jeunesse étudiante s'est politisée depuis la Révolution nationale algérienne. Elle veut se lier aux plus opprimés dans l'optique d'un combat anticapitaliste. Ces deux aspects se rejoignent de la façon la plus puissante dans la voie révolutionnaire défendue par l'expérience chinoise. En effet les révolutionnaire chinois appellent à soutenir les luttes de libération dans la « zone des tempêtes » et à lutter pour le socialisme jusqu'au bout. C'est la lutte contre le révisionnisme moderne et pour le Révolution Culturelle. Il faut expliquer que le courant mao naît d'une critique des théories et de la pratique des partis communistes révisionnistes qui tournent le dos à la révolution et à l'internationalisme. Les maoïstes qui dénoncent la gauche respectueuse (principalement le PCF qui pendant la guerre d'Algérie appelle à la paix mais veut sauvegarder la présence française) vont défendre les luttes de libérations nationales. L'Algérie est considérée comme une affaire intérieure depuis 1848. N'oublions pas que la première manifestation de masse des années 60 c'est le 17 octobre 1961. 40000 hommes, femmes et enfants traqués par la police. Papon, ex-collabo qui supervise le massacre en tant que préfet, sera ministre du budget sous Giscard mais aussi PDG de Sud-Aviation, 1ère usine à se mettre en grève en 68. Renault suivra. Papon était d'ailleurs depuis 1945 responsable de l'Algérie au ministère de l'Intérieur.. Les méthodes anti-subversives mises en place en Algérie vont devenir celles de la police en France. En octobre 1961, le PCF n'appelle pas à une manifestation de soutien seul le FUA (Front. Universitaire. Antifasciste) et le Comité Anticolonialiste descendront dans la rue contre le massacre. C'est la première intervention des étudiants pour une cause autre que la leur.
On est très loin du sympathique débordement libertaire récupérable et marchandisable qui deviendra le stéréotype de mai 68.
Deuxième mythe : mai 68 a été globalement non-violent
Le matraquage à été une éducation directe sur la nature de l'Etat. Une police qui blesse, estropie et tue à Sochaux (Henri Blanchet, Pierre Belot), à Flins (Gilles Tautin). Il y a aussi l'apprentissage de la résistance aux flics. 1er tract maoïste distribué à Nanterre dans le bidonville et les quartiers populaires « Les étudiants n'ont pas peur des flics. Quand les flics de la bourgeoisie se heurtent aux mouvements progressistes, ils ne font pas la loi. Les ouvriers de Caen et de Redon leur ont infligé une sévère leçon. Les étudiants qui soutiennent les luttes des peuples se mettront à l'école des ouvriers et des paysans » Durant mai 68 et après, il y a les interdictions d'organisations, la prison, des blessés par balles par lance-grenades. Parallèle révélateur50 membres de l'OAS condamnés pour assassinat sont amnistiés et le SAC se crée. En 1970, 60 militants de la GP sont en prison. Dans les années qui suivent les crimes racistes (Djellali à la Goutte d'Or, Diab à Versailles et bien d'autres) vont se multiplier. Et bien sûr il ya l'assassinat de Pierre Overney à Renault-Billancourt.
En fait, la répression mise en place par la bourgeoisie hier comme aujourd'hui ne consiste d'abord pas à chercher un bouc-émissaire ou encore à installer le fascisme mais face aux confrontations d'ampleur à venir, elle représente une contre-révolution préventive. Depuis 2005 et la révolte des quartiers popumaires, les moyens sont démultipliés en ce sens. L'une des différences entre 68 et aujourd'hui porte sur la question du rapport à la violence. Celle-ci n'était pas problématique en 68. On avait alors l'image de Che Guevara, des guérillas, des luttes de l'Algérie ou du Vietnam, d'une violence directement libératrice. Le « pouvoir est au bout du fusil » disait Mao. Cette idée revient tout de même dans les dernières luttes.
Troisième mythe : les maoïstes étaient de dangereux « illuminés », « aveuglés », « manipulés »
C'est le langage de l'ordre et de tous les renégats. Discours dominant sur les maoïstes : des intellectuels aveuglés qui défendent un totalitarisme populiste et à la base des ouvriers jusqu'auboutistes, ultradangereux, tentés par la lutte armée, qu'on a réussi à arrêter avant un bain de sang comme en Allemagne ou en Italie. Pour certains le maoïsme en France c'est même un coup de la CIA pour déstabiliser un pays allié mais non aligné.
En tout cas, selon ce discours, c'est au mieux une « aventure folle » (voir le livre de Bourseiller, La folle aventure des maoïstes français, Points seuil) qui surtout ne doit pas avoir de suites. Prenons les choses sérieusement. Il s'agit d'un combat politique et non d'une mystique qui déraille. Toutes les questions soulevées par les maoïstes sont des contradictions concrètes, de classe, qui rongent un pays impérialiste comme la France. Depuis 68, tous les militants révolutionnaires considèrent que la révolution est à l'ordre du jour mais le chemin pour sortir de l'hégémonie des forces conservatrices (gaullisme et PCF à l'époque) n'est pas défini. Ce ne sont pas les étudiants qui sont les plus dangereux, « on ne renverse pas un régime avec 100000 étudiants désarmés » (Sartre) mais le danger vient du fait que leur lutte se soit accrochée à un mouvement de masse offensif. En dépassant les veilles organisations de gauche, les ouvriers posaient la question d'une perspective en dehors de ces forces. La tactique d'occupation est reprise de 1936 mais avec un contenu classe contre classe. La violence est assumée et revendiquée. Voilà pourquoi, pour la bourgeoisie sous tous ses déguisements, il faut discréditer à tout prix ce mouvement de mai 68.
2) La pratique des maoïstes. « Servir le peuple », « Mener l'enquête ». « On a raison de se révolter »
La pratique des maoïstes en France c'est l'inverse de « jouir sans entraves », mot d'ordre égoïste et consumériste, mais c'est plutôt « lutter sans entraves »
Servir le peuple, c'est le principe qui consiste à savoir dans chaque acte de la vie quotidienne, de la pratique sociale, se poser cette question est primordial. Est-ce que tu vis, tu te bats pour tes propres intérêts ou pour les intérêts d'une petite poignée ? Ou bien encore tu te bats pour l'intérêt des opprimés. Servir le peuple ou ses ennemis. Il y a des contraintes du combat révolutionnaire. Elles tournent autour de ces questions. Donc, il ne faut pas juste suivre ses impulsions. Une révolte qui ne se lie pas aux plus opprimés ne peut mener qu'aux impasses. Servir le peuple, c'est avant tout, se mettre à l'école des masses, étudier auprès d'elles et se considérer, d'abord, comme son élève avant d'être son prof .En effet, sous l'impulsion des maos, mai 68 a vu fleurir une multitude d'initiatives qui se revendiquaient des thèses des révolutionnaires chinois ; et notamment assimiler et faire vivre l'application de la ligne des masses dans toute les luttes. En voici quelques exemples.
Exemples des initiatives des maoïstes. L'établissement pour briser la hiérarchie entre travail intellectuel et manuel, connaître la réalité de l'exploitation en s'installant en usine, créer un groupe ouvrier puis combattre pour la révolution ; on a parlé de démarche chrétienne ou sacrificielle mais c'est d'abord une école de lucidité.
La création des comités de lutte d'ateliers pour lutter contre la bureaucratie syndicale et construire une force autonome. Actions directes des ouvriers à Billancourt, à Nantes, à Marseille, Usinor et chantiers ACDB à Dunkerque, Sochaux, mines du Nord, Lorraine : séquestration, sabotages, correction des chefs et question du pouvoir ouvrier posé concrètement. Les GOAF, s'occupent des petits chefs qui martyrisent les ouvriers. La création du MTA (Mouvement des travailleurs arabes), luttes pour les papiers, pour les permis de travail, grève contre le racisme le 3 sept1973. Les organisations traditionnelles de la classe ouvrière ne représentent souvent que le prolétariat « blanc ». Il faut s'organiser pour défendre ses propres intérêts.
Les premiers comités de soutien à la lutte du peuple palestinien sont lancés par des maoïstes. La dénonciation des conditions de vie dans les bidonvilles et les cités dortoir est aussi à l'ordre du jour.
Des campagnes sur les assassinats d'ouvriers par les marchands de sommeil, comme à Aubervilliers, sont organisées.
Les Comités Vietnam de base (soutien pratique et soutien à la ligne politique du Vietnam. Le mot d'ordre n'est pas « paix au Vietnam » mais « peuple vietnamien vaincra », différence nette avec les trotskistes qui introduisent leur marchandise sur le fait qu'il n'y a pas deux étapes à la lutte dans les pays dominés. Implantation dans les quartiers plutôt que des grands shows (6h pour le Vietnam) sans travail prolongé.
Les réquisitions de nourriture, comme le « pillage » de Fauchon 8 mai 1970 avec redistribution au bidonville de Saint-Denis, sont des actions très populaires. Les procès populaires, les sabotages, les attaques de commissariat, les campagnes contre les crimes racistes, contre les vacances réservées aux riches, contre le métro trop cher. La création de crèches sauvages, l'occupation des logements vides. Des pratiques qui partent des besoins des masses populaires. Des pratiques créatives qui signifient toutes une attaque frontale contre l'Etat bourgeois : « oser lutter, oser vaincre ! ». Des pratiques qui partent des expériences révolutionnaires et non pas qu'ils les nient comme aujourd'hui.
Unir la pratique et la théorie, lutter contre le réformisme, contre la ligne noire au sein du mouvement communiste, c'est assumer d'être des communistes authentiques. Assumer à nouveau d'être communiste. Il ne s'agit pas de faire des « actions exemplaires » détachée des masses mais de lutter au besoin en dehors du légalisme qui pourrit la vie des dominés.
3) Contre le crétinisme parlementaire, l'électoralisme et le légalisme
Cette critique du légalisme part des deux éléments. La démocratie bourgeoise est une imposture dans laquelle le peuple n'a le pouvoir en rien. Ensuite, il faut promouvoir l'expérience pratique des comités de lutte pour dépasser les optiques syndicalistes et périparlementaires propres aux trotskistes et au PSU.
La démocratie est un processus historique, son avènement est connu, avec la Révolution française, mais elle a un caractère de classe. La bourgeoisie a marqué de son empreinte toutes les institutions. Des libertés ont été arrachées par les émeutes populaires mais contredites par la représentation politique. Pourtant les préjugés sur la démocratie sont les plus ancrés. Dénoncer la mascarade de la démocratie bourgeoise est une priorité.
Cependant, sans parti révolutionnaire, on ne peut espérer aller plus loin que des révoltes sans perspectives.
Il existe deux conditions pour créer le parti selon la Gauche Prolétarienne : être le noyau dirigeant effectif du mouvement de masse dans les grandes usines stratégiques et disposer d'une ossature de cadres liés aux masses
Le style de travail c'est la centralisation des idées justes qui viennent des masses et pas une ligne qui vient d'en haut (exemple de cette ligne de masse : Lénine et les paysans en 1917, Lénine reprend les revendications paysannes même si elles sont distinctes du programme bolchévik et cette alliance est une des clefs de la victoire). La Gauche Prolétarienne veut unir toutes les couches hostiles au système capitaliste, mais pas d'illusions : la force principale ce sont les plus exploités, c'est-à-dire les ouvriers.
Pour les maoïstes la Révolution culturelle a résolu la question du pouvoir révolutionnaire de masse. Nous ne pouvons pas développer cette question ici mais elle est fondamentale.
Le peuple n'est pas barbare, passif, en attente de « lumière » : les idées justes existent dans les luttes. Les militants doivent les généraliser et se mettre au service de ces idées.
Quant au respect de la légalité, il va sans dire qu'il est, aujourd'hui comme hier, celui du renoncement absolu à définir une voie révolutionnaire. Mais, les révolutionnaires conséquents ne vénèrent pas l'illégalisme à l'inverse certaines sectes anarchistes qui en font un mode de vie. Seul ce qui est utile aux luttes des opprimés mérite que l'on dépasse le strict cadre légal.
4) Rependre le flambeau, lutter face à la contre-révolution préventive. Soutenir les nouvelles révoltes
Bien sûr il existe des aspects négatifs dans l'expérience des maoïstes en France qui sont criants. Le spontanéisme de la Gauche Prolétarienne, les thèses sur la lutte antiautoritaire comme lutte principale sont fausses. Sa compréhension limitée de la ligne de masse a nourri sa liquidation car il s'agit de la négation du rôle d'un parti pour faire la révolution.
Mais aujourd'hui, le principal c'est que le maoïsme a été l'expression la plus radicale et la plus conséquente de l'affrontement avec le capitalisme. Comme les épisodes de la Commune, du Front populaire, de la Résistance, l'épisode des années 68 est incontournable pour ceux qui cherchent une voie d'émancipation.
Face à l'émergence de nouvelles révoltes (centres de rétention, luttes dans les usines, quartiers populaires, jeunesse scolarisée,) un dispositif de législation répressive et de consensus sécuritaire tente de tout étouffer, y compris préventivement.
Pourtant la bourgeoisie ne peut éviter les révoltes.
La crise n'est pas un orage brusque. Les marxistes l'avaient annoncée. La crise n'est pas uniquement financière mais générale, pas uniquement américaine mais mondiale. La paupérisation relative et absolue ne peut plus être camouflée. Le capitalisme ce n'est pas l'abondance mais la dévastation sociale, les violences et les guerres.
La transformation des rapports de forces à l'échelle mondiale, c'est-à-dire la défaite des expériences socialistes, a crée le monde le plus inégalitaire que l'on ait jamais vu. Le théorème d'Helmut Schmitt « les profits d'aujourd'hui sont les investissements et les emplois de demain », un concentré de la pensée bourgeoise, a été contredit dans l'éclatement de la phase aigüe d'une crise qui couve depuis 30 ans.
L'homme fait l'histoire on ne peut rester passif face à la misère, aux guerres, à un système de mort. Nous partageons sur ce point l'avis du philosophe slovène Slavoj Zizek : la véritable utopie est de croire que le système global actuel peut se reproduire indéfiniment ; la seule façon d'être vraiment réaliste est d'envisager ce qui, au regard des critères de ce système, ne peut apparaître autrement qu'impossible. Il n'y a rien de pire que le sentiment d'impuissance.
Mais pour ceux qui veulent une alternative il faut se réarmer de l'analyse de la société qui a fait la force du mouvement ouvrier. Cette analyse c'est celle du marxisme militant nourri de 160 ans d'expériences.
L'homme le plus riche du monde pose bien à sa manière les termes du problème, Warren Buffet dans le New York Times du 26 novembre 2006 déclare « Il y a une guerre des classes, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui la mène, et nous sommes en train de la gagner ».
La seule façon de combattre ce cynisme tranquille c'est de renouer avec l'état d'esprit révolutionnaire. Cet état d'esprit il est expliqué en quelques mots célèbres par Mao :
« Tout homme doit mourir un jour, mais toutes les morts n'ont pas la même signification. Un écrivain de la Chine antique, Sema Tsien, disait : « Certes, les hommes sont mortels ; mais certaines morts ont plus de poids que le mont Taichan, d'autres en ont moins qu'une plume. Mourir pour les intérêts du peuple a plus de poids que le mont Taichan, mais se dépenser au service des fascistes et mourir pour les exploiteurs et les oppresseurs a moins de poids qu'une plume. »
(Mao Zedong, Servir le peuple).
Par AGEN (pour un syndicalisme de combat)
L'apport des maoïstes dans les luttes de classes en France.
Sur mai 68 et les maoïstes
Intervention de l'AGEN au meeting du 28 novembre 2008
L'apport des maoïstes dans les luttes de classes en France
1) Les mythes réactionnaires sur mai 68 et sur les maoïstes de France.
2) La pratique des maoïstes. Les trois mots d'ordre stratégiques : « Servir le peuple », « Mener l'enquête », « On a raison de se révolter ».
3) Contre le crétinisme parlementaire, l'électoralisme et le légalisme : rupture avec la gauche respectueuse.
4) Rependre le flambeau, lutter face à la contre-révolution préventive, soutenir les nouvelles révoltes !
Introduction : celui qui ne connaît pas son histoire est condamné à la revivre
Nous nous méfions comme la peste des commémorations, surtout en ce qui concerne des épisodes révolutionnaires comme mai 68 et ses suites.
Si nous organisons un meeting à la cité-U de Nanterre avec des militants membres de la Gauche Prolétarienne et du MTA (Mouvement des Travailleurs Arabes) dans les années 1970, ouvriers OS à Renault, avec des camarades maoïstes de Turquie, d'Italie et de France, c'est pour partager une mémoire des luttes et tirer des leçons pour la lutte des classes aujourd'hui.
Pourquoi la mémoire de 68 est-elle défigurée ? En quoi cette déformation sert-elle les dominants c'est-à-dire la bourgeoisie impérialiste ?
D'abord, la parole de ceux qui ont lutté, notamment la parole des ouvriers, est purement et simplement absente de la fête commémorative. Vous avez sûrement entendu partout dans les médias la voix des renégats (Cohn-Bendit, Geismar, Glucksman...) ex-leaders étudiants qui se sont repentis de leurs péchés de jeunesse, mais nous n'avons pas entendu la voix des OS de Renault, de Peugeot, de Sud aviation et d'ailleurs. Pas de droit à la parole pour ceux qui ont lancé la plus grande grève générale de l'histoire de France. Le premier enterrement, la première trahison, c'est celle de la mémoire des luttes. La bourgeoisie se présente sous les atours de la liberté mais dans ces appareils idéologiques (écoles, médias) il n'y a pas de place pour la mémoire des opprimés, pour les luttes du peuple. « Tant que les lions n'auront pas leurs historiens les histoires de chasse continueront à glorifier les chasseurs »
Deuxième problème majeur. La version dominante de la mémoire sur mai 68 consiste à vider les « évènements » de leur contenu politique. Liquider, brouiller, vider de son contenu peut se faire de multiples façons : soit par la version biographique (personnalisation) soit par une version sociologique qui ne retient que l'aspect générationnel (une révolte de la jeunesse). Pour les dominants il importe de faire de mai 68 le simple passage d'une société autoritaire à une société bourgeoise libérale (l'apogée de cet usage de 68 furent les déplorables « années Mitterand »). Selon une autre optique car cette fois, il faut détruire l'idée même de révolte le discours versaillais de Nicolas Sarkozy, le 28 avril 2007 à Bercy, avait le ton de la revanche sociale : « Mai 68 nous avait imposé un relativisme intellectuel et moral... Le culte de l'argent roi et du profit à court terme a été porté par les valeurs de mai 68... Je propose aux Français de rompre réellement avec l'esprit, avec les comportements, avec les idées de Mai 68. Je propose aux Français de rompre réellement ave le cynisme de Mai 68. Je propose aux Français de renouer en politique avec la morale, avec l'autorité, avec le travail, avec la nation. ». Travail, famille, patrie : la trilogie vichyste au grand complet. En prime on accuse la grève générale et la remise en cause du système capitaliste d'être responsable des ravages du capitalisme !!!
Troisième falsification : encore aujourd'hui, le cortège funèbre de l'extrême gauche institutionnelle enterre ces luttes de mille manières : par exemple les discours contre le sabotage tenu par le NAP lors de l'arrestation du « groupe de Tarnac ». Le sabotage qui ne serait pas une méthode prolétarienne selon nos « révolutionnaires » légalistes, ou encore les discours sur « la place électorale à prendre à gauche », sur le fait de faire très attention à tout ce qu'on dit sur la Palestine (sous peine d'être taxé d'antisémitisme). Toutes ces préventions vont totalement à l'encontre du combat pour le projet révolutionnaire. Il faut être propre, médiatique et ne pas poser la question du pouvoir. Le paradoxe apparent c'est que cet esprit liquidateur, à notre avis cet esprit est celui qui préside à la création du NPA, émerge aujourd'hui. Mais dans un sens ce n'est pas un hasard Après des décennies de matraquage assommant sur le fait que le système capitaliste et sa démocratie de marché étaient un horizon indépassable, tout est remis en cause brutalement par un épisode de la crise générale du système capitaliste. Tout est remis en cause aussi par des révoltes de plus en plus nombreuses. Les dominants ont intérêt à promouvoir des fausses pistes et à canaliser les révoltes vers des impasses. Le trotskisme, plus ou moins relooké, est une de ces impasses. En fait, le seul courant neuf, novateur et qui a fait peur à la bourgeoisie c'est le courant maoïste, que ce soit aux USA, en Turquie, en Inde, en France. Ce n'est pas un hasard si l'on crache sur son expérience, c'est avant tout pour conjurer un péril.
Notre but en tant que groupe marxiste agissant à l'université c'est de commencer à faire connaître ce mouvement maoïste et de voir ce qui dans son histoire peut nous servir pour aller de l'avant aujourd'hui. Tirer les leçons de cette expérience, Reconstituer ce qui a fait le contenu et les formes de luttes de ces années doit nous aider à fonder des luttes radicales pour aujourd'hui. A défaut on revivra le scénario de la liquidation du mai français.
1) Les mythes réactionnaires sur mai 68 et les maoïstes
Le premier mythe dépolitisant, tout le monde le connaît, il consiste à dire que mai 68 n'est qu'une éruption libertaire spontanée et se résume à un mouvement culturel de changement des moeurs. Pourtant, l'essentiel de mai 68 c'est d'être un mouvement politique de masse entièrement tourné contre le système capitaliste. Escamoter cette donnée c'est chercher à détruire les idées d'émancipation. Ce que l'idéologie dominante doit réussir à faire entrer dans les têtes c'est que le capitalisme, son Etat policier, ses guerres sont des lois naturelles indépassables
Cette version culturelle commence dès que l'on évoque les origines de mai 68, résumé à un chahut étudiant né du problème de la mixité des bâtiments la cité-U de Nanterre. Bref, que si il y avait révolte c'est qu'il s'agissait d'une question culturelle, « sociétale » C'est une énorme falsification, les mobilisations même purement étudiantes en février mars et avril 68 (alors qu'il faudrait évoquer les grèves dures de 67 au Mans, à Caen, à Lyon, à Saint-Nazaire, à Redon, à Besançon avec des barricades et des syndicats dépassés par la base), les luttes étudiantes elles-mêmes donc, viennent de luttes antifascistes et internationalistes avec un contenu politique explicite. En soutien au peuple combattant du Vietnam, le Groupe d'autodéfense crée par l'UJC(ml), toute jeune organisation maoïste, attaque l'ambassade du Sud-Vietnam et les expositions organisées par les fascistes d'Occident et d'Ordre Nouveau. Des militants sont emprisonnés et la Sorbonne est envahie en mai avec comme première revendication leur libération. Ces SO antifa prendront fin après le 21 juin 1973 avec l'attaque de la Mutualité. L'origine immédiate de mai n'est pas une poussée de libido juvénile.
Dans les années 1960 et 1970. Les révolutions anti-coloniales se lient politiquement aux luttes ouvrières : « le Vietnam dans nos usines ». Une jeunesse étudiante s'est politisée depuis la Révolution nationale algérienne. Elle veut se lier aux plus opprimés dans l'optique d'un combat anticapitaliste. Ces deux aspects se rejoignent de la façon la plus puissante dans la voie révolutionnaire défendue par l'expérience chinoise. En effet les révolutionnaire chinois appellent à soutenir les luttes de libération dans la « zone des tempêtes » et à lutter pour le socialisme jusqu'au bout. C'est la lutte contre le révisionnisme moderne et pour le Révolution Culturelle. Il faut expliquer que le courant mao naît d'une critique des théories et de la pratique des partis communistes révisionnistes qui tournent le dos à la révolution et à l'internationalisme. Les maoïstes qui dénoncent la gauche respectueuse (principalement le PCF qui pendant la guerre d'Algérie appelle à la paix mais veut sauvegarder la présence française) vont défendre les luttes de libérations nationales. L'Algérie est considérée comme une affaire intérieure depuis 1848. N'oublions pas que la première manifestation de masse des années 60 c'est le 17 octobre 1961. 40000 hommes, femmes et enfants traqués par la police. Papon, ex-collabo qui supervise le massacre en tant que préfet, sera ministre du budget sous Giscard mais aussi PDG de Sud-Aviation, 1ère usine à se mettre en grève en 68. Renault suivra. Papon était d'ailleurs depuis 1945 responsable de l'Algérie au ministère de l'Intérieur.. Les méthodes anti-subversives mises en place en Algérie vont devenir celles de la police en France. En octobre 1961, le PCF n'appelle pas à une manifestation de soutien seul le FUA (Front. Universitaire. Antifasciste) et le Comité Anticolonialiste descendront dans la rue contre le massacre. C'est la première intervention des étudiants pour une cause autre que la leur.
On est très loin du sympathique débordement libertaire récupérable et marchandisable qui deviendra le stéréotype de mai 68.
Deuxième mythe : mai 68 a été globalement non-violent
Le matraquage à été une éducation directe sur la nature de l'Etat. Une police qui blesse, estropie et tue à Sochaux (Henri Blanchet, Pierre Belot), à Flins (Gilles Tautin). Il y a aussi l'apprentissage de la résistance aux flics. 1er tract maoïste distribué à Nanterre dans le bidonville et les quartiers populaires « Les étudiants n'ont pas peur des flics. Quand les flics de la bourgeoisie se heurtent aux mouvements progressistes, ils ne font pas la loi. Les ouvriers de Caen et de Redon leur ont infligé une sévère leçon. Les étudiants qui soutiennent les luttes des peuples se mettront à l'école des ouvriers et des paysans » Durant mai 68 et après, il y a les interdictions d'organisations, la prison, des blessés par balles par lance-grenades. Parallèle révélateur50 membres de l'OAS condamnés pour assassinat sont amnistiés et le SAC se crée. En 1970, 60 militants de la GP sont en prison. Dans les années qui suivent les crimes racistes (Djellali à la Goutte d'Or, Diab à Versailles et bien d'autres) vont se multiplier. Et bien sûr il ya l'assassinat de Pierre Overney à Renault-Billancourt.
En fait, la répression mise en place par la bourgeoisie hier comme aujourd'hui ne consiste d'abord pas à chercher un bouc-émissaire ou encore à installer le fascisme mais face aux confrontations d'ampleur à venir, elle représente une contre-révolution préventive. Depuis 2005 et la révolte des quartiers popumaires, les moyens sont démultipliés en ce sens. L'une des différences entre 68 et aujourd'hui porte sur la question du rapport à la violence. Celle-ci n'était pas problématique en 68. On avait alors l'image de Che Guevara, des guérillas, des luttes de l'Algérie ou du Vietnam, d'une violence directement libératrice. Le « pouvoir est au bout du fusil » disait Mao. Cette idée revient tout de même dans les dernières luttes.
Troisième mythe : les maoïstes étaient de dangereux « illuminés », « aveuglés », « manipulés »
C'est le langage de l'ordre et de tous les renégats. Discours dominant sur les maoïstes : des intellectuels aveuglés qui défendent un totalitarisme populiste et à la base des ouvriers jusqu'auboutistes, ultradangereux, tentés par la lutte armée, qu'on a réussi à arrêter avant un bain de sang comme en Allemagne ou en Italie. Pour certains le maoïsme en France c'est même un coup de la CIA pour déstabiliser un pays allié mais non aligné.
En tout cas, selon ce discours, c'est au mieux une « aventure folle » (voir le livre de Bourseiller, La folle aventure des maoïstes français, Points seuil) qui surtout ne doit pas avoir de suites. Prenons les choses sérieusement. Il s'agit d'un combat politique et non d'une mystique qui déraille. Toutes les questions soulevées par les maoïstes sont des contradictions concrètes, de classe, qui rongent un pays impérialiste comme la France. Depuis 68, tous les militants révolutionnaires considèrent que la révolution est à l'ordre du jour mais le chemin pour sortir de l'hégémonie des forces conservatrices (gaullisme et PCF à l'époque) n'est pas défini. Ce ne sont pas les étudiants qui sont les plus dangereux, « on ne renverse pas un régime avec 100000 étudiants désarmés » (Sartre) mais le danger vient du fait que leur lutte se soit accrochée à un mouvement de masse offensif. En dépassant les veilles organisations de gauche, les ouvriers posaient la question d'une perspective en dehors de ces forces. La tactique d'occupation est reprise de 1936 mais avec un contenu classe contre classe. La violence est assumée et revendiquée. Voilà pourquoi, pour la bourgeoisie sous tous ses déguisements, il faut discréditer à tout prix ce mouvement de mai 68.
2) La pratique des maoïstes. « Servir le peuple », « Mener l'enquête ». « On a raison de se révolter »
La pratique des maoïstes en France c'est l'inverse de « jouir sans entraves », mot d'ordre égoïste et consumériste, mais c'est plutôt « lutter sans entraves »
Servir le peuple, c'est le principe qui consiste à savoir dans chaque acte de la vie quotidienne, de la pratique sociale, se poser cette question est primordial. Est-ce que tu vis, tu te bats pour tes propres intérêts ou pour les intérêts d'une petite poignée ? Ou bien encore tu te bats pour l'intérêt des opprimés. Servir le peuple ou ses ennemis. Il y a des contraintes du combat révolutionnaire. Elles tournent autour de ces questions. Donc, il ne faut pas juste suivre ses impulsions. Une révolte qui ne se lie pas aux plus opprimés ne peut mener qu'aux impasses. Servir le peuple, c'est avant tout, se mettre à l'école des masses, étudier auprès d'elles et se considérer, d'abord, comme son élève avant d'être son prof .En effet, sous l'impulsion des maos, mai 68 a vu fleurir une multitude d'initiatives qui se revendiquaient des thèses des révolutionnaires chinois ; et notamment assimiler et faire vivre l'application de la ligne des masses dans toute les luttes. En voici quelques exemples.
Exemples des initiatives des maoïstes. L'établissement pour briser la hiérarchie entre travail intellectuel et manuel, connaître la réalité de l'exploitation en s'installant en usine, créer un groupe ouvrier puis combattre pour la révolution ; on a parlé de démarche chrétienne ou sacrificielle mais c'est d'abord une école de lucidité.
La création des comités de lutte d'ateliers pour lutter contre la bureaucratie syndicale et construire une force autonome. Actions directes des ouvriers à Billancourt, à Nantes, à Marseille, Usinor et chantiers ACDB à Dunkerque, Sochaux, mines du Nord, Lorraine : séquestration, sabotages, correction des chefs et question du pouvoir ouvrier posé concrètement. Les GOAF, s'occupent des petits chefs qui martyrisent les ouvriers. La création du MTA (Mouvement des travailleurs arabes), luttes pour les papiers, pour les permis de travail, grève contre le racisme le 3 sept1973. Les organisations traditionnelles de la classe ouvrière ne représentent souvent que le prolétariat « blanc ». Il faut s'organiser pour défendre ses propres intérêts.
Les premiers comités de soutien à la lutte du peuple palestinien sont lancés par des maoïstes. La dénonciation des conditions de vie dans les bidonvilles et les cités dortoir est aussi à l'ordre du jour.
Des campagnes sur les assassinats d'ouvriers par les marchands de sommeil, comme à Aubervilliers, sont organisées.
Les Comités Vietnam de base (soutien pratique et soutien à la ligne politique du Vietnam. Le mot d'ordre n'est pas « paix au Vietnam » mais « peuple vietnamien vaincra », différence nette avec les trotskistes qui introduisent leur marchandise sur le fait qu'il n'y a pas deux étapes à la lutte dans les pays dominés. Implantation dans les quartiers plutôt que des grands shows (6h pour le Vietnam) sans travail prolongé.
Les réquisitions de nourriture, comme le « pillage » de Fauchon 8 mai 1970 avec redistribution au bidonville de Saint-Denis, sont des actions très populaires. Les procès populaires, les sabotages, les attaques de commissariat, les campagnes contre les crimes racistes, contre les vacances réservées aux riches, contre le métro trop cher. La création de crèches sauvages, l'occupation des logements vides. Des pratiques qui partent des besoins des masses populaires. Des pratiques créatives qui signifient toutes une attaque frontale contre l'Etat bourgeois : « oser lutter, oser vaincre ! ». Des pratiques qui partent des expériences révolutionnaires et non pas qu'ils les nient comme aujourd'hui.
Unir la pratique et la théorie, lutter contre le réformisme, contre la ligne noire au sein du mouvement communiste, c'est assumer d'être des communistes authentiques. Assumer à nouveau d'être communiste. Il ne s'agit pas de faire des « actions exemplaires » détachée des masses mais de lutter au besoin en dehors du légalisme qui pourrit la vie des dominés.
3) Contre le crétinisme parlementaire, l'électoralisme et le légalisme
Cette critique du légalisme part des deux éléments. La démocratie bourgeoise est une imposture dans laquelle le peuple n'a le pouvoir en rien. Ensuite, il faut promouvoir l'expérience pratique des comités de lutte pour dépasser les optiques syndicalistes et périparlementaires propres aux trotskistes et au PSU.
La démocratie est un processus historique, son avènement est connu, avec la Révolution française, mais elle a un caractère de classe. La bourgeoisie a marqué de son empreinte toutes les institutions. Des libertés ont été arrachées par les émeutes populaires mais contredites par la représentation politique. Pourtant les préjugés sur la démocratie sont les plus ancrés. Dénoncer la mascarade de la démocratie bourgeoise est une priorité.
Cependant, sans parti révolutionnaire, on ne peut espérer aller plus loin que des révoltes sans perspectives.
Il existe deux conditions pour créer le parti selon la Gauche Prolétarienne : être le noyau dirigeant effectif du mouvement de masse dans les grandes usines stratégiques et disposer d'une ossature de cadres liés aux masses
Le style de travail c'est la centralisation des idées justes qui viennent des masses et pas une ligne qui vient d'en haut (exemple de cette ligne de masse : Lénine et les paysans en 1917, Lénine reprend les revendications paysannes même si elles sont distinctes du programme bolchévik et cette alliance est une des clefs de la victoire). La Gauche Prolétarienne veut unir toutes les couches hostiles au système capitaliste, mais pas d'illusions : la force principale ce sont les plus exploités, c'est-à-dire les ouvriers.
Pour les maoïstes la Révolution culturelle a résolu la question du pouvoir révolutionnaire de masse. Nous ne pouvons pas développer cette question ici mais elle est fondamentale.
Le peuple n'est pas barbare, passif, en attente de « lumière » : les idées justes existent dans les luttes. Les militants doivent les généraliser et se mettre au service de ces idées.
Quant au respect de la légalité, il va sans dire qu'il est, aujourd'hui comme hier, celui du renoncement absolu à définir une voie révolutionnaire. Mais, les révolutionnaires conséquents ne vénèrent pas l'illégalisme à l'inverse certaines sectes anarchistes qui en font un mode de vie. Seul ce qui est utile aux luttes des opprimés mérite que l'on dépasse le strict cadre légal.
4) Rependre le flambeau, lutter face à la contre-révolution préventive. Soutenir les nouvelles révoltes
Bien sûr il existe des aspects négatifs dans l'expérience des maoïstes en France qui sont criants. Le spontanéisme de la Gauche Prolétarienne, les thèses sur la lutte antiautoritaire comme lutte principale sont fausses. Sa compréhension limitée de la ligne de masse a nourri sa liquidation car il s'agit de la négation du rôle d'un parti pour faire la révolution.
Mais aujourd'hui, le principal c'est que le maoïsme a été l'expression la plus radicale et la plus conséquente de l'affrontement avec le capitalisme. Comme les épisodes de la Commune, du Front populaire, de la Résistance, l'épisode des années 68 est incontournable pour ceux qui cherchent une voie d'émancipation.
Face à l'émergence de nouvelles révoltes (centres de rétention, luttes dans les usines, quartiers populaires, jeunesse scolarisée,) un dispositif de législation répressive et de consensus sécuritaire tente de tout étouffer, y compris préventivement.
Pourtant la bourgeoisie ne peut éviter les révoltes.
La crise n'est pas un orage brusque. Les marxistes l'avaient annoncée. La crise n'est pas uniquement financière mais générale, pas uniquement américaine mais mondiale. La paupérisation relative et absolue ne peut plus être camouflée. Le capitalisme ce n'est pas l'abondance mais la dévastation sociale, les violences et les guerres.
La transformation des rapports de forces à l'échelle mondiale, c'est-à-dire la défaite des expériences socialistes, a crée le monde le plus inégalitaire que l'on ait jamais vu. Le théorème d'Helmut Schmitt « les profits d'aujourd'hui sont les investissements et les emplois de demain », un concentré de la pensée bourgeoise, a été contredit dans l'éclatement de la phase aigüe d'une crise qui couve depuis 30 ans.
L'homme fait l'histoire on ne peut rester passif face à la misère, aux guerres, à un système de mort. Nous partageons sur ce point l'avis du philosophe slovène Slavoj Zizek : la véritable utopie est de croire que le système global actuel peut se reproduire indéfiniment ; la seule façon d'être vraiment réaliste est d'envisager ce qui, au regard des critères de ce système, ne peut apparaître autrement qu'impossible. Il n'y a rien de pire que le sentiment d'impuissance.
Mais pour ceux qui veulent une alternative il faut se réarmer de l'analyse de la société qui a fait la force du mouvement ouvrier. Cette analyse c'est celle du marxisme militant nourri de 160 ans d'expériences.
L'homme le plus riche du monde pose bien à sa manière les termes du problème, Warren Buffet dans le New York Times du 26 novembre 2006 déclare « Il y a une guerre des classes, mais c'est ma classe, la classe des riches, qui la mène, et nous sommes en train de la gagner ».
La seule façon de combattre ce cynisme tranquille c'est de renouer avec l'état d'esprit révolutionnaire. Cet état d'esprit il est expliqué en quelques mots célèbres par Mao :
« Tout homme doit mourir un jour, mais toutes les morts n'ont pas la même signification. Un écrivain de la Chine antique, Sema Tsien, disait : « Certes, les hommes sont mortels ; mais certaines morts ont plus de poids que le mont Taichan, d'autres en ont moins qu'une plume. Mourir pour les intérêts du peuple a plus de poids que le mont Taichan, mais se dépenser au service des fascistes et mourir pour les exploiteurs et les oppresseurs a moins de poids qu'une plume. »
(Mao Zedong, Servir le peuple).
Par AGEN (pour un syndicalisme de combat)
Malgré la grève de la faim de mars 1983 contre les violences policières, la création de l'association SOS Avenir Minguettes et les promesses des pouvoirs publics, le 20 juin 1983, Toumi Djaïdja a été blessé grièvement par la balle d'un policier. Sur son lit d'hôpital, il décida alors « Ce qu'il faut qu'on fasse, c'est une grande marche pour l'égalité et contre le racisme ! ». Partis à 30 de Marseille le 15 octobre 1983, cette idée rassembla le 3 décembre 1983 une centaine de milliers de personnes à Paris contre le racisme et les violences policières. Aujourd'hui en mémoire de cet évènement majeur, une marche symbolique est organisée par un groupe de jeunes et d'adultes de l'agglomération lyonnaise. Rendez-vous est donné le mardi 7 juillet 2009 après-midi et soirée devant le 42, rue Joliot-Curie à Villeurbanne ou pour marcher une étape avec eux.
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En hommage à la première Marche pour l'égalité et contre le racisme d'octobre 1983, une nouvelle Marche de l'égalité s'élance de Marseille le 30 juin 2009. Arrivée prévue à Paris le 13 juillet. .
- MARDI 7 JUILLET 2009 : MARCHE DE VIENNE À LYON
Départ à 8h de la Mairie de Vienne.
- LE PROGRAMME À VILLEURBANNE devant le local Jacques-Monod (42, rue Joliot-Curie) / anciennement quartier Olivier de Serres
14h à 17h :
"Croc' jeux" animé par Farid Lahoua (activités ludiques pour la famille)18h à 19h :
Spectacles de Danse avec L'Ecole Nationale de Musique de Villeurbanne et la Chorégraphie d'Habiba Chergui.19h à 20h30 :
Débats Publics en présence des anciens marcheurs : Toumi Djaïdja, Jamel Atalah, Fatima Mehallel, Nacera Dellal, Farid Lahoua, etc…
et des nouveaux marcheurs : Shem's, Alexandra, Nabil, Claire, Anaïs, Mouloud, Linda, Patrick, Najib et Farouk. Ces débats seront animés par Fouad Chergui et à la percussion par Momo "l'Americain du Bled".20h30 à 22h :
Concert avec :
Nouiba (Musique Chaâbi)
Experimental (Rap)
Trijas (Rap)
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- MERCREDI 8 JUILLET 2009 : MARCHE DE LYON À VILLEFRANCHE
Départ à 8h de la Place Bellecour
.
. Renseignements : http://marche-egalite.com/

A la veille des élections présidentielles de 1981, déjà, à Lyon, une grève de la faim dans l'église St Pierre de Vaise du jeune Ahmed Boukhouna, à laquelle s'était joint le prêtre Christian Delorme, et le pasteur Jean Costil avait permis l'arrêt des expulsions des jeunes. Par peur de la perte de voix pour Giscard, la suspension des expulsions de jeunes fut d'abord décidée par le ministre de l'intérieur Christian Bonnet pour permettre l'arrêt de la grève de la faim. Puis on introduisit parmi les catégories d'étrangers non expulsables dans la loi du 29 octobre 1941 sur l'entrée et le séjour des étrangers, les mineurs de moins de dix-huit ans et les étrangers nés en France ou arrivés avant l'âge de dix ans, sauf en cas de menace grave à l'ordre public.
Au lendemain des élections municipales de mars 1983 marquées par une surenchère raciste et sécuritaire qui fait le lit d'un Front national devenu pour la première fois une force politique nationale, une imposante descente de police aux Minguettes à Vénissieux investit au matin du 21 mars 1983 la tour 10 du quartier Monmousseau. Le local des jeunes est retourné sens dessus-dessous, et même des mères de famille sont molestées. C'en est trop !
Exaspérés par les harcèlements incessants et les violences de la part des policiers sur les personnes d'origine maghrébine des quartiers populaires, douze jeunes de la cité des Minguettes ont décidé de faire une grève de la faim dans la tour 10 de Monmousseau à partir du 28 mars 1983.
« Nous espérons de la sorte que l'opinion et les pouvoirs publics comprendront que la volonté de violence n'est pas de notre côté » : cette action, les jeunes la veulent non-violente pour bien faire voir aux yeux de l'opinion publique que ce sont bien les policiers qui sont violents et non eux, les jeunes des cités, surtout après les étés chauds de 1981 et 1982 où les médias se sont acharnés sur eux, les présentant à tort ne sachant que faire des rodéos automobiles, brûler des voitures ou caillasser les flics.
S'il est vrai que dans les banlieues ouvrières, à Lyon comme ailleurs, avec les licenciements et les fermetures d'usines, le tissu social se délite de jour en jour et c'est le départ de nombreux habitants (sur 9200 logements aux Minguettes, 3000 étaient vides en 1983). Ainsi les jeunes « rouillent » au bas des tours, s'approprient caves ou appartements vides, et se débrouillent pour vivre. Le chômage s'installe dans les têtes et dans la vie. Mais ils en ont vraiment marre que leur mode de vie, auquel le système capitaliste les a acculé, soit criminalisé, que les médias les amalgament à de grands bandits et qu'ils soient sans cesse la proie de la police et du racisme.
Cette grève de la faim est vraiment une action tout à fait inattendue et les radios libres associatives naissantes s'en emparent. Un Lyonnais, d'ailleurs, dès le début fait la grève de la faim en solidarité et se joint au groupe des jeunes dans la tour 10 de Monmousseau : il fait partie de Radio Léon, radio pirate lyonnaise sous Giscard, puis importante radio libre associative sous Mitterrand, carrefour de l'information militante à Lyon jusqu'en 1986. Par contre tous les autres médias traditionnels passent cette action, pourtant extraordinaire, complètement sous silence. Seul le journaliste Robert Marmoz, qui était à Libé-Lyon, passe une nuit avec l'ensemble des grévistes de la faim.
Lors d'une réunion ouverte dans l'école Léo Lagrange, les jeunes des Minguettes présents formulent des revendications concernant la police et la justice : arrêt du harcèlement policier permanent et des poursuites judiciaires consécutives aux événements du 21 mars 1983, création d'une commission d'enquête indépendante sur les “contentieux” avec certains policiers… En ce qui concerne le chômage des jeunes, ils font des propositions, avec l'aide de Michel Ganozzi, un militant très impliqué dans les quartiers des Minguettes, d'une participation à la réhabilitation de la ZUP : embauches de jeunes sur les chantiers, relogement des familles plutôt que la démolition des immeubles… Les grévistes de la faim créent aussi l'association SOS Avenir Minguettes, avec un des leurs, Toumi Djaïdja comme président.
Le lancement de cette grève de la faim, qui a duré une quinzaine de jours, c'était pour ces douze jeunes des Minguettes : lancer un cri d'alarme et attirer l'attention des pouvoirs publics. Cependant, si des milliers d'encouragements de toute la France sont parvenus aux grévistes de la faim des Minguettes, de la part du milieu militant, des MJC, des centres sociaux, les médias, eux, ont refusé d'en parler et le gouvernement socialiste, lui, n'a pas compris le ras-le-bol de ces jeunes. En effet un changement très net s'était opéré au sein du gouvernement en 1983 qui va jusqu'à renier les engagements de Mitterrand pris en 1981 : il enfourche désormais le cheval de Troie de la peur sécuritaire pour ne pas laisser ce terrain à la droite revancharde, en prenant comme bouc-émissaires notamment les jeunes d'origine maghrébine, et le gouvernement dit socialiste s'installe pleinement dans le système capitaliste.
D'ailleurs, le parti socialiste du Rhône, qui avait fait adhérer après 1981 des gens de tous bords, refuse expressément de soutenir les grévistes de la faim, associant tous les jeunes des quartiers populaires à des délinquants ! Seule la députée PS du secteur, Marie-Jo Sublet, opposée à cette ligne du PS, accepte de participer avec eux aux négociations. Mais, dans ce climat xénophobe, les autorités ne donneront qu'une réponse mi-chèvre mi-chou et se dépêcheront de ne pas tenir les promesses dès la grève de la faim terminée.
Été 1983 - l'idée de la MarcheDans les quartiers des Minguettes, cette grève de la faim n'a pas suffi, car, peu de temps après, les policiers multiplient les incidents et s'acharnent encore plus sur ces jeunes qui ont pris cette formidable initiative. A quelques jours de la destruction spectaculaire d'une première tour à Monmousseau, la police fait une descente brutale dans le petit centre commercial et arrête Kamel, un des grévistes de la faim. Et le 20 juin 1983, un policier tire à balle réelle sur Toumi Djaïdja, alors qu'il était sur l'herbe près de son bâtiment, le blessant grièvement au ventre.
Et c'est sur son lit d'hôpital, que Toumi se demande quoi faire pour sortir de l'isolement et de la haine réciproque. Lors d'une discussion avec Christian Delorme, Toumi lance alors l'idée de « s'adresser à la France entière par une grande Marche », comme celle de Gandhi.
L'idée séduit d'emblée les jeunes des Minguettes, qui veulent démarrer la Marche sans attendre. Mais Christian Delorme leur demande un peu de patience, pensant qu'il vaut mieux prendre le temps de bien s'organiser. Les jeunes acceptent à contre-coeur et délèguent l'organisation à la Cimade de Lyon avec Jean Costil, ainsi qu'au MAN (mouvement pour une alternative non-violente), siègeant au CCO de Villeurbanne, où se trouve Jean-Pierre Lachaize, qui a aussi beaucoup aidé à l'organisation de cette manifestation historique.

Le 3 décembre 1983 à Paris, cent mille personnes environ accueillent la Marche pour l'égalité et contre le racisme dans une ambiance de fête. C'est vraiment une émotion considérable d'entendre dans la sono ces jeunes des Minguettes, comme Toumi ou Farouk…, à une vingtaine de rues de la tour Montparnasse où ils se trouvent sur un podium, et nous annoncer que désormais la carte de 10 ans renouvelable automatiquement allait remplacer la carte de séjour d'un an, après leur rencontre avec Mitterrand.
Partie de Marseille, le 15 octobre 1983, avec 30 personnes dans l'indifférence quasi-générale, la Marche est peu à peu devenue un événement politique historique. Il sera considéré comme un acte fondateur pour la jeunesse des banlieues. A travers le pays, les jeunes issus de l'immigration mais aussi de nombreux Français se sont identifiés aux marcheurs. Désormais, ce ne sont plus seulement les enfants d'immigrés invisibles, mais bien des acteurs à part entière de la société française. Cette nouvelle donne va bouleverser la perception de l'immigration et redessiner le paysage politique antiraciste.
Des collectifs d'accueil se constituent dans plusieurs villes, avant et surtout pendant la Marche. On y trouve les associations de solidarité avec les travailleurs immigrés, les organisations politiques et syndicales, mais aussi beaucoup d'individus « inorganisés », souvent très jeunes, qui affluent, donnant des airs de happening improvisé et « affinitaire » à bien des étapes. Parmi les marcheurs, beaucoup se présentent comme de jeunes Arabes, et arborent le keffieh palestinien. De fait, leur nouvelle communauté d'expérience transcende les frontières entre deuxième génération d'immigrés de nationalité française ou étrangère et enfants de harkis, entre communautés, entre filles et garçons. Si la présence des filles d'immigrés a été remarquée, on n'a sans doute pas assez relevé que la dynamique interculturelle de la Marche est aussi passée par une recomposition intra-communautaire.
A Paris, le collectif jeunes qui centralise l'accueil sur la capitale, s'autonomise par rapport au cartel d'organisations de soutien et se transforme en « parlement beur ». Les militants antiracistes, davantage habitués à la figure traditionnelle du travailleur ou de leur alter-ego immigré, sont médusés par le débarquement inattendu de ces enfants d'immigrés à la verve bien française. Ils passent le relais, tout en s'interrogeant sur leur place dans un tel mouvement. Cette cure de jouvence in situ du sérail anti-raciste va permettre à la Marche et aux collectifs de se dégager des logiques d'appareils et des rhétoriques idéologiques.
À Marseille, le 15 octobre 1983, la première étape de la Marche, suivie par quelques jeunes de la radio libre marseillaise regroupant les associations d'immigrés Radio Gazelle et du journal Sans Frontière, est partie du quartier de la Cayolle où des meurtres racistes dont celui d'un enfant avaient eu lieu peu de temps auparavant. Et bien, à Marseille, ce matin-là, de très nombreux cars de CRS attendaient… les 30 marcheurs devant l'hôtel de ville en état de siège sur le Vieux-Port ! Le maire de Marseille n'est autre que le ministre socialiste de l'intérieur Gaston Deferre. Ce n'est qu'à partir de Valence, que peu à peu les municipalités PS ont accepté d'ouvrir les portes des mairies aux marcheurs. Le gouvernement a-t-il pensé par la suite qu'il valait mieux ne plus faire l'autruche et que ces marcheurs n'étaient peut-être pas que des délinquants ?… Voire…
Ce sont donc les marcheurs qui décident et qui prennent la parole à chaque étape, davantage sur le mode affectif que politique. Craignant le risque de « récupération », ils interdisent banderoles et slogans jugés trop polémiques. Pour rassembler large, la Marche adopte d'ailleurs un profil revendicatif discret, dans l'espoir de voir la « France profonde » fraterniser avec la jeunesse issue de l'immigration ou des cités maudites.
Les médias, silencieux au départ, sont progressivement séduits par cette image positive et généreuse et ils commencent à en parler ; ils en rajouteront même. L'« âme missionnaire » et sa « stratégie des coulisses du pouvoir » de Christian Delorme sont contestées par certaines associations autonomes de jeunes issus de l'immigration, qui interpellent parfois rudement les marcheurs. Ces derniers, interloqués, feront le dos rond pour parachever leur périple, mais ils resteront en contact par la suite avec les partisans de l'auto-organisation.
De fait, il y aura plusieurs Marches dans la Marche, avec des préoccupations différentes. Il s'agit alors de se côtoyer sans s'exclure, mais aussi sans éviter le débat contradictoire. Sous une référence plutôt confuse à la « non-violence », les marcheurs expérimentent en réalité de nouvelles voies pour sortir d'une révolte épidermique et défensive. Ils s'affirment dorénavant comme acteurs citoyens dans l'espace public.
La recherche d'un consensus moral fait passer au second plan par exemple les revendications premières autour de la police et la justice, trop conflictuelles, rappelées néanmoins par des forums justice organisés dans la même période par des associations autonomes à Marseille, Vaulx-en-Velin, Nanterre et Levallois. Et la réalité se chargera de rattraper la Marche : la mort de Habib Grimzi, un jeune algérien défenestré dans le train Bordeaux-Vintimille, ainsi que de nouvelles exactions policières aux Minguettes, vont doper sa dimension revendicative.
A l'arrivée, les jeunes et les familles défileront aux côtés des marcheurs avec les portraits des victimes des crimes racistes et sécuritaires, en scandant « Égalité des droits, justice pour tous ».
L'interpellation morale de la société civile a aussi pour certains comme objectif de provoquer un examen de conscience du pays par rapport au racisme, un sursaut civique afin d'exorciser le syndrome de Dreux – où la droite traditionnelle, alliée avec le FN, a emporté la mairie lors d'une municipale partielle en septembre 1983. Françoise Gaspard, l'ancienne maire socialiste de Dreux, était d'ailleurs à Marseille parmi les 30 premiers marcheurs. Le front républicain, au-delà des clivages gauche-droite, est déjà en gestation. A l'arrivée, le gouvernement et des élus républicains des deux bords rejoignent en fanfare les marcheurs. Georgina Dufoix, ministre des affaires sociales, assure que de nouvelles mesures contre le racisme vont être prises. Le président Mitterrand reçoit les marcheurs à l'Elysée et annonce la création prochaine de la carte unique de dix ans pour les étrangers, (en remplacement des cartes de séjour et de travail), et « des mesures de principe pour que justice soit rendue aux jeunes victimes et à leur famille » (limitation des ventes d'armes, possibilité pour les associations de quartier de se constituer partie civile dans les affaires de crimes racistes, etc…). En outre, le développement social des quartiers sera désormais considéré comme une priorité nationale.
Dans la foulée, après SOS Avenir Minguettes, une multitude d'associations de jeunes vont surgir dans les différents quartiers des banlieues, comme SOS Racisme, montée par Djamel et d'autres jeunes de son quartier à Aubervilliers, avant que cette association ne soit complètement récupérée par le PS. Mais, trois semaines seulement après l'euphorie de la Marche, les affrontements raciaux entre grévistes et non-grévistes à Talbot-Poissy sonnent déjà le glas de l'idylle. Les marcheurs soutiennent les travailleurs immigrés licenciés, signifiant par là-même leur refus de jouer la division entre les enfants, accueillis à bras ouverts au sein de la République, et les parents O.S. virés par milliers des usines. Ils feront, après le succès symbolique de la Marche, un retour sur eux-mêmes et sur leur situation sociale. Et là, tout reste à faire… d'autant que, sur le terrain, le message politique du 3 décembre 1983 ne passe toujours pas. Ainsi Toumi Djaïdja, figure emblématique de la Marche, comparaîtra-t-il en octobre 1984 devant le tribunal correctionnel de Saint-Étienne pour des faits allégués de petite délinquance commis en… 1982. « Défavorablement connu des services de police et de justice », « meneur vedette des Minguettes », il sera condamné « pour l'exemple » à quinze mois de prison ferme et arrêté à la barre. C'est en prison, isolé, qu'il apprendra les pérégrinations d'une nouvelle Marche à mobylette, Convergence 84, et le lancement, sponsorisé par l'État et les médias, de SOS- Racisme. « Touche pas à mon pote », qu'ils disaient…
(sources : témoignages de participants à la grève de la faim de Monmousseau en 1983 et texte de Mogniss Abdallah)
Honduras : la répression s'étend à San Pedro Sula
03-07-2009
La répression du gouvernement fascsiste de facto du Honduras a gagné ce jeudi San Pedro Sula, la deuxième ville en importance du pays et centre financier, où les militaires se sont attaqués à une manifestation populaire de soutien au président Manuel Zelaya, en faisant plusieurs blessés et arrêtés. En même temps, la campagne systématique des médias de la droite, qui soutiennent les putschistes, sur l'entrée dans le pays de centaines de nicaraguayens et de vénézuéliens continue.
Pour le cinquième jour consécutif, Tegucigalpa a vécu une nouvelle journée de protestation contre le gouvernement de facto de Roberto Micheletti, avec une autre manifestation populaire dans les environs de la Maison Présidentielle, qui a subi encore une fois la répression militaire, avec un solde de dizaines de blessés et de détenus.
La marche en soutien à Zelaya qui s'est réalisée dans la capitale et à laquelle ont participé 15 000 personnes, la majorité d'entre elles membres de syndicats, de mouvements sociaux, du dénommé Bloc Populaire, exigeait la restitution du gouvernant Zelaya, expulsé de ce pays le 28 juin dernier.
"Nous voulons que soit respecté l'institutionalié, la démocratie et l'État de Droit, nous ne pouvons pas ni nous allons accepter des gouvernements de facto", a assuré Carlos H. Reyes, à la fin de la marche en face de l'édifice de l'Organisation des Nations Unies.
"Ceci est le grand soutien que le peuple du Honduras donne au nouveau gouvernement, parce que les gens veulent vivre en paix et en démocratie", a exprimé à la télévision locale Teresa Rodríguez, une des manifestantes. La marche a arrêté pendant plusieurs heures la circulation dans les artères centrales de Tegucigalpa.
Les manifestants se sont à nouveau rendu en face du Congrès gardé par des militaires et ont crié "putschistes dehors" aux députés qui ont approuvé hier la suspension de quatre garanties individuelles, parmi celles-ci la liberté de circulation et d'association, au moins durant les heures dans lesquelles le couvre-feu est en vigueur.
A San Pedro Sula a eu lieu une une énorme manifestation en soutien à Zelaya, estimée à environ 10 000 personnes, manifestation qui a aussi subi le lancer de gaz lacrymogènes et des tirs de la part des militaires.
Des participants à la manifestation dans cette ville du nord du pays ont dénoncé aux médias alternatifs, qui réalisent des retransmissions clandestines, que plusieurs des blessés par les balles des militaires étaient frappés par ceux-ci avec leurs fusils d'assaut, avant d'être déplacé vers des centres d'assistance.
Les personnes arrêtées ont été emmenées dans des postes de police où les policiers leur lançaient des bombes lacrymogènes dans les cellules pour les asphyxier, sans que pour le moment il ne soit connu le résultat de ces actions de violence contre les honduriens prisonniers.
Des noms de quelques uns des détenus à San Pedro Sula : Ernesto Bardales, coordinateur de l'organisation de Jeunes Honduriens En avant Avançons (JHA-JA), Víctor Pacheco, professeur de l'École Satelite, et Javier Canales dirigeant du Bloc Populaire, Elvin Alberto Espinoza, Luis Cruz Paz et Nelson Mauricio Sabala.
Sans confirmation de la part des dénonciateurs, il a été informé qu'après les charges militaires et de la police, on parlait de "plusieurs morts par balles" au moment de la répression, mais il n'y a pas de rapports puisque les militaires maintiennent un contrôle de fer sur les accès aux hôpitaux et les commissariats.
L'indignation chez les habitants de San Pedro Sula a crû ce jeudi en apprenant que Micheletti a ordonné d'ignorer et de destituer leur maire, tel qu'il l'a fait dans des dizaines de municipalités qui ne soutiennent pas le coup d'État, et de le remplacer par quelqu'un de sa famille.
Selon les dénonciateurs, le maire de San Pedro Sula ainsi que plusieurs autres sont entrés en clandestinité, après avoir été prévenu de mandat de capture à leur encontre.
Partie de chasse aux nicas
D'un autre côté, ce jeudi, un haut officier militaire a confirmé que la police hondurienne a arrêté sept nicaraguayens, parce que supposément "ils "essayaient" d'altérer l'ordre public, quatre d'entre eux ont été arrêtés dans le département de La Paz, dans le sud-ouest hondurien, tandis que les autres l'ont été dans le département de Zambrano, au nord.
Le Sous-mandataire de la Police, Hector Ivan Mejia, a exprimé aux médias de la droite, les seuls qui divulguent des nouvelles du gouvernement de facto, que sept nicaraguayens ont été arrêtés parce qu'ils participaient aux manifestations avec les sympathisants de Manuel Zelaya, et l'un de ces journaux a même assuré que l'un des nicas portait une chemise avec de la propagande pour le "Oui" à l'organisation du référendum.
Il a réitéré que conformément aux rapports des organismes d'intelligence de son pays, des vénézuéliens, des salvadoriens et des nicaraguayens entreraient au Honduras dans le but d'infiltrer les manifestations pour causer un chaos et de la violence, raison pour laquelle il a demandé à la police de les identifier et si ceux-ci ne justifient pas leur séjour dans le pays de procéder à leur expulsion pour renforcer la sécurité interne.
Version de l'Agence France Presse
L'Armée a tiré ce jeudi contre les manifestants qui réclament le retour au pouvoir du président hondurien Manuel Zelaya dans la ville de San Pedro Sula ( nord), et au moins deux personnes ont été blessées et cinq arrêtées, a assuré une députée.
Les chocs avec ces manifestants ont eu lieu dans le parc central, au moment où au nord de la même ville au moins 25 000 personnes se prononcaient en faveur du gouvernement intérimaire (SIC) de Roberto Micheletti, qui a assumé le pouvoir après que l'Armée ait expulsé du pays Zelaya dimanche.
"Nous avons des images de vidéo qui l'agression de l'Armée contre les manifestants, un homme a été blessé par balle et un photographe a des lésions à la tête", a indiqué à l'AFP la députée Silvia Ayala, proche du mandataire destitué.
Selon ayala, le jeune blessé a reçu "des tirss de fusil M-16 et a été emmené à l'hôpital Catarino Rivas".
L'autre blessé est le photographe du Salvador Mario Amaya, qui a raconté par téléphone qu'il a reçu "plusieurs coups à la tête et aux bras" malgré le fait qu'il s'était identifié comme journaliste.
Alors que le commissaire de police de San Pedro Sula, David Arellano, a dit qu'il ignorait les rapports sur des blessés, mais a admis qu'il y a des personnes détenues, bien qu'il n'a pas révélé leur nom.
http://www.radiolaprimerisima.com/n...
02 juillet 2009.
Traduit par
Iran Solidarité
Alors qu'une certaine gauche anti-libérale se mobilise en faveur du régime de la République Islamique ; alors que Chávez a chaleureusement félicité Ahmadinejad pour son élection et l'a saluée comme la « victoire pour un monde nouveau », comme il l'avait soutenu fin 2005 dans ses campagnes négationnistes et antisémites notamment (ce « socialisme des imbéciles » selon August Bebel), lors du concours des caricatures sur le judéocide et visant les juifs en tant que juifs (et non l'Etat d'Israël en tant qu'Etat sioniste et colonialiste) ; alors que les thèses complotistes semblent une fois de plus proliférer dans un schéma binaire aussi faux et mystificateur qu'il pouvait l'être à l'époque des blocs et de la guerre froide, nous savons qu'il existe en Iran d'autres paroles venues du bas de la société et se battant pour échapper à ces simplifications qui font le jeu à la fois de l'impérialisme et du pouvoir des mollahs.
Dans le mouvement de masse qui secoue l'Iran, il existe une dimension de classe, des syndicats indépendants et des révoltes ouvrières, une dimension féministe et des combats pour l'égalité et l'autonomie individuelle et collective qui peuvent aller contre les religions et les superstitions. En nous gardant de tout triomphalisme propice à des lendemains qui déchanteraient, ce sont ces mouvement-là, qui ne s'alignent ni sur le régime ni sur aucun des blocs et fractions du régime qui aspirent à gouverner le pays, que ce soit ceux de MM. Moussavi ou Karoubi, que nous devons soutenir et populariser.
Il est hors de question de s'aligner sur les campagnes hypocrites de l'Occident contre le « fondamentalisme » et pour les « droits de l'Homme » ainsi que sur ses éventuelles tentatives d'intervention politique et militaire dans ce pays. Nous nous opposons à l'OTAN et à toutes les interventions de type impérialiste, présentes et passées, et au rôle de l'Etat français et de son complexe militaro-industriel qui, après avoir soutenu la dictature sanglante du Shah, s'est empressé d'armer et de soutenir l'Irak de Saddam Hussein et de pousser ce pays à attaquer l'Iran dans une guerre particulièrement meurtrière de huit longues années (1980-1988).
De même que sur le nucléaire, nous refusons d'entrer dans ce choix imposé et biaisé. Nous ne nous battons pas pour le « droit au nucléaire iranien » même au nom du combat anti-impérialiste : nous nous battons pour la dénucléarisation totale, civile et militaire, de la planète ! Nous nous battons pour le démantèlement de toutes les installations, de toutes les armes de destruction massive à commencer par celles des grandes puissances politiques et militaires qui en font l'un des éléments-clés de leur domination impériale. Nous devons populariser toute information, analyse, prise de position s'inscrivant dans la perspective, de l'indépendance politique, de la lutte de classe, du combat contre toute forme d'exploitation économique et de domination (oligarchique, étatique, patriarcale, religieuse…), du combat pour l'émancipation et pour le socialisme libertaire.
OCL (Organisation communiste libertaire)
Dossier sur l'Iran sur [oclibertaire.free.fr]
Iran Solidarité
Alors qu'une certaine gauche anti-libérale se mobilise en faveur du régime de la République Islamique ; alors que Chávez a chaleureusement félicité Ahmadinejad pour son élection et l'a saluée comme la « victoire pour un monde nouveau », comme il l'avait soutenu fin 2005 dans ses campagnes négationnistes et antisémites notamment (ce « socialisme des imbéciles » selon August Bebel), lors du concours des caricatures sur le judéocide et visant les juifs en tant que juifs (et non l'Etat d'Israël en tant qu'Etat sioniste et colonialiste) ; alors que les thèses complotistes semblent une fois de plus proliférer dans un schéma binaire aussi faux et mystificateur qu'il pouvait l'être à l'époque des blocs et de la guerre froide, nous savons qu'il existe en Iran d'autres paroles venues du bas de la société et se battant pour échapper à ces simplifications qui font le jeu à la fois de l'impérialisme et du pouvoir des mollahs.
Dans le mouvement de masse qui secoue l'Iran, il existe une dimension de classe, des syndicats indépendants et des révoltes ouvrières, une dimension féministe et des combats pour l'égalité et l'autonomie individuelle et collective qui peuvent aller contre les religions et les superstitions. En nous gardant de tout triomphalisme propice à des lendemains qui déchanteraient, ce sont ces mouvement-là, qui ne s'alignent ni sur le régime ni sur aucun des blocs et fractions du régime qui aspirent à gouverner le pays, que ce soit ceux de MM. Moussavi ou Karoubi, que nous devons soutenir et populariser.
Il est hors de question de s'aligner sur les campagnes hypocrites de l'Occident contre le « fondamentalisme » et pour les « droits de l'Homme » ainsi que sur ses éventuelles tentatives d'intervention politique et militaire dans ce pays. Nous nous opposons à l'OTAN et à toutes les interventions de type impérialiste, présentes et passées, et au rôle de l'Etat français et de son complexe militaro-industriel qui, après avoir soutenu la dictature sanglante du Shah, s'est empressé d'armer et de soutenir l'Irak de Saddam Hussein et de pousser ce pays à attaquer l'Iran dans une guerre particulièrement meurtrière de huit longues années (1980-1988).
De même que sur le nucléaire, nous refusons d'entrer dans ce choix imposé et biaisé. Nous ne nous battons pas pour le « droit au nucléaire iranien » même au nom du combat anti-impérialiste : nous nous battons pour la dénucléarisation totale, civile et militaire, de la planète ! Nous nous battons pour le démantèlement de toutes les installations, de toutes les armes de destruction massive à commencer par celles des grandes puissances politiques et militaires qui en font l'un des éléments-clés de leur domination impériale. Nous devons populariser toute information, analyse, prise de position s'inscrivant dans la perspective, de l'indépendance politique, de la lutte de classe, du combat contre toute forme d'exploitation économique et de domination (oligarchique, étatique, patriarcale, religieuse…), du combat pour l'émancipation et pour le socialisme libertaire.
OCL (Organisation communiste libertaire)
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Alors qu'une certaine gauche anti-libérale se mobilise en faveur du régime de la République Islamique ; alors que Chávez a chaleureusement félicité Ahmadinejad pour son élection et l'a saluée comme la « victoire pour un monde nouveau », comme il l'avait soutenu fin 2005 dans ses campagnes négationnistes et antisémites notamment (ce « socialisme des imbéciles » selon August Bebel), lors du concours des caricatures sur le judéocide et visant les juifs en tant que juifs (et non l'Etat d'Israël en tant qu'Etat sioniste et colonialiste) ; alors que les thèses complotistes semblent une fois de plus proliférer dans un schéma binaire aussi faux et mystificateur qu'il pouvait l'être à l'époque des blocs et de la guerre froide, nous savons qu'il existe en Iran d'autres paroles venues du bas de la société et se battant pour échapper à ces simplifications qui font le jeu à la fois de l'impérialisme et du pouvoir des mollahs.
Dans le mouvement de masse qui secoue l'Iran, il existe une dimension de classe, des syndicats indépendants et des révoltes ouvrières, une dimension féministe et des combats pour l'égalité et l'autonomie individuelle et collective qui peuvent aller contre les religions et les superstitions. En nous gardant de tout triomphalisme propice à des lendemains qui déchanteraient, ce sont ces mouvement-là, qui ne s'alignent ni sur le régime ni sur aucun des blocs et fractions du régime qui aspirent à gouverner le pays, que ce soit ceux de MM. Moussavi ou Karoubi, que nous devons soutenir et populariser.
Il est hors de question de s'aligner sur les campagnes hypocrites de l'Occident contre le « fondamentalisme » et pour les « droits de l'Homme » ainsi que sur ses éventuelles tentatives d'intervention politique et militaire dans ce pays. Nous nous opposons à l'OTAN et à toutes les interventions de type impérialiste, présentes et passées, et au rôle de l'Etat français et de son complexe militaro-industriel qui, après avoir soutenu la dictature sanglante du Shah, s'est empressé d'armer et de soutenir l'Irak de Saddam Hussein et de pousser ce pays à attaquer l'Iran dans une guerre particulièrement meurtrière de huit longues années (1980-1988).
De même que sur le nucléaire, nous refusons d'entrer dans ce choix imposé et biaisé. Nous ne nous battons pas pour le « droit au nucléaire iranien » même au nom du combat anti-impérialiste : nous nous battons pour la dénucléarisation totale, civile et militaire, de la planète ! Nous nous battons pour le démantèlement de toutes les installations, de toutes les armes de destruction massive à commencer par celles des grandes puissances politiques et militaires qui en font l'un des éléments-clés de leur domination impériale. Nous devons populariser toute information, analyse, prise de position s'inscrivant dans la perspective, de l'indépendance politique, de la lutte de classe, du combat contre toute forme d'exploitation économique et de domination (oligarchique, étatique, patriarcale, religieuse…), du combat pour l'émancipation et pour le socialisme libertaire.
OCL (Organisation communiste libertaire)
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Iran Solidarité
Alors qu'une certaine gauche anti-libérale se mobilise en faveur du régime de la République Islamique ; alors que Chávez a chaleureusement félicité Ahmadinejad pour son élection et l'a saluée comme la « victoire pour un monde nouveau », comme il l'avait soutenu fin 2005 dans ses campagnes négationnistes et antisémites notamment (ce « socialisme des imbéciles » selon August Bebel), lors du concours des caricatures sur le judéocide et visant les juifs en tant que juifs (et non l'Etat d'Israël en tant qu'Etat sioniste et colonialiste) ; alors que les thèses complotistes semblent une fois de plus proliférer dans un schéma binaire aussi faux et mystificateur qu'il pouvait l'être à l'époque des blocs et de la guerre froide, nous savons qu'il existe en Iran d'autres paroles venues du bas de la société et se battant pour échapper à ces simplifications qui font le jeu à la fois de l'impérialisme et du pouvoir des mollahs.
Dans le mouvement de masse qui secoue l'Iran, il existe une dimension de classe, des syndicats indépendants et des révoltes ouvrières, une dimension féministe et des combats pour l'égalité et l'autonomie individuelle et collective qui peuvent aller contre les religions et les superstitions. En nous gardant de tout triomphalisme propice à des lendemains qui déchanteraient, ce sont ces mouvement-là, qui ne s'alignent ni sur le régime ni sur aucun des blocs et fractions du régime qui aspirent à gouverner le pays, que ce soit ceux de MM. Moussavi ou Karoubi, que nous devons soutenir et populariser.
Il est hors de question de s'aligner sur les campagnes hypocrites de l'Occident contre le « fondamentalisme » et pour les « droits de l'Homme » ainsi que sur ses éventuelles tentatives d'intervention politique et militaire dans ce pays. Nous nous opposons à l'OTAN et à toutes les interventions de type impérialiste, présentes et passées, et au rôle de l'Etat français et de son complexe militaro-industriel qui, après avoir soutenu la dictature sanglante du Shah, s'est empressé d'armer et de soutenir l'Irak de Saddam Hussein et de pousser ce pays à attaquer l'Iran dans une guerre particulièrement meurtrière de huit longues années (1980-1988).
De même que sur le nucléaire, nous refusons d'entrer dans ce choix imposé et biaisé. Nous ne nous battons pas pour le « droit au nucléaire iranien » même au nom du combat anti-impérialiste : nous nous battons pour la dénucléarisation totale, civile et militaire, de la planète ! Nous nous battons pour le démantèlement de toutes les installations, de toutes les armes de destruction massive à commencer par celles des grandes puissances politiques et militaires qui en font l'un des éléments-clés de leur domination impériale. Nous devons populariser toute information, analyse, prise de position s'inscrivant dans la perspective, de l'indépendance politique, de la lutte de classe, du combat contre toute forme d'exploitation économique et de domination (oligarchique, étatique, patriarcale, religieuse…), du combat pour l'émancipation et pour le socialisme libertaire.
OCL (Organisation communiste libertaire)
Dossier sur l'Iran sur [oclibertaire.free.fr]
Iran Solidarité
Alors qu'une certaine gauche anti-libérale se mobilise en faveur du régime de la République Islamique ; alors que Chávez a chaleureusement félicité Ahmadinejad pour son élection et l'a saluée comme la « victoire pour un monde nouveau », comme il l'avait soutenu fin 2005 dans ses campagnes négationnistes et antisémites notamment (ce « socialisme des imbéciles » selon August Bebel), lors du concours des caricatures sur le judéocide et visant les juifs en tant que juifs (et non l'Etat d'Israël en tant qu'Etat sioniste et colonialiste) ; alors que les thèses complotistes semblent une fois de plus proliférer dans un schéma binaire aussi faux et mystificateur qu'il pouvait l'être à l'époque des blocs et de la guerre froide, nous savons qu'il existe en Iran d'autres paroles venues du bas de la société et se battant pour échapper à ces simplifications qui font le jeu à la fois de l'impérialisme et du pouvoir des mollahs.
Dans le mouvement de masse qui secoue l'Iran, il existe une dimension de classe, des syndicats indépendants et des révoltes ouvrières, une dimension féministe et des combats pour l'égalité et l'autonomie individuelle et collective qui peuvent aller contre les religions et les superstitions. En nous gardant de tout triomphalisme propice à des lendemains qui déchanteraient, ce sont ces mouvement-là, qui ne s'alignent ni sur le régime ni sur aucun des blocs et fractions du régime qui aspirent à gouverner le pays, que ce soit ceux de MM. Moussavi ou Karoubi, que nous devons soutenir et populariser.
Il est hors de question de s'aligner sur les campagnes hypocrites de l'Occident contre le « fondamentalisme » et pour les « droits de l'Homme » ainsi que sur ses éventuelles tentatives d'intervention politique et militaire dans ce pays. Nous nous opposons à l'OTAN et à toutes les interventions de type impérialiste, présentes et passées, et au rôle de l'Etat français et de son complexe militaro-industriel qui, après avoir soutenu la dictature sanglante du Shah, s'est empressé d'armer et de soutenir l'Irak de Saddam Hussein et de pousser ce pays à attaquer l'Iran dans une guerre particulièrement meurtrière de huit longues années (1980-1988).
De même que sur le nucléaire, nous refusons d'entrer dans ce choix imposé et biaisé. Nous ne nous battons pas pour le « droit au nucléaire iranien » même au nom du combat anti-impérialiste : nous nous battons pour la dénucléarisation totale, civile et militaire, de la planète ! Nous nous battons pour le démantèlement de toutes les installations, de toutes les armes de destruction massive à commencer par celles des grandes puissances politiques et militaires qui en font l'un des éléments-clés de leur domination impériale. Nous devons populariser toute information, analyse, prise de position s'inscrivant dans la perspective, de l'indépendance politique, de la lutte de classe, du combat contre toute forme d'exploitation économique et de domination (oligarchique, étatique, patriarcale, religieuse…), du combat pour l'émancipation et pour le socialisme libertaire.
OCL (Organisation communiste libertaire)
Dossier sur l'Iran sur [oclibertaire.free.fr]
Pour les raisons bien évoquées par l'auteur la victoire réelle du président sortant ne semble pas faire de doute. L'hypothèse d'un score cependant majoré par une fraude reste crédible, mais n'autorise pas le reste du monde à donner des leçons au peuple Iranien, seul en charge de son destin. L'idée même d'une contestation extérieure s'inscrit dans la logique impérialiste qui rend pensable l'ingérence, bien sur 'humanitaire' pour sauver le peuple contre lui-même, comme on le fit en renversant Sadam Hussein et plongeant le pays entier dans l'effroi, la mort et la destruction de son tissu social de façon hélas durable...
Devant cette situation il était prévisible que les partisans et le leader de l'opposition s'insurgent, par colère autant que par déception d'une défaite que beaucoup doivent connaître, au fond, comme réelle, démontrant que le peuple pourtant opprimé par un régime théocratique n'est pas encore prêt à briser toutes ses chaînes.
Une posture internationaliste ne peut qu'associer deux réponses :
Dénoncer une répression violente qui prépare sans doute une période obscurantiste rendant l'opposition politique plus difficile encore. Dénoncer l'illusion des libertés démocratiques, l'oppression de certaines minorités, celle des femmes, celle du peuple privé des plus élémentaires droits sociaux. Le faire n'est pas cautionner par avance le leader battu ; le faire serait ‘ juste' dans tous les cas de figure lorsque le pouvoir réprime son propre peuple. L'autre réponse est de ne pas tomber dans le piège du refus de solidarité avec le peuple au prétexte que ce mouvement d'opposition aurait la sympathie d'une partie de l'occident et particulièrement des pires ennemis de Mahmoud Ahmadinejad, qu'ils soient à Tel Aviv ou ailleurs en Occident. Ce n'est pas soutenir l'impérialisme que de réaffirmer le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et se choisir leurs dirigeants, en même temps que de confirmer le droit à la critique de ceux-ci et la défense des opposants, surtout lorsque ceux-ci se présentent sinon comme révolutionnaires au moins désireux de ne pas enflammer ‘le choc des civilisations' qui possède ses prédicateurs à Téhéran autant qu'a Tel Aviv ou Washington…
Les événements actuels dont nous observerons le débouché montrent la fragilité réelle de la caste politico-religieuse au pouvoir et cela est de nature à conforter la possibilité de l'émergence d'un authentique courant progressiste. Nous souhaiterons qu'il ne soit pas inféodé aux forces de l'Empire et soutiendrons ceux qui pensent d'abord au peuple avant que de penser à leur respectabilité internationale qui signerait sans doute leur allégeance au camp le plus inquiétant pour ce qui est de son projet de refonte du Moyen Orient tout entier.
Cette bataille là s'étend des rives de la Méditerranée aux confins du continent Indien et aux limites du Caucase. Des dizaines de peuples sont pris en otages pour des enjeux géostratégiques sans relation aucune avec le bien être de chacun et les chances d'émancipation véritable des femmes et des hommes qui les composent.
Nous serons toujours si nous sommes lucides et cohérents au côté de ceux-là ; jamais au côté de ceux qui ont déjà organisé les manœuvres pour bombarder la Perse qui, comme la Mésopotamie, représente un haut lieu de nos civilisations partagées et menacées par des barbares qui ne connaissent rien de ce qui peut animer l'esprit de ceux-là et ne peut se résumer à la caricature trop facile des excès de certains. Une révolte en Iran avait été réprimée déjà en 1999 ; gardons nous de cautionner les faux amis du peuple Iranien qui voudraient l'aider à se débarrasser de leur président comme d'autres ont fait croire au peuple Irakien qu'ils allaient leur apporter la ‘démocratie'... La solidarité est nécessaire à l'égard de toux ceux qui manifestent au risque le plus grand leur opposition au régime théocratique en place ; mais nous devrons refuser cautionner les barbares prêts à bombarder demain l'Iran qui se réjouissent déjà de ce prétexte survenu dans les urnes, peut-être au fond sans même une fraude massive, qui n'aurait pas suffit non plus à justifier le pire.
Jacques Richaud 16 juin 2009
Pour les raisons bien évoquées par l'auteur la victoire réelle du président sortant ne semble pas faire de doute. L'hypothèse d'un score cependant majoré par une fraude reste crédible, mais n'autorise pas le reste du monde à donner des leçons au peuple Iranien, seul en charge de son destin. L'idée même d'une contestation extérieure s'inscrit dans la logique impérialiste qui rend pensable l'ingérence, bien sur 'humanitaire' pour sauver le peuple contre lui-même, comme on le fit en renversant Sadam Hussein et plongeant le pays entier dans l'effroi, la mort et la destruction de son tissu social de façon hélas durable...
Devant cette situation il était prévisible que les partisans et le leader de l'opposition s'insurgent, par colère autant que par déception d'une défaite que beaucoup doivent connaître, au fond, comme réelle, démontrant que le peuple pourtant opprimé par un régime théocratique n'est pas encore prêt à briser toutes ses chaînes.
Une posture internationaliste ne peut qu'associer deux réponses :
Dénoncer une répression violente qui prépare sans doute une période obscurantiste rendant l'opposition politique plus difficile encore. Dénoncer l'illusion des libertés démocratiques, l'oppression de certaines minorités, celle des femmes, celle du peuple privé des plus élémentaires droits sociaux. Le faire n'est pas cautionner par avance le leader battu ; le faire serait ‘ juste' dans tous les cas de figure lorsque le pouvoir réprime son propre peuple. L'autre réponse est de ne pas tomber dans le piège du refus de solidarité avec le peuple au prétexte que ce mouvement d'opposition aurait la sympathie d'une partie de l'occident et particulièrement des pires ennemis de Mahmoud Ahmadinejad, qu'ils soient à Tel Aviv ou ailleurs en Occident. Ce n'est pas soutenir l'impérialisme que de réaffirmer le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et se choisir leurs dirigeants, en même temps que de confirmer le droit à la critique de ceux-ci et la défense des opposants, surtout lorsque ceux-ci se présentent sinon comme révolutionnaires au moins désireux de ne pas enflammer ‘le choc des civilisations' qui possède ses prédicateurs à Téhéran autant qu'a Tel Aviv ou Washington…
Les événements actuels dont nous observerons le débouché montrent la fragilité réelle de la caste politico-religieuse au pouvoir et cela est de nature à conforter la possibilité de l'émergence d'un authentique courant progressiste. Nous souhaiterons qu'il ne soit pas inféodé aux forces de l'Empire et soutiendrons ceux qui pensent d'abord au peuple avant que de penser à leur respectabilité internationale qui signerait sans doute leur allégeance au camp le plus inquiétant pour ce qui est de son projet de refonte du Moyen Orient tout entier.
Cette bataille là s'étend des rives de la Méditerranée aux confins du continent Indien et aux limites du Caucase. Des dizaines de peuples sont pris en otages pour des enjeux géostratégiques sans relation aucune avec le bien être de chacun et les chances d'émancipation véritable des femmes et des hommes qui les composent.
Nous serons toujours si nous sommes lucides et cohérents au côté de ceux-là ; jamais au côté de ceux qui ont déjà organisé les manœuvres pour bombarder la Perse qui, comme la Mésopotamie, représente un haut lieu de nos civilisations partagées et menacées par des barbares qui ne connaissent rien de ce qui peut animer l'esprit de ceux-là et ne peut se résumer à la caricature trop facile des excès de certains. Une révolte en Iran avait été réprimée déjà en 1999 ; gardons nous de cautionner les faux amis du peuple Iranien qui voudraient l'aider à se débarrasser de leur président comme d'autres ont fait croire au peuple Irakien qu'ils allaient leur apporter la ‘démocratie'... La solidarité est nécessaire à l'égard de toux ceux qui manifestent au risque le plus grand leur opposition au régime théocratique en place ; mais nous devrons refuser cautionner les barbares prêts à bombarder demain l'Iran qui se réjouissent déjà de ce prétexte survenu dans les urnes, peut-être au fond sans même une fraude massive, qui n'aurait pas suffit non plus à justifier le pire.
Jacques Richaud 16 juin 2009
Pour les raisons bien évoquées par l'auteur la victoire réelle du président sortant ne semble pas faire de doute. L'hypothèse d'un score cependant majoré par une fraude reste crédible, mais n'autorise pas le reste du monde à donner des leçons au peuple Iranien, seul en charge de son destin. L'idée même d'une contestation extérieure s'inscrit dans la logique impérialiste qui rend pensable l'ingérence, bien sur 'humanitaire' pour sauver le peuple contre lui-même, comme on le fit en renversant Sadam Hussein et plongeant le pays entier dans l'effroi, la mort et la destruction de son tissu social de façon hélas durable...
Devant cette situation il était prévisible que les partisans et le leader de l'opposition s'insurgent, par colère autant que par déception d'une défaite que beaucoup doivent connaître, au fond, comme réelle, démontrant que le peuple pourtant opprimé par un régime théocratique n'est pas encore prêt à briser toutes ses chaînes.
Une posture internationaliste ne peut qu'associer deux réponses :
Dénoncer une répression violente qui prépare sans doute une période obscurantiste rendant l'opposition politique plus difficile encore. Dénoncer l'illusion des libertés démocratiques, l'oppression de certaines minorités, celle des femmes, celle du peuple privé des plus élémentaires droits sociaux. Le faire n'est pas cautionner par avance le leader battu ; le faire serait ‘ juste' dans tous les cas de figure lorsque le pouvoir réprime son propre peuple. L'autre réponse est de ne pas tomber dans le piège du refus de solidarité avec le peuple au prétexte que ce mouvement d'opposition aurait la sympathie d'une partie de l'occident et particulièrement des pires ennemis de Mahmoud Ahmadinejad, qu'ils soient à Tel Aviv ou ailleurs en Occident. Ce n'est pas soutenir l'impérialisme que de réaffirmer le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et se choisir leurs dirigeants, en même temps que de confirmer le droit à la critique de ceux-ci et la défense des opposants, surtout lorsque ceux-ci se présentent sinon comme révolutionnaires au moins désireux de ne pas enflammer ‘le choc des civilisations' qui possède ses prédicateurs à Téhéran autant qu'a Tel Aviv ou Washington…
Les événements actuels dont nous observerons le débouché montrent la fragilité réelle de la caste politico-religieuse au pouvoir et cela est de nature à conforter la possibilité de l'émergence d'un authentique courant progressiste. Nous souhaiterons qu'il ne soit pas inféodé aux forces de l'Empire et soutiendrons ceux qui pensent d'abord au peuple avant que de penser à leur respectabilité internationale qui signerait sans doute leur allégeance au camp le plus inquiétant pour ce qui est de son projet de refonte du Moyen Orient tout entier.
Cette bataille là s'étend des rives de la Méditerranée aux confins du continent Indien et aux limites du Caucase. Des dizaines de peuples sont pris en otages pour des enjeux géostratégiques sans relation aucune avec le bien être de chacun et les chances d'émancipation véritable des femmes et des hommes qui les composent.
Nous serons toujours si nous sommes lucides et cohérents au côté de ceux-là ; jamais au côté de ceux qui ont déjà organisé les manœuvres pour bombarder la Perse qui, comme la Mésopotamie, représente un haut lieu de nos civilisations partagées et menacées par des barbares qui ne connaissent rien de ce qui peut animer l'esprit de ceux-là et ne peut se résumer à la caricature trop facile des excès de certains. Une révolte en Iran avait été réprimée déjà en 1999 ; gardons nous de cautionner les faux amis du peuple Iranien qui voudraient l'aider à se débarrasser de leur président comme d'autres ont fait croire au peuple Irakien qu'ils allaient leur apporter la ‘démocratie'... La solidarité est nécessaire à l'égard de toux ceux qui manifestent au risque le plus grand leur opposition au régime théocratique en place ; mais nous devrons refuser cautionner les barbares prêts à bombarder demain l'Iran qui se réjouissent déjà de ce prétexte survenu dans les urnes, peut-être au fond sans même une fraude massive, qui n'aurait pas suffit non plus à justifier le pire.
Jacques Richaud 16 juin 2009
Pour les raisons bien évoquées par l'auteur la victoire réelle du président sortant ne semble pas faire de doute. L'hypothèse d'un score cependant majoré par une fraude reste crédible, mais n'autorise pas le reste du monde à donner des leçons au peuple Iranien, seul en charge de son destin. L'idée même d'une contestation extérieure s'inscrit dans la logique impérialiste qui rend pensable l'ingérence, bien sur 'humanitaire' pour sauver le peuple contre lui-même, comme on le fit en renversant Sadam Hussein et plongeant le pays entier dans l'effroi, la mort et la destruction de son tissu social de façon hélas durable...
Devant cette situation il était prévisible que les partisans et le leader de l'opposition s'insurgent, par colère autant que par déception d'une défaite que beaucoup doivent connaître, au fond, comme réelle, démontrant que le peuple pourtant opprimé par un régime théocratique n'est pas encore prêt à briser toutes ses chaînes.
Une posture internationaliste ne peut qu'associer deux réponses :
Dénoncer une répression violente qui prépare sans doute une période obscurantiste rendant l'opposition politique plus difficile encore. Dénoncer l'illusion des libertés démocratiques, l'oppression de certaines minorités, celle des femmes, celle du peuple privé des plus élémentaires droits sociaux. Le faire n'est pas cautionner par avance le leader battu ; le faire serait ‘ juste' dans tous les cas de figure lorsque le pouvoir réprime son propre peuple. L'autre réponse est de ne pas tomber dans le piège du refus de solidarité avec le peuple au prétexte que ce mouvement d'opposition aurait la sympathie d'une partie de l'occident et particulièrement des pires ennemis de Mahmoud Ahmadinejad, qu'ils soient à Tel Aviv ou ailleurs en Occident. Ce n'est pas soutenir l'impérialisme que de réaffirmer le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et se choisir leurs dirigeants, en même temps que de confirmer le droit à la critique de ceux-ci et la défense des opposants, surtout lorsque ceux-ci se présentent sinon comme révolutionnaires au moins désireux de ne pas enflammer ‘le choc des civilisations' qui possède ses prédicateurs à Téhéran autant qu'a Tel Aviv ou Washington…
Les événements actuels dont nous observerons le débouché montrent la fragilité réelle de la caste politico-religieuse au pouvoir et cela est de nature à conforter la possibilité de l'émergence d'un authentique courant progressiste. Nous souhaiterons qu'il ne soit pas inféodé aux forces de l'Empire et soutiendrons ceux qui pensent d'abord au peuple avant que de penser à leur respectabilité internationale qui signerait sans doute leur allégeance au camp le plus inquiétant pour ce qui est de son projet de refonte du Moyen Orient tout entier.
Cette bataille là s'étend des rives de la Méditerranée aux confins du continent Indien et aux limites du Caucase. Des dizaines de peuples sont pris en otages pour des enjeux géostratégiques sans relation aucune avec le bien être de chacun et les chances d'émancipation véritable des femmes et des hommes qui les composent.
Nous serons toujours si nous sommes lucides et cohérents au côté de ceux-là ; jamais au côté de ceux qui ont déjà organisé les manœuvres pour bombarder la Perse qui, comme la Mésopotamie, représente un haut lieu de nos civilisations partagées et menacées par des barbares qui ne connaissent rien de ce qui peut animer l'esprit de ceux-là et ne peut se résumer à la caricature trop facile des excès de certains. Une révolte en Iran avait été réprimée déjà en 1999 ; gardons nous de cautionner les faux amis du peuple Iranien qui voudraient l'aider à se débarrasser de leur président comme d'autres ont fait croire au peuple Irakien qu'ils allaient leur apporter la ‘démocratie'... La solidarité est nécessaire à l'égard de toux ceux qui manifestent au risque le plus grand leur opposition au régime théocratique en place ; mais nous devrons refuser cautionner les barbares prêts à bombarder demain l'Iran qui se réjouissent déjà de ce prétexte survenu dans les urnes, peut-être au fond sans même une fraude massive, qui n'aurait pas suffit non plus à justifier le pire.
Jacques Richaud 16 juin 2009
Pour les raisons bien évoquées par l'auteur la victoire réelle du président sortant ne semble pas faire de doute. L'hypothèse d'un score cependant majoré par une fraude reste crédible, mais n'autorise pas le reste du monde à donner des leçons au peuple Iranien, seul en charge de son destin. L'idée même d'une contestation extérieure s'inscrit dans la logique impérialiste qui rend pensable l'ingérence, bien sur 'humanitaire' pour sauver le peuple contre lui-même, comme on le fit en renversant Sadam Hussein et plongeant le pays entier dans l'effroi, la mort et la destruction de son tissu social de façon hélas durable...
Devant cette situation il était prévisible que les partisans et le leader de l'opposition s'insurgent, par colère autant que par déception d'une défaite que beaucoup doivent connaître, au fond, comme réelle, démontrant que le peuple pourtant opprimé par un régime théocratique n'est pas encore prêt à briser toutes ses chaînes.
Une posture internationaliste ne peut qu'associer deux réponses :
Dénoncer une répression violente qui prépare sans doute une période obscurantiste rendant l'opposition politique plus difficile encore. Dénoncer l'illusion des libertés démocratiques, l'oppression de certaines minorités, celle des femmes, celle du peuple privé des plus élémentaires droits sociaux. Le faire n'est pas cautionner par avance le leader battu ; le faire serait ‘ juste' dans tous les cas de figure lorsque le pouvoir réprime son propre peuple. L'autre réponse est de ne pas tomber dans le piège du refus de solidarité avec le peuple au prétexte que ce mouvement d'opposition aurait la sympathie d'une partie de l'occident et particulièrement des pires ennemis de Mahmoud Ahmadinejad, qu'ils soient à Tel Aviv ou ailleurs en Occident. Ce n'est pas soutenir l'impérialisme que de réaffirmer le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et se choisir leurs dirigeants, en même temps que de confirmer le droit à la critique de ceux-ci et la défense des opposants, surtout lorsque ceux-ci se présentent sinon comme révolutionnaires au moins désireux de ne pas enflammer ‘le choc des civilisations' qui possède ses prédicateurs à Téhéran autant qu'a Tel Aviv ou Washington…
Les événements actuels dont nous observerons le débouché montrent la fragilité réelle de la caste politico-religieuse au pouvoir et cela est de nature à conforter la possibilité de l'émergence d'un authentique courant progressiste. Nous souhaiterons qu'il ne soit pas inféodé aux forces de l'Empire et soutiendrons ceux qui pensent d'abord au peuple avant que de penser à leur respectabilité internationale qui signerait sans doute leur allégeance au camp le plus inquiétant pour ce qui est de son projet de refonte du Moyen Orient tout entier.
Cette bataille là s'étend des rives de la Méditerranée aux confins du continent Indien et aux limites du Caucase. Des dizaines de peuples sont pris en otages pour des enjeux géostratégiques sans relation aucune avec le bien être de chacun et les chances d'émancipation véritable des femmes et des hommes qui les composent.
Nous serons toujours si nous sommes lucides et cohérents au côté de ceux-là ; jamais au côté de ceux qui ont déjà organisé les manœuvres pour bombarder la Perse qui, comme la Mésopotamie, représente un haut lieu de nos civilisations partagées et menacées par des barbares qui ne connaissent rien de ce qui peut animer l'esprit de ceux-là et ne peut se résumer à la caricature trop facile des excès de certains. Une révolte en Iran avait été réprimée déjà en 1999 ; gardons nous de cautionner les faux amis du peuple Iranien qui voudraient l'aider à se débarrasser de leur président comme d'autres ont fait croire au peuple Irakien qu'ils allaient leur apporter la ‘démocratie'... La solidarité est nécessaire à l'égard de toux ceux qui manifestent au risque le plus grand leur opposition au régime théocratique en place ; mais nous devrons refuser cautionner les barbares prêts à bombarder demain l'Iran qui se réjouissent déjà de ce prétexte survenu dans les urnes, peut-être au fond sans même une fraude massive, qui n'aurait pas suffit non plus à justifier le pire.
Jacques Richaud 16 juin 2009
29 EXECUTIONS SOMMAIRES EN IRAN POUR TERRORISER LA RÉSISTANCE DU PEUPLE IRANIEN CONTRE LE REGIME FASCISTE DE AHMADINEJAD
29 personnes doivent être exécutées à Karaj a partir du 3 07 2009 Selon les informations reçues par le Comité International contre les Exécutions, 29 personnes doivent exécutées demain, samedi, à la prison Ghezal Hesar à Karaj. Il a été rapporté que ces 29 personnes ont été séparées des autres prisonniers. Nous n'avons aucune information sur les motifs de leurs condamnations.
Ces exécutions sont menées pour terroriser la population et sont liées aux protestations du peuple d'Iran.
Nous appelons la population d'Iran et du monde entier à condamner les exécutions et à faire pression pour les stopper.
traduction et source d'aprés
communistpartyofiran
Malgré le silence complice des médias européens et américains sur la répression les assassinats et les disparitions et enlèvements politique, les matraquages de femmes et d'enfants, par les membres de la Vevak ( les Rg-Dcri iraniens) malgré Téhéran sous état de siège des milices fascistes basij's et des voltigeurs a moto qui sont partout la lutte continue dans d'autre grandes villes iraniennes comme Quom Mashad Yazd Racht Ispahan Abadan
Voici un texte paru sur le site Peik-e-Iran, le 24 juin ,un site proche du parti communiste Iranien Tuddeh en exil
Quand le régime se sert des plus pauvres pour taper sur les pauvres
sur une rencontre avec un matraqueur du régime des mollahs, dont la mission est de frapper les manifestants.
Jalal Keyhan Manech : dans la matinée du samedi 20 juin, alors que la journée s'annonçait pleine de troubles à Téhéran, l'image d'agents en civil qui tabassent les gens dans la rue avec une matraque se précise. Ces individus sont des journaliers qui reçoivent un salaire. L'un d'entre eux explique que « le journalier est payé 200.000 tomans à la journée et les non iraniens plusieurs fois plus ». Le matraqueur qui a fait ces confidences à un journaliste a ajouté « Nous, nous sommes dans un dortoir. Mais les non iraniens sont à l'hôtel ». Reportage :
Quatre jours après l'annonce du résultat du scrutin, des agents en civil qui portaient le casque des forces anti-émeute ont fait leur apparition dans les rues. Ils ont un accent que l'on ne connaît pas. Certains témoins oculaires affirment que ces matraqueurs disent des choses qu'on ne comprend pas. D'autres disent qu'ils se sont retrouvés face à des matraqueurs qui parlaient arabe. Hier chez un vendeur de sandwich, j'ai eu l'occasion de parler avec l'un d'entre eux :
J'étais dans le magasin quand il est entré. Il a commandé une boisson fraîche. Il avait une matraque à la main. J'ai ouvert la conversation.
Salam mon frère, bon courage !
Que Dieu te prête longue vie, prie pour moi (son regard est angoissé, il a un fort accent)
Tu viens d'où ?
Torbat.
Torbat ?
Torbat Djam.
Quel âge as-tu ?
36 ans.
Tu es marié ? Tu as des enfants ?
Non, ça coûte cher une femme et des enfants. Moi je suis au chômage.
Au chômage ? Mais tu n'es pas milicien ? Tu ne touches pas de salaire des gardiens de la révolution ?
Non, je ne suis pas milicien, quoi, je suis chômeur.
Mais t'es pas au boulot là ?
Ouais
Ben pourquoi t'as un bâton à la main ?
On nous a fait venir ici pour taper sur les Monafeghine (nom péjoratif donné par le régime aux Moudjahidine du peuple d'Iran, OMPI et par extension aux insugé-es de la jeunesse iranienne). On nous a donné ce bâton pour ça.
Qui vous l'a donné ?
Hadji. Il a dit : tu frappes pour qu'ils ne se relèvent pas. C'est des traitres.
Et toi, qu'est-ce que t'en penses ?
Moi j'en pense rien, je prends mon fric.
Tu prends du fric pour taper ? Et ça te plaît ?
Ouais ! On me paye pour frapper. A ma place tu ne frapperais pas ?
Alors, combien ils donnent ?
200 tomans par jour. (Il a les yeux qui brillent) 200.000 tomans !
C'est beaucoup ! Qu'est-ce que tu vas faire avec tout ça ?
Je vais me trouver une femme. Je peux même en avoir deux avec tout cet argent. Tu sais combien ça fait ? 2 millions. Peut-être que je ne vais pas retourner à Torbat. Je vais peut-être rester ici. Hadji a dit qu'il y aura encore des manifs. Ils ont du travail pour nous.
Ça fait combien de jours que tu es à Téhéran ?
Trois jours. Je dois encore rester sept jours.
Les autres qui sont avec toi, ils sont venus d'où ?
Je ne les connais pas tous, mais dans notre dortoir, il y en a du Mazandaran, d'Arak et aussi du Khouzistan. Il y en a aussi de Torbat Heydarieh et de Khavaf. (Il a bu sa boisson. Il demande une cigarette. Je lui en donne une. Il l'allume. Il continue à parler en fumant.)
Il y a des arabes aussi avec vous, non ?
Ouais, mais j'ai entendu dire qu'ils les ont mis à l'hôtel. On dit qu'ils viennent du Liban. Hier soir pour souper, on nous a donné du thon. Les gars disaient qu'aux Arabes, on leur donne de la bonne bouffe.
Où est votre dortoir ?
Je ne sais pas. Je ne connais pas Téhéran. Mais c'est loin. Tu vas comme ça jusqu'à ce que tu arrives au dortoir. (Il pointe son doigt vers l'est de Téhéran)
Tu n'étais jamais venu à Téhéran ?
Non, c'est la première fois.
Tu pries ?
Oui. Mais ici, on nous a dit que quand on va en mission, faut même pas aller aux toilettes.
Ça ne te déranges pas de frapper les gens ?
Des gens ? Hadji, il dit que ceux qui crient des slogans sont des Monafeghine. Moi je le crois. C'est Hadji. Tu sais que Hadji c'est pas un menteur. (A ce moment un homme de forte corpulence et de grande taille entre dans le magasin, le regard noir, il aperçoit ce jeune, il l'interpelle :)
Qu'est-ce que tu fous là ? Avec qui tu parles ?
Rien, personne, je suis venu boire une limonade.
Retourne à ton poste, Yallah !
(L'homme prend sa matraque et s'en va. Il a bu frais et il va mieux. Dans sept jours, il y aura-t-il encore du travail pour lui ?)
Derniéres vidéos qui n'arrivent plus qu'au compte goute du fait de la censure du régime
LETTRE DE T. DERONNE A J.L.-MELENCHON SUR CHAVEZ ET L'IRAN
vendredi 26 juin 2009 (22h38) 2 commentaires
*vice-pdt de VIVE- Vénézuéla, [www.vive-fr.org]
LETTRE DE THIERRY DERONNE* A JEAN LUC MELENCHON
http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...
Dixit Debray, la fonction de l'intellectuel est de refroidir la fièvre, de ralentir les délais de réponse. Au risque de décevoir "l'opinion". On peut aussi parler d'autres thèmes. Ou même aller a contre-courant.
Malgré la répression sanglante des manifestants d'opposition en Iran, le président sortant a très probablement gagné les élections. Malgré des fraudes partielles mais insuffisantes pour remettre en cause la victoire d'une majorité d'électeurs. Le Figaro avait titré à la veille de ces élections sur le "pourquoi de sa popularité". Les deux correspondants du Washington Post concluaient dès le 15 juin "Le fait est que le peuple iranien a peut-être tout simplement choisi de réélire le Président Ahmadinejad" (http://www.legrandsoir.info/Le-peup... )
Vous pouvez lire aussi l'article mesuré du 19 juin signé de Robert Fisk - journaliste de The Independent et qui fait autorité sur le Moyen Orient - sur ce qui se passe en Iran http://www.rebelion.org/noticia.php... ("Peligrosa fusión entre realidad y fantasía en Iran"). Son analyse confirme ce que l'historien Richard Gott nous racontait après un voyage sur place. Il y a un fossé entre ce que l'Occident veut voir à travers ses médias, et la réalité profonde de l'Iran. Tant sur la réalité du vote que sur les reformes sociales entreprises en faveur de couches populaires que nous ne voyons pas, et pour cause, à la télé. Je parle d'un abîme sociologique entre un Téhéran américanisé (eh oui), où on parle beaucoup l'anglais et l'autre Iran, qui pense et qui vote, aussi...
Cela excuse-t-il qu'un Etat se défende, par la suite, en tirant dans la foule ? Personne n'appuie la répression, pas plus le président Chavez que vous. Pourquoi dire alors comme vous le faites si lapidairement comme pour mieux vous en démarquer, qu'il donne raison au président iranien ? Pour faire croire au lecteur qu'il appuie un massacre ? Vous ne donnez aucun autre élément à votre lecteur, ce qui est grave lorsqu'on connaît l'image construite par les médias du "Chavez dictateur", "assassin" et donc identifié à un Iran répressif.
J'imagine déjà votre protestation, celle que j'entends souvent à Paris : "soutenir le processus de Chavez, cela n'empêche de pouvoir le critiquer sur tel ou tel point, un soutien aveugle n'a pas de sens, nous ne sommes plus chez les stals ni le doigt sur la couture, etc... etc..."
Nous en sommes bien d'accord, Monsieur Mélenchon, mais ce qu'a dit Chavez, et nous espérons que vous saurez le transmettre avec autant de chaleur que votre rectificatif sur Bové, c'est ceci : une partie de la population qui perd des élections ne peut se substituer à la décision de la majorité, et on ne peut tolérer aucune ingérence en ce sens.
Fisk parle aussi de certaine ingérence : http://www.rebelion.org/noticia.php.... Pas vous, curieusement, ni de qui est ce candidat d'opposition, ou de qui vote pour lui, etc... Autant je partageais, admiratif, votre analyse sociologique, historique tout en résistance au discours dominant sur le Tibet et au chantage médiatique en faveur de ces potentats féodaux-theocratiques reçus en héros à Paris ou votre démontage de RSF, etc.. autant je regrette dans ce cas ce qui me semble relever du conformisme le plus primaire sous un bel élan laïc et aussi inattaquable que celui de Val ou Sarkozy.
Votre "islamisme égal fascisme", etc.. ne correspond guère à la réalité de la société iranienne ni de ses institutions, qui ne dépendent pas que du religieux. Le socle laïque et républicain auquel nous adhérons serait mieux servi par des réflexions plus analytiques, moins soumises à l'Église médiatique et aux papes qui semblent vous faire peur par leurs mises en demeure. Pourquoi ne pas leur répondre, à contre-courant, qu'il n'est pas normal que l'Occident, qui parle tant de démocratie électorale, refuse l'exercice de celle-ci dès lors que les résultats ne lui conviennent pas ? Pourquoi ne pas dénoncer ce circuit fermé des medias occidentaux, inquiétant pour l'avenir de la démocratie sur cette planète ? On en sait quelque chose ici, au Venezuela, ou récemment avec le cas Colom au Guatemala, dont on n'imagine pas une seconde, en Europe, les enjeux et la perversité mediatico-politique et dont le scénario réel est l'inverse de que nous ont dit les médias.
Accepter d'entrer dans le tribunal du parti de la presse et de l'argent, c'est déjà légitimer son "agenda". Projeter sur Chavez ce que vous croyez qu'il dit sans vérifier à la source est grave.
Coupé de notre réel, couplé aux médias de France, vous ne concevez que la politique extérieure de la république bolivarienne qu'en creux, comme pure dialectique négative "primaire, erronée".
"Les ennemis de nos ennemis sont nos amis", vous moquez-vous. Vous trouverez normal que pour comprendre le Parti de Gauche on étudie Robespierre, la Commune, Jaurès ou le Front Populaire . Sachez que le Venezuela a une Histoire, lui aussi, et que Bolivar en parlant de l'équilibre du monde, des deux tiers du monde, en organisant contre l'Empire naissant, un congrès de Panama (1826), se fichait des contingences électorales "Ahmadinejad" ou autres et se situait déjà dans une construction à long terme d'États souverains, indépendants et libres de coopérer entre eux. L'histoire laïque, multipolaire, s'avance sous des masques obligés. Celui de l'islamisme, du Hamas, du Hezbollah ou des islamistes iraniens ne sont que ceux d'États qui se cherchent, déjà en prise avec la globalisation capitaliste. Rabaisser le jacobinisme au niveau de Charlie-Hebdo, se fabriquer une identité politique en creux par rapport à tout ce qui fleure l'islamisme, c'est abdiquer l'initiative de l'Histoire en faveur des Obama. Dans une France qui a toujours éprouvé quelque difficulté à comprendre ce qui se passe aux limites d'un monde dont elle se croit encore le centre, votre discours aidera sans doute quelques militants du PG, déjà réticents face aux brèves références initiales à Chavez, à s'en éloigner un peu plus. Et sans doute à nous éloigner de vous.
Thierry Deronne
De : Thierry Deronne vendredi 26 juin 2009
COMMENTAIRES DE L'ARTICLE
Lettre de Thierry Deronne à J.L.-Mélenchon sur Chavez et l'Iran 26 juin 2009 - 23h02 - Posté par MAXIME VIVAS - 92.***.107.***
Je connais bien Thierry Deronne qui a préfacé mon livre « La face cachée de reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » et je sais gré à Jean-Luc d'avoir été le seul homme politique qui a osé le promouvoir dans les médias, lesquelles avaient organisé une omerta terrible. Jean-Luc est allé, en direct sur Europe 1, jusqu'à enjoindre à Elkabbach de lire le livre.
Pour les besoins de l'écriture de ce livre et afin d'y rapporter des informations de première main sur le comportement de RSF et de ses deux correspondants au Venezuela pendant le putsch d'avril 2002 contre Chávez, j'ai passé 3 semaines à Caracas en mai 2007.
Cela a été possible grâce à Thierry Deronne qui a mis à ma disposition les moyens logistiques et des archives de Vive TV, une télévision communautaire dont il est un des principaux dirigeants. A cette occasion, Thierry m'a confié le bon souvenir qu'il avait gardé de la visite de Jean-Luc dans leurs locaux. Il faudra un jour raconter le travail admirable de Thierry au service de la liberté de la presse, grâce aux médias alternatifs qu'il a créés au Venezuela et qu'il aide à créer dans toute l'Amérique latine au nom du « droit citoyen d'informer et d'être informé ».
Il se trouve que, pendant que je travaillais là-bas à mon livre, une campagne médiatique mondiale a été déclenchée contre Hugo Chávez au prétexte banal du non renouvellement de contrat de la licence d'exploitation hertzienne d'une télé (RCTV) qui fut un acteur important du coup d'Etat d'avril 2002.
De mon bureau de Vive TV, j'ai correspondu avec Jean-Luc et d'autres hommes de bonne volonté, dont des députés européens du groupe GUE (où siège désormais Jean-Luc). Echanges de documents, rétablissements de la vérité, bref, allumage de contre-feux.
J'ai alors pu mesurer le travail courageux et à contre-courant de celui qui était alors sénateur membre du PS pour alerter ses collègues du parti socialiste et les députés européens socialistes.
Tous les députés socialistes européens s'apprêtaient alors à voter une résolution condamnant le gouvernement de Chávez pour ses atteintes à la liberté de la presse et pour la « fermeture d'une télévision d'opposition » (sic. RCTV émet toujours).
L'instigateur était Jean-Marie Cavada, député du Modem (passé à l'UMP depuis).
A mesure que les informations vraies parvenaient aux députés européens, le nombre de votants potentiels diminuait et la résolution initiale était réécrite en recul dans sa formulation. Finalement, le 15 mai 2007, une alliance entre les partis de la droite européenne, PPE, ALDE, UEN avec l'ITS (groupe politique d'extrême droite, notamment de Jean-Marie et Marine Le Pen) a obtenu, contre l'avis de tous les autres partis, qu'une falote « Résolution du Parlement européen sur le Venezuela » soit inscrite à l'ordre du jour, pour un vote. C'est ainsi que, le 24 mai 2007, sur 785 députés que comptait le parlement européen, 65 seulement étaient présents. Le vote a été acquis par 43 voix contre 22.
On mesure avec cette anecdote la violence des attaques, la grosseur des mensonges que subit un pays qui revendique, ainsi que le disait de Gaulle « le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».
On en déduira que la vivacité de ton de ceux qui, sur place, le défendent et qui y jouent leur peau (ce n'est pas une image) en cas de réussite des complots et des putschs ne doit pas forcément être lue comme une signe d'hostilité contre ceux qui avancent un avis mal compris à Caracas sur telle ou telle question de politique internationale.
J'ai de l'estime pour Thierry et pour Jean-Luc. Je vois tellement de convergences générales sur ce qu'ils pensent et qu'ils souhaitent qu'il me semble que les lecteurs de ce blog ne devraient pas les voir comme des adversaires. Regardons-les plutôt échanger des points de vue différents.
Une politique de la main tendue aux frères d'armes au-delà des frontières me paraît aussi utile que celle qui fut tentée en direction du NPA chez nous, et dans les deux cas contre un redoutable adversaire commun.
Je crois, sur le fond du désaccord ponctuel, que si Ahmadinejad et Moussavi sont tragiquement proches en ce qui concerne les libertés, les droits des femmes, la laïcité, etc., s'il n'y a pas lieu d'en aimer l'un plus que l'autre, il n'est pas indifférent de voir que le second ne fera pas progresser plus que l'autre les droits humains et la démocratie dans son pays, mais qu'il servira par contre les intérêts des USA. Pour cela, ce n'est pas tout à fait bonnet blanc et blanc bonnet. Je subodore aussi que les mois qui viennent nous renseigneront sur la « spontanéité » de la « révolution verte ».
Cela dit, Jean-Luc, Thierry et moi n'avons pas de raison de nous bloquer sur cette question, de même que la question bien plus grave du nucléaire ne doit pas être prétexte à une brouille entre les partis de la vraie gauche chez nous. Il n'est demandé à personne, à aucun parti d'être le clone de l'autre.
Je termine par des abrazos fraternals a todos, ce qui me distingue de Chávez qui prend volontiers congé par un « Dios te bendigo » (Que Dieu te bénisse), ce que je lui pardonne malgré une opinion radicalement différente sur le sujet.
Répondre à ce message
Lettre de Thierry Deronne à J.L.-Mélenchon sur Chavez et l'Iran 27 juin 2009 - 00h57 - POSTE PAR 213.***.229.**
"L'histoire laïque, multipolaire, s'avance sous des masques obligés. Celui de l'islamisme, du Hamas, du Hezbollah ou des islamistes iraniens ne sont que ceux d'États qui se cherchent, déjà en prise avec la globalisation capitaliste."
En dehors des querelles et des amitiés que vous semblez partager tous les trois, cette citation résume ce qui me semble une thèse importante souvent énoncée et reprise dans ce texte.
L'Iran, c'est peut être bien autre chose de plus important que ces trucs, ces voiles, ces masques obligés islamistes . SI LULLA DEFEND L'IRAN, C'EST QUE LE BRESIL EST EN DANGER ET UN PEU PLUS DEPUIS QU'IL VIENT DE DECOUVRIR DES RESERVES IMMENSE DE PETROLE. SI LE VERROU IRANIEN CEDE, ALORS RAPIDEMENT L'AMERIQUE LATINE SERA MIS A FEU ET A SANG PAR L'APPETIT INSATIABLE ET REVIGORE DE BIG BROTHER.
On a l'impression que l'Iran est la ligne de front politique, économique, et militaire dans la lutte des pays du tiers monde et de leurs quelques pays émergent , (le bric), contre l'impérialisme transnational des oligarchies occidentales.
Si ce verrou ne cède pas, l'inadéquation contradictoire dont il est le signe concret, entre le mode de production capitaliste mondial uni polaire sous sa forme impérialiste et financière et les forces de production devenues multipolaires se creusera un peu plus.
LETTRE DE T. DERONNE A J.L.-MELENCHON SUR CHAVEZ ET L'IRAN
vendredi 26 juin 2009 (22h38) 2 commentaires
*vice-pdt de VIVE- Vénézuéla, [www.vive-fr.org]
LETTRE DE THIERRY DERONNE* A JEAN LUC MELENCHON
http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...
Dixit Debray, la fonction de l'intellectuel est de refroidir la fièvre, de ralentir les délais de réponse. Au risque de décevoir "l'opinion". On peut aussi parler d'autres thèmes. Ou même aller a contre-courant.
Malgré la répression sanglante des manifestants d'opposition en Iran, le président sortant a très probablement gagné les élections. Malgré des fraudes partielles mais insuffisantes pour remettre en cause la victoire d'une majorité d'électeurs. Le Figaro avait titré à la veille de ces élections sur le "pourquoi de sa popularité". Les deux correspondants du Washington Post concluaient dès le 15 juin "Le fait est que le peuple iranien a peut-être tout simplement choisi de réélire le Président Ahmadinejad" (http://www.legrandsoir.info/Le-peup... )
Vous pouvez lire aussi l'article mesuré du 19 juin signé de Robert Fisk - journaliste de The Independent et qui fait autorité sur le Moyen Orient - sur ce qui se passe en Iran http://www.rebelion.org/noticia.php... ("Peligrosa fusión entre realidad y fantasía en Iran"). Son analyse confirme ce que l'historien Richard Gott nous racontait après un voyage sur place. Il y a un fossé entre ce que l'Occident veut voir à travers ses médias, et la réalité profonde de l'Iran. Tant sur la réalité du vote que sur les reformes sociales entreprises en faveur de couches populaires que nous ne voyons pas, et pour cause, à la télé. Je parle d'un abîme sociologique entre un Téhéran américanisé (eh oui), où on parle beaucoup l'anglais et l'autre Iran, qui pense et qui vote, aussi...
Cela excuse-t-il qu'un Etat se défende, par la suite, en tirant dans la foule ? Personne n'appuie la répression, pas plus le président Chavez que vous. Pourquoi dire alors comme vous le faites si lapidairement comme pour mieux vous en démarquer, qu'il donne raison au président iranien ? Pour faire croire au lecteur qu'il appuie un massacre ? Vous ne donnez aucun autre élément à votre lecteur, ce qui est grave lorsqu'on connaît l'image construite par les médias du "Chavez dictateur", "assassin" et donc identifié à un Iran répressif.
J'imagine déjà votre protestation, celle que j'entends souvent à Paris : "soutenir le processus de Chavez, cela n'empêche de pouvoir le critiquer sur tel ou tel point, un soutien aveugle n'a pas de sens, nous ne sommes plus chez les stals ni le doigt sur la couture, etc... etc..."
Nous en sommes bien d'accord, Monsieur Mélenchon, mais ce qu'a dit Chavez, et nous espérons que vous saurez le transmettre avec autant de chaleur que votre rectificatif sur Bové, c'est ceci : une partie de la population qui perd des élections ne peut se substituer à la décision de la majorité, et on ne peut tolérer aucune ingérence en ce sens.
Fisk parle aussi de certaine ingérence : http://www.rebelion.org/noticia.php.... Pas vous, curieusement, ni de qui est ce candidat d'opposition, ou de qui vote pour lui, etc... Autant je partageais, admiratif, votre analyse sociologique, historique tout en résistance au discours dominant sur le Tibet et au chantage médiatique en faveur de ces potentats féodaux-theocratiques reçus en héros à Paris ou votre démontage de RSF, etc.. autant je regrette dans ce cas ce qui me semble relever du conformisme le plus primaire sous un bel élan laïc et aussi inattaquable que celui de Val ou Sarkozy.
Votre "islamisme égal fascisme", etc.. ne correspond guère à la réalité de la société iranienne ni de ses institutions, qui ne dépendent pas que du religieux. Le socle laïque et républicain auquel nous adhérons serait mieux servi par des réflexions plus analytiques, moins soumises à l'Église médiatique et aux papes qui semblent vous faire peur par leurs mises en demeure. Pourquoi ne pas leur répondre, à contre-courant, qu'il n'est pas normal que l'Occident, qui parle tant de démocratie électorale, refuse l'exercice de celle-ci dès lors que les résultats ne lui conviennent pas ? Pourquoi ne pas dénoncer ce circuit fermé des medias occidentaux, inquiétant pour l'avenir de la démocratie sur cette planète ? On en sait quelque chose ici, au Venezuela, ou récemment avec le cas Colom au Guatemala, dont on n'imagine pas une seconde, en Europe, les enjeux et la perversité mediatico-politique et dont le scénario réel est l'inverse de que nous ont dit les médias.
Accepter d'entrer dans le tribunal du parti de la presse et de l'argent, c'est déjà légitimer son "agenda". Projeter sur Chavez ce que vous croyez qu'il dit sans vérifier à la source est grave.
Coupé de notre réel, couplé aux médias de France, vous ne concevez que la politique extérieure de la république bolivarienne qu'en creux, comme pure dialectique négative "primaire, erronée".
"Les ennemis de nos ennemis sont nos amis", vous moquez-vous. Vous trouverez normal que pour comprendre le Parti de Gauche on étudie Robespierre, la Commune, Jaurès ou le Front Populaire . Sachez que le Venezuela a une Histoire, lui aussi, et que Bolivar en parlant de l'équilibre du monde, des deux tiers du monde, en organisant contre l'Empire naissant, un congrès de Panama (1826), se fichait des contingences électorales "Ahmadinejad" ou autres et se situait déjà dans une construction à long terme d'États souverains, indépendants et libres de coopérer entre eux. L'histoire laïque, multipolaire, s'avance sous des masques obligés. Celui de l'islamisme, du Hamas, du Hezbollah ou des islamistes iraniens ne sont que ceux d'États qui se cherchent, déjà en prise avec la globalisation capitaliste. Rabaisser le jacobinisme au niveau de Charlie-Hebdo, se fabriquer une identité politique en creux par rapport à tout ce qui fleure l'islamisme, c'est abdiquer l'initiative de l'Histoire en faveur des Obama. Dans une France qui a toujours éprouvé quelque difficulté à comprendre ce qui se passe aux limites d'un monde dont elle se croit encore le centre, votre discours aidera sans doute quelques militants du PG, déjà réticents face aux brèves références initiales à Chavez, à s'en éloigner un peu plus. Et sans doute à nous éloigner de vous.
Thierry Deronne
De : Thierry Deronne vendredi 26 juin 2009
COMMENTAIRES DE L'ARTICLE
Lettre de Thierry Deronne à J.L.-Mélenchon sur Chavez et l'Iran 26 juin 2009 - 23h02 - Posté par MAXIME VIVAS - 92.***.107.***
Je connais bien Thierry Deronne qui a préfacé mon livre « La face cachée de reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » et je sais gré à Jean-Luc d'avoir été le seul homme politique qui a osé le promouvoir dans les médias, lesquelles avaient organisé une omerta terrible. Jean-Luc est allé, en direct sur Europe 1, jusqu'à enjoindre à Elkabbach de lire le livre.
Pour les besoins de l'écriture de ce livre et afin d'y rapporter des informations de première main sur le comportement de RSF et de ses deux correspondants au Venezuela pendant le putsch d'avril 2002 contre Chávez, j'ai passé 3 semaines à Caracas en mai 2007.
Cela a été possible grâce à Thierry Deronne qui a mis à ma disposition les moyens logistiques et des archives de Vive TV, une télévision communautaire dont il est un des principaux dirigeants. A cette occasion, Thierry m'a confié le bon souvenir qu'il avait gardé de la visite de Jean-Luc dans leurs locaux. Il faudra un jour raconter le travail admirable de Thierry au service de la liberté de la presse, grâce aux médias alternatifs qu'il a créés au Venezuela et qu'il aide à créer dans toute l'Amérique latine au nom du « droit citoyen d'informer et d'être informé ».
Il se trouve que, pendant que je travaillais là-bas à mon livre, une campagne médiatique mondiale a été déclenchée contre Hugo Chávez au prétexte banal du non renouvellement de contrat de la licence d'exploitation hertzienne d'une télé (RCTV) qui fut un acteur important du coup d'Etat d'avril 2002.
De mon bureau de Vive TV, j'ai correspondu avec Jean-Luc et d'autres hommes de bonne volonté, dont des députés européens du groupe GUE (où siège désormais Jean-Luc). Echanges de documents, rétablissements de la vérité, bref, allumage de contre-feux.
J'ai alors pu mesurer le travail courageux et à contre-courant de celui qui était alors sénateur membre du PS pour alerter ses collègues du parti socialiste et les députés européens socialistes.
Tous les députés socialistes européens s'apprêtaient alors à voter une résolution condamnant le gouvernement de Chávez pour ses atteintes à la liberté de la presse et pour la « fermeture d'une télévision d'opposition » (sic. RCTV émet toujours).
L'instigateur était Jean-Marie Cavada, député du Modem (passé à l'UMP depuis).
A mesure que les informations vraies parvenaient aux députés européens, le nombre de votants potentiels diminuait et la résolution initiale était réécrite en recul dans sa formulation. Finalement, le 15 mai 2007, une alliance entre les partis de la droite européenne, PPE, ALDE, UEN avec l'ITS (groupe politique d'extrême droite, notamment de Jean-Marie et Marine Le Pen) a obtenu, contre l'avis de tous les autres partis, qu'une falote « Résolution du Parlement européen sur le Venezuela » soit inscrite à l'ordre du jour, pour un vote. C'est ainsi que, le 24 mai 2007, sur 785 députés que comptait le parlement européen, 65 seulement étaient présents. Le vote a été acquis par 43 voix contre 22.
On mesure avec cette anecdote la violence des attaques, la grosseur des mensonges que subit un pays qui revendique, ainsi que le disait de Gaulle « le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».
On en déduira que la vivacité de ton de ceux qui, sur place, le défendent et qui y jouent leur peau (ce n'est pas une image) en cas de réussite des complots et des putschs ne doit pas forcément être lue comme une signe d'hostilité contre ceux qui avancent un avis mal compris à Caracas sur telle ou telle question de politique internationale.
J'ai de l'estime pour Thierry et pour Jean-Luc. Je vois tellement de convergences générales sur ce qu'ils pensent et qu'ils souhaitent qu'il me semble que les lecteurs de ce blog ne devraient pas les voir comme des adversaires. Regardons-les plutôt échanger des points de vue différents.
Une politique de la main tendue aux frères d'armes au-delà des frontières me paraît aussi utile que celle qui fut tentée en direction du NPA chez nous, et dans les deux cas contre un redoutable adversaire commun.
Je crois, sur le fond du désaccord ponctuel, que si Ahmadinejad et Moussavi sont tragiquement proches en ce qui concerne les libertés, les droits des femmes, la laïcité, etc., s'il n'y a pas lieu d'en aimer l'un plus que l'autre, il n'est pas indifférent de voir que le second ne fera pas progresser plus que l'autre les droits humains et la démocratie dans son pays, mais qu'il servira par contre les intérêts des USA. Pour cela, ce n'est pas tout à fait bonnet blanc et blanc bonnet. Je subodore aussi que les mois qui viennent nous renseigneront sur la « spontanéité » de la « révolution verte ».
Cela dit, Jean-Luc, Thierry et moi n'avons pas de raison de nous bloquer sur cette question, de même que la question bien plus grave du nucléaire ne doit pas être prétexte à une brouille entre les partis de la vraie gauche chez nous. Il n'est demandé à personne, à aucun parti d'être le clone de l'autre.
Je termine par des abrazos fraternals a todos, ce qui me distingue de Chávez qui prend volontiers congé par un « Dios te bendigo » (Que Dieu te bénisse), ce que je lui pardonne malgré une opinion radicalement différente sur le sujet.
Répondre à ce message
Lettre de Thierry Deronne à J.L.-Mélenchon sur Chavez et l'Iran 27 juin 2009 - 00h57 - POSTE PAR 213.***.229.**
"L'histoire laïque, multipolaire, s'avance sous des masques obligés. Celui de l'islamisme, du Hamas, du Hezbollah ou des islamistes iraniens ne sont que ceux d'États qui se cherchent, déjà en prise avec la globalisation capitaliste."
En dehors des querelles et des amitiés que vous semblez partager tous les trois, cette citation résume ce qui me semble une thèse importante souvent énoncée et reprise dans ce texte.
L'Iran, c'est peut être bien autre chose de plus important que ces trucs, ces voiles, ces masques obligés islamistes . SI LULLA DEFEND L'IRAN, C'EST QUE LE BRESIL EST EN DANGER ET UN PEU PLUS DEPUIS QU'IL VIENT DE DECOUVRIR DES RESERVES IMMENSE DE PETROLE. SI LE VERROU IRANIEN CEDE, ALORS RAPIDEMENT L'AMERIQUE LATINE SERA MIS A FEU ET A SANG PAR L'APPETIT INSATIABLE ET REVIGORE DE BIG BROTHER.
On a l'impression que l'Iran est la ligne de front politique, économique, et militaire dans la lutte des pays du tiers monde et de leurs quelques pays émergent , (le bric), contre l'impérialisme transnational des oligarchies occidentales.
Si ce verrou ne cède pas, l'inadéquation contradictoire dont il est le signe concret, entre le mode de production capitaliste mondial uni polaire sous sa forme impérialiste et financière et les forces de production devenues multipolaires se creusera un peu plus.
LETTRE DE T. DERONNE A J.L.-MELENCHON SUR CHAVEZ ET L'IRAN
vendredi 26 juin 2009 (22h38) 2 commentaires
*vice-pdt de VIVE- Vénézuéla, [www.vive-fr.org]
LETTRE DE THIERRY DERONNE* A JEAN LUC MELENCHON
http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...
Dixit Debray, la fonction de l'intellectuel est de refroidir la fièvre, de ralentir les délais de réponse. Au risque de décevoir "l'opinion". On peut aussi parler d'autres thèmes. Ou même aller a contre-courant.
Malgré la répression sanglante des manifestants d'opposition en Iran, le président sortant a très probablement gagné les élections. Malgré des fraudes partielles mais insuffisantes pour remettre en cause la victoire d'une majorité d'électeurs. Le Figaro avait titré à la veille de ces élections sur le "pourquoi de sa popularité". Les deux correspondants du Washington Post concluaient dès le 15 juin "Le fait est que le peuple iranien a peut-être tout simplement choisi de réélire le Président Ahmadinejad" (http://www.legrandsoir.info/Le-peup... )
Vous pouvez lire aussi l'article mesuré du 19 juin signé de Robert Fisk - journaliste de The Independent et qui fait autorité sur le Moyen Orient - sur ce qui se passe en Iran http://www.rebelion.org/noticia.php... ("Peligrosa fusión entre realidad y fantasía en Iran"). Son analyse confirme ce que l'historien Richard Gott nous racontait après un voyage sur place. Il y a un fossé entre ce que l'Occident veut voir à travers ses médias, et la réalité profonde de l'Iran. Tant sur la réalité du vote que sur les reformes sociales entreprises en faveur de couches populaires que nous ne voyons pas, et pour cause, à la télé. Je parle d'un abîme sociologique entre un Téhéran américanisé (eh oui), où on parle beaucoup l'anglais et l'autre Iran, qui pense et qui vote, aussi...
Cela excuse-t-il qu'un Etat se défende, par la suite, en tirant dans la foule ? Personne n'appuie la répression, pas plus le président Chavez que vous. Pourquoi dire alors comme vous le faites si lapidairement comme pour mieux vous en démarquer, qu'il donne raison au président iranien ? Pour faire croire au lecteur qu'il appuie un massacre ? Vous ne donnez aucun autre élément à votre lecteur, ce qui est grave lorsqu'on connaît l'image construite par les médias du "Chavez dictateur", "assassin" et donc identifié à un Iran répressif.
J'imagine déjà votre protestation, celle que j'entends souvent à Paris : "soutenir le processus de Chavez, cela n'empêche de pouvoir le critiquer sur tel ou tel point, un soutien aveugle n'a pas de sens, nous ne sommes plus chez les stals ni le doigt sur la couture, etc... etc..."
Nous en sommes bien d'accord, Monsieur Mélenchon, mais ce qu'a dit Chavez, et nous espérons que vous saurez le transmettre avec autant de chaleur que votre rectificatif sur Bové, c'est ceci : une partie de la population qui perd des élections ne peut se substituer à la décision de la majorité, et on ne peut tolérer aucune ingérence en ce sens.
Fisk parle aussi de certaine ingérence : http://www.rebelion.org/noticia.php.... Pas vous, curieusement, ni de qui est ce candidat d'opposition, ou de qui vote pour lui, etc... Autant je partageais, admiratif, votre analyse sociologique, historique tout en résistance au discours dominant sur le Tibet et au chantage médiatique en faveur de ces potentats féodaux-theocratiques reçus en héros à Paris ou votre démontage de RSF, etc.. autant je regrette dans ce cas ce qui me semble relever du conformisme le plus primaire sous un bel élan laïc et aussi inattaquable que celui de Val ou Sarkozy.
Votre "islamisme égal fascisme", etc.. ne correspond guère à la réalité de la société iranienne ni de ses institutions, qui ne dépendent pas que du religieux. Le socle laïque et républicain auquel nous adhérons serait mieux servi par des réflexions plus analytiques, moins soumises à l'Église médiatique et aux papes qui semblent vous faire peur par leurs mises en demeure. Pourquoi ne pas leur répondre, à contre-courant, qu'il n'est pas normal que l'Occident, qui parle tant de démocratie électorale, refuse l'exercice de celle-ci dès lors que les résultats ne lui conviennent pas ? Pourquoi ne pas dénoncer ce circuit fermé des medias occidentaux, inquiétant pour l'avenir de la démocratie sur cette planète ? On en sait quelque chose ici, au Venezuela, ou récemment avec le cas Colom au Guatemala, dont on n'imagine pas une seconde, en Europe, les enjeux et la perversité mediatico-politique et dont le scénario réel est l'inverse de que nous ont dit les médias.
Accepter d'entrer dans le tribunal du parti de la presse et de l'argent, c'est déjà légitimer son "agenda". Projeter sur Chavez ce que vous croyez qu'il dit sans vérifier à la source est grave.
Coupé de notre réel, couplé aux médias de France, vous ne concevez que la politique extérieure de la république bolivarienne qu'en creux, comme pure dialectique négative "primaire, erronée".
"Les ennemis de nos ennemis sont nos amis", vous moquez-vous. Vous trouverez normal que pour comprendre le Parti de Gauche on étudie Robespierre, la Commune, Jaurès ou le Front Populaire . Sachez que le Venezuela a une Histoire, lui aussi, et que Bolivar en parlant de l'équilibre du monde, des deux tiers du monde, en organisant contre l'Empire naissant, un congrès de Panama (1826), se fichait des contingences électorales "Ahmadinejad" ou autres et se situait déjà dans une construction à long terme d'États souverains, indépendants et libres de coopérer entre eux. L'histoire laïque, multipolaire, s'avance sous des masques obligés. Celui de l'islamisme, du Hamas, du Hezbollah ou des islamistes iraniens ne sont que ceux d'États qui se cherchent, déjà en prise avec la globalisation capitaliste. Rabaisser le jacobinisme au niveau de Charlie-Hebdo, se fabriquer une identité politique en creux par rapport à tout ce qui fleure l'islamisme, c'est abdiquer l'initiative de l'Histoire en faveur des Obama. Dans une France qui a toujours éprouvé quelque difficulté à comprendre ce qui se passe aux limites d'un monde dont elle se croit encore le centre, votre discours aidera sans doute quelques militants du PG, déjà réticents face aux brèves références initiales à Chavez, à s'en éloigner un peu plus. Et sans doute à nous éloigner de vous.
Thierry Deronne
De : Thierry Deronne vendredi 26 juin 2009
COMMENTAIRES DE L'ARTICLE
Lettre de Thierry Deronne à J.L.-Mélenchon sur Chavez et l'Iran 26 juin 2009 - 23h02 - Posté par MAXIME VIVAS - 92.***.107.***
Je connais bien Thierry Deronne qui a préfacé mon livre « La face cachée de reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » et je sais gré à Jean-Luc d'avoir été le seul homme politique qui a osé le promouvoir dans les médias, lesquelles avaient organisé une omerta terrible. Jean-Luc est allé, en direct sur Europe 1, jusqu'à enjoindre à Elkabbach de lire le livre.
Pour les besoins de l'écriture de ce livre et afin d'y rapporter des informations de première main sur le comportement de RSF et de ses deux correspondants au Venezuela pendant le putsch d'avril 2002 contre Chávez, j'ai passé 3 semaines à Caracas en mai 2007.
Cela a été possible grâce à Thierry Deronne qui a mis à ma disposition les moyens logistiques et des archives de Vive TV, une télévision communautaire dont il est un des principaux dirigeants. A cette occasion, Thierry m'a confié le bon souvenir qu'il avait gardé de la visite de Jean-Luc dans leurs locaux. Il faudra un jour raconter le travail admirable de Thierry au service de la liberté de la presse, grâce aux médias alternatifs qu'il a créés au Venezuela et qu'il aide à créer dans toute l'Amérique latine au nom du « droit citoyen d'informer et d'être informé ».
Il se trouve que, pendant que je travaillais là-bas à mon livre, une campagne médiatique mondiale a été déclenchée contre Hugo Chávez au prétexte banal du non renouvellement de contrat de la licence d'exploitation hertzienne d'une télé (RCTV) qui fut un acteur important du coup d'Etat d'avril 2002.
De mon bureau de Vive TV, j'ai correspondu avec Jean-Luc et d'autres hommes de bonne volonté, dont des députés européens du groupe GUE (où siège désormais Jean-Luc). Echanges de documents, rétablissements de la vérité, bref, allumage de contre-feux.
J'ai alors pu mesurer le travail courageux et à contre-courant de celui qui était alors sénateur membre du PS pour alerter ses collègues du parti socialiste et les députés européens socialistes.
Tous les députés socialistes européens s'apprêtaient alors à voter une résolution condamnant le gouvernement de Chávez pour ses atteintes à la liberté de la presse et pour la « fermeture d'une télévision d'opposition » (sic. RCTV émet toujours).
L'instigateur était Jean-Marie Cavada, député du Modem (passé à l'UMP depuis).
A mesure que les informations vraies parvenaient aux députés européens, le nombre de votants potentiels diminuait et la résolution initiale était réécrite en recul dans sa formulation. Finalement, le 15 mai 2007, une alliance entre les partis de la droite européenne, PPE, ALDE, UEN avec l'ITS (groupe politique d'extrême droite, notamment de Jean-Marie et Marine Le Pen) a obtenu, contre l'avis de tous les autres partis, qu'une falote « Résolution du Parlement européen sur le Venezuela » soit inscrite à l'ordre du jour, pour un vote. C'est ainsi que, le 24 mai 2007, sur 785 députés que comptait le parlement européen, 65 seulement étaient présents. Le vote a été acquis par 43 voix contre 22.
On mesure avec cette anecdote la violence des attaques, la grosseur des mensonges que subit un pays qui revendique, ainsi que le disait de Gaulle « le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».
On en déduira que la vivacité de ton de ceux qui, sur place, le défendent et qui y jouent leur peau (ce n'est pas une image) en cas de réussite des complots et des putschs ne doit pas forcément être lue comme une signe d'hostilité contre ceux qui avancent un avis mal compris à Caracas sur telle ou telle question de politique internationale.
J'ai de l'estime pour Thierry et pour Jean-Luc. Je vois tellement de convergences générales sur ce qu'ils pensent et qu'ils souhaitent qu'il me semble que les lecteurs de ce blog ne devraient pas les voir comme des adversaires. Regardons-les plutôt échanger des points de vue différents.
Une politique de la main tendue aux frères d'armes au-delà des frontières me paraît aussi utile que celle qui fut tentée en direction du NPA chez nous, et dans les deux cas contre un redoutable adversaire commun.
Je crois, sur le fond du désaccord ponctuel, que si Ahmadinejad et Moussavi sont tragiquement proches en ce qui concerne les libertés, les droits des femmes, la laïcité, etc., s'il n'y a pas lieu d'en aimer l'un plus que l'autre, il n'est pas indifférent de voir que le second ne fera pas progresser plus que l'autre les droits humains et la démocratie dans son pays, mais qu'il servira par contre les intérêts des USA. Pour cela, ce n'est pas tout à fait bonnet blanc et blanc bonnet. Je subodore aussi que les mois qui viennent nous renseigneront sur la « spontanéité » de la « révolution verte ».
Cela dit, Jean-Luc, Thierry et moi n'avons pas de raison de nous bloquer sur cette question, de même que la question bien plus grave du nucléaire ne doit pas être prétexte à une brouille entre les partis de la vraie gauche chez nous. Il n'est demandé à personne, à aucun parti d'être le clone de l'autre.
Je termine par des abrazos fraternals a todos, ce qui me distingue de Chávez qui prend volontiers congé par un « Dios te bendigo » (Que Dieu te bénisse), ce que je lui pardonne malgré une opinion radicalement différente sur le sujet.
Répondre à ce message
Lettre de Thierry Deronne à J.L.-Mélenchon sur Chavez et l'Iran 27 juin 2009 - 00h57 - POSTE PAR 213.***.229.**
"L'histoire laïque, multipolaire, s'avance sous des masques obligés. Celui de l'islamisme, du Hamas, du Hezbollah ou des islamistes iraniens ne sont que ceux d'États qui se cherchent, déjà en prise avec la globalisation capitaliste."
En dehors des querelles et des amitiés que vous semblez partager tous les trois, cette citation résume ce qui me semble une thèse importante souvent énoncée et reprise dans ce texte.
L'Iran, c'est peut être bien autre chose de plus important que ces trucs, ces voiles, ces masques obligés islamistes . SI LULLA DEFEND L'IRAN, C'EST QUE LE BRESIL EST EN DANGER ET UN PEU PLUS DEPUIS QU'IL VIENT DE DECOUVRIR DES RESERVES IMMENSE DE PETROLE. SI LE VERROU IRANIEN CEDE, ALORS RAPIDEMENT L'AMERIQUE LATINE SERA MIS A FEU ET A SANG PAR L'APPETIT INSATIABLE ET REVIGORE DE BIG BROTHER.
On a l'impression que l'Iran est la ligne de front politique, économique, et militaire dans la lutte des pays du tiers monde et de leurs quelques pays émergent , (le bric), contre l'impérialisme transnational des oligarchies occidentales.
Si ce verrou ne cède pas, l'inadéquation contradictoire dont il est le signe concret, entre le mode de production capitaliste mondial uni polaire sous sa forme impérialiste et financière et les forces de production devenues multipolaires se creusera un peu plus.
LETTRE DE T. DERONNE A J.L.-MELENCHON SUR CHAVEZ ET L'IRAN
vendredi 26 juin 2009 (22h38) 2 commentaires
*vice-pdt de VIVE- Vénézuéla, [www.vive-fr.org]
LETTRE DE THIERRY DERONNE* A JEAN LUC MELENCHON
http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...
Dixit Debray, la fonction de l'intellectuel est de refroidir la fièvre, de ralentir les délais de réponse. Au risque de décevoir "l'opinion". On peut aussi parler d'autres thèmes. Ou même aller a contre-courant.
Malgré la répression sanglante des manifestants d'opposition en Iran, le président sortant a très probablement gagné les élections. Malgré des fraudes partielles mais insuffisantes pour remettre en cause la victoire d'une majorité d'électeurs. Le Figaro avait titré à la veille de ces élections sur le "pourquoi de sa popularité". Les deux correspondants du Washington Post concluaient dès le 15 juin "Le fait est que le peuple iranien a peut-être tout simplement choisi de réélire le Président Ahmadinejad" (http://www.legrandsoir.info/Le-peup... )
Vous pouvez lire aussi l'article mesuré du 19 juin signé de Robert Fisk - journaliste de The Independent et qui fait autorité sur le Moyen Orient - sur ce qui se passe en Iran http://www.rebelion.org/noticia.php... ("Peligrosa fusión entre realidad y fantasía en Iran"). Son analyse confirme ce que l'historien Richard Gott nous racontait après un voyage sur place. Il y a un fossé entre ce que l'Occident veut voir à travers ses médias, et la réalité profonde de l'Iran. Tant sur la réalité du vote que sur les reformes sociales entreprises en faveur de couches populaires que nous ne voyons pas, et pour cause, à la télé. Je parle d'un abîme sociologique entre un Téhéran américanisé (eh oui), où on parle beaucoup l'anglais et l'autre Iran, qui pense et qui vote, aussi...
Cela excuse-t-il qu'un Etat se défende, par la suite, en tirant dans la foule ? Personne n'appuie la répression, pas plus le président Chavez que vous. Pourquoi dire alors comme vous le faites si lapidairement comme pour mieux vous en démarquer, qu'il donne raison au président iranien ? Pour faire croire au lecteur qu'il appuie un massacre ? Vous ne donnez aucun autre élément à votre lecteur, ce qui est grave lorsqu'on connaît l'image construite par les médias du "Chavez dictateur", "assassin" et donc identifié à un Iran répressif.
J'imagine déjà votre protestation, celle que j'entends souvent à Paris : "soutenir le processus de Chavez, cela n'empêche de pouvoir le critiquer sur tel ou tel point, un soutien aveugle n'a pas de sens, nous ne sommes plus chez les stals ni le doigt sur la couture, etc... etc..."
Nous en sommes bien d'accord, Monsieur Mélenchon, mais ce qu'a dit Chavez, et nous espérons que vous saurez le transmettre avec autant de chaleur que votre rectificatif sur Bové, c'est ceci : une partie de la population qui perd des élections ne peut se substituer à la décision de la majorité, et on ne peut tolérer aucune ingérence en ce sens.
Fisk parle aussi de certaine ingérence : http://www.rebelion.org/noticia.php.... Pas vous, curieusement, ni de qui est ce candidat d'opposition, ou de qui vote pour lui, etc... Autant je partageais, admiratif, votre analyse sociologique, historique tout en résistance au discours dominant sur le Tibet et au chantage médiatique en faveur de ces potentats féodaux-theocratiques reçus en héros à Paris ou votre démontage de RSF, etc.. autant je regrette dans ce cas ce qui me semble relever du conformisme le plus primaire sous un bel élan laïc et aussi inattaquable que celui de Val ou Sarkozy.
Votre "islamisme égal fascisme", etc.. ne correspond guère à la réalité de la société iranienne ni de ses institutions, qui ne dépendent pas que du religieux. Le socle laïque et républicain auquel nous adhérons serait mieux servi par des réflexions plus analytiques, moins soumises à l'Église médiatique et aux papes qui semblent vous faire peur par leurs mises en demeure. Pourquoi ne pas leur répondre, à contre-courant, qu'il n'est pas normal que l'Occident, qui parle tant de démocratie électorale, refuse l'exercice de celle-ci dès lors que les résultats ne lui conviennent pas ? Pourquoi ne pas dénoncer ce circuit fermé des medias occidentaux, inquiétant pour l'avenir de la démocratie sur cette planète ? On en sait quelque chose ici, au Venezuela, ou récemment avec le cas Colom au Guatemala, dont on n'imagine pas une seconde, en Europe, les enjeux et la perversité mediatico-politique et dont le scénario réel est l'inverse de que nous ont dit les médias.
Accepter d'entrer dans le tribunal du parti de la presse et de l'argent, c'est déjà légitimer son "agenda". Projeter sur Chavez ce que vous croyez qu'il dit sans vérifier à la source est grave.
Coupé de notre réel, couplé aux médias de France, vous ne concevez que la politique extérieure de la république bolivarienne qu'en creux, comme pure dialectique négative "primaire, erronée".
"Les ennemis de nos ennemis sont nos amis", vous moquez-vous. Vous trouverez normal que pour comprendre le Parti de Gauche on étudie Robespierre, la Commune, Jaurès ou le Front Populaire . Sachez que le Venezuela a une Histoire, lui aussi, et que Bolivar en parlant de l'équilibre du monde, des deux tiers du monde, en organisant contre l'Empire naissant, un congrès de Panama (1826), se fichait des contingences électorales "Ahmadinejad" ou autres et se situait déjà dans une construction à long terme d'États souverains, indépendants et libres de coopérer entre eux. L'histoire laïque, multipolaire, s'avance sous des masques obligés. Celui de l'islamisme, du Hamas, du Hezbollah ou des islamistes iraniens ne sont que ceux d'États qui se cherchent, déjà en prise avec la globalisation capitaliste. Rabaisser le jacobinisme au niveau de Charlie-Hebdo, se fabriquer une identité politique en creux par rapport à tout ce qui fleure l'islamisme, c'est abdiquer l'initiative de l'Histoire en faveur des Obama. Dans une France qui a toujours éprouvé quelque difficulté à comprendre ce qui se passe aux limites d'un monde dont elle se croit encore le centre, votre discours aidera sans doute quelques militants du PG, déjà réticents face aux brèves références initiales à Chavez, à s'en éloigner un peu plus. Et sans doute à nous éloigner de vous.
Thierry Deronne
De : Thierry Deronne vendredi 26 juin 2009
COMMENTAIRES DE L'ARTICLE
Lettre de Thierry Deronne à J.L.-Mélenchon sur Chavez et l'Iran 26 juin 2009 - 23h02 - Posté par MAXIME VIVAS - 92.***.107.***
Je connais bien Thierry Deronne qui a préfacé mon livre « La face cachée de reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » et je sais gré à Jean-Luc d'avoir été le seul homme politique qui a osé le promouvoir dans les médias, lesquelles avaient organisé une omerta terrible. Jean-Luc est allé, en direct sur Europe 1, jusqu'à enjoindre à Elkabbach de lire le livre.
Pour les besoins de l'écriture de ce livre et afin d'y rapporter des informations de première main sur le comportement de RSF et de ses deux correspondants au Venezuela pendant le putsch d'avril 2002 contre Chávez, j'ai passé 3 semaines à Caracas en mai 2007.
Cela a été possible grâce à Thierry Deronne qui a mis à ma disposition les moyens logistiques et des archives de Vive TV, une télévision communautaire dont il est un des principaux dirigeants. A cette occasion, Thierry m'a confié le bon souvenir qu'il avait gardé de la visite de Jean-Luc dans leurs locaux. Il faudra un jour raconter le travail admirable de Thierry au service de la liberté de la presse, grâce aux médias alternatifs qu'il a créés au Venezuela et qu'il aide à créer dans toute l'Amérique latine au nom du « droit citoyen d'informer et d'être informé ».
Il se trouve que, pendant que je travaillais là-bas à mon livre, une campagne médiatique mondiale a été déclenchée contre Hugo Chávez au prétexte banal du non renouvellement de contrat de la licence d'exploitation hertzienne d'une télé (RCTV) qui fut un acteur important du coup d'Etat d'avril 2002.
De mon bureau de Vive TV, j'ai correspondu avec Jean-Luc et d'autres hommes de bonne volonté, dont des députés européens du groupe GUE (où siège désormais Jean-Luc). Echanges de documents, rétablissements de la vérité, bref, allumage de contre-feux.
J'ai alors pu mesurer le travail courageux et à contre-courant de celui qui était alors sénateur membre du PS pour alerter ses collègues du parti socialiste et les députés européens socialistes.
Tous les députés socialistes européens s'apprêtaient alors à voter une résolution condamnant le gouvernement de Chávez pour ses atteintes à la liberté de la presse et pour la « fermeture d'une télévision d'opposition » (sic. RCTV émet toujours).
L'instigateur était Jean-Marie Cavada, député du Modem (passé à l'UMP depuis).
A mesure que les informations vraies parvenaient aux députés européens, le nombre de votants potentiels diminuait et la résolution initiale était réécrite en recul dans sa formulation. Finalement, le 15 mai 2007, une alliance entre les partis de la droite européenne, PPE, ALDE, UEN avec l'ITS (groupe politique d'extrême droite, notamment de Jean-Marie et Marine Le Pen) a obtenu, contre l'avis de tous les autres partis, qu'une falote « Résolution du Parlement européen sur le Venezuela » soit inscrite à l'ordre du jour, pour un vote. C'est ainsi que, le 24 mai 2007, sur 785 députés que comptait le parlement européen, 65 seulement étaient présents. Le vote a été acquis par 43 voix contre 22.
On mesure avec cette anecdote la violence des attaques, la grosseur des mensonges que subit un pays qui revendique, ainsi que le disait de Gaulle « le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».
On en déduira que la vivacité de ton de ceux qui, sur place, le défendent et qui y jouent leur peau (ce n'est pas une image) en cas de réussite des complots et des putschs ne doit pas forcément être lue comme une signe d'hostilité contre ceux qui avancent un avis mal compris à Caracas sur telle ou telle question de politique internationale.
J'ai de l'estime pour Thierry et pour Jean-Luc. Je vois tellement de convergences générales sur ce qu'ils pensent et qu'ils souhaitent qu'il me semble que les lecteurs de ce blog ne devraient pas les voir comme des adversaires. Regardons-les plutôt échanger des points de vue différents.
Une politique de la main tendue aux frères d'armes au-delà des frontières me paraît aussi utile que celle qui fut tentée en direction du NPA chez nous, et dans les deux cas contre un redoutable adversaire commun.
Je crois, sur le fond du désaccord ponctuel, que si Ahmadinejad et Moussavi sont tragiquement proches en ce qui concerne les libertés, les droits des femmes, la laïcité, etc., s'il n'y a pas lieu d'en aimer l'un plus que l'autre, il n'est pas indifférent de voir que le second ne fera pas progresser plus que l'autre les droits humains et la démocratie dans son pays, mais qu'il servira par contre les intérêts des USA. Pour cela, ce n'est pas tout à fait bonnet blanc et blanc bonnet. Je subodore aussi que les mois qui viennent nous renseigneront sur la « spontanéité » de la « révolution verte ».
Cela dit, Jean-Luc, Thierry et moi n'avons pas de raison de nous bloquer sur cette question, de même que la question bien plus grave du nucléaire ne doit pas être prétexte à une brouille entre les partis de la vraie gauche chez nous. Il n'est demandé à personne, à aucun parti d'être le clone de l'autre.
Je termine par des abrazos fraternals a todos, ce qui me distingue de Chávez qui prend volontiers congé par un « Dios te bendigo » (Que Dieu te bénisse), ce que je lui pardonne malgré une opinion radicalement différente sur le sujet.
Répondre à ce message
Lettre de Thierry Deronne à J.L.-Mélenchon sur Chavez et l'Iran 27 juin 2009 - 00h57 - POSTE PAR 213.***.229.**
"L'histoire laïque, multipolaire, s'avance sous des masques obligés. Celui de l'islamisme, du Hamas, du Hezbollah ou des islamistes iraniens ne sont que ceux d'États qui se cherchent, déjà en prise avec la globalisation capitaliste."
En dehors des querelles et des amitiés que vous semblez partager tous les trois, cette citation résume ce qui me semble une thèse importante souvent énoncée et reprise dans ce texte.
L'Iran, c'est peut être bien autre chose de plus important que ces trucs, ces voiles, ces masques obligés islamistes . SI LULLA DEFEND L'IRAN, C'EST QUE LE BRESIL EST EN DANGER ET UN PEU PLUS DEPUIS QU'IL VIENT DE DECOUVRIR DES RESERVES IMMENSE DE PETROLE. SI LE VERROU IRANIEN CEDE, ALORS RAPIDEMENT L'AMERIQUE LATINE SERA MIS A FEU ET A SANG PAR L'APPETIT INSATIABLE ET REVIGORE DE BIG BROTHER.
On a l'impression que l'Iran est la ligne de front politique, économique, et militaire dans la lutte des pays du tiers monde et de leurs quelques pays émergent , (le bric), contre l'impérialisme transnational des oligarchies occidentales.
Si ce verrou ne cède pas, l'inadéquation contradictoire dont il est le signe concret, entre le mode de production capitaliste mondial uni polaire sous sa forme impérialiste et financière et les forces de production devenues multipolaires se creusera un peu plus.
LETTRE DE T. DERONNE A J.L.-MELENCHON SUR CHAVEZ ET L'IRAN
vendredi 26 juin 2009 (22h38) 2 commentaires
*vice-pdt de VIVE- Vénézuéla, [www.vive-fr.org]
LETTRE DE THIERRY DERONNE* A JEAN LUC MELENCHON
http://bellaciao.org/fr/spip.php?ar...
Dixit Debray, la fonction de l'intellectuel est de refroidir la fièvre, de ralentir les délais de réponse. Au risque de décevoir "l'opinion". On peut aussi parler d'autres thèmes. Ou même aller a contre-courant.
Malgré la répression sanglante des manifestants d'opposition en Iran, le président sortant a très probablement gagné les élections. Malgré des fraudes partielles mais insuffisantes pour remettre en cause la victoire d'une majorité d'électeurs. Le Figaro avait titré à la veille de ces élections sur le "pourquoi de sa popularité". Les deux correspondants du Washington Post concluaient dès le 15 juin "Le fait est que le peuple iranien a peut-être tout simplement choisi de réélire le Président Ahmadinejad" (http://www.legrandsoir.info/Le-peup... )
Vous pouvez lire aussi l'article mesuré du 19 juin signé de Robert Fisk - journaliste de The Independent et qui fait autorité sur le Moyen Orient - sur ce qui se passe en Iran http://www.rebelion.org/noticia.php... ("Peligrosa fusión entre realidad y fantasía en Iran"). Son analyse confirme ce que l'historien Richard Gott nous racontait après un voyage sur place. Il y a un fossé entre ce que l'Occident veut voir à travers ses médias, et la réalité profonde de l'Iran. Tant sur la réalité du vote que sur les reformes sociales entreprises en faveur de couches populaires que nous ne voyons pas, et pour cause, à la télé. Je parle d'un abîme sociologique entre un Téhéran américanisé (eh oui), où on parle beaucoup l'anglais et l'autre Iran, qui pense et qui vote, aussi...
Cela excuse-t-il qu'un Etat se défende, par la suite, en tirant dans la foule ? Personne n'appuie la répression, pas plus le président Chavez que vous. Pourquoi dire alors comme vous le faites si lapidairement comme pour mieux vous en démarquer, qu'il donne raison au président iranien ? Pour faire croire au lecteur qu'il appuie un massacre ? Vous ne donnez aucun autre élément à votre lecteur, ce qui est grave lorsqu'on connaît l'image construite par les médias du "Chavez dictateur", "assassin" et donc identifié à un Iran répressif.
J'imagine déjà votre protestation, celle que j'entends souvent à Paris : "soutenir le processus de Chavez, cela n'empêche de pouvoir le critiquer sur tel ou tel point, un soutien aveugle n'a pas de sens, nous ne sommes plus chez les stals ni le doigt sur la couture, etc... etc..."
Nous en sommes bien d'accord, Monsieur Mélenchon, mais ce qu'a dit Chavez, et nous espérons que vous saurez le transmettre avec autant de chaleur que votre rectificatif sur Bové, c'est ceci : une partie de la population qui perd des élections ne peut se substituer à la décision de la majorité, et on ne peut tolérer aucune ingérence en ce sens.
Fisk parle aussi de certaine ingérence : http://www.rebelion.org/noticia.php.... Pas vous, curieusement, ni de qui est ce candidat d'opposition, ou de qui vote pour lui, etc... Autant je partageais, admiratif, votre analyse sociologique, historique tout en résistance au discours dominant sur le Tibet et au chantage médiatique en faveur de ces potentats féodaux-theocratiques reçus en héros à Paris ou votre démontage de RSF, etc.. autant je regrette dans ce cas ce qui me semble relever du conformisme le plus primaire sous un bel élan laïc et aussi inattaquable que celui de Val ou Sarkozy.
Votre "islamisme égal fascisme", etc.. ne correspond guère à la réalité de la société iranienne ni de ses institutions, qui ne dépendent pas que du religieux. Le socle laïque et républicain auquel nous adhérons serait mieux servi par des réflexions plus analytiques, moins soumises à l'Église médiatique et aux papes qui semblent vous faire peur par leurs mises en demeure. Pourquoi ne pas leur répondre, à contre-courant, qu'il n'est pas normal que l'Occident, qui parle tant de démocratie électorale, refuse l'exercice de celle-ci dès lors que les résultats ne lui conviennent pas ? Pourquoi ne pas dénoncer ce circuit fermé des medias occidentaux, inquiétant pour l'avenir de la démocratie sur cette planète ? On en sait quelque chose ici, au Venezuela, ou récemment avec le cas Colom au Guatemala, dont on n'imagine pas une seconde, en Europe, les enjeux et la perversité mediatico-politique et dont le scénario réel est l'inverse de que nous ont dit les médias.
Accepter d'entrer dans le tribunal du parti de la presse et de l'argent, c'est déjà légitimer son "agenda". Projeter sur Chavez ce que vous croyez qu'il dit sans vérifier à la source est grave.
Coupé de notre réel, couplé aux médias de France, vous ne concevez que la politique extérieure de la république bolivarienne qu'en creux, comme pure dialectique négative "primaire, erronée".
"Les ennemis de nos ennemis sont nos amis", vous moquez-vous. Vous trouverez normal que pour comprendre le Parti de Gauche on étudie Robespierre, la Commune, Jaurès ou le Front Populaire . Sachez que le Venezuela a une Histoire, lui aussi, et que Bolivar en parlant de l'équilibre du monde, des deux tiers du monde, en organisant contre l'Empire naissant, un congrès de Panama (1826), se fichait des contingences électorales "Ahmadinejad" ou autres et se situait déjà dans une construction à long terme d'États souverains, indépendants et libres de coopérer entre eux. L'histoire laïque, multipolaire, s'avance sous des masques obligés. Celui de l'islamisme, du Hamas, du Hezbollah ou des islamistes iraniens ne sont que ceux d'États qui se cherchent, déjà en prise avec la globalisation capitaliste. Rabaisser le jacobinisme au niveau de Charlie-Hebdo, se fabriquer une identité politique en creux par rapport à tout ce qui fleure l'islamisme, c'est abdiquer l'initiative de l'Histoire en faveur des Obama. Dans une France qui a toujours éprouvé quelque difficulté à comprendre ce qui se passe aux limites d'un monde dont elle se croit encore le centre, votre discours aidera sans doute quelques militants du PG, déjà réticents face aux brèves références initiales à Chavez, à s'en éloigner un peu plus. Et sans doute à nous éloigner de vous.
Thierry Deronne
De : Thierry Deronne vendredi 26 juin 2009
COMMENTAIRES DE L'ARTICLE
Lettre de Thierry Deronne à J.L.-Mélenchon sur Chavez et l'Iran 26 juin 2009 - 23h02 - Posté par MAXIME VIVAS - 92.***.107.***
Je connais bien Thierry Deronne qui a préfacé mon livre « La face cachée de reporters sans frontières. De la CIA aux Faucons du Pentagone » et je sais gré à Jean-Luc d'avoir été le seul homme politique qui a osé le promouvoir dans les médias, lesquelles avaient organisé une omerta terrible. Jean-Luc est allé, en direct sur Europe 1, jusqu'à enjoindre à Elkabbach de lire le livre.
Pour les besoins de l'écriture de ce livre et afin d'y rapporter des informations de première main sur le comportement de RSF et de ses deux correspondants au Venezuela pendant le putsch d'avril 2002 contre Chávez, j'ai passé 3 semaines à Caracas en mai 2007.
Cela a été possible grâce à Thierry Deronne qui a mis à ma disposition les moyens logistiques et des archives de Vive TV, une télévision communautaire dont il est un des principaux dirigeants. A cette occasion, Thierry m'a confié le bon souvenir qu'il avait gardé de la visite de Jean-Luc dans leurs locaux. Il faudra un jour raconter le travail admirable de Thierry au service de la liberté de la presse, grâce aux médias alternatifs qu'il a créés au Venezuela et qu'il aide à créer dans toute l'Amérique latine au nom du « droit citoyen d'informer et d'être informé ».
Il se trouve que, pendant que je travaillais là-bas à mon livre, une campagne médiatique mondiale a été déclenchée contre Hugo Chávez au prétexte banal du non renouvellement de contrat de la licence d'exploitation hertzienne d'une télé (RCTV) qui fut un acteur important du coup d'Etat d'avril 2002.
De mon bureau de Vive TV, j'ai correspondu avec Jean-Luc et d'autres hommes de bonne volonté, dont des députés européens du groupe GUE (où siège désormais Jean-Luc). Echanges de documents, rétablissements de la vérité, bref, allumage de contre-feux.
J'ai alors pu mesurer le travail courageux et à contre-courant de celui qui était alors sénateur membre du PS pour alerter ses collègues du parti socialiste et les députés européens socialistes.
Tous les députés socialistes européens s'apprêtaient alors à voter une résolution condamnant le gouvernement de Chávez pour ses atteintes à la liberté de la presse et pour la « fermeture d'une télévision d'opposition » (sic. RCTV émet toujours).
L'instigateur était Jean-Marie Cavada, député du Modem (passé à l'UMP depuis).
A mesure que les informations vraies parvenaient aux députés européens, le nombre de votants potentiels diminuait et la résolution initiale était réécrite en recul dans sa formulation. Finalement, le 15 mai 2007, une alliance entre les partis de la droite européenne, PPE, ALDE, UEN avec l'ITS (groupe politique d'extrême droite, notamment de Jean-Marie et Marine Le Pen) a obtenu, contre l'avis de tous les autres partis, qu'une falote « Résolution du Parlement européen sur le Venezuela » soit inscrite à l'ordre du jour, pour un vote. C'est ainsi que, le 24 mai 2007, sur 785 députés que comptait le parlement européen, 65 seulement étaient présents. Le vote a été acquis par 43 voix contre 22.
On mesure avec cette anecdote la violence des attaques, la grosseur des mensonges que subit un pays qui revendique, ainsi que le disait de Gaulle « le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes ».
On en déduira que la vivacité de ton de ceux qui, sur place, le défendent et qui y jouent leur peau (ce n'est pas une image) en cas de réussite des complots et des putschs ne doit pas forcément être lue comme une signe d'hostilité contre ceux qui avancent un avis mal compris à Caracas sur telle ou telle question de politique internationale.
J'ai de l'estime pour Thierry et pour Jean-Luc. Je vois tellement de convergences générales sur ce qu'ils pensent et qu'ils souhaitent qu'il me semble que les lecteurs de ce blog ne devraient pas les voir comme des adversaires. Regardons-les plutôt échanger des points de vue différents.
Une politique de la main tendue aux frères d'armes au-delà des frontières me paraît aussi utile que celle qui fut tentée en direction du NPA chez nous, et dans les deux cas contre un redoutable adversaire commun.
Je crois, sur le fond du désaccord ponctuel, que si Ahmadinejad et Moussavi sont tragiquement proches en ce qui concerne les libertés, les droits des femmes, la laïcité, etc., s'il n'y a pas lieu d'en aimer l'un plus que l'autre, il n'est pas indifférent de voir que le second ne fera pas progresser plus que l'autre les droits humains et la démocratie dans son pays, mais qu'il servira par contre les intérêts des USA. Pour cela, ce n'est pas tout à fait bonnet blanc et blanc bonnet. Je subodore aussi que les mois qui viennent nous renseigneront sur la « spontanéité » de la « révolution verte ».
Cela dit, Jean-Luc, Thierry et moi n'avons pas de raison de nous bloquer sur cette question, de même que la question bien plus grave du nucléaire ne doit pas être prétexte à une brouille entre les partis de la vraie gauche chez nous. Il n'est demandé à personne, à aucun parti d'être le clone de l'autre.
Je termine par des abrazos fraternals a todos, ce qui me distingue de Chávez qui prend volontiers congé par un « Dios te bendigo » (Que Dieu te bénisse), ce que je lui pardonne malgré une opinion radicalement différente sur le sujet.
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Lettre de Thierry Deronne à J.L.-Mélenchon sur Chavez et l'Iran 27 juin 2009 - 00h57 - POSTE PAR 213.***.229.**
"L'histoire laïque, multipolaire, s'avance sous des masques obligés. Celui de l'islamisme, du Hamas, du Hezbollah ou des islamistes iraniens ne sont que ceux d'États qui se cherchent, déjà en prise avec la globalisation capitaliste."
En dehors des querelles et des amitiés que vous semblez partager tous les trois, cette citation résume ce qui me semble une thèse importante souvent énoncée et reprise dans ce texte.
L'Iran, c'est peut être bien autre chose de plus important que ces trucs, ces voiles, ces masques obligés islamistes . SI LULLA DEFEND L'IRAN, C'EST QUE LE BRESIL EST EN DANGER ET UN PEU PLUS DEPUIS QU'IL VIENT DE DECOUVRIR DES RESERVES IMMENSE DE PETROLE. SI LE VERROU IRANIEN CEDE, ALORS RAPIDEMENT L'AMERIQUE LATINE SERA MIS A FEU ET A SANG PAR L'APPETIT INSATIABLE ET REVIGORE DE BIG BROTHER.
On a l'impression que l'Iran est la ligne de front politique, économique, et militaire dans la lutte des pays du tiers monde et de leurs quelques pays émergent , (le bric), contre l'impérialisme transnational des oligarchies occidentales.
Si ce verrou ne cède pas, l'inadéquation contradictoire dont il est le signe concret, entre le mode de production capitaliste mondial uni polaire sous sa forme impérialiste et financière et les forces de production devenues multipolaires se creusera un peu plus.

Le 17 juin, un travailleur de la SNCF nous avertissait de l'imminence d'une opération de rafle et de la destruction des 3 maisons, quai Gambetta, face au Channel, opération qui devait avoir lieu le jeudi 18, à 8h du matin. Nous avertissions les soudanais habitant les lieux. Mais la destruction ne se fit pas. Peur de la proximité de la tenue du camp No Border ?
Rappelons qu'à la fin du mois d'août 2008, Mme Bouchart lançait médiatiquement sa fatwa sur tous les abris en dur des réfugiés, situés dans le centre-ville. En octobre 2008, juste avant la tentative d'expulsion des afghans, le squat des 300 érythréens était soudain cerné par un escadron de gardes mobiles avant d'être fermé. Tous les érythréens, familles y compris, se sont retrouvés à la rue comme prévu par le grand sous-préfet Gavory.
Le squat des soudanais, bien cachés de la vue, ne "génait" personne.
Il fut le théâtre de violences habituelles de la police comme le gazage en pleine nuit des locaux par la PAF (hé oui, les CRS ne sont pas toujours envoyés gazer) sans qu'aucune arrestation ne soit réalisée.
Ce qui avait débouché sur un sitting en pleine nuit et en plein boulevard pour forcer la police à s'arrêter.
Témoignage
Selon l'un des soudanais, la police est intervenue à 15h jeudi 2 juillet, interpellant tous les soudanais présents. Après vérification des documents, une dizaine d'entre eux fut arrêtée. Certains ont pu prendre leur sac, d'autres non. Aucun représentant humanitaire n'était présent. Une bénévole bien connue jointe au téléphone n'a pas répondu. La destruction des bâtiments fut immédiate.
Les réfugiés soudanais dont plusieurs avaient des documents de demandeurs d'asile se sont retrouvés à la rue.
Ils habitent à présent le squat des érythréens, dont les fenêtres sont cassées par les policiers, usant de leur technique habituelle pour attenter à la vie des gens.
Prochaine étape, les afghans, par morceaux de jungle, puis les érythréens dont la maison appartient au conseil régional. Attention, des agents de sécurité du port diffusent des mensonges en ce qui concerne ce squat.
zetkin
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Le 17 juin, un travailleur de la SNCF nous avertissait de l'imminence d'une opération de rafle et de la destruction des 3 maisons, quai Gambetta, face au Channel, opération qui devait avoir lieu le jeudi 18, à 8h du matin. Nous avertissions les soudanais habitant les lieux. Mais la destruction ne se fit pas. Peur de la proximité de la tenue du camp No Border ?
Rappelons qu'à la fin du mois d'août 2008, Mme Bouchart lançait médiatiquement sa fatwa sur tous les abris en dur des réfugiés, situés dans le centre-ville. En octobre 2008, juste avant la tentative d'expulsion des afghans, le squat des 300 érythréens était soudain cerné par un escadron de gardes mobiles avant d'être fermé. Tous les érythréens, familles y compris, se sont retrouvés à la rue comme prévu par le grand sous-préfet Gavory.
Le squat des soudanais, bien cachés de la vue, ne "génait" personne.
Il fut le théâtre de violences habituelles de la police comme le gazage en pleine nuit des locaux par la PAF (hé oui, les CRS ne sont pas toujours envoyés gazer) sans qu'aucune arrestation ne soit réalisée.
Ce qui avait débouché sur un sitting en pleine nuit et en plein boulevard pour forcer la police à s'arrêter.
Témoignage
Selon l'un des soudanais, la police est intervenue à 15h jeudi 2 juillet, interpellant tous les soudanais présents. Après vérification des documents, une dizaine d'entre eux fut arrêtée. Certains ont pu prendre leur sac, d'autres non. Aucun représentant humanitaire n'était présent. Une bénévole bien connue jointe au téléphone n'a pas répondu. La destruction des bâtiments fut immédiate.
Les réfugiés soudanais dont plusieurs avaient des documents de demandeurs d'asile se sont retrouvés à la rue.
Ils habitent à présent le squat des érythréens, dont les fenêtres sont cassées par les policiers, usant de leur technique habituelle pour attenter à la vie des gens.
Prochaine étape, les afghans, par morceaux de jungle, puis les érythréens dont la maison appartient au conseil régional. Attention, des agents de sécurité du port diffusent des mensonges en ce qui concerne ce squat.
zetkin

Le 17 juin, un travailleur de la SNCF nous avertissait de l'imminence d'une opération de rafle et de la destruction des 3 maisons, quai Gambetta, face au Channel, opération qui devait avoir lieu le jeudi 18, à 8h du matin. Nous avertissions les soudanais habitant les lieux. Mais la destruction ne se fit pas. Peur de la proximité de la tenue du camp No Border ?
Rappelons qu'à la fin du mois d'août 2008, Mme Bouchart lançait médiatiquement sa fatwa sur tous les abris en dur des réfugiés, situés dans le centre-ville. En octobre 2008, juste avant la tentative d'expulsion des afghans, le squat des 300 érythréens était soudain cerné par un escadron de gardes mobiles avant d'être fermé. Tous les érythréens, familles y compris, se sont retrouvés à la rue comme prévu par le grand sous-préfet Gavory.
Le squat des soudanais, bien cachés de la vue, ne "génait" personne.
Il fut le théâtre de violences habituelles de la police comme le gazage en pleine nuit des locaux par la PAF (hé oui, les CRS ne sont pas toujours envoyés gazer) sans qu'aucune arrestation ne soit réalisée.
Ce qui avait débouché sur un sitting en pleine nuit et en plein boulevard pour forcer la police à s'arrêter.
Témoignage
Selon l'un des soudanais, la police est intervenue à 15h jeudi 2 juillet, interpellant tous les soudanais présents. Après vérification des documents, une dizaine d'entre eux fut arrêtée. Certains ont pu prendre leur sac, d'autres non. Aucun représentant humanitaire n'était présent. Une bénévole bien connue jointe au téléphone n'a pas répondu. La destruction des bâtiments fut immédiate.
Les réfugiés soudanais dont plusieurs avaient des documents de demandeurs d'asile se sont retrouvés à la rue.
Ils habitent à présent le squat des érythréens, dont les fenêtres sont cassées par les policiers, usant de leur technique habituelle pour attenter à la vie des gens.
Prochaine étape, les afghans, par morceaux de jungle, puis les érythréens dont la maison appartient au conseil régional. Attention, des agents de sécurité du port diffusent des mensonges en ce qui concerne ce squat.
zetkin

Le 17 juin, un travailleur de la SNCF nous avertissait de l'imminence d'une opération de rafle et de la destruction des 3 maisons, quai Gambetta, face au Channel, opération qui devait avoir lieu le jeudi 18, à 8h du matin. Nous avertissions les soudanais habitant les lieux. Mais la destruction ne se fit pas. Peur de la proximité de la tenue du camp No Border ?
Rappelons qu'à la fin du mois d'août 2008, Mme Bouchart lançait médiatiquement sa fatwa sur tous les abris en dur des réfugiés, situés dans le centre-ville. En octobre 2008, juste avant la tentative d'expulsion des afghans, le squat des 300 érythréens était soudain cerné par un escadron de gardes mobiles avant d'être fermé. Tous les érythréens, familles y compris, se sont retrouvés à la rue comme prévu par le grand sous-préfet Gavory.
Le squat des soudanais, bien cachés de la vue, ne "génait" personne.
Il fut le théâtre de violences habituelles de la police comme le gazage en pleine nuit des locaux par la PAF (hé oui, les CRS ne sont pas toujours envoyés gazer) sans qu'aucune arrestation ne soit réalisée.
Ce qui avait débouché sur un sitting en pleine nuit et en plein boulevard pour forcer la police à s'arrêter.
Témoignage
Selon l'un des soudanais, la police est intervenue à 15h jeudi 2 juillet, interpellant tous les soudanais présents. Après vérification des documents, une dizaine d'entre eux fut arrêtée. Certains ont pu prendre leur sac, d'autres non. Aucun représentant humanitaire n'était présent. Une bénévole bien connue jointe au téléphone n'a pas répondu. La destruction des bâtiments fut immédiate.
Les réfugiés soudanais dont plusieurs avaient des documents de demandeurs d'asile se sont retrouvés à la rue.
Ils habitent à présent le squat des érythréens, dont les fenêtres sont cassées par les policiers, usant de leur technique habituelle pour attenter à la vie des gens.
Prochaine étape, les afghans, par morceaux de jungle, puis les érythréens dont la maison appartient au conseil régional. Attention, des agents de sécurité du port diffusent des mensonges en ce qui concerne ce squat.
zetkin
A Lyon, au terme de deux mois d'audience d'un procès d'assises retentissant, dans la salle des pas-perdus spécialement réaménagée des 24 colonnes, Klaus Barbie est condamné le 4 juillet 1987 à la réclusion à perpétuité pour crimes contre l'humanité.
L'arrestation en BolivieEn 1952 et 1954, Klaus Barbie est condamné à mort par contumace par le Tribunal permanent des forces armées de Lyon. On y énumérait ses exactions, des crimes de guerres : tortures, exécutions, déportations, pillages. Mais Klaus Barbie est protégé par les services secrets américains qui l'ont engagé. Grâce à eux, il gagne la Bolivie et en acquière la nationalité. Cependant, le pouvoir politique change en Bolivie et un mandat d'arrêt est émis le 5 novembre 1982 contre Klaus Barbie, qui s'est donné une nouvelle identité : Klaus Altmann. Klaus Barbie est arrêté. La nationalité bolivienne lui est retirée au motif qu'il a fait de fausses déclarations pour l'obtenir.
Dessin de PLANTU dans Le Monde du 9/10 février 1983
Dans la nuit du 4 au 5 février 1983, Klaus Barbie, est expulsé de Bolivie et se retrouve dans un avion vers la France, via Cayenne. Son expulsion est annoncée le 7 février 1983, en France. Il sera emprisonné à Lyon, là-même où il a torturé naguère, à la prison Montluc, puis à celle de St Joseph, jusqu'à l'ouverture de son procès. L'instruction dure quatre ans.
De quoi l'accuse-t-on ?Klaus Barbie, qui dirige à Lyon pour la police nazie le service de la répression des crimes et délits politiques – dont la section antijuive – de 1942 à 1944, est accusé d'avoir liquidé et fait déporter de nombreux juifs et résistants français qui luttaient dans des réseaux clandestins contre le nazisme. Le bilan des crimes en France de Klaus Barbie : 4.342 meurtres, 7.581 juifs déportés, 14.311 résistants arrêtés et torturés.
Les crimes de guerre, comme par exemple les exactions sur Jean Moulin, sont considérés comme prescrits. Néanmoins, trois grands dossiers de crimes contre l'humanité, imprescriptibles en droit français depuis 1964, sont retenus contre lui :
la rafle des bureaux de l'Union générale des israélites de France, situés à Lyon, au 12 rue Ste Catherine, le 9 février 1943, au cours de laquelle 86 personnes sont arrêtées et déportées ;
la rafle des enfants d'Izieu, le 6 avril 1944, qui vit 41 enfants et 5 adultes être déportés ;
et le dernier convoi, le 11 août 1944, qui emmena, à 15 jours de la libération de Lyon, 600 personnes, essentiellement des juifs et des résistants, vers Auschwitz.
Le 11 mai 1987, le procès de Klaus Barbie s'ouvre enfin devant la Cour d'assises du Rhône.
On est obligé de faire construire des aménagements spéciaux avec des dispositifs en hauteur dans la salle des pas-perdus de l'ancien palais de justice de Lyon (appelé "Les 24 colonnes"), aucune salle d'audience n'étant assez grande pour accueillir un tel procès avec la presse, les 102 témoins cités, le public intéressé, les classes d'étudiants, les cars de touristes…
Le procès de Klaus Barbie, surnommé le « boucher de Lyon », débute donc le 11 mai 1987, à Lyon, dans une effervescence toute particulière. À elle seule, la lecture de l'acte d'accusation prend deux jours. Le troisième jour, l'accusé prend la parole pour dire qu'il se considère comme un otage et non comme un détenu. Il refuse de se présenter au tribunal à partir de ce jour.
Avant que ne débute le procès, l'avocat de Barbie, Jacques Vergès annonce qu'il se fera accusateur de la Résistance, de certains de ses membres qui auraient dénoncé leurs compagnons d'armes pour avoir la vie sauve. S'il n'a pu atteindre son but, il a réussi à faire s'installer une certaine méfiance avec la peur de remettre le couteau dans la plaie de la collaboration, mais surtout il fait une importante publicité au procès, en appelant même à la barre Raymond Aubrac.
Le procès se termine le 3 juillet 1987, après huit semaines d'audiences. Les avocats des parties civiles, dont Ugo Iannucci, et Alain Jakubowicz, font citer 69 témoins ainsi que 27 témoins d'intérêt général. La défense ne cite pour sa part que 6 témoins. Les réquisitions sont faites par Pierre Truche, le procureur général de Lyon.
Le samedi 4 juillet 1987, à 0h7, les trois magistrats et les neufs jurés reviennent de plus de six heures de délibérations. On fait entrer Klaus Barbie, et le président du tribunal, André Cerdini, prononce un verdict de culpabilité contre l'ancien officier allemand. Barbie est déclaré coupable sans circonstances atténuantes des dix-sept crimes contre l'humanité dont il était accusé. Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Il décède à la prison St Joseph le 25 septembre 1991, à 77 ans.
.
Le verdict de la mémoireLa foule s'y presse dès les premiers jours et s'y maintient pendant les 36 jours d'audience. Ce fut un tournant déterminant, car pour la première fois un criminel nazi était jugé sur le territoire français. A la suite de tous ces témoignages, les révisionnistes, comme Faurisson et certains donnant des cours à l'université Lyon3, ne pouvaient plus dire n'importe quoi.
En se retirant, dès le troisième jour, Klaus Barbie a finalement aidé et facilité les choses. Celles et ceux qui furent arrêtés et torturés par lui se trouvaient privés de la tentation de l'invectiver et, du même coup, d'atténuer les effets de leur déposition. Il ne leur restait, en effet, qu'à raconter, et c'est ce qu'ils ont fait admirablement. Ce fut émouvant, même si c'était dans l'horreur. Et les jeunes extrêmement nombreux qui y assistaient, considérant au départ comme de l'histoire ancienne cette période de la Résistance, ont pu réellement se l'approprier et celle-ci est devenue finalement beaucoup plus proche. Un exemple : Lucie Aubrac, à la suite du procès, était appelée partout pour des débats avec des lycéens, des écoliers…
Le film pour l'histoire : le procès filmé de Klaus BarbieExceptionnellement les débats du procès ont pu être filmés et ce sont 37 émissions sur le procès de Klaus Barbie qui ont été réalisées pour la télévision, avec les commentaires judiciaires de Jean-Olivier Viout, actuel procureur général de la République à Lyon,
Ce devait être un irremplaçable document pour l'Histoire. Si cette première en France a tenu en partie ses promesses en jetant un éclairage cru sur l'action de la Gestapo dans la région lyonnaise et les crimes contre l'humanité qui y ont été commis, elle n'a toutefois pas permis de dissiper les mystères de toute l'étendue des rapports entre le nazi et les services secrets américains. Pas plus qu'elle n'a mis en lumière son implication dans le plan « Condor » en Amérique latine.
Les USA, des alliés ???Klaus Barbie, criminel de guerre nazi, a torturé, tué, manipulé… Puis, après avoir fui la France juste avant la Libération, il a été recruté par les services secrets américains qui l'ont chargé, c'est à peine croyable, d'espionner les Français présents en Allemagne occupée. Et ceux qui se sont émus de voir un criminel de guerre collaborer avec des organismes alliés ont été fermement priés de se taire. Pire, les dirigeants de ces services, embryons de la future CIA, ont tout fait pour soustraire Barbie à la curiosité des enquêteurs français qui avaient de nombreuses questions à lui poser et qui voulaient que le criminel réponde de ses actes devant la Justice. Mais, dans les années d'après-guerre, les autorités françaises ont-elles vraiment tout fait pour obtenir l'extradition de Klaus Barbie ? Et ne craignaient-elles pas des révélations très gênantes ? C'était la guerre froide et Barbie, comme de nombreux autres nazis, était considéré comme un précieux auxiliaire dans la lutte contre le communisme…
Certes un rapport établi en 1983 par l'avocat Ryan, assistant spécial du ministre de la Justice états-unien, a révélé une partie de la vérité sur le recrutement de Barbie par les services américains et les effort de ceux-ci pour empêcher le criminel de guerre de répondre de ses actes devant la Justice française, alors même qu'ils connaissaient son passé. Une affaire qui a longtemps empoisonné les rapports entre les deux pays. À tel point que l'avocat Ryan a même recommandé que son gouvernement présente des excuses à la France…
Il reste à faire le procès de Barbie pour crimes contre l'humanité en Amérique latine…
Klaus Barbie se faisant cirer les pompes à Lima
Pourtant, cette protection accordée à Barbie commençait à devenir très embarrassante. Et en 1950, les Américains se sont décidés à l'exfiltrer d'Allemagne. Ce qui sera fait au début 1951 et Barbie fut un espion au service des Etats-Unis avant de devenir le zélé serviteur des dictatures sud-américaines, avec la protection du gouvernement des USA, et l'un des acteurs du trop fameux « Plan Condor ». Il reste en effet à savoir jusqu'où est allé la collaboration entre Barbie et la CIA. Barbie était-il en service commandé ? Était-il toujours un agent de la CIA ? Exfiltré en Bolivie à partir de 1951, le boucher de Lyon a en effet mis son savoir-faire si particulier au service des dictateurs boliviens, multipliant les exactions, constituant un escadron de la mort qui a semé la terreur dans le pays, participant au sanglant « Plan Condor » et s'acoquinant même avec les barons de la drogue.
Plus de renseignements : Klaus Barbie sur Wikipedia
A Lyon, au terme de deux mois d'audience d'un procès d'assises retentissant, dans la salle des pas-perdus spécialement réaménagée des 24 colonnes, Klaus Barbie est condamné le 4 juillet 1987 à la réclusion à perpétuité pour crimes contre l'humanité.
L'arrestation en BolivieEn 1952 et 1954, Klaus Barbie est condamné à mort par contumace par le Tribunal permanent des forces armées de Lyon. On y énumérait ses exactions, des crimes de guerres : tortures, exécutions, déportations, pillages. Mais Klaus Barbie est protégé par les services secrets américains qui l'ont engagé. Grâce à eux, il gagne la Bolivie et en acquière la nationalité. Cependant, le pouvoir politique change en Bolivie et un mandat d'arrêt est émis le 5 novembre 1982 contre Klaus Barbie, qui s'est donné une nouvelle identité : Klaus Altmann. Klaus Barbie est arrêté. La nationalité bolivienne lui est retirée au motif qu'il a fait de fausses déclarations pour l'obtenir.
Dessin de PLANTU dans Le Monde du 9/10 février 1983
Dans la nuit du 4 au 5 février 1983, Klaus Barbie, est expulsé de Bolivie et se retrouve dans un avion vers la France, via Cayenne. Son expulsion est annoncée le 7 février 1983, en France. Il sera emprisonné à Lyon, là-même où il a torturé naguère, à la prison Montluc, puis à celle de St Joseph, jusqu'à l'ouverture de son procès. L'instruction dure quatre ans.
De quoi l'accuse-t-on ?Klaus Barbie, qui dirige à Lyon pour la police nazie le service de la répression des crimes et délits politiques – dont la section antijuive – de 1942 à 1944, est accusé d'avoir liquidé et fait déporter de nombreux juifs et résistants français qui luttaient dans des réseaux clandestins contre le nazisme. Le bilan des crimes en France de Klaus Barbie : 4.342 meurtres, 7.581 juifs déportés, 14.311 résistants arrêtés et torturés.
Les crimes de guerre, comme par exemple les exactions sur Jean Moulin, sont considérés comme prescrits. Néanmoins, trois grands dossiers de crimes contre l'humanité, imprescriptibles en droit français depuis 1964, sont retenus contre lui :
la rafle des bureaux de l'Union générale des israélites de France, situés à Lyon, au 12 rue Ste Catherine, le 9 février 1943, au cours de laquelle 86 personnes sont arrêtées et déportées ;
la rafle des enfants d'Izieu, le 6 avril 1944, qui vit 41 enfants et 5 adultes être déportés ;
et le dernier convoi, le 11 août 1944, qui emmena, à 15 jours de la libération de Lyon, 600 personnes, essentiellement des juifs et des résistants, vers Auschwitz.
Le 11 mai 1987, le procès de Klaus Barbie s'ouvre enfin devant la Cour d'assises du Rhône.
On est obligé de faire construire des aménagements spéciaux avec des dispositifs en hauteur dans la salle des pas-perdus de l'ancien palais de justice de Lyon (appelé "Les 24 colonnes"), aucune salle d'audience n'étant assez grande pour accueillir un tel procès avec la presse, les 102 témoins cités, le public intéressé, les classes d'étudiants, les cars de touristes…
Le procès de Klaus Barbie, surnommé le « boucher de Lyon », débute donc le 11 mai 1987, à Lyon, dans une effervescence toute particulière. À elle seule, la lecture de l'acte d'accusation prend deux jours. Le troisième jour, l'accusé prend la parole pour dire qu'il se considère comme un otage et non comme un détenu. Il refuse de se présenter au tribunal à partir de ce jour.
Avant que ne débute le procès, l'avocat de Barbie, Jacques Vergès annonce qu'il se fera accusateur de la Résistance, de certains de ses membres qui auraient dénoncé leurs compagnons d'armes pour avoir la vie sauve. S'il n'a pu atteindre son but, il a réussi à faire s'installer une certaine méfiance avec la peur de remettre le couteau dans la plaie de la collaboration, mais surtout il fait une importante publicité au procès, en appelant même à la barre Raymond Aubrac.
Le procès se termine le 3 juillet 1987, après huit semaines d'audiences. Les avocats des parties civiles, dont Ugo Iannucci, et Alain Jakubowicz, font citer 69 témoins ainsi que 27 témoins d'intérêt général. La défense ne cite pour sa part que 6 témoins. Les réquisitions sont faites par Pierre Truche, le procureur général de Lyon.
Le samedi 4 juillet 1987, à 0h7, les trois magistrats et les neufs jurés reviennent de plus de six heures de délibérations. On fait entrer Klaus Barbie, et le président du tribunal, André Cerdini, prononce un verdict de culpabilité contre l'ancien officier allemand. Barbie est déclaré coupable sans circonstances atténuantes des dix-sept crimes contre l'humanité dont il était accusé. Il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Il décède à la prison St Joseph le 25 septembre 1991, à 77 ans.
.
Le verdict de la mémoireLa foule s'y presse dès les premiers jours et s'y maintient pendant les 36 jours d'audience. Ce fut un tournant déterminant, car pour la première fois un criminel nazi était jugé sur le territoire français. A la suite de tous ces témoignages, les révisionnistes, comme Faurisson et certains donnant des cours à l'université Lyon3, ne pouvaient plus dire n'importe quoi.
En se retirant, dès le troisième jour, Klaus Barbie a finalement aidé et facilité les choses. Celles et ceux qui furent arrêtés et torturés par lui se trouvaient privés de la tentation de l'invectiver et, du même coup, d'atténuer les effets de leur déposition. Il ne leur restait, en effet, qu'à raconter, et c'est ce qu'ils ont fait admirablement. Ce fut émouvant, même si c'était dans l'horreur. Et les jeunes extrêmement nombreux qui y assistaient, considérant au départ comme de l'histoire ancienne cette période de la Résistance, ont pu réellement se l'approprier et celle-ci est devenue finalement beaucoup plus proche. Un exemple : Lucie Aubrac, à la suite du procès, était appelée partout pour des débats avec des lycéens, des écoliers…
Le film pour l'histoire : le procès filmé de Klaus BarbieExceptionnellement les débats du procès ont pu être filmés et ce sont 37 émissions sur le procès de Klaus Barbie qui ont été réalisées pour la télévision, avec les commentaires judiciaires de Jean-Olivier Viout, actuel procureur général de la République à Lyon,
Ce devait être un irremplaçable document pour l'Histoire. Si cette première en France a tenu en partie ses promesses en jetant un éclairage cru sur l'action de la Gestapo dans la région lyonnaise et les crimes contre l'humanité qui y ont été commis, elle n'a toutefois pas permis de dissiper les mystères de toute l'étendue des rapports entre le nazi et les services secrets américains. Pas plus qu'elle n'a mis en lumière son implication dans le plan « Condor » en Amérique latine.
Les USA, des alliés ???Klaus Barbie, criminel de guerre nazi, a torturé, tué, manipulé… Puis, après avoir fui la France juste avant la Libération, il a été recruté par les services secrets américains qui l'ont chargé, c'est à peine croyable, d'espionner les Français présents en Allemagne occupée. Et ceux qui se sont émus de voir un criminel de guerre collaborer avec des organismes alliés ont été fermement priés de se taire. Pire, les dirigeants de ces services, embryons de la future CIA, ont tout fait pour soustraire Barbie à la curiosité des enquêteurs français qui avaient de nombreuses questions à lui poser et qui voulaient que le criminel réponde de ses actes devant la Justice. Mais, dans les années d'après-guerre, les autorités françaises ont-elles vraiment tout fait pour obtenir l'extradition de Klaus Barbie ? Et ne craignaient-elles pas des révélations très gênantes ? C'était la guerre froide et Barbie, comme de nombreux autres nazis, était considéré comme un précieux auxiliaire dans la lutte contre le communisme…
Certes un rapport établi en 1983 par l'avocat Ryan, assistant spécial du ministre de la Justice états-unien, a révélé une partie de la vérité sur le recrutement de Barbie par les services américains et les effort de ceux-ci pour empêcher le criminel de guerre de répondre de ses actes devant la Justice française, alors même qu'ils connaissaient son passé. Une affaire qui a longtemps empoisonné les rapports entre les deux pays. À tel point que l'avocat Ryan a même recommandé que son gouvernement présente des excuses à la France…
Il reste à faire le procès de Barbie pour crimes contre l'humanité en Amérique latine…
Klaus Barbie se faisant cirer les pompes à Lima
Pourtant, cette protection accordée à Barbie commençait à devenir très embarrassante. Et en 1950, les Américains se sont décidés à l'exfiltrer d'Allemagne. Ce qui sera fait au début 1951 et Barbie fut un espion au service des Etats-Unis avant de devenir le zélé serviteur des dictatures sud-américaines, avec la protection du gouvernement des USA, et l'un des acteurs du trop fameux « Plan Condor ». Il reste en effet à savoir jusqu'où est allé la collaboration entre Barbie et la CIA. Barbie était-il en service commandé ? Était-il toujours un agent de la CIA ? Exfiltré en Bolivie à partir de 1951, le boucher de Lyon a en effet mis son savoir-faire si particulier au service des dictateurs boliviens, multipliant les exactions, constituant un escadron de la mort qui a semé la terreur dans le pays, participant au sanglant « Plan Condor » et s'acoquinant même avec les barons de la drogue.
Plus de renseignements : Klaus Barbie sur Wikipedia
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