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La burqa et le niqab sont indéfendables. Surtout s'ils sont revêtus sous la contrainte. En même temps, il est idéologiquement hors de question de se baigner dans le même marigot islamophobe que celles et ceux qui se délectent d'y patauger afin de maquiller leur racisme anti-arabe en vertu laïque. Tout le petit monde politicien se contrefichait de ces vêtements avant que le député PCF André Gérin ne fasse son numéro. Puisqu'il est le maire de Vénissieux, il ferait mieux de s'occuper prioritairement des questions sociales qui normalement comptent davantage pour n'importe quel communiste de base, au lieu d'agiter le spectre de la sainte alliance républicaine PC-PS-UMP qui n'entraîne pas d'autre résultante que de noyer le poisson des clivages politiques. « Ni gauche, ni droite : républicain », voilà la boussole politique de ces idiots utiles qui donnent du grain à moudre à l'extrême-droite.
Alternative libertaire juge nécessaire la stricte laïcité, comprise comme l'éviction des religions des affaires publiques et l'affirmation sans ambiguïté de la supériorité de la démarche critique scientifique. Pour cette raison, nous apportons notre soutien critique à la loi de séparation des Églises et de l'État de 1905, que nous jugeons salutaire et toujours d'actualité quoique constamment violée par l'État français (statut de l'Alsace-Moselle, signature en mars 2009, des accords avec le Vatican reconnaissant les diplômes délivrés par l'enseignement supérieur catholique).
Exiger des pouvoirs publics qu'ils interviennent sur la façon dont les individus investissent sur le plan vestimentaire l'espace public est donc le contraire de la laïcité. Cette conception délirante, qui a tant divisé les mouvements féministe et de gauche lors de la loi anti-foulard en mars 2005, est de retour. Mais ce n'est pas une loi visant quelques cas numériquement minimes qui peut nous détourner des vrais problèmes actuels.
Alternative libertaire, le 25 juin 2009
Communiqué de presse
Pour diffusion immédiate
Le jeudi 25 juin 2009
Paris, le 25 juin 2009 - Au-delà de la polémique qui entoure les conditions de son intervention, la CGT a pris une décision très lourde de sens en évacuant les occupants de la Bourse du travail à Paris.
Ce dossier, totalement bloqué depuis 14 mois, est le produit du ministère Hortefeux et de la théorie du cas par cas, consistant, sur la base de critères flous, à accorder avec parcimonie quelques régularisations et à laisser sans réponse ni décision les autres demandes.
La CGT s'était engagée avec détermination en Ile-de-France sur ce dossier des travailleurs étrangers en situation administrative irrégulière.
Elle a obtenu quelques succès probants, avec plus d'un millier de personnes régularisées, sans toutefois généraliser son action à l'ensemble de son organisation. Mais c'était il y a 14 mois. Depuis, la crise économique a frappé. Des dizaines de milliers de personnes ont perdu leur emploi en France.
La CGT, avec cette intervention, qu'elle l'ait souhaité ou non, indique clairement qu'elle change de logiciel en se recentrant sur sa « clientèle » habituelle.
Nous devons veiller collectivement : organisations, institutions, citoyens, à ne pas laisser la division et le rejet de l'autre se propager lors de moments de tensions sociales. La solidarité ne s'arrête pas là où commence la crise.
La situation dramatique dans laquelle se trouvent, en plein cœur de Paris, une centaine de personne ne doit pas être instrumentalisée à des fins politiciennes.
Il faut trouver de manière urgente une solution humaine et de bon sens.
Nous appelons les anciens occupants de la Bourse du travail, la CGT et le ministère de l'Immigration à trouver de manière urgente les voies d'un compromis, amenant à la régularisation d'un certain nombre de personnes sur la base de critères clairs.
Lu sur la liste pajol :
16h15 :
Une petite manifestation était prévue en ville cet après midi, avec le seul but de faire un petit peu de bruit (sans meme de sono) et diffuser des tracts invitant à participer a la manifestation de samedi.
Partis de la place crevecoeur, notre petite cinquantaine de personnes étaient à peine arrivés sur l'avenue Lafayette, que plusieurs camions de CRS s'arrétaient sur la rue et se mettaient à nous poursuivre. Sans aucune des sommations d'usage !
Dans la poursuite au moins une dizaine de personnes on été arrétées et embarqués dans les fourgons.
Ce déchainement policier, avec même l'helicoptere de la police au dessus de nous, ne peut que surprendre dans la grande rue commercante de Calais.
Surprendre et faire peur même, puisque devant moi un couple de personnes agées passent en courant, en disant "partons vite, avant qu'on se fasse blesser"...
Tiens, un des cars de "ramassage" Parisien est même présent à Calais pour emmener les prisonniers au poste...
Stay tuned...
Lu sur la liste pajol :
16h15 :
Une petite manifestation était prévue en ville cet après midi, avec le seul but de faire un petit peu de bruit (sans meme de sono) et diffuser des tracts invitant à participer a la manifestation de samedi.
Partis de la place crevecoeur, notre petite cinquantaine de personnes étaient à peine arrivés sur l'avenue Lafayette, que plusieurs camions de CRS s'arrétaient sur la rue et se mettaient à nous poursuivre. Sans aucune des sommations d'usage !
Dans la poursuite au moins une dizaine de personnes on été arrétées et embarqués dans les fourgons.
Ce déchainement policier, avec même l'helicoptere de la police au dessus de nous, ne peut que surprendre dans la grande rue commercante de Calais.
Surprendre et faire peur même, puisque devant moi un couple de personnes agées passent en courant, en disant "partons vite, avant qu'on se fasse blesser"...
Tiens, un des cars de "ramassage" Parisien est même présent à Calais pour emmener les prisonniers au poste...
Stay tuned...
Alerte ! Une pandémie est en train de se déclarer dans la société : le virus des licenciements, plans sociaux, chômage partiel (arnaque totale), réductions de salaires fait chaque jour de nombreuses victimes. Face à ce fléau, vous êtes fermement invités à prendre un certain nombre de mesures :
1) RESTEZ GROUPé(E)S. La dispersion aide à la propagation du virus. Seule l'unité et la constance dans l'unité, comme chez Continental Clairoix peuvent aider à combattre la maladie.
2) NE VOUS COUVREZ PAS LA BOUCHE. L'exercice de la parole, de la discussion, de la revendication, est un excellent remède contre la pandémie.
3) LAISSEZ MONTER LA TEMPERATURE. L'échauffement de la bile et de la rage sociale, bien orientées contre le patronat et son état sont un excellent dérivatif à la contagion du virus
4) NE CONSULTEZ PAS DE SPECIALISTES. Surtout s'il s'agit de professionnels du syndicalisme. Le syndicat est, depuis la contre-révolution des années 1920, déjà victime d'un virus qui occasionne la paralysie de la volonté et l'atonie dans l'action.
5) FABRIQUEZ VOUS-MEMES VOS REMEDES, à base d'un tiers de conscience de classe, un tiers d'autonomie ouvrière et un tiers d'histoire du mouvement ouvrier
6) PRENEZ VOTRE SOUFFLE. La lutte sera longue, la ré-émergence du socialisme après 80 ans de contre-révolution ne se fera pas en un jour.
Varlin.
PS. Ce post est inspiré du véritabla matraquage entendu tous les matins gare du nord à Paris, sur la grippe A (messages de précaution toutes les deux minutes)
Alerte ! Une pandémie est en train de se déclarer dans la société : le virus des licenciements, plans sociaux, chômage partiel (arnaque totale), réductions de salaires fait chaque jour de nombreuses victimes. Face à ce fléau, vous êtes fermement invités à prendre un certain nombre de mesures :
1) RESTEZ GROUPé(E)S. La dispersion aide à la propagation du virus. Seule l'unité et la constance dans l'unité, comme chez Continental Clairoix peuvent aider à combattre la maladie.
2) NE VOUS COUVREZ PAS LA BOUCHE. L'exercice de la parole, de la discussion, de la revendication, est un excellent remède contre la pandémie.
3) LAISSEZ MONTER LA TEMPERATURE. L'échauffement de la bile et de la rage sociale, bien orientées contre le patronat et son état sont un excellent dérivatif à la contagion du virus
4) NE CONSULTEZ PAS DE SPECIALISTES. Surtout s'il s'agit de professionnels du syndicalisme. Le syndicat est, depuis la contre-révolution des années 1920, déjà victime d'un virus qui occasionne la paralysie de la volonté et l'atonie dans l'action.
5) FABRIQUEZ VOUS-MEMES VOS REMEDES, à base d'un tiers de conscience de classe, un tiers d'autonomie ouvrière et un tiers d'histoire du mouvement ouvrier
6) PRENEZ VOTRE SOUFFLE. La lutte sera longue, la ré-émergence du socialisme après 80 ans de contre-révolution ne se fera pas en un jour.
Varlin.
PS. Ce post est inspiré du véritabla matraquage entendu tous les matins gare du nord à Paris, sur la grippe A (messages de précaution toutes les deux minutes)
Mexico, le 26 Mai 2009 "La cellule terroriste du FLA-CPV (Front de libération animale-Conspiration pour la vengeance) revendique l'attaque incendiaire survenue à 5H30 du matin dans la colonie de Coyoaco (l'Etat de Mexico), visant une foire-expo de peaux du nom d' « exibipiel » (...) « Vive la subversion ! Vive la destruction ! Vive le feu qui libère ! Nous envoyons un salut éternel au compagnon du Chili Mauricio Morales mort au cours d'une action. Nous lui dédions cette action. Un salut cordial et une accolade aux cellules du F.L.A de Guadalajara Personne ne pourra arrêter notre cœur insurgé, même en nous incarcérant, en nous torturant ou nous assassinant, la lutte continue, latente."
Barcelone, le 27 mai 2009 "Le 27 Mai, vers 2.00 du matin une grue a été attaquée à la Meridiana, à hauteur du chantier de la ligne 9 du métro. Nous en avons marre de votre ville de merde et de ses vitesses. Nous ne voulons pas continuer à courir pour aller nulle part. Mauri : le feu de cette nuit a brillé pour toi. Une accolade insurgée."
Mexico, le 27 mai 2009 "(...) Nous revendiquons l'attaque incendiaire dans un bâtiment de la police d'Etat, dans la municipalité de Coacalco, Etat de Mexico. Notre courage nous a permis de passer les murs, d'entrer par une fenêtre du deuxième étage. Nous avons vérifié qu'il n'y avait personne. Les bourreaux se préparaient à utiliser cet immeuble, nous avons décidé de mettre le feu à leurs chaises, fauteuils, uniformes, radios, outils de travail, etc et de laisser des tags anarchistes contre ces crapules responsables de la destruction de la planète et des animaux humains ou pas. Car, pendant qu'ils protègent l'Etat et ses institutions putréfiées, voilà ce qui se passe sur la planète que nous habitons : l'expansion de la civilisation comme le système technologico-industriel dévaste les forêts, les prairies, les rivières et les lacs qui peu à peu se perdent à cause de l'inconscience humaine et des attitudes antropocentrées. Et nous ne permettrons plus que cela se passe. Pour cela : Guerre au système capitaliste qui détruit la planète ! Solidarité révolutionnaire avec les compagnonNEs du Chili dans ces moments difficiles ! Que la mort de Mauri fasse se dresser des barricades incendiaires ! Balles, bombes, feu et pierres pour l'Etat et ses complices ! Avec attention : Commando d'Individus Libres, Dangereux, Sauvages et Incendiaires pour la Peste Noire (CILPSPN)"
Athènes, 29 mai 2009
_"Communiqué : Suite à l'incendie des distributeurs automatiques de billets de l'Eurobank, dans le secteur industriel de Marinopoulos la nuit du 29 mai. Une autre goutte de feu liquide dans l'océan qui noit la monstruosité urbaine. Un petit acte de solidarité avec tous les compagnons incarcérés pour avoir combattu directement les paysages les plus obscurs de cette monstruosité. PS : la destruction totale de l'appareil n'a pas été ce qu'on annoncé les médias Commando Mauricio Morales Duarte. Chile 22-5-09"
Barcelone, le 30 Mai 2009 "Dans l'après-midi du 30 mai 2009, un nombre indéterminé de personnes cagoulées a coupé les rues Torrent de l'olla et Travessera de Gracia avec du mobilier urbain et a ensuite mis le feu à ces barricades. Sur place ont été laissés une banderole et des tracts contre les prisons et en solidarité avce les prisonniers Amadeu Casellas et Joaquin Garcés. Le bloquage de la route a provoqué des embouteillages jusqu'à Via Augusta ainsi qu'une grande commotion chez les citoyens bien-pensants des alentours. Nous voulons enfin dédier cette action à un autre compagnon anarchiste chilien, Mauricio Morales, qui a infatigablement lutté contre ce monde de merde et ses prisons. Il est récemment mort à Santiago du Chili, alors qu'il posait un engin explosif contre une école de matons. Pour celles et ceux des nôtres qui sont tombés ou prisonniers, pour la fin des prisons et du monde qui les génère. Pour l'Anarchie".
Mexico, le 31 Mai 2009 "Dimanche dernier, le 31 mai nous avons démontré notre pratique anticapitaliste et, malgré la présence policière, nous avons attaqué une agence bancaire de type Banamex : 6 cocktails Molotov ont été lancés sur le distributeur, le panneau publicitaire et à l'intérieur de l'agence. Nous avons aussi essayé de laisser un tag en solidarité avec Amadeu et en mémoire de Mauri, mais cela n'a pas été possible dans le feu de l'action. Nous ne cherchons pas par là à créer des idoles, ce n'est rien de plus que de la solidarité révolutionnaire que d'attaquer directement ceux qui asphyxient nos vies, ceux qui immergent partout dans le monde des millions de personnes dans la misère et l'attente d'un avenir incertain, attaquer ceux qui s'enrichissent par l'exploitation de la nature qu'on l'appelle flore ou faune. (...) Mauri et Amadeu présents ! Pour la destruction de ce monde du capital, pour la construction d'un vrai monde de liberté ! Ni dialogues avec le pouvoir, ni médiations de l'état ! Pour l'extension du conflit contre l'autorité et l'ordre imposé ! Contre l'état et le capital ... guerre sociale !"
Buenos-Aires, le 31 Mai 2009 "La beauté de l'esprit humain, c'est la volonté de réaliser les rêves En mémoire du compagnon chilien Mauricio Morales décédé la semaine dernière et en solidarité avec les compagnons révolutionnaires chiliens séquestrés dans les centres d'extermination chiliens et argentins, nous avons attaqué avec une bombe artisanale le concessionaire Chevrolet situé à l'angle des rues Juan B Justo et Padilla détruisant une voiture et les vitres. Nous avons mis en évidence la vulnérabilité des méthodes de contrôle social que l'Etat/Capital nous impose au quotidien. Nous lançons un appel à ne pas baisser les bras et à étendre le conflit social, à la tempête émancipatrice qui détruira les engrenages de ce système de misère et de faim. La liberté ou la mort. Cellules révolutionnaires. Brigade Andrea Salsedo"
Chili, le 3 juin 2009 Communiqué de revendication suite à l'attaque avec des bombes de son de l'Institut Pégagogique : « Nous sommes entrés dans les cages de ce centre de production de marchandises idéologiques qui soutiennent le capital et reproduisent l'obéissance à l'autorité. (...) Nous revendiquons les idées qui ont mené le compagnon Mauricio à briser la peur et à attaquer le pouvoir avec courage et vaillance. Ce n'était pas un combattant social, c'était un antisocial en guerre contre toute forme d'ordre qui prétendrait dominer l'individu. Il a donné sa vie en faisant la guerre à la société. Nous appelons à la multiplication des actions directes contre le capital et tout germe autoritaire. Aussi petites ou grandes soient-elles, c'est le contenu que nous mettons dans ces actions qui corrode le pouvoir. L'objectif est à la fois simple et vaste : LA DESTRUCTION DE L'EXISTANT. Une accolade affectueuse aux amiEs, proches et compagnonNEs du Punki Mauri. Des jours de tourmente s'approchent, mais qu'elles et ils sachent qu'ils ne sont pas seuls. POUR LA PROLIFERATION DES ACTES DE REVOLTE. QUE LE CHAOS S'ETENDE COMME LA PESTE NOIRE."
Berlin, le 6 juin 2009 Communiqué : « Oaxaca est partout - les prisonnierEs dans la rue !!! Pour marquer l'insistance de notre exigence, nous avons réveillé de manière enflammée la maison d'un fonctionnaire de justice et les bureaux de l'association des matons au n°38 de la Schubathstrasse dans le quartier de Tegel. L'arrière du front ne se tient pas tranquille et ce ne sont pas seulement les flics et autres sbires de la sécurité et des polices municipales qui ne doivent plus s'imaginer à l'abri. Beaucoup d'autres participent aussi à la domination quotidienne et terroriser des êtres humains : les Pôles Emploi (Jobcenter), les écoles, les foyers, les hôpitaux psychiatriques, les universités, les vigiles, les avocats, les juges, les procureurs, les assistants sociaux , les éducateurs ... Nous nous réjouissons que le message du 1. Mai soit bien passé et que la conférence des Ministres de l'Intérieur doive discuter de mesures contre les attaques permanentes contre les flics, les pompiers etc. Apparement, de plus en plus de personnes ne sont plus disposées à accepter le monopole étatique de la violence et se défendent de manière offensive contre ce système capitaliste assassin. Un salut de liberté à Mauricio Morales - aux autres, nada ! « transformemos nuestro dolor en rabia y niuestra rabia en polvora” (transformons notre douleur en rage et notre rage en poudre)"
Chili, le 15 juin 2009 « Nous avons attaqué le Centre d'Aide aux Victimes de la Délinquance « Gral. Jose Bernales ». Le pouvoir est partout : symboles, images, structures, bâtiments, marchandises et personnes ... Aujourd'hui, le 15 juin, nous avons choisi d'attaquer (ce) centre qui porte le nom infame qui nous rappelle les temps où il a dirigé les Carabiniers du Chili, institution répressive au service de l'Etat et du Capital, en charge de la violence de maintien de la paix sociale. Fier de son travail, Brenales est mort il ya preque un an comme l'indigne qu'il a toujours été, en se se scratchant en hélicoptère au Panama, alors qu'il allait participer à une conférence sur le renseignement policier. Nous avons fêté et goûté sa mort, tout comme vous vous êtes réjouis de la mort de notre compagnon Mauricio Morales. (...)
PRISONNIERS ET PRISONNIERES DE LA GUERRE SOCIALE AU CHILI ET DANS LE MO NDE DEHORS MAINTENANT CONTRE TOUTE AUTORITE GUERRE SOCIALE !!!" Apumanque (Chili) : Attaque explosive manquée contre la Banco Edwards-City22 juin 2009, communiqué
"A travers ce mail, nous prenons la responsabilité de la pose d'une charge explosive contre la Banco Edwards-City Bank à Apumanque. L'engin était constitué d'une charge de 1 kilo d'explosifs activée par un système d'horlogerie qui activait à son tour une mèche à combustion lente pour éviter des accidents ou que quelqu'un soit touché, en tout cas chaque fois que l'objectif sera de provoquer des dégâts matériels à cette institution capitaliste putride. Malheureusement, un gardien s'est aperçu de l'existence du colis et a prévenu les gardes des riches, qui ont désamorcé le colis, nous privant des belles images d'une banque détruite.
Cette action manquée se voulait un hommage au frère mort il y a exactement un mois, en plus d'adhérer à une campagne internationale pour les prisonniers de la guerre sociale.
Pour Mauricio, pour tous ceux qui sont tombés, pour nos frères prisonniers et pour les inculpés, convertissons notre douleur en rage, et notre rage en poudre !
Nous continuerons, ils ne nous arrêterons pas !
Grupo Autónomo Mauricio Morales Duarte"
[Traduit de l'espagnol]
InsurgeEs InsurgeEs no-log.org
Mexico, le 26 Mai 2009 "La cellule terroriste du FLA-CPV (Front de libération animale-Conspiration pour la vengeance) revendique l'attaque incendiaire survenue à 5H30 du matin dans la colonie de Coyoaco (l'Etat de Mexico), visant une foire-expo de peaux du nom d' « exibipiel » (...) « Vive la subversion ! Vive la destruction ! Vive le feu qui libère ! Nous envoyons un salut éternel au compagnon du Chili Mauricio Morales mort au cours d'une action. Nous lui dédions cette action. Un salut cordial et une accolade aux cellules du F.L.A de Guadalajara Personne ne pourra arrêter notre cœur insurgé, même en nous incarcérant, en nous torturant ou nous assassinant, la lutte continue, latente."
Barcelone, le 27 mai 2009 "Le 27 Mai, vers 2.00 du matin une grue a été attaquée à la Meridiana, à hauteur du chantier de la ligne 9 du métro. Nous en avons marre de votre ville de merde et de ses vitesses. Nous ne voulons pas continuer à courir pour aller nulle part. Mauri : le feu de cette nuit a brillé pour toi. Une accolade insurgée."
Mexico, le 27 mai 2009 "(...) Nous revendiquons l'attaque incendiaire dans un bâtiment de la police d'Etat, dans la municipalité de Coacalco, Etat de Mexico. Notre courage nous a permis de passer les murs, d'entrer par une fenêtre du deuxième étage. Nous avons vérifié qu'il n'y avait personne. Les bourreaux se préparaient à utiliser cet immeuble, nous avons décidé de mettre le feu à leurs chaises, fauteuils, uniformes, radios, outils de travail, etc et de laisser des tags anarchistes contre ces crapules responsables de la destruction de la planète et des animaux humains ou pas. Car, pendant qu'ils protègent l'Etat et ses institutions putréfiées, voilà ce qui se passe sur la planète que nous habitons : l'expansion de la civilisation comme le système technologico-industriel dévaste les forêts, les prairies, les rivières et les lacs qui peu à peu se perdent à cause de l'inconscience humaine et des attitudes antropocentrées. Et nous ne permettrons plus que cela se passe. Pour cela : Guerre au système capitaliste qui détruit la planète ! Solidarité révolutionnaire avec les compagnonNEs du Chili dans ces moments difficiles ! Que la mort de Mauri fasse se dresser des barricades incendiaires ! Balles, bombes, feu et pierres pour l'Etat et ses complices ! Avec attention : Commando d'Individus Libres, Dangereux, Sauvages et Incendiaires pour la Peste Noire (CILPSPN)"
Athènes, 29 mai 2009
_"Communiqué : Suite à l'incendie des distributeurs automatiques de billets de l'Eurobank, dans le secteur industriel de Marinopoulos la nuit du 29 mai. Une autre goutte de feu liquide dans l'océan qui noit la monstruosité urbaine. Un petit acte de solidarité avec tous les compagnons incarcérés pour avoir combattu directement les paysages les plus obscurs de cette monstruosité. PS : la destruction totale de l'appareil n'a pas été ce qu'on annoncé les médias Commando Mauricio Morales Duarte. Chile 22-5-09"
Barcelone, le 30 Mai 2009 "Dans l'après-midi du 30 mai 2009, un nombre indéterminé de personnes cagoulées a coupé les rues Torrent de l'olla et Travessera de Gracia avec du mobilier urbain et a ensuite mis le feu à ces barricades. Sur place ont été laissés une banderole et des tracts contre les prisons et en solidarité avce les prisonniers Amadeu Casellas et Joaquin Garcés. Le bloquage de la route a provoqué des embouteillages jusqu'à Via Augusta ainsi qu'une grande commotion chez les citoyens bien-pensants des alentours. Nous voulons enfin dédier cette action à un autre compagnon anarchiste chilien, Mauricio Morales, qui a infatigablement lutté contre ce monde de merde et ses prisons. Il est récemment mort à Santiago du Chili, alors qu'il posait un engin explosif contre une école de matons. Pour celles et ceux des nôtres qui sont tombés ou prisonniers, pour la fin des prisons et du monde qui les génère. Pour l'Anarchie".
Mexico, le 31 Mai 2009 "Dimanche dernier, le 31 mai nous avons démontré notre pratique anticapitaliste et, malgré la présence policière, nous avons attaqué une agence bancaire de type Banamex : 6 cocktails Molotov ont été lancés sur le distributeur, le panneau publicitaire et à l'intérieur de l'agence. Nous avons aussi essayé de laisser un tag en solidarité avec Amadeu et en mémoire de Mauri, mais cela n'a pas été possible dans le feu de l'action. Nous ne cherchons pas par là à créer des idoles, ce n'est rien de plus que de la solidarité révolutionnaire que d'attaquer directement ceux qui asphyxient nos vies, ceux qui immergent partout dans le monde des millions de personnes dans la misère et l'attente d'un avenir incertain, attaquer ceux qui s'enrichissent par l'exploitation de la nature qu'on l'appelle flore ou faune. (...) Mauri et Amadeu présents ! Pour la destruction de ce monde du capital, pour la construction d'un vrai monde de liberté ! Ni dialogues avec le pouvoir, ni médiations de l'état ! Pour l'extension du conflit contre l'autorité et l'ordre imposé ! Contre l'état et le capital ... guerre sociale !"
Buenos-Aires, le 31 Mai 2009 "La beauté de l'esprit humain, c'est la volonté de réaliser les rêves En mémoire du compagnon chilien Mauricio Morales décédé la semaine dernière et en solidarité avec les compagnons révolutionnaires chiliens séquestrés dans les centres d'extermination chiliens et argentins, nous avons attaqué avec une bombe artisanale le concessionaire Chevrolet situé à l'angle des rues Juan B Justo et Padilla détruisant une voiture et les vitres. Nous avons mis en évidence la vulnérabilité des méthodes de contrôle social que l'Etat/Capital nous impose au quotidien. Nous lançons un appel à ne pas baisser les bras et à étendre le conflit social, à la tempête émancipatrice qui détruira les engrenages de ce système de misère et de faim. La liberté ou la mort. Cellules révolutionnaires. Brigade Andrea Salsedo"
Chili, le 3 juin 2009 Communiqué de revendication suite à l'attaque avec des bombes de son de l'Institut Pégagogique : « Nous sommes entrés dans les cages de ce centre de production de marchandises idéologiques qui soutiennent le capital et reproduisent l'obéissance à l'autorité. (...) Nous revendiquons les idées qui ont mené le compagnon Mauricio à briser la peur et à attaquer le pouvoir avec courage et vaillance. Ce n'était pas un combattant social, c'était un antisocial en guerre contre toute forme d'ordre qui prétendrait dominer l'individu. Il a donné sa vie en faisant la guerre à la société. Nous appelons à la multiplication des actions directes contre le capital et tout germe autoritaire. Aussi petites ou grandes soient-elles, c'est le contenu que nous mettons dans ces actions qui corrode le pouvoir. L'objectif est à la fois simple et vaste : LA DESTRUCTION DE L'EXISTANT. Une accolade affectueuse aux amiEs, proches et compagnonNEs du Punki Mauri. Des jours de tourmente s'approchent, mais qu'elles et ils sachent qu'ils ne sont pas seuls. POUR LA PROLIFERATION DES ACTES DE REVOLTE. QUE LE CHAOS S'ETENDE COMME LA PESTE NOIRE."
Berlin, le 6 juin 2009 Communiqué : « Oaxaca est partout - les prisonnierEs dans la rue !!! Pour marquer l'insistance de notre exigence, nous avons réveillé de manière enflammée la maison d'un fonctionnaire de justice et les bureaux de l'association des matons au n°38 de la Schubathstrasse dans le quartier de Tegel. L'arrière du front ne se tient pas tranquille et ce ne sont pas seulement les flics et autres sbires de la sécurité et des polices municipales qui ne doivent plus s'imaginer à l'abri. Beaucoup d'autres participent aussi à la domination quotidienne et terroriser des êtres humains : les Pôles Emploi (Jobcenter), les écoles, les foyers, les hôpitaux psychiatriques, les universités, les vigiles, les avocats, les juges, les procureurs, les assistants sociaux , les éducateurs ... Nous nous réjouissons que le message du 1. Mai soit bien passé et que la conférence des Ministres de l'Intérieur doive discuter de mesures contre les attaques permanentes contre les flics, les pompiers etc. Apparement, de plus en plus de personnes ne sont plus disposées à accepter le monopole étatique de la violence et se défendent de manière offensive contre ce système capitaliste assassin. Un salut de liberté à Mauricio Morales - aux autres, nada ! « transformemos nuestro dolor en rabia y niuestra rabia en polvora” (transformons notre douleur en rage et notre rage en poudre)"
Chili, le 15 juin 2009 « Nous avons attaqué le Centre d'Aide aux Victimes de la Délinquance « Gral. Jose Bernales ». Le pouvoir est partout : symboles, images, structures, bâtiments, marchandises et personnes ... Aujourd'hui, le 15 juin, nous avons choisi d'attaquer (ce) centre qui porte le nom infame qui nous rappelle les temps où il a dirigé les Carabiniers du Chili, institution répressive au service de l'Etat et du Capital, en charge de la violence de maintien de la paix sociale. Fier de son travail, Brenales est mort il ya preque un an comme l'indigne qu'il a toujours été, en se se scratchant en hélicoptère au Panama, alors qu'il allait participer à une conférence sur le renseignement policier. Nous avons fêté et goûté sa mort, tout comme vous vous êtes réjouis de la mort de notre compagnon Mauricio Morales. (...)
PRISONNIERS ET PRISONNIERES DE LA GUERRE SOCIALE AU CHILI ET DANS LE MO NDE DEHORS MAINTENANT CONTRE TOUTE AUTORITE GUERRE SOCIALE !!!" Apumanque (Chili) : Attaque explosive manquée contre la Banco Edwards-City22 juin 2009, communiqué
"A travers ce mail, nous prenons la responsabilité de la pose d'une charge explosive contre la Banco Edwards-City Bank à Apumanque. L'engin était constitué d'une charge de 1 kilo d'explosifs activée par un système d'horlogerie qui activait à son tour une mèche à combustion lente pour éviter des accidents ou que quelqu'un soit touché, en tout cas chaque fois que l'objectif sera de provoquer des dégâts matériels à cette institution capitaliste putride. Malheureusement, un gardien s'est aperçu de l'existence du colis et a prévenu les gardes des riches, qui ont désamorcé le colis, nous privant des belles images d'une banque détruite.
Cette action manquée se voulait un hommage au frère mort il y a exactement un mois, en plus d'adhérer à une campagne internationale pour les prisonniers de la guerre sociale.
Pour Mauricio, pour tous ceux qui sont tombés, pour nos frères prisonniers et pour les inculpés, convertissons notre douleur en rage, et notre rage en poudre !
Nous continuerons, ils ne nous arrêterons pas !
Grupo Autónomo Mauricio Morales Duarte"
[Traduit de l'espagnol]
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Mexico, le 26 Mai 2009 "La cellule terroriste du FLA-CPV (Front de libération animale-Conspiration pour la vengeance) revendique l'attaque incendiaire survenue à 5H30 du matin dans la colonie de Coyoaco (l'Etat de Mexico), visant une foire-expo de peaux du nom d' « exibipiel » (...) « Vive la subversion ! Vive la destruction ! Vive le feu qui libère ! Nous envoyons un salut éternel au compagnon du Chili Mauricio Morales mort au cours d'une action. Nous lui dédions cette action. Un salut cordial et une accolade aux cellules du F.L.A de Guadalajara Personne ne pourra arrêter notre cœur insurgé, même en nous incarcérant, en nous torturant ou nous assassinant, la lutte continue, latente."
Barcelone, le 27 mai 2009 "Le 27 Mai, vers 2.00 du matin une grue a été attaquée à la Meridiana, à hauteur du chantier de la ligne 9 du métro. Nous en avons marre de votre ville de merde et de ses vitesses. Nous ne voulons pas continuer à courir pour aller nulle part. Mauri : le feu de cette nuit a brillé pour toi. Une accolade insurgée."
Mexico, le 27 mai 2009 "(...) Nous revendiquons l'attaque incendiaire dans un bâtiment de la police d'Etat, dans la municipalité de Coacalco, Etat de Mexico. Notre courage nous a permis de passer les murs, d'entrer par une fenêtre du deuxième étage. Nous avons vérifié qu'il n'y avait personne. Les bourreaux se préparaient à utiliser cet immeuble, nous avons décidé de mettre le feu à leurs chaises, fauteuils, uniformes, radios, outils de travail, etc et de laisser des tags anarchistes contre ces crapules responsables de la destruction de la planète et des animaux humains ou pas. Car, pendant qu'ils protègent l'Etat et ses institutions putréfiées, voilà ce qui se passe sur la planète que nous habitons : l'expansion de la civilisation comme le système technologico-industriel dévaste les forêts, les prairies, les rivières et les lacs qui peu à peu se perdent à cause de l'inconscience humaine et des attitudes antropocentrées. Et nous ne permettrons plus que cela se passe. Pour cela : Guerre au système capitaliste qui détruit la planète ! Solidarité révolutionnaire avec les compagnonNEs du Chili dans ces moments difficiles ! Que la mort de Mauri fasse se dresser des barricades incendiaires ! Balles, bombes, feu et pierres pour l'Etat et ses complices ! Avec attention : Commando d'Individus Libres, Dangereux, Sauvages et Incendiaires pour la Peste Noire (CILPSPN)"
Athènes, 29 mai 2009
_"Communiqué : Suite à l'incendie des distributeurs automatiques de billets de l'Eurobank, dans le secteur industriel de Marinopoulos la nuit du 29 mai. Une autre goutte de feu liquide dans l'océan qui noit la monstruosité urbaine. Un petit acte de solidarité avec tous les compagnons incarcérés pour avoir combattu directement les paysages les plus obscurs de cette monstruosité. PS : la destruction totale de l'appareil n'a pas été ce qu'on annoncé les médias Commando Mauricio Morales Duarte. Chile 22-5-09"
Barcelone, le 30 Mai 2009 "Dans l'après-midi du 30 mai 2009, un nombre indéterminé de personnes cagoulées a coupé les rues Torrent de l'olla et Travessera de Gracia avec du mobilier urbain et a ensuite mis le feu à ces barricades. Sur place ont été laissés une banderole et des tracts contre les prisons et en solidarité avce les prisonniers Amadeu Casellas et Joaquin Garcés. Le bloquage de la route a provoqué des embouteillages jusqu'à Via Augusta ainsi qu'une grande commotion chez les citoyens bien-pensants des alentours. Nous voulons enfin dédier cette action à un autre compagnon anarchiste chilien, Mauricio Morales, qui a infatigablement lutté contre ce monde de merde et ses prisons. Il est récemment mort à Santiago du Chili, alors qu'il posait un engin explosif contre une école de matons. Pour celles et ceux des nôtres qui sont tombés ou prisonniers, pour la fin des prisons et du monde qui les génère. Pour l'Anarchie".
Mexico, le 31 Mai 2009 "Dimanche dernier, le 31 mai nous avons démontré notre pratique anticapitaliste et, malgré la présence policière, nous avons attaqué une agence bancaire de type Banamex : 6 cocktails Molotov ont été lancés sur le distributeur, le panneau publicitaire et à l'intérieur de l'agence. Nous avons aussi essayé de laisser un tag en solidarité avec Amadeu et en mémoire de Mauri, mais cela n'a pas été possible dans le feu de l'action. Nous ne cherchons pas par là à créer des idoles, ce n'est rien de plus que de la solidarité révolutionnaire que d'attaquer directement ceux qui asphyxient nos vies, ceux qui immergent partout dans le monde des millions de personnes dans la misère et l'attente d'un avenir incertain, attaquer ceux qui s'enrichissent par l'exploitation de la nature qu'on l'appelle flore ou faune. (...) Mauri et Amadeu présents ! Pour la destruction de ce monde du capital, pour la construction d'un vrai monde de liberté ! Ni dialogues avec le pouvoir, ni médiations de l'état ! Pour l'extension du conflit contre l'autorité et l'ordre imposé ! Contre l'état et le capital ... guerre sociale !"
Buenos-Aires, le 31 Mai 2009 "La beauté de l'esprit humain, c'est la volonté de réaliser les rêves En mémoire du compagnon chilien Mauricio Morales décédé la semaine dernière et en solidarité avec les compagnons révolutionnaires chiliens séquestrés dans les centres d'extermination chiliens et argentins, nous avons attaqué avec une bombe artisanale le concessionaire Chevrolet situé à l'angle des rues Juan B Justo et Padilla détruisant une voiture et les vitres. Nous avons mis en évidence la vulnérabilité des méthodes de contrôle social que l'Etat/Capital nous impose au quotidien. Nous lançons un appel à ne pas baisser les bras et à étendre le conflit social, à la tempête émancipatrice qui détruira les engrenages de ce système de misère et de faim. La liberté ou la mort. Cellules révolutionnaires. Brigade Andrea Salsedo"
Chili, le 3 juin 2009 Communiqué de revendication suite à l'attaque avec des bombes de son de l'Institut Pégagogique : « Nous sommes entrés dans les cages de ce centre de production de marchandises idéologiques qui soutiennent le capital et reproduisent l'obéissance à l'autorité. (...) Nous revendiquons les idées qui ont mené le compagnon Mauricio à briser la peur et à attaquer le pouvoir avec courage et vaillance. Ce n'était pas un combattant social, c'était un antisocial en guerre contre toute forme d'ordre qui prétendrait dominer l'individu. Il a donné sa vie en faisant la guerre à la société. Nous appelons à la multiplication des actions directes contre le capital et tout germe autoritaire. Aussi petites ou grandes soient-elles, c'est le contenu que nous mettons dans ces actions qui corrode le pouvoir. L'objectif est à la fois simple et vaste : LA DESTRUCTION DE L'EXISTANT. Une accolade affectueuse aux amiEs, proches et compagnonNEs du Punki Mauri. Des jours de tourmente s'approchent, mais qu'elles et ils sachent qu'ils ne sont pas seuls. POUR LA PROLIFERATION DES ACTES DE REVOLTE. QUE LE CHAOS S'ETENDE COMME LA PESTE NOIRE."
Berlin, le 6 juin 2009 Communiqué : « Oaxaca est partout - les prisonnierEs dans la rue !!! Pour marquer l'insistance de notre exigence, nous avons réveillé de manière enflammée la maison d'un fonctionnaire de justice et les bureaux de l'association des matons au n°38 de la Schubathstrasse dans le quartier de Tegel. L'arrière du front ne se tient pas tranquille et ce ne sont pas seulement les flics et autres sbires de la sécurité et des polices municipales qui ne doivent plus s'imaginer à l'abri. Beaucoup d'autres participent aussi à la domination quotidienne et terroriser des êtres humains : les Pôles Emploi (Jobcenter), les écoles, les foyers, les hôpitaux psychiatriques, les universités, les vigiles, les avocats, les juges, les procureurs, les assistants sociaux , les éducateurs ... Nous nous réjouissons que le message du 1. Mai soit bien passé et que la conférence des Ministres de l'Intérieur doive discuter de mesures contre les attaques permanentes contre les flics, les pompiers etc. Apparement, de plus en plus de personnes ne sont plus disposées à accepter le monopole étatique de la violence et se défendent de manière offensive contre ce système capitaliste assassin. Un salut de liberté à Mauricio Morales - aux autres, nada ! « transformemos nuestro dolor en rabia y niuestra rabia en polvora” (transformons notre douleur en rage et notre rage en poudre)"
Chili, le 15 juin 2009 « Nous avons attaqué le Centre d'Aide aux Victimes de la Délinquance « Gral. Jose Bernales ». Le pouvoir est partout : symboles, images, structures, bâtiments, marchandises et personnes ... Aujourd'hui, le 15 juin, nous avons choisi d'attaquer (ce) centre qui porte le nom infame qui nous rappelle les temps où il a dirigé les Carabiniers du Chili, institution répressive au service de l'Etat et du Capital, en charge de la violence de maintien de la paix sociale. Fier de son travail, Brenales est mort il ya preque un an comme l'indigne qu'il a toujours été, en se se scratchant en hélicoptère au Panama, alors qu'il allait participer à une conférence sur le renseignement policier. Nous avons fêté et goûté sa mort, tout comme vous vous êtes réjouis de la mort de notre compagnon Mauricio Morales. (...)
PRISONNIERS ET PRISONNIERES DE LA GUERRE SOCIALE AU CHILI ET DANS LE MO NDE DEHORS MAINTENANT CONTRE TOUTE AUTORITE GUERRE SOCIALE !!!" Apumanque (Chili) : Attaque explosive manquée contre la Banco Edwards-City22 juin 2009, communiqué
"A travers ce mail, nous prenons la responsabilité de la pose d'une charge explosive contre la Banco Edwards-City Bank à Apumanque. L'engin était constitué d'une charge de 1 kilo d'explosifs activée par un système d'horlogerie qui activait à son tour une mèche à combustion lente pour éviter des accidents ou que quelqu'un soit touché, en tout cas chaque fois que l'objectif sera de provoquer des dégâts matériels à cette institution capitaliste putride. Malheureusement, un gardien s'est aperçu de l'existence du colis et a prévenu les gardes des riches, qui ont désamorcé le colis, nous privant des belles images d'une banque détruite.
Cette action manquée se voulait un hommage au frère mort il y a exactement un mois, en plus d'adhérer à une campagne internationale pour les prisonniers de la guerre sociale.
Pour Mauricio, pour tous ceux qui sont tombés, pour nos frères prisonniers et pour les inculpés, convertissons notre douleur en rage, et notre rage en poudre !
Nous continuerons, ils ne nous arrêterons pas !
Grupo Autónomo Mauricio Morales Duarte"
[Traduit de l'espagnol]
InsurgeEs InsurgeEs no-log.org
vahid militant gay iranien risque l'expulsion de france
l'imminence d'une expulsion vers l'Iran.
FRANCE : VAHID KIAN MOTLAGH, GAY IRANIEN, RISQUE LA DÉPORTATION, LA PERSÉCUTION ÉTATIQUE ET LA MORT. UN RÉSEAU D'ORGANISATIONS POUR LES DROITS HUMAINS DEMANDE L'ASILE POLITIQUE
RAPPELONS QUE VU LES DERNIERS EVENEMENT IRANIENS SI VAHID EST EXPULSE IL Y RISQUE SA VIE
Lyon, 23 juin 2009
Vahid Kian Motlagh, gay iranien de 32 ans, a été arrêté en France le 25 Mai 2009 et conduit au centre de rétention de Saint-Exupéry, près de Lyon. Il est menacé par l'imminence d'une expulsion vers l'Iran.
Vahid, qui allait avec le partenaire français en Belgique pour se marier, avait vécu en Italie pendant un an environ, sans documents.
En Mai 29, le juge Peuvrel du Tribunal administratif de Lyon a rejeté la demande de libération. Le même jour Vahid, en qualité de réfugié étranger persécuté dans son pays d'origine, a déposé une demande d'asile. La République islamique d'Iran prévoit l'emprisonnement, la torture et la peine capitale pour les homosexuels, qui viennent arrêtés par les autorités sur des accusations de « lavat » (sodomie), sans possibilité réelle de la défense, selon la loi islamique.
Selon les premières rumeurs, Vahid pouvait être expulsé, dans les prochains jours, de la France et rapatrié en Iran, en violation de la Convention de Genève, des mesures prévues par le Conseil européen de Tampere en 1999, de la Directive européenne n ° 83, du 29 avril 2004. Il s'agit de documents qui établissent le droit inaliénable de l'être humain de bénéficier d'une protection ou de l'asile, et ne pas être expulsé vers le pays d'origine ou dans un autre pays où il existe un risque de violation de ses droits fondamentaux.
Le Groupe EveryOne, la Fondation Luciano Massimo Consoli, l'Association Radicale "Certi Diritti" et un réseau d'organisations ont demandé au gouvernement français de mettre fin immédiatement à la procédure d'expulsion de Vahid, en lui libérant et permettant d'attendre sans angoisse la réponse à sa demande d'asile. "Nous avons demandé à l'Ambassadeur de France en Italie, Jean-Marc de la Sablière, son intercession auprès du ministre de l'Immigration et du Président Nicolas Sarkozy . Nous avons aussi transmis le dossier sur l'affaire Vahid Kian Motlagh au Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés António Guterres et à son représentant pour l'Italie Laura Boldrini," déclarent Roberto Malini, Matteo Pegoraro et Dario Picciau, co-présidents du Groupe EveryOne. "Le droit d'asile pour les réfugiés est reconnu dans la Déclaration universelle des droits de l'homme (art. 14) et dans la Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne, documents fondamentaux pour la démocratie et la civilisation.
Il s'agit d'un droit fondamental de l'être humain et tous les pays de l'UE doivent le reconnaitre et applier sans hésitation dans les cases comme celui de Vahid Kian Motlagh, qui fuit la violence et la persécution. Nous espérons, "concluent les activistes du Groupe EveryOne, "que Vahid et son compagnon se réunissent le plus tôt possible pour réaliser leur projet de s'unir dans le mariage et commencer une vie empreinte de dignité dans un pays qui reconnaît et protège leur identité et leur droits fondamentaux".
Pour des autres informations :
Groupe EveryOne
+39 334 8429527 :: +39 331 3585406
info at everyonegroup.com
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Lyon, 23 juin 2009
Vahid Kian Motlagh, gay iranien de 32 ans, a été arrêté en France le 25 Mai 2009 et conduit au centre de rétention de Saint-Exupéry, près de Lyon. Il est menacé par l'imminence d'une expulsion vers l'Iran.
Vahid, qui allait avec le partenaire français en Belgique pour se marier, avait vécu en Italie pendant un an environ, sans documents.
En Mai 29, le juge Peuvrel du Tribunal administratif de Lyon a rejeté la demande de libération. Le même jour Vahid, en qualité de réfugié étranger persécuté dans son pays d'origine, a déposé une demande d'asile. La République islamique d'Iran prévoit l'emprisonnement, la torture et la peine capitale pour les homosexuels, qui viennent arrêtés par les autorités sur des accusations de « lavat » (sodomie), sans possibilité réelle de la défense, selon la loi islamique.
Selon les premières rumeurs, Vahid pouvait être expulsé, dans les prochains jours, de la France et rapatrié en Iran, en violation de la Convention de Genève, des mesures prévues par le Conseil européen de Tampere en 1999, de la Directive européenne n ° 83, du 29 avril 2004. Il s'agit de documents qui établissent le droit inaliénable de l'être humain de bénéficier d'une protection ou de l'asile, et ne pas être expulsé vers le pays d'origine ou dans un autre pays où il existe un risque de violation de ses droits fondamentaux.
Le Groupe EveryOne, la Fondation Luciano Massimo Consoli, l'Association Radicale "Certi Diritti" et un réseau d'organisations ont demandé au gouvernement français de mettre fin immédiatement à la procédure d'expulsion de Vahid, en lui libérant et permettant d'attendre sans angoisse la réponse à sa demande d'asile. "Nous avons demandé à l'Ambassadeur de France en Italie, Jean-Marc de la Sablière, son intercession auprès du ministre de l'Immigration et du Président Nicolas Sarkozy . Nous avons aussi transmis le dossier sur l'affaire Vahid Kian Motlagh au Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés António Guterres et à son représentant pour l'Italie Laura Boldrini," déclarent Roberto Malini, Matteo Pegoraro et Dario Picciau, co-présidents du Groupe EveryOne. "Le droit d'asile pour les réfugiés est reconnu dans la Déclaration universelle des droits de l'homme (art. 14) et dans la Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne, documents fondamentaux pour la démocratie et la civilisation.
Il s'agit d'un droit fondamental de l'être humain et tous les pays de l'UE doivent le reconnaitre et applier sans hésitation dans les cases comme celui de Vahid Kian Motlagh, qui fuit la violence et la persécution. Nous espérons, "concluent les activistes du Groupe EveryOne, "que Vahid et son compagnon se réunissent le plus tôt possible pour réaliser leur projet de s'unir dans le mariage et commencer une vie empreinte de dignité dans un pays qui reconnaît et protège leur identité et leur droits fondamentaux".
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Lyon, 23 juin 2009
Vahid Kian Motlagh, gay iranien de 32 ans, a été arrêté en France le 25 Mai 2009 et conduit au centre de rétention de Saint-Exupéry, près de Lyon. Il est menacé par l'imminence d'une expulsion vers l'Iran.
Vahid, qui allait avec le partenaire français en Belgique pour se marier, avait vécu en Italie pendant un an environ, sans documents.
En Mai 29, le juge Peuvrel du Tribunal administratif de Lyon a rejeté la demande de libération. Le même jour Vahid, en qualité de réfugié étranger persécuté dans son pays d'origine, a déposé une demande d'asile. La République islamique d'Iran prévoit l'emprisonnement, la torture et la peine capitale pour les homosexuels, qui viennent arrêtés par les autorités sur des accusations de « lavat » (sodomie), sans possibilité réelle de la défense, selon la loi islamique.
Selon les premières rumeurs, Vahid pouvait être expulsé, dans les prochains jours, de la France et rapatrié en Iran, en violation de la Convention de Genève, des mesures prévues par le Conseil européen de Tampere en 1999, de la Directive européenne n ° 83, du 29 avril 2004. Il s'agit de documents qui établissent le droit inaliénable de l'être humain de bénéficier d'une protection ou de l'asile, et ne pas être expulsé vers le pays d'origine ou dans un autre pays où il existe un risque de violation de ses droits fondamentaux.
Le Groupe EveryOne, la Fondation Luciano Massimo Consoli, l'Association Radicale "Certi Diritti" et un réseau d'organisations ont demandé au gouvernement français de mettre fin immédiatement à la procédure d'expulsion de Vahid, en lui libérant et permettant d'attendre sans angoisse la réponse à sa demande d'asile. "Nous avons demandé à l'Ambassadeur de France en Italie, Jean-Marc de la Sablière, son intercession auprès du ministre de l'Immigration et du Président Nicolas Sarkozy . Nous avons aussi transmis le dossier sur l'affaire Vahid Kian Motlagh au Haut Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés António Guterres et à son représentant pour l'Italie Laura Boldrini," déclarent Roberto Malini, Matteo Pegoraro et Dario Picciau, co-présidents du Groupe EveryOne. "Le droit d'asile pour les réfugiés est reconnu dans la Déclaration universelle des droits de l'homme (art. 14) et dans la Charte des Droits fondamentaux de l'Union européenne, documents fondamentaux pour la démocratie et la civilisation.
Il s'agit d'un droit fondamental de l'être humain et tous les pays de l'UE doivent le reconnaitre et applier sans hésitation dans les cases comme celui de Vahid Kian Motlagh, qui fuit la violence et la persécution. Nous espérons, "concluent les activistes du Groupe EveryOne, "que Vahid et son compagnon se réunissent le plus tôt possible pour réaliser leur projet de s'unir dans le mariage et commencer une vie empreinte de dignité dans un pays qui reconnaît et protège leur identité et leur droits fondamentaux".
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Bourse du travail à Paris : réaction de SUD Education Paris après l'expulsion des sans papiers de la bourse du travail rue Charlot à Paris.
En s'installant à la Bourse du travail rue Charlot à Paris, les sans papiers revendiquaient leur situation de travailleurs, parmi l'ensemble des travailleurs. Ils en appelaient à la solidarité des organisations syndicales.
Mercredi 24 juin 2009, le Service d'Ordre de la CGT a expulsé les sans papiers de la bourse du travail, profitant que certains étaient partis manifester pour leur régularisation.
À l'heure où les sans papiers sont pourchassés, raflés, où la police vient les chercher jusque devant les écoles, où ils sont mis en rétention et expulsés en nombre dans leurs pays d'origine jusqu'au péril de leur vie, l'expulsion de la Bourse du Travail de travailleurs sans papiers qui représentent les plus précaires et donc les plus vulnérables d'entre nous, sur décision de gestionnaires syndicaux, est non seulement révoltante mais simplement contraire aux principes fondamentaux de ce qui doit fonder un véritable syndicalisme.
SUD éducation Paris a déjà eu l'occasion de s'opposer à une précédente tentative d'expulsion des sans papiers de la Bourse du Travail. Notre syndicat tient à exprimer sa colère devant cette décision honteuse, se désolidarise totalement de tels agissements, et ne saurait entendre de quelconques justifications. Nous tenons à exprimer notre entière solidarité à la CSP 75 et nous apportons notre soutien à ceux d'entre eux qui se retrouvent à la rue et en danger du fait des décisions indignes de gestionnaires syndicaux qui ont pour le coup tourné le dos à leur mission.
Nous demandons que leurs effets personnels et leur matériel leur soient restitués dans les plus brefs délais.
Sud éducation Paris continuera à se battre pour la régularisation sans conditions de tous les sans papiers et le droit à la liberté de circulation et d'installation pour tous !
A Paris, le 25 juin 2009
J'apprend avec tristesse et colère que ce matin l'Ud CGT de Paris a fait évacuer avec violences , mais pire encore avec et méthodes dignes de celles des sinistres milices patronales du 19 éme siécle , nos camarades sans papiers de la CSP75 qui occupaient la bourse du travail de la rue Charlot depuis un an
J'était militant de la CGT depuis des nombreuses années, pendant des années je défendait ma confédération syndicale, comme un bon petit soldat, chaque fois que j'entendait des critiques, pourtant ho combien justifiées finalement, sur ses dérives réformistes, malgré un constat amer de ma part , suite aux défaites sociales que nous encaissons coup sur coup depuis 2003 , malgré cela je m'obstinait a défendre notre conf' persuadé naïvement que nos bases pourrait changer notre syndicat de l'intérieur . Quand je voit la détermination et le courage qu'on eus aux Antilles nos camarades du LKP j'avoue qu'il y a de quoi ce poser des questions sur la capitulation devant Sarkozy et le Medef de notre syndicat
Mais la aujourd'hui avec ce qui c'est passé rue Charlot à Paris , c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, comment notre syndicat a-t'il pu s'abaisser a expulser des sans papiers qui occupaient une bourse du travail, et cela quand bien même on soit d'accord ou pas avec cette occupation ou pas !!!
Nos camarades sans papiers ( car pas question pour moi de faire la différence entre un travailleur sans papier et un sans papier tout court) ne sont – ils pas les plus précaires et les plus exploités des travailleurs, ne sont ‘ils pas ceux que le patronat exploitent le plus, ne sont-ils pas ceux et celles qui vivent dans la peur des rafles quotidiennes , des expulsions et des déportations, de la police de Hortefeux Par conséquent monsieur THIBBAULT recevra ce soir même par courrier et avec accusé de réception ma carte de la CGT déchirée, vu la déliquescence de la direction actuelle de notre syndicat, je ne m'attends bien sur a aucune réponses de la part de monsieur THIBBAULT
Salutation syndicales
Un Camarade ex de la CGT depuis ce soir
Je vous livre quelques témoignages que j'ai recueillis sur le net , des témoignages de colères avec lesquels je suis entièrement d'accord , même s'ils me font mal après toutes les années que j'ai pu donner de militance sincères a la Cgt
HORTEFEUX , JOUR 1 LA CGT COMPLICE
11h45.Rue Charlot. Une cinquantaine de nervis de la CGT, équipés de manches de pioches et bonbonnes lacrymo, cagoulés, arrivent au pas commando (filmés par les voisins, bd du Temple) , pénètrent au 85, gazent hommes , femmes et enfants, (le petit Mohamed, 2 ans est à l'hopital,une maman a été emmenée par les pompiers, les grands continuent à se frotter les yeux… ).
Les Travailleurs SP partis en marche vers Châtelet, comme tous les mercredi matins reviennent en hâte. Ils se heurtent aux compagnies de CRS déployées de la République au Cirque d'Hiver. Les CRS poursuivent (sans aucun ordre légal) l'expulsion entreprise par le SO de la CGT Paris. Ce soir, Monsieur PICARD le grassouillet permanent CGT de l'U .d paris triomphe sur FR3 Région Ile de France. f-Rance 3 trop contente de raconter les mensonge du permanent qui a oubliè ce que le mot syndicalisme voulait dire depuis longtemps
Ce soir, 800 personnes sont sur le trottoir, bd du Temple avec leur baluchon. Ces personnes sont des travailleurs qui étaient venus demander aide , asile et protection dans la maison des syndicats.
Ils paient des impôts, des charges sociales pour tous les français (Oui, puisqu'ils sont contraints de bosser avec un faux permis de travail à leur nom ! ! ! ) mais, eux, sont traités comme des malfaiteurs. Merci ! Vive Sarko/Hortefeux/Besson/Alliot et consorts ! Vive la solidarité syndicale envers les travailleurs isolés (tout le monde n'a pas la chance de travailler à La Tour d'Argent ou chez Costes…).
Vidéo de nos camarades sans papiers expulsés par les MILICIENS de la CGT
http://www.dailymotion.com/video/x9obfh_djibril-diaby-coordination-sanspapi_news
Paris : Bourse du travail expulsée
23h30 Plusieurs centaines de personnes sont toujours massées sur le boulevard du Temple à proximité de la bourse du travail dans le 3 ème arrondissement de Paris. La police occupe avec des véhicules la chaussée de République à la rue Charlot. De temps à autre une manifestation s'improvise aux cris de "libérez les sans papiers". Personne ne peut plus rejoindre les sans papiers et leurs soutiens. Sur le trottoir d'en face les habitants du quartier assistent consternés à cet événement. À quelques encablures de là les terrasses affichent complets, le malaise est là...
L'UD CGT parisienne expulse les sans papiers de la BdT Si vous avez des contacts sur Paris, faites suivre par tous moyens rapides ; pour l'instant il y a urgence mais demain tout syndicaliste qui se respecte encore devra demander des comptes à son syndicat.
Des flics, par centaines, ont soutenus un SO CGT qui n'y serait pas arrivé tout seul. Il faut rappeler que 400 sans papiers de la CSP75 (Coordination des sans papiers de Paris) se relayaient depuis plus d'un an pour occuper l'annexe de la Bourse du Travail, rue Charlot à côté de la place de la République, reprochant à leur "alliés" de la CGT de ne rien faire pour la régularisation des travailleurs sans papiers isolés.
C'est la confirmation que la CGT est en train de clore un cycle largement entamé après 68 et n'est plus qu'un appendice, semi-institutionnel du pouvoir en place ; CONTRE LES TRAVAILLEURS ! !! -pj49-
EXPULSION DES SANS PAPIERS DE LA BOURSE OCCUPÉE
LA CAGOULE EXPULSE LES SANS PAPIERS DEPUIS CE MATIN, ils sont aidé par des centaines de cars de police.
Impossible de compter les policiers, la direction de la CGT a fait appel aux policiers pour expulser ses propres sans papiers pour une grande partie d'entre eux. C'est immonde cette collaboration entre CGT ET POLICE. "VIVE LA FRANCE DE PETAIN"
Il y a un très grand risque d'interpellations de SP, nous avons besoin d'aide en super urgence. 85 rue charlot métro Filles du Calvaire.
Il y a aussi des femmes SP avec des enfants.
Salutations très attristées.
Bourse du travail à Paris : réaction de SUD Education Paris après l'expulsion des sans papiers de la bourse du travail rue Charlot à Paris.
En s'installant à la Bourse du travail rue Charlot à Paris, les sans papiers revendiquaient leur situation de travailleurs, parmi l'ensemble des travailleurs. Ils en appelaient à la solidarité des organisations syndicales.
Mercredi 24 juin 2009, le Service d'Ordre de la CGT a expulsé les sans papiers de la bourse du travail, profitant que certains étaient partis manifester pour leur régularisation.
À l'heure où les sans papiers sont pourchassés, raflés, où la police vient les chercher jusque devant les écoles, où ils sont mis en rétention et expulsés en nombre dans leurs pays d'origine jusqu'au péril de leur vie, l'expulsion de la Bourse du Travail de travailleurs sans papiers qui représentent les plus précaires et donc les plus vulnérables d'entre nous, sur décision de gestionnaires syndicaux, est non seulement révoltante mais simplement contraire aux principes fondamentaux de ce qui doit fonder un véritable syndicalisme.
SUD éducation Paris a déjà eu l'occasion de s'opposer à une précédente tentative d'expulsion des sans papiers de la Bourse du Travail. Notre syndicat tient à exprimer sa colère devant cette décision honteuse, se désolidarise totalement de tels agissements, et ne saurait entendre de quelconques justifications. Nous tenons à exprimer notre entière solidarité à la CSP 75 et nous apportons notre soutien à ceux d'entre eux qui se retrouvent à la rue et en danger du fait des décisions indignes de gestionnaires syndicaux qui ont pour le coup tourné le dos à leur mission.
Nous demandons que leurs effets personnels et leur matériel leur soient restitués dans les plus brefs délais.
Sud éducation Paris continuera à se battre pour la régularisation sans conditions de tous les sans papiers et le droit à la liberté de circulation et d'installation pour tous !
A Paris, le 25 juin 2009
J'apprend avec tristesse et colère que ce matin l'Ud CGT de Paris a fait évacuer avec violences , mais pire encore avec et méthodes dignes de celles des sinistres milices patronales du 19 éme siécle , nos camarades sans papiers de la CSP75 qui occupaient la bourse du travail de la rue Charlot depuis un an
J'était militant de la CGT depuis des nombreuses années, pendant des années je défendait ma confédération syndicale, comme un bon petit soldat, chaque fois que j'entendait des critiques, pourtant ho combien justifiées finalement, sur ses dérives réformistes, malgré un constat amer de ma part , suite aux défaites sociales que nous encaissons coup sur coup depuis 2003 , malgré cela je m'obstinait a défendre notre conf' persuadé naïvement que nos bases pourrait changer notre syndicat de l'intérieur . Quand je voit la détermination et le courage qu'on eus aux Antilles nos camarades du LKP j'avoue qu'il y a de quoi ce poser des questions sur la capitulation devant Sarkozy et le Medef de notre syndicat
Mais la aujourd'hui avec ce qui c'est passé rue Charlot à Paris , c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, comment notre syndicat a-t'il pu s'abaisser a expulser des sans papiers qui occupaient une bourse du travail, et cela quand bien même on soit d'accord ou pas avec cette occupation ou pas !!!
Nos camarades sans papiers ( car pas question pour moi de faire la différence entre un travailleur sans papier et un sans papier tout court) ne sont – ils pas les plus précaires et les plus exploités des travailleurs, ne sont ‘ils pas ceux que le patronat exploitent le plus, ne sont-ils pas ceux et celles qui vivent dans la peur des rafles quotidiennes , des expulsions et des déportations, de la police de Hortefeux Par conséquent monsieur THIBBAULT recevra ce soir même par courrier et avec accusé de réception ma carte de la CGT déchirée, vu la déliquescence de la direction actuelle de notre syndicat, je ne m'attends bien sur a aucune réponses de la part de monsieur THIBBAULT
Salutation syndicales
Un Camarade ex de la CGT depuis ce soir
Je vous livre quelques témoignages que j'ai recueillis sur le net , des témoignages de colères avec lesquels je suis entièrement d'accord , même s'ils me font mal après toutes les années que j'ai pu donner de militance sincères a la Cgt
HORTEFEUX , JOUR 1 LA CGT COMPLICE
11h45.Rue Charlot. Une cinquantaine de nervis de la CGT, équipés de manches de pioches et bonbonnes lacrymo, cagoulés, arrivent au pas commando (filmés par les voisins, bd du Temple) , pénètrent au 85, gazent hommes , femmes et enfants, (le petit Mohamed, 2 ans est à l'hopital,une maman a été emmenée par les pompiers, les grands continuent à se frotter les yeux… ).
Les Travailleurs SP partis en marche vers Châtelet, comme tous les mercredi matins reviennent en hâte. Ils se heurtent aux compagnies de CRS déployées de la République au Cirque d'Hiver. Les CRS poursuivent (sans aucun ordre légal) l'expulsion entreprise par le SO de la CGT Paris. Ce soir, Monsieur PICARD le grassouillet permanent CGT de l'U .d paris triomphe sur FR3 Région Ile de France. f-Rance 3 trop contente de raconter les mensonge du permanent qui a oubliè ce que le mot syndicalisme voulait dire depuis longtemps
Ce soir, 800 personnes sont sur le trottoir, bd du Temple avec leur baluchon. Ces personnes sont des travailleurs qui étaient venus demander aide , asile et protection dans la maison des syndicats.
Ils paient des impôts, des charges sociales pour tous les français (Oui, puisqu'ils sont contraints de bosser avec un faux permis de travail à leur nom ! ! ! ) mais, eux, sont traités comme des malfaiteurs. Merci ! Vive Sarko/Hortefeux/Besson/Alliot et consorts ! Vive la solidarité syndicale envers les travailleurs isolés (tout le monde n'a pas la chance de travailler à La Tour d'Argent ou chez Costes…).
Vidéo de nos camarades sans papiers expulsés par les MILICIENS de la CGT
http://www.dailymotion.com/video/x9obfh_djibril-diaby-coordination-sanspapi_news
Paris : Bourse du travail expulsée
23h30 Plusieurs centaines de personnes sont toujours massées sur le boulevard du Temple à proximité de la bourse du travail dans le 3 ème arrondissement de Paris. La police occupe avec des véhicules la chaussée de République à la rue Charlot. De temps à autre une manifestation s'improvise aux cris de "libérez les sans papiers". Personne ne peut plus rejoindre les sans papiers et leurs soutiens. Sur le trottoir d'en face les habitants du quartier assistent consternés à cet événement. À quelques encablures de là les terrasses affichent complets, le malaise est là...
L'UD CGT parisienne expulse les sans papiers de la BdT Si vous avez des contacts sur Paris, faites suivre par tous moyens rapides ; pour l'instant il y a urgence mais demain tout syndicaliste qui se respecte encore devra demander des comptes à son syndicat.
Des flics, par centaines, ont soutenus un SO CGT qui n'y serait pas arrivé tout seul. Il faut rappeler que 400 sans papiers de la CSP75 (Coordination des sans papiers de Paris) se relayaient depuis plus d'un an pour occuper l'annexe de la Bourse du Travail, rue Charlot à côté de la place de la République, reprochant à leur "alliés" de la CGT de ne rien faire pour la régularisation des travailleurs sans papiers isolés.
C'est la confirmation que la CGT est en train de clore un cycle largement entamé après 68 et n'est plus qu'un appendice, semi-institutionnel du pouvoir en place ; CONTRE LES TRAVAILLEURS ! !! -pj49-
EXPULSION DES SANS PAPIERS DE LA BOURSE OCCUPÉE
LA CAGOULE EXPULSE LES SANS PAPIERS DEPUIS CE MATIN, ils sont aidé par des centaines de cars de police.
Impossible de compter les policiers, la direction de la CGT a fait appel aux policiers pour expulser ses propres sans papiers pour une grande partie d'entre eux. C'est immonde cette collaboration entre CGT ET POLICE. "VIVE LA FRANCE DE PETAIN"
Il y a un très grand risque d'interpellations de SP, nous avons besoin d'aide en super urgence. 85 rue charlot métro Filles du Calvaire.
Il y a aussi des femmes SP avec des enfants.
Salutations très attristées.
Bourse du travail à Paris : réaction de SUD Education Paris après l'expulsion des sans papiers de la bourse du travail rue Charlot à Paris.
En s'installant à la Bourse du travail rue Charlot à Paris, les sans papiers revendiquaient leur situation de travailleurs, parmi l'ensemble des travailleurs. Ils en appelaient à la solidarité des organisations syndicales.
Mercredi 24 juin 2009, le Service d'Ordre de la CGT a expulsé les sans papiers de la bourse du travail, profitant que certains étaient partis manifester pour leur régularisation.
À l'heure où les sans papiers sont pourchassés, raflés, où la police vient les chercher jusque devant les écoles, où ils sont mis en rétention et expulsés en nombre dans leurs pays d'origine jusqu'au péril de leur vie, l'expulsion de la Bourse du Travail de travailleurs sans papiers qui représentent les plus précaires et donc les plus vulnérables d'entre nous, sur décision de gestionnaires syndicaux, est non seulement révoltante mais simplement contraire aux principes fondamentaux de ce qui doit fonder un véritable syndicalisme.
SUD éducation Paris a déjà eu l'occasion de s'opposer à une précédente tentative d'expulsion des sans papiers de la Bourse du Travail. Notre syndicat tient à exprimer sa colère devant cette décision honteuse, se désolidarise totalement de tels agissements, et ne saurait entendre de quelconques justifications. Nous tenons à exprimer notre entière solidarité à la CSP 75 et nous apportons notre soutien à ceux d'entre eux qui se retrouvent à la rue et en danger du fait des décisions indignes de gestionnaires syndicaux qui ont pour le coup tourné le dos à leur mission.
Nous demandons que leurs effets personnels et leur matériel leur soient restitués dans les plus brefs délais.
Sud éducation Paris continuera à se battre pour la régularisation sans conditions de tous les sans papiers et le droit à la liberté de circulation et d'installation pour tous !
A Paris, le 25 juin 2009
J'apprend avec tristesse et colère que ce matin l'Ud CGT de Paris a fait évacuer avec violences , mais pire encore avec et méthodes dignes de celles des sinistres milices patronales du 19 éme siécle , nos camarades sans papiers de la CSP75 qui occupaient la bourse du travail de la rue Charlot depuis un an
J'était militant de la CGT depuis des nombreuses années, pendant des années je défendait ma confédération syndicale, comme un bon petit soldat, chaque fois que j'entendait des critiques, pourtant ho combien justifiées finalement, sur ses dérives réformistes, malgré un constat amer de ma part , suite aux défaites sociales que nous encaissons coup sur coup depuis 2003 , malgré cela je m'obstinait a défendre notre conf' persuadé naïvement que nos bases pourrait changer notre syndicat de l'intérieur . Quand je voit la détermination et le courage qu'on eus aux Antilles nos camarades du LKP j'avoue qu'il y a de quoi ce poser des questions sur la capitulation devant Sarkozy et le Medef de notre syndicat
Mais la aujourd'hui avec ce qui c'est passé rue Charlot à Paris , c'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, comment notre syndicat a-t'il pu s'abaisser a expulser des sans papiers qui occupaient une bourse du travail, et cela quand bien même on soit d'accord ou pas avec cette occupation ou pas !!!
Nos camarades sans papiers ( car pas question pour moi de faire la différence entre un travailleur sans papier et un sans papier tout court) ne sont – ils pas les plus précaires et les plus exploités des travailleurs, ne sont ‘ils pas ceux que le patronat exploitent le plus, ne sont-ils pas ceux et celles qui vivent dans la peur des rafles quotidiennes , des expulsions et des déportations, de la police de Hortefeux Par conséquent monsieur THIBBAULT recevra ce soir même par courrier et avec accusé de réception ma carte de la CGT déchirée, vu la déliquescence de la direction actuelle de notre syndicat, je ne m'attends bien sur a aucune réponses de la part de monsieur THIBBAULT
Salutation syndicales
Un Camarade ex de la CGT depuis ce soir
Je vous livre quelques témoignages que j'ai recueillis sur le net , des témoignages de colères avec lesquels je suis entièrement d'accord , même s'ils me font mal après toutes les années que j'ai pu donner de militance sincères a la Cgt
HORTEFEUX , JOUR 1 LA CGT COMPLICE
11h45.Rue Charlot. Une cinquantaine de nervis de la CGT, équipés de manches de pioches et bonbonnes lacrymo, cagoulés, arrivent au pas commando (filmés par les voisins, bd du Temple) , pénètrent au 85, gazent hommes , femmes et enfants, (le petit Mohamed, 2 ans est à l'hopital,une maman a été emmenée par les pompiers, les grands continuent à se frotter les yeux… ).
Les Travailleurs SP partis en marche vers Châtelet, comme tous les mercredi matins reviennent en hâte. Ils se heurtent aux compagnies de CRS déployées de la République au Cirque d'Hiver. Les CRS poursuivent (sans aucun ordre légal) l'expulsion entreprise par le SO de la CGT Paris. Ce soir, Monsieur PICARD le grassouillet permanent CGT de l'U .d paris triomphe sur FR3 Région Ile de France. f-Rance 3 trop contente de raconter les mensonge du permanent qui a oubliè ce que le mot syndicalisme voulait dire depuis longtemps
Ce soir, 800 personnes sont sur le trottoir, bd du Temple avec leur baluchon. Ces personnes sont des travailleurs qui étaient venus demander aide , asile et protection dans la maison des syndicats.
Ils paient des impôts, des charges sociales pour tous les français (Oui, puisqu'ils sont contraints de bosser avec un faux permis de travail à leur nom ! ! ! ) mais, eux, sont traités comme des malfaiteurs. Merci ! Vive Sarko/Hortefeux/Besson/Alliot et consorts ! Vive la solidarité syndicale envers les travailleurs isolés (tout le monde n'a pas la chance de travailler à La Tour d'Argent ou chez Costes…).
Vidéo de nos camarades sans papiers expulsés par les MILICIENS de la CGT
http://www.dailymotion.com/video/x9obfh_djibril-diaby-coordination-sanspapi_news
Paris : Bourse du travail expulsée
23h30 Plusieurs centaines de personnes sont toujours massées sur le boulevard du Temple à proximité de la bourse du travail dans le 3 ème arrondissement de Paris. La police occupe avec des véhicules la chaussée de République à la rue Charlot. De temps à autre une manifestation s'improvise aux cris de "libérez les sans papiers". Personne ne peut plus rejoindre les sans papiers et leurs soutiens. Sur le trottoir d'en face les habitants du quartier assistent consternés à cet événement. À quelques encablures de là les terrasses affichent complets, le malaise est là...
L'UD CGT parisienne expulse les sans papiers de la BdT Si vous avez des contacts sur Paris, faites suivre par tous moyens rapides ; pour l'instant il y a urgence mais demain tout syndicaliste qui se respecte encore devra demander des comptes à son syndicat.
Des flics, par centaines, ont soutenus un SO CGT qui n'y serait pas arrivé tout seul. Il faut rappeler que 400 sans papiers de la CSP75 (Coordination des sans papiers de Paris) se relayaient depuis plus d'un an pour occuper l'annexe de la Bourse du Travail, rue Charlot à côté de la place de la République, reprochant à leur "alliés" de la CGT de ne rien faire pour la régularisation des travailleurs sans papiers isolés.
C'est la confirmation que la CGT est en train de clore un cycle largement entamé après 68 et n'est plus qu'un appendice, semi-institutionnel du pouvoir en place ; CONTRE LES TRAVAILLEURS ! !! -pj49-
EXPULSION DES SANS PAPIERS DE LA BOURSE OCCUPÉE
LA CAGOULE EXPULSE LES SANS PAPIERS DEPUIS CE MATIN, ils sont aidé par des centaines de cars de police.
Impossible de compter les policiers, la direction de la CGT a fait appel aux policiers pour expulser ses propres sans papiers pour une grande partie d'entre eux. C'est immonde cette collaboration entre CGT ET POLICE. "VIVE LA FRANCE DE PETAIN"
Il y a un très grand risque d'interpellations de SP, nous avons besoin d'aide en super urgence. 85 rue charlot métro Filles du Calvaire.
Il y a aussi des femmes SP avec des enfants.
Salutations très attristées.
Le 22 juin 2008, les sans-papiers enfermés au centre de rétention administrative de Vincennes se révoltaient et leur prison brûlait.
Cette révolte et cet incendie survenaient au lendemain du décès de Mr Salem Souli, un retenu tunisien mort faute de soins, et au terme de 6 mois de luttes continues faites de manifestations, grèves de la faim, refus d'obéir à la discipline et au règlement, départs de feu volontaires....
Le soulèvement des retenus de Vincennes n'est pas un épiphénomène. Partout dans le monde, les politiques de contrôle des mouvements de population sont de plus en plus répressives et les centres de rétention, zones d'attente et autres camps conçus pour trier et stocker les étrangers non autorisés à migrer se multiplient.
Face à cela, des millions de personnes, au péril de leur vie parfois, choisissent tout de même chaque année de quitter leurs proches et l'endroit où ils sont nés. Parallèlement, les formes de résistance se développent et s'intensifient. La liste des centres de rétention qui, suite à des rébellions ont brûlé partiellement ou totalement, est longue : Hadmonswoorth en Grande-Bretagne, Nantes, le Mesnil-Amelot, Plaisir, Bordeaux, Toulouse en France... Milan, Turin, Bari et Lampedusa en Italie, Steenokkerzeel en Belgique, Hal fair et safi à Malte, Edirne et Kumkapi en Turquie... La résistance prend plusieurs formes : occupation des toits, organisation d'évasions collectives dans plusieurs centres en Italie, refus de retourner en cellule et grève de la faim à Schiphol aux Pays bas, émeutes et bagarres avec les geôliers en solidarité avec les retenus bastonnés ou en instance d'expulsion, diffusion d'informations pour alerter celles et ceux qui sont dehors... A l'extérieur également, certain/es, avec ou sans papiers, participent à ces luttes. Opposition aux rafles dans les rues, aux expulsions dans les ports et les aéroports, mobilisation dans les tribunaux, manifestations contre les centres de rétention, campagnes contre les expulseurs et leurs collaborateurs, contact avec les enfermés pour diffuser les informations qu'ils veulent faire passer, solidarité avec les sans-papiers inculpés et emprisonnés suite aux révoltes... les luttes contre la machine à trier, enfermer et expulser sont multiples.
Aussi, manifester aujourd'hui devant le centre de rétention de Vincennes un an après la révolte n'a rien d'un anniversaire. Si la prison avait été définitivement détruite, si il n'y en avait pas des centaines d'autres, si la révolte des retenus s'était propagée à l'extérieur, si il n'y avait pas eu un mort, si personne n'avait été emprisonné ou expulsé suite à l'incendie, si seulement... alors nous pourrions nous réjouir.
Ce n'est pas non plus la commémoration d'un drame. Le drame c'est la mort de Salem Souli, les dizaines de tentatives de suicide chaque semaine parmi les retenus, les rafles, les expulsions... pas la destruction d'un centre de tri et de stockage humain de 280 places. 280 places qui ont fait cruellement défaut à l'administration française qui a d'ailleurs été obligée de ralentir le rythme des rafles en région parisienne.
Etre là aujourd'hui à Vincennes comme aux Pays-Bas (contre la construction d'un nouveau centre à Rotterdam) ou le 20 juin à Lille, Madrid ou Lyon où des manifestations doivent avoir lieu devant les Centres de rétention, c'est surtout s'inscrire dans toutes nos luttes quotidiennes, continuer à créer des liens, au-delà des frontières, des catégories et étiquettes créées pour mieux nous isoler. Parce que toutes ces politiques de contrôle des mouvements de populations s'inscrivent dans un système d'exploitation qui nous opprime tous/tes, derrière tous ceux et toutes celles qui sont enfermé/es derrière ces barbelés qui ne cessent de s'ériger, il y a aussi la liberté de chacun/e d'entre nous. A nous tous/tes d'envisager ensemble comment la conquérir.
Rassemblement devant le centre rétention de Vincennes
Vendredi 19 juin à 19h, RER A, arrêt Joinville-le-pont
Liberté de circulation et d'installation !
Liberté pour tous les inculpés lors de ces révoltes !
Liberté pour toutes et tous !
fermeturetention yahoo.fr
Le 22 juin 2008, les sans-papiers enfermés au centre de rétention administrative de Vincennes se révoltaient et leur prison brûlait.
Cette révolte et cet incendie survenaient au lendemain du décès de Mr Salem Souli, un retenu tunisien mort faute de soins, et au terme de 6 mois de luttes continues faites de manifestations, grèves de la faim, refus d'obéir à la discipline et au règlement, départs de feu volontaires....
Le soulèvement des retenus de Vincennes n'est pas un épiphénomène. Partout dans le monde, les politiques de contrôle des mouvements de population sont de plus en plus répressives et les centres de rétention, zones d'attente et autres camps conçus pour trier et stocker les étrangers non autorisés à migrer se multiplient.
Face à cela, des millions de personnes, au péril de leur vie parfois, choisissent tout de même chaque année de quitter leurs proches et l'endroit où ils sont nés. Parallèlement, les formes de résistance se développent et s'intensifient. La liste des centres de rétention qui, suite à des rébellions ont brûlé partiellement ou totalement, est longue : Hadmonswoorth en Grande-Bretagne, Nantes, le Mesnil-Amelot, Plaisir, Bordeaux, Toulouse en France... Milan, Turin, Bari et Lampedusa en Italie, Steenokkerzeel en Belgique, Hal fair et safi à Malte, Edirne et Kumkapi en Turquie... La résistance prend plusieurs formes : occupation des toits, organisation d'évasions collectives dans plusieurs centres en Italie, refus de retourner en cellule et grève de la faim à Schiphol aux Pays bas, émeutes et bagarres avec les geôliers en solidarité avec les retenus bastonnés ou en instance d'expulsion, diffusion d'informations pour alerter celles et ceux qui sont dehors... A l'extérieur également, certain/es, avec ou sans papiers, participent à ces luttes. Opposition aux rafles dans les rues, aux expulsions dans les ports et les aéroports, mobilisation dans les tribunaux, manifestations contre les centres de rétention, campagnes contre les expulseurs et leurs collaborateurs, contact avec les enfermés pour diffuser les informations qu'ils veulent faire passer, solidarité avec les sans-papiers inculpés et emprisonnés suite aux révoltes... les luttes contre la machine à trier, enfermer et expulser sont multiples.
Aussi, manifester aujourd'hui devant le centre de rétention de Vincennes un an après la révolte n'a rien d'un anniversaire. Si la prison avait été définitivement détruite, si il n'y en avait pas des centaines d'autres, si la révolte des retenus s'était propagée à l'extérieur, si il n'y avait pas eu un mort, si personne n'avait été emprisonné ou expulsé suite à l'incendie, si seulement... alors nous pourrions nous réjouir.
Ce n'est pas non plus la commémoration d'un drame. Le drame c'est la mort de Salem Souli, les dizaines de tentatives de suicide chaque semaine parmi les retenus, les rafles, les expulsions... pas la destruction d'un centre de tri et de stockage humain de 280 places. 280 places qui ont fait cruellement défaut à l'administration française qui a d'ailleurs été obligée de ralentir le rythme des rafles en région parisienne.
Etre là aujourd'hui à Vincennes comme aux Pays-Bas (contre la construction d'un nouveau centre à Rotterdam) ou le 20 juin à Lille, Madrid ou Lyon où des manifestations doivent avoir lieu devant les Centres de rétention, c'est surtout s'inscrire dans toutes nos luttes quotidiennes, continuer à créer des liens, au-delà des frontières, des catégories et étiquettes créées pour mieux nous isoler. Parce que toutes ces politiques de contrôle des mouvements de populations s'inscrivent dans un système d'exploitation qui nous opprime tous/tes, derrière tous ceux et toutes celles qui sont enfermé/es derrière ces barbelés qui ne cessent de s'ériger, il y a aussi la liberté de chacun/e d'entre nous. A nous tous/tes d'envisager ensemble comment la conquérir.
Rassemblement devant le centre rétention de Vincennes
Vendredi 19 juin à 19h, RER A, arrêt Joinville-le-pont
Liberté de circulation et d'installation !
Liberté pour tous les inculpés lors de ces révoltes !
Liberté pour toutes et tous !
fermeturetention yahoo.fr
Le 22 juin 2008, les sans-papiers enfermés au centre de rétention administrative de Vincennes se révoltaient et leur prison brûlait.
Cette révolte et cet incendie survenaient au lendemain du décès de Mr Salem Souli, un retenu tunisien mort faute de soins, et au terme de 6 mois de luttes continues faites de manifestations, grèves de la faim, refus d'obéir à la discipline et au règlement, départs de feu volontaires....
Le soulèvement des retenus de Vincennes n'est pas un épiphénomène. Partout dans le monde, les politiques de contrôle des mouvements de population sont de plus en plus répressives et les centres de rétention, zones d'attente et autres camps conçus pour trier et stocker les étrangers non autorisés à migrer se multiplient.
Face à cela, des millions de personnes, au péril de leur vie parfois, choisissent tout de même chaque année de quitter leurs proches et l'endroit où ils sont nés. Parallèlement, les formes de résistance se développent et s'intensifient. La liste des centres de rétention qui, suite à des rébellions ont brûlé partiellement ou totalement, est longue : Hadmonswoorth en Grande-Bretagne, Nantes, le Mesnil-Amelot, Plaisir, Bordeaux, Toulouse en France... Milan, Turin, Bari et Lampedusa en Italie, Steenokkerzeel en Belgique, Hal fair et safi à Malte, Edirne et Kumkapi en Turquie... La résistance prend plusieurs formes : occupation des toits, organisation d'évasions collectives dans plusieurs centres en Italie, refus de retourner en cellule et grève de la faim à Schiphol aux Pays bas, émeutes et bagarres avec les geôliers en solidarité avec les retenus bastonnés ou en instance d'expulsion, diffusion d'informations pour alerter celles et ceux qui sont dehors... A l'extérieur également, certain/es, avec ou sans papiers, participent à ces luttes. Opposition aux rafles dans les rues, aux expulsions dans les ports et les aéroports, mobilisation dans les tribunaux, manifestations contre les centres de rétention, campagnes contre les expulseurs et leurs collaborateurs, contact avec les enfermés pour diffuser les informations qu'ils veulent faire passer, solidarité avec les sans-papiers inculpés et emprisonnés suite aux révoltes... les luttes contre la machine à trier, enfermer et expulser sont multiples.
Aussi, manifester aujourd'hui devant le centre de rétention de Vincennes un an après la révolte n'a rien d'un anniversaire. Si la prison avait été définitivement détruite, si il n'y en avait pas des centaines d'autres, si la révolte des retenus s'était propagée à l'extérieur, si il n'y avait pas eu un mort, si personne n'avait été emprisonné ou expulsé suite à l'incendie, si seulement... alors nous pourrions nous réjouir.
Ce n'est pas non plus la commémoration d'un drame. Le drame c'est la mort de Salem Souli, les dizaines de tentatives de suicide chaque semaine parmi les retenus, les rafles, les expulsions... pas la destruction d'un centre de tri et de stockage humain de 280 places. 280 places qui ont fait cruellement défaut à l'administration française qui a d'ailleurs été obligée de ralentir le rythme des rafles en région parisienne.
Etre là aujourd'hui à Vincennes comme aux Pays-Bas (contre la construction d'un nouveau centre à Rotterdam) ou le 20 juin à Lille, Madrid ou Lyon où des manifestations doivent avoir lieu devant les Centres de rétention, c'est surtout s'inscrire dans toutes nos luttes quotidiennes, continuer à créer des liens, au-delà des frontières, des catégories et étiquettes créées pour mieux nous isoler. Parce que toutes ces politiques de contrôle des mouvements de populations s'inscrivent dans un système d'exploitation qui nous opprime tous/tes, derrière tous ceux et toutes celles qui sont enfermé/es derrière ces barbelés qui ne cessent de s'ériger, il y a aussi la liberté de chacun/e d'entre nous. A nous tous/tes d'envisager ensemble comment la conquérir.
Rassemblement devant le centre rétention de Vincennes
Vendredi 19 juin à 19h, RER A, arrêt Joinville-le-pont
Liberté de circulation et d'installation !
Liberté pour tous les inculpés lors de ces révoltes !
Liberté pour toutes et tous !
fermeturetention yahoo.fr
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En s'installant à la Bourse du travail rue Charlot à Paris, les sans papiers revendiquaient leur situation de travailleurs, parmi l'ensemble des travailleurs. Ils en appelaient à la solidarité des organisations syndicales.
Mercredi 24 juin 2009, le Service d'Ordre de la CGT a expulsé les sans papiers de la bourse du travail, profitant que certains étaient partis manifester pour leur régularisation.
À l'heure où les sans papiers sont pourchassés, raflés, où la police vient les chercher jusque devant les écoles, où ils sont mis en rétention et expulsés en nombre dans leurs pays d'origine jusqu'au péril de leur vie, l'expulsion de la Bourse du Travail de travailleurs sans papiers qui représentent les plus précaires et donc les plus vulnérables d'entre nous, sur décision de gestionnaires syndicaux, est non seulement révoltante mais simplement contraire aux principes fondamentaux de ce qui doit fonder un véritable syndicalisme.
SUD éducation Paris a déjà eu l'occasion de s'opposer à une précédente tentative d'expulsion des sans papiers de la Bourse du Travail. Notre syndicat tient à exprimer sa colère devant cette décision honteuse, se désolidarise totalement de tels agissements, et ne saurait entendre de quelconques justifications. Nous tenons à exprimer notre entière solidarité à la CSP 75 et nous apportons notre soutien à ceux d'entre eux qui se retrouvent à la rue et en danger du fait des décisions indignes de gestionnaires syndicaux qui ont pour le coup tourné le dos à leur mission.
Nous demandons que leurs effets personnels et leur matériel leur soient restitués dans les plus brefs délais.
Sud éducation Paris continuera à se battre pour la régularisation sans conditions de tous les sans papiers et le droit à la liberté de circulation et d'installation pour tous !
A Paris, le 25 juin 2009
Samedi 27 juin 2009 // 14H // Montparnasse
publié en ligne : 27 juin 2009
Act Up-Paris participera à la Marche des Fiertés LGBT de Paris. Rejoignez-nous !
Nous sommes placéEs à la 29ème place.
Parcours :
Le cortège partira à 14H de la Place du 18 juin 1940 - Montparnasse en direction de la Bastille. Il empruntera le boulevard Montparnasse en direction de Port-Royal, puis les boulevards St Michel, St Germain, le Pont de Sully et puis, par le boulevard Henri IV arrivera à la Place de la Bastille.
+ d'info sur le site de l'Inter-LGBT : [marche.inter-lgbt.org]
Face à la répression : Soutenons le peuple iranien !
La répression meurtrière contre le mouvement populaire en Iran s'intensifie chaque jour. Il est important, pour contribuer à faire cesser le massacre, que les progressistes et les travailleurs manifestent, tout autour du monde, leur solidarité et leur refus de la violence réactionnaire dont sont aujourd'hui victimes les iraniens !
L'Iran connaît aujourd'hui une crise politique importante. Alors que les différentes fractions de la classe dirigeante s'entredéchirent, des millions de personnes manifestent. Pour la première fois depuis des décennies, des femmes retirent leurs voiles dans la rue et les organisations progressistes distribuent des tracts massivement pour faire connaître leur position à la population.
Il est important de tout faire pour que ce mouvement ne soit pas écrasé !
La révolution iranienne de 1979 représentait un authentique soulèvement progressiste du peuple et des classes populaires iraniennes, après des décennies du pouvoir brutal du Shah d'Iran, à la solde de la réaction intérieure et de l'impérialisme.
Dans les deux années qui ont suivi, cette révolution a été confisqué par le gang théocratique de l'Ayathollah Khomeiny, qui a établi une dictature sanguinaire. Écrasant la gauche et le mouvement ouvrier, la République Islamique s'est construite contre les droits des femmes, les droits démocratiques et les acquis des travailleurs. Elle n'a pu se maintenir que par l'usage massif de la violence, de la torture et du meurtre.
Nous dénonçons évidemment Mahmoud Ahmaninedjad, responsable des fraudes électorales massives, mais nous ne soutenons pas non plus Moussavi, qui était premier ministre lors du massacre des prisonniers politiques de 1988, et qui est aujourd'hui présenté comme un démocrate par les grandes puissances occidentales. A l'inverse, nous nous plaçons résolument du côté des masses populaires iraniennes qui se soulèvent aujourd'hui contre la République Islamique !
Nous appelons l'ensemble des organisations démocratiques à la solidarité internationale avec le peuple, les travailleurs et les femmes d'Iran victimes de la répression brutale des milices du régime. Nous appelons à soutenir les forces progressistes iraniennes qui luttent pour les libertés démocratiques et pour une alternative ouvrière et populaire, loin de toute ingérence étrangère et de toute compromission avec ce régime meurtrier.
Nous appelons à un rassemblement Vendredi 26 Juin à 19h, Place Bellecour, ainsi qu'à poursuivre et à étendre les initiatives de solidarité dans les semaines qui viennent.
Signataires : Parti communiste-ouvrier d'Iran, CCI(t), Union pour le Communisme, Fédération Syndicale Etudiante - Lyon.
Des millions de bulletins pour Ahmadinejad truqués !
Compatriotes qui restez vigilants !
Votre participation massive, par dizaines de millions, a transformé encore une fois la dixième élection présidentielle en un référendum contre ce régime réactionnaire et frauduleux.
Des millions d'Iraniens ont défilé en brandissant des drapeaux verts en signe de protestation contre le gouvernement despotique et corrompu du Guide Spirituel et de sa clique.
Cela a ébranlé ce régime corrompu à un tel point que ses dirigeants, effrayés à l'idée de la répétition du 2 de Khordad [date de l'élection de Khatami en 1997 – qui a inspiré les mouvements iraniens opposés au régime actuel], ont ordonné à leurs forces de répression, dans les grandes villes, d'écraser la volonté de la majorité en organisant quasiment un coup d'Etat militaire.
Les attaques des forces de sécurité contre les milliers de jeunes qui sont descendus dans la rue pour protester contre la mascarade du régime, combinées à la fermeture forcée des Quartiers-Généraux de campagne de Mousavi ainsi qu'aux menaces que font peser les Gardes Révolutionnaires afin de réprimer toute protestation, sont des signes de la lourde défaite subie par les leaders du régime ce 12 juin.
Les deux candidats aux Présidentielles, Mousavi et Karroubi, ont déclaré que les résultats des élections sont nuls et non-avenus, et affirmé qu'ils ne quitteront pas la scène politique. Les manipulations et les fraudes concernant des millions de bulletins portant le nom d'Ahmadinedjad suivies par la confirmation de la validité des résultats électoraux par Khamenei montrent que le leader spirituel et ses milices armées sont les instigateurs de cette violence encouragée par l'Etat contre la volonté de millions d'Iraniens.
Cette mascarade électorale montre que le régime se situe à un tournant dans la manière dont il compte traiter ses opposants et démontre clairement que les « critiques de l'intérieur » ne seront plus autorisés à avoir des activités politiques, même limitées. La déclaration menaçante de Khamenei est effectivement un avertissement lancé aux candidats à la Présidence, exigeant leur reddition devant la réaction et leur départ de la scène politique.
Dans les dernières semaines, le Parti Tudeh a mis en garde à plusieurs reprises contre les projets sinistres des forces de répression et la préparation de l'écrasement de la volonté populaire. Nous avons demandé à ce que toutes les forces nationales et tous ceux qui luttent pour la liberté s'unissent pour une cause commune, s'opposer aux projets du régime. Nous ne devons pas laisser la force considérable du peuple, qui a enragé et pétrifié les réactionnaires, s'effriter et nous devons empêcher que le peuple se réfugie dans la désillusion, livrant à nouveau le devant de la scène aux forces réactionnaires.
Toutes les forces sociales et politiques du pays devraient déclarer les résultats des élections comme étant nuls et non-avenus et utiliser tous les moyens possibles pour faire entendre leurs protestations contre cette manipulation montée par le Leader Spirituel et ses fidèles armés. En organisant et en étendant la lutte, nous devons mettre le régime en place sous pression.
Accepter ces résultats électoraux serait une trahison du vote populaire et serait faire preuve de complicité avec un régime frauduleux et réactionnaire. Compatriotes qui restez vigilants ! Les leaders de ce régime ont gouverné par la force brutale et en trahissant les objectifs de la Révolution, maintenant ils sont sur le point de monter un coup d'Etat contre le peuple.
La forte présence de millions d'Iraniens, manifestant leur protestation, peut permettre de mettre en échec cette machination honteuse et sauver notre pays d'un danger sérieux.
Site du Parti Communiste (Tudeh) d'Iran :
Répercuté en anglais par :
Des millions de bulletins pour Ahmadinejad truqués !
Compatriotes qui restez vigilants !
Votre participation massive, par dizaines de millions, a transformé encore une fois la dixième élection présidentielle en un référendum contre ce régime réactionnaire et frauduleux.
Des millions d'Iraniens ont défilé en brandissant des drapeaux verts en signe de protestation contre le gouvernement despotique et corrompu du Guide Spirituel et de sa clique.
Cela a ébranlé ce régime corrompu à un tel point que ses dirigeants, effrayés à l'idée de la répétition du 2 de Khordad [date de l'élection de Khatami en 1997 – qui a inspiré les mouvements iraniens opposés au régime actuel], ont ordonné à leurs forces de répression, dans les grandes villes, d'écraser la volonté de la majorité en organisant quasiment un coup d'Etat militaire.
Les attaques des forces de sécurité contre les milliers de jeunes qui sont descendus dans la rue pour protester contre la mascarade du régime, combinées à la fermeture forcée des Quartiers-Généraux de campagne de Mousavi ainsi qu'aux menaces que font peser les Gardes Révolutionnaires afin de réprimer toute protestation, sont des signes de la lourde défaite subie par les leaders du régime ce 12 juin.
Les deux candidats aux Présidentielles, Mousavi et Karroubi, ont déclaré que les résultats des élections sont nuls et non-avenus, et affirmé qu'ils ne quitteront pas la scène politique. Les manipulations et les fraudes concernant des millions de bulletins portant le nom d'Ahmadinedjad suivies par la confirmation de la validité des résultats électoraux par Khamenei montrent que le leader spirituel et ses milices armées sont les instigateurs de cette violence encouragée par l'Etat contre la volonté de millions d'Iraniens.
Cette mascarade électorale montre que le régime se situe à un tournant dans la manière dont il compte traiter ses opposants et démontre clairement que les « critiques de l'intérieur » ne seront plus autorisés à avoir des activités politiques, même limitées. La déclaration menaçante de Khamenei est effectivement un avertissement lancé aux candidats à la Présidence, exigeant leur reddition devant la réaction et leur départ de la scène politique.
Dans les dernières semaines, le Parti Tudeh a mis en garde à plusieurs reprises contre les projets sinistres des forces de répression et la préparation de l'écrasement de la volonté populaire. Nous avons demandé à ce que toutes les forces nationales et tous ceux qui luttent pour la liberté s'unissent pour une cause commune, s'opposer aux projets du régime. Nous ne devons pas laisser la force considérable du peuple, qui a enragé et pétrifié les réactionnaires, s'effriter et nous devons empêcher que le peuple se réfugie dans la désillusion, livrant à nouveau le devant de la scène aux forces réactionnaires.
Toutes les forces sociales et politiques du pays devraient déclarer les résultats des élections comme étant nuls et non-avenus et utiliser tous les moyens possibles pour faire entendre leurs protestations contre cette manipulation montée par le Leader Spirituel et ses fidèles armés. En organisant et en étendant la lutte, nous devons mettre le régime en place sous pression.
Accepter ces résultats électoraux serait une trahison du vote populaire et serait faire preuve de complicité avec un régime frauduleux et réactionnaire. Compatriotes qui restez vigilants ! Les leaders de ce régime ont gouverné par la force brutale et en trahissant les objectifs de la Révolution, maintenant ils sont sur le point de monter un coup d'Etat contre le peuple.
La forte présence de millions d'Iraniens, manifestant leur protestation, peut permettre de mettre en échec cette machination honteuse et sauver notre pays d'un danger sérieux.
Site du Parti Communiste (Tudeh) d'Iran :
Répercuté en anglais par :
On nous a annoncé l'arrivée de 14 cars de CRS au squat des palestiniens sur le port, aux alentours de 15h.
1. Mangez du cheval policier
Sur le chemin vers le terrain du repas, 16h10, 2 policiers à cheval. je leur demande leur provenance et si les chevaux étaient bien dressés à ne pas être effrayés. Je traverse la rue, parle avec une passante et voilà que l'un des deux policiers traverse au trot la route très fréquentée et vient pratiquement nous bousculer du flanc de son cheval. " Vous voyez, ils ne sont pas effrayés" me dira-t-elle tandis que je me recule pour éviter que le cheval ne blesse la passante âgée.
Tombe alors les CRS en masse, puis des policiers en tenue puis la police en civil. La policière m'a demandé pardon mais a vite changé de ton à la vue des renforts, essayant le délit d'outrages. Malheureusement pour elle, ni les CRS, ni la police en civil ne désiraient me coincer. Ils visaient plus haut.
2.Le procureur lance son opération NB
Le petit nouveau du tribunal de Boulogne-sur-Mer avait comme par hasard lancé une opération de contrôle politique de tout ce qui ressemblait à du no border. Les contrôles au faciès appliqués aux opposants, histoire de bien montrer que la police nous protège.
Arrivée au bout de la rue Mollien, la police venait de bloquer la circulation et contrôlait les coffres. Une belle pagaille digne du désordre démocratique organisé. je retrouvais par hasard des copains du camp et nous nous interrogions sur ce déballage de forces de blocage quand des CRS sont arrivés en courant vers nous. Contrôle d'identité, fouille des sacs, prise de trois affiches no border. Nous avons du attendre collés à un mur pour on ne sait quelles raisons.

De retour au camp, nous avons appris l'arrestation de 6 copains. Les CRS qui étaient soit-disant partis au port n'auraient fait que photographier les abris des réfugiés palestiniens. A 14 cars ?
zetkin
[http:] alt="" />On nous a annoncé l'arrivée de 14 cars de CRS au squat des palestiniens sur le port, aux alentours de 15h.
1. Mangez du cheval policier
Sur le chemin vers le terrain du repas, 16h10, 2 policiers à cheval. je leur demande leur provenance et si les chevaux étaient bien dressés à ne pas être effrayés. Je traverse la rue, parle avec une passante et voilà que l'un des deux policiers traverse au trot la route très fréquentée et vient pratiquement nous bousculer du flanc de son cheval. " Vous voyez, ils ne sont pas effrayés" me dira-t-elle tandis que je me recule pour éviter que le cheval ne blesse la passante âgée.
[http:] alt="" /> Tombe alors les CRS en masse, puis des policiers en tenue puis la police en civil. La policière m'a demandé pardon mais a vite changé de ton à la vue des renforts, essayant le délit d'outrages. Malheureusement pour elle, ni les CRS, ni la police en civil ne désiraient me coincer. Ils visaient plus haut.
[http:] alt="" />2.Le procureur lance son opération NB
Le petit nouveau du tribunal de Boulogne-sur-Mer avait comme par hasard lancé une opération de contrôle politique de tout ce qui ressemblait à du no border. Les contrôles au faciès appliqués aux opposants, histoire de bien montrer que la police nous protège.
[http:] alt="" />
[http:] alt="" />Arrivée au bout de la rue Mollien, la police venait de bloquer la circulation et contrôlait les coffres. Une belle pagaille digne du désordre démocratique organisé. je retrouvais par hasard des copains du camp et nous nous interrogions sur ce déballage de forces de blocage quand des CRS sont arrivés en courant vers nous. Contrôle d'identité, fouille des sacs, prise de trois affiches no border. Nous avons du attendre collés à un mur pour on ne sait quelles raisons.
[http:] alt="" />
De retour au camp, nous avons appris l'arrestation de 6 copains. Les CRS qui étaient soit-disant partis au port n'auraient fait que photographier les abris des réfugiés palestiniens. A 14 cars ?
zetkin
ok, just a small update about the arrests :
* 2 people got released after 17 hours of detention, it are the only ones who gave fingerprints (kind of forced though)
* they only got to go 3 times to a toilet !
* the activists are not getting proper food neither water. Appearently they can only drink water when they go to the toilet, but this was only told them the third time they went to the toilet. The food is microwave and always the same : patatoes, carrots and beef mixed together, some vegetal sauces with chicken and rice. 90 percent are vegetarians, so they only could eat some dry rice.
* the boys were put with 19 in 1 cel
* the girls got matrasses but only after a doctor came to see them
* the homebase only was called for two activists, not for the rest. We went to the police station several times, but we didn't got further information. We wanted to bring food, but it was not received because they told us that the arrested people can choose between different meals along relegion, so it wouldn't be a problem to have some vegetarian food.
ok, just a small update about the arrests :
* 2 people got released after 17 hours of detention, it are the only ones who gave fingerprints (kind of forced though)
* they only got to go 3 times to a toilet !
* the activists are not getting proper food neither water. Appearently they can only drink water when they go to the toilet, but this was only told them the third time they went to the toilet. The food is microwave and always the same : patatoes, carrots and beef mixed together, some vegetal sauces with chicken and rice. 90 percent are vegetarians, so they only could eat some dry rice.
* the boys were put with 19 in 1 cel
* the girls got matrasses but only after a doctor came to see them
* the homebase only was called for two activists, not for the rest. We went to the police station several times, but we didn't got further information. We wanted to bring food, but it was not received because they told us that the arrested people can choose between different meals along relegion, so it wouldn't be a problem to have some vegetarian food.
ok, just a small update about the arrests :
* 2 people got released after 17 hours of detention, it are the only ones who gave fingerprints (kind of forced though)
* they only got to go 3 times to a toilet !
* the activists are not getting proper food neither water. Appearently they can only drink water when they go to the toilet, but this was only told them the third time they went to the toilet. The food is microwave and always the same : patatoes, carrots and beef mixed together, some vegetal sauces with chicken and rice. 90 percent are vegetarians, so they only could eat some dry rice.
* the boys were put with 19 in 1 cel
* the girls got matrasses but only after a doctor came to see them
* the homebase only was called for two activists, not for the rest. We went to the police station several times, but we didn't got further information. We wanted to bring food, but it was not received because they told us that the arrested people can choose between different meals along relegion, so it wouldn't be a problem to have some vegetarian food.
ok, just a small update about the arrests :
* 2 people got released after 17 hours of detention, it are the only ones who gave fingerprints (kind of forced though)
* they only got to go 3 times to a toilet !
* the activists are not getting proper food neither water. Appearently they can only drink water when they go to the toilet, but this was only told them the third time they went to the toilet. The food is microwave and always the same : patatoes, carrots and beef mixed together, some vegetal sauces with chicken and rice. 90 percent are vegetarians, so they only could eat some dry rice.
* the boys were put with 19 in 1 cel
* the girls got matrasses but only after a doctor came to see them
* the homebase only was called for two activists, not for the rest. We went to the police station several times, but we didn't got further information. We wanted to bring food, but it was not received because they told us that the arrested people can choose between different meals along relegion, so it wouldn't be a problem to have some vegetarian food.
ok, just a small update about the arrests :
* 2 people got released after 17 hours of detention, it are the only ones who gave fingerprints (kind of forced though)
* they only got to go 3 times to a toilet !
* the activists are not getting proper food neither water. Appearently they can only drink water when they go to the toilet, but this was only told them the third time they went to the toilet. The food is microwave and always the same : patatoes, carrots and beef mixed together, some vegetal sauces with chicken and rice. 90 percent are vegetarians, so they only could eat some dry rice.
* the boys were put with 19 in 1 cel
* the girls got matrasses but only after a doctor came to see them
* the homebase only was called for two activists, not for the rest. We went to the police station several times, but we didn't got further information. We wanted to bring food, but it was not received because they told us that the arrested people can choose between different meals along relegion, so it wouldn't be a problem to have some vegetarian food.
Des contrôles, et/ou fouilles, systèmatiques de toutes les personnes venant du camp ont eu lieu aux abords de la rue Phalsbourg.(un des gros axes pour aller vers le centre) durant toute l'après-midi...L'hélicopter ne s'arrêtant pas une minute de tourner dans le coin, sans oublier de s'approcher du sol.
Le dispositif mis en place avec les voitures de surveillance aux alentours du camps permettaient d'apporter des indications précises sur les voitures/personnes à contrôler.
Quatre personnes seraient en garde à vue depuis cet après midi.
La première arrestation a été annoncée vers 15 ou 16h dans mes souvenirs, je n'en connais pas précisément les raisons.
Pour les trois autres personnes, c'est un tir groupé suite à une fouille de voiture. Le motif est le port d'arme, lesquelles seraient des boules de pétanques, un pied de biche et une machette...
Les chiens sont lâchés...J'ai aussi eu écho d'une interdiction pour les personnes du no border de se rendre en centre ville, decision préfectorale, je n'en sais pas plus.
Des contrôles, et/ou fouilles, systèmatiques de toutes les personnes venant du camp ont eu lieu aux abords de la rue Phalsbourg.(un des gros axes pour aller vers le centre) durant toute l'après-midi...L'hélicopter ne s'arrêtant pas une minute de tourner dans le coin, sans oublier de s'approcher du sol.
Le dispositif mis en place avec les voitures de surveillance aux alentours du camps permettaient d'apporter des indications précises sur les voitures/personnes à contrôler.
Quatre personnes seraient en garde à vue depuis cet après midi.
La première arrestation a été annoncée vers 15 ou 16h dans mes souvenirs, je n'en connais pas précisément les raisons.
Pour les trois autres personnes, c'est un tir groupé suite à une fouille de voiture. Le motif est le port d'arme, lesquelles seraient des boules de pétanques, un pied de biche et une machette...
Les chiens sont lâchés...J'ai aussi eu écho d'une interdiction pour les personnes du no border de se rendre en centre ville, decision préfectorale, je n'en sais pas plus.
Le déferlement de la crise économique mondiale est aujourd'hui révélateur de l'impasse dans laquelle le système capitaliste enfonce l'humanité. Il est clair que dans tous les pays, la classe dirigeante n'a plus de modèles à proposer. Vingt ans après l'effondrement du modèle stalinien de l'Est et de son contrôle étatique sur la société, fini à son tour le rêve américain, brisé le modèle démocratique et occidental de développement de la richesse et de la prospérité que nous promettait à l'époque le “Nouvel ordre mondial” annoncé par Georges Bush senior en mars 1991. Et les gouvernements sociaux-démocrates n'ont pas seulement mieux fait face à la crise que ceux de droite, axés sur le “libéralisme sauvage”, mais ils ont aussi violemment attaqué les conditions de vie de la classe ouvrière partout dans le monde.
La situation ne va pas s'améliorer, contrairement à ce que prétend la bourgeoisie. Cette société, basée sur le profit et l'exploitation, ne peut même plus assurer l'avenir de ses enfants et des générations futures. La bourgeoisie n'a plus rien à proposer que davantage de misère. Le système ne peut plus être réformé, il doit être détruit de fond en comble par la seule force sociale capable de le remplacer par des rapports sociaux fondés non plus sur le profit et l'exploitation, mais sur la satisfaction et l'épanouissement des besoins humains : la classe ouvrière.
Face à la crise, la lutte de classe
Pour tous les prolétaires se pose aujourd'hui une question brûlante : comment résister aux coups de boutoirs de cette crise économique ? Comment lutter contre les licenciements et la paupérisation ?
Immédiatement et concrètement se pose alors une autre question à tous les ouvriers qui veulent lutter : pouvons-nous continuer à faire confiance aux syndicats et aux types d'actions qu'ils nous proposent ? Vont-ils vraiment dans le sens de la construction d'un rapport de forces favorable à la classe exploitée ?
Ainsi, que faut-il attendre des mobilisations que nous promettent les syndicats ? Rien ! En France, par exemple, après les mobilisations “dans l'unité syndicale” du 29 janvier et du 19 mars, puis celle de leur “Premier Mai unitaire et historique”, l'intersyndicale nationale avait appelé à faire du 26 mai ce qu'ils ont nommé une “journée de mobilisations décentralisées”, “en fonction des réalités locales”, la plupart du temps sans grève ni manifestation… Résultat : sauf des perturbations touchant les usagers de la SNCF ou des RER, ces “initiatives”, sans la moindre publicité de la part des syndicats dans la plupart des entreprises comme dans les autres services publics, sont passées quasiment inaperçues. Et maintenant, ils nous promettent une grande mobilisation d'ampleur le 13 juin… à la veille des vacances d'été ! Où nous conduit ce type de “lutte” ? Nulle part !
La bourgeoisie profite ici des difficultés de la classe ouvrière à lutter, notamment contre le déluge de licenciements qui s'abat dans le secteur privé où se pose d'emblée la question : à quoi sert-il de faire grève quand une usine ferme alors que cela permet au patron de se livrer au chantage de fermer l'usine encore plus tôt et de réduire les ouvriers de l'entreprise au chômage encore plus vite ? C'est d'ailleurs pour cela que les ouvriers n'ont pas d'autre alternative, derrière les syndicats, tant qu'ils restent isolés, site par site, entreprise par entreprise, paquet par paquet, que de se mettre en grève, quitte à perdre de suite leur emploi, pour défendre “leur” propre boîte, et de se résigner souvent, finalement, à arracher des indemnités de licenciements les “moins pires” possible (1). Evidemment, l'effet démoralisant et le sentiment d'impuissance qui en résulte fait le jeu de la bourgeoisie qui a les mains plus libres pour nous attaquer davantage. C'est ainsi que les syndicats ont réussi à saboter, en l'épuisant ou en l'étouffant momentanément, la dynamique de colère qui s'était développée au sein de la classe vers la fin de l'année 2008 et début 2009. D'ailleurs, le journal le Monde, après les manifestations syndicales du 1er mai, ne disait pas autre chose : “Le gouvernement semble en effet estimer que la mobilisation demeure pour l'instant très encadrée et donc contrôlée par les syndicats. Il s'attend à de nouveaux rendez-vous de confrontation en juin mais juge que d'ici l'été, il y a peu de risque de débordements sérieux. Les inquiétudes se portent plutôt sur la rentrée où les ministres redoutent une colère sociale plus vive, au fur et à mesure que les conséquences de la crise se feront plus fortes” (le Monde daté des 3 et 4 mai 2009). Cette inquiétude de la bourgeoisie est réelle et c'est pourquoi, dès maintenant, elle prépare ses nouveaux pièges et ses nouvelles manœuvres idéologiques.
Malgré et contre l'emprise actuelle des syndicats, comme le montre un de nos articles (2), l'avenir est par nécessité au développement, à l'expression grandissante de la solidarité ouvrière et à l'extension de la lutte de classe. Cette extension de la lutte ne pourra être réalisée réellement que si la classe ouvrière prend elle-même ses luttes en mains.
Wim - Courant Communiste International - www.internationalism.org
1) La proposition de Besancenot d'une “Marche nationale des ouvriers licenciés” sur Paris (Molex, Continental, Caterpillar…) pour promouvoir l'agitation en faveur d'une loi “interdisant les licenciements” ne permet nullement d'échapper aux mâchoires du même piège alors que nous savons déjà que les licenciements vont continuer de plus belle demain qu'ils ne concernent pas que les ouvriers licenciés aujourd'hui mais concernent bien toute la classe ouvrière. Le NPA joue ici le même rôle que l'ensemble des syndicats : il agit comme force d'encadrement d'une “catégorie particulière” de prolétaires, les ouvriers licenciés, en isolant ceux-ci du reste de leur classe.
2) Lire “Grève à Continental : pourquoi la lutte des “Contis” ne fait-elle pas trembler l'Etat ?”.
Le déferlement de la crise économique mondiale est aujourd'hui révélateur de l'impasse dans laquelle le système capitaliste enfonce l'humanité. Il est clair que dans tous les pays, la classe dirigeante n'a plus de modèles à proposer. Vingt ans après l'effondrement du modèle stalinien de l'Est et de son contrôle étatique sur la société, fini à son tour le rêve américain, brisé le modèle démocratique et occidental de développement de la richesse et de la prospérité que nous promettait à l'époque le “Nouvel ordre mondial” annoncé par Georges Bush senior en mars 1991. Et les gouvernements sociaux-démocrates n'ont pas seulement mieux fait face à la crise que ceux de droite, axés sur le “libéralisme sauvage”, mais ils ont aussi violemment attaqué les conditions de vie de la classe ouvrière partout dans le monde.
La situation ne va pas s'améliorer, contrairement à ce que prétend la bourgeoisie. Cette société, basée sur le profit et l'exploitation, ne peut même plus assurer l'avenir de ses enfants et des générations futures. La bourgeoisie n'a plus rien à proposer que davantage de misère. Le système ne peut plus être réformé, il doit être détruit de fond en comble par la seule force sociale capable de le remplacer par des rapports sociaux fondés non plus sur le profit et l'exploitation, mais sur la satisfaction et l'épanouissement des besoins humains : la classe ouvrière.
Face à la crise, la lutte de classe
Pour tous les prolétaires se pose aujourd'hui une question brûlante : comment résister aux coups de boutoirs de cette crise économique ? Comment lutter contre les licenciements et la paupérisation ?
Immédiatement et concrètement se pose alors une autre question à tous les ouvriers qui veulent lutter : pouvons-nous continuer à faire confiance aux syndicats et aux types d'actions qu'ils nous proposent ? Vont-ils vraiment dans le sens de la construction d'un rapport de forces favorable à la classe exploitée ?
Ainsi, que faut-il attendre des mobilisations que nous promettent les syndicats ? Rien ! En France, par exemple, après les mobilisations “dans l'unité syndicale” du 29 janvier et du 19 mars, puis celle de leur “Premier Mai unitaire et historique”, l'intersyndicale nationale avait appelé à faire du 26 mai ce qu'ils ont nommé une “journée de mobilisations décentralisées”, “en fonction des réalités locales”, la plupart du temps sans grève ni manifestation… Résultat : sauf des perturbations touchant les usagers de la SNCF ou des RER, ces “initiatives”, sans la moindre publicité de la part des syndicats dans la plupart des entreprises comme dans les autres services publics, sont passées quasiment inaperçues. Et maintenant, ils nous promettent une grande mobilisation d'ampleur le 13 juin… à la veille des vacances d'été ! Où nous conduit ce type de “lutte” ? Nulle part !
La bourgeoisie profite ici des difficultés de la classe ouvrière à lutter, notamment contre le déluge de licenciements qui s'abat dans le secteur privé où se pose d'emblée la question : à quoi sert-il de faire grève quand une usine ferme alors que cela permet au patron de se livrer au chantage de fermer l'usine encore plus tôt et de réduire les ouvriers de l'entreprise au chômage encore plus vite ? C'est d'ailleurs pour cela que les ouvriers n'ont pas d'autre alternative, derrière les syndicats, tant qu'ils restent isolés, site par site, entreprise par entreprise, paquet par paquet, que de se mettre en grève, quitte à perdre de suite leur emploi, pour défendre “leur” propre boîte, et de se résigner souvent, finalement, à arracher des indemnités de licenciements les “moins pires” possible (1). Evidemment, l'effet démoralisant et le sentiment d'impuissance qui en résulte fait le jeu de la bourgeoisie qui a les mains plus libres pour nous attaquer davantage. C'est ainsi que les syndicats ont réussi à saboter, en l'épuisant ou en l'étouffant momentanément, la dynamique de colère qui s'était développée au sein de la classe vers la fin de l'année 2008 et début 2009. D'ailleurs, le journal le Monde, après les manifestations syndicales du 1er mai, ne disait pas autre chose : “Le gouvernement semble en effet estimer que la mobilisation demeure pour l'instant très encadrée et donc contrôlée par les syndicats. Il s'attend à de nouveaux rendez-vous de confrontation en juin mais juge que d'ici l'été, il y a peu de risque de débordements sérieux. Les inquiétudes se portent plutôt sur la rentrée où les ministres redoutent une colère sociale plus vive, au fur et à mesure que les conséquences de la crise se feront plus fortes” (le Monde daté des 3 et 4 mai 2009). Cette inquiétude de la bourgeoisie est réelle et c'est pourquoi, dès maintenant, elle prépare ses nouveaux pièges et ses nouvelles manœuvres idéologiques.
Malgré et contre l'emprise actuelle des syndicats, comme le montre un de nos articles (2), l'avenir est par nécessité au développement, à l'expression grandissante de la solidarité ouvrière et à l'extension de la lutte de classe. Cette extension de la lutte ne pourra être réalisée réellement que si la classe ouvrière prend elle-même ses luttes en mains.
Wim - Courant Communiste International - www.internationalism.org
1) La proposition de Besancenot d'une “Marche nationale des ouvriers licenciés” sur Paris (Molex, Continental, Caterpillar…) pour promouvoir l'agitation en faveur d'une loi “interdisant les licenciements” ne permet nullement d'échapper aux mâchoires du même piège alors que nous savons déjà que les licenciements vont continuer de plus belle demain qu'ils ne concernent pas que les ouvriers licenciés aujourd'hui mais concernent bien toute la classe ouvrière. Le NPA joue ici le même rôle que l'ensemble des syndicats : il agit comme force d'encadrement d'une “catégorie particulière” de prolétaires, les ouvriers licenciés, en isolant ceux-ci du reste de leur classe.
2) Lire “Grève à Continental : pourquoi la lutte des “Contis” ne fait-elle pas trembler l'Etat ?”.
Contrairement à ce que tentent de faire croire, depuis des décennies, les gouvernants successifs et, particulièrement pendant la période récente, les sociaux libéraux et l'extrême-droite capitaliste de Sarkozy, les régimes de retraite par répartition peuvent être financés facilement.
Comme le rappelle très justement Jacques Cotta dans son livre “7 millions de travailleurs pauvres. La face cachée des temps modernes”, publié chez Fayard, le système actuel a été mis en place à la Libération, alors que l'économie française était exsangue. Ce qui ne l'a pas empêché de fonctionner et de répondre à une attente sociale forte.
Mais voilà, à l'époque, le Politique imposait sa vision à l'économie. Les acteurs économiques s'adaptaient. Chacun, patronat et salariés, trouvant avantage dans une relative paix sociale allant de pair avec progrès des conditions d'existence.
Aujourd'hui, la France n'a jamais été aussi riche. 5ème pays le plus riche du monde avec un PIB proche de 1700 milliards d'euros (chiffres 2005), elle consacre moins de 13% de cette richesse au financement des retraites.
Est-trop demandé à un Etat de soutenir un régime de répartition, qui a démontré son efficacité pour assurer un minimum de revenu à chacun après la période dite « active », afin qu'il continue d'assurer la solidarité entre générations ?
Est-ce trop demandé à une communauté de répondre, par un choix politique adapté, comme l'avait fait la France de la Libération, aux besoins croissants de financement de ce régime, du fait de l'augmentation de la durée de vie.
Un progrès humain, faut-il le souligner (à l'adresse des chiens fous sarkoziens), auquel, depuis 60 ans, la solidarité sociale a largement contribué. Faut-il à présent accepter la régression comme une fatalité, ce que veut faire croire le dogme ultra-libéral ? Certainement pas !
Les fonds de pension américains pillent les ressources
A l'heure où les fonds de pension américains assèchent les finances mondiales dans une course effrénée à la spéculation boursière, pour payer les retraites issues d'un système de capitalisation qui se caractérise par son injustice en écartant d'un revenu décent des dizaines de millions de personnes, la preuve est faite que le système de répartition ou de redistribution est, de très loin, le plus juste et le plus humain.
Pourtant, c'est bien ce système US pervers, -qui massacre des pans entiers de l'activité économique et tarie les sources de financement des retraites, en France et en Europe, - que les chantres sarkoziens de la loi de la jungle économique combinée au fascisme, n'ont de cesse de prôner.
L'économie de marché tue les emplois durables
Les revenus du « travail », sur lesquels sont basées les cotisations, ne peuvent suffire à pérenniser le régime de répartition. Soit ! Mais à qui la faute ? A une économie de marché agressive uniquement axée sur le profit, laquelle, en se substituant dans tous les secteurs à une économie de « subsistance, a détruit le tissu des emplois durables liés à la production de biens.
En quelques décennies, les revenus spéculatifs, responsables de la baisse des investissements productifs, ont connu une croissance énorme au détriment des autres formes de revenus. Or, la spéculation, en captant et immobilisant une grande part des ressources financières dans un circuit fermé, au profit d'une poignée de profiteurs, gangrène les rouages économiques.
La France de plus en plus riche serait incapable de financer les retraites… C'est faux !
Qui peut croire un instant que la France, de plus en plus riche, sera de moins en moins en mesure de financer les retraites ? « Dans le scénario économique de référence du Conseil d'orientation des retraites (COR), si la réglementation actuelle était maintenue, la part des dépenses de retraite dans le PIB, s'établirait entre 11,8% et 11,9% du PIB en 2010, entre 13,6 et 13,8% en 2020 et entre 15,7 et 16% en 2040. Dans ces conditions, le besoin de financement de retraite passerait de –0,2 point de PIB à 0,2 point en 2010, 2 points en 2020 et 4 points (soit 4% de la richesse nationale) en 2040. » (Extrait du dossier « le débat sur les retraites » la Documentation Française).
En vérité, l'argent existe, et en abondance ! Le PIB a augmenté de près de 37% en 10 ans (entre 1996 et 2005), ce qui représente plus de 450 milliards d'euros A qui a profité cette croissance ? Il suffit de changer les règles et de se servir de cette manne à bon escient !
Allonger la durée de cotisation aggrave le chômage
Consacrer 15 à 20% du PIB pour les retraites est-ce au-dessus des moyens d'un pays comme la France ? Non ! Sachant par ailleurs que l'argent ainsi redistribué sera de toute façon réinjecté dans l'économie par le biais de la consommation des retraités et reviendra en partie au budget de l'Etat par la fiscalité.
En 2002, on estimait que le retour à 37,5 ans de cotisations dans le privé ne coûterait chaque année que 0,3% du PIB, soit 4,5 milliards d'euros, à comparer aux 45 milliards d'euros de croissance annuelle (en moyenne) du PIB.
Si les actifs travaillent trois ans de plus, les possibilités d'embauche de jeunes seraient réduites de 100 000 par an. Sources : Alternatives Economiques, janvier 2005. Allonger la durée de cotisation ne peut qu'aggraver le chômage.
. Quelques centaines de milliers de nantis, 60 millions de laissés pour compte
Les gouvernants sont aujourd'hui à la botte des décideurs économiques ultra libéraux qui, eux-mêmes, sont les responsables d'une mondialisation outrancière privilégiant les profits immédiats ! Ils veulent une main-d'œuvre à vil prix qu'ils ne trouvent pas ici, alors ils licencient à tour de bras. Voilà ce qui pénalise les régimes de retraite qui perdent des cotisants.
Si les futurs dirigeants politiques continuent dans cette voie, notamment en laissant faire la délocalisation anarchique des pans entiers de nos activités et de nos industries, la France deviendra un aimable désert touristique peuplé de quelques centaines de milliers de nantis et de 60 millions de laissés pour compte.
Les chantres de l'économie capitaliste ultra libérale n'auront alors d'autre choix que d'accepter de redistribuer les richesses produites autrement que par le seul salaire. Faute de quoi, le consommateur français de base, privé d'un revenu du travail, deviendra une espèce en voie d'extinction.
Une retraite progressive à partir de 50 ans
L'être humain de plus de 45 ans pourra-t-il à nouveau être considéré comme un rouage essentiel de la population active ? Non, en particulier, tant que l'idéologie ultra-libérale terrorisera les peuples au profit d'une poignée de nantis sur la planète. En attendant, les quadragénaires et les quinquagénaires ne sont pas responsables de la discrimination qui les frappe.
En juin 2006 ; un sondage CSA indiquait que 76% des Français souhaitaient partir entre 50 et 60 ans, dont une grande part désireux de partir entre 50 et 55 ans. Le travail, sous sa forme actuelle, notamment à cause de sa précarité grandissante et son caractère liberticide par la soumission imposée au salarié, outre qu'il est de moins en moins bien supporté, devient une « denrée » rare.
De leur côté, les entreprises jettent sans vergogne des salariés qui leur ont consacré la majeure partie de leur vie. Dans ce contexte, le pays se doit d'être solidaire en donnant à chacun le droit d'aménager à son rythme sa cessation d'activité (progressive ou non) à partir de 50 ans, grâce à des mesures de solidarité préservant quoi qu'il advienne un revenu minimum d'existence.
Verdi
Contrairement à ce que tentent de faire croire, depuis des décennies, les gouvernants successifs et, particulièrement pendant la période récente, les sociaux libéraux et l'extrême-droite capitaliste de Sarkozy, les régimes de retraite par répartition peuvent être financés facilement.
Comme le rappelle très justement Jacques Cotta dans son livre “7 millions de travailleurs pauvres. La face cachée des temps modernes”, publié chez Fayard, le système actuel a été mis en place à la Libération, alors que l'économie française était exsangue. Ce qui ne l'a pas empêché de fonctionner et de répondre à une attente sociale forte.
Mais voilà, à l'époque, le Politique imposait sa vision à l'économie. Les acteurs économiques s'adaptaient. Chacun, patronat et salariés, trouvant avantage dans une relative paix sociale allant de pair avec progrès des conditions d'existence.
Aujourd'hui, la France n'a jamais été aussi riche. 5ème pays le plus riche du monde avec un PIB proche de 1700 milliards d'euros (chiffres 2005), elle consacre moins de 13% de cette richesse au financement des retraites.
Est-trop demandé à un Etat de soutenir un régime de répartition, qui a démontré son efficacité pour assurer un minimum de revenu à chacun après la période dite « active », afin qu'il continue d'assurer la solidarité entre générations ?
Est-ce trop demandé à une communauté de répondre, par un choix politique adapté, comme l'avait fait la France de la Libération, aux besoins croissants de financement de ce régime, du fait de l'augmentation de la durée de vie.
Un progrès humain, faut-il le souligner (à l'adresse des chiens fous sarkoziens), auquel, depuis 60 ans, la solidarité sociale a largement contribué. Faut-il à présent accepter la régression comme une fatalité, ce que veut faire croire le dogme ultra-libéral ? Certainement pas !
Les fonds de pension américains pillent les ressources
A l'heure où les fonds de pension américains assèchent les finances mondiales dans une course effrénée à la spéculation boursière, pour payer les retraites issues d'un système de capitalisation qui se caractérise par son injustice en écartant d'un revenu décent des dizaines de millions de personnes, la preuve est faite que le système de répartition ou de redistribution est, de très loin, le plus juste et le plus humain.
Pourtant, c'est bien ce système US pervers, -qui massacre des pans entiers de l'activité économique et tarie les sources de financement des retraites, en France et en Europe, - que les chantres sarkoziens de la loi de la jungle économique combinée au fascisme, n'ont de cesse de prôner.
L'économie de marché tue les emplois durables
Les revenus du « travail », sur lesquels sont basées les cotisations, ne peuvent suffire à pérenniser le régime de répartition. Soit ! Mais à qui la faute ? A une économie de marché agressive uniquement axée sur le profit, laquelle, en se substituant dans tous les secteurs à une économie de « subsistance, a détruit le tissu des emplois durables liés à la production de biens.
En quelques décennies, les revenus spéculatifs, responsables de la baisse des investissements productifs, ont connu une croissance énorme au détriment des autres formes de revenus. Or, la spéculation, en captant et immobilisant une grande part des ressources financières dans un circuit fermé, au profit d'une poignée de profiteurs, gangrène les rouages économiques.
La France de plus en plus riche serait incapable de financer les retraites… C'est faux !
Qui peut croire un instant que la France, de plus en plus riche, sera de moins en moins en mesure de financer les retraites ? « Dans le scénario économique de référence du Conseil d'orientation des retraites (COR), si la réglementation actuelle était maintenue, la part des dépenses de retraite dans le PIB, s'établirait entre 11,8% et 11,9% du PIB en 2010, entre 13,6 et 13,8% en 2020 et entre 15,7 et 16% en 2040. Dans ces conditions, le besoin de financement de retraite passerait de –0,2 point de PIB à 0,2 point en 2010, 2 points en 2020 et 4 points (soit 4% de la richesse nationale) en 2040. » (Extrait du dossier « le débat sur les retraites » la Documentation Française).
En vérité, l'argent existe, et en abondance ! Le PIB a augmenté de près de 37% en 10 ans (entre 1996 et 2005), ce qui représente plus de 450 milliards d'euros A qui a profité cette croissance ? Il suffit de changer les règles et de se servir de cette manne à bon escient !
Allonger la durée de cotisation aggrave le chômage
Consacrer 15 à 20% du PIB pour les retraites est-ce au-dessus des moyens d'un pays comme la France ? Non ! Sachant par ailleurs que l'argent ainsi redistribué sera de toute façon réinjecté dans l'économie par le biais de la consommation des retraités et reviendra en partie au budget de l'Etat par la fiscalité.
En 2002, on estimait que le retour à 37,5 ans de cotisations dans le privé ne coûterait chaque année que 0,3% du PIB, soit 4,5 milliards d'euros, à comparer aux 45 milliards d'euros de croissance annuelle (en moyenne) du PIB.
Si les actifs travaillent trois ans de plus, les possibilités d'embauche de jeunes seraient réduites de 100 000 par an. Sources : Alternatives Economiques, janvier 2005. Allonger la durée de cotisation ne peut qu'aggraver le chômage.
. Quelques centaines de milliers de nantis, 60 millions de laissés pour compte
Les gouvernants sont aujourd'hui à la botte des décideurs économiques ultra libéraux qui, eux-mêmes, sont les responsables d'une mondialisation outrancière privilégiant les profits immédiats ! Ils veulent une main-d'œuvre à vil prix qu'ils ne trouvent pas ici, alors ils licencient à tour de bras. Voilà ce qui pénalise les régimes de retraite qui perdent des cotisants.
Si les futurs dirigeants politiques continuent dans cette voie, notamment en laissant faire la délocalisation anarchique des pans entiers de nos activités et de nos industries, la France deviendra un aimable désert touristique peuplé de quelques centaines de milliers de nantis et de 60 millions de laissés pour compte.
Les chantres de l'économie capitaliste ultra libérale n'auront alors d'autre choix que d'accepter de redistribuer les richesses produites autrement que par le seul salaire. Faute de quoi, le consommateur français de base, privé d'un revenu du travail, deviendra une espèce en voie d'extinction.
Une retraite progressive à partir de 50 ans
L'être humain de plus de 45 ans pourra-t-il à nouveau être considéré comme un rouage essentiel de la population active ? Non, en particulier, tant que l'idéologie ultra-libérale terrorisera les peuples au profit d'une poignée de nantis sur la planète. En attendant, les quadragénaires et les quinquagénaires ne sont pas responsables de la discrimination qui les frappe.
En juin 2006 ; un sondage CSA indiquait que 76% des Français souhaitaient partir entre 50 et 60 ans, dont une grande part désireux de partir entre 50 et 55 ans. Le travail, sous sa forme actuelle, notamment à cause de sa précarité grandissante et son caractère liberticide par la soumission imposée au salarié, outre qu'il est de moins en moins bien supporté, devient une « denrée » rare.
De leur côté, les entreprises jettent sans vergogne des salariés qui leur ont consacré la majeure partie de leur vie. Dans ce contexte, le pays se doit d'être solidaire en donnant à chacun le droit d'aménager à son rythme sa cessation d'activité (progressive ou non) à partir de 50 ans, grâce à des mesures de solidarité préservant quoi qu'il advienne un revenu minimum d'existence.
Verdi
Cette campagne a commencé à partir d'un petit groupe de Prix Nobel, puis au Parlement Européen, à Bruxelles, au printemps 2008, avec une poignée de députés d'obédiences différentes. Depuis la fin décembre 2008, et les trois semaines de guerre à Gaza, le nombre de signataires a triplé (260 Parlementaires et Prix Nobel aujourd'hui). Mi-juin 2009, l'urgence de cet Appel est criante
OUVREZ LES PORTES !
Israël doit mettre fin au blocus de Gaza, à toutes les tueries, et permettre à Gaza de s'ouvrir au monde, de façon à assurer la possibilité d'une économie viable.
Les Palestiniens doivent mettre fin à toute attaque de roquettes sur Israël et les Israéliens.
Les êtres humains ne sont pas une monnaie d'échange.
En conséquence :
Les Palestiniens doivent libérer le sergent Gilad Shalit qu'ils gardent prisonnier depuis trois ans.
Les Israéliens, qui détiennent plus de dix mille personnes dans leurs prisons, doivent libérer un nombre significatif de femmes détenues, de malades, ceux qui sont les plus âgés, au terme de longues condamnations, ainsi que les prisonniers en détention administrative, y compris tous les membres élus de la législature palestinienne.
58 Prix Nobel
Peace Nobel Laureates : Bishop Carlos Belo, le Dalaï Lama, Shirin Ebadi, John Hume, Mairead Maguire, Adolfo Pérez Esquivel, Archbishop Desmond Tutu, Cora Weiss (UN Representative for ICP), Betty Williams, Jody Williams
Chemistry Nobel Laureates : Peter Agre, Paul Berg, Thomas Cech, Elias Corey, Robert Curl, Johann Deisenhofer, Manfred Eigen, Richard Ernst, John Fenn, Herbert Hauptman, Alan Heeger, Dudley Herschbach, Roald Hoffmann, Robert Huber, Sir Harold Kroto, Yuan T. Lee, William Lipscomb, Jens Skou
Medicine Nobel Laureates : Baruj Benacerraf, Günter Blobel, Arvid Carlsson, Christian de Duve, Martin Evans, Edmond Fischer, Roger Guillemin, Louis Ignarro, Eric Kandel, Erwin Neher, Marshall Nirenberg, Paul Nurse, Richard Roberts, E. Donnall Thomas, Torsten Wiesel
Prix Nobel de Physique : Zhores Alferov, Albert Fert, Donald Glaser, John Hall, Brian Josephson, Tony Leggett, Douglas Osheroff, Jack Steinberger, Gerardus 't Hooft, Daniel Tsui, Martinus Veltman
Prix Nobel de Littérature : Dario Fo, Elfriede Jelinek, Wole Soyinka
Prix Nobel d'Economie : James Mirrlees
202 Parlementaires Européens
France : Kader Arif, Catherine Boursier, Françoise Castex, Madeleine Jouye de Grandmaison, Harlem Désir, Hélène Flautre, Nicole Fontaine (ex Présidente du Parlement européen), Jean-Paul Gauzès, Marie Anne Isler Béguin, Anne Laperrouze, Alain Lipietz, General Philippe Morillon, Elisabeth Morin, Gérard Onesta (Vice-Président du Parlement), Béatrice Patrie, Martine Roure, Tokia Saïfi, Margie Sudre, Bernadette Vergnaud, Francis Wurtz
Allemagne : Alexander Alvaro, Angelika Beer, André Brie, Daniel Cohn-Bendit, Hildrud Breyer, Michael Cramer, Evelyne Gebhardt, Rebecca Harms, Milan Horáček, Gisela Kallenbach, Jo Leinen, Helmut Markov, Cem Özdemir, Tobias Pflüger, Horst Posdorf, Heide Rühle, Frithjof Schmidt, Feleknas Uca, Sahra Wagenknecht, Gabriele Zimmer
Grande-Bretagne : Christopher Beazley, John Bowis, Sharon Bowles, Chris Davies, Bairbre de Brún, Andrew Duff, Jill Evans, Malcolm Harbour, Sajjad Karim, Jean Lambert, Caroline Lucas, Elizabeth Lynne, David Martin, Linda McAvan, Claude Moraes, Bill Newton Dunn, John Purvis, Alyn Smith, Diana Wallis (Vice-Présidente du Parlement)
Belgique :Ivo Belet, Frieda Brepoels, Philippe Busquin, Giovanna Corda, Jean-Luc Dehaene, Véronique de Keyser (Chef de mission d'observation de l'Union européenne pour les élections législatives de Palestine, Vice-Présidente du groupe de travail sur le Moyen-Orient), Gérard Deprez, Mia de Vits (Quaestor), Saïd El Khadraoui, Mathieu Grosch, Alain Hutchinson, Pierre Jonckheer, Annemie Neyts-Uyttebroeck, Bart Staes, Dirk Sterckx, Johan Van Hecke, Anne Van Lancker
Espagne : Maria Badia i Cutchet, Barbara Dührkop Dührkop, Josep Borrell Fontelles, Juan Fraile Cantón, Vicente Miguel Garcés Ramón, Martí Grau i Segú, Ignasi Guardans Cambó, David Hammerstein, Mikel Irujo Amezaga, Miguel Angel Martínez Martínez (Vice-Président du Parlement), Emilio Menéndez del Valle, Willy Meyer Pleite, Raül Romeva i Rueda
Irlande : Liam Aylward, Colm Burke, Brian Crowley, Proinsias de Rossa, Avril Doyle, Marian Harkin, Jim Higgins, Mary Lou McDonald, Mairead McGuinness, Gay Mitchell, Sean O Neachtain, Eoin Ryan, Kathy Sinnott
Suède : Jan Andersson, Göran Färm, Hélène Goudin, Anna Hedh, Jens Holm, Maria Robsahm, Carl Schlyter, Inger Segelström, Eva-Britt Svensson, Åsa Westlund, Anders Wijkman
Hollande : Emine Bozkurt, Dorette Corbey, Jan Cremers, Elly de Groen, Lily Jacobs, Joost Lagendijk, Kartika Tamara Liotard, Jules Maaten, Erik Meijer, Jan Marinus Wiersma
Italie : Vittorio Agnoletto, Giuletto Chiesa, Fabio Ciani, Luigi Cocilovo (Vice-Président du Parlement), Monica Frassoni, Donata Gottardi, Umberto Guidoni (astronaute), Sepp Kusstatscher, Luisa Morgantini (Vice-Présidente du Parlement), Pasqualina Napoletano, Vittorio Prodi
Lituanie : Laima Liucija Andrikiené, Arunas Degutis, Jolanta Dickuté, Gintaras Didžiokas, Eugenijus Gentvilas, Vytautas Landsbergis, Eugenijus Maldeikis, Justas Vincas Paleckis, Aloyzas Sakalas
République tchèque : Richard Falbr, Vera Flasarová, Jaromir Kohliček, Jiri Mastalka, Miloslav Ransdorf, Vladimir Remek, Daniel Strož, Tomas Zatloukal, Jaroslav Zvěřina
Portugal : Maria da Assunção Esteves, Edite Estrela, Armando França, Ana Maria Gomes, Ilda Figueiredo, Jamila Madeira, Miguel Portas
Grèce : Costas Botopoulos, Giorgios Dimitrakopoulos, Dimitris Papadimoulis, Antonios Trakatellis, Nikolaos Vakalis, Ioannis Varvitsiotis
Chypre : Adamos Adamou, Panayiotis Demetriou, Ioannis Kasoulides, Marios Matsakis, Yiannakis Matsis, Kyriacos Triantaphyllides (Président, Délégation pour Relations avec le Parlement Palestinien)
Pologne : Adam Gierek, Wieslaw Stefan Kuc, Urszula Krupa, Leopold Jozef Rutowicz, Tadeusz Zwiefka
Finlande : Satu Hassi, Piia-Noora Kauppi, Reino Paasilinna, Sirpa Pietikäinen
Romanie : Cristian Silviu Busoi, Gabriela Cretu, Magor Imre Csibi, Renate Weber
Slovénie : Mihael Brejc, Mojca Drčar Murko, Jelko Kacin, Alojz Peterle
Danemark : Margrete Auken, Johannes Lebech, Soren Sondergaard
Luxembourg : Erna Hennicot-Schoepges, Claude Turmes
Lettonie : Guntars Krasts (ex Premier Ministre de Lettonie), Tatjana Zdanoka
Autriche : Harald Ettl, Karin Resetarits
Bulgarie : Mariela Velichkova Baeva
Hongrie : Magda Kósáné Kovács
Slovaquie : Árpád Duka-Zólyomi
Estonie : Toomas Savi
Malte : Louis Grech
Auteurs
Yasmina Khadra, Franca Rame, Noam Chomsky, Martin Gray (résistant survivant du ghetto de Varsovie), David Grossman, Amos Oz, Michel Rocard (ex Premier Ministre)
source : peace.lines.free.fr
posté par ahad haam
Cette campagne a commencé à partir d'un petit groupe de Prix Nobel, puis au Parlement Européen, à Bruxelles, au printemps 2008, avec une poignée de députés d'obédiences différentes. Depuis la fin décembre 2008, et les trois semaines de guerre à Gaza, le nombre de signataires a triplé (260 Parlementaires et Prix Nobel aujourd'hui). Mi-juin 2009, l'urgence de cet Appel est criante
OUVREZ LES PORTES !
Israël doit mettre fin au blocus de Gaza, à toutes les tueries, et permettre à Gaza de s'ouvrir au monde, de façon à assurer la possibilité d'une économie viable.
Les Palestiniens doivent mettre fin à toute attaque de roquettes sur Israël et les Israéliens.
Les êtres humains ne sont pas une monnaie d'échange.
En conséquence :
Les Palestiniens doivent libérer le sergent Gilad Shalit qu'ils gardent prisonnier depuis trois ans.
Les Israéliens, qui détiennent plus de dix mille personnes dans leurs prisons, doivent libérer un nombre significatif de femmes détenues, de malades, ceux qui sont les plus âgés, au terme de longues condamnations, ainsi que les prisonniers en détention administrative, y compris tous les membres élus de la législature palestinienne.
58 Prix Nobel
Peace Nobel Laureates : Bishop Carlos Belo, le Dalaï Lama, Shirin Ebadi, John Hume, Mairead Maguire, Adolfo Pérez Esquivel, Archbishop Desmond Tutu, Cora Weiss (UN Representative for ICP), Betty Williams, Jody Williams
Chemistry Nobel Laureates : Peter Agre, Paul Berg, Thomas Cech, Elias Corey, Robert Curl, Johann Deisenhofer, Manfred Eigen, Richard Ernst, John Fenn, Herbert Hauptman, Alan Heeger, Dudley Herschbach, Roald Hoffmann, Robert Huber, Sir Harold Kroto, Yuan T. Lee, William Lipscomb, Jens Skou
Medicine Nobel Laureates : Baruj Benacerraf, Günter Blobel, Arvid Carlsson, Christian de Duve, Martin Evans, Edmond Fischer, Roger Guillemin, Louis Ignarro, Eric Kandel, Erwin Neher, Marshall Nirenberg, Paul Nurse, Richard Roberts, E. Donnall Thomas, Torsten Wiesel
Prix Nobel de Physique : Zhores Alferov, Albert Fert, Donald Glaser, John Hall, Brian Josephson, Tony Leggett, Douglas Osheroff, Jack Steinberger, Gerardus 't Hooft, Daniel Tsui, Martinus Veltman
Prix Nobel de Littérature : Dario Fo, Elfriede Jelinek, Wole Soyinka
Prix Nobel d'Economie : James Mirrlees
202 Parlementaires Européens
France : Kader Arif, Catherine Boursier, Françoise Castex, Madeleine Jouye de Grandmaison, Harlem Désir, Hélène Flautre, Nicole Fontaine (ex Présidente du Parlement européen), Jean-Paul Gauzès, Marie Anne Isler Béguin, Anne Laperrouze, Alain Lipietz, General Philippe Morillon, Elisabeth Morin, Gérard Onesta (Vice-Président du Parlement), Béatrice Patrie, Martine Roure, Tokia Saïfi, Margie Sudre, Bernadette Vergnaud, Francis Wurtz
Allemagne : Alexander Alvaro, Angelika Beer, André Brie, Daniel Cohn-Bendit, Hildrud Breyer, Michael Cramer, Evelyne Gebhardt, Rebecca Harms, Milan Horáček, Gisela Kallenbach, Jo Leinen, Helmut Markov, Cem Özdemir, Tobias Pflüger, Horst Posdorf, Heide Rühle, Frithjof Schmidt, Feleknas Uca, Sahra Wagenknecht, Gabriele Zimmer
Grande-Bretagne : Christopher Beazley, John Bowis, Sharon Bowles, Chris Davies, Bairbre de Brún, Andrew Duff, Jill Evans, Malcolm Harbour, Sajjad Karim, Jean Lambert, Caroline Lucas, Elizabeth Lynne, David Martin, Linda McAvan, Claude Moraes, Bill Newton Dunn, John Purvis, Alyn Smith, Diana Wallis (Vice-Présidente du Parlement)
Belgique :Ivo Belet, Frieda Brepoels, Philippe Busquin, Giovanna Corda, Jean-Luc Dehaene, Véronique de Keyser (Chef de mission d'observation de l'Union européenne pour les élections législatives de Palestine, Vice-Présidente du groupe de travail sur le Moyen-Orient), Gérard Deprez, Mia de Vits (Quaestor), Saïd El Khadraoui, Mathieu Grosch, Alain Hutchinson, Pierre Jonckheer, Annemie Neyts-Uyttebroeck, Bart Staes, Dirk Sterckx, Johan Van Hecke, Anne Van Lancker
Espagne : Maria Badia i Cutchet, Barbara Dührkop Dührkop, Josep Borrell Fontelles, Juan Fraile Cantón, Vicente Miguel Garcés Ramón, Martí Grau i Segú, Ignasi Guardans Cambó, David Hammerstein, Mikel Irujo Amezaga, Miguel Angel Martínez Martínez (Vice-Président du Parlement), Emilio Menéndez del Valle, Willy Meyer Pleite, Raül Romeva i Rueda
Irlande : Liam Aylward, Colm Burke, Brian Crowley, Proinsias de Rossa, Avril Doyle, Marian Harkin, Jim Higgins, Mary Lou McDonald, Mairead McGuinness, Gay Mitchell, Sean O Neachtain, Eoin Ryan, Kathy Sinnott
Suède : Jan Andersson, Göran Färm, Hélène Goudin, Anna Hedh, Jens Holm, Maria Robsahm, Carl Schlyter, Inger Segelström, Eva-Britt Svensson, Åsa Westlund, Anders Wijkman
Hollande : Emine Bozkurt, Dorette Corbey, Jan Cremers, Elly de Groen, Lily Jacobs, Joost Lagendijk, Kartika Tamara Liotard, Jules Maaten, Erik Meijer, Jan Marinus Wiersma
Italie : Vittorio Agnoletto, Giuletto Chiesa, Fabio Ciani, Luigi Cocilovo (Vice-Président du Parlement), Monica Frassoni, Donata Gottardi, Umberto Guidoni (astronaute), Sepp Kusstatscher, Luisa Morgantini (Vice-Présidente du Parlement), Pasqualina Napoletano, Vittorio Prodi
Lituanie : Laima Liucija Andrikiené, Arunas Degutis, Jolanta Dickuté, Gintaras Didžiokas, Eugenijus Gentvilas, Vytautas Landsbergis, Eugenijus Maldeikis, Justas Vincas Paleckis, Aloyzas Sakalas
République tchèque : Richard Falbr, Vera Flasarová, Jaromir Kohliček, Jiri Mastalka, Miloslav Ransdorf, Vladimir Remek, Daniel Strož, Tomas Zatloukal, Jaroslav Zvěřina
Portugal : Maria da Assunção Esteves, Edite Estrela, Armando França, Ana Maria Gomes, Ilda Figueiredo, Jamila Madeira, Miguel Portas
Grèce : Costas Botopoulos, Giorgios Dimitrakopoulos, Dimitris Papadimoulis, Antonios Trakatellis, Nikolaos Vakalis, Ioannis Varvitsiotis
Chypre : Adamos Adamou, Panayiotis Demetriou, Ioannis Kasoulides, Marios Matsakis, Yiannakis Matsis, Kyriacos Triantaphyllides (Président, Délégation pour Relations avec le Parlement Palestinien)
Pologne : Adam Gierek, Wieslaw Stefan Kuc, Urszula Krupa, Leopold Jozef Rutowicz, Tadeusz Zwiefka
Finlande : Satu Hassi, Piia-Noora Kauppi, Reino Paasilinna, Sirpa Pietikäinen
Romanie : Cristian Silviu Busoi, Gabriela Cretu, Magor Imre Csibi, Renate Weber
Slovénie : Mihael Brejc, Mojca Drčar Murko, Jelko Kacin, Alojz Peterle
Danemark : Margrete Auken, Johannes Lebech, Soren Sondergaard
Luxembourg : Erna Hennicot-Schoepges, Claude Turmes
Lettonie : Guntars Krasts (ex Premier Ministre de Lettonie), Tatjana Zdanoka
Autriche : Harald Ettl, Karin Resetarits
Bulgarie : Mariela Velichkova Baeva
Hongrie : Magda Kósáné Kovács
Slovaquie : Árpád Duka-Zólyomi
Estonie : Toomas Savi
Malte : Louis Grech
Auteurs
Yasmina Khadra, Franca Rame, Noam Chomsky, Martin Gray (résistant survivant du ghetto de Varsovie), David Grossman, Amos Oz, Michel Rocard (ex Premier Ministre)
source : peace.lines.free.fr
posté par ahad haam
« Tierra y Libertad » pour tous les peuples du monde !
Solidarité avec les communautés péruviennes en lutte
Pérou, vendredi 5 juin, 5 heures du matin, l'Etat montre son vrai visage : l'armée et la police attaquent par terre et par air, en utilisant des balles réelles. Il en résulte des dizaines de morts, des centaines de blessés. Les « dangereux terroristes » éliminés appartiennent à des peuples autochtones de la région Amazonas qui bloquaient pacifiquement une route près de Bagua au nord du Pérou.
Depuis, la zone est totalement militarisée, des responsables amérindiens sont recherchés par toutes les polices... Il en coûte cher de s'opposer aux intérêts des multinationales, dont l'Etat est le garant... Pourtant Alan García avait été élu en 2006 pour changer le modèle économique néolibéral en place... Ce ne sont pas les anarchistes qui s'étonneront de la trahison des promesses des politiciens, quelle que soit leur couleur.
Cela fait bien longtemps que les territoires amazoniens occupés par les peuples originels font l'objet des convoitises capitalistes. Déjà, au début du vingtième siècle, la « fièvre du caoutchouc » avait conduit aventuriers et hommes d'affaires à torturer et massacrer des communautés indigènes.
Plus récemment, après la signature d'un traité de libre commerce avec les Etats-Unis (TLC), le gouvernement péruvien avait imposé en 2008 des décrets facilitant l'implantation d'entreprises pétrolières, gazières, minières ou liées à l'exploitation forestière ou au tourisme. Depuis, les protestations et manifestations se sont amplifiées au Pérou. Dernièrement, en mai 2009, à l'occasion de la « 4ème Rencontre continentale des peuples et nationalités indigènes de l'Abya Yala (les Amériques) », les communautés présentes ont « rejeté catégoriquement la privatisation de l'eau, la présence de sociétés multinationales, le modèle économique néo-libéral ».
L'AIDESP, une coordination de 1350 communautés au Pérou a appelé à « l'état d'insurrection » et à faire du 11 juin une journée de mobilisation populaire pour « l'abrogation des décrets encourageant les entreprises étrangères à investir dans les zones habitées par les autochtones. » C'était le 4 juin, et le 5 juin...
La Fédération Anarchiste se joint aux nombreuses organisations anarchistes d'Amérique latine et d'ailleurs pour exiger l'abrogation des décrets et l'arrêt de la campagne de criminalisation de ceux qui la réclament.
Les prédateurs qui se pressent en Amazonie ont des noms : Parenco (Franco-britannique), Petrofilera (Canada), Petrobras (Brésil), Pluspetrol (Argentine), BPZ Energy (USA), Repsol (Espagne)... Nous appelons à ne pas les laisser dans l'ombre !
La Fédération Anarchiste est bien consciente qu'au delà des intérêts directs de ces exploiteurs, les Etats protègent le désordre économique mondial. En effet, depuis quelques années, les révoltes amérindiennes prennent de l'ampleur, se coordonnent, communiquent avec les autres peuples originels, mais aussi avec ceux qui s'opposent au capitalisme. Les luttes se multiplient, les pratiques d'autonomie se développent dans tous les domaines (communication, éducation, santé, sécurité, justice...). Parmi les plus connues, rappelons celles des communautés zapatistes (1994), des communautés paysannes d'Atenco contre la construction d'un aéroport (2002), la Commune d'Oaxaca (2006). A chaque fois l'Etat produit la seule réponse qu'il connaisse, la répression ! C'est que les pratiques basées sur les « us et coutumes » amérindiens de démocratie directe non seulement se développent, mais intéressent au delà des peuples originels. Elles rejoignent certaines propositions anarchistes : autonomie vis à vis de l'Etat et des partis politiques, décisions collectives, fédéralisme...
En ce sens la Fédération Anarchiste se reconnaît dans les analyses produites lors de la rencontre d'octobre 2007 réunissant plus de soixante communautés amérindiennes des deux Amériques à Vicam (Mexique) : « Le capitalisme nous a amené la propriété privée, l'injustice, la violence et la tyrannie, les ravages d'une extermination sanglante par la croix et l'épée. Pour nous, peuples originels, le système capitaliste est totalement contraire à nos principes. Cette guerre capitaliste nous affecte tous, tous les pauvres, pas seulement les indiens. Ce monde n'aura aucune chance de continuer à exister si ce sont ceux d'en haut qui gagnent cette guerre ».
La lutte des peuples autochtones, au Pérou et ailleurs, s'inscrit dans un projet global de révolution sociale. Avec nos compagnes et compagnons magonistes de la révolution mexicaine, avec nos compagnons cénétistes de la révolution espagnole :
« Tierra y Libertad » pour tous les peuples du monde !
Secrétariat aux Relations Internationales Fédération Anarchiste (France)
« Tierra y Libertad » pour tous les peuples du monde !
Solidarité avec les communautés péruviennes en lutte
Pérou, vendredi 5 juin, 5 heures du matin, l'Etat montre son vrai visage : l'armée et la police attaquent par terre et par air, en utilisant des balles réelles. Il en résulte des dizaines de morts, des centaines de blessés. Les « dangereux terroristes » éliminés appartiennent à des peuples autochtones de la région Amazonas qui bloquaient pacifiquement une route près de Bagua au nord du Pérou.
Depuis, la zone est totalement militarisée, des responsables amérindiens sont recherchés par toutes les polices... Il en coûte cher de s'opposer aux intérêts des multinationales, dont l'Etat est le garant... Pourtant Alan García avait été élu en 2006 pour changer le modèle économique néolibéral en place... Ce ne sont pas les anarchistes qui s'étonneront de la trahison des promesses des politiciens, quelle que soit leur couleur.
Cela fait bien longtemps que les territoires amazoniens occupés par les peuples originels font l'objet des convoitises capitalistes. Déjà, au début du vingtième siècle, la « fièvre du caoutchouc » avait conduit aventuriers et hommes d'affaires à torturer et massacrer des communautés indigènes.
Plus récemment, après la signature d'un traité de libre commerce avec les Etats-Unis (TLC), le gouvernement péruvien avait imposé en 2008 des décrets facilitant l'implantation d'entreprises pétrolières, gazières, minières ou liées à l'exploitation forestière ou au tourisme. Depuis, les protestations et manifestations se sont amplifiées au Pérou. Dernièrement, en mai 2009, à l'occasion de la « 4ème Rencontre continentale des peuples et nationalités indigènes de l'Abya Yala (les Amériques) », les communautés présentes ont « rejeté catégoriquement la privatisation de l'eau, la présence de sociétés multinationales, le modèle économique néo-libéral ».
L'AIDESP, une coordination de 1350 communautés au Pérou a appelé à « l'état d'insurrection » et à faire du 11 juin une journée de mobilisation populaire pour « l'abrogation des décrets encourageant les entreprises étrangères à investir dans les zones habitées par les autochtones. » C'était le 4 juin, et le 5 juin...
La Fédération Anarchiste se joint aux nombreuses organisations anarchistes d'Amérique latine et d'ailleurs pour exiger l'abrogation des décrets et l'arrêt de la campagne de criminalisation de ceux qui la réclament.
Les prédateurs qui se pressent en Amazonie ont des noms : Parenco (Franco-britannique), Petrofilera (Canada), Petrobras (Brésil), Pluspetrol (Argentine), BPZ Energy (USA), Repsol (Espagne)... Nous appelons à ne pas les laisser dans l'ombre !
La Fédération Anarchiste est bien consciente qu'au delà des intérêts directs de ces exploiteurs, les Etats protègent le désordre économique mondial. En effet, depuis quelques années, les révoltes amérindiennes prennent de l'ampleur, se coordonnent, communiquent avec les autres peuples originels, mais aussi avec ceux qui s'opposent au capitalisme. Les luttes se multiplient, les pratiques d'autonomie se développent dans tous les domaines (communication, éducation, santé, sécurité, justice...). Parmi les plus connues, rappelons celles des communautés zapatistes (1994), des communautés paysannes d'Atenco contre la construction d'un aéroport (2002), la Commune d'Oaxaca (2006). A chaque fois l'Etat produit la seule réponse qu'il connaisse, la répression ! C'est que les pratiques basées sur les « us et coutumes » amérindiens de démocratie directe non seulement se développent, mais intéressent au delà des peuples originels. Elles rejoignent certaines propositions anarchistes : autonomie vis à vis de l'Etat et des partis politiques, décisions collectives, fédéralisme...
En ce sens la Fédération Anarchiste se reconnaît dans les analyses produites lors de la rencontre d'octobre 2007 réunissant plus de soixante communautés amérindiennes des deux Amériques à Vicam (Mexique) : « Le capitalisme nous a amené la propriété privée, l'injustice, la violence et la tyrannie, les ravages d'une extermination sanglante par la croix et l'épée. Pour nous, peuples originels, le système capitaliste est totalement contraire à nos principes. Cette guerre capitaliste nous affecte tous, tous les pauvres, pas seulement les indiens. Ce monde n'aura aucune chance de continuer à exister si ce sont ceux d'en haut qui gagnent cette guerre ».
La lutte des peuples autochtones, au Pérou et ailleurs, s'inscrit dans un projet global de révolution sociale. Avec nos compagnes et compagnons magonistes de la révolution mexicaine, avec nos compagnons cénétistes de la révolution espagnole :
« Tierra y Libertad » pour tous les peuples du monde !
Secrétariat aux Relations Internationales Fédération Anarchiste (France)
Sur les sites Internet, de nombreux “arguments” farfelus, mythiques et exagérés ont été mis en avant pour expliquer la pandémie de grippe porcine. Ces arguments et hypothèses ne font qu'exprimer la méfiance et le mécontentement de la population à l'égard des explications officielles affirmant qu'il s'agit d'un “risque naturel” lié aux cycles de vie des virus et au hasard…, ce qui, évidemment n'aide en rien à comprendre ce qui est arrivé. Il n'est pas étonnant non plus que l'appareil de gauche du capital et ses syndicats fassent tout pour cacher le vrai problème de fond en recherchant l'origine de l'épidémie dans les actions perverses d'un individu ou d'un pays, et en affirmant que l'épidémie au Mexique a été créée de façon préméditée par les Etats-Unis, ou encore en laissant entendre qu'il s'agit d'un montage publicitaire destiné à masquer les agissements secrets menés par le gouvernement en vue d'accords commerciaux et financiers...
Ce type d'explications, qui peuvent paraître très radicales, ne font que défendre l'idée qu'il pourrait y avoir un capitalisme national “à visage humain” : il suffirait de mettre des limites aux agissements de certains “États prédateurs”, de mettre en place des politiques appropriées ou de se laisser gouverner par des “gens honnêtes” et des “hommes de bonne volonté”...
Mais l'origine de cette épidémie ne réside pas dans un “complot”. C'est le résultat du développement même du capitalisme qui est devenu aujourd'hui un système destructeur.
La recherche effrénée du profit et une concurrence capitaliste de plus en plus exacerbée, ne conduisent qu'à une exploitation de plus en plus asphyxiante où les conditions de travail et de santé des salariés sont sévèrement affectées ; de plus, avec cette course effrénée à la réduction des coûts de production, la classe dominante utilise des méthodes de plus en plus polluantes et nocives. Et cela se passe aussi bien dans le domaine de la production industrielle que dans celui de l'agriculture et de l'élevage, tant dans les pays hautement industrialisés que dans ceux qui le sont peu (même si dans ces derniers la situation est bien plus dramatique).
Par exemple, si l'on examine les conditions d'élevage des animaux de basse-cour et du bétail, on constate une utilisation abusive d'anabolisants et d'antibiotiques (pour accélérer la croissance), un entassement des animaux avec un niveau très élevé de déchets qui sont ensuite jetés sans la moindre prévention, créant ainsi des foyers de haute contamination et de dangerosité. C'est cette forme de production qui a provoqué des pandémies comme celle de la “vache folle” et les différentes variantes de grippes mortelles. Ni le réchauffement de la planète, ni ces épidémies ne sont des “accidents de la nature”. Leur répétition et leur aggravation nous indiquent qu'ils sont le résultat d'un mode de production, celle du capitalisme décadent.
A cela, il faut encore ajouter les attaques contre le système de santé et le manque de prévention qui favorisent la propagation des virus. On le voit bien au Mexique quand on constate le démantèlement incessant de l'ISSSTE, de l'IMSS (1) et de leurs centres de santé qui sont pratiquement les seuls auxquels les travailleurs ont accès. Aucune prévention n'existe par ailleurs, ce qui fait que le danger prend des proportions encore plus grandes. Certains rapports font état, depuis 2006, d'études réalisées par le gouvernement mexicain sur le danger d'une épidémie dans le pays. Avait même été évoqué le fait que le virus connu de la “grippe type A” pouvait infecter des oiseaux de basse-cour et des mammifères, muter et attaquer les humains, en aggravant le problème. Des rapports ont été réalisés, des projets ont été dessinés, mais tout est resté lettre morte, sans recevoir le moindre budget.
L'apparition de cette épidémie de grippe au Mexique a mis encore plus à nu les conditions précaires dans lesquelles vit la classe ouvrière : les niveaux exacerbés d'exploitation et une misère insupportable sont un terrain favorisant le développement des maladies et la mort prématurée.
Le capitalisme propage l'épidémie et les travailleurs en subissent les conséquences
Des informations journalistiques ont révélé que l'on avait connaissance des effets du virus depuis le 16 avril et que le gouvernement a attendu sept jours pour donner l'alerte. Malgré les chiffres confus et maquillés donnés par le ministre de la Santé sur les malades et les morts, on peut aisément faire le compte : les seules victimes de cette épidémie, ce sont les travailleurs et leurs familles. Ce sont les salariés et leurs familles qui ont été mortellement touchés par ce mal. Ce sont eux qui sont obligés de se traîner d'un hôpital à un autre pour essayer d'être pris en charge médicalement dans des couloirs bondés, sans trouver d'antiviraux et en perdant un temps précieux qui aurait pu les sauver. Tandis que les discours officiels présentaient l'épidémie comme une affaire “sous contrôle”, la population ouvrière subissait cruellement le manque de services médicaux, de médicaments et de mesures de prévention. Ce sont aussi les travailleurs de la santé (médecins et infirmières) qui ont dû affronter des journées exténuantes dans des conditions extrêmement difficiles et dangereuses. C'est la raison pour laquelle des médecins internes de l'INER (Institut national des maladies respiratoires.) ont manifesté le 27 avril pour dénoncer cette situation.
La manière dont a été vécue cette épidémie au cours des premières semaines est très significative : le discours de la classe dominante et de son Etat affirmait qu'il s'agissait d'une affaire de “sécurité” exigeant “l'union nationale”.
La campagne de panique : un autre virus contre les travailleurs
Il ne fait aucun doute que la classe dominante, à la mi-avril, a été surprise et paniquée par l'apparition d'un virus mutant contre lequel il n'y a pas de vaccin disponible, ce qui l'a amenée à prendre des décisions précipitées, propageant ainsi la panique au sein de toute la population. Au début, la classe dominante a donc été débordée par la panique, mais assez vite, elle a commencé à utiliser cette même panique contre les travailleurs. Elle a utilisé d'un côté cette campagne comme un moyen pour donner une image d'efficacité et de force protectrice à son gouvernement, en gagnant ainsi de la crédibilité ; d'un autre coté, en propageant la peur, elle a encouragé les attitudes de repli individualiste, en encourageant la population à ne plus sortir, à se calfeutrer chacun confiné dans son logis, elle a créé une atmosphère de suspicion généralisée, où chacun voit chez l'autre un agent possible de contamination, ce qui va à l'encontre de la solidarité qui doit se développer au sein de la classe exploitée. On comprend alors pourquoi le secrétaire d'Etat à la Santé, Córdoba Villalobos, justifie (et par conséquent encourage) les agressions dont des habitants de Mexico (accusés d'être “infectés”) ont été victimes dans d'autres régions du pays. Ce haut fonctionnaire a affirmé que ces agressions ne sont que des expressions naturelles propres à la “condition humaine.”
La bourgeoisie redoute le développement de la solidarité entre les travailleurs et elle a été capable d'utiliser cet événement pour l'entraver, en encourageant le chauvinisme et le localisme. C'est cette même idéologie nationaliste et xénophobe que le capital utilise partout (aussi bien en Chine, en Argentine ou à Cuba) pour justifier les contrôles d'entrée et de sortie des frontières.
La classe au pouvoir, en déclenchant sa campagne de propagation de la peur, cherche à inoculer à la classe ouvrière un sentiment d'impuissance ; elle veut lui faire passer le message selon lequel il faut s'en remettre à ce “grand sauveur” qu'est l'Etat.
La seule antidote contre ces campagnes de propagation de la peur, se trouve dans la clarification de la conscience des travailleurs, dans un travail de réflexion qui puisse leur permette, à terme, de comprendre que la seule chose que l'on puisse attendre du capitalisme, c'est toujours plus d'exploitation, de misère, d'épidémies et de morts prématurés.
Aujourd'hui, plus que jamais, il nous faut comprendre que le capitalisme est devenu une catastrophe sociale pour l'humanité et qu'il faut en finir avec ce système décadent.
D'après Revolución mundial, organe de presse du CCI au Mexique - www.internationalism.org
1) Régimes de Sécurité sociale mexicaine, celle des fonctionnaires et celle pour le reste de la population.
Sur les sites Internet, de nombreux “arguments” farfelus, mythiques et exagérés ont été mis en avant pour expliquer la pandémie de grippe porcine. Ces arguments et hypothèses ne font qu'exprimer la méfiance et le mécontentement de la population à l'égard des explications officielles affirmant qu'il s'agit d'un “risque naturel” lié aux cycles de vie des virus et au hasard…, ce qui, évidemment n'aide en rien à comprendre ce qui est arrivé. Il n'est pas étonnant non plus que l'appareil de gauche du capital et ses syndicats fassent tout pour cacher le vrai problème de fond en recherchant l'origine de l'épidémie dans les actions perverses d'un individu ou d'un pays, et en affirmant que l'épidémie au Mexique a été créée de façon préméditée par les Etats-Unis, ou encore en laissant entendre qu'il s'agit d'un montage publicitaire destiné à masquer les agissements secrets menés par le gouvernement en vue d'accords commerciaux et financiers...
Ce type d'explications, qui peuvent paraître très radicales, ne font que défendre l'idée qu'il pourrait y avoir un capitalisme national “à visage humain” : il suffirait de mettre des limites aux agissements de certains “États prédateurs”, de mettre en place des politiques appropriées ou de se laisser gouverner par des “gens honnêtes” et des “hommes de bonne volonté”...
Mais l'origine de cette épidémie ne réside pas dans un “complot”. C'est le résultat du développement même du capitalisme qui est devenu aujourd'hui un système destructeur.
La recherche effrénée du profit et une concurrence capitaliste de plus en plus exacerbée, ne conduisent qu'à une exploitation de plus en plus asphyxiante où les conditions de travail et de santé des salariés sont sévèrement affectées ; de plus, avec cette course effrénée à la réduction des coûts de production, la classe dominante utilise des méthodes de plus en plus polluantes et nocives. Et cela se passe aussi bien dans le domaine de la production industrielle que dans celui de l'agriculture et de l'élevage, tant dans les pays hautement industrialisés que dans ceux qui le sont peu (même si dans ces derniers la situation est bien plus dramatique).
Par exemple, si l'on examine les conditions d'élevage des animaux de basse-cour et du bétail, on constate une utilisation abusive d'anabolisants et d'antibiotiques (pour accélérer la croissance), un entassement des animaux avec un niveau très élevé de déchets qui sont ensuite jetés sans la moindre prévention, créant ainsi des foyers de haute contamination et de dangerosité. C'est cette forme de production qui a provoqué des pandémies comme celle de la “vache folle” et les différentes variantes de grippes mortelles. Ni le réchauffement de la planète, ni ces épidémies ne sont des “accidents de la nature”. Leur répétition et leur aggravation nous indiquent qu'ils sont le résultat d'un mode de production, celle du capitalisme décadent.
A cela, il faut encore ajouter les attaques contre le système de santé et le manque de prévention qui favorisent la propagation des virus. On le voit bien au Mexique quand on constate le démantèlement incessant de l'ISSSTE, de l'IMSS (1) et de leurs centres de santé qui sont pratiquement les seuls auxquels les travailleurs ont accès. Aucune prévention n'existe par ailleurs, ce qui fait que le danger prend des proportions encore plus grandes. Certains rapports font état, depuis 2006, d'études réalisées par le gouvernement mexicain sur le danger d'une épidémie dans le pays. Avait même été évoqué le fait que le virus connu de la “grippe type A” pouvait infecter des oiseaux de basse-cour et des mammifères, muter et attaquer les humains, en aggravant le problème. Des rapports ont été réalisés, des projets ont été dessinés, mais tout est resté lettre morte, sans recevoir le moindre budget.
L'apparition de cette épidémie de grippe au Mexique a mis encore plus à nu les conditions précaires dans lesquelles vit la classe ouvrière : les niveaux exacerbés d'exploitation et une misère insupportable sont un terrain favorisant le développement des maladies et la mort prématurée.
Le capitalisme propage l'épidémie et les travailleurs en subissent les conséquences
Des informations journalistiques ont révélé que l'on avait connaissance des effets du virus depuis le 16 avril et que le gouvernement a attendu sept jours pour donner l'alerte. Malgré les chiffres confus et maquillés donnés par le ministre de la Santé sur les malades et les morts, on peut aisément faire le compte : les seules victimes de cette épidémie, ce sont les travailleurs et leurs familles. Ce sont les salariés et leurs familles qui ont été mortellement touchés par ce mal. Ce sont eux qui sont obligés de se traîner d'un hôpital à un autre pour essayer d'être pris en charge médicalement dans des couloirs bondés, sans trouver d'antiviraux et en perdant un temps précieux qui aurait pu les sauver. Tandis que les discours officiels présentaient l'épidémie comme une affaire “sous contrôle”, la population ouvrière subissait cruellement le manque de services médicaux, de médicaments et de mesures de prévention. Ce sont aussi les travailleurs de la santé (médecins et infirmières) qui ont dû affronter des journées exténuantes dans des conditions extrêmement difficiles et dangereuses. C'est la raison pour laquelle des médecins internes de l'INER (Institut national des maladies respiratoires.) ont manifesté le 27 avril pour dénoncer cette situation.
La manière dont a été vécue cette épidémie au cours des premières semaines est très significative : le discours de la classe dominante et de son Etat affirmait qu'il s'agissait d'une affaire de “sécurité” exigeant “l'union nationale”.
La campagne de panique : un autre virus contre les travailleurs
Il ne fait aucun doute que la classe dominante, à la mi-avril, a été surprise et paniquée par l'apparition d'un virus mutant contre lequel il n'y a pas de vaccin disponible, ce qui l'a amenée à prendre des décisions précipitées, propageant ainsi la panique au sein de toute la population. Au début, la classe dominante a donc été débordée par la panique, mais assez vite, elle a commencé à utiliser cette même panique contre les travailleurs. Elle a utilisé d'un côté cette campagne comme un moyen pour donner une image d'efficacité et de force protectrice à son gouvernement, en gagnant ainsi de la crédibilité ; d'un autre coté, en propageant la peur, elle a encouragé les attitudes de repli individualiste, en encourageant la population à ne plus sortir, à se calfeutrer chacun confiné dans son logis, elle a créé une atmosphère de suspicion généralisée, où chacun voit chez l'autre un agent possible de contamination, ce qui va à l'encontre de la solidarité qui doit se développer au sein de la classe exploitée. On comprend alors pourquoi le secrétaire d'Etat à la Santé, Córdoba Villalobos, justifie (et par conséquent encourage) les agressions dont des habitants de Mexico (accusés d'être “infectés”) ont été victimes dans d'autres régions du pays. Ce haut fonctionnaire a affirmé que ces agressions ne sont que des expressions naturelles propres à la “condition humaine.”
La bourgeoisie redoute le développement de la solidarité entre les travailleurs et elle a été capable d'utiliser cet événement pour l'entraver, en encourageant le chauvinisme et le localisme. C'est cette même idéologie nationaliste et xénophobe que le capital utilise partout (aussi bien en Chine, en Argentine ou à Cuba) pour justifier les contrôles d'entrée et de sortie des frontières.
La classe au pouvoir, en déclenchant sa campagne de propagation de la peur, cherche à inoculer à la classe ouvrière un sentiment d'impuissance ; elle veut lui faire passer le message selon lequel il faut s'en remettre à ce “grand sauveur” qu'est l'Etat.
La seule antidote contre ces campagnes de propagation de la peur, se trouve dans la clarification de la conscience des travailleurs, dans un travail de réflexion qui puisse leur permette, à terme, de comprendre que la seule chose que l'on puisse attendre du capitalisme, c'est toujours plus d'exploitation, de misère, d'épidémies et de morts prématurés.
Aujourd'hui, plus que jamais, il nous faut comprendre que le capitalisme est devenu une catastrophe sociale pour l'humanité et qu'il faut en finir avec ce système décadent.
D'après Revolución mundial, organe de presse du CCI au Mexique - www.internationalism.org
1) Régimes de Sécurité sociale mexicaine, celle des fonctionnaires et celle pour le reste de la population.
déclaration du Parti communiste-ouvrier d'Iran
au peuple d'Iran (une des principales organisations communistes d'Iran), (Hamid Taqvaee)
Amis de la liberté !
La mascarade des élections est terminée. Ce que notre parti n'a cessé de répéter est maintenant clair aux yeux de tous :
le régime de la république islamique n'a pas organisé des élections libres, il n'est pas réformable. Il doit être renversé totalement. Ce à quoi nous assistons aujourd'hui n'est pas l'après-coup des élections, mais les secousses d'un régime agonisant. C'est une crise mortelle pour le régime tout entier, qui transparaît à travers les luttes entre ses fractions intestines. Ne laissez pas les dirigeants meurtriers y échapper !
A la population !
Les rangs du régime n'ont jamais été aussi désordonnés, embourbés. Le gang Khamenei-Ahmadinejad est résolu à écraser les bandes adverses. Il croit qu'il peut se maintenir par ses seules forces répressives, sur le contrôle qu'il exerce sur la machinerie de l'état, pour procéder en même temps à une opération de chirurgie interne et effrayer la société toute entière, afin de repousser votre lutte qui s'amorce pour renverser ce régime inhumain.
C'est une pure illusion de sa part. Nous ne sommes pas le 20 juin 1981, lorsque la répression s'est abattue sur la révolution. Nous ne sommes pas à l'été 1988, quand, juste après la guerre Iran-Irak, des milliers de prisonniers politiques ont étés massacrés pour effrayer la population. Nous ne sommes par le 9 juillet 1999, quand le peuple s'est soulevé massivement pour demander la liberté d'expression.
Aujourd'hui, le régime islamique est trop désespéré, trop corrompu, trop pourri pour être capable de contenir la vague de protestation dans le pays tout entier. Il ne pas accorder la moindre trêve à ces meurtriers !
Hamid Taqvaee, secrétaire du comité central du Pari communiste-ouvrier d'Iran
des vidéos de la répression du Faciste Ahmanimejad
déclaration du Parti communiste-ouvrier d'Iran
au peuple d'Iran (une des principales organisations communistes d'Iran), (Hamid Taqvaee)
Amis de la liberté !
La mascarade des élections est terminée. Ce que notre parti n'a cessé de répéter est maintenant clair aux yeux de tous :
le régime de la république islamique n'a pas organisé des élections libres, il n'est pas réformable. Il doit être renversé totalement. Ce à quoi nous assistons aujourd'hui n'est pas l'après-coup des élections, mais les secousses d'un régime agonisant. C'est une crise mortelle pour le régime tout entier, qui transparaît à travers les luttes entre ses fractions intestines. Ne laissez pas les dirigeants meurtriers y échapper !
A la population !
Les rangs du régime n'ont jamais été aussi désordonnés, embourbés. Le gang Khamenei-Ahmadinejad est résolu à écraser les bandes adverses. Il croit qu'il peut se maintenir par ses seules forces répressives, sur le contrôle qu'il exerce sur la machinerie de l'état, pour procéder en même temps à une opération de chirurgie interne et effrayer la société toute entière, afin de repousser votre lutte qui s'amorce pour renverser ce régime inhumain.
C'est une pure illusion de sa part. Nous ne sommes pas le 20 juin 1981, lorsque la répression s'est abattue sur la révolution. Nous ne sommes pas à l'été 1988, quand, juste après la guerre Iran-Irak, des milliers de prisonniers politiques ont étés massacrés pour effrayer la population. Nous ne sommes par le 9 juillet 1999, quand le peuple s'est soulevé massivement pour demander la liberté d'expression.
Aujourd'hui, le régime islamique est trop désespéré, trop corrompu, trop pourri pour être capable de contenir la vague de protestation dans le pays tout entier. Il ne pas accorder la moindre trêve à ces meurtriers !
Hamid Taqvaee, secrétaire du comité central du Pari communiste-ouvrier d'Iran
des vidéos de la répression du Faciste Ahmanimejad

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Juin 36 : l'envers du décor
Alors que Mai 68 est resté dans la mémoire sociale comme un mouvement social réprimé de façon combinée par le patronat, l'État, les partis de gauche et les syndicats, celle-ci n'a retenu des grèves de mai-juin 36 que les "acquis sociaux" du Front populaire. Pourtant, ceux-ci n'ont été que les concessions nécessaires du gouvernement de Blum à la répression du plus grand mouvement social de l'entre-deux guerres. La réédition de Front populaire, révolution manquée de Daniel Guérin [1] est l'occasion de revenir sur cette période, qui par bien des aspects est proche de la nôtre. Si le rôle joué par le PC [2] étonnera peu (le mot historique de Thorez, « Il faut savoir terminer une grève », est resté dans les annales de police sociale), celui des socialistes est moins connu. Au-delà de l'action des partis de gauche et des syndicats, les événements de mai-juin 1936 nous rappellent qu'en matière de répression sociale, on n'est jamais mieux servi que par ceux qui nous représentent et parlent en notre nom, du moins tant que la règle du jeu n'aura pas été changée.
Le mouvement des occupations est apparu de façon spontanée, prenant au dépourvu aussi bien le patronat, le gouvernement que les syndicats et les partis de gauche : « Le mouvement s'est déclenché sans qu'on sût exactement comment et où. » (Jouhaux, secrétaire général de la CGT [3]). Quelle a été l'attitude du patronat, de l'État et des syndicats pour faire cesser les occupations en juin 36 ? [4]
Minimiser l'ampleur des grèves,
désinformation, rétention d'informations
Si le patronat dénonce très vite le caractère révolutionnaire des occupations, en revanche, socialistes, communistes et syndicats dénient tout caractère subversif au mouvement des grèves. Le 6 juin, Jouhaux déclare : « Les grèves qui se déroulent actuellement à Paris et dans toute la France ne sont ni politiques ni insurrectionnelles, elles sont strictement corporatives. » Les séquestrations de patrons dans les usines occupées sont fréquentes dès le début du mouvement, mais à la demande du gouvernement, les syndicats font pression sur les grévistes pour que cesse cette pratique. La CGT déclare que les patrons « doivent être libres d'entrer et sortir des établissements » et qu'il faut « éviter toute exagération, enchères démagogiques, désordre dangereux ». Alors que, de façon générale, les patrons s'attendent en mai-juin à être dépossédés et expropriés [5], ils s'aperçoivent avec étonnement qu'ils n'ont affaire, grâce à la modération des syndicats, qu'à des revendications [6]. Chez Renault, « Lehideux [membre de la direction de l'usine] est fort surpris de la modestie des revendications ouvrières » [7]. Dans la presse ouvrière, le ton est à la modération. L'Humanité ne fait un rapprochement entre les premières grèves que le 24 mai (elles ont commencé le 11). Lorsque les grèves reprennent, dans la deuxième phase du mouvement (2-7 juin), ce n'est qu'en sixième page que L'Humanité annonce la reprise des grèves. La même chose se reproduira après les accords Matignon et le renouveau des occupations. La désinformation contre les occupations est pratiquée de façon égale par le patronat, qui dénonce des séquestrations là où il n'y en a pas, et par les partis de gauche et les syndicats : il s'agit de faire plier les grévistes par tous les moyens. Salengro, ministre socialiste de l'Intérieur, publie le 6 juin un communiqué affirmant que l'agitation reflue alors que précisément elle s'accroît. Quand le mouvement refluera réellement, la presse ouvrière fera silence sur les dernières résistances des grévistes. La médiatisation de l'agitation ouvrière par les syndicats est un moyen grossier mais efficace de déformer la réalité des luttes sociales : chaque défaite des grévistes est présentée mensongèrement comme une victoire. Dans les entreprises en grève, le syndicat pratique la rétention d'informations pour isoler les grévistes du contexte dans lequel il négocie avec le patronat, officiellement en leur nom. « [Chez Renault], à mesure que les jours passent, note Simone Weil, les informations données aux ouvriers par les délégués se font plus rares et moins précises. »
Le chantage à l'intérêt national,
l'étranger comme bouc émissaire
Le PC, patriotique depuis le pacte Staline-Laval de 1935, qui associe à chacune de ses manifestations le drapeau tricolore avec le drapeau rouge et La Marseillaise à L'Internationale, utilise le chantage à la défense nationale pour faire cesser les débordements ouvriers : « Nous estimons impossible une politique qui, face à la menace hitlérienne, risquerait de mettre en jeu la sécurité de la France. » [8] (L'Humanité du 3 juin). Il se pose en garant de l'unité de la nation : « Les pourparlers rompus doivent être repris. C'est à l'autorité gouvernementale d'intervenir avec force auprès des syndicats patronaux pour qu'ils acceptent de donner satisfaction aux ouvriers. La situation présente, due à l'égoïsme et à l'obstination patronale, ne saurait se prolonger sans péril pour la sécurité du peuple de France. » (idem, 6 juin). Après l'appel de Thorez du 11 juin appelant à la reprise du travail (« Il faut savoir terminer une grève. »), les grévistes qui continuent les occupations malgré l'opposition des syndicats et des communistes, sont ouvertement calomniés : les anarchistes et les trotskistes sont accusés, avec les fascistes, de chercher à entraîner les masses dans une aventure. Chez Renault, les communistes encouragent les manifestations d'intimidation : enterrements simulés de jaunes mais aussi de Croix de feu (extrême-droite) ou de trotskistes ; des tracts désignent nominalement les supposés trotskistes. Il s'agit pour le PC d'opposer l'union de la nation française à l'agitation ouvrière, implicitement accusée d'encourager, en persistant, la menace hitlérienne et fasciste. L'antifascisme dans sa version bureaucratique-bourgeoise devient la justification idéologique de la répression du mouvement des occupations par les organisations ouvrières elles-mêmes (PC, SFIO [9], syndicats). Un amalgame est fait entre les éléments étrangers aux syndicats et les étrangers qui travaillent en France. L'étranger devient le bouc émissaire. C'est le motif d'intrusion d'éléments étrangers aux syndicats qui est le prétexte au gouvernement pour prendre ses premières mesures d'ordre : « Il est vrai, déclare le socialiste Blum, qu'on a le sentiment de groupements suspects et étrangers à l'organisation syndicale. » Le 4 juillet, le gouvernement publie une circulaire aux préfets : « La France entend rester fidèle à sa tradition de terre d'asile. Il ne serait pas cependant admissible que des étrangers puissent sur notre territoire prendre part de manière active aux discussions de politique intérieure [entendre les occupations d'usine] et provoquer des troubles et du désordre. » A la fin du mois de juin, le mouvement est quasiment terminé dans les villes, mais il se prolonge dans les campagnes où des grèves d'ouvriers agricoles éclatent dès la mi-juin en Ile-de-France : la répression attire l'attention sur le rôle de la main-d'oeuvre étrangère dans cette agitation. Les grévistes et les manifestants sont accusés de porter atteinte à la nation, d'être la main de l'étranger. Une accusation qui ne vient pas seulement de l'extrême-droite, mais désormais aussi du gouvernement de Front populaire et des organisations du mouvement ouvrier. [10]
Négocier les revendications des grévistes
à l'intérieur du consensus social
Dès 1935, face à la crise et à la menace fasciste, la CGT prône un rapprochement avec les classes moyennes : « Nous savons qu'il est dans les circonstances actuelles impossible de réaliser immédiatement [la transformation totale de l'économie] car, en la poursuivant, nous dresserions contre nous une coalition de gens dont certains, au contraire, doivent être avec nous. » Thorez, dans son discours du 11 juin, ne s'exprime pas autrement : « Notre but, dit-il en substance, reste le pouvoir des soviets, mais ce n'est pas pour ce soir ni pour demain matin, car toutes les conditions ne sont pas réunies et notamment nous n'avons pas encore derrière nous, décidée comme nous jusqu'au bout, toute la population des campagnes. Nous risquerions même, en certains cas, de nous aliéner quelques sympathies des couches de la petite bourgeoisie et des paysans de France. » Les syndicats s'efforcent donc de réduire les revendications ouvrières dans le cadre légaliste bourgeois. En octobre, après le mouvement des grèves, la CGT déclarera que « c'est pratiquer une véritable démocratie que [de] mettre sur le même plan droit au travail et droit de propriété, et vouloir que l'un et l'autre trouvent, par des solutions de justice sociale, leur sauvegarde. » En période d'agitation sociale dure, pour les classes dirigeantes l'union des classes est la priorité absolue : Blum borne son action gouvernementale dans les limites du programme ultramodéré du Front populaire, il rappelle que les électeurs n'ont pas voté socialiste mais Front populaire. En écho, Thorez explique qu'il ne « saurait être question de dire que "maintenant les questions revendicatives passent au second plan et qu'il s'agit de prendre possession des usines et de placer la production sous le contrôle direct des ouvriers" : il ne faut pas compromettre l'oeuvre gouvernementale. » Frachon, un leader communiste de la CGT, veut en finir avec les occupations d'usine pour ne pas mettre en danger l'alliance avec les radicaux (dans ce marché de dupe, au sein du Front populaire, le parti centriste des radicaux, soutenu par le puissant trust des assurances, s'opposera à toute mesure de contrainte à l'égard du patronat). Dès les premières grèves de mai 36, le Front populaire (gouvernement, partis et syndicats) et le mouvement des occupations étaient faits pour se télescoper.
Pour une gestion rationnelle
du capitalisme
Syndicats et partis ouvriers dénoncent le caractère « irresponsable » du patronat. Dès 1935, le Plan de la CGT plaide explicitement pour une économie dirigée reposant sur des nationalisations couvrant l'ensemble des activités, privées ou non. Bien que les idées du Plan ne soient pas retenues dans les propositions du Front populaire, l'idée d'une gestion plus rationnelle de l'économie est une idée forte dans le syndicalisme et dans les partis dits ouvriers. Le 29 mai, L'Humanité explique que, si le patronat comprenait mieux ce qui se passe dans les usines, les occupations n'auraient pas eu lieu : « Le mouvement de la métallurgie de la région parisienne peut très rapidement se calmer si, du côté patronal, on est disposé à faire droit aux légitimes et raisonnables revendications ouvrières. » [11]. Il suffirait donc d'une gestion plus rationnelle des usines pour éviter ce genre de "désagréments". Cette idée d'une gestion rationnelle et dirigée de l'économie se retrouve, en cette période de crise, également au sein d'une partie du grand patronat, qui s'exprime notamment autour des Nouveaux Cahiers. Cette revue qui réunit banquiers, industriels, hauts fonctionnaires et syndicalistes propose une collaboration du patronat avec les syndicats ouvriers : « Si certains industriels français n'ont pas encore compris l'importance des changements intervenus depuis quelques mois dans l'ordre social et caressent quelque rêve chimérique de retour aux errements du passé, d'autres savent qu'une telle évolution est irrévocable. Ils sont prêts à s'y adapter et à y adapter leurs usines. » Juin 36 est l'amorce de la société d'économie mixte en France.
L'intervention de l'État :
les accords Matignon
L'intervention est demandée par le patronat [12], qui ne parvient pas, malgré l'appui des syndicats, à résorber le mouvement des occupations. Si l'État intervient, c'est parce que, pour la première fois depuis 1919, l'équilibre social en France n'est plus en faveur du patronat. En accord avec ce dernier, Blum fait croire qu'il est à l'origine des accords Matignon. Ce mensonge du gouvernement du Front populaire a pour le patronat l'avantage de renforcer le prestige de l'État à un moment où le patronat a cruellement besoin de son aide, mais aussi de cacher aux grévistes la faiblesse réelle d'un patronat qui ne veut pas leur montrer qu'il est prêt à négocier [13]. Le gouvernement espère, par les accords Matignon, en échange d'acquis sociaux (contrat collectif, congés payés, semaine de 40 heures, augmentation des salaires, etc.), mettre fin en quelques jours aux occupations. Si le patronat est prêt à tout accepter pour récupérer ses unités de production (dès lors que l'essentiel, l'exploitation privée capitaliste, n'est pas remise en cause), les syndicats, en revanche, sont modérés car l'objet de la négociation est moins de monnayer au prix fort des avantages sociaux que de faire cesser à tout prix le mouvement des occupations. C'est à l'initiative du patronat, et non des syndicats, que le principe des délégués ouvriers dans les entreprises est retenu dans les négociations. Les accords Matignon consacrent ainsi le syndicalisme dans sa fonction sociale de gestion des rapports sociaux avec le patronat et l'État. Mais cette consécration ne fait que valider le rôle répressif, utile et efficace que les syndicats ont dû exercer pour mettre fin aux occupations. En ce sens, si juin 36 est une grande victoire, c'est celle du syndicalisme et une défaite du mouvement gréviste. Pour survivre, le capitalisme français a dû se modifier. La reconnaissance du syndicat comme partenaire légitime par le patronat ouvre « une ère nouvelle » (Jouhaux), mais plus encore l'apparition de l'État comme troisième partenaire. Jouhaux dira d'ailleurs : « Cela démontre péremptoirement qu'il n'est pas nécessaire de réaliser l'État totalitaire et autoritaire pour l'élévation de la classe ouvrière à son rôle de collaboratrice dans l'économie nationale, mais le fonctionnement régulier et l'élévation de la démocratie le permettent. »
Le patronat découvre l'utilité du syndicat
en période de crise sociale
La contrepartie des acquis cédés par le gouvernement et le patronat aux grévistes lors de l'accord Matignon du 7 juin, c'est l'évacuation des entreprises. Les syndicats s'engagent à favoriser la reprise, mais insistent sur la responsabilité du patronat dans la crise sociale : « C'est vraiment maintenant que vous allez peut-être regretter d'avoir systématiquement profité des années de déflation et de chômage pour exclure de vos usines tous les militants syndicalistes. Ils n'y sont plus pour exercer sur leurs camarades l'autorité qui serait nécessaire pour exécuter nos ordres. » Et Richemont, représentant du patronat, de reconnaître : « C'est vrai, nous avons eu tort. » Le patronat approuve la CGT lorsqu'elle explique que si les militants syndicalistes n'avaient pas été réprimés pendant quinze ans dans les entreprises, il n'y aurait pas eu de mouvement des occupations en France. Pour le syndicat, c'est dans la perspective d'une gestion rationnelle du capitalisme que les militants syndicaux sont utiles dans les usines, pour prévenir les situations de crise et aussi, quand elles éclatent, pour aider à les dénouer. A l'issue de la convention collective de la métallurgie, le représentant du patronat, le baron Pétiet « [souhaite] vivement que le contact reste maintenu entre les deux délégations (patronat-CGT) par des réunions périodiques ». Le patronat entend garder le contact avec un syndicat qui a fait ses preuves pour l'aider à résister aux exigences des grévistes. Certains chefs d'entreprises font pression sur les salariés non syndiqués pour qu'ils adhèrent à la CGT, le meilleur garant pour eux de ne pas avoir un débordement incontrôlé dans leur entreprise. Mais cette soudaine lucidité du patronat à l'égard des syndicats ne s'impose en juin 36 que par l'urgence de la crise sociale ; elle sera très tôt oubliée dès que la crise sera terminée. Dès septembre 1936, le patronat du textile écrit une lettre à Blum expliquant la nouvelle règle du jeu : « Les industriels du textiles de Lille ne veulent plus que leurs usines soient occupées. Ils ne veulent plus de séquestrations, de laisser-passer accordés aux patrons par les délégués d'usine, de menaces adressées au personnel qui ne partage pas la manière de voir de la CGT. Ils ne veulent plus voir de patrons bloqués chez eux ou assaillis dans leurs usines, ils ne veulent plus voir leurs bureaux et magasins occupés, ils ne veulent plus être "autorisés" à entrer dans leurs établissements pour payer leurs ouvriers, ils ne veulent plus de piquets de grève installés jour et nuit au domicile de leurs directeurs, ils ne veulent plus que leur personnel puisse être traduit en jugement par un conseil d'usine. » Le patronat ne veut plus être humilié. En novembre 1938, une répression classique et revancharde sera décidée par le gouvernement de droite qui aura succédé à Blum : selon le témoignage d'un des leaders de la CGT de l'époque, 9 % de la population active du secteur industriel et commercial sera licencié le 1er décembre 1938 à la suite de ces dernières grèves.
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Les nationalisations
contre les occupations
Chez les grévistes, il y a l'idée que les nationalisations des entreprises par l'État sont une garantie pour eux. La menace d'appeler à la nationalisation est souvent brandie par eux dans les entreprises occupées. Après l'échec des accords Matignon du 7 juin, le mouvement de grève reprend dans la métallurgie parce que les grévistes dénoncent des accords qu'ils estiment en deçà de ce qu'ils ont exprimé dans leurs cahiers de revendications (la CGT au contraire appelle dès le 9 juin à la reprise du travail, et parle de victoire). Le 10 juin, les grévistes posent un ultimatum au patronat : dans 48 heures, celui-ci devra avoir satisfait leurs demandes, faute de quoi ils demanderont la nationalisation des usines de guerre et celles travaillant pour l'État, leur fonctionnement étant assuré par le personnel technique et ouvrier, sous le contrôle des ministères intéressés. A Rouen, les travailleurs du pétrole déclarent vouloir poursuivre la grève jusqu'à la nationalisation. La nationalisation étant au préalable une dépossession du patron privé, il y a à la fois chez les grévistes la croyance que la révolution peut être faite par en haut (par l'État) et une première phase de l'autogestion (la phase suivante serait de ne pas attendre la nationalisation par l'État mais d'autogérer directement l'entreprise). Mais les réquisitions par l'État sont déjà envisagées par la CGT comme des moyens de briser le mouvement de contestation sociale. Jouhaux rappelle le 16 juin devant le comité confédéral de la CGT que le gouvernement avait, à sa demande, envisagé des procédures de réquisition : « Nous avons fait admettre le principe de la réquisition dans les branches indispensables à la consommation, à la seule condition que les organisations ouvrières se mettraient au service des entreprises réquisitionnées. Le gouvernement n'a pas eu à faire usage de cette arme, mais il fait savoir qu'elle existe. » Belin, membre du bureau de la CGT, commentant ces propos, explique ce que réquisition veut dire : « Supposons que, par la suite des conflits, le ravitaillement de la capitale en essence, en lait et en farine se trouve compromis. Le rôle du gouvernement serait d'assurer par tous les moyens la distribution de ces produits. A cet effet, il devrait réquisitionner les établissements où ouvriers et employés en grève reprendraient le travail sous les ordres du gouvernement. Et si le conflit durait ? L'État resterait, pendant toute sa durée, le gérant des industries et des commerces réquisitionnés. Dans ce cas, la grève serait caractérisée non plus par la cessation du travail, mais par sa reprise sous la gestion de l'État, donc par une dépossession provisoire des employeurs. Ceux-ci rentreraient en possession de leurs entreprises sitôt le conflit terminé. Observez qu'on n'a pas envisagé de faire fonctionner les usines, il s'agit uniquement d'une mesure d'exception pour empêcher que la population ne subisse de graves incommodités. » (Lefranc, p. 141). Une autre forme de neutralisation a été inaugurée par le gouvernement Blum : l'arbitrage. Il consiste en un gel du conflit social dans l'entreprise, la protègeant de fait des grévistes, lesquels ont tout à perdre d'une neutralisation de leur offensive, tandis qu'elle sert les intérêts du patronat en validant, par son application, la légalité capitaliste. « C'est ainsi, explique Blum, que les grèves du Nord et celles de la Sambre ont pu être réglées à l'amiable. La neutralisation était une sorte de mise sous scellés pendant laquelle tous les droits, de part et d'autre, étaient respectés. Nous avons fait voter ensuite par les Chambres un texte qui interdisait la grève et le lock-out tant que les tentatives de conciliation prévues par la loi suivraient leur cours. » [14]
ABC de répression socialiste
Le patronat s'oppose à l'usage de la force par le gouvernement, bien que les occupations sauvages de ses unités de production le prennent à la gorge : « Nous risquons un conflit sanglant [argumente un délégué du patronat], c'est du sang qui rejaillira sur nous et cela nous interdira peut-être de reprendre la direction de nos usines. » [15] Moyen offensif, les occupations sont aussi un moyen défensif : elles interdisent au patronat de recruter, en cette période de crise et de chômage, des jaunes. L'objectif prioritaire est de libérer les usines occupées. Le gouvernement Blum fera son possible pour ne pas user de la force policière contre les grévistes. Le 7 juillet, le ministre de l'Intérieur a résumé sa politique devant les sénateurs : « Salengro a dit au Sénat qu'il ferait cesser l'occupation des usines par tous les moyens appropriés. Ce qui dans son idée signifie une intervention des militants du mouvement syndical, puis celle des pouvoirs publics. Si cela ne suffisait pas, on ferait confirmer cette intervention par les militants et par les pouvoirs publics. Si le résultat n'était toujours pas obtenu, une intervention commune serait effectuée, et ce n'est que si toutes ces tentatives de persuasion échouaient que le gouvernement emploierait d'autres mesures. C'est-à-dire qu'on enverrait des gendarmes [...] » [16] Pour le gouvernement de Front populaire, la répression des occupations passe donc par plusieurs phases : d'abord user des syndicats comme force dissuasive et policière à l'intérieur des entreprises, ensuite faire intervenir l'État comme arbitre, puis, comme dernier moyen, utiliser les forces armées. Si le recours à la force syndicale est un palliatif censé éviter au gouvernement de recourir à la force armée, à partir du 11 juin et de l'appel de Thorez à la reprise du travail, le processus de répression est lancé : le gouvernement mobilise les forces armées. Des troupes de gardes mobiles sont concentrées par le gouvernement autour des centres ouvriers, dans la région parisienne, dans les centres agricoles et dans le nord de la France. Le Front populaire baisse le masque.
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Dans Front populaire, révolution manquée, Guérin, ancien membre de la Gauche révolutionnaire (GR) de Pivert à l'intérieur de la SFIO, livre, sous forme autobiographique, le récit de la montée du fascisme en France dans les années 30, des résistances antifascistes (le Front populaire) mais aussi ouvrières (les occupations de juin 1936). Si la lecture de ce livre permet d'éclairer utilement, en les comparant, les montées du fascisme et de l'antifascisme hier et aujourd'hui, elle l'est moins, en revanche, pour comprendre ce que fut la répression sociale du mouvement des occupations de juin 36, par le Front populaire antifasciste justement. Très dissert sur la création du Front populaire de 1934 à 1936, les querelles politiques et la critique des tambouilles des partis, Guérin ne consacre que trente petites pages sur les occupations de juin 36. Si cet ouvrage est utile, cependant, dans l'étude du mouvement des occupations, c'est dans ce qu'il nous apprend, involontairement, des moyens de répression qui furent mis en oeuvre pour briser les grèves de mai-juin 36. Et la GR de la SFIO, en participant au travestissement d'un Front populaire garant de la légalité capitaliste en un pseudo-gouvernement à tendance révolutionnaire qu'il suffisait de gauchir pour lui faire prendre une direction révolutionnaire, apporta sa contribution à cette répression.
Daniel Guérin rejoint la GR en 1935, quand les trotskistes sont exclus de la SFIO. Extrême-gauche de la SFIO, la GR sera exclue à son tour en 1938, et s'individualisera en dehors du parti en devenant le Psop (Parti socialiste ouvrier et paysan, 1938-1940). Jusqu'à leur exclusion, les pivertistes croient pouvoir gauchir le Front populaire mais, tout en critiquant Blum, ils participent au gouvernement du Front populaire (Pivert sera chargé de la propagande). [17] En participant activement à l'héroïsation et à la mythologie du gouvernement Blum, non seulement ils cautionnent la politique d'abord modérée puis ouvertement répressive du Front populaire, mais aussi et surtout ils sont à l'avant-garde de ce marché de dupe où la coalition du Front populaire se fait passer pour l'alliée des ouvriers en grève, alors que précisément elle a pour mandat de réprimer l'agitation ouvrière. Alors que le gouvernement Blum s'apprête à signer le soir du 7 juin 1936 les accords Matignon, dont la finalité est avant tout, en échange de quelques concessions, de faire cesser les grèves, les pivertistes s'activent pour faire du leader socialiste un héros : « Lorsque, au lendemain [de la présentation de son gouvernement], devant les chambres, le 7 juin, [Blum] vient au Vélodrome d'hiver, jurer au peuple de France de ne se jamais laisser déloger du pouvoir sans combat, une mise en scène extraordinaire salue son entrée. Des projecteurs sont braqués sur lui. Un orchestre joue L'Internationale. Les militants se métamorphosent en choristes. Les Jeunes Gardes en chemise bleue forment une double haie vibrante. Les fidèles scandent indéfiniment à en perdre haleine : "Vive Blum !" ou "Blum ! Blum !" Qui est le metteur en scène de ce culte ? Nul autre que Marceau Pivert. Un peu plus tard, trop tard, il invitera les militants à se libérer d'une "certaine religiosité" qui leur interdit de juger sainement la politique des "militants les plus prestigieux". Mais, en attendant, c'est lui qui fait fonction de grand-prêtre. » Et Guérin de conclure : « Nous aidions ainsi, dans une certaine mesure, à la propagation d'une duperie. » (p. 163) Guérin montre bien l'influence des nouvelles techniques de propagande de masse inaugurées en Allemagne nazie sur les idéologues socialistes. Pivert « croit aux techniques de propagande totalitaires », pour lui « le socialisme doit répondre à ces armes "venimeuses" (les techniques de propagande fascistes et nazies) par des armes équivalentes et user contre le fascisme des mêmes méthodes d'obsession provoquée ». [18] Dans les deux cas, l'individu n'a d'existence qu'au travers des masses.
Tout en critiquant Pivert, Guérin le suivra jusqu'à la guerre, de la SFIO au Psop. De même qu'il ne voit d'action possible qu'à l'intérieur des partis socialiste ou communiste (il choisit la SFIO), de même la GR proposera (vainement) l'unification de la SFIO et du PC, parce que « c'était de l'intérieur du mouvement ouvrier unifié que nous voulions rechercher les possibilités de redressement révolutionnaire ». (p. 165). Ce qui explique pourquoi le regard de Guérin dans ce livre porte essentiellement sur l'activité des partis et de ses dirigeants. Après la guerre, Pivert réintégrera la SFIO, il écrira rétrospectivement à propos du Front populaire : « Oui, tout était possible. Appuyé sur ces masses ferventes, Blum pouvait tout : aucune force parmi celles du grand capitalisme, du fascisme, de l'état-major, de l'Église, de la réaction n'aurait pu lui résister. S'il l'avait voulu, il n'avait qu'un mot à dire et des milices ouvrières et paysannes armées auraient surgi du sol jusque dans les moindres villages ; elles auraient protégé les conquêtes sociales, appuyé les grandes nationalisations, réduit à l'impuissance les trusts. » (cité par Guérin, p. 186). Que le socialiste Blum a effectivement fait tout ce qu'il a pu pour mettre fin aux occupations d'usines est un fait historique qui échappait toujours à Pivert vingt ans plus tard. On comprend mieux comment les pivertistes, dont Guérin, en soutenant un Front populaire qu'ils critiquaient, ont aidé à « la propagation d'une duperie ».
Malgré les limites indiquées, Front populaire, révolution manquée est un extraordinaire témoignage critique sur la montée du fascisme, l'antifascisme, le Front populaire et les grèves de juin 36, et une excellente introduction à cette période et à ses enjeux.
Par Barthélémy Schwartz
Publié dans le numéro 2 de la revue Oiseau-tempête, automne 1997.
L'affrontement avec le Front populaire a longtemps marqué la culture ouvrière française. Juin 36 puis mai 68 ont revivifié un imaginaire de lutte dont les antécédents se trouvent dans la commune de 1871 ou les révoltes de 1848. Une des supercheries de la vision républicaine de notre histoire a été d'attribuer ces « révolutions manquées » à des étapes nécessaires d'une évolution sociale : les acquis sociaux. Avec les premiers congés payés, elle a drapé les luttes de « justes récompenses », comme pour mieux usurper les contenus souvent radicaux des occupations d'usines. Pendant toute cette période, le discours de la SFIO et du PC a été de combattre une situation révolutionnaire. Les syndicats ont lancé le mot d'ordre de « savoir terminer une grève ».
L'espoir qu'a suscité juin 36 a été comparable à ceux que soulevèrent les événements cités plus hauts. Pendant la période où la SFIO a tenu le pouvoir parlementaire, sa politique a été de tout faire pour aboutir à un « temps de pause ». Dans le même temps, elle se positionnait devant le patronat comme la seule force capable de tenir la barre. Elle a usé de tout un appareil d'État pour réprimer ceux et celles qui débordaient la CGT dans laquelle réformistes et staliniens étaient de nouveau réunifiés aux moments des faits. [19] Cette transformation pragmatique de la social-démocratie l'a amenée, en trois ans, du « Front populaire » au « front national des Français » puis au « front de la guerre », jusqu'à ce que, finalement, avec la même assemblée qui conduisit le Front populaire elle vote les pleins pouvoirs à Pétain... [20]
L'arrivée au pouvoir du Front Populaire : les promesses, les tactiques
Le 6 février 1934, les ligues fascistes (Croix de feu, Camelots du Roy, Action française ou organisations d'anciens combattants) firent défiler plus de 100.000 personnes dans Paris pour protester contre le renvoi du préfet de police Chiappe. Elles essayèrent de prendre l'Assemblée nationale, mais en furent repoussées par les flics. Pendant la nuit, des affrontements violents opposèrent place de la Concorde les fascistes et les policiers à de jeunes travailleurs.
Si, du côté parlementaire, les ligues réussirent à faire tomber le gouvernement radical de Daladier [21] et à imposer un gouvernement réactionnaire autour de Laval, les journées de février 1934 ont amorcé, par la défaite des ligues, un sentiment d'unité dans la classe ouvrière.
Cette unité s'est faite sur la base assez vague de l'antifascisme mais surtout le sentiment collectif d'un rapport de force qui a certainement été le point de départ des occupations d'usines de juin 36. Suite aux mobilisations persistantes qui ont fait suite au 6 février 34, la SFIO et le parti communiste ont tenté d'absorber ce nouveau rapport de force. Pour faire reconnaître les accords franco-russes, l'URSS se satisfaisait du gouvernement Laval en France qui y souscrivait. Si bien que pour gagner des victoires électorales et un poids parlementaire, la SFIO et le PC se sont tournés vers le parti radical, représentant des classes moyennes, lui même très favorable à ces accords entre Etats.
Le rôle que Blum joua, par la suite, dans la campagne pour les élections de mai 36, est assez représentatif du positionnement de la social-démocratie française. Entre le radicalisme bourgeois et le national-communisme, Blum inséra un discours politique républicain et jacobin de défense des libertés démocratiques « conquises par le peuple de France ». [22] Le Front Populaire a donc regroupé le parti communiste, la SFIO et le parti radical. Les liens entre le PC et la SFIO étaient essentiellement effectués par la Gauche Révolutionnaire — dont l'animateur principal fut Marceau Pivert, avec la présence de Daniel Guérin [23], qui, depuis 1935, tentait à l'intérieur de la SFIO de développer un discours révolutionnaire de classe.
La direction syndicale de la CGT, autour du réformiste Léon Jouhaux, a quant à elle favorisé un rapprochement avec le parti radical en tenant un discours de protection des classes moyennes. Le parti communiste préconisait une alliance avec le parti radical-socialiste pour « amener au pouvoir un gouvernement populaire ». L'argument paraissait léger, puisque ce parti radical s'était compromis dans un gouvernement antisocial et réactionnaire qui avait fortement entamé son prestige. Pour empêcher les classes moyennes d'être attirées par les sirènes fascistes, la SFIO déclarait vouloir les ménager par un soutien à ces mêmes radicaux-socialistes. Mais, à ce moment-là, les enjeux étaient autres. L'intérêt du parti communiste était celui de Moscou. Staline cherchait un gouvernement qui puisse appuyer les accords franco-soviétiques de l'époque contre l'Allemagne hitlérienne, et surtout les élargir au plan militaire. Ce que refusait le gouvernement de Laval. Dans cette optique, pour les staliniens, les radicaux-socialistes semblaient plus sûrs que les socialistes. Ce qui explique aussi pourquoi, lorsque le gouvernement de Front populaire tomba en 1937, le Parti communiste ne fit pas grand-chose d'autre que de permettre aux gouvernements radicaux qui suivirent, de tenir. Ainsi, une large part de la campagne ne devait se faire que sur une base minimaliste d'alliances parlementaires. En défendant le régime républicain, Blum préconisait un exercice du pouvoir dans les cadres institués et constitutionnels. Pour les sociaux-démocrates, cette orientation se justifiait comme une politique défensive et préventive face au danger fasciste. L'antifascisme permettait ainsi d'être l'arbre qui cache la forêt, puisqu'il ne remettait absolument pas en cause le fonctionnement du capitalisme et qu'il contribuait même à son aménagement.
Les événements de mai-juin découlent du malaise provoqué par le décalage entre les déclarations politiques et l'aspiration de la classe ouvrière à une réelle transformation du quotidien. C'est à ce malaise que le gouvernement issu de la victoire électorale de mai 36 [24] doit faire face. C'est ce malaise que la social-démocratie et le parti communiste allaient devoir réprimer.
Cherche situation financière pour classes moyennes…
La victoire électorale rendait de plus en plus impatiente la classe ouvrière qui, outre le fait d'être spoliée de son travail, connaissait des brimades et une violence permanente. « Pour n'importe quelle faute, le contremaître pouvait retirer deux sous de l'heure. Certains jours, quand vous arriviez le matin, le contremaître vous disait : “Y a pas de boulot, vous reviendrez demain.” Pourtant, il y avait des gars qui venait de loin. Le lendemain par contre, il fallait rester jusqu'à 7 ou 8 heures ». [25] Cependant, Léon Blum ne voulait pas engager de rapport de forces : « J'aime mieux espérer que le mois de mai s'écoule sans trop aggraver une situation financière déjà effroyable » ; et de préciser tout de suite l'objectif de son gouvernement : agir à l'intérieur du régime actuel. C'est le problème de savoir si, de ce régime social, il est possible d'extraire la quantité de bien-être, d'ordre, de sécurité, de justice qu'il peut comporter pour la masse des travailleurs et des producteurs. Ainsi, le dirigeant de la SFIO ne cherche ni à abolir un régime de classe ni à l'affaiblir ; il cherche au mieux à l'aménager pour le renforcer. Entre la victoire électorale et le début du mandat, les intérêts que la SFIO a cherché à protéger n'étaient pas ceux des ouvriers et des ouvrières, mais bien ceux de la finance.
... mais trouve détermination de la classe ouvrière
Le véritable début du formidable mois de juin commence au premier jour de mai. Alors que le 1er mai 1935 avait été un grand flop, le 1er mai 1936 allait être un grand succès. Face aux promesses de la SFIO déjà remises en cause par les déclarations de sa direction, une partie de la classe ouvrière souhaitait faire savoir que tout rapport de forces s'établirait dans la rue, et qu'elle n'entendait pas donner carte blanche à un gouvernement qui ne respecterait pas ses intérêts. Pendant que Blum et comparses méditaient sur la situation financière, les ouvriers de l'usine Bréguet, au Havre, occupaient leur lieu de travail pour protester officiellement contre l'attitude du chef du personnel. En deux jours, ils obtiennent gain de cause. Les métallurgistes de Nieuport à Issy, de Farman à Billancourt et de Hotchkiss leur emboîtent le pas. Le 27 mai, les usines Renault connaissent les premiers débrayages.
C'est le parti communiste qui donne le premier coup de frein, en signant des accords minables pour faire cesser un mouvement qui, dès le début le dépasse. L'Humanité du 30 mai titre sur un énorme mensonge : « Victoire chez Renault ».
Ce qui vient de naître est un sentiment de force collective et une aspiration à faire changer les choses. La social-démocratie, qui souhaitait retrouver une unité pour accéder au pouvoir, se trouve coincée entre un mouvement social grandissant et une volonté de collaboration de classe.
Les patrons leur demandent de ne pas attendre
Le Front populaire n'est même pas encore intronisé que déjà, les 4 et 5 juin, il y a un million de grévistes et que l'ensemble des usines de la région parisienne sont occupées. Marceau Pivert a assuré dans une tribune libre du Populaire, le 27 mai, que « Tout est possible » ; Marcel Gitton dans l'éditorial de l'Humanité du 29 mai, dit que « Tout n'est pas possible » et reconnaît que le programme du Front populaire n'est pas de nature à effrayer qui que ce soit.
Mais l'augmentation du nombre de grèves et d'occupations effraie le patronat. Et c'est lui qui va chercher les sociaux-démocrates pour les prier de prendre la direction du gouvernement. Ces derniers s'empresseront de le faire avec une fidélité indéfectible à la collaboration de classe. Léon Blum raconte : « Le 4 juin, je suis arrivé à l'Élysée avec mes collaborateurs vers 7 heures du soir (...) Au moment ou nous allions nous retirer, M. Albert Lebrun nous a dit : “J'ai une demande à vous transmettre de la part de M. Sarraut, président du Conseil, ministre de l'Intérieur, et de la part de M. Frossard, ministre du Travail. Ils considèrent la situation comme si grave qu'ils vous demandent de ne pas attendre jusqu'à demain matin pour la transmission des pouvoirs. Ils vous prient avec instance de vous rendre l'un et l'autre au ministère de l'Intérieur et au ministère du Travail dès ce soir, 9 heures, pour qu'il n'y ait pas un instant de délai d'interruption dans le passage des services. Ils ne veulent pas plus longtemps demeurer chargés d'un intérim dans les circonstances actuelles (...) Les ouvriers ont confiance en vous.” (...) J'ai fait ce que me demandait M. le Président de la République, et qui, au point de vue correction parlementaire, était assez critiquable (...). Ce qui était l'état d'esprit du chef de l'État était aussi l'état d'esprit du patronat (...). M. Lambert-Ribot, avec qui j'avais toujours entretenu des relations amicales, m'a fait toucher par deux amis communs, par deux intermédiaires différents, afin que, le plus tôt possible, sans perdre une minute, je m'efforce d'établir un contact entre d'une part les organisations patronales suprêmes, comme le Comité des forges et la Confédération générale de la production, et d'autre part la Confédération générale du travail. Sans nul doute, j'aurais tenté moi-même ce qu'on a appelé l'accord de Matignon. Mais je dois la vérité de dire que l'initiative première est venue du grand patronat. (...) La contrepartie, c'était l'évacuation des usines. Dès ce jour-là, les représentants de la CGT ont dit aux représentants du grand patronat, qui étaient à Matignon : “Nous nous engageons à faire tout ce que nous pourrons, et nous le ferons. Mais nous vous en avertissons tout de suite : nous ne sommes pas sûrs d'aboutir. Quand on a affaire à un mouvement comme celui-là, à une marée comme celle-là, il faut lui laisser le temps de s'étaler. Et puis, c'est maintenant que vous allez peut-être regretter d'avoir systématiquement profité des années de déflation et de chômage pour exclure de vos usines tous les militants syndicalistes. Ils n'y sont plus. Ils ne sont plus là pour exercer sur leurs camarades l'autorité qui serait nécessaire pour faire exécuter nos ordres.” Et je vois encore M. Richemont, qui était assis à ma gauche, baisser la tête en disant : “C'est vrai, nous avons eu tort.” Voilà quel était l'état d'esprit de Matignon (...), au moment où j'ai pris le pouvoir. Qu'est-ce que je devais faire ? » [26]
Les accords de Matignon : 8 juin 1936
Pour hâter au plus vite les négociations, Léon Blum, intronisé président du Conseil le 6 juin 1936, réunit dès le lendemain une délégation de la Confédération générale du patronat français (CGPF) et des représentants de la CGT, dont 4 sur 6 étaient socialistes. Il y avait alors un million et demi de grévistes. Blum annonça que des réformes allaient être entreprises par la voie législative (contrats collectifs, congés payés et semaine de 40 heures), mais qu'il restait à fixer les clauses générales des contrats collectifs [27] et à résoudre les revendications de hausse des salaires.
Le patronat a admis immédiatement l'établissement de contrats collectifs de travail garantissant la liberté syndicale, s'engagea à ne prendre aucune sanction pour fait de grève et à revaloriser les salaires de 7 à 15 %.
De son côté, la CGT accepta la proposition patronale de faire élire des délégués ouvriers dans tous les établissements de plus de 10 salariés, et d'exercer le droit syndical sans qu'il ait pour conséquence des actes contraires aux lois. Elle s'engageait en outre à demander aux grévistes de reprendre le boulot.
Le lendemain, la presse de gauche se dépêcha de faire reprendre le travail comme les accords de Matignon le prévoyaient. L'Humanité titrait : « La victoire est acquise ! »
Mais le mouvement de grève, au lieu de refluer, s'intensifia les jours suivants. Et alors que, précédemment, de nombreuses occupations avaient repris les revendications du Front populaire (congés payés, semaine de 40 heures), les occupations qui continuèrent ou débutèrent après les accords de Matignon portèrent sur des revendications moins précises, mais davantage axées sur une transformation du quotidien. On pouvait lire devant Renault-Billancourt : « On a fait des soviets pour moins que ça. »
Une semaine après les accords, il y avait deux millions de grévistes.
Des occupations joyeuses et déterminées
Dans les usines, il y avait un air de fête. Jeux de cartes, chants, concerts, théâtre... Une joie de lutter qui marqua les consciences collectives ouvrières. Les grèves touchaient les mines, l'automobile, le textile, le bâtiment, l'alimentation, et surtout, phénomène important dans l'histoire de la classe ouvrière, le monde des employés : les grands magasins, les compagnies d'assurances, les maisons de haute couture, les cafés, les théâtres, les cinémas et les grands cabarets. Les dirigeants des petites et moyennes entreprises, abasourdis de voir, pour la première fois, leurs « maisons » si familiales tenues par des grévistes, paniquèrent et demandèrent qu'on les évacue manu militari, pour faire respecter le droit de propriété. Les préfets de Salengro, ministre de l'Intérieur du Front populaire, ne parvinrent ni à arbitrer ni à imposer la négociation dans les plus petites entreprises, au point que Daladier, ministre de la Défense, rameuta quelques régiments. Mais, tout en suscitant de sérieuses inquiétudes au sein des classes moyennes et de leurs représentants, les grévistes rencontrèrent la sympathie de nombreuses autres couches sociales : les petits commerçants se montrèrent souvent généreux dans les collectes organisées à l'intention des grévistes ; des dirigeants de l'Église évoquèrent les déficiences de l'ordre social établi [28] ; des flics affirmèrent qu'ils ne rentreraient pas dans les usines occupées. En quelques semaines, la classe ouvrière, par sa détermination, imposa des conditions favorables à un mouvement révolutionnaire. Dans ses souvenirs, Marceau Pivert écrira : « Oui, tout était possible ! Un prolétariat en pleine action, une paysannerie compréhensive, des intellectuels et des techniciens dévoués à la cause du peuple, des anciens combattants ardemment pacifistes et révolutionnaires, des petits boutiquiers empressés au service de la solidarité ouvrière, des hommes du rang, dans la police et dans l'armée, en absolue communion d'idées avec les combattants antifascistes, un mouvement syndical brusquement dressé sur ses jambes et se révélant à lui-même sa force, son efficacité, que n'avions-nous entre les mains ? »
Il faut savoir terminer une grève
Le 11 juin, alors que, selon des rumeurs, de nombreux ouvriers discutaient de sortir en masse des usines, puis de les remettre en route, Thorez affirma, au cours d'une assemblée d'information des communistes de la région parisienne : « Nous n'avons pas encore la sympathie et l'appui de la grande majorité des travailleurs des campagnes. Nous risquerions même, en certains cas, de nous aliéner quelques sympathies des couches de la petite bourgeoisie et des paysans de France. » Et il prononça les mots décisifs : « Il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis. »
Tout comme de Gaulle fera appel en 1968, aux CRS de province et aux chars, le gouvernement de Front populaire achemina des pelotons de gardes mobiles vers la région parisienne. Au même moment, il faisait saisir le journal des trotskistes La Lutte ouvrière qui titrait sur la largeur de sa première page : « Dans les usines et la rue, le pouvoir aux ouvriers ».
Pourtant, pendant la seconde quinzaine de juin, les grèves sur le tas continuèrent à faire boule de neige jusqu'à toucher des ouvriers agricoles, notamment dans les grandes fermes du Bassin parisien.
Mais les grèves refluèrent ensuite et Salengro, encore tout effrayé, put assurer le 26 juin : « Ainsi s'achève, sans une goutte de sang, le plus formidable conflit social qu'ait connu la République ». Et quelques semaines plus tard, pendant l'accalmie des congés payés : « Si demain des occupations de magasins, de bureaux, de chantiers, d'usines, de fermes étaient tentées, le gouvernement, par tous les moyens appropriés, saurait y mettre un terme. »
Après l'été des congés payés, des occupations reprennent
Daniel Guérin le souligne bien [29], les nouvelles occupations eurent partout une cause très précise : face au patronat qui violait ou détournait à qui mieux mieux les nouvelles lois sociales, les travailleurs ne virent pas d'autre moyen, pour imposer, dans le cadre de l'atelier le respect de leurs conquêtes, que de riposter par la tactique qui avait fait merveille en juin.
Le 29 septembre, Blum adjura la classe ouvrière de lui épargner l'emploi de la force. Une semaine après, il passa à l'acte : 250 flics forcèrent la porte de la chocolaterie des Gourmets, à Paris, et après une dure bagarre en expulsèrent les occupants. Un précédent redoutable était créé.
Ainsi, le pire fut de faire croire aux travailleuses et aux travailleurs que le gouvernement de Front populaire, à direction socialiste et participation radicale, était en quelque sorte leur gouvernement. Comme l'a souligné Trotski [30], les ouvriers furent de ce fait incapables de reconnaître l'ennemi, car on l'avait déguisé en ami. Ou, comme l'écrit Daniel Guérin : « Les chefs [de la social-démocratie] entourèrent le pouvoir bourgeois d'un écran qui dissimula sa véritable nature, le rendit méconnaissable, donc invulnérable et indestructible. Parce que les leaders prestigieux s'étaient installés dans un certain nombre de bureaux ministériels, l'illusion fut de répandre que cet État n'était plus un État de classe, mais un État providentiel. » La classe ouvrière fut de cette façon détournée de l'objectif de se sauver elle-même, de dépasser le stade d'une grève générale avec occupations d'usines purement revendicatives pour la transformer en grève gestionnaire et rechercher une forme d'auto-organisation.
Par Jérôme
Publié dans le hors-série n°2 de la revue Courant alternatif, troisième trimestre 1999.
Nous avons occupé l'usine à 2 200 ouvriers et techniciens dans un enthousiasme général et une discipline, non pas imposée par tel ou tel chef mais librement consentie. Aussitôt la grève déclenchée ; un nommé Conte du rayon communiste de Boulogne est venu prendre la parole, soi-disant pour nous aider à arracher nos revendications, c'est-à-dire le contrat collectif. Il a fait un discours vraiment « action directe ». Mais le lendemain, le même a commencé à nous casser les oreilles avec la politique du parti communiste, nous disant que la direction avait fait de grandes concessions en nous accordant 25 centimes d'augmentation de l'heure, des lampes pour les W.C. et des chiffons pour nettoyer les machines. Mais des protestations s'élevèrent dans tous les coins, des grévistes allèrent jusqu'à le traiter de « vendu ». Aussi, unanimement, l'assemblée fit comprendre que le mouvement déclenché était social, qu'elle ne voulait pas entendre parler politique et qu'elle voulait faire ses affaires elle-même. C'est ainsi que le 8 au soir, la direction nous accordait tous les paragraphes du contrat collectif, à condition que cela ne s'appelle pas « contrat collectif ».
Le lendemain dans les journaux dit « ouvriers », dans Le Peuple on annonçait une grande victoire constituée par l'accord Matignon, victoire de 7% à 15%. Ces nouvelles furent accueillies avec colère.
La direction se retranchait derrière cet accord. Mais, grâce à l'attitude décidée des ouvriers, jeudi à 23 heures l'usine était évacuée avec entière satisfaction. Pour finir je tiens à dire que le seul moyen pour les ouvriers d'arracher leurs revendications c'est l'action directe et non pas la confiance en des politiciens qui ne pensent qu'à freiner l'ardeur révolutionnaire.
Par un gréviste libertaire
Publié dans le journal Le Libertaire, 19 juin 1936.
[1] Editions Babel/Actes Sud, 1997.
[2] Parti Communiste.
[3] Confédération Générale du Travail.
[4] Principales sources : Juin 36, de Danos et Gibelin (La Découverte, 1986) ; Juin 36, de Lefranc (Julliard, 1966) ; La France en mouvement, sous la direction de Jean Bouvier : recueil d'articles de divers auteurs, consacrés à juin 36, parus dans Le mouvement social, (Champ Vallon, 1986).
[5] « Rappelez-vous, les 4 et 5 juin 36, il y avait un million de grévistes. Rappelez-vous que le mouvement gagnait d'heure en heure et de proche en proche dans la France entière. Des témoins oculaires vous l'ont dit. M. Sarraut l'a dit, M. Frossard l'a dit. La panique, la terreur étaient générales. Je n'étais pas sans rapport moi-même avec les représentants du grand patronat et je me souviens de ce qu'on me disait, ou me faisait dire par des amis communs : "Alors, quoi, c'est la révolution ? Qu'est-ce qu'on va nous prendre ? Qu'est-ce qu'on va nous laisser ?" » (Blum au procès de Riom, 1942 ; Pottecher, Le procès de la défaite, Fayard, 1989, p.129).
[6] Voir les témoignages rapportés par Lefranc (op. cit., pp. 204-205).
[7] « Les grèves du Front populaire aux usines Renault », Badie, La France en mouvement.
[8] Les passages en italique dans les citations sont soulignés par Barthélémy Schwartz.
[9] Section française de l'Internationale ouvrière, qui deviendra le Parti Socialiste en 1969 [note de Zanzara athée].
[10] Il faudra d'ailleurs attendre la fin du mouvement des occupations, fin juin, pour que le gouvernement publie un décret sur la dissolution des ligues d'extrême-droite.
[11] Raisonnables, pour qui ?
[12] Blum est contacté par le patronat trois jours après son arrivée au pouvoir, que la Bourse accueille avec satisfaction, « car on pense généralement que le nouveau gouvernement mettra fin rapidement au mouvement de grève » (Le Temps, 4 juin 36). Lors du procès de Riom, Blum déclarera : « A ce moment [lorsque éclatent les premières grèves de 1936], dans la bourgeoisie, et en particulier dans le monde patronal, on me considérait, on m'attendait, on m'espérait comme un sauveur. Les circonstances étaient si angoissantes, on était si près de quelque chose qui ressemblait à la guerre civile qu'on n'espérait plus que dans une sorte d'intervention providentielle : je veux dire l'arrivée au pouvoir d'un homme auquel on attribuait sur la classe ouvrière un pouvoir suffisant de dissuasion pour qu'il lui fît entendre raison et qu'il la décidât à ne pas user, à ne pas abuser de sa force. » (Guérin, p. 192).
[13] Richemont déplorera ainsi « le manque de résistance notoire d'une grande partie du patronat ».
[14] Blum au procès de Riom, Le procès de la défaite, (p. 143).
[15] Sarraut devant le Sénat, 7 juillet 1936.
[16] Communiqué du ministère de l'Intérieur, juillet 1936.
[17] Guérin sera, cependant, le seul des pivertistes à voter contre la participation au gouvernement Blum (p. 188).
[18] Tchakhotine, auteur du Viol des foules par la propagande politique (1939), est introduit dans la GR par Pivert.
[19] Depuis le congrès de Tours en 1921, une scission s'était opérée entre la CGT (« réformiste ») dirigé par Jouhaux et la CGTU qui fut dirigée par des membres du PC. La réunification s'opéra en 1935.
[20] Voir l'article « 1940 : les socialistes disent oui à Pétain », publié dans Courant alternatif, hors-série n° 2, troisième trimestre 1999.
[21] Le parti radical n'a rien à voir avec la « radicalité » de 1999. Il était radical dans le sens où, au début du XXème siècle, il siégeait à gauche au Parlement, en tenant un discours laïc farouchement anticlérical. Il a été le parti représentant les classes moyennes.
[22] Extrait du serment du meeting de la SFIO au stade Buffalo, le 14 juillet 1935.
[23] Daniel Guérin, Front populaire, révolution manquée, édition Babel, collection “Révolution”.
[24] Les résultats des élections des 26 avril et 3 mai 1936 donnèrent la majorité à la gauche (147 élus à la SFIO, 106 au parti radical et 72 au parti communiste).
[25] Témoignage d'un ouvrier non encarté : « Tout le monde en avait marre, tout le monde a marché », Critique communiste, hors-série été 1982.
[26] Extraits de la déposition de Léon Blum devant la cour de Riom, février 1942.
[27] Ce qui est aujourd'hui les conventions collectives.
[28] Ainsi Mgr Verdier, cardinal archevêque de Paris.
[29] Cf. Daniel Guérin, op. cit.
[30] Trotski, « L'heure de la décision approche », La Lutte ouvrière, 6 janvier 1939.
Juin 36 : l'envers du décor
Alors que Mai 68 est resté dans la mémoire sociale comme un mouvement social réprimé de façon combinée par le patronat, l'État, les partis de gauche et les syndicats, celle-ci n'a retenu des grèves de mai-juin 36 que les "acquis sociaux" du Front populaire. Pourtant, ceux-ci n'ont été que les concessions nécessaires du gouvernement de Blum à la répression du plus grand mouvement social de l'entre-deux guerres. La réédition de Front populaire, révolution manquée de Daniel Guérin [1] est l'occasion de revenir sur cette période, qui par bien des aspects est proche de la nôtre. Si le rôle joué par le PC [2] étonnera peu (le mot historique de Thorez, « Il faut savoir terminer une grève », est resté dans les annales de police sociale), celui des socialistes est moins connu. Au-delà de l'action des partis de gauche et des syndicats, les événements de mai-juin 1936 nous rappellent qu'en matière de répression sociale, on n'est jamais mieux servi que par ceux qui nous représentent et parlent en notre nom, du moins tant que la règle du jeu n'aura pas été changée.
Le mouvement des occupations est apparu de façon spontanée, prenant au dépourvu aussi bien le patronat, le gouvernement que les syndicats et les partis de gauche : « Le mouvement s'est déclenché sans qu'on sût exactement comment et où. » (Jouhaux, secrétaire général de la CGT [3]). Quelle a été l'attitude du patronat, de l'État et des syndicats pour faire cesser les occupations en juin 36 ? [4]
Minimiser l'ampleur des grèves,
désinformation, rétention d'informations
Si le patronat dénonce très vite le caractère révolutionnaire des occupations, en revanche, socialistes, communistes et syndicats dénient tout caractère subversif au mouvement des grèves. Le 6 juin, Jouhaux déclare : « Les grèves qui se déroulent actuellement à Paris et dans toute la France ne sont ni politiques ni insurrectionnelles, elles sont strictement corporatives. » Les séquestrations de patrons dans les usines occupées sont fréquentes dès le début du mouvement, mais à la demande du gouvernement, les syndicats font pression sur les grévistes pour que cesse cette pratique. La CGT déclare que les patrons « doivent être libres d'entrer et sortir des établissements » et qu'il faut « éviter toute exagération, enchères démagogiques, désordre dangereux ». Alors que, de façon générale, les patrons s'attendent en mai-juin à être dépossédés et expropriés [5], ils s'aperçoivent avec étonnement qu'ils n'ont affaire, grâce à la modération des syndicats, qu'à des revendications [6]. Chez Renault, « Lehideux [membre de la direction de l'usine] est fort surpris de la modestie des revendications ouvrières » [7]. Dans la presse ouvrière, le ton est à la modération. L'Humanité ne fait un rapprochement entre les premières grèves que le 24 mai (elles ont commencé le 11). Lorsque les grèves reprennent, dans la deuxième phase du mouvement (2-7 juin), ce n'est qu'en sixième page que L'Humanité annonce la reprise des grèves. La même chose se reproduira après les accords Matignon et le renouveau des occupations. La désinformation contre les occupations est pratiquée de façon égale par le patronat, qui dénonce des séquestrations là où il n'y en a pas, et par les partis de gauche et les syndicats : il s'agit de faire plier les grévistes par tous les moyens. Salengro, ministre socialiste de l'Intérieur, publie le 6 juin un communiqué affirmant que l'agitation reflue alors que précisément elle s'accroît. Quand le mouvement refluera réellement, la presse ouvrière fera silence sur les dernières résistances des grévistes. La médiatisation de l'agitation ouvrière par les syndicats est un moyen grossier mais efficace de déformer la réalité des luttes sociales : chaque défaite des grévistes est présentée mensongèrement comme une victoire. Dans les entreprises en grève, le syndicat pratique la rétention d'informations pour isoler les grévistes du contexte dans lequel il négocie avec le patronat, officiellement en leur nom. « [Chez Renault], à mesure que les jours passent, note Simone Weil, les informations données aux ouvriers par les délégués se font plus rares et moins précises. »
Le chantage à l'intérêt national,
l'étranger comme bouc émissaire
Le PC, patriotique depuis le pacte Staline-Laval de 1935, qui associe à chacune de ses manifestations le drapeau tricolore avec le drapeau rouge et La Marseillaise à L'Internationale, utilise le chantage à la défense nationale pour faire cesser les débordements ouvriers : « Nous estimons impossible une politique qui, face à la menace hitlérienne, risquerait de mettre en jeu la sécurité de la France. » [8] (L'Humanité du 3 juin). Il se pose en garant de l'unité de la nation : « Les pourparlers rompus doivent être repris. C'est à l'autorité gouvernementale d'intervenir avec force auprès des syndicats patronaux pour qu'ils acceptent de donner satisfaction aux ouvriers. La situation présente, due à l'égoïsme et à l'obstination patronale, ne saurait se prolonger sans péril pour la sécurité du peuple de France. » (idem, 6 juin). Après l'appel de Thorez du 11 juin appelant à la reprise du travail (« Il faut savoir terminer une grève. »), les grévistes qui continuent les occupations malgré l'opposition des syndicats et des communistes, sont ouvertement calomniés : les anarchistes et les trotskistes sont accusés, avec les fascistes, de chercher à entraîner les masses dans une aventure. Chez Renault, les communistes encouragent les manifestations d'intimidation : enterrements simulés de jaunes mais aussi de Croix de feu (extrême-droite) ou de trotskistes ; des tracts désignent nominalement les supposés trotskistes. Il s'agit pour le PC d'opposer l'union de la nation française à l'agitation ouvrière, implicitement accusée d'encourager, en persistant, la menace hitlérienne et fasciste. L'antifascisme dans sa version bureaucratique-bourgeoise devient la justification idéologique de la répression du mouvement des occupations par les organisations ouvrières elles-mêmes (PC, SFIO [9], syndicats). Un amalgame est fait entre les éléments étrangers aux syndicats et les étrangers qui travaillent en France. L'étranger devient le bouc émissaire. C'est le motif d'intrusion d'éléments étrangers aux syndicats qui est le prétexte au gouvernement pour prendre ses premières mesures d'ordre : « Il est vrai, déclare le socialiste Blum, qu'on a le sentiment de groupements suspects et étrangers à l'organisation syndicale. » Le 4 juillet, le gouvernement publie une circulaire aux préfets : « La France entend rester fidèle à sa tradition de terre d'asile. Il ne serait pas cependant admissible que des étrangers puissent sur notre territoire prendre part de manière active aux discussions de politique intérieure [entendre les occupations d'usine] et provoquer des troubles et du désordre. » A la fin du mois de juin, le mouvement est quasiment terminé dans les villes, mais il se prolonge dans les campagnes où des grèves d'ouvriers agricoles éclatent dès la mi-juin en Ile-de-France : la répression attire l'attention sur le rôle de la main-d'oeuvre étrangère dans cette agitation. Les grévistes et les manifestants sont accusés de porter atteinte à la nation, d'être la main de l'étranger. Une accusation qui ne vient pas seulement de l'extrême-droite, mais désormais aussi du gouvernement de Front populaire et des organisations du mouvement ouvrier. [10]
Négocier les revendications des grévistes
à l'intérieur du consensus social
Dès 1935, face à la crise et à la menace fasciste, la CGT prône un rapprochement avec les classes moyennes : « Nous savons qu'il est dans les circonstances actuelles impossible de réaliser immédiatement [la transformation totale de l'économie] car, en la poursuivant, nous dresserions contre nous une coalition de gens dont certains, au contraire, doivent être avec nous. » Thorez, dans son discours du 11 juin, ne s'exprime pas autrement : « Notre but, dit-il en substance, reste le pouvoir des soviets, mais ce n'est pas pour ce soir ni pour demain matin, car toutes les conditions ne sont pas réunies et notamment nous n'avons pas encore derrière nous, décidée comme nous jusqu'au bout, toute la population des campagnes. Nous risquerions même, en certains cas, de nous aliéner quelques sympathies des couches de la petite bourgeoisie et des paysans de France. » Les syndicats s'efforcent donc de réduire les revendications ouvrières dans le cadre légaliste bourgeois. En octobre, après le mouvement des grèves, la CGT déclarera que « c'est pratiquer une véritable démocratie que [de] mettre sur le même plan droit au travail et droit de propriété, et vouloir que l'un et l'autre trouvent, par des solutions de justice sociale, leur sauvegarde. » En période d'agitation sociale dure, pour les classes dirigeantes l'union des classes est la priorité absolue : Blum borne son action gouvernementale dans les limites du programme ultramodéré du Front populaire, il rappelle que les électeurs n'ont pas voté socialiste mais Front populaire. En écho, Thorez explique qu'il ne « saurait être question de dire que "maintenant les questions revendicatives passent au second plan et qu'il s'agit de prendre possession des usines et de placer la production sous le contrôle direct des ouvriers" : il ne faut pas compromettre l'oeuvre gouvernementale. » Frachon, un leader communiste de la CGT, veut en finir avec les occupations d'usine pour ne pas mettre en danger l'alliance avec les radicaux (dans ce marché de dupe, au sein du Front populaire, le parti centriste des radicaux, soutenu par le puissant trust des assurances, s'opposera à toute mesure de contrainte à l'égard du patronat). Dès les premières grèves de mai 36, le Front populaire (gouvernement, partis et syndicats) et le mouvement des occupations étaient faits pour se télescoper.
Pour une gestion rationnelle
du capitalisme
Syndicats et partis ouvriers dénoncent le caractère « irresponsable » du patronat. Dès 1935, le Plan de la CGT plaide explicitement pour une économie dirigée reposant sur des nationalisations couvrant l'ensemble des activités, privées ou non. Bien que les idées du Plan ne soient pas retenues dans les propositions du Front populaire, l'idée d'une gestion plus rationnelle de l'économie est une idée forte dans le syndicalisme et dans les partis dits ouvriers. Le 29 mai, L'Humanité explique que, si le patronat comprenait mieux ce qui se passe dans les usines, les occupations n'auraient pas eu lieu : « Le mouvement de la métallurgie de la région parisienne peut très rapidement se calmer si, du côté patronal, on est disposé à faire droit aux légitimes et raisonnables revendications ouvrières. » [11]. Il suffirait donc d'une gestion plus rationnelle des usines pour éviter ce genre de "désagréments". Cette idée d'une gestion rationnelle et dirigée de l'économie se retrouve, en cette période de crise, également au sein d'une partie du grand patronat, qui s'exprime notamment autour des Nouveaux Cahiers. Cette revue qui réunit banquiers, industriels, hauts fonctionnaires et syndicalistes propose une collaboration du patronat avec les syndicats ouvriers : « Si certains industriels français n'ont pas encore compris l'importance des changements intervenus depuis quelques mois dans l'ordre social et caressent quelque rêve chimérique de retour aux errements du passé, d'autres savent qu'une telle évolution est irrévocable. Ils sont prêts à s'y adapter et à y adapter leurs usines. » Juin 36 est l'amorce de la société d'économie mixte en France.
L'intervention de l'État :
les accords Matignon
L'intervention est demandée par le patronat [12], qui ne parvient pas, malgré l'appui des syndicats, à résorber le mouvement des occupations. Si l'État intervient, c'est parce que, pour la première fois depuis 1919, l'équilibre social en France n'est plus en faveur du patronat. En accord avec ce dernier, Blum fait croire qu'il est à l'origine des accords Matignon. Ce mensonge du gouvernement du Front populaire a pour le patronat l'avantage de renforcer le prestige de l'État à un moment où le patronat a cruellement besoin de son aide, mais aussi de cacher aux grévistes la faiblesse réelle d'un patronat qui ne veut pas leur montrer qu'il est prêt à négocier [13]. Le gouvernement espère, par les accords Matignon, en échange d'acquis sociaux (contrat collectif, congés payés, semaine de 40 heures, augmentation des salaires, etc.), mettre fin en quelques jours aux occupations. Si le patronat est prêt à tout accepter pour récupérer ses unités de production (dès lors que l'essentiel, l'exploitation privée capitaliste, n'est pas remise en cause), les syndicats, en revanche, sont modérés car l'objet de la négociation est moins de monnayer au prix fort des avantages sociaux que de faire cesser à tout prix le mouvement des occupations. C'est à l'initiative du patronat, et non des syndicats, que le principe des délégués ouvriers dans les entreprises est retenu dans les négociations. Les accords Matignon consacrent ainsi le syndicalisme dans sa fonction sociale de gestion des rapports sociaux avec le patronat et l'État. Mais cette consécration ne fait que valider le rôle répressif, utile et efficace que les syndicats ont dû exercer pour mettre fin aux occupations. En ce sens, si juin 36 est une grande victoire, c'est celle du syndicalisme et une défaite du mouvement gréviste. Pour survivre, le capitalisme français a dû se modifier. La reconnaissance du syndicat comme partenaire légitime par le patronat ouvre « une ère nouvelle » (Jouhaux), mais plus encore l'apparition de l'État comme troisième partenaire. Jouhaux dira d'ailleurs : « Cela démontre péremptoirement qu'il n'est pas nécessaire de réaliser l'État totalitaire et autoritaire pour l'élévation de la classe ouvrière à son rôle de collaboratrice dans l'économie nationale, mais le fonctionnement régulier et l'élévation de la démocratie le permettent. »
Le patronat découvre l'utilité du syndicat
en période de crise sociale
La contrepartie des acquis cédés par le gouvernement et le patronat aux grévistes lors de l'accord Matignon du 7 juin, c'est l'évacuation des entreprises. Les syndicats s'engagent à favoriser la reprise, mais insistent sur la responsabilité du patronat dans la crise sociale : « C'est vraiment maintenant que vous allez peut-être regretter d'avoir systématiquement profité des années de déflation et de chômage pour exclure de vos usines tous les militants syndicalistes. Ils n'y sont plus pour exercer sur leurs camarades l'autorité qui serait nécessaire pour exécuter nos ordres. » Et Richemont, représentant du patronat, de reconnaître : « C'est vrai, nous avons eu tort. » Le patronat approuve la CGT lorsqu'elle explique que si les militants syndicalistes n'avaient pas été réprimés pendant quinze ans dans les entreprises, il n'y aurait pas eu de mouvement des occupations en France. Pour le syndicat, c'est dans la perspective d'une gestion rationnelle du capitalisme que les militants syndicaux sont utiles dans les usines, pour prévenir les situations de crise et aussi, quand elles éclatent, pour aider à les dénouer. A l'issue de la convention collective de la métallurgie, le représentant du patronat, le baron Pétiet « [souhaite] vivement que le contact reste maintenu entre les deux délégations (patronat-CGT) par des réunions périodiques ». Le patronat entend garder le contact avec un syndicat qui a fait ses preuves pour l'aider à résister aux exigences des grévistes. Certains chefs d'entreprises font pression sur les salariés non syndiqués pour qu'ils adhèrent à la CGT, le meilleur garant pour eux de ne pas avoir un débordement incontrôlé dans leur entreprise. Mais cette soudaine lucidité du patronat à l'égard des syndicats ne s'impose en juin 36 que par l'urgence de la crise sociale ; elle sera très tôt oubliée dès que la crise sera terminée. Dès septembre 1936, le patronat du textile écrit une lettre à Blum expliquant la nouvelle règle du jeu : « Les industriels du textiles de Lille ne veulent plus que leurs usines soient occupées. Ils ne veulent plus de séquestrations, de laisser-passer accordés aux patrons par les délégués d'usine, de menaces adressées au personnel qui ne partage pas la manière de voir de la CGT. Ils ne veulent plus voir de patrons bloqués chez eux ou assaillis dans leurs usines, ils ne veulent plus voir leurs bureaux et magasins occupés, ils ne veulent plus être "autorisés" à entrer dans leurs établissements pour payer leurs ouvriers, ils ne veulent plus de piquets de grève installés jour et nuit au domicile de leurs directeurs, ils ne veulent plus que leur personnel puisse être traduit en jugement par un conseil d'usine. » Le patronat ne veut plus être humilié. En novembre 1938, une répression classique et revancharde sera décidée par le gouvernement de droite qui aura succédé à Blum : selon le témoignage d'un des leaders de la CGT de l'époque, 9 % de la population active du secteur industriel et commercial sera licencié le 1er décembre 1938 à la suite de ces dernières grèves.
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Les nationalisations
contre les occupations
Chez les grévistes, il y a l'idée que les nationalisations des entreprises par l'État sont une garantie pour eux. La menace d'appeler à la nationalisation est souvent brandie par eux dans les entreprises occupées. Après l'échec des accords Matignon du 7 juin, le mouvement de grève reprend dans la métallurgie parce que les grévistes dénoncent des accords qu'ils estiment en deçà de ce qu'ils ont exprimé dans leurs cahiers de revendications (la CGT au contraire appelle dès le 9 juin à la reprise du travail, et parle de victoire). Le 10 juin, les grévistes posent un ultimatum au patronat : dans 48 heures, celui-ci devra avoir satisfait leurs demandes, faute de quoi ils demanderont la nationalisation des usines de guerre et celles travaillant pour l'État, leur fonctionnement étant assuré par le personnel technique et ouvrier, sous le contrôle des ministères intéressés. A Rouen, les travailleurs du pétrole déclarent vouloir poursuivre la grève jusqu'à la nationalisation. La nationalisation étant au préalable une dépossession du patron privé, il y a à la fois chez les grévistes la croyance que la révolution peut être faite par en haut (par l'État) et une première phase de l'autogestion (la phase suivante serait de ne pas attendre la nationalisation par l'État mais d'autogérer directement l'entreprise). Mais les réquisitions par l'État sont déjà envisagées par la CGT comme des moyens de briser le mouvement de contestation sociale. Jouhaux rappelle le 16 juin devant le comité confédéral de la CGT que le gouvernement avait, à sa demande, envisagé des procédures de réquisition : « Nous avons fait admettre le principe de la réquisition dans les branches indispensables à la consommation, à la seule condition que les organisations ouvrières se mettraient au service des entreprises réquisitionnées. Le gouvernement n'a pas eu à faire usage de cette arme, mais il fait savoir qu'elle existe. » Belin, membre du bureau de la CGT, commentant ces propos, explique ce que réquisition veut dire : « Supposons que, par la suite des conflits, le ravitaillement de la capitale en essence, en lait et en farine se trouve compromis. Le rôle du gouvernement serait d'assurer par tous les moyens la distribution de ces produits. A cet effet, il devrait réquisitionner les établissements où ouvriers et employés en grève reprendraient le travail sous les ordres du gouvernement. Et si le conflit durait ? L'État resterait, pendant toute sa durée, le gérant des industries et des commerces réquisitionnés. Dans ce cas, la grève serait caractérisée non plus par la cessation du travail, mais par sa reprise sous la gestion de l'État, donc par une dépossession provisoire des employeurs. Ceux-ci rentreraient en possession de leurs entreprises sitôt le conflit terminé. Observez qu'on n'a pas envisagé de faire fonctionner les usines, il s'agit uniquement d'une mesure d'exception pour empêcher que la population ne subisse de graves incommodités. » (Lefranc, p. 141). Une autre forme de neutralisation a été inaugurée par le gouvernement Blum : l'arbitrage. Il consiste en un gel du conflit social dans l'entreprise, la protègeant de fait des grévistes, lesquels ont tout à perdre d'une neutralisation de leur offensive, tandis qu'elle sert les intérêts du patronat en validant, par son application, la légalité capitaliste. « C'est ainsi, explique Blum, que les grèves du Nord et celles de la Sambre ont pu être réglées à l'amiable. La neutralisation était une sorte de mise sous scellés pendant laquelle tous les droits, de part et d'autre, étaient respectés. Nous avons fait voter ensuite par les Chambres un texte qui interdisait la grève et le lock-out tant que les tentatives de conciliation prévues par la loi suivraient leur cours. » [14]
ABC de répression socialiste
Le patronat s'oppose à l'usage de la force par le gouvernement, bien que les occupations sauvages de ses unités de production le prennent à la gorge : « Nous risquons un conflit sanglant [argumente un délégué du patronat], c'est du sang qui rejaillira sur nous et cela nous interdira peut-être de reprendre la direction de nos usines. » [15] Moyen offensif, les occupations sont aussi un moyen défensif : elles interdisent au patronat de recruter, en cette période de crise et de chômage, des jaunes. L'objectif prioritaire est de libérer les usines occupées. Le gouvernement Blum fera son possible pour ne pas user de la force policière contre les grévistes. Le 7 juillet, le ministre de l'Intérieur a résumé sa politique devant les sénateurs : « Salengro a dit au Sénat qu'il ferait cesser l'occupation des usines par tous les moyens appropriés. Ce qui dans son idée signifie une intervention des militants du mouvement syndical, puis celle des pouvoirs publics. Si cela ne suffisait pas, on ferait confirmer cette intervention par les militants et par les pouvoirs publics. Si le résultat n'était toujours pas obtenu, une intervention commune serait effectuée, et ce n'est que si toutes ces tentatives de persuasion échouaient que le gouvernement emploierait d'autres mesures. C'est-à-dire qu'on enverrait des gendarmes [...] » [16] Pour le gouvernement de Front populaire, la répression des occupations passe donc par plusieurs phases : d'abord user des syndicats comme force dissuasive et policière à l'intérieur des entreprises, ensuite faire intervenir l'État comme arbitre, puis, comme dernier moyen, utiliser les forces armées. Si le recours à la force syndicale est un palliatif censé éviter au gouvernement de recourir à la force armée, à partir du 11 juin et de l'appel de Thorez à la reprise du travail, le processus de répression est lancé : le gouvernement mobilise les forces armées. Des troupes de gardes mobiles sont concentrées par le gouvernement autour des centres ouvriers, dans la région parisienne, dans les centres agricoles et dans le nord de la France. Le Front populaire baisse le masque.
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Dans Front populaire, révolution manquée, Guérin, ancien membre de la Gauche révolutionnaire (GR) de Pivert à l'intérieur de la SFIO, livre, sous forme autobiographique, le récit de la montée du fascisme en France dans les années 30, des résistances antifascistes (le Front populaire) mais aussi ouvrières (les occupations de juin 1936). Si la lecture de ce livre permet d'éclairer utilement, en les comparant, les montées du fascisme et de l'antifascisme hier et aujourd'hui, elle l'est moins, en revanche, pour comprendre ce que fut la répression sociale du mouvement des occupations de juin 36, par le Front populaire antifasciste justement. Très dissert sur la création du Front populaire de 1934 à 1936, les querelles politiques et la critique des tambouilles des partis, Guérin ne consacre que trente petites pages sur les occupations de juin 36. Si cet ouvrage est utile, cependant, dans l'étude du mouvement des occupations, c'est dans ce qu'il nous apprend, involontairement, des moyens de répression qui furent mis en oeuvre pour briser les grèves de mai-juin 36. Et la GR de la SFIO, en participant au travestissement d'un Front populaire garant de la légalité capitaliste en un pseudo-gouvernement à tendance révolutionnaire qu'il suffisait de gauchir pour lui faire prendre une direction révolutionnaire, apporta sa contribution à cette répression.
Daniel Guérin rejoint la GR en 1935, quand les trotskistes sont exclus de la SFIO. Extrême-gauche de la SFIO, la GR sera exclue à son tour en 1938, et s'individualisera en dehors du parti en devenant le Psop (Parti socialiste ouvrier et paysan, 1938-1940). Jusqu'à leur exclusion, les pivertistes croient pouvoir gauchir le Front populaire mais, tout en critiquant Blum, ils participent au gouvernement du Front populaire (Pivert sera chargé de la propagande). [17] En participant activement à l'héroïsation et à la mythologie du gouvernement Blum, non seulement ils cautionnent la politique d'abord modérée puis ouvertement répressive du Front populaire, mais aussi et surtout ils sont à l'avant-garde de ce marché de dupe où la coalition du Front populaire se fait passer pour l'alliée des ouvriers en grève, alors que précisément elle a pour mandat de réprimer l'agitation ouvrière. Alors que le gouvernement Blum s'apprête à signer le soir du 7 juin 1936 les accords Matignon, dont la finalité est avant tout, en échange de quelques concessions, de faire cesser les grèves, les pivertistes s'activent pour faire du leader socialiste un héros : « Lorsque, au lendemain [de la présentation de son gouvernement], devant les chambres, le 7 juin, [Blum] vient au Vélodrome d'hiver, jurer au peuple de France de ne se jamais laisser déloger du pouvoir sans combat, une mise en scène extraordinaire salue son entrée. Des projecteurs sont braqués sur lui. Un orchestre joue L'Internationale. Les militants se métamorphosent en choristes. Les Jeunes Gardes en chemise bleue forment une double haie vibrante. Les fidèles scandent indéfiniment à en perdre haleine : "Vive Blum !" ou "Blum ! Blum !" Qui est le metteur en scène de ce culte ? Nul autre que Marceau Pivert. Un peu plus tard, trop tard, il invitera les militants à se libérer d'une "certaine religiosité" qui leur interdit de juger sainement la politique des "militants les plus prestigieux". Mais, en attendant, c'est lui qui fait fonction de grand-prêtre. » Et Guérin de conclure : « Nous aidions ainsi, dans une certaine mesure, à la propagation d'une duperie. » (p. 163) Guérin montre bien l'influence des nouvelles techniques de propagande de masse inaugurées en Allemagne nazie sur les idéologues socialistes. Pivert « croit aux techniques de propagande totalitaires », pour lui « le socialisme doit répondre à ces armes "venimeuses" (les techniques de propagande fascistes et nazies) par des armes équivalentes et user contre le fascisme des mêmes méthodes d'obsession provoquée ». [18] Dans les deux cas, l'individu n'a d'existence qu'au travers des masses.
Tout en critiquant Pivert, Guérin le suivra jusqu'à la guerre, de la SFIO au Psop. De même qu'il ne voit d'action possible qu'à l'intérieur des partis socialiste ou communiste (il choisit la SFIO), de même la GR proposera (vainement) l'unification de la SFIO et du PC, parce que « c'était de l'intérieur du mouvement ouvrier unifié que nous voulions rechercher les possibilités de redressement révolutionnaire ». (p. 165). Ce qui explique pourquoi le regard de Guérin dans ce livre porte essentiellement sur l'activité des partis et de ses dirigeants. Après la guerre, Pivert réintégrera la SFIO, il écrira rétrospectivement à propos du Front populaire : « Oui, tout était possible. Appuyé sur ces masses ferventes, Blum pouvait tout : aucune force parmi celles du grand capitalisme, du fascisme, de l'état-major, de l'Église, de la réaction n'aurait pu lui résister. S'il l'avait voulu, il n'avait qu'un mot à dire et des milices ouvrières et paysannes armées auraient surgi du sol jusque dans les moindres villages ; elles auraient protégé les conquêtes sociales, appuyé les grandes nationalisations, réduit à l'impuissance les trusts. » (cité par Guérin, p. 186). Que le socialiste Blum a effectivement fait tout ce qu'il a pu pour mettre fin aux occupations d'usines est un fait historique qui échappait toujours à Pivert vingt ans plus tard. On comprend mieux comment les pivertistes, dont Guérin, en soutenant un Front populaire qu'ils critiquaient, ont aidé à « la propagation d'une duperie ».
Malgré les limites indiquées, Front populaire, révolution manquée est un extraordinaire témoignage critique sur la montée du fascisme, l'antifascisme, le Front populaire et les grèves de juin 36, et une excellente introduction à cette période et à ses enjeux.
Par Barthélémy Schwartz
Publié dans le numéro 2 de la revue Oiseau-tempête, automne 1997.
L'affrontement avec le Front populaire a longtemps marqué la culture ouvrière française. Juin 36 puis mai 68 ont revivifié un imaginaire de lutte dont les antécédents se trouvent dans la commune de 1871 ou les révoltes de 1848. Une des supercheries de la vision républicaine de notre histoire a été d'attribuer ces « révolutions manquées » à des étapes nécessaires d'une évolution sociale : les acquis sociaux. Avec les premiers congés payés, elle a drapé les luttes de « justes récompenses », comme pour mieux usurper les contenus souvent radicaux des occupations d'usines. Pendant toute cette période, le discours de la SFIO et du PC a été de combattre une situation révolutionnaire. Les syndicats ont lancé le mot d'ordre de « savoir terminer une grève ».
L'espoir qu'a suscité juin 36 a été comparable à ceux que soulevèrent les événements cités plus hauts. Pendant la période où la SFIO a tenu le pouvoir parlementaire, sa politique a été de tout faire pour aboutir à un « temps de pause ». Dans le même temps, elle se positionnait devant le patronat comme la seule force capable de tenir la barre. Elle a usé de tout un appareil d'État pour réprimer ceux et celles qui débordaient la CGT dans laquelle réformistes et staliniens étaient de nouveau réunifiés aux moments des faits. [19] Cette transformation pragmatique de la social-démocratie l'a amenée, en trois ans, du « Front populaire » au « front national des Français » puis au « front de la guerre », jusqu'à ce que, finalement, avec la même assemblée qui conduisit le Front populaire elle vote les pleins pouvoirs à Pétain... [20]
L'arrivée au pouvoir du Front Populaire : les promesses, les tactiques
Le 6 février 1934, les ligues fascistes (Croix de feu, Camelots du Roy, Action française ou organisations d'anciens combattants) firent défiler plus de 100.000 personnes dans Paris pour protester contre le renvoi du préfet de police Chiappe. Elles essayèrent de prendre l'Assemblée nationale, mais en furent repoussées par les flics. Pendant la nuit, des affrontements violents opposèrent place de la Concorde les fascistes et les policiers à de jeunes travailleurs.
Si, du côté parlementaire, les ligues réussirent à faire tomber le gouvernement radical de Daladier [21] et à imposer un gouvernement réactionnaire autour de Laval, les journées de février 1934 ont amorcé, par la défaite des ligues, un sentiment d'unité dans la classe ouvrière.
Cette unité s'est faite sur la base assez vague de l'antifascisme mais surtout le sentiment collectif d'un rapport de force qui a certainement été le point de départ des occupations d'usines de juin 36. Suite aux mobilisations persistantes qui ont fait suite au 6 février 34, la SFIO et le parti communiste ont tenté d'absorber ce nouveau rapport de force. Pour faire reconnaître les accords franco-russes, l'URSS se satisfaisait du gouvernement Laval en France qui y souscrivait. Si bien que pour gagner des victoires électorales et un poids parlementaire, la SFIO et le PC se sont tournés vers le parti radical, représentant des classes moyennes, lui même très favorable à ces accords entre Etats.
Le rôle que Blum joua, par la suite, dans la campagne pour les élections de mai 36, est assez représentatif du positionnement de la social-démocratie française. Entre le radicalisme bourgeois et le national-communisme, Blum inséra un discours politique républicain et jacobin de défense des libertés démocratiques « conquises par le peuple de France ». [22] Le Front Populaire a donc regroupé le parti communiste, la SFIO et le parti radical. Les liens entre le PC et la SFIO étaient essentiellement effectués par la Gauche Révolutionnaire — dont l'animateur principal fut Marceau Pivert, avec la présence de Daniel Guérin [23], qui, depuis 1935, tentait à l'intérieur de la SFIO de développer un discours révolutionnaire de classe.
La direction syndicale de la CGT, autour du réformiste Léon Jouhaux, a quant à elle favorisé un rapprochement avec le parti radical en tenant un discours de protection des classes moyennes. Le parti communiste préconisait une alliance avec le parti radical-socialiste pour « amener au pouvoir un gouvernement populaire ». L'argument paraissait léger, puisque ce parti radical s'était compromis dans un gouvernement antisocial et réactionnaire qui avait fortement entamé son prestige. Pour empêcher les classes moyennes d'être attirées par les sirènes fascistes, la SFIO déclarait vouloir les ménager par un soutien à ces mêmes radicaux-socialistes. Mais, à ce moment-là, les enjeux étaient autres. L'intérêt du parti communiste était celui de Moscou. Staline cherchait un gouvernement qui puisse appuyer les accords franco-soviétiques de l'époque contre l'Allemagne hitlérienne, et surtout les élargir au plan militaire. Ce que refusait le gouvernement de Laval. Dans cette optique, pour les staliniens, les radicaux-socialistes semblaient plus sûrs que les socialistes. Ce qui explique aussi pourquoi, lorsque le gouvernement de Front populaire tomba en 1937, le Parti communiste ne fit pas grand-chose d'autre que de permettre aux gouvernements radicaux qui suivirent, de tenir. Ainsi, une large part de la campagne ne devait se faire que sur une base minimaliste d'alliances parlementaires. En défendant le régime républicain, Blum préconisait un exercice du pouvoir dans les cadres institués et constitutionnels. Pour les sociaux-démocrates, cette orientation se justifiait comme une politique défensive et préventive face au danger fasciste. L'antifascisme permettait ainsi d'être l'arbre qui cache la forêt, puisqu'il ne remettait absolument pas en cause le fonctionnement du capitalisme et qu'il contribuait même à son aménagement.
Les événements de mai-juin découlent du malaise provoqué par le décalage entre les déclarations politiques et l'aspiration de la classe ouvrière à une réelle transformation du quotidien. C'est à ce malaise que le gouvernement issu de la victoire électorale de mai 36 [24] doit faire face. C'est ce malaise que la social-démocratie et le parti communiste allaient devoir réprimer.
Cherche situation financière pour classes moyennes…
La victoire électorale rendait de plus en plus impatiente la classe ouvrière qui, outre le fait d'être spoliée de son travail, connaissait des brimades et une violence permanente. « Pour n'importe quelle faute, le contremaître pouvait retirer deux sous de l'heure. Certains jours, quand vous arriviez le matin, le contremaître vous disait : “Y a pas de boulot, vous reviendrez demain.” Pourtant, il y avait des gars qui venait de loin. Le lendemain par contre, il fallait rester jusqu'à 7 ou 8 heures ». [25] Cependant, Léon Blum ne voulait pas engager de rapport de forces : « J'aime mieux espérer que le mois de mai s'écoule sans trop aggraver une situation financière déjà effroyable » ; et de préciser tout de suite l'objectif de son gouvernement : agir à l'intérieur du régime actuel. C'est le problème de savoir si, de ce régime social, il est possible d'extraire la quantité de bien-être, d'ordre, de sécurité, de justice qu'il peut comporter pour la masse des travailleurs et des producteurs. Ainsi, le dirigeant de la SFIO ne cherche ni à abolir un régime de classe ni à l'affaiblir ; il cherche au mieux à l'aménager pour le renforcer. Entre la victoire électorale et le début du mandat, les intérêts que la SFIO a cherché à protéger n'étaient pas ceux des ouvriers et des ouvrières, mais bien ceux de la finance.
... mais trouve détermination de la classe ouvrière
Le véritable début du formidable mois de juin commence au premier jour de mai. Alors que le 1er mai 1935 avait été un grand flop, le 1er mai 1936 allait être un grand succès. Face aux promesses de la SFIO déjà remises en cause par les déclarations de sa direction, une partie de la classe ouvrière souhaitait faire savoir que tout rapport de forces s'établirait dans la rue, et qu'elle n'entendait pas donner carte blanche à un gouvernement qui ne respecterait pas ses intérêts. Pendant que Blum et comparses méditaient sur la situation financière, les ouvriers de l'usine Bréguet, au Havre, occupaient leur lieu de travail pour protester officiellement contre l'attitude du chef du personnel. En deux jours, ils obtiennent gain de cause. Les métallurgistes de Nieuport à Issy, de Farman à Billancourt et de Hotchkiss leur emboîtent le pas. Le 27 mai, les usines Renault connaissent les premiers débrayages.
C'est le parti communiste qui donne le premier coup de frein, en signant des accords minables pour faire cesser un mouvement qui, dès le début le dépasse. L'Humanité du 30 mai titre sur un énorme mensonge : « Victoire chez Renault ».
Ce qui vient de naître est un sentiment de force collective et une aspiration à faire changer les choses. La social-démocratie, qui souhaitait retrouver une unité pour accéder au pouvoir, se trouve coincée entre un mouvement social grandissant et une volonté de collaboration de classe.
Les patrons leur demandent de ne pas attendre
Le Front populaire n'est même pas encore intronisé que déjà, les 4 et 5 juin, il y a un million de grévistes et que l'ensemble des usines de la région parisienne sont occupées. Marceau Pivert a assuré dans une tribune libre du Populaire, le 27 mai, que « Tout est possible » ; Marcel Gitton dans l'éditorial de l'Humanité du 29 mai, dit que « Tout n'est pas possible » et reconnaît que le programme du Front populaire n'est pas de nature à effrayer qui que ce soit.
Mais l'augmentation du nombre de grèves et d'occupations effraie le patronat. Et c'est lui qui va chercher les sociaux-démocrates pour les prier de prendre la direction du gouvernement. Ces derniers s'empresseront de le faire avec une fidélité indéfectible à la collaboration de classe. Léon Blum raconte : « Le 4 juin, je suis arrivé à l'Élysée avec mes collaborateurs vers 7 heures du soir (...) Au moment ou nous allions nous retirer, M. Albert Lebrun nous a dit : “J'ai une demande à vous transmettre de la part de M. Sarraut, président du Conseil, ministre de l'Intérieur, et de la part de M. Frossard, ministre du Travail. Ils considèrent la situation comme si grave qu'ils vous demandent de ne pas attendre jusqu'à demain matin pour la transmission des pouvoirs. Ils vous prient avec instance de vous rendre l'un et l'autre au ministère de l'Intérieur et au ministère du Travail dès ce soir, 9 heures, pour qu'il n'y ait pas un instant de délai d'interruption dans le passage des services. Ils ne veulent pas plus longtemps demeurer chargés d'un intérim dans les circonstances actuelles (...) Les ouvriers ont confiance en vous.” (...) J'ai fait ce que me demandait M. le Président de la République, et qui, au point de vue correction parlementaire, était assez critiquable (...). Ce qui était l'état d'esprit du chef de l'État était aussi l'état d'esprit du patronat (...). M. Lambert-Ribot, avec qui j'avais toujours entretenu des relations amicales, m'a fait toucher par deux amis communs, par deux intermédiaires différents, afin que, le plus tôt possible, sans perdre une minute, je m'efforce d'établir un contact entre d'une part les organisations patronales suprêmes, comme le Comité des forges et la Confédération générale de la production, et d'autre part la Confédération générale du travail. Sans nul doute, j'aurais tenté moi-même ce qu'on a appelé l'accord de Matignon. Mais je dois la vérité de dire que l'initiative première est venue du grand patronat. (...) La contrepartie, c'était l'évacuation des usines. Dès ce jour-là, les représentants de la CGT ont dit aux représentants du grand patronat, qui étaient à Matignon : “Nous nous engageons à faire tout ce que nous pourrons, et nous le ferons. Mais nous vous en avertissons tout de suite : nous ne sommes pas sûrs d'aboutir. Quand on a affaire à un mouvement comme celui-là, à une marée comme celle-là, il faut lui laisser le temps de s'étaler. Et puis, c'est maintenant que vous allez peut-être regretter d'avoir systématiquement profité des années de déflation et de chômage pour exclure de vos usines tous les militants syndicalistes. Ils n'y sont plus. Ils ne sont plus là pour exercer sur leurs camarades l'autorité qui serait nécessaire pour faire exécuter nos ordres.” Et je vois encore M. Richemont, qui était assis à ma gauche, baisser la tête en disant : “C'est vrai, nous avons eu tort.” Voilà quel était l'état d'esprit de Matignon (...), au moment où j'ai pris le pouvoir. Qu'est-ce que je devais faire ? » [26]
Les accords de Matignon : 8 juin 1936
Pour hâter au plus vite les négociations, Léon Blum, intronisé président du Conseil le 6 juin 1936, réunit dès le lendemain une délégation de la Confédération générale du patronat français (CGPF) et des représentants de la CGT, dont 4 sur 6 étaient socialistes. Il y avait alors un million et demi de grévistes. Blum annonça que des réformes allaient être entreprises par la voie législative (contrats collectifs, congés payés et semaine de 40 heures), mais qu'il restait à fixer les clauses générales des contrats collectifs [27] et à résoudre les revendications de hausse des salaires.
Le patronat a admis immédiatement l'établissement de contrats collectifs de travail garantissant la liberté syndicale, s'engagea à ne prendre aucune sanction pour fait de grève et à revaloriser les salaires de 7 à 15 %.
De son côté, la CGT accepta la proposition patronale de faire élire des délégués ouvriers dans tous les établissements de plus de 10 salariés, et d'exercer le droit syndical sans qu'il ait pour conséquence des actes contraires aux lois. Elle s'engageait en outre à demander aux grévistes de reprendre le boulot.
Le lendemain, la presse de gauche se dépêcha de faire reprendre le travail comme les accords de Matignon le prévoyaient. L'Humanité titrait : « La victoire est acquise ! »
Mais le mouvement de grève, au lieu de refluer, s'intensifia les jours suivants. Et alors que, précédemment, de nombreuses occupations avaient repris les revendications du Front populaire (congés payés, semaine de 40 heures), les occupations qui continuèrent ou débutèrent après les accords de Matignon portèrent sur des revendications moins précises, mais davantage axées sur une transformation du quotidien. On pouvait lire devant Renault-Billancourt : « On a fait des soviets pour moins que ça. »
Une semaine après les accords, il y avait deux millions de grévistes.
Des occupations joyeuses et déterminées
Dans les usines, il y avait un air de fête. Jeux de cartes, chants, concerts, théâtre... Une joie de lutter qui marqua les consciences collectives ouvrières. Les grèves touchaient les mines, l'automobile, le textile, le bâtiment, l'alimentation, et surtout, phénomène important dans l'histoire de la classe ouvrière, le monde des employés : les grands magasins, les compagnies d'assurances, les maisons de haute couture, les cafés, les théâtres, les cinémas et les grands cabarets. Les dirigeants des petites et moyennes entreprises, abasourdis de voir, pour la première fois, leurs « maisons » si familiales tenues par des grévistes, paniquèrent et demandèrent qu'on les évacue manu militari, pour faire respecter le droit de propriété. Les préfets de Salengro, ministre de l'Intérieur du Front populaire, ne parvinrent ni à arbitrer ni à imposer la négociation dans les plus petites entreprises, au point que Daladier, ministre de la Défense, rameuta quelques régiments. Mais, tout en suscitant de sérieuses inquiétudes au sein des classes moyennes et de leurs représentants, les grévistes rencontrèrent la sympathie de nombreuses autres couches sociales : les petits commerçants se montrèrent souvent généreux dans les collectes organisées à l'intention des grévistes ; des dirigeants de l'Église évoquèrent les déficiences de l'ordre social établi [28] ; des flics affirmèrent qu'ils ne rentreraient pas dans les usines occupées. En quelques semaines, la classe ouvrière, par sa détermination, imposa des conditions favorables à un mouvement révolutionnaire. Dans ses souvenirs, Marceau Pivert écrira : « Oui, tout était possible ! Un prolétariat en pleine action, une paysannerie compréhensive, des intellectuels et des techniciens dévoués à la cause du peuple, des anciens combattants ardemment pacifistes et révolutionnaires, des petits boutiquiers empressés au service de la solidarité ouvrière, des hommes du rang, dans la police et dans l'armée, en absolue communion d'idées avec les combattants antifascistes, un mouvement syndical brusquement dressé sur ses jambes et se révélant à lui-même sa force, son efficacité, que n'avions-nous entre les mains ? »
Il faut savoir terminer une grève
Le 11 juin, alors que, selon des rumeurs, de nombreux ouvriers discutaient de sortir en masse des usines, puis de les remettre en route, Thorez affirma, au cours d'une assemblée d'information des communistes de la région parisienne : « Nous n'avons pas encore la sympathie et l'appui de la grande majorité des travailleurs des campagnes. Nous risquerions même, en certains cas, de nous aliéner quelques sympathies des couches de la petite bourgeoisie et des paysans de France. » Et il prononça les mots décisifs : « Il faut savoir terminer une grève dès que satisfaction a été obtenue. Il faut même savoir consentir au compromis. »
Tout comme de Gaulle fera appel en 1968, aux CRS de province et aux chars, le gouvernement de Front populaire achemina des pelotons de gardes mobiles vers la région parisienne. Au même moment, il faisait saisir le journal des trotskistes La Lutte ouvrière qui titrait sur la largeur de sa première page : « Dans les usines et la rue, le pouvoir aux ouvriers ».
Pourtant, pendant la seconde quinzaine de juin, les grèves sur le tas continuèrent à faire boule de neige jusqu'à toucher des ouvriers agricoles, notamment dans les grandes fermes du Bassin parisien.
Mais les grèves refluèrent ensuite et Salengro, encore tout effrayé, put assurer le 26 juin : « Ainsi s'achève, sans une goutte de sang, le plus formidable conflit social qu'ait connu la République ». Et quelques semaines plus tard, pendant l'accalmie des congés payés : « Si demain des occupations de magasins, de bureaux, de chantiers, d'usines, de fermes étaient tentées, le gouvernement, par tous les moyens appropriés, saurait y mettre un terme. »
Après l'été des congés payés, des occupations reprennent
Daniel Guérin le souligne bien [29], les nouvelles occupations eurent partout une cause très précise : face au patronat qui violait ou détournait à qui mieux mieux les nouvelles lois sociales, les travailleurs ne virent pas d'autre moyen, pour imposer, dans le cadre de l'atelier le respect de leurs conquêtes, que de riposter par la tactique qui avait fait merveille en juin.
Le 29 septembre, Blum adjura la classe ouvrière de lui épargner l'emploi de la force. Une semaine après, il passa à l'acte : 250 flics forcèrent la porte de la chocolaterie des Gourmets, à Paris, et après une dure bagarre en expulsèrent les occupants. Un précédent redoutable était créé.
Ainsi, le pire fut de faire croire aux travailleuses et aux travailleurs que le gouvernement de Front populaire, à direction socialiste et participation radicale, était en quelque sorte leur gouvernement. Comme l'a souligné Trotski [30], les ouvriers furent de ce fait incapables de reconnaître l'ennemi, car on l'avait déguisé en ami. Ou, comme l'écrit Daniel Guérin : « Les chefs [de la social-démocratie] entourèrent le pouvoir bourgeois d'un écran qui dissimula sa véritable nature, le rendit méconnaissable, donc invulnérable et indestructible. Parce que les leaders prestigieux s'étaient installés dans un certain nombre de bureaux ministériels, l'illusion fut de répandre que cet État n'était plus un État de classe, mais un État providentiel. » La classe ouvrière fut de cette façon détournée de l'objectif de se sauver elle-même, de dépasser le stade d'une grève générale avec occupations d'usines purement revendicatives pour la transformer en grève gestionnaire et rechercher une forme d'auto-organisation.
Par Jérôme
Publié dans le hors-série n°2 de la revue Courant alternatif, troisième trimestre 1999.
Nous avons occupé l'usine à 2 200 ouvriers et techniciens dans un enthousiasme général et une discipline, non pas imposée par tel ou tel chef mais librement consentie. Aussitôt la grève déclenchée ; un nommé Conte du rayon communiste de Boulogne est venu prendre la parole, soi-disant pour nous aider à arracher nos revendications, c'est-à-dire le contrat collectif. Il a fait un discours vraiment « action directe ». Mais le lendemain, le même a commencé à nous casser les oreilles avec la politique du parti communiste, nous disant que la direction avait fait de grandes concessions en nous accordant 25 centimes d'augmentation de l'heure, des lampes pour les W.C. et des chiffons pour nettoyer les machines. Mais des protestations s'élevèrent dans tous les coins, des grévistes allèrent jusqu'à le traiter de « vendu ». Aussi, unanimement, l'assemblée fit comprendre que le mouvement déclenché était social, qu'elle ne voulait pas entendre parler politique et qu'elle voulait faire ses affaires elle-même. C'est ainsi que le 8 au soir, la direction nous accordait tous les paragraphes du contrat collectif, à condition que cela ne s'appelle pas « contrat collectif ».
Le lendemain dans les journaux dit « ouvriers », dans Le Peuple on annonçait une grande victoire constituée par l'accord Matignon, victoire de 7% à 15%. Ces nouvelles furent accueillies avec colère.
La direction se retranchait derrière cet accord. Mais, grâce à l'attitude décidée des ouvriers, jeudi à 23 heures l'usine était évacuée avec entière satisfaction. Pour finir je tiens à dire que le seul moyen pour les ouvriers d'arracher leurs revendications c'est l'action directe et non pas la confiance en des politiciens qui ne pensent qu'à freiner l'ardeur révolutionnaire.
Par un gréviste libertaire
Publié dans le journal Le Libertaire, 19 juin 1936.
[1] Editions Babel/Actes Sud, 1997.
[2] Parti Communiste.
[3] Confédération Générale du Travail.
[4] Principales sources : Juin 36, de Danos et Gibelin (La Découverte, 1986) ; Juin 36, de Lefranc (Julliard, 1966) ; La France en mouvement, sous la direction de Jean Bouvier : recueil d'articles de divers auteurs, consacrés à juin 36, parus dans Le mouvement social, (Champ Vallon, 1986).
[5] « Rappelez-vous, les 4 et 5 juin 36, il y avait un million de grévistes. Rappelez-vous que le mouvement gagnait d'heure en heure et de proche en proche dans la France entière. Des témoins oculaires vous l'ont dit. M. Sarraut l'a dit, M. Frossard l'a dit. La panique, la terreur étaient générales. Je n'étais pas sans rapport moi-même avec les représentants du grand patronat et je me souviens de ce qu'on me disait, ou me faisait dire par des amis communs : "Alors, quoi, c'est la révolution ? Qu'est-ce qu'on va nous prendre ? Qu'est-ce qu'on va nous laisser ?" » (Blum au procès de Riom, 1942 ; Pottecher, Le procès de la défaite, Fayard, 1989, p.129).
[6] Voir les témoignages rapportés par Lefranc (op. cit., pp. 204-205).
[7] « Les grèves du Front populaire aux usines Renault », Badie, La France en mouvement.
[8] Les passages en italique dans les citations sont soulignés par Barthélémy Schwartz.
[9] Section française de l'Internationale ouvrière, qui deviendra le Parti Socialiste en 1969 [note de Zanzara athée].
[10] Il faudra d'ailleurs attendre la fin du mouvement des occupations, fin juin, pour que le gouvernement publie un décret sur la dissolution des ligues d'extrême-droite.
[11] Raisonnables, pour qui ?
[12] Blum est contacté par le patronat trois jours après son arrivée au pouvoir, que la Bourse accueille avec satisfaction, « car on pense généralement que le nouveau gouvernement mettra fin rapidement au mouvement de grève » (Le Temps, 4 juin 36). Lors du procès de Riom, Blum déclarera : « A ce moment [lorsque éclatent les premières grèves de 1936], dans la bourgeoisie, et en particulier dans le monde patronal, on me considérait, on m'attendait, on m'espérait comme un sauveur. Les circonstances étaient si angoissantes, on était si près de quelque chose qui ressemblait à la guerre civile qu'on n'espérait plus que dans une sorte d'intervention providentielle : je veux dire l'arrivée au pouvoir d'un homme auquel on attribuait sur la classe ouvrière un pouvoir suffisant de dissuasion pour qu'il lui fît entendre raison et qu'il la décidât à ne pas user, à ne pas abuser de sa force. » (Guérin, p. 192).
[13] Richemont déplorera ainsi « le manque de résistance notoire d'une grande partie du patronat ».
[14] Blum au procès de Riom, Le procès de la défaite, (p. 143).
[15] Sarraut devant le Sénat, 7 juillet 1936.
[16] Communiqué du ministère de l'Intérieur, juillet 1936.
[17] Guérin sera, cependant, le seul des pivertistes à voter contre la participation au gouvernement Blum (p. 188).
[18] Tchakhotine, auteur du Viol des foules par la propagande politique (1939), est introduit dans la GR par Pivert.
[19] Depuis le congrès de Tours en 1921, une scission s'était opérée entre la CGT (« réformiste ») dirigé par Jouhaux et la CGTU qui fut dirigée par des membres du PC. La réunification s'opéra en 1935.
[20] Voir l'article « 1940 : les socialistes disent oui à Pétain », publié dans Courant alternatif, hors-série n° 2, troisième trimestre 1999.
[21] Le parti radical n'a rien à voir avec la « radicalité » de 1999. Il était radical dans le sens où, au début du XXème siècle, il siégeait à gauche au Parlement, en tenant un discours laïc farouchement anticlérical. Il a été le parti représentant les classes moyennes.
[22] Extrait du serment du meeting de la SFIO au stade Buffalo, le 14 juillet 1935.
[23] Daniel Guérin, Front populaire, révolution manquée, édition Babel, collection “Révolution”.
[24] Les résultats des élections des 26 avril et 3 mai 1936 donnèrent la majorité à la gauche (147 élus à la SFIO, 106 au parti radical et 72 au parti communiste).
[25] Témoignage d'un ouvrier non encarté : « Tout le monde en avait marre, tout le monde a marché », Critique communiste, hors-série été 1982.
[26] Extraits de la déposition de Léon Blum devant la cour de Riom, février 1942.
[27] Ce qui est aujourd'hui les conventions collectives.
[28] Ainsi Mgr Verdier, cardinal archevêque de Paris.
[29] Cf. Daniel Guérin, op. cit.
[30] Trotski, « L'heure de la décision approche », La Lutte ouvrière, 6 janvier 1939.
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