Pour cadres sarkophiles, libéraux et franco-étatsuniens, avides de conseils et curieux d'histoire monarchique.
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Pour cadres sarkophiles, libéraux et franco-étatsuniens, avides de conseils et curieux d'histoire monarchique.
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Le cadeau de Noël 1971 de l'usine Penarroya de Lyon aux ouvriers : la mort ! Du coup, le 9 février 1972, les ouvriers algériens, tunisiens, marocains de l'usine Penarroya de Gerland à Lyon se mettent en grève de façon exemplaire et montrent ainsi qu'il n'y a qu'une classe ouvrière.
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Communiqués de l'UJFP : Au diner du CRIF, le Premier Ministre piétine le droit international
L'UJFP avait décidé de ne plus commenter les propos du Conseil, prétendument, Représentatif des Institutions Juives de France. Notre association n'avait pas voulu non plus donner plus de retentissement aux résultats des élections au Conseil du CRIF – un alignement sur les élections en Israël qui conduit cet organisme à appuyer désormais les propositions racistes d'épuration ethnique du ministre Liebermann. Mais il est aujourd'hui impossible pour l'UJFP de ne pas réagir aux propos tenus par François Fillon lors du dernier dîner du CRIF.
En affirmant mensongèrement l'existence d'un prétendu appel au « boycott des produits cacher et israéliens », dans la campagne BDS (Boycott, Désinvestissements, Sanctions), il pratique une grossière manipulation. En effet, il est de notoriété publique que les juifs de France peuvent trouver partout dans leur magasins spécialisés, et dans les rayons cacher des commerces non confessionnels, de nombreux produits, à la fois cacher et de provenance variée, non israélienne.
D'autre part, s'il était vrai que, comme l'a dit le Premier Ministre, "la sécurité d'Israël est pour la France une priorité absolue", le gouvernement français arrêterait de laisser cet Etat poursuivre sa fuite en avant criminelle et suicidaire. Il annoncerait le soutien au rapport Goldstone et demanderait avec force que les criminels de guerre israéliens soient traduits devant la Cour pénale internationale. De plus, il exigerait la suspension de l'Accord d'Association entre Israël et l'Union Européenne pour manquement à la clause de respect des Droits Humains. Il empêcherait, comme le font des juges, en Grande-Bretagne, les dirigeants civils et militaires israéliens suspectés de crimes de guerre, de mettre le pied sur le sol de la République.
Malheureusement, pour le gouvernement, la sécurité de l'Etat d'Israël passe par le droit à violer les normes impératives du droit international et du droit humanitaire international, favorisant ainsi le droit à l'impunité. Le gouvernement français en agissant ainsi ne favorise pas le droit à la paix et à la sécurité pour l'ensemble des peuples, petits ou grands, avec ou sans Etat. Par ailleurs, le Premier Ministre choisit une réunion communautaire pour annoncer le soutien à de nouvelles sanctions contre l'Iran, qui envisage peut-être d'acquérir une technologie nucléaire dont l'Etat d'Israël dispose depuis longtemps grâce à l'aide de la France et des Etats-Unis.
L'UJFP, qui porte une voix juive que ne représente pas le CRIF, affirme ses engagements auprès du peuple palestinien qui doit voir son droit à l'autodétermination respecté, son droit à la justice universelle assuré.
L'UJFP dénonce la colonisation illégale subie par l'ensemble des Palestiniens depuis plus de 60 ans
L'UJFP renouvelle son soutien total à la manifestation de Paris, samedi 6 février, parce que le blocus sur Gaza doit cesser, car l'urgence, c'est de sauver Gaza et les gazaouis.
Le Bureau national de l'UJFP, 5 février 2010,
http://www.ujfp.org/modules/news/ar... ?storyid=673
Une autre déclaration de l'UJFP :
« L'UJFP, Union Juive Française pour la Paix, dénonce la collusion du CRIF, prétendument représentatif des Juifs de France, avec la politique la plus réactionnaire qui soit du gouvernement actuel, en conviant comme invité d'honneur à son dîner annuel, le ministre de l'immigration et de l'identité nationale Éric Besson dont le ministère, celui de la rafle et de la honte, nous rappelle tragiquement, à nous Juifs démocrates, son prédécesseur : le Commissariat aux Questions Juives de Vichy. Et cela au lendemain de la journée mondiale de l'Holocauste du 27 Janvier.
Nous exprimons notre indignation pour ce soutien sans réserve à la pire des politiques que nous ayons connue depuis la Libération, cette politique raciste et xénophobe qui encourage l'islamophobie, la stigmatisation d'une partie de la population, généralise les contrôles d'identité illégaux au faciès, les rafles massives des sans-papiers, demandeurs d'asile, criminalise la solidarité à leur égard (souvenons- nous des Justes qui nous ont cachés). Nous exprimons notre indignation pour ce soutien à cette politique d'enfermement des sans-papiers et demandeurs d'asile dans les Centres de Rétention Administratifs (CRA) souvent avec leurs enfants, leurs expulsions ensuite. Pour la seule année 2009, près de 30 000 expulsions ont été effectuées.
Nous dénonçons la complicité du CRIF avec cette politique totalement décomplexée, impulsée par Nicolas Sarkozy, qui pratique un racisme d' État jamais égalé à travers le « Grand débat » sur l'identité nationale dont le seul objectif est d'inscrire l'immigration comme un « problème » pour la France et les français dans leur être même, en utilisant sans vergogne la technique déjà éprouvée du « bouc émissaire » afin de dresser les gens les uns contre les autres, les détourner de leurs problèmes quotidiens. Il n'appartient pas à ceux qui ont été persécutés et discriminés sous le gouvernement de Pétain de cautionner, 65 ans après, une politique de discrimination et d'expulsions massives pareille à celle mise en place à leur encontre à l'époque même, si la destination finale n'est pas comparable. Nous refusons le développement d'une société profondément raciste et ségrégative à l'égard de ceux que le débat sur l'identité nationale exclut d'avance de ce « nous » républicain (européen) réduit à un Occident judéo-chrétien. Nous dénions au CRIF cette prétention à nous représenter dans cette compromission honteuse, cette fuite en avant irresponsable.
Lyon le 26 Janvier 2010
http://www.ujfp.org/modules/news/ar...
Mais qui s'étonnera de la dérive du CRIF vers l'extrême droite avec l'élection triomphale de Gilles-William Goldnadel dans ses instances dirigeantes ?
« […] Le nouvel élu du comité directeur du Crif, maître Gilles William Goldnadel, va plus loin dans sa gratitude envers le chef de l‘Etat : selon lui, Nicolas Sarkozy, qui s'est toujours déclaré « inconditionnel de la sécurité d'Israel », a réussi à « apaiser la communauté juive ». Pour preuve de leur connivence, Goldnadel indique avoir été personnellement invité par le chef de l'Etat lors de sa visite officielle en Israël au cours du mois de juin 2008 ; de plus, l'avocat, qui avait défendu la journaliste islamophobe Oriana Fallaci, se vante désormais d'avoir des lettres de soutien adressées par Nicolas Sarkozy et Michèle Alliot-Marie dans sa lutte contre le boycott des produits israéliens.
Nul étonnement si certains déplorent en conséquence la dérive droitière que représenterait l'arrivée de Goldnadel et de ses comparses au comité directeur du Crif, traversé depuis quelque temps par des fortes dissensions en son sein. Ces dernières années ont vu apparaître une forme inédite de repli identitaire au sein de la communauté juive, particulièrement parmi les plus jeunes. Des intellectuels vont même jusqu'à dénoncer cette crispation idéologique : ainsi, le journaliste Jean Daniel n'hésite plus à comparer les responsables actuels du Crif à des « représentants français du Likoud » tandis que Rony Brauman et Elizabeth Lévy, pour une fois d'accord, qualifient cette institution de « seconde ambassade d'Israël ».
Même le philosophe Alain Finkielkraut, surnommé jadis « le porte-flingue d'Ariel Sharon », semble pourtant, lui aussi, excédé quand il en vient à juger comme étant « légèrement grotesque » le rendez-vous annuel du Crif, ce « tribunal dînatoire » qui s'apparente à une « convocation du gouvernement ». Des jugements sévères de la part de personnalités de l'intérieur, d'ordinaire plus accommodantes avec leurs représentants autoproclamés. La nouvelle direction du Crif, qui prétend incarner une « libération intellectuelle », laisse redouter de prochains raidissements idéologiques ainsi que l'accroissement des rivalités internes, et ce, particulièrement au regard de l'échéance, au mois de mai, de la réélection pour la présidence du Conseil.
Mais, pour le moment, Richard Prasquier peut continuer sereinement de pavoiser et de conclure ses discours sur une note lyrique, comme à la fin de cette cérémonie communautaire et anti-communautariste, où il rappelle que le Crif se définit comme un organisme « juif, républicain et français ». Dans l'ordre de ces qualificatifs. A l'heure où les musulmans de France sont de plus en plus sommés de démontrer, d'abord et avant tout, leur « identité nationale », leur rejet de la burqa, du verlan et de la casquette portée à l'envers, sans doute sera-t-il salutaire d'affirmer - à qui de droit - les paroles d'un homme revenu de l'horreur surgie au cœur d'une Europe dite des Lumières : Primo Levi, rescapé d'Auschwitz. Toute personne porteuse d'une quelconque identité stigmatisée pourrait s'inspirer, dans la résistance, de son propos, et y reconnaître une résonance familière, fraternelle, universelle : « Je suis juif parce que le sort a voulu que je naisse juif. Je n'en rougis pas et je ne m'en glorifie pas. Être juif pour moi, c'est une question d'"identité" », une « "identité" à laquelle, je dois le préciser, je n'ai pas l'intention de renoncer ».
Voir l'article ici : http://www.info-palestine.net/artic...
Notre brillant propagateur de la haine raciale s'était d'ailleurs déjà exprimé sur le site du CRIF :
“Distribuant, pour mieux diviser, les bons, les mauvais et les très mauvais points, le MRAP met en cause des petits satans comme Finkielkraut ou Taguiev, des moyens satans comme le Président du CRIF ou le Président de France-Israël ou donc des grands satans comme Goldnadel.
En réalité, le MRAP, qui ne s'est certes pas trompé de cible idéologique, ne me pardonne pas :
D'avoir été le premier à mettre en garde contre les dangers de l'extrême gauche et l'islamisme en matière d'antisémitisme, avant que hélas, mes prévisions soient cruellement vérifiées par les faits.
D'avoir défendu, en tant qu'avocat, Oriana FALLACI et d'avoir infligé deux échecs au MRAP qui se présente comme un chantre de la liberté d'expression dans sa tentative de voir interdire puis condamner son livre.”
Voir également sur le blog du JDD http://www.lejdd.fr/Societe/Religio...
« […] Moins glorieusement, il a également assuré la défense d'Anne Kling, responsable du parti régionaliste et identitaire Alsace d'abord ainsi que celle de l'essayiste italienne Oriana Fallaci, qui avait notamment écrit dans La Rage et l'Orgueil (Plon, 2002) : "Il y a quelque chose, dans les hommes arabes, qui dégoûte les femmes de bon goût." Goldnadel, qui revendique une ascendance de gauche, aime tutoyer les limites, jusqu'à approcher par le passé Jean-Marie Le Pen ou l'écrivain Alain Soral et dialoguer avec eux. […] »
SôS Soutien ô Sans-papiers continuera à utiliser son local loué , 14 rue Cronstad.
Dès samedi soir, lors de négociations avec le sous-préfet, nous avons expressément signalé que l'ensemble des personnes , avec ou sans papiers, était adhérant de SôS Soutien ô Sans- papiers et sont bien dans un local associatif .
Les exilés sont tous porteurs de leur carte d'adhésion.
le gouvernement devra assumer sa position intenable et son obéissance aux directives anglaises.
Le gouvernement devra assumer ses lois racistes et nous accuser d'entraide aux personnes en situation irrégulière
IL POURRA ACCUSER NOS RESEAUX DU DELIT DE SOLIDARITE , ET POURQUOI PAS DE CELUI DE PASSEUR
PASSEUR, thème favori de M.Besson, qui occulte ainsi le vrai débat/ Pourquoi ces exilés ? Pourquoi cette violence et acharnement à Calais.
Nous lançons les procédures judiciaires et recours et ferons le point ensemble à cette Conf de presse avec les NO Border.
SôS Soutien ô Sans-papiers et les réseaux no border organisent une conférence de presse mercredi 10 février à 15H au local rue de cronstadt à Calais .
POUR LES TOTAL, POUR LES SOUS-TRAITANTS, POUR LES FAMILLES
TOUS A DUNKERQUE LE 12 FEVRIER!
A l'issue de la manifestation du 04 février, François Croquefer, secrétaire de l'UL CGT de Dunkerque lançait « Rendez-vous le 12 février à 15h00, Place Jean BART ».
A l'appel de camarades, dirigeants de divers UL du Pas de Calais, « Les bus de la solidarité de classe » ont été commandés, et tout s'organise pour amener le soutien concret des UL CGT de l'arrondissement de Béthune et environs (Lillers-Bruay-Auchel…) et d'Arras, aux camarades en lutte pour le maintien des emplois et de l'outil de production de Total Dunkerque.
De nombreuses entreprises locales sont concernées : ainsi, Forclum, Cegelec, SIM, Optéor et d'autres, sont des entreprises sous traitantes de Total Dunkerque, et pour ce mois de février, un arrêt décennal de maintenance avait été programmé pour plusieurs mois.
Plusieurs centaines de travailleurs en CDI mais aussi intérimaires auraient pu œuvrer à la remise en conformité de la Raffinerie des Flandres, si Total n'avait pas stoppé net les travaux, au nom de la rentabilité financière du groupe qui pourtant affiche 9 milliards € de bénéfices nets chaque année.
Christophe de Margerie, l'arrogant bourgeois, PDG de Total, à 10 millions de salaire annuel, se croyait débarrassé du problème en annonçant le report en juin de la décision concernant La Raffinerie des Flandres. Mais il a oublié un paramètre important, la combativité des salariés qui entendent continuer à produire à Dunkerque, et la solidarité qui se déploie de plus en plus entre les travailleurs, victimes des plans de restructuration, des fermetures… et des manœuvres financières et capitalistes du patronat et de ses sbires au gouvernement !
Les politiciens ont su verser des larmes à l'annonce de cette « fermeture », mais pour beaucoup, c'était des larmes de crocodile, car personne n'a été dupe des manœuvres électoralistes, tant ils sont aux abois et bas dans les sondages… pour toute réponse, un terminal gazier fantôme et une école privée !
1000 emplois menacés directement et indirectement, 1000 familles et des milliers d'enfants en marche vers la précarité dans un zone industrielle et dans une région, frappées de plein fouet par la crise économico-financière… n'est-ce pas suffisant pour que toute la solidarité de classe soit puissante ?
Les dirigeants de nos UL CGT l'ont compris et ont pris la responsabilité de s'inscrire dans cette lutte : car ne rien dire, ne rien faire, c'est laisser faire, c'est laisser les mains libres à un patronat de plus en plus arrogants et complètement décomplexé par le soutien sans faille des dirigeants politiques de droite de ce pays !
OUI, nous osons dire que : la CLASSE OUVRIERE va rester DEBOUT, qu'elle va LUTTER, qu'elle va organiser la RIPOSTE, qu'elle va FAIRE FACE, qu'elle va EMPÊCHER les fermetures, qu'elle va mettre les patrons, les financiers et les politiciens véreux devant leurs RESPONSABILITES…
FINI L'IMPUNITE, FINI LE ROULEAU COMPRESSEUR CAPITALISTE ! QUE LES PATRONS, LE MEDEF, l'UMP et ses satellites… LE COMPRENNENT BIEN ! TOTAL DUNKERQUE NE FERMERA PAS ET IL N'Y AURA AUCUN LICENCIEMENT !
Manifestation le vendredi 12 février 15h00 Place Jean BART à DUNKERQUE
Horaires de ramassage (soyons à l'heure) et inscrivons nous auprès des camarades chargés de l'orga :
Roger Veste : 06.82.57.86.72
Jacques Taillieu : 06.88.82.87.55
RDV /
Bruay : 12H30 Place Marmotthant
Béthune : 13h00 devant l'UL
Lillers : 13h30 Place Roger Salengro
La situation des réfugiés à Calais ne se résoudra pas par la force ! En 2002, Sarkozy fermait un hangar ; en 2009, Besson s'attaquait à des terrains vagues en expulsant les jungles, aujourd'hui il expulse le hangar Kronstadt.
Le ministre de l'identité nationale s'en prend à un local, ouvert récemment à Calais par les militants de No Border et de SOS soutien ô sans papiers. Cette ville devient l'un des lieux symboliques de la politique xénophobe européenne. L'édification de l'Europe forteresse fait qu'il existe des points de fixation au nord et au sud du continent (en Grèce, en Italie...).
L'expulsion violente du hangar Kronstadt par la police ne résoudra rien. Pour justifier cette décision, la mairie de Calais déclare que ce lieu n'est pas adapté pour y accueillir des gens. Les rues le sont-elles ? « Les difficultés de survie à Calais pendant l'hiver découragent de nombreuses personnes à demander l'asile en France et forcent la majorité des personnes relevant du règlement de Dublin à partir. Bien que certains migrants demandent l'asile en France pour obtenir un document qui leur permette de rester jusqu'à ce qu'ils puissent traverser [la Manche] vers le Royaume-Uni, ces personnes indiquent en majorité qu'elles resteraient en France et continueraient la procédure d'obtention de papiers si elles recevaient un logement et l'accès aux services essentiels », a expliqué Maureen McBrien, chef du bureau du HCR à Calais. En clair cet organe de l'ONU constate que l'Etat français ne respecte pas les dispositions de la Convention de Genève. Il est donc dans l'illégalité ! Qu'attendent les organisations humanitaires, se référant sans cesse à l'ONU, à la Déclaration des droits de l'homme, à celle de l'enfant, pour que les Etats respectent leurs obligations ? Quelles démarches juridiques ont-elles entamées ? Comment se fait-il que France Terre d'Asile condamne l'ouverture du hangar Kronstadt et ne fasse rien juridiquement pour que l'Etat français assure un accueil digne et décent pour les réfugiés tel que le prévoit la Convention de Genève ?
Besson affirme que ce local « servirait de base arrière aux filières mafieuses de l'immigration clandestine » (Libération Lille du 7/02/10). Encore une fois, le gouvernement, à travers le ministre de l'identité nationale, amalgame solidarité et trafic humain, criminalisant les militants solidaires des réfugiés, des sans papiers. Le meilleur moyen pour mettre fin à ce trafic est d'ouvrir les frontières et de laisser s'installer les gens où ils veulent. Ainsi ils n'auront plus besoin de passeurs pour escalader les murs de l'Europe forteresse. Les meilleurs alliés de ces trafiquants sont Besson, Hortefeux et Sarkozy, les Etats et l'Union européenne. Plus ils durcissent les conditions d'entrée en Europe, plus ils renchérissent financièrement le coût des ''passages'' pour les migrants lorsqu'ils sont obligés de faire appel aux passeurs.
On nous explique qu'il ne faut pas créer « d'appel d'air » par rapport aux futurs migrants. Mais alors qui les crée ces fameux appels d'air ? N'est-ce pas les Etats impérialistes guerroyant en Irak, en Afghanistan ou ailleurs, qui sont la cause de ces « appels d'air » ? N'est-ce pas ces mêmes Etats qui sont aussi responsables de la misère grandissante dans le monde ? Cela conduit des populations à n'avoir d'autre alternative que de fuir leur région dévastée par le capitalisme ou bien mourir de faim, d'épidémies, etc. Ce discours sur les « appels d'air » n'est qu'une vaste hypocrisie. Depuis la nuit des temps, bon nombre d'êtres humains ont migré pour différentes raisons fondées sur la fuite face à un danger ou tout simplement pour découvrir d'autres contrées, d'autres cultures, etc. « L'appel d'air » est une expression servant à justifier la politique xénophobe des Etats et à créer des boucs émissaires !
Si l'Etat français a agi aussi promptement et violemment par rapport au hangar Kronstadt c'est pour répondre aux injonctions – au diktat – du gouvernement britannique. Dans le cas contraire, cela aurait pu aller jusqu'à un incident diplomatique, pour le moins ! Il est hors de question pour ce dernier que de nouveaux lieux s'ouvrent à Calais et dans la région. Il ne veut pas que des migrants puissent être concrètement soutenus, trouver des lieux de refuge. Le but, pour ces deux gouvernements, est de rendre les conditions de vie pour les réfugiés les plus dures possibles. Ils espèrent qu'ils quitteront cette région, réduisant ainsi le nombre de personnes voulant franchir le mur de la Manche. Or, la réalité montre que cet espoir est vain. Depuis des années, malgré le harcèlement de la police, les charters franco-britanniques, les destructions de Sangatte, des jungles et maintenant l'expulsion du hangar Kronstadt, les migrants sont toujours là. La violence étatique n'empêchera pas les réfugiés et les associations, collectifs... qui les soutiennent d'imaginer des moyens de lutter pour la liberté de circulation et d'installation.
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1e partie : Histoire du Carnaval
Aussi loin que l'on se projette, il semble que les hommes aient eu besoin de se défouler, de briser l'ordre quotidien régulièrement. Le Carnaval n'est qu'une expression récente, liée au christianisme, de pratiques beaucoup plus anciennes. Les archéologues ont ainsi retrouvé des masques datant du paléolithique (- 15 000 / - 10 000 av. J.C.). Si on ne sait pas avec certitude quels usages les hommes en avaient à cette époque-là, on sait par contre que toutes les civilisations antiques avaient des fêtes orgiaques ritualisant le rythme des saisons et renversant les hiérarchies sociales. Les masques y étaient présents, représentant des esprits païens que l'Église combattra avant de les convertir en saints ou en anges. Ainsi, l'Église a détourné les anciennes fêtes rituelles pour leur donner des significations chrétiennes. Elle n'a par contre jamais réussi, malgré plusieurs tentatives, à empêcher les débordements blasphématoires du Carnaval. La Renaissance, l'avènement du capitalisme et de la société moderne liée à la civilisation des mœurs tentera elle aussi d'interdire et d'encadrer des pratiques carnavalesques où les personnes masquées, en plus de blasphémer, font fi de la sacro-sainte propriété privée. Mais derrière les grandes parades publicitaires subventionnées, il reste partout dans le monde une réalité sociale et populaire d'un Carnaval contestataire toujours combattu et toujours renaissant.
I - Les origines païennes des fêtes chrétiennes
Les êtres humains ont depuis toujours ritualisé les changements de saison. Les solstices d'été (21 juin) et d'hiver (21 décembre) marquent l'inversion du raccourcissement et de l'augmentation des jours. Les passages de l'été à l'hiver et inversement sont également prétextes à grandes fêtes rituelles. La dichotomie hiver/été est sublimée par celle entre la mort et la vie. De la thématique du passage de l'un à l'autre on tire celle du renversement de toute chose. Ainsi, l'ordre quotidien est suspendu, tout ce qui n'est pas permis le reste du temps le devient.
Avant le Carnaval tel qu'on le connaît, il y avait donc des fêtes du même type un peu partout. Les Sacées à Babylone et les Saturnales à Rome inversaient les rôles entre les esclaves et leurs maîtres et un condamné à mort devenait quelques jour roi (avec tous les avantages liés à cette position), avant d'être exécuté le dernier soir. A Rome, le culte de Janus avait fait du jour de l'an (qui se situait en mars) un jour de travestissement. Puis lors de la première pleine lune du printemps on vidait des coupes en proportion des années que l'on souhaitait encore vivre... La fête juive de Pourrim est célébrée pendant le mois d'Adar (qui tombe, selon la lune, en février ou mars) permet elle aussi le déguisement, l'inversion des rôles et la transgression des règles. N'oublions pas le culte d'Isis en Égypte, celui de Bacchus chez les Grecs, celui d'Odin en Scandinavie ou la tradition celte de la Samain, le 1er novembre, qui est à l'origine de la Toussaint et d'Halloween.
Le calendrier chrétien va s'inspirer de toutes ces fêtes. La « feste Toz Sainz », la fête de tous les Saints en ancien français, correspond d'une part aux cérémonies romaines instaurées par l'empereur Auguste en l'honneur de tous les dieux. D'autre part, le choix de la date vient donc de la Samain, fête celtique du nouvel an. Les coutumes païennes n'étant pas éradiquées, on institua au XIe siècle la fête des morts le 2 novembre. Le tout finit par fusionner dans la Toussaint qu'on connaît. Fêter les morts permettait d'entrer en contact avec eux. Ainsi, dans certaines régions, on ouvrait le lit des défunts pour qu'ils s'y reposent quelques instants ou on leur préparait un repas. La Samain (Samhuin) marquait le 1er jour de l'année celtique qui était divisée en 2 cycles de 6 mois. La Samain se célébrait le 1er novembre mais les Celtes comptaient en nuits et non en jours, de sorte que la célébration devait commencer le 31 octobre au soir. Elle marquait le début du cycle hivernal, celui de la lutte entre les ténèbres et la lumière. En effet, l'hiver avait pour les sociétés paysannes traditionnelles un caractère ambigu et inquiétant (si le soleil ne revient pas), et était une période d'inactivité. Bien sûr des célébrations assez similaires existaient en Égypte et au Mexique, au cours desquelles on célébrait la mort du soleil.
Au cours de la nuit de la Samain, les Celtes suivaient un cérémonial rigoureux afin de s'assurer de la bonne année à venir. Les druides allumaient un feu sacré sur l'autel afin d'honorer Been, le dieu du soleil, pour l'inciter à revenir. Ce feu servait aussi à chasser les mauvais esprits. Ensuite, chaque famille recevait une braise de ce feu avec laquelle elle allumait un nouveau feu protecteur dans son âtre, qui devrait brûler jusqu'à l'automne suivant. La fête s'étendait sur plusieurs jours et des festins étaient préparés.
Cette fête a une fonction d'intermédiaire entre les mondes humains et divins, ainsi que entre les vivants et les morts. Pendant cette nuit, les esprits des trépassés pouvaient revenir dans leur demeure terrestre et les vivants essayaient de les accueillir au mieux. Par exemple, on leur laissait une place autour de la table ou près du feu… Les masques et les déguisements avaient pour fonction de faire peur aux esprits ou de les apaiser en leur ressemblant, voire de s'identifier à eux afin de s'en protéger. On voit donc bien d'où vient Halloween. De même, la coutume des navets, raves ou citrouilles évidées avait pour but d'effrayer les esprits. Mais elle est aussi liée à la légende de Jack O'Lantern, un ivrogne et joueur de cartes qui aurait berné le diable, mais comme le Paradis ne voulu pas de lui, il fut condamné à errer sur terre après sa mort. Jack obtint cependant une braise du diable, qu'il introduisit dans une citrouille évidée, afin de guider sa marche dans les ténèbres.
Noël est une autre entreprise de récupération. Fêtée le 6 janvier, le 25 mars, le 10 avril ou le 29 mai, la naissance du Christ a été variable avant que ne s'impose le 25 décembre. Cette date correspond à peu de choses près au solstice d'hiver qui était déjà fêté par des réjouissances accompagnées de sacrifices, au pied d'arbres consacrés.
La date de l'épiphanie, le 6 janvier, fut pour sa part choisie car on fêtait à cette date l'apparition de Dionysos, dieu des esclaves, des pauvres et des riches (il s'intéresse à la destinée de chacun). Lui aussi lié aux saisons, il meurt avec le déclin de la végétation, pour ressusciter avec la lumière croissante. Dieu de la végétation il est par extension dieu du vin et de la fécondité. La tradition de la galette des rois n'est pas, à l'origine, liée aux fameux rois mages. Il y avait déjà cette coutume à Rome : le prisonnier roi quelques jours avant d'être exécuté était sélectionnée par les gardes à l'aide d'une fève cachée à l'intérieur.
La Saint-Valentin quant à elle est une reprise des rituels liés à la fécondité avant le printemps, saison des amours. Les Romains célébraient Lupercus (nom romain du dieu Pan), le dieu des troupeaux et des bergers, destructeur des loups, présidant aux bois et aux pâturages. Les jeunes filles écrivaient alors des mots doux qu'elles déposaient dans une grande urne. Chaque jeune homme prenait au hasard une de ces déclarations et courtisait celle qui en était l'auteur. Les Luperques, vêtus seulement des peaux des boucs sacrifiés, couraient à travers la ville en frappant avec des lanières de peaux de boucs tous ceux qu'ils rencontraient notamment les femmes. Celles-ci ne cherchaient pas à se soustraire aux coups, parce qu'elles croyaient que cela favorisait la grossesse. Ces Lupercales, assurant le départ d'une nouvelle année, symbolisaient l'intrusion du monde sauvage dans le monde civilisé, celle du désordre dans la vie réglée, celle du monde des morts dans celui des vivants, thématique qu'on retrouve dans le Carnaval.
Une autre pratique païenne liée à la fertilité, reprise par les chrétiens, est celle de la décoration des œufs. Des œufs décorés datant de la préhistoire ont été retrouvé en Ukraine et cela se faisait en Égypte. Pâques, symbole de la résurrection du Christ, est donc dans la continuité du symbole de (re)naissance. De plus, pendant le Carême, l'Église interdit, entre autres, la consommation des œufs. Dès lors, on conservait les œufs jusqu'à Pâques, où on les offrait aux enfants.
Si Pâques est la fin du Carême, Mardi-gras en est le début, 40 jours avant. « Carne Levare », Carnaval, et son apothéose le Mardi Gras, étaient, en février, la période où l'on mangeait pour la dernière fois de la cuisine grasse, avant d'entrer en quarantaine, la « quadragesima », mot qui a donné « quaresimo » puis « carême ».
Le Carnaval ne se limite pas, au départ, à Mardi-gras. Il commence avec l'épiphanie, dès le 6 janvier. Toutes les traditions païennes s'y retrouvent, liées au renouveau printanier. Carnaval représente le chaos primordial avant toute nouvelle création. Le prisonnier, « roi » pendant quelques jours avant d'être exécuté (dans les Sacées et Saturnales), est devenu un « Caramentrant » de paille et de bois, responsable de tous les maux, qui finit brûlé. Parfois c'était un âne et pour ridiculiser l'Église on le revêtait des vêtements épiscopaux et on le faisait officier à l'autel. Or, l'âne symbolise notamment « satan », c'est-à-dire l'inverse de l'ordre assuré par l'Église.
Carnaval a une filiation directe avec les saturnales romaines où les travaux cessaient, les tribunaux et les écoles se fermaient, où il n'était permis d'entreprendre aucune guerre, d'exécuter aucun criminel, ni d'exercer d'autre art que celui de la cuisine. Chacun s'envoyait des présents et s'invitait mutuellement à de somptueux repas. On donnait des spectacles, des combats de gladiateurs et on accordait la liberté à quelques prisonniers. Les esclaves revêtus de toges blanches ornées de pourpre prenaient la place de leurs maîtres ; ils pouvaient les plaisanter, leur dire tout ce qu'ils voulaient et même se faire servir à table par eux.
En tant que négation du quotidien Carnaval permet d'outrepasser les règles morales et sociales. Grâce aux déguisements, aux masques, chacun peut oublier pour un temps la misère, la maladie, la souffrance. Chacun peut changer de condition : les hommes se déguisent en femmes, les enfants s'octroient des droits d'adultes. La réserve qui régit habituellement les rapports sociaux disparaît.
II - Carnaval au Moyen âge : Rapports conflictuels avec l'Église
À cette époque, seuls les hommes pouvaient investir l'espace public ; ils étaient les dépositaires de la morale et des valeurs alors que les femmes étaient seulement chargées de l'accueil dans les foyers. Cela change peu pendant le Carnaval. Certaines se risquent à se masquer mais ne doivent pas être repérées. Mais cette discrimination n'est pas catégorique puisque certains carnavals ont toujours possédé des sociétés mixtes, comme par exemple les Haguettes ou les Longs-nez de Malmedy, ou ont compensé en offrant un jour de liberté complète réservée aux femmes, comme le Jeudi des Femmes à Eupen. On remarque aussi que certains carnavaliers miment la gestation, la mise au monde puis l'allaitement d'un bébé. Il existe même des régions où le Carnaval est placé sous autorité féminine, celle des mères en l'occurrence. Dans ces régions, elles s'habillent en homme et attaquent les mâles en leur faisant sauter le chapeau, les arrosent, les maltraitent. A La Châtre (Indre), les femmes du peuple s'assemblaient le Mardi Gras sur la grande place et y dansaient des rondes en chantant les couplets les plus obscènes. Ailleurs, elles s'occupent d'un immense festin qui se termine par une bataille où l'on se jette les restes dessus.
L'origine du mot « masque » reste aussi mystérieuse que les visages qu'il cache. Il apparaît en 643 et pourrait venir du latin (sorcière) ou de l'indoeuropéen (filet dont on enveloppe les morts). Dans le sud de la Provence, les sorciers seront, jusqu'au XIXème siècle appelés des « masques ». Pour se déguiser, on se contente souvent au Moyen âge de se noircir le visage avec de la suie, de le dissimuler sous une étoffe ou de porter ses vêtements à l'envers, coutures apparentes. Les premiers masques sont taillés dans la tête des porcs tués à Noël (on se cache derrière la peau épaisse et soyeuse ou le groin) ou dans une cagoule de peau de lapin. Les jeunes gens ainsi masqués parcourent bruyamment les rues à la nuit tombée, chahutent les femmes, les filles et les avares. Ils évoquent là encore d'une part les revenants et l'au-delà, d'autre part la nature et le printemps qui va revenir.
Les nuits de pleine lune ces bandes rôdent, s'approchent doucement des maisons pour soudainement crier, lancer des cailloux sur les volets, la porte et le toit, jouer parfois du tambour, entrer dans les maisons et poursuivre les filles en quête de baisers, puis se calmer et se taire, manger des crêpes et des beignets et boire sans jamais révéler leurs visages. Parfois, ces expéditions se font plus furtives afin de dérober un coq ou un cochon qu'on se partage au clair de lune.
Cette ambiance perdure alors jusqu'au soir de Mardi Gras, où l'autorité est ouvertement entre les mains des masques. Les avares et les moralistes sont les premières cibles, obligés d'offrir ripaille aux assaillants. Ceux qui travaillent ce jour-là sont attrapés, juchés sur un âne, promenés et obligés de payer à boire. On pouvait se masquer en plein jour, et le peuple usait largement d'un privilège réservé longtemps aux seuls gentilshommes. Repas solide où figurent comme pièce de résistance une oie ou un dindon, comme accessoires obligés les traditionnelles crêpes, larges beuveries, mascarades sillonnant les villes à grands fracas, bals échevelés, cavalcades...
Les vieilles femmes osaient à peine quitter leurs maisons de peur des attrapes du mardi gras. On plaquait sur leurs manteaux noirs des empreintes de craie figurant des rats et des souris, on attachait à leurs robes des torchons sales. Les théâtres ont conservé longtemps la tradition de jouer les pièces les plus licencieuses dans les derniers jours du carnaval, et la Comédie-Française elle-même représentait le Don Japhet d'Arménie, de Scarron.
Les Arrêts d'Amour (1540, plaidoyer XII) racontent que des troupes de personnes masquées, « en robes retournées, barbouillez de farine ou charbon, faux visages de papier, portant argent à la mode ancienne », accompagnées de musiciens et de valets tenant des flambeaux, se présentaient dans toutes les maisons où l'on donnait soirée, y entraient sans autorisation, faisaient danser les demoiselles, offraient des dragées aux dames et proposaient des défis aux dés. De telles libertés choquaient fort les particuliers qui, n'osant pas résister ouvertement, « éteignent leurs lumières, répondent qu'il n'y a personne, qu'on est couché, ou font sortir leurs femmes et leurs filles par l'huis de derrière ».
Ces précautions n'évitaient pas toujours les injures, les querelles et les rixes. Les valets des masques profitaient du tumulte pour voler, dévorer toutes les provisions de l'office et débaucher les chambrières. Si bien que le parlement, assailli de plaintes, dut à plusieurs reprises interdire la fabrication et la vente des masques. On se masquait encore pour jouer aux jeux de hasard. Le jeu était d'ailleurs une des licences caractéristiques du Carnaval. Le jour de mardi gras, après l'audience du grand conseil, la cour elle-même jouait aux dés sur le bureau du greffier en présence du public.
Le lendemain du Mardi Gras, le mercredi des cendres, donnait lui aussi lieu à de jolies scènes, comme la « descente de la Courtille », des masques revenant de Belleville le matin avec leurs déguisements ignoblement salis et déchirés, hurlant des obscénités. Jules Janin raconte que cela dure toute la matinée, « ceux qui passent insultent ceux qui regardent passer, les uns et les autres se disent mille injures. »
Si l'Église intègre le Carnaval à sa liturgie, c'est parce qu'elle n'a pas pu l'interdire. Elle essaya régulièrement de réduire sa portée contestataire et ouvertement blasphématoire. Jusqu'au XVIIème siècle, la période de Carnaval couvrait les quatre mois d'hiver. De nombreuse réglementations, tant ecclésiastiques que laïques, tentèrent d'endiguer les excès causés par ces bacchanales et finalement Carnaval fut réduit à trois jours : dimanche, lundi, pour atteindre son apothéose le mardi gras.
Parfois ce sont les circonstances qui rapprochent de l'Église. Par exemple au Moyen âge à Stavelot, les moines « guindaillaient » le jour de la Laetare en se mêlant à la population locale dans des réjouissances mi-sacrées mi-païennes. L'Église est ensuite intervenue pour interdire aux moines de quitter l'abbaye à cette occasion. Il arrivait que l'on danse dans l'église, que l'on chante la messe à l'envers. Un prêtre d'Amiens dénonce, en 1182 : « Dans certaines églises la coutume veut que les évêques et archevêques se démettent par jeu de leurs attributs. Cette liberté de décembre – libertas decembricas – est analogue à celle qui avait cours autrefois chez les païens, lorsque les bergers, devenus libres, se plaçaient sur le même plan que leurs maîtres et faisaient, après les moissons, la fête avec eux. »
Il y eut de tout temps une répression envers Carnaval. Charlemagne tenta de bannir les mascarades de son empire. Il n'y réussit pas et, pendant tout le Moyen âge, le Carnaval, adopté et protégé par l'Église, étala en plein jour ses fantaisies les plus grossières et les plus monstrueuses. Le 9 mars 1399, Charles VI, rappelant d'autres ordonnances qui ont été perdues, défendit « que nul ne portast faux visages, [...] aucun ne batist ou injuriant, ne feist batre ne injurier autres personnes ».
A partir du XVe siècle, les parlements commencèrent à sévir ; mais la fréquence même de leurs arrêts peut inspirer quelques doutes sur leur efficacité. Nous citerons les principaux. Le 14 décembre 1509, le parlement de Paris défend de faire et de vendre des masques, de porter des masques, de jouer au jeu de momon en masques ou avec d'autres déguisements, sous peine de prison et d'amende. Le 26 avril 1514, arrêté portant que les masques et faux visages seront brûlés en public, avec défense d'en porter sous peine de confiscation. Les 26-27 novembre 1535, 9 mars 1539, 2-14 janvier 1562, 8 janvier 1575, 4 février 1592, défense d'aller en masques dans les rues de Paris avec des joueurs d'instruments, sous peine d'être punis comme perturbateurs du repos public. Une ordonnance royale du 9 novembre 1720, et une ordonnance de police du 5 février 1746, interdirent aux masques de porter des bâtons et des épées ou d'en faire porter par les laquais. Des ordonnances de police du 6 décembre 1737 et du 11 décembre 1742, défendirent aux jeunes gens et tapageurs de nuit d'entrer de force dans tous les lieux où il y a des bals et de la musique, de violenter les traiteurs, leurs femmes et enfants et d'obliger les violons à jouer toute la nuit. Malgré tout Carnaval perdure.
A Florence, le moine fondamentaliste Savonarole limite le Carnaval au seul jour du Mardi Gras, et instaure un grand bûcher purifiant les « vanités » : jeux de cartes, livres de musique profane ou de poésie, parfums, masques, costumes, peintures et sculptures qui ont été confisquées chez les habitants... C'était en 1497 et l'année suivante, c'est ce Savonarole qui finira sur le bûcher...
A noter aussi que le Carnaval peut appuyer des révoltes politiques, par exemple à l'époque de l'apparition du protestantisme. A Bâle, en 1529, Mardi Gras voit déferler 300 personnes masquées, conduites par le bourreau, qui envahissent la cathédrale, brisent les statues et le grand crucifix en lançant : « Si tu es un dieu, défends-toi, mais si tu es un homme, saigne ! ». Ils attaquent également l'Hôtel de ville où le Conseil décide d'autoriser le culte protestant. Ces mêmes protestants décideront quelques années plus tard la suppression du Carême, en espérant éliminer avec lui les débordements carnavalesques...
III - Carnaval face à la société marchande
Vient l'époque de la Renaissance, le théâtre prend son essor moderne et s'approprie les masques. En Italie, Carnaval atteint une splendeur et un développement exceptionnels. L'affluence d'étrangers riches, à Rome notamment, peut expliquer la tolérance séculaire de l'Église pour des divertissements profanes que d'aucuns, à vrai dire, jugeaient assez déplacés dans une ville directement soumise à l'autorité des papes. Ceux-ci d'ailleurs protestèrent parfois contre des licences un peu trop vives, mais il ne paraît pas qu'ils aient insisté beaucoup en ce sens et plusieurs d'entre eux ont collaboré aux magnificences de ces fêtes.
Le Carnaval de Venise fut encore plus célèbre et plus fréquenté que celui de Rome, car il le dépassait en licence et durait une partie de l'hiver. Des illuminations féeriques, des feux d'artifice, des gondoles illuminées circulant sur les canaux avec leur équipage de masques et de musiciens, le luxe des déguisements, l'affluence des belles courtisanes et surtout l'autorisation des jeux de hasard, tels étaient les attraits puissants de ces fêtes qui ont beaucoup pâli quand Venise perdit son indépendance politique. Plus encore que le déguisement, le masque est l'attribut essentiel du carnaval vénitien. Le port du masque était si généralisé qu'il fut interdit - en vain - dans les églises. Grâce à lui, et au déguisement, les barrières sociales étaient abolies. L'humble devenait seigneur, le puissant bouffon. Hommes et femmes, jeunes et vieux, chacun pouvait s'abandonner à ses pulsions, vivre ses fantasmes en toute impunité. La ville fusionnait, et ses autorités laissaient faire, sachant fort bien que ce désordre contribuait au maintien d'un ordre plus subtil. Plus qu'une simple fête, il devient un prétexte aux abus et à la rencontre des différentes classes sociales. Les masques prennent toute leur importance, car ils permettent aux fêtards de conserver leur anonymat. Cela est essentiel, surtout pour les nobles, qui malgré leur débauche sont sujets aux règles d'honneur et d'étiquette. Ils peuvent ainsi s'adonner aux plaisirs du jeu, de la boisson, et de l'amour sans être inquiétés.
La Révolution française, interdira elle aussi le Carnaval à partir de 1790. La Gazette Nationale écrit, en 1792, que la municipalité a arrêté : « 1° qu'il est défendu de paraître travesti dans les rues ; 2° que personne ne pourra donner de bal masqué public ; 3° qu'on ne peut étaler ou vendre des masques et habits de déguisement passé onze heures du soir ; 4° que personne ne peut donner de bal public, sans en avoir obtenu l'autorisation de la police ; 5° que ces bals ne peuvent se prolonger au-delà de onze heures de nuit. » (Gazette Nationale, ou Le Moniteur Universel, n° 32, mercredi 1er février 1792, Troisième année de la Liberté).
A partir de cette époque, la police a publié tous les ans au moment du carnaval une ordonnance conçue toujours à peu près dans les mêmes termes. On interdit à tous les masques de se montrer sur la voie publique avec des armes ou bâtons, de se masquer avant 10 heures du matin et après 6 heures du soir, de prendre des déguisements de nature à troubler l'ordre public ou à blesser la décence et les mœurs, de porter aucun insigne, aucun costume ecclésiastique ou religieux, d'apostropher qui que ce soit par des invectives, des mots grossiers ou provocations injurieuses, de s'arrêter pour tenir des discours indécents et provoquer les passants par gestes ou paroles contraires à la morale, de jeter dans les maisons, dans les voitures et sur les personnes des objets ou substances pouvant causer des blessures, endommager ou salir les vêtements, de promener ou brûler des mannequins dans les rues et places publiques.
Il y a quelques variantes intéressantes. Entre 1801 et 1820, l'ordonnance de police défend le port du masque dans les rues et lieux publics. De 1815 à 1820, parmi les mascarades interdites figurent « celles qui rappelleraient les époques malheureuses de la Révolution française ».
On comprend alors qu'en 1948, à Paris, Carnaval se mêle aux journées révolutionnaires. Lorsque le défilé se présente devant le Ministère, la troupe tire et tue 16 personnes. Celles-ci sont alors disposées sur une charrette pour une « promenade des cadavres » dans le sillage de laquelle s'élèvent les barricades qui mèneront les révolutionnaires vers la IIe République. Le président élu, devenu trois ans plus tard l'empereur Napoléon III, ne tolèrera ensuite que le défilé de la corporation des bouchers, accompagné de quelques chars publicitaires. Même lorsque la IIIe République arrive, le Carnaval renaissant est très vite encadré par les festivités offertes par de grands patrons. Carnaval prend alors le masque de la bienfaisance afin de faire des collectes qui autorisent des défilés de plus en plus fastueux, les bénéfices restant étant solennellement reversés à des œuvres de charité.
Au 20e siècle, Carnaval est de plus en plus spectaculaire, avec un roi qui varie au gré des modes et de l'actualité. En 1967, à Nice, un tyrolien « Roi des loisirs » sera brûlé avant son heure par des « anarchistes » mécontents. Carnaval devient une entreprise à part entière, employant des gens toute l'année. Le maquillage narcissique, beau, visant à attirer les regards, tend à remplacer le masque repoussant. De même, la parade où l'on se montre se substitue au drame joué ensemble. Mais si la programmation officielle voudrait l'oublier, la tradition des hommes sauvages, des revenants, des garçons enceints, des libertés amoureuses, de la verve critique et dénonciatrice demeure en souterrain.
Conclusion
Il n'est pas question, ici, de se lamenter sur le degré de récupération que peuvent avoir les carnavals d'aujourd'hui. Je sais que la répression n'empêchera jamais totalement les besoins de défoulement qu'ont les humains. Le Carnaval n'est qu'un rituel qui sert d'exutoire aux frustrations que l'on connait le reste de l'année. Plus le Carnaval est encadré et plus ce besoin déborde à d'autres moments. Plus on canalisera étroitement ce type de rituel, plus la chance est grande de voir ces pratiques se politiser. Car au-delà du simple besoin de se défouler une fois par an, la question est plus largement celle de la maîtrise qu'on a de nos rituels. L'idée de fêter le renouveau du jour sur la nuit est plaisante. Ridiculiser publiquement le pouvoir le jour du Carnaval doit aussi nous amener à le saper petit à petit le reste du temps.
Mon idée du Carnaval n'est pas focalisée sur les « incidents », les « affrontements » ou la « casse ». Pour moi, ces dégâts matériels et les provocations contre la morale font partie de façon normale de cet évènement qui prône un « renversement », fut-il limité à quelques heures par an.
N'oublions pas que Carnaval c'est avant tout :
- les déguisements, les masques, l'anonymat généralisé
- les maquillages représentant des personnages et des symboles « renversés »
- les chars, symboles contre le pouvoir brûlés à la fin
- le don d'alcool, de bouffe voire d'autres drogues, sans argent
- les pétards, fumigènes et fusées
- la farine, les œufs, et autres projectiles salissants dans des batailles endiablées où n'importe quel passant encravaté peut se retrouver ridiculisé
- la musique, battucadas et autres
Si Carnaval est un renversement, alors Carnaval doit être un moment de liberté, un moment où ceux qui n'ont pas de pouvoir prennent le pouvoir, l'espace, la rue. L'idéal étant qu'il ne se limite pas à ce qu'il a beaucoup été : une soupape, un moment de liberté pour une année de surveillance, de résignation. Carnaval doit plutôt faire prendre goût à la liberté. Il a ce potentiel et c'est pourquoi le pouvoir a toujours cherché à le limiter, le canaliser voire l'interdire.
Pour terminer, voici ce que disait Harvey Cox, en 1971 :
« Comme prévu, évêques et patrons n'en sont guère heureux, mais en tout cas cela a lieu. Cette renaissance de la fantaisie et de la fête, qui commence, est un bon signe. Elle montre que notre époque redécouvre peut-être la valeur de deux composantes de la culture qui, toutes deux, étaient jadis visibles dans la Fête des Fous. La première est la fête en elle-même, importante parce qu'elle remet le travail à sa place. Elle suggère que le travail, bien que rémunérateur, n'est pas la plus haute fin de la vie, mais doit contribuer à l'accomplissement de la personne humaine. Nous avons besoin d'interrompre le travail à date fixe pour nous souvenir que ce ne sont même pas un produit national brut d'un montant astronomique et le plein emploi de tous qui peuvent apporter le salut. Les jours de fête, nous cessons de travailler et nous goûtons ces gestes traditionnels et ces heures de franche gaieté sans lesquels une vie ne serait plus humaine. La fête, comme le jeu, la contemplation et l'amour, est une fin en soi. Ce n'est pas un moyen.
L'autre importante composante culturelle de la Fête des Fous est la fantaisie en tant que critique de la société. Démasquer la vanité des puissants fait toujours paraître leur pouvoir moins irrésistible. C'est pourquoi les tyrans tremblent devant les bouffons, et les dictateurs interdisent les chansonniers. Bien qu'une occasion fixée pour le persiflage politique puisse être exploitée par les puissants pour rendre la critique insignifiante, même une telle occasion ne doit pas exister. Du point de vue de l'oppresseur, la satire risque toujours de lui échapper ou de donner des idées aux gens, aussi est-il préférable de ne pas du tout la tolérer. »
Sources :
- Daniel Favre, Carnaval ou la fête à l'envers
- Harvey Cox, La Fête des fous, Seuil, 1971
- [www.carnaval-pantruche.org]
- et autres sources internet.
Pour le plaisir : Une protestation contre le Carnaval, en 1844 :
Le Carnaval
Depuis le commencement de notre publication, nous n'avons pas manqué chaque année de protester, au nom de la morale, contre ce qui se passe à Paris dans ces jours de dévergondage et de profonde immoralité que l'on appelle le Carnaval. [...]
Il faut des hommes à la France pour qu'elle soit toujours digne de son nom, pour qu'elle préside encore aux destinées du monde, et que tous la qualifient, avec l'un de ses puissants chefs, de belle, d'héroïque, de grande nation. Ses enfants laborieux le savent, et ils n'iront pas s'amollir et se corrompre dans des fêtes scandaleuses pour devenir semblables à ces Romains dégénérés qui n'avaient plus la force de soulever une lance lorsque la barbarie est venue les envahir.
Au milieu du laisser-aller incroyable qui préside à ces jours à la fois si abominables et si funestes ; encore jeunes et plein d'avenir, mais déjà, pour la plupart, usés par la débauche et glacés par l'égoïsme, il est, parmi les classes dites supérieures, des hommes qui abjurent toute dignité, tout sentiment honnête, et font de l'orgie monstrueuse où ils se vautrent quelque chose de si ignoble et de si vil, de si bas et de si sale, qu'on ne trouve rien à comparer, même dans les derniers rangs des animaux. Oui, c'est à cette jeunesse soi-disant d'élite, c'est à ces fils de famille qu'il est donné de faire renaître parmi nous tout un monde d'antiques turpitudes, et d'offrir en spectacle à nos enfants l'effronterie des cyniques unie à la lubricité des satyres. [...]
C'est un grand crime du Pouvoir que sa tolérance pour des excès si pernicieux et si funestes ; si un mauvais génie avait pour mission de détruire l'espèce humaine, il nous semble qu'il ne choisirait pas d'autre voie. [...]
Ailleurs on est hautain, prétentieux, poli avec ses égaux, dédaigneux envers ses inférieurs, là tout le monde se serre la main, s'embrasse, se tutoie : c'est l'égalité dans toute sa latitude, mais c'est l'égalité du vice. C'est là que l'homme abjure toute retenue, et la femme toute pudeur. Puis quand la bande est bien repue, quand les liqueurs spiritueuses fermentent dans ces cerveaux vides, alors le désordre est à son comble ; c'était affreux, cela devient horrible : ce sont des hurlements prolongés, délirants, frénétiques, qui font que la pitié vous serre le cœur quand on les entend de loin, et qui, de près, feraient croire à une saturnale des démons. [...]
Toute femme qui quitte son ménage et qui insinue à son époux de la conduire à ces réunions avilissantes aura bientôt besoin de lui fermer les yeux sur sa conduite. Quels attraits ces lieux peuvent-ils lui offrir ? Quelle âme honnête et chaste n'éprouve pas de répulsion pour de telles horreurs ? Celle donc qui méconnaît ainsi son devoir n'a plus droit à aucune sorte de respect ni d'égard, car elle se fait, par induction, l'égale des prostituées, dont elle envie les plaisirs obscènes et la licence affreuse. [...].
Texte paru dans la revue "L'Atelier, Organe des intérêts moraux et matériels des ouvriers". « Celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger. » Liberté, Egalité, Fraternité, Unité. Mars 1844.
2e partie : Quand Carnaval retourne Montpellier...Petite histoire du Carnaval à Montpellier
L'histoire qui va suivre est extrêmement incomplète. Elle se concentre surtout sur les trois dernières décennies. Comment cela se passait-il au Moyen Age ? On ne peut qu'imaginer que le Carnaval ressemblait aux autres. Près de Montpellier, à Cournonterral, la fête des Pailhasses reste encore aujourd'hui une tradition où la lie de vin se répand partout dans le village, jusque dans les maisons ou les véhicules qui ne sont pas suffisamment fermés. A part ça on trouve de vieilles cartes postales du début du XXe siècle représentant des chars du Carnaval à Montpellier.
Entre 1978 et 1989, il y avait également un Carnaval organisé par le Comité des fêtes de la ville, avec des chars représentant les différentes corporations. Il y avait notamment un Bacchus vigneron promenant une fontaine à vin. Yves Naquet raconte (Midi-Libre, 11-04-1987) que le comité des fêtes avait déjà tenté de relancer un Carnaval en 1949. « comme aucune subvention n'est allouée, nous organisons un loto monstre qui nous rapporte cinq millions de centimes de l'époque. » Tous les bistrots de la ville avaient participé à l'opération et une cavalcade géante comptant une vingtaine de chars avait eu lieu cette année-là.
Mais l'expérience reste isolée et ce n'est qu'en 1978, grâce à une subvention de la municipalité que ce défilé reprendra. Les archives de l'époque nous apprennent en outre qu'un « char collectif » et des « festivités parallèles » ont eu lieu. Initiatives imprévues qui « n'ont guère fait l'unanimité ». Le journaliste raconte : « Nous avons nous-mêmes reçu, en notre siège, des coups de téléphone de Montpelliérains n'ayant guère apprécié d'être pris pour cible (sacs de farine, œufs pourris) alors qu'ils se rendaient fort gentiment au rendez-vous autorisé. » On trouve également dans ce Midi-Libre du 25-02-1979, ce commentaire : « La résurrection d'un Carnaval à Montpellier est, à coup sûr, un élément appréciable pour l'animation et la vie de notre ville. Toutefois "Midi-Libre" tient à préciser qu'il n'est pour rien dans l'affichage sauvage qui "fleurit" dans tous les coins de Montpellier. Ces affiches reprennent le graphisme de notre titre et le transformant en Midi Ivre constituent malheureusement une contrefaçon flagrante. » Le Carnaval souterrain en avait des idées !
Si la Cavalcade organisée se déroulait le week-end, il y avait aussi Mardi-Gras, qui rendait « la place de l'œuf toute blanche ». Mais en cette année 1982, le journal relate que ce fut l'occasion d'échauffourées au Polygone. « J'estime que c'est grave, commente M. Michel Badie, le directeur du centre commercial. On a vraiment frôlé l'émeute type mai 68. Les quatre portes d'entrée ont été brisées, trois membres du personnel légèrement blessés par des jets de bouteilles et de silex, des lances à incendies coupées... Ce qui me surprend, ce sont les motivations : pourquoi, chaque année, le Polygone est-il visé ? » (24-02-82) On lui répondra que si Carnaval est un renversement, il est normal que le temple de la consommation soit une cible...
On remarque d'ailleurs que Midi-Libre oscille selon les années entre l'indignation contre les débordements et la déception quand le Carnaval est trop sage. « Pauvre Carnaval ! Pour lui, ce Mardi que l'on dit Gras, aura été bien maigre. (...) Après les débordements de l'an dernier qui firent souffler la tempête du côté du Polygone, on l'a bâillonné. Hier, il avait des allures de fantôme déguisé en otage. » (16-02-83) En 1984 la cavalcade officielle se déroule sur deux dimanches, plus d'un mois après Mardi-Gras où « quelques hordes de jeunes maculés de farine ont envahi les artères principales de la cité. (...) Dans la plus grande pagaille, faisant pour certains l'école buissonnière, les jeunes Montpelliérains ont tout de même tenu à demeurer fidèles aux traditions citadines de leurs ancêtres. » (7-03-84) L'année suivante, le journal trouve Mardi-Gras « de plus en plus pacifique. On se souvient en effet que ces dernières années les bagarres de farine avaient parfois dégénéré en véritable pugilat et que quelques casseurs s'étaient glissé dans la sarabande pour accomplir leurs basses œuvres, casser des vitrines de magasins notamment. » (20-02-85)
Une pacification qui finit encore par décevoir : « Quelques centaines d'irréductibles, chargés de l'inévitable petit sachet de farine ont donc "déboulés" hier après-midi sur la vaste place de l'Oeuf pour faire une drôle de bombe... glacée ! Ça pétaradait dans tous les sens et en quelques instants l'endroit a revêtu un blanc manteau qui n'avait rien de très hivernal... (...) Montpellier "la surcoincée", faute de véritables noceurs a très sagement préféré reculer la célébration officielle de Carnaval au 11 et 12 avril prochain... En attendant, peut-être de fêter le réveillon du Nouvel An un 31 juillet... Il y a comme des traditions qui se perdent. Les jeunes excités d'hier entendaient un peu le rappeler à leur manière. Allez les p'tits gars, encore un effort et on risque de redécouvrir les vertus populaires de la fête. Révolutionnaire, non ? » (4-03-87) Or, le mois suivant, ces espoirs sont déçus : « Il n'y a rien à dire, le carnaval de Montpellier a tout pour plaire, mais il lui manque ce petit plus qui fait qu'une fête est réellement une fête. (...) Le soleil était là et le public aussi. Que voulez-vous de plus ? Peut-être tout simplement que ce ne soit pas un spectacle passif, dans lequel seuls les mômes ont encore un brin de spontanéité. (...) Cela étant, encore une fois, le carnaval de Montpellier est comme une poupée neuve qu'on sort de sa boite... Il est joli et bien propret. Mais allez y comprendre quelque chose les enfants lui préfèrent souvent le vieux nounours tout fripé. (...) Le Carnaval, a-t-on dit, chaque année renait de ses cendres. Peut-être faudrait-il souffler un peu sur les braises pour qu'elles nous enflamment. » (12-04-87)
Il faudra deux ans, car en 1988, « Le carnaval se meurt, de sa belle mort, et le pavé montpelliérain n'en a eu que des miettes hier. Œufs et farine étaient au menu du jour, dégustés presque exclusivement au pied des Trois Grâces. Une petite poignée de lycéens ont perpétué la tradition dans la franche rigolade. » (17-02-88) Puis l'année suivante « certaines mères de famille ont dû s'arracher les cheveux mardi soir au moment du retour à la maison de leur progéniture. Imaginez des vêtements, des cartables, et même des chevelures, gluants d'une indéfinissable mixture faite de farine, d'omelette et de crème d'aérosol. (...) Au moins ce Carnaval avait-il le mérite d'être parfaitement spontané et inorganisé, comme le veut son vrai pur esprit. Mais il eut l'inconvénient d'emporter dans la tourmente quelques simples passants, parfois âgés, qui n'appréciaient qu'à moitié. Un instant, les arroseuses municipales prétendirent remettre les lieux en état. Elles contribuèrent plutôt à transformer la dalle en patinoire, rajoutant ainsi à la drôlerie. » (9-02-89).
1990 marque un tournant. D'une part, les subventions allouées au Carnaval du Comité des Fêtes sont supprimées et lui avec. Deux jours après cette annonce, c'est Mardi-Gras et là, c'est « le dérapage ». « Place de la Comédie, les bus ont été pris d'assaut par des jeunes gens armés de sacs de farine, d'oeufs et de bombes à eau. Ca n'a pas fait plaisir à tout le monde... Des voyageurs excédés, des chauffeurs ulcérés, des vitres brisées, des bus souillés, le carnaval des lycéens a dégénéré. (...) "La municipalité n'a donné aucune autorisation pour que se déroule une telle manifestation", a expliqué, François Delacroix, le directeur de cabinet de Georges Frêche. Si la mairie de Montpellier "condamne ces violences", elle tient d'ailleurs à préciser qu'elle a aussitôt fait "intervenir la police municipale sur les lieux de l'incident". » (28-02-90) Rien d'extraordinaire, au vu des années précédentes ne s'était passé et pourtant, cette année-là, c'est l'emballement. « Bernard Toulemonde, recteur de l'académie de Montpellier, a tenu, hier, à présenter ses excuses aux Montpelliérains. "Mardi-Gras a de nouveau, cette année, donné lieu aux manifestations habituelles. Celles-ci sont acceptables tant que les chansons, les chahuts et les jets de farine demeurent dans les limites raisonnables. En revanche, il ne peut être toléré que des élèves, parfois débordés par des personnes beaucoup plus âgées, se livrent à des déprédations – vitres brisées, portes enfoncées – ou menacent physiquement de jeunes élèves, des professeurs ou des passants." » (1-03-90)
Et l'année suivante, les « limites raisonnables » des « manifestations habituelles » sont fixées. « Cette année, avant son départ pour Toulouse, le recteur avait mis les points sur les i. Les excès de l'année passée, il n'en veut plus, M. Toulemonde. Et pas davantage la mairie. Le premier a promis des sanctions aux élèves absents sans motif valable, ou porteurs de produits interdits ou dangereux. "La fête ne peut porter atteinte aux biens ou aux personnes". Georges Frêche a pris, lui, un arrêté municipal, interdisant "compte tenu des circonstances particulières" les jets de pétard, d'œufs et de farine. (...) Mettre la fête sous surveillance, voilà qui pouvait choquer certains puristes de la liesse populaire. (...) Alors, il faut bien le dire, à part quelques drilles pas vraiment joyeux, quelques irréductibles qui n'avaient pas peur du ridicule, le mardi gras montpelliérain n'a même pas eu hier le goût du fruit défendu. » (13-02-91) L'année suivante, rebelote. « Carnaval ou pas, silence dans les rangs ! Les chefs d'établissements scolaires de Montpellier, d'un même trait de plume, serrent la vis du Mardi Gras. Histoire de mettre un terme aux excès d'œufs, pétards, farine et autres confettis que ces dernières années, les lycéens en goguette faisaient pleuvoir sur les Montpelliérains qui n'en pouvaient plus. (...) "Les élèves qui seront absents sans motif valable, qui seront porteurs de produits dangereux ou interdits ou qui auront un comportement de nature à troubler les cours seront passibles de sanctions". » (2-03-92)
Ils croyaient l'avoir tué, Carnaval est réapparu quelques années plus tard. En 1995, même Midi-Libre s'enthousiasme pour « le délirant cirque ambulant du Carnaval des anarchistes. Une cohorte d'hurluberlus grimés et déguisés, qui parcourent les rues de la ville au son des tam-tam et de la fanfare, voilà enfin un Mardi-Gras digne d'intérêt à Montpellier. Le rendez-vous de 16h au Peyrou, fixé par les anarchistes, s'est donc poursuivi jusque très tard dans la nuit. En milieu de soirée, la place Candolle (devenue territoire anarchiste depuis quelques mois) s'est retrouvée noire de monde, entre cracheurs de feu et échassiers. Puis le défilé a fait étape devant la cathédrale à 23h avant de rejoindre le Peyrou, point de départ de ce Carnaval débridé. Là, la grosse tête de Charles Pasqua a été enflammée en un habile détournement de la tradition. Une ronde autour des braises, quelques sauts au travers des flammes pour les plus téméraires... Jusque tard dans la nuit, le happening alternatif de 300 fêtards s'est révélé totalement vivifiant. Vivement l'année prochaine. » (2-03-1995)
Et c'est ce Carnaval qui perdure encore aujourd'hui le jour de Mardi Gras. On peut donc laisser tomber la presse bourgeoise pour laisser la parole à des témoins directs :
Petite anthologie partisane du Carnaval de Montpellier(texte trouvé en 2004 dans une brochure distribuée par le Comité de soutien aux inculpés du carnaval)
Il serait hasardeux et dangereux d'attribuer la paternité du Carnaval de Montpellier à un groupe, une personne, une idée politicienne. Les pouvoirs publics et les médias locaux s'en chargent régulièrement en se répandant en inepties, préjugés et mépris.
Ce Karnaval fut, pour eux, tour à tour celui des « Zanarchistes », des « Zétudiants », des « Zartistes », des « Zapatistes » (et même qu'une fois on y aurait vu Zorro !) mais aussi celui des squatters ou du populo. Et tout dernièrement le « Carnaval Alternatif » s'affiche dans Midi Libre comme une sorte de reconnaissance définitive d'un mouvement toujours indompté.
Et pour finir cette liste extravagante, le tribunal usera d'un incongru « Carnaval des Gueux » (Dégeu !).
Aux dernières appellations il est facile de répondre que pour être alternatif et des gueux il eu fallut qu'il existât un autre carnaval et qu'il fut celui des Riches.
Ce Karnaval est le Carnaval, point !
Laissons les poseurs d'étiquettes s'interroger encore longtemps sur un mouvement incontrôlé, ça leur fera du papier à remplir et des mensonges à diffuser. Ils auront beau chercher des organisateurs, ils n'en trouveront pas, le Carnaval est à celles et ceux qui le font, il n'a rien à dire au Pouvoir et à ses chiens de garde, il n'a qu'à montrer sa présence, sa foule, sa capacité à retourner l'espace public et à renverser les valeurs. Pour une nuit, seulement hélas ! Mais quelle nuit !
Une nuit par an et ce depuis 1995, un rendez-vous est donné à 19h au Peyrou le jour de Mardi Gras. Bien sûr au début existait un Kollectif Karnaval qui pendant 2 ou 3 ans se chargea de rassembler les bonnes et les mauvaises volontés pour réaliser et distribuer tracts et affiches, pour construire des chars, jouer de la samba, déclarer et définir le parcours. Ce collectif avait comme objectif premier sa dissolution rapide et définitive. En effet, quel sens aurait une fête qui se déclare libre, gratuite, inorganisée, incontrôlée, subversive et populaire, si elle conservait à sa tête quelques personnes, seraient-elles de la meilleure composition possible ?
Carnaval peut-il avoir une tête ? NON, il faut la couper ! Mais comme l'Hydre, chaque année apparaissent de nouvelles têtes et tombent la suivante.
Le Carnaval de Montpellier est une idée, et comme toute idée, voire toute chose, elle appartient à celles et ceux qui s'en servent.
Alors voyant que d'années en années la foule se rassemblait sans cesse plus nombreuse, déguisée, festive, accompagnée de chars massifs et ingénieux, le Kollectif Karnaval s'est dissous pour ne plus jamais se reformer et laisser Carnaval vivre ou mourir. Comme bon lui semble !
Il semblerait justement que cette liberté lui semble bonne et depuis 9 ans [aujourd'hui 15 ans], il n'a pas manqué un seul rendez-vous. Seules les traditions peuvent se targuer d'une telle longévité. Mais la tradition n'a rien de bon, c'est une image floue, consommatrice d'un passé, rien qu'un cadavre de souvenir. La tradition ne vit pas, elle ressuscite les morts. Karnaval c'est le contraire, c'est le jour où les valeurs sont inversées, où la fête est gratôs, sans obligation d'achat, sans subvention et sans patron. C'est un mouvement joyeux fait de cris, de danses, de rires, de sons et de créativité. Rien à voir avec la fête de la musique, les férias et autres grandes messes populistes où l'argent, Ricard, Kronenbourg et Merguez Frites sont rois.
Au Carnaval, le roi c'est toi, le roi c'est moi ! C'est Nous !
Les chars ont été préparés en bande, les costumes subtilement étudiés, toujours avec les moyens du bord, et ils sont multiples à qui se sert plus de son imagination que de son porte-monnaie. Seul le rendez-vous est toujours le même et c'est parti !
FAÏ TIRAR MARIUS !
Tout doit circuler, sans papiers ! L'alcool, les chars, les gens, les enfants, les vieux. L'argent lui n'a rien à faire là. Les seuls échanges sont les paroles, les sourires, les bouteilles, les baisers, les bras pour porter les fêtards exténués, pour pousser les chars des autres, les corps et les cris pour soutenir les Batucadas... Ça ce sont des échanges. Le reste de l'année est là pour nous rappeler que tout se vend, que tout s'achète.
Cependant, ces dernières années, même si la foule occupait toujours plus nombreuse la place publique, il y a de moins en moins de chars, de déguisements, de bars gratuits. Carnaval oublie peu à peu de se libérer et se prend pour une tradition. Comme s'il pouvait désormais se pointer avec pour seul apanage son nom, porté comme un titre de noblesse. Carnaval vient aujourd'hui, majoritairement, déguisé en étudiant, en marchand, en d'jeun's, en flic, en flic déguisé en étudiant (et vice-versa) pour voir ceux qui, en nombre restreint, comme des bêtes curieuses, distribuent sambas, verres gratuits et énergies subversives. Karnaval se regarde passer comme à Nice (à quand les barrières de sécurité ?), se consomme comme un litre de 51, et ne sait même plus pourquoi il est bourré. La tradition gagne du terrain, Carnaval ferait-il la fête par habitude comme on joue au Loto et regarde la télé ? N'a-t-il plus rien à défendre qu'une exception culturelle, une particularité minoritaire ? C'est triste de voir Karnaval encadré par la police, surveillé de si près. Pourtant si inoffensif !
Carnaval devient un jour comme les autres, un soir tranquille, pépère, où le badeau profite du spectacle en toute sécurité au lieu de s'inscrire dans cette réappropriation de la rue.
Et cette année 2004 fut l'apothéose de cette apathie généralisée où la confusion des idées et l'absence de pensée et d'investissement de Karnaval se révéla symptomatique d'une société malade parce qu'incapable de se prendre en main hors du contrôle policier.
En effet, cette année arriva ce que beaucoup attendaient. Depuis trop longtemps peut-être ! Le « dérapage » de Carnaval, comme se plaisent à dire les observateurs « objectifs » ! Une vitrine a cédée sous des coups de pieds enragés et s'en est suivie une intervention musclée de la police et un début d'affrontement entre carnavaliers et forces de l'ordre. Affrontement fait de jets de canettes et d'insultes d'une part, de coups de tonfa, de lacrymos et de terreur automobile de l'autre.
Est-il nécessaire de savoir : Cékikakomencé ? Et Cékikakacélavitrine ?
Ceux qui voyaient en Karnaval une force subversive et séditieuse apprécieront le geste, même symbolique, mais auront manqué de discernement quand à la portée de celui-ci dans un tel contexte : une rue commerçante ultra-fliquée, vidéo-surveillée, envahie par une foule plus préoccupée d'entretenir son taux d'alcoolémie que le feu de la révolte. Ceux qui voyaient en Carnaval un élément de trouble à l'ordre public, une manifestation hors-la-loi, apprécieront aussi le geste, occasion rêvée de porter atteinte au Carnaval. Et eux aussi manqueront de discernement. Il est vrai que dans les nuages de lacrymos il est difficile de discerner qui est un « méchant » ou un « gentil ». Alors pas de détail, on arrête qui se trouve sur place et on triera plus tard !
Les 6 arrestations et les jugements qui s'en suivront montreront combien tout ça ne fut qu'une tentative de répression avortée d'une occupation de rue libre et sans autorisation. En punir un pour en effrayer ou dissuader cent. Et au milieu de tout ça, quelques « bons citoyens » qui tout en se faisant gazer et frapper par les flics leur dénoncent quelques « troubles-fête » parce que « quand même on est venu pour faire la fête » et que « casser des vitrines, c'est pas festif » et que, c'est bien connu, « la police est là pour qu'on s'amuse dans le calme ». On croit rêver !
Qui aurait cru que cette fête populaire mais surtout libre et gratuite permettrait aux flics de s'y promener tranquillement et d'y agir impunément avec la complicité de délateurs ?
Comme partout, le « bon sens » reprend ses droits même au sein du Carnaval qui ne sera bientôt plus qu'un spectacle, un bal à papa pour jeunes qui croient manifester pour la liberté. Rien que le désir de liberté les effraye, alors ils suivent et plutôt que d'assumer entièrement cette fête, ils laissent (aident même) l'argent, l'ordre à remettre les choses à l'endroit, dans le « bon sens ».
Si Karnaval n'est plus à Montpellier ce qu'une trace de pneu est à un slip blanc alors Karnaval doit mourir. Il ne manquerait plus que Bové s'en mêle pour que Karnaval devienne un SarKoval : on achèterait nos costumes chez Auchan avec maman, on boirait en accord avec les associations de commerçants (c'est pas tous des voleurs ! Y'en a des « équitables » !) et les chars seraient marqués d'un M cher à notre ville.
Systématiquement Karnaval doit refuser ces intrusions du monde marchand et policier. Ce n'est pas parce que ce mouvement vieillit qu'il doit oublier d'être un enfant : libre, gratuit, inorganisé, subversif et populaire.
À tous les sales mômes de se le dire !
Que les autres aillent faire le Beaujolais Nouveau et continuent à voter « Rutile » !
Guru khan (2004)
Carnaval 2004-2009...Depuis cette année là, pas une fois le carnaval ne se déroula sans arrestation ni intervention policière pour y mettre fin. Cependant, cela n'empêche pas les gens de revenir année après année. Il y a eu des arrestations pour tags, pour outrages, rebellions, violences sur agent, dégradations de biens publics ou privés, mises en dégrisement... Mais cela, souvent, en faisant porter le chapeau à d'autres...
Lorsque la Mairie a décidé de mettre fin à toute vie nocturne en dehors des lieux et des moments prévus à cet effet, cela s'est soldé par des charges policières à 1h du matin pétante.
Lors du Carnaval, les effectifs policiers se placent désormais sur la place Candolle qui était auparavant le lieu d'arrivée du Carnaval où les chars étaient brûlés et qui fût en 2006-2007 le lieu d'une opposition quasi-quotidienne entre policiers et fêtards (opposition qui s'est soldée par l'installation de caméras et par un réaménagement de la place au profit des bars, avec la suppression de la moitié des bancs ; ainsi que par des arrêtés municipaux interdisant les rassemblement, la consommation et la vente d'alcool en dehors des bars dès 22h... dès 15h le jour du Carnaval !).
La place Candolle n'étant pas fréquentable, le Carnaval tend à se disperser dans tout le centre-ville, avec pour terminus de prédilection pour brûler les chars les places St Anne et St Roch. La répression est aveugle : en 2009, un flic en civil aurait été parmi les victimes de la charge policière.
Mais le danger qui guette vraiment Carnaval est celui qui l'a menacé tout au long de son existence multi-millénaire : celui de son encadrement, de sa normalisation. C'est ainsi que la Mairie ne se contente plus de la répression pure. Elle accorde une autorisation à une association culturelle, laquelle termine au plus tôt le défilé sur la place de la Comédie et invite ensuite les participants à une « after » dans un bar musical.
A chaque fois, ce moment sur la place de la Comédie est inquiétant, car outre les arrestations qui y surviennent parfois, plane le danger que tout s'arrête là. Mais cela n'est encore jamais arrivé. On peut seulement regretter que le cortège, lorsqu'il repart, dédaigne les petites ruelles pour remonter sous l'œil des caméras dans la grande avenue centrale, qui fut précisément tracée au 19e siècle pour aider la police dans sa gestion des troubles...
Ainsi, Carnaval n'est pas mort, mais Carnaval semble toujours en danger. Est-ce que le besoin ancestral de renverser les valeurs ne se fait plus sentir ?
Alors... que sera Carnaval 2010 ?
Est-ce qu'on va y aller pour regarder ou pour participer ? Est-ce qu'on va se préparer un peu plus que seulement acheter d'avance de l'alcool à cause des interdictions faites aux épiceries ? Est-ce qu'on va réfléchir au déguisement qui surprendra tout le monde ? Sommes-nous toujours capables de faire un char et/ou une batucada avec sa bande de potes ?
Rendez-vous le 16 février !
Dimanche soir, à la porte Brunet à Paris, les distributeurs et les vitres des agences BNP et Crédit Lyonnais ont été brisés. Un tag a été laissé sur place : "balance les sans-papiers".
Arrêt du procès de Vincennes et liberté pour tous ! Destruction de toutes les prisons !
Les grands jeux du cirque d'hiver sont sur le point d'être lancés... Les médias, les sponsors commencent sérieusement à chauffer les foules : tout est prêt pour la grande messe. Sauf le principal : la neige !
Eh bien ce n'est pas grave, après l'enterrement du climat à Copenhague, on peut bien se permettre d'acheminer par camions la neige venant des sommets jusqu'aux sites olympiques (Cypress Mountain). Imaginez le va et vient... L'impact sur l'environnement, l'énormité de ce signal d'une société du spectacle qui poursuit la destruction massive de la planète au nom du dieu Argent, sont tout à fait hallucinants. Mais pour les médias dominants, au contraire, c'est une bonne nouvelle : les épreuves vont se dérouler "normalement", les grilles de programme ne seront pas à modifier, les sponsors et acheteurs d'espaces de cerveau pourront se gaver tout en nous gavant...
Il faut rappeler que le COVAN (Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010 à Vancouver) avait annoncé des JO exemplaires en matière de respect de l'environnement. Si les engagements étaient louables, la réalité l'était déjà moins puisque le budget dédié à la durabilité représente moins de 1% du budget total du Covan...
Ce cas est exemplaire : on peut, à présent, parler de l'environnement en tous lieux mais dès que les choses deviennent sérieuses à savoir dès qu'on parle argent alors là la nature, elle est à cas se démerder si elle veut survivre, et nous avec, bien sûr !
A ce titre et à bien d'autres comme le manifestent sur place de nombreux activistes [1], il faut arrêter le show, au minimum le perturber et sans hésitation le boycotter.
ludo, HNS-info

Au café Le Malakoff place de prague (Centre Commercial) Nantes
Ce documentaire qui date de 2009 donne la parole à six activistes et militant-E-s trans et/ou intersexe et dresse un état des lieux de la question trans et intersexe en France. Il rend visible notamment le choix de ne pas se conformer aux catégories de genre tracées par la société hétéropatriarcale. Loin des stéréotypes habituels sur la transidentité, il permet à chacun-e de se questionner sur l'immuabilité de nos identités de genre et de sexe.
Ca se passe à la fac Jean monnet, à sainté, arrêt de tram tréfilerie. C'est à 18 heure (et on va commencer à l'heure vu que la fac ferme tôt) et après le film qui dure 1H15 on vous proposera une petite bouffe vegan. Il y aura aussi une table de presse avec plein de trucs incroyables ! Ca se passe dans le cadre de l'université solidaire et c'est gratos.


"Babelle" est une association multimédia, créée pour promouvoir la défense de l'environnement, la solidarité, la citoyenneté, et l'accès à la culture en Nord-pas-de-Calais.
L'objectif de Babelle est de chercher ensemble localement des pistes d'actions, pour préserver notre environnement, notre santé, notre alimentation, nos droits et ceux des plus démunis...
L'activité principale de "Babelle" est un journal. Celui-ci est vendu en kiosque dans tout le Nord-pas-de-Calais pour 3.5€
L'association Babelle n'entend pas se satisfaire uniquement des malheurs du monde. En effet, l'objectif du projet est avant tout d'inciter les lecteurs à agir ! Nous essaierons ainsi de chercher des solutions aux problèmes soulevés. Cela passera notamment par la présentation de toutes ces initiatives régionales écologistes et solidaires qui nous séduisent : associations de réinsertion, constructions éco-responsables, groupes d'entraide, jardins partagés, etc.
Indépendance et éthique ! Telles sont les deux mamelles de ce journal… Pour garantir l'une et l'autre, notre politique publicitaire s'appuie sur deux principes :
Babelle entend vivre d'abord et avant tout de ses lecteurs. Nous nous engageons donc à ne pas conditionner la survie du journal aux recettes publicitaires. Notre indépendance financière et notre liberté rédactionnelle ne peuvent ainsi être compromises.
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Nous avons besoin de votre soutien pour continuer !
L'association Babelle

On a appris la semaine dernière l'https://nantes.indymedia.org/article/19541. Et donc celui qui devait avoir lieu à Nantes le 16 février.
Leader mondial de la distribution de boissons, la Coca-Cola Company se veut une entreprise responsable et respectueuse des droits de ses employés. Pourtant, une série d'enquêtes menées par un groupe d'étudiants chinois révèle comment la firme fait fabriquer et distribuer ses boissons dans des conditions déplorables. En ayant recours de façon massive et permanente aux travailleurs intérimaires, la multinationale se défausse de ses responsabilités et refuse de prendre les problèmes en considération. La mobilisation locale et internationale peut la contraindre à réviser ses positions.
Comme des millions de Chinois d'origine rurale, les parents de Yang Zhengjun ont travaillé à l'usine. Aujourd'hui étudiant à l'université de Pékin, Yang est devenu porte-parole du Concerned Coca-Cola Student Group (CCSG), un groupe d'étudiants constitué en 2008 pour enquêter sur les conditions de travail chez les embouteilleurs de Coca-Cola. Un moyen de « faire quelque chose d'utile pour la société et d'apporter peut-être quelques améliorations », explique Yang [1].
Et en matière d'améliorations, la marge de progression est grande pour les usines d'embouteillage de la multinationale. Celles-ci font en effet appel, de manière systématique, à une main-d'oeuvre intérimaire qui effectue « les tâches les plus dures, les plus pénibles, et les temps de travail les plus longs (jusqu'à 330 heures par mois) » [2] tout en percevant les salaires les plus bas. Pourtant, la loi chinoise limite théoriquement le recours au travail intérimaire à des postes « temporaires, auxiliaires ou de remplacement » et interdit de traiter différemment les ouvriers temporaires et les employés permanents [3].
Depuis août 2008, le groupe d'étudiants a réalisé trois enquêtes dans sept villes différentes. Afin de collecter les informations en toute discrétion, les étudiants ont proposé leurs services à des agences d'intérim qui les ont placés dans différentes usines. Ils ont ainsi occupé toutes sortes de postes : remplissage, inspection, transport, etc. sans recevoir aucune formation ni consigne de sécurité.
En travaillant et en interrogeant leurs collègues, ils ont découvert que la majorité des ouvriers de ces usines est intérimaire.
Pourtant, les tâches qu'ils accomplissent n'ont rien de subsidiaire ou de temporaire : certains sont là depuis dix ans ! En revanche, ils sont non seulement moins bien payés que les employés permanents, mais leurs salaires sont inférieurs aux minimums légaux, alors même qu'ils sont contraints de travailler davantage que la limite autorisée par la loi.
Suite à la publication du premier rapport d'enquête en décembre 2008, des améliorations partielles ont été annoncées par certaines usines. En août 2009, voulant vérifier ces déclarations, quatre étudiants se sont à nouveau fait embaucher par une agence d'intérim pour travailler dans l'une de ces usines. Deux d'entre eux ont été victimes d'un incident qui en dit long : alors qu'ils réclamaient le versement d'un salaire non-perçu, ils ont été menacés et l'un d'eux a été violemment frappé par des responsables de l'agence. Cela n'a toutefois pas découragé le CCSG qui, lors d'une troisième enquête en août 2009, n'a constaté aucune amélioration majeure.
Coca-Cola nie toute responsabilité« Les conditions de travail que nous avons observées dans les usines d'embouteillage sont typiques des usines chinoises. Mais pour une entreprise avec une telle image de marque et qui engrange des profits si importants, nous attendions de Coca-Cola qu'elle accorde davantage d'attention à sa responsabilité sociale », résument les étudiants.
De son côté, Coca-Cola continue pourtant à nier toute responsabilité envers les travailleurs intérimaires et affirme même que son recours au travail intérimaire est “légal et raisonnable” [4].
Un argumentaire difficile à admettre, d'autant plus qu'ailleurs dans le monde, la compagnie est également mise en cause sur ce sujet : en 2007, l'Alliance mondiale des travailleurs de Coca-Cola [5] a dénoncé le recours abusif à l'emploi précaire par les entreprises d'embouteillage de Coca-Cola et demandé l'instauration de relations de travail permanentes et décentes dans tous les pays [6">[www.iuf.org] ].
“Notre Société s'est toujours efforcée d'exercer ses activités de manière responsable et conforme à l'éthique” peut-on lire sur le site Internet de la Coca-Cola Company. Il est néanmoins temps pour la firme de mettre fin au travail précaire dans ses usines d'embouteillage et d'assumer son entière responsabilité sociale vis-à-vis de ceux qui produisent ses boissons. C'est pourquoi nos partenaires chinois de la SACOM en appellent aujourd'hui à la solidarité de tous pour faire pression sur l'entreprise.
[1] China Labor News Translation, « Chinese Students Go Undercover to Investigate Coca-Cola », 16 septembre 2009, p.3
[2] Coke Concerned Student Group, décembre 2008, « Coca-Cola : the world's most valuable brand in the world is evading its legal and social responsibilities » http://sacom.hk/wp-content/uploads/...
[3] Cf. Articles n° 63 et n° 66 de la loi chinoise sur le contrat de travail.
[4] Communiqué de presse de la SACOM, 21 décembre 2009
[5] Coordonnée par l'UITA (Union Internationale des Travailleurs de l'Alimentation).
Ce vendredi 5 février, le Tribunal d'Amiens s'est prononcé en appel sur le jugement des ouvriers de Continental poursuivis suite aux actions contre le plan de licenciement.
Si le Tribunal n'a pas prononcer la relaxe des militants, comme il aurait était légitime, il a refusé de confirmer les peines de prison qui avaient été prises, de façon scandaleuse, en première instance. Il a seulement confirmé les amendes.
Le tribunal a donc été obligé de prendre en compte la solidarité qui s'est manifestée vis-à-vis des Conti et d'atténuer les condamnations prises en première instance.
Il n'en reste pas moins que la seule décision juste, en regard du contexte dans lequel ces actions se sont déroulées, aurait du être la relaxe pure et simple !
Ce procès voulu par la direction de Continental s'inscrit dans un contexte de « criminalisation » de l'action syndicale et des luttes sociales alors même que les attaques anti-sociales se multiplient. Il est de la responsabilité du mouvement syndical d'organiser la solidarité avec tous ceux et celles , engagés dans les luttes, qui subissent cette répression.
L'Union syndicale Solidaires réaffirme sa totale solidarité avec les militants de Continental.
« Captez pas ma vie privée ! »
La 1ère Journée Mondiale sans téléphone portable a été lancée le 6 février 2001 par l'écrivain Phil Marso.
Dix ans plus tard, le téléphone portable se mute en « Smartphone » avec différentes utilisations : navigation internet, correspondance e.mail, photo, vidéo, GPS.
Cet outil de communication à distance empiète petit à petit sur notre vie privée. Vous n'avez plus aucun répit pour votre intimité, puisque vous devez être connecté 24h / 24h avec ce fil à la patte. La connexion avec internet et ses réseaux sociaux (Facebook, Twitter), l'attrait de la téléréalité en buzz continu (You Tube, Dailymotion) et les applications de plus en plus oppressantes sous couvert d'indispensables.
Ce 10ème anniversaire des Journées Mondiales sans Téléphone Portable & Smarphone a pour thème « Captez pas ma vie privée ! ».
Rattrapé par l'ampleur de la crise du logement, le secrétaire d'État au Logement essaie lamentablement de faire diversion, pour qu'on ne s'aperçoive pas qu'il baisse les subventions aux logements très sociaux.
Le tournant de la rigueur arrive et le secrétaire d'Etat au Logement vient d'annoncer ce matin qu'elle toucherait en premier lieu les logements très sociaux. « J'assume », a-t-il déclaré devant des journalistes médusés : les subventions pour les logements sociaux dits « PLUS » passeront de 3 000 euros à 1 000 euros par logement. Pour les « PLAI », les logements très sociaux, ceux dont le manque est le plus criant, la subvention reste à 12 000 euros par logement dans les zones tendues, mais baisse de 12 000 à 8 000 euros sur tout le reste du territoire. 48 heures après la remise du rapport alarmant de la Fondation Abbé Pierre, un tel cynisme est totalement scandaleux.
Combien de temps Benoist Apparu espère-t-il faire illusion ? Pour faire oublier les morts de la rue, le rapport de la Fondation Abbé Pierre et la réquisition citoyenne de Jeudi Noir, le secrétaire d'État au logement, qui refuse de réquisitionner ou surtaxer les logements vacants, a inventé une nouvelle idée : les racheter ! Une idée ridicule et inutile, puisque :
* sans expropriation, rien ne pourra forcer un propriétaire spéculateur à vendre.
* s'il s'agit de préempter au moment de la vente, les collectivités peuvent déjà le faire.
Bref, un pur effet d'annonce, du même tonneau que la demande faite aux sociétés HLM de construire dans les zones tendues tout en leur coupant les vivres. Cela nous rappelle la précédente ministre Christine Boutin, qui, en pleine vague de froid, avait annoncé en grande pompe qu'elle allait… compter les SDF. Mais même ce minuscule geste d'attention a été finalement abandonné, et l'enquête promise dort toujours dans les cartons du ministère du Logement. Ce gouvernement se moque des mal-logés, alors pourquoi les compter ?
À quoi sert Benoist Apparu ? À détourner l'attention.
Existe-t-il une politique du logement en France ? Hélas oui. Et c'est même pour le faire oublier que Benoist Apparu fait des annonces à tort et à travers.
Pendant que le secrétaire d'État amuse la galerie, la vraie politique du Logement, caricaturalement idéologique, se décide à l'Élysée. Pendant que Benoist Apparu justifie laborieusement les coupes budgétaires pour le logement social (les aides à la pierre ont encore diminué, à 480 malheureux millions pour 2010), les cadeaux fiscaux s'accumulent :
* La déduction fiscale sur les emprunts immobiliers pour les ménages qui ont les moyens d'acheter un logement, votée dans le paquet fiscal de l'été 2007. Coût à terme : 4,5 milliards d'euros chaque année, sans aucune incidence bénéfique sur la construction (dixit Apparu lui-même quand il a reçu Jeudi Noir !)
* Les défiscalisations « Scellier », qui coûtent jusqu'à 75 000 euros au contribuable sans aucune contrepartie sociale. Alors qu'un HLM coûte à la collectivité 60 000 euros, et propose des loyers moyens de 5,5 euros/m² pour un PLUS en zone A, les Scellier proposent un loyer moyen de 21,65 euros/m² ! Benoist Apparu prétend que les Scellier, contrairement à leurs prédécesseurs de triste mémoire, les « Robien », seront construits dans des zones tendues, dans les grandes agglomérations. C'est faux ! Voici les « grandes agglomérations » en question : http://www.scellier.org/doc/Zonage-...
Plutôt que de multiplier les cadeaux aux plus aisés, le ministère ferait mieux de se pencher sur le sort des familles touchées par la crise qui ne peuvent plus payer de loyer, et qui sont menacées d'expulsion à la fin de la trêve hivernale, le 15 mars 2010. Benoist Apparu aura-t-il le courage de proposer une trêve des expulsions locatives ? Ou continuera-t-il à amuser la galerie tout en ouvrant le robinet à SDF ? Parce qu'il y a urgence, Jeudi Noir fait des propositions constructives et crédibles ! Régulation des loyers, intervention foncière, renforcement de la loi SRU, conventions de bail temporaire, réforme des aides à la personne inflationnistes, suppression des défiscalisations à gogo, moratoire sur les expulsions locatives, taxation et réquisition des logements et bureaux vides : nos idées sont plus que jamais d'actualité.
* Sympa, Jeudi Noir a interpelé le secrétaire d'Etat lors du salon de l'immobilier (la vidéo est ici).
* En attendant, Jeudi Noir ne relâche pas la pression, envahit les appartements trop chers et les immeubles trop vides, et s'assoit sur les droits d'auteur en mettant en ligne trois chapitres coups de poing :
La fracture immobilière générationnelle
Le Mrap a rendu public et mis en ligne récemment son rapport sur "Internet et les enjeux de la lutte contre le racisme". L'ambition de ce rapport est notamment de dresser en 2009 une cartographie des sites web racistes, en recensant des discours tels que ceux-ci :
« L'enjuivée Alliot-Marie fait appel de la condamnation du négro Fofana et de ses acolytes « À l'adresse de tous ceux qui douteraient encore de la réalité du pouvoir juif en France : depuis l'élection d'Alberich, le nabot juif, à la magistrature suprême, avec le soutien de la CIA – les barbouzes US n'ont-ils pas été jusqu'à provoquer la candidature de la moins capable, la conne du Poitou, aux Présidentielles en face de leur poulain, pour éviter de compromettre l'avenir de leurs autres youtres, Strauss-Kahn surtout, et Fabius ? –, il ne fait plus le moindre doute que les youpins tirent bien toutes les ficelles. Leur pouvoir de nuisance, de tout temps incontestable, affecte gravement et durablement désormais l'indépendance de la justice. » Extrait de cette page web (page 44 du rapport du MRAP).
A la suite de cette publication, deux des sites mentionnés, l'un comme "maniant habilement le sous-entendu antisémite" et l'autre comme antisémite, ont publié en réponse des mises en cause personnelles de militants du MRAP.
Ils ont également diffusé des informations à caractère personnel les concernant, avec des allusions à d'éventuelles violences à leur encontre.
A la suite de ces publications, l'un d'eux a reçu des appels téléphoniques intimidants. Le MRAP ne se laissera pas intimider et étudie les suites juridiques à donner.
La violence de ces réactions montre la nécessité de lutter contre l'expression du racisme sous toutes ses formes sur Internet. Pour le MRAP, la lutte contre le racisme sur Internet est du ressort plein et entier du gouvernement qui, au lieu de se défausser sur des acteurs du monde numérique, se doit de prendre toutes les mesures appropriées pour que les propos racistes hébergés sur des serveurs situés à l'étranger, dans des paradis numériques, puissent être poursuivis par la justice française.
Cette lutte doit être également l'affaire de tous les défenseurs des droits de l'homme qui doivent redoubler de vigilance et répondre au développement de la haine raciste sur le web.
Internet peut et doit être un média d'émancipation, ne le laissons pas aux mains des racistes !
Le mercredi 3 février, Dominique Bussereau,- secrétaire d'Etat aux transports auprès du ministre d'Etat Jean-Louis Borloo – s'exprimant à propos du choix de Ségolène Royal d'inclure des membres du MODEM dans sa liste pour les élections régionales en Poitou-Charente, n'a pas hésité à déclarer : « Oui, enfin, elle rassemble des harkis, hein, si vous me permettez l'expression. Des gens qui vont un peu dans cette affaire, parce qu'ils n'ont pas d'autres moyens d'être élus. »
S'il convient de prendre dûment note des excuses diffusées par M. Bussereau dès jeudi soir 4 février, il est cependant impossible de ne pas souligner que ces excuses ne pourront en rien effacer des propos qui blessent en profondeur la respectabilité d'un groupe de concitoyens particulièrement meurtris par l'histoire française.
De plus, ce grave dérapage verbal s'inscrit dans une longue continuité :
* Dans le même type de registre, il y a à peine quelques mois, M. Brice Hortefeux, ministre de même gouvernement, se distinguait.
* Avant lui, le 24 avril 2007 Pierre Lellouche, député UMP, déclarait : « ...M. Bayrou fera ce qu'il voudra. (...) En revanche, les députés qui vont nous rejoindre auront leur place. Ce ne seront pas des harkis ou des chaouch de la majorité présidentielle. Ils seront soutenus au moment des législatives. Ceux qui se mettront contre Nicolas Sarkozy en tireront les conséquences »
* Pour sa part, le maire UMP de Gussainville dans la Meuse – André Valentin – déclarait le 30 novembre dernier à Verdun : « j'ai fait la guerre avec les harkis, il y en a de très respectables ». De son côté, Jean-Pierre Raffarin dans l'Express du 7 décembre 2006 écrivait : « Nous ne voulons pas être les harkis de l'UMP ».
* Et enfin G. Frêche avait, quant à lui, défrayé une fois de plus la chronique en déclarant à Montpellier le 11 février 2006 « Vous êtes des sous-hommes ! Vous êtes sans honneur » .
Il faut y ajouter l'agression de la Présidente de l'association "Harkis Droits de l'Homme" le 3 février dernier dans l'enceinte du Sénat.
La stigmatisation raciste d'une catégorie de Français au passé douloureux, qui furent des victimes de la colonisation, ne constitue en rien une série de simples dérapages verbaux, échappés comme par hasard de la bouche de responsables politiques, mais sont bien le fruit d'une volonté politique, celle de récupérer les voix des électeurs du Front national.
Le MRAP rappelle que dans ce contexte, la teneur honteuse des débats sur l'identité nationale lancés par le ministre de l'immigration et de l'identité nationale met en évidence que, pierre par pierre, se construit sous les yeux des citoyens français une véritable xénophobie d'état, ferment et banalisation de l'explosion du racisme.
Le Comité pour la mesure et l'évaluation de la diversité et des discriminations (Comedd), auquel la LDH a participé, vient de remettre son rapport à Yazid Sabeg, commissaire à la diversité et à l'égalité des chances.
Cette boîte à outils présente les moyens et modalités possibles pour appréhender la diversité d'origine et évaluer les discriminations en France.
L'éventuelle prise en compte de la question de l'origine dans l'action publique n'a de sens qu'en lien étroit avec une lutte effective contre les inégalités sociales et territoriales. Des mesures alibis comme des quotas dans les grandes écoles ou du « busing » dans quelques quartiers dits sensibles ne peuvent faire oublier la réduction, par le gouvernement, des moyens attribués aux zones d'éducation prioritaires ou à la politique de la ville par exemple. Elle est aussi incompatible avec la stigmatisation constante des étrangers, les difficultés faites aux renouvellements des pièces d'identité des nombreux Français, ou encore avec le débat sur l'identité nationale.
Les études et les recherches croisant les caractéristiques des personnes, dont la nationalité et l'origine géographique, sont nécessaires pour décrire les inégalités et les mécanismes à l'œuvre. De telles données objectives doivent pouvoir être collectées dans des enquêtes publiques spécifiques, y compris sur de grands échantillons de population, pour apporter une information fiable sur les discriminations. En revanche la LDH est opposée à l'intégration, dans le recensement de la population, de questions sur la nationalité et le pays de naissance des parents. Aucun risque ne doit être pris de créer ainsi un référentiel normatif d'Etat triant les Français « purs » de ceux à ascendance étrangère. De même, ce type d'information ne saurait figurer dans les fichiers de gestion administrative et d'entreprise.
La LDH est favorable à l'obligation d'évaluation de la diversité dans les entreprises sous réserve d'un contrôle renforcé de la Cnil et de la Halde dont les compétences seraient utilement élargies à une mission d'observation et de veille.
Les outils statistiques à mettre en place doivent permettre à tous les citoyens de juger les résultats des actions menées contre les discriminations, au-delà des discours prononcés. Ils ne sauraient contribuer à une assignation identitaire dans une origine. Les suites qui seront données éclaireront la volonté de considérer la lutte contre les discriminations et la promotion de l'égalité comme des enjeux majeurs de cohésion sociale et de justice.
Le piquet des grévistes sans papiers de la rue du Regard est très menacé. Nous appelons le maximum de personnalités à signer le texte ci-dessous afin de faire savoir aux autorités que si évacuation il y a, elle fera du bruit. La déclaration et le nom des premiers signataires seront rendus publics demain dimanche en début de soirée.
Plusieurs milliers de travailleurs sans papiers sont en grève, certains depuis le 12 octobre 2009, pour obtenir la reconnaissance de leurs droits de salariés, à commencer par le droit au séjour. 2300 entreprises, petites mais aussi très grandes, sont concernées. Employés dans le bâtiment, la restauration, la sécurité, l'interim, le nettoyage, l'aide à la personne, ils occupent des emplois utiles, souvent pénibles et mal payés. Ils sont à la merci de leurs employeurs et parfois surexploités parce qu'ouvriers et sans papiers. Ils ont trouvé le courage de se lever pour que n'existe plus dans ce pays une catégorie de travailleurs livrée sans droits au bon vouloir des patrons.
Ils recourent aux moyens de lutte légitimes des travailleurs : la grève et l'occupation des locaux. Mais, c'en est trop pour le gouvernement qui fait systématiquement expulser les grévistes (50 opérations à ce jour). C'est, de fait, vouloir leur interdire l'exercice de leur droit de grève en les privant de lieu où l'exercer.
Aujourd'hui, ce sont les locaux du Faf-Sab, 8 rue du Regard à Paris, qui sont menacés. Occupés principalement par des travailleurs de toutes petites entreprises du bâtiment, ils peuvent être évacués à tout moment. Prolongeant le geste de solidarité des personnalités venues le 6 janvier partager la galette des rois avec les grévistes, nous déclarons prendre ce piquet de grève et les grévistes eux-mêmes sous notre protection comme nous l'avions fait pour les familles sans papiers. L'idée qu'ils puissent être jetés à la rue nous indigne. Nous demandons qu'ils puissent exercer leurs droits légitimes de travailleurs, la grève.
Si la police intervenait, nous nous engageons à faire le maximum pour nous rendre sur place pour protester, témoigner du caractère déshonorant de ces méthodes et proclamer notre solidarité avec ces travailleurs en lutte.
Prénom :
Nom :
Qualité :
Signature à renvoyer à getmr@wanadoo.fr
Tel portable si vous souhaitez être alerté(e) par SMS au moment de l'évacuation :
(vous pouvez aussi envoyer votre n° de portable par SMS au 06 12 17 63 81 (Richard Moyon, RESF)
La construction du nouveau centre de rétention (CRA) du Mesnil-Amelot (77) est achevée. L'ouverture est prévue dans quelques semaines. Avec 240 places de rétention, ce centre sera le plus grand de France. Il s'ajoutera au premier CRA du Mesnil-Amelot, qui compte déjà 140 places.
L'entrée en fonction de ce véritable camp marque une nouvelle étape de ce que les associations de défense des droits des migrants ont qualifié depuis 2004 d'industrialisation de la rétention. D'exceptionnel, l'enfermement des personnes en situation irrégulière devient peu à peu un outil banal de la politique migratoire.
Le futur centre de rétention comptera 240 places dont 40 places réservées aux familles. Il est organisé en 6 "unités de vie" de 40 places, disposés autour de deux bâtiments administratifs jumeaux eux-mêmes reliés par une passerelle de commandement. Une double enceinte grillagée et barbelée entoure l'ensemble du camp. Des dizaines de caméras et des détecteurs de mouvements complètent ce dispositif carcéral.
Comme pour le CRA de Vincennes, l'Administration utilise la fiction de deux centres de rétention mitoyens pour contourner la réglementation : celle-ci limite à 140 places la capacité d'un centre de rétention.
La construction envisagée de deux salles d'audiences à proximité immédiate du camp instituera une justice d'exception éloignée de tout regard de la société civile.
Un centre de 240 places représente une moyenne de 40 arrivées par jour (c'était le cas au CRA de Vincennes avant l'incendie du 22 juin 2008). Comme l'a montré la situation de Vincennes, ce type d'univers déshumanisé favorise, encore plus qu'ailleurs, le non-droit, les violences, les auto-mutilations et les tentatives de suicide.
Les associations signataires s'opposent à l'ouverture du futur centre de rétention du Mesnil Amelot. Elles dénoncent la criminalisation des migrants et appellent les citoyens et les élus à se mobiliser contre l'internement administratif des étrangers.
Premières organisations signataires :
ADDE - Comede - ELENA-France - Emmaüs France- Fasti-Gisti - La Cimade - Ligue des droits de l'homme - Migreurop - MRAP - RAIDH-Réseau Education Sans Frontières - Secours Catholique - Syndicat des Avocats de France - Syndicat de la Magistrature- UNSA
Depuis le 12 octobre 2009, la mobilisation des travailleurs sans papiers en grève ne faiblit pas comme l'a démontrée, le 28 janvier dernier, la marche des travailleuses sans papiers. Contraintes d'occuper des emplois non déclarés dans les secteurs de la restauration, du nettoyage ou des services à la personne, elles sont exclues de la circulaire de régularisation par le travail du 24 novembre 2009 qui ne tient pas compte du travail au noir.
L'occupation des piquets de grève continue aussi, principalement en Ile de France. Cependant, la justice ordonne très règulièrement de nombreuses évacuations. Or ces décisions judiciaires, jusqu'ici toujours respectées par le mouvement, empêchent les grévistes d'exercer leur droit constitutionnel de grève. La majorité des travailleurs sans papiers en grève, sont en effet isolés ou intérimaires et ils n'ont pas d'autres lieux pour se mobiliser. Sans compter qu'occuper de nouveaux locaux demande à chaque fois plus d'énergie et de volonté.
Suite à la décision de justice du 2 février d'évacuer le local du FAF-SAB ( Fonds d'Assurance Formation des salariés de l'Artisanat du BTP, 8 rue du Regard, Paris 6ème) les grévistes et les onze organisations qui les soutiennent depuis le début du mouvement (CGT, CFDT, FSU, UNSA, Solidaires, Ligue des Droits de l'Homme, Cimade, Autremonde, Femmes Egalité, RESF, Droits Devant !!) ont donc décidé cette fois-ci de ne pas procéder à l'évacuation.
Occupé depuis le 15 décembre 2009 le local du FAF-SAB représente un lieu important de cette mobilisation inédite, le BTP constituant le principal secteur d'activité des travailleurs sans papiers. C'est aussi dans ce lieu qu'avait été partagée, début janvier, la galette solidaire avec diffférentes personnalités du monde du spectacle et du sport venues apporter leur soutien au mouvement.
Les onze organisations et les grévistes appellent militants, élus, artistes et intellectuels à se rendre au FAF-SAB pour soutenir les grévistes et protester contre une évacuation qui pourrait être imminente.
À l'occasion des Journées nationales de prévention du suicide, nos organisations rappellent que l'homophobie et la transphobie sont la première cause de suicide chez les jeunes LGBT de 15 à 24 ans. A titre d'exemple, 8% des étudiant-e-s LGBT ont déjà effectué une tentative de suicide, contre 2,6% chez les étudiants en général. Plus dramatique encore, selon une étude de l'INSERM en 2005, les jeunes homosexuels et bisexuels courent 13 fois plus de risques de faire une tentative de suicide que les jeunes hommes hétérosexuels. D'autre part, une récente étude plus ciblée (avril 2009) réalisée en France, sur un échantillon réduit de 100 jeunes personnes trans de 16 à 26 ans, fait apparaître un taux de suicidalité encore plus grand, de l'ordre de 34%.
Les jeunes homosexuel-le-s et trans sont victimes d'un environnement normatif où les injures et propos dégradants liés à l'orientation sexuelle ou l'identité de genre sont quotidiens dès l'école primaire. En cela, ce ne sont ni l'homosexualité ni la transidentité, mais le climat d'homophobie et de transphobie latente qui est directement à l'origine de ce mal-être.
Fortes de ce constat, nos organisations alertent les pouvoirs publics sur l'urgence qu'il y a à mieux prévenir la sursuicidalité des jeunes LGBT. Nous lançons un appel à la mise en place d'un plan national destiné à prévenir et prendre en charge les jeunes :
1. la formation des professionnels de l'éducation et de la santé sur le risque accru de suicidalité pour les jeunes LGBT, en raison du rejet homophobe et transphobe ;
2. le renforcement et le développement des dispositifs d'écoute (accueils et lieux d'écoutes banalisés dans les lieux de vie scolaires et universitaires) ;
3. un accompagnement psychologique et social du jeune dès la première tentative de suicide ;
4. une enquête publique sur le lien entre suicide et sexualité, suicide et identité de genre, avec un suivi des chiffres qui permettront d'évaluer l'efficacité des moyens mis en oeuvre.
Par ailleurs, seule une vraie politique de lutte contre l'homophobie et la transphobie dans les établissements scolaires, allant de pair avec un travail éducatif sur les représentations permettra de prévenir le mal-être chez les jeunes LGBT
Nous appelons les pouvoirs publics à prendre en considération la réalité des insultes homophobes banalisées dès l'école primaire et à prendre toutes les mesures nécessaires pour que recule significativement le mal-être ressenti par ceux qui, enfants ou adolescent-e-s, se découvrent une orientation ou une identité sexuelles qui les exposent à la stigmatisation.
Communiqué commun Inter-LGBT, CAELIF, LMDE, CONTACT et MAG
Le colonialisme et ses produits dérivés ont aujourd'hui de nouvelles formes et de nouvelles dynamiques, qui s'inscrivent dans la réaction mondialisée contre tous les acquis des luttes populaires de la deuxième moitié du XXe siècle.
En France, le Ministère de l'identité nationale, de l'immigration et du codéveloppement, c'est le Ministère de la rafle et de la honte, c'est le Ministère des colonies. En créant un « Ministère de l'immigration et de l'identité française », puis en organisant avec le ministre Besson un « Grand débat » sur l'identité nationale qui mobilise les moyens de l'Etat, Nicolas Sarkozy encourage et organise le racisme dont l'islamophobie et la stigmatisation d'une partie de la population.
Ouvertement ciblés, les musulmans, destinataires d'une loi annoncée sur la Burqa, en butte aux faux dérapages/vraies insultes d'un Hortefeux ou d'une Morano, ministres en exercice d'un gouvernement qui tombe le masque. Le Président de la République met aujourd'hui en cohérence ses idées développées dans les discours de Marseille, Toulon et Dakar avec ses actes. C'est tout simplement la réintroduction d'un « Ministère des colonies » qu'il impose à la France. Comme l'ont déclaré les historiens et démographes qui ont démissionné des instances du musée de l'immigration : « Associer immigration et identité nationale, c'est inscrire l'immigration comme « problème pour la France et les Français dans leur être même ». C'est utiliser sans vergogne la technique déjà éprouvée du « bouc émissaire », afin de dresser les gens les uns contre les autres et les détourner des vrais problèmes. C'est aussi permettre à un système toxique de perdurer en privilégiant les véritables responsables de la crise, bénéficiaires d'une mondialisation inhumaine.
Ce Ministère utilise des méthodes dignes du temps des colonies : rafles de sans-papiers, contrôle d'identité au faciès illégaux, contrôle dans les restaurants, les cafés, les épiceries, devant les écoles, dans les hôpitaux, jusqu'aux administrations (centres de Sécurité Sociale, impôts, pôle emploi) cyniquement invitées à la délation. Il organise des centres de rétention surpeuplés avec miradors, barbelés, fouilles, contrôles et vexations. La police expulse des familles arrêtées au petit matin à leur domicile. Au nom de l'identité nationale on démantèle le droit d'asile, on renvoie des Afghans dans un pays en guerre après les avoir traqués, et on casse le droit au regroupement familial. La politique dite de « codéveloppement » n'est qu'un trompe l'œil permettant la continuation des politiques néo-coloniales. L'« immigration choisie » débouche sur un pillage des cerveaux qui renforce le pillage des ressources naturelles des pays d'émigration, rendu possible par l'usage de la dette et la complicité des dictateurs africains « amis de la France ». Cette grande famille françafricaine sera d'ailleurs au complet pour le défilé du 14 juillet en cette année 2010, cinquantenaire hypocrite des indépendances africaines. Cette politique anti-immigrés se double d'une stigmatisation et d'une ségrégation des quartiers populaires qu'il s'agit de quadriller à l'aide des BAC et des CRS. Lors des émeutes de novembre 2005, le pouvoir avait même été jusqu'à appliquer de nouveau la loi sur l'état d'urgence utilisée durant la guerre d'Algérie.
Malgré les promesses faites à la suite des mouvements de protestation et de la grève générale contre la « Pwofitasyon », dans les territoires d'outre-mer, les pratiques coloniales perdurent comme le montrent les révoltes sociales actuelles.
Au mois de février le Ministre Besson rendra son rapport sur l'« identité nationale ». A un mois des élections régionales, le pouvoir veut utiliser la haine contre les immigrés et leurs descendants pour siphonner les voix du Front national. Nous devons refuser cette politique qui sème la division et nous appelons à une manifestation pour la suppression du ministère de l'Immigration. Cette manifestation est organisée cinq ans après le vote de la loi sur la colonisation positive et dans le cadre de la 5e semaine anticoloniale du 19 au 28 février 2010.
Le 23 février 2005, l'Assemblée nationale votait un amendement qui consacrait « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord » alors que pendant plus de quatre siècles le colonialisme français a participé activement à la traite négrière, au pillage et à l'oppression violente de peuples dont elle a pillé les richesses, détruit les cultures, ruiné les traditions, nié l'histoire, effacé la mémoire. Nous avons fait reculer le pouvoir il y a cinq ans qui a du supprimer l'article 4 de la loi colonialiste du 23 février 2005. Nous pouvons le faire reculer aujourd'hui en exigeant et en obtenant la suppression du Ministère de l'Immigration. Participons à la création d'un ministère de la décolonisation et de l'égalité réelle. Obtenons la régularisation de tous les sans-papiers et le droit de vote des immigrés. Construisons et préparons dès maintenant les changements et propositions permettant de sortir du colonialisme !
Tous ensemble exigeons, la suppression du Ministère de l'immigration et de l'identité nationale !
Tous ensemble pour sortir du colonialisme !
Manif samedi 27 février, 15h, place de la bourse (Paris).
Hier 5 février, la police népalaise a arrêté cinq Tibétains dont une femme au temple de Boudhanath, une zone à forte concentration de réfugiés tibétains dans la capitale népalaise, Katmandou.
La raison exacte de leur arrestation est encore inconnue. Des sources indiquent cependant que les Tibétains étaient sur le chemin du retour vers le Tibet, après leur pèlerinage vers l'Inde, à Bodgaya. De nombreux Tibétains s'étaient rendus en Inde le mois dernier alors que le Dalaï Lama, leader tibétain, donnait des enseignements religieux à Bodhgaya.
Les Tibétains ont été identifiés comme Tharchen Sonam, 35 ans, Lobsang Tashi, 22 ans, Lobsang Tsôndrou, 27 ans, Rigzin, 24 ans et Tsering Dolma. Les Tibétains sont actuellement détenus au poste de police de Boudhanath.
Avec l'approche du Nouvel An tibétain, des sources affirment que les policiers népalais mènent des perquisitions fréquentes dans la région. Suite aux troubles massifs que le Tibet a connu en 2008, Pékin accentue la pression sur le pays voisin : c'est une rafale de délégations officielles de haut niveau qui a été envoyée au Népal pour s'assurer de manière efficace contre les activités "pro-Tibet" sur son sol. En retour, la Chine promet d'accroître l'aide à ce pays déchiré par la crise.
Des Tibétains exilés au Népal depuis 2008 avaient mis en scène à Katmandou, quelques-unes des manifestations les plus spectaculaires et dramatiques qu'ils avaient vécues, en ciblant l'ambassade de Chine, son bureau des visas et les Nations Unies en protestation contre la domination chinoise au Tibet et face à la brutale répression militaire chinoise.
Dans le but évident de plaire à Pékin en 2008, à l'époque, le gouvernement dirigé par les maoïstes du Népal avait même menacé de déportation des exilés tibétains séjournant illégalement dans le pays.
Selon les statistiques, le Népal abrite une population de plus de 20 000 réfugiés Tibétains, essentiellement concentrée dans la vallée de Katmandou et Pokhara, dans l'ouest du Népal.
Source : phayul.com
Traduction france tibet le 7 février
La Jordanie devrait cesser de retirer arbitrairement la nationalité aux Jordaniens d'origine palestinienne, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. De telles mesures ont visé plus de 2 700 Jordaniens d'origine palestinienne entre 2004 et 2008.
Le rapport de 60 pages, « Stateless Again : Palestinian-Origin Jordanians Deprived of their Nationality » (« À nouveau sans État : Les Jordaniens d'origine palestinienne privés de leur nationalité »).
« La Jordanie s'adonne à des jeux politiques basés sur les droits fondamentaux de milliers de ses citoyens », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Des fonctionnaires sont en train de priver des familles entières de la capacité de mener des vies normales marquées par un sentiment de sécurité que la plupart des citoyens d'autres pays considèrent comme un acquis. »
Les autorités jordaniennes ont défendu cette pratique comme une mesure destinée à contrer toute future tentative par Israël de transférer la population palestinienne de la Cisjordanie, occupée par Israël, vers la Jordanie.
La Jordanie a annexé la Cisjordanie en 1949, à la suite de la première guerre israélo-arabe et y a instauré sa souveraineté en 1950, accordant la nationalité jordanienne à tous les résidents de ce territoire. Toutefois, en 1988, le roi Hussein a rompu les liens légaux et administratifs entre la Jordanie et la Cisjordanie, renonçant aux revendications de souveraineté sur ce territoire et retirant la nationalité jordanienne à tous les Palestiniens qui y résidaient alors.
D'autres Jordaniens originaires de Cisjordanie, mais qui n'y résidaient pas à cette époque, n'ont pas été affectés par cette mesure et ont pu conserver leur nationalité jordanienne. Toutefois, au cours de la dernière décennie et des années précédentes, la Jordanie a arbitrairement retiré la nationalité à des milliers de ses citoyens originaires de Cisjordanie. Ces mesures ont visé en particulier près de 250 000 Jordaniens d'origine palestinienne qui étaient revenus en Jordanie à la suite de leur expulsion du Koweït en 1991.
« Des fonctionnaires autoritaires ordonnent des retraits de nationalité d'une façon tout à fait arbitraire », a poursuivi Mme Whitson. « Un jour vous êtes jordanien, et le lendemain on vous prive de vos droits de citoyen dans votre propre pays. »
Le gouvernement sri lankais doit mettre fin à sa détention arbitraire et illimitée de plus de 11 000 personnes incarcérées dans des soi-disant centres de réhabilitation et libérer celles qui ne font pas l'objet de poursuites, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui.
Le rapport de 30 pages, intitulé « Legal Limbo : The Uncertain Fate of Detained LTTE Suspects in Sri Lanka » (« Vide juridique : Le destin incertain des prisonniers soupçonnés d'avoir appartenu au mouvement des TLET au Sri Lanka ») se fonde sur des entretiens avec des proches de détenus, des travailleurs humanitaires et des défenseurs des droits humains, entre autres. Le gouvernement sri lankais a systématiquement violé les droits fondamentaux de ces prisonniers, selon les recherches effectuées par Human Rights Watch. Les autorités gouvernementales soutiennent que ces 11.000 détenus sont d'anciens combattants ou partisans du mouvement des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (TLET) qui a été défait.
« Le gouvernement laisse depuis des mois 11 000 personnes dans l'incertitude juridique », a déploré Brad Adams, directeur de la division Asie au sein de Human Rights Watch. « Il est temps d'identifier les personnes qui représentent une menace réelle pour la sécurité et de libérer les autres. »
Le gouvernement a privé les détenus de leur droit d'être informés des raisons exactes de leur arrestation, de contester la légalité de la détention devant une autorité judiciaire indépendante et d'avoir accès à un avocat ainsi qu'aux membres de leur famille, a observé Human Rights Watch. Il n'a pas été possible d'établir si certains détenus ont été formellement accusés de crimes, ou d'en savoir plus sur les actes qu'ils sont accusés d'avoir commis et qui ont conduit à leur incarcération par le gouvernement.
L'État a le droit et la responsabilité de protéger la sécurité publique, mais doit le faire en conformité avec la loi et les droits fondamentaux, ainsi que l'a rappelé Human Rights Watch.
Au cours des derniers mois du conflit ayant opposé pendant 26 ans l'État sri lankais aux TLET et qui s'est soldé par la défaite des TLET en mai 2009, le gouvernement a incarcéré près de 300 000 personnes déplacées en raison des hostilités dans ce qu'il appelle des « welfare camps » (« camps de protection sociale ») situés au nord du pays. Depuis début 2008, pratiquement tous les civils qui fuyaient les combats ont été enfermés dans ces camps. À des postes de contrôle et à l'intérieur des camps, les autorités ont désigné plus de 11 000 personnes comme ayant des liens présumés avec les TLET, avant de les transférer dans des « centres de réhabilitation ». Plus de 550 enfants figuraient parmi les personnes transférées à ces centres.
Alors que le gouvernement soutient que la plupart de ces détenus se sont rendus volontairement aux centres de réhabilitation, l'impossibilité par les organismes humanitaires et les autres observateurs indépendants d'avoir accès aux détenus rend difficile la détermination du nombre exact des personnes qui se sont rendues, de celles qui l'ont fait volontairement, et de celles qui ont été arrêtées.
Le manque de transparence relative à la procédure de détention, et aux informations sur le sort de certains détenus, fait craindre des risques éventuels de tortures, de mauvais traitements en détention voire de disparitions forcées, a prévenu Human Rights Watch. Dans son rapport de 2008 intitulé « Recurring Nightmare : State Responsibility for ‘Disappearances' and Abductions in Sri Lanka » (« Un cauchemar récurrent : La responsabilité de l'État dans les disparitions et les enlèvements au Sri Lanka »), Human Rights Watch avait fait état de ces disparitions forcées qui constituent un problème de longue date au Sri Lanka, et signalé que des milliers de personnes sont toujours portées disparues.
À titre d'exemple, l'armée a arrêté le 15 mai 2009 Jeganathan, un homme de 32 ans, peu après son entrée dans une zones contrôlée par le gouvernement avec son épouse, Aanathi, et leur fils âgé d'un an. Les militaires ont exigé qu'Aanathi se rende dans le camp. Elle est ensuite restée plusieurs semaines sans nouvelles de son époux. « J'avais perdu tout espoir », s'est-elle confiée à Human Rights Watch. « Je pensais que je ne le reverrais plus jamais. »
Un membre de la famille d'Aanathi a finalement localisé Jeganathan dans un des centres de réhabilitation, et Aanathi a pu lui rendre visite à quelques reprises. Plusieurs mois après avoir détenu Jeganathan, le gouvernement ne lui avait toujours pas indiqué combien de temps il devrait rester dans le centre de réhabilitation. Jeganathan n'a toujours pas eu d'accès à un avocat, ni la possibilité de contester sa détention devant un tribunal. Au cours de la dernière visite d'Aanathi, Jeganathan lui a raconté que les autorités continuent à l'interroger, et qu'ils ont même commencé même à frapper d'autres personnes qui se seraient « rendues ».
Le gouvernement sri lankais a demandé aux bailleurs de fonds internationaux d'apporter une aide financière à ces « centres de réhabilitation ». Human Rights Watch estime que ces donateurs ne devraient pas soutenir ces centres, tant que les droits des détenus n'y seront pas pleinement respectés.
« En l'absence de garanties sur le traitement équitable de détenus, financer ces centres équivaudrait à soutenir la politique de détention illégale pratiquée par le gouvernement sri lankais », a averti M. Adams. « Aucun bailleur de fonds ne devrait être complice d'une telle politique. »
La Colombie doit prendre des mesures efficaces contre les groupes violents qui ont surgi dans tout le pays à la suite de la démobilisation incomplète des groupes paramilitaires et qui sont coupables de multiples atteintes aux droits humains, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui.
Le rapport de 122 pages, intitulé « Paramilitaries' Heirs : The New Face of Violence in Colombia » (« Héritiers des paramilitaires : Le nouveau visage de la violence en Colombie »), documente les exactions graves et répandues commises par les groupes qui ont succédé à la coalition paramilitaire connue sous le nom de Autodefensas Unidas de Colombia (Autodéfenses unies de Colombie, AUC). Ces groupes se rendent régulièrement coupables de massacres, de meurtres, de déplacements forcés, de viols ainsi que d'actes extorsion, créant une atmosphère lourde de menaces dans les communautés qu'ils contrôlent. Souvent, ils prennent pour cible des défenseurs des droits humains, des syndicalistes, des victimes des paramilitaires qui réclament justice, et des membres de la communauté qui n'obéissent pas à leurs ordres. Le rapport s'accompagne d'une présentation multimédia comportant des photos et des enregistrements audio de Colombiens pris pour cible par les groupes qui ont succédé aux paramilitaires.
« Quel que soit le nom que vous donniez à ces groupes - paramilitaires, gangs, ou tout autre nom - leur impact sur les droits humains en Colombie aujourd'hui ne devrait pas être minimisé », a indiqué José Miguel Vivanco, directeur de la division Amériques à Human Rights Watch. « Tout comme les paramilitaires, ces groupes qui leur ont succédé commettent des atrocités épouvantables, et ils doivent être stoppés. »
S'appuyant sur près de deux ans de recherches menées sur le terrain, le rapport décrit l'impact brutal de ces groupes sur les droits humains en Colombie, mettant en avant quatre régions où ils ont une présence considérable : la ville de Medellín, la région d'Urabá dans le département de Chocó, et les départements du Meta et du Nariño.
Ces groupes représentent une menace croissante pour les droits humains dont peut bénéficier la société colombienne. Selon les estimations les plus prudentes avancées par la Police nationale colombienne, ces groupes comptent plus de 4 000 membres répartis dans 24 des 32 départements de la Colombie. Les groupes recrutent activement de nouveaux membres, et malgré les arrestations de certains de leurs chefs, ils s'empressent de remplacer ces dirigeants et d'étendre leurs zones d'opération.
La montée en puissance de ces groupes a coïncidé avec une forte augmentation des taux nationaux de déplacement interne depuis 2004 jusqu'en 2007 voire au-delà. Une grande partie de ces déplacements se produit dans des régions où les groupes qui ont succédé aux paramilitaires sont actifs. Dans certains endroits, à Medellín par exemple, où le nombre d'homicides a presque doublé durant l'année dernière, les opérations menées par ces groupes ont entraîné une augmentation spectaculaire de la violence.
Le rapport documente de multiples exemples d'exactions commises par ces groupes, notamment les suivants :
* Alors qu'une défenseure des droits humains portait assistance à une victime des paramilitaires chez la victime à Antioquia, des membres d'un groupe se faisant appeler les « Aigles noirs » ont fait irruption dans la maison, ont violé les deux femmes et ont averti la militante qu'elle devait cesser ses activités en faveur des droits humains. Elle a dû finalement quitter la ville à cause des menaces continuelles émanant du groupe.
* Plus de 40 personnes du quartier de Pablo Escobar à Medellín ont dû abandonner leurs logements entre fin 2008 et début 2009 à la suite des meurtres et des menaces dont s'est rendu coupable un groupe armé local, en partie constitué de paramilitaires démobilisés.
* Dans le département de Nariño, près de la frontière sud du pays, la plupart des habitants de trois communautés de la municipalité côtière de Satinga ont été déplacés après que l'un des groupes issus des paramilitaires (utilisant alors le nom d'Autodefensas Campesinas de Nariño, ou Forces d'autodéfense paysannes du Nariño) est entré dans l'une des villes, tuant deux jeunes hommes et causant semble-t-il la disparition forcée d'un troisième.
L'émergence de ces groupes était prévisible, a observé Human Rights Watch, essentiellement en raison de l'incapacité du gouvernement colombien à démanteler les réseaux criminels de la coalition paramilitaire au cours du processus de démobilisation, entre 2003 et 2006. La mise en œuvre insuffisante des démobilisations par le gouvernement a également permis aux paramilitaires de recruter des civils se faisant passer pour des paramilitaires devant être démobilisés, tout en conservant certains de leurs membres en activité. Le rapport décrit, par exemple, la démobilisation du Bloc Nord, où il existe des preuves substantielles de fraudes ordonnées par le leader de l'AUC, Rodrigo Tovar (connu sous le pseudonyme de « Jorge 40 »).
Le rapport exprime aussi des préoccupations quant au fait que les activités des groupes issus des paramilitaires seraient tolérées par certains agents de l'Etat et des forces de sécurité gouvernementales. Des procureurs tout comme des officiers supérieurs de la police ont expliqué que cette tolérance constituait un véritable obstacle à leur travail. En outre, dans chacune des villes et des régions où Human Rights Watch s'est rendue, l'organisation a recueilli à maintes reprises des allégations d'une pareille tolérance de la part des forces de sécurité.
Au Nariño, par exemple, un homme s'est plaint que « les Aigles noirs nous interrogent, à vingt mètres des policiers... On ne peut pas faire confiance à l'armée ni à la police parce qu'elles sont pratiquement avec eux. » Dans la région d'Urabá, un ancien fonctionnaire a indiqué que la police d'une des villes semblait travailler avec les groupes issus des paramilitaires : « Tout ça est très évident... La police contrôle les entrées et les sorties [de la ville] et ... ils partagent les renseignements. » Dans le département du Meta, un fonctionnaire a indiqué qu'il recevait « des plaintes constantes selon lesquelles l'armée menaçait les gens, disant que ‘les Cuchillos' [‘les Couteaux', principal groupe paramilitaire de la région] allaient arriver... Dans certains cas, l'armée s'en va et les Cuchillos arrivent. »
Human Rights Watch a rappelé que le gouvernement colombien a des obligations légales de protéger les civils contre divers dangers, d'empêcher les exactions et, lorsqu'elles se produisent, de garantir que leurs auteurs soient tenus de rendre des comptes.
Toutefois le gouvernement n'a pas fait en sorte de garantir que les unités de police chargées de combattre les groupes, ou les procureurs chargés de mener les enquêtes à leur sujet, disposent de ressources suffisantes. Il a tergiversé lorsqu'il s'est agi de financer le Système d'alerte précoce du Bureau de l'Ombudsman (Médiateur), qui joue un rôle crucial dans la protection des populations civiles. Des organismes gouvernementaux ont parfois refusé leur assistance à des civils qui signalaient avoir été déplacés par des groupes armés. Le gouvernement n'a par ailleurs pas pris de mesures efficaces pour identifier les fonctionnaires qui auraient toléré ces groupes, enquêter sur leurs actes et les sanctionner.
« L'administration Uribe n'a pas traité l'essor des groupes issus des paramilitaires avec le sérieux que le problème exige », a conclu José Miguel Vivanco. « Le gouvernement a pris quelques mesures pour affronter ces groupes, mais sans fournir un effort soutenu et significatif visant à protéger les civils, mener des enquêtes sur les réseaux criminels de ces groupes, saisir leurs avoirs et traquer leurs complices. »
Il y a 31 ans la révolution en Iran
Après pratiquement deux ans de manifestations et grèves multiples, pacifiques ou violentes selon le comportement des forces de sécurités royales, l'insurrection armée du 9 au 11 février 1979 a vu le triomphe de la révolution anti monarchique du peuple iranien. Hélas, l'énorme espoir suscité par cette victoire fut très vite anéanti par la confiscation de la révolution et l'établissement d'un régime totalitaire islamique, incarnée dans le règne du « Guide Suprême » comme épine dorsale d'une république islamique inédite dans l'histoire moderne de l'homme.
Ainsi, la révolution anti monarchique fut transformée en une « révolution islamique », avec des lois directement sorties des cavernes moyenâgeuses ! L'on vit alors s'installer en Iran un règne de terreur, d'emprisonnements, de torture, d'exécutions sommaires, et même de massacre de milliers de prisonniers politiques et d'opinion s'installer en Iran.
Mais la résistance des femmes, des étudiants, des intellectuels, des travailleurs, et des militants des nationalités minoritaires n'a jamais cessé. Cet engagement, ces militants l'ont très cher payé, mais ces efforts n'ont pas été vains ; depuis 8 mois, et les élections truquées de juin 2009, l'Iran est en ébullition, des centaines des milliers d'iraniens de tous âges et de toutes les origines sociales descendent dans la rue à la moindre occasion, et défient le régime malgré une répression de plus en plus dure qui a commencé avec des arrestations massives, des tortures à grande échelle, des viols et passages à tabac systématique même en pleine rue, qui a culminé avec les exécutions des prisonniers politiques accusés d'être « ennemis de Dieu ».
Et à ce jour, en attendant les festivités officielles relatives à la commémoration du 31ème anniversaire de la révolution, le régime islamique multiplie les menaces et les restrictions, et a même publié les noms de neuf personnes dont l'exécution est prévue pour « bientôt ».
Notre association, solidaire du peuple iranien et de ses résistances héroïques, condamne avec force toutes ces atteintes aux droits civiques et élémentaires de ce peuple. Nous demandons la libération sans conditions de tous les manifestants arrêtés, ainsi que de tous les prisonniers politiques et d'opinion en Iran. Nous réitérons notre opposition à la peine capitale et appelons à une mobilisation encore plus forte des organisations de défense de droits de l'Homme afin de contrer les actes barbares de la République Islamique d'Iran contre ses propres citoyens, et surtout ces menaces de nouvelles exécutions « pour l'exemple ». Dans ce but, nous appelons à une manifestation
le jeudi 11 février (le jour anniversaire de la révolution en Iran) de 15h à 17h devant l'ambassade d'Iran à Place Iéna, Paris 16ème.
Non à la République Islamique en Iran ! Libérer tous les prisonniers politiques et d'opinion ! Vive la démocratie ! Vive la laïcité !Plus d'information et contact sur Association pour la Défense des Prisonniers Politiques et d'Opinion en Iran
Dans un rapport rendu public ce jeudi 4 février, Amnesty International demande aux autorités malgaches de faire en sorte qu'une enquête impartiale soit menée de toute urgence sur les dizaines d'homicides perpétrés par les forces de sécurité au cours de plus de douze mois de manifestations antigouvernementales, et que les responsables présumés de ces agissements soient déférés à la justice.
L'épisode le plus meurtrier, qui a fait 31 morts et plusieurs blessés, a eu lieu le 7 février 2009 lorsque la garde du président Marc Ravalomanana a tiré à balles réelles sur des manifestants non armés de l'opposition qui se dirigeaient vers le Palais présidentiel à Antananarivo, la capitale.
« Les autorités malgaches doivent immédiatement mener des investigations sur tous les cas où l'on soupçonne que les forces de sécurité se sont rendues coupables d'homicides illégaux et où l'utilisation d'armes à feu a entraîné des morts ou des blessures graves, a déclaré Erwin van der Borght, directeur d'Amnesty International pour l'Afrique. Ceux qui se sont rendus coupables de violences contre des manifestants pacifiques doivent être déférés à la justice. »
Des violations des droits humains ont été signalées tout au long de l'année de troubles qui a secoué Madagascar à partir du moment où le président Marc Ravalomanana a fermé, en décembre 2008, une station de télévision appartenant à Andry Nirina Rajoelina, alors maire d'Antananarivo.
Les violations n'ont pas diminué lorsque la Haute Autorité de la Transition (HAT), dirigée par Andry Nirina Rajoelina, a pris le pouvoir le 17 mars 2009. La Haute Autorité de la Transition n'a pas été reconnue par l'Union africaine ni par la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).
Depuis lors, les forces de sécurité de la HAT sont fréquemment intervenues pour disperser des manifestations de l'opposition, et il y a eu des morts et des blessés.
Dans certains cas, ces manifestations sont devenues violentes. Les autorités n'ont pas mené d'enquête sur ces événements ni sur les blessures graves infligées à des personnes se trouvant simplement sur les lieux.
Le 23 avril 2009, un homme âgé de 24 ans qui s'était rendu à la mosquée et rentrait chez lui, a dû être hospitalisé après avoir reçu une balle dans l'épaule et avoir été, par la suite, frappé à coups de crosse de fusil par des membres des forces de l'ordre.
« Il n'y avait pas de manifestation à ce moment-là et je n'ai vu les soldats qu'après avoir été blessé, a déclaré cet homme à Amnesty International. Je ne sais pas pourquoi ils ont tiré. Personne de la justice ou de la police n'est venu me voir à l'hôpital pour enquêter sur ce qui m'était arrivé. »
Des parlementaires, des sénateurs, des avocats et des dirigeants de l'opposition ont fait l'objet d'arrestations et de détentions arbitraires et illégales, en particulier après l'entrée en fonction de la HAT en mars 2009. Certaines des personnes appréhendées auraient été maltraitées lors de leur arrestation.
Des journalistes et des médias ont été pris pour cibles par les autorités malgaches tant sous la présidence de Marc Ravalomanana qu'après l'entrée en fonction de la HAT. Les autorités ont également pris des mesures, comme la fermeture de stations de radio et de télévision privées, pour réduire au silence les journalistes jugés trop critiques à un moment ou un autre.
Une équipe de médiation composée de représentants de l'Union africaine, de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), de l'Organisation internationale de la francophonie et des Nations unies a arbitré les discussions entre les principaux partis politiques en vue de résoudre la crise.
La crise politique qui a touché Madagascar en 2009 a été déclenchée par la fermeture, dans la nuit du 13 au 14 décembre 2008, de Viva TV, chaîne de télévision appartenant à Andry Nirina Rajoelina, qui était alors maire d'Antananarivo, la capitale de l'île.
Cette décision, prise par le gouvernement du président malgache Marc Ravalomanana, a exacerbé les tensions qui existaient déjà entre le gouvernement, d'une part, et l'opposition politique et le maire d'Antananarivo, d'autre part.
L'opposition a organisé plusieurs manifestations importantes contre Marc Ravalomanana au début de l'année 2009. Le 17 mars 2009, cédant à la pression populaire engendrée par Andry Rajoleina et son mouvement, le président a promulgué une ordonnance portant dissolution du gouvernement et conférant les pleins pouvoirs à un directoire militaire.
Le jour même, les membres du directoire militaire ont à leur tour transmis à Andry Rajoleina les pouvoirs qu'ils avaient reçus.
Europalestine la lente dégringolade
Depuis des mois nous ne pouvons que constater la lente dégringolade de cette organisation que pourtant nous avions soutenue lors de son attaque l'été dernier de sa librairie par un commando d'extréme droite de la Ldj
Sauf que sauf que nous avons pu constater que il y avait vraiment de plus en plus de droles de connivences entre europalestine et des groupes ou des personnes guéres fréquentables très marquées vers l'extréme droite Il y a eus déjà l'épisode John Bastardi Daumont qui avait lancé la pétition « dissolution Ldj » a qui une Olivia Zemor une des principale représentante d'Europalestine avait largement donné une tribune, hors il s'avérera que John Bastardi Daumont est depuis devenu l'avocat de l'écrivain d'extréme droite Paul Eric Blanrue mais aussi celui du négationniste Robert Faurisson et de Dieudonné
Quand l'avocat de Faurisson fait de la retape sur AgoraVox
http://www.article11.info/spip/spip...
Procés Dieudonné-faurisson la cour des miracles négationnistes
http://reflexes.samizdat.net/spip.p...
Il y a eus aussi les épisodes ou on a pu voir des gens peu recommandables comme Gilad Atzmon qui ne cache même plus ses fréquentations avec la mouvance négationniste, le très sulfureux Michel Collon ou le conspirationiste très controversé Thierry Meyssan venir comme invités animer des débats a la librairie résistance
Il se trouve que Europalestine en arrive maintenant à valider sur son site des textes en provenance de sites d'extrême droite ouvertement racistes en provenance de site comme Alterinfo, article dont l'auteur une certaine Myriam Abraham publie également sur un site particulières raciste du non de Planéte non violence
http://www.europalestine.com/spip.p...
Hors Europalestine ne peut pas nous dire qu'elle n'est pas au courant de qui anime les sites « alterinfo » et « planète non violence » puisque ces deux sites sont clairement inscrits sur le rapport du Mrap sur l'internet d'extréme droite Internet :enjeu de la lutte contre le racisme. MRAP 2009
http://www.mrap.fr/campagnes/Racism...
Le webmestre de « alterinfo » a été plusieurs fois condamné pour diffusion de textes négationniste quand a « planète non violence » sa webmestre Mireille delamare une ex militante elle ne cache même plus ses connivences avec la secte d'extrême droite « solidarité et progrès » de jacques Cheminade et lindon Larouche
C'est donc bien un choix politique très clair de la part d'Europalestine de diffuser de tels textes sur son site, des textes pour le moins sujet a cautions qui ne peuvent que nous interpeller sur ce genre de positionnements et les sources idéologiques clairement confuses et malsaines de cette association
Europalestine la lente dégringolade
Depuis des mois nous ne pouvons que constater la lente dégringolade de cette organisation que pourtant nous avions soutenue lors de son attaque l'été dernier de sa librairie par un commando d'extréme droite de la Ldj
Sauf que sauf que nous avons pu constater que il y avait vraiment de plus en plus de droles de connivences entre europalestine et des groupes ou des personnes guéres fréquentables très marquées vers l'extréme droite Il y a eus déjà l'épisode John Bastardi Daumont qui avait lancé la pétition « dissolution Ldj » a qui une Olivia Zemor une des principale représentante d'Europalestine avait largement donné une tribune, hors il s'avérera que John Bastardi Daumont est depuis devenu l'avocat de l'écrivain d'extréme droite Paul Eric Blanrue mais aussi celui du négationniste Robert Faurisson et de Dieudonné
Quand l'avocat de Faurisson fait de la retape sur AgoraVox
http://www.article11.info/spip/spip...
Procés Dieudonné-faurisson la cour des miracles négationnistes
http://reflexes.samizdat.net/spip.p...
Il y a eus aussi les épisodes ou on a pu voir des gens peu recommandables comme Gilad Atzmon qui ne cache même plus ses fréquentations avec la mouvance négationniste, le très sulfureux Michel Collon ou le conspirationiste très controversé Thierry Meyssan venir comme invités animer des débats a la librairie résistance
Il se trouve que Europalestine en arrive maintenant à valider sur son site des textes en provenance de sites d'extrême droite ouvertement racistes en provenance de site comme Alterinfo, article dont l'auteur une certaine Myriam Abraham publie également sur un site particulières raciste du non de Planéte non violence
http://www.europalestine.com/spip.p...
Hors Europalestine ne peut pas nous dire qu'elle n'est pas au courant de qui anime les sites « alterinfo » et « planète non violence » puisque ces deux sites sont clairement inscrits sur le rapport du Mrap sur l'internet d'extréme droite Internet :enjeu de la lutte contre le racisme. MRAP 2009
http://www.mrap.fr/campagnes/Racism...
Le webmestre de « alterinfo » a été plusieurs fois condamné pour diffusion de textes négationniste quand a « planète non violence » sa webmestre Mireille delamare une ex militante elle ne cache même plus ses connivences avec la secte d'extrême droite « solidarité et progrès » de jacques Cheminade et lindon Larouche
C'est donc bien un choix politique très clair de la part d'Europalestine de diffuser de tels textes sur son site, des textes pour le moins sujet a cautions qui ne peuvent que nous interpeller sur ce genre de positionnements et les sources idéologiques clairement confuses et malsaines de cette association
Les victimes du déversement de déchets toxiques par Trafigura attendent avec anxiété de savoir si elles toucheront un jour les 45 millions de dollars d'indemnité qui leur sont dus.
La perspective de ne rien recevoir les a plongées dans le désespoir.
Le dernier épisode en date de la bataille juridique qui se joue actuellement est la décision de la Cour suprême ivoirienne de suspendre temporairement le transfert de cet argent à un groupe prétendant frauduleusement représenter les victimes.
La décision prise fin janvier en appel d'autoriser le groupe portant le nom de Coordination nationale des victimes de déchets toxiques de Côte d'Ivoire (CNVDT-CI) à recevoir le montant des indemnités avait soulevé un tollé international.
Plusieurs victimes avaient entamé auparavant une grève de la faim pour attirer l'attention sur leur sort.
Un représentant des victimes, Karim Kourouma, a déclaré à Amnesty International : « Les victimes sont très inquiètes, elles sont désespérées.
« Si cet argent tombe aux mains de la CNVDT-CI, il y a un risque réel que les victimes ne reçoivent jamais leur argent. Il s'agit d'une organisation fictive qui n'a pas de mandat officiel et s'est constituée précipitamment l'année dernière. »
« Plus de 20 000 victimes ont introduit auprès de la cour d'appel une requête indiquant que la CNVDT-CI ne les représente pas. »
Geneviève Diallo, qui fait partie des personnes devant recevoir une indemnité, a déclaré : « Cette décision nous a abasourdis. Les juges sont devenus aveugles. Comment est-ce possible ? Nous sommes très inquiets, nous ne savons pas ce qui va arriver. »
La Cour suprême fera savoir le 8 février si la suspension du transfert de l'argent doit se poursuivre. Si la cour décide de lever cette suspension, le montant des indemnités risque à nouveau d'être immédiatement transféré sur le compte bancaire de la CNVDT-CI.
« Il s'agit du dernier espoir d'obtenir justice pour les milliers de victimes de ce tragique déversement de déchets toxiques, à qui cet argent est dû », a déclaré Benedetta Lacey, conseillère spéciale d'Amnesty International qui a suivi de près cette affaire.
Au cours des derniers mois de 2009, la CNVDT-CI a affirmé qu'elle représentait 30 000 victimes ayant intenté une action contre Trafigura au Royaume-Uni. Les demandeurs et Trafigura étaient parvenus à un règlement à l'amiable de 45 millions de dollars en septembre 2009.
Dans cette affaire, tous les demandeurs sont représentés par le cabinet Leigh Day & Co et, aux termes de l'accord britannique avalisé par la Haute Cour du Royaume-Uni, seul ce cabinet est habilité à distribuer l'argent à toutes les victimes.
« Leigh Day & Co était prêt à verser l'argent à chacune des victimes dès octobre 2009 », a déclaré Benedetta Lacey.
« C'est alors que ce groupe a fait son apparition et a demandé que tout l'argent soit versé sur son compte bancaire. Il est révoltant que ces affirmations mensongères aient été autorisées à aller aussi si loin. »
En août 2006, des déchets toxiques ont été acheminés jusqu'à Abidjan, en Côte d'Ivoire, à bord du Probo Koala, navire affrété par l'entreprise de courtage pétrolier Trafigura. Ces déchets ont ensuite été rejetés en divers lieux de l'agglomération d'Abidjan, provoquant une tragédie en termes de droits humains.
Plus de 100 000 personnes ont consulté des médecins en raison de différents problèmes de santé, et des informations ont fait état du décès de 15 personnes à la suite de ces faits.
Le 23 septembre 2009, la Haute Cour d'Angleterre et du Pays de Galles a approuvé un accord de règlement de 45 millions de dollars entre la société Trafigura et près de 30 000 victimes du déversement de déchets toxiques.
11 février paris manifestation contre la dictature et la répression en Iran
Il y a 31 ans la révolution en Iran
Après pratiquement 2 ans de manifestations et grèves multiples, pacifiques ou violentes selon le comportement des forces de sécurités royales, l'insurrection armée du 9 au 11 février 1979 a vu le triomphe de la révolution anti monarchique du peuple iranien. Hélas, l'énorme espoir suscité par cette victoire fut très vite anéanti par la confiscation de la révolution et l'établissement d'un régime totalitaire islamique, incarnée dans le règne du « Guide Suprême » comme épine dorsale d'une république islamique inédite dans l'histoire moderne de l'homme.
Ainsi, la révolution anti monarchique fut transformée en une « révolution islamique », avec des lois directement sorties des cavernes moyenâgeuses ! L'on vit alors s'installer en Iran un règne de terreur, d'emprisonnements, de torture, d'exécutions sommaires, et même de massacre de milliers de prisonniers politiques et d'opinion s'installer en Iran.
Mais la résistance des femmes, des étudiants, des intellectuels, des travailleurs, et des militants des nationalités minoritaires n'a jamais cessé. Cet engagement, ces militants l'ont très cher payé, mais ces efforts n'ont pas été vains ; depuis 8 mois, et les élections truquées de juin 2009, l'Iran est en ébullition, des centaines des milliers d'iraniens de tous âges et de toutes les origines sociales descendent dans la rue à la moindre occasion, et défient le régime malgré une répression de plus en plus dure qui a commencé avec des arrestations massives, des tortures à grande échelle, des viols et passages à tabac systématique même en pleine rue, qui a culminé avec les exécutions des prisonniers politiques accusés d'être « ennemis de Dieu ».
Et à ce jour, en attendant les festivités officielles relatives à la commémoration du 31ème anniversaire de la révolution, le régime islamique multiplie les menaces et les restrictions, et a même publié les noms de 9 personnes dont l'execution est prévue pour « bientôt ».
Notre association, solidaire du peuple iranien et de ses résistances héroïques, condamne avec force toutes ces atteintes aux droits civiques et élémentaires de ce peuple. Nous demandons la libération sans conditions de tous les manifestants arrêtés, ainsi que de tous les prisonniers politiques et d'opinion en Iran. Nous réitérons notre opposition à la peine capitale et appelons à une mobilisation encore plus forte des organisations de défense de droits de l'Homme afin de contrer les actes barbares de la République Islamique d'Iran contre ses propres citoyens, et surtout ces menaces de nouvelles exécutions « pour l'exemple ». Dans ce but, nous appelons à une manifestation le jeudi
11 février (le jour anniversaire de la révolution en Iran) de 15h à 17h devant l'ambassade d'Iran à Place Iéna, Paris 16ème.
Non à la République Islamique en Iran ! Libérer tous les prisonniers politiques et d'opinion ! Vive la démocratie ! Vive la laïcité !
Plus d'information et contact sur
Association pour la Défense des Prisonniers Politiques et d'Opinion en Iran
11 février paris manifestation contre la dictature et la répression en Iran
Il y a 31 ans la révolution en Iran
Après pratiquement 2 ans de manifestations et grèves multiples, pacifiques ou violentes selon le comportement des forces de sécurités royales, l'insurrection armée du 9 au 11 février 1979 a vu le triomphe de la révolution anti monarchique du peuple iranien. Hélas, l'énorme espoir suscité par cette victoire fut très vite anéanti par la confiscation de la révolution et l'établissement d'un régime totalitaire islamique, incarnée dans le règne du « Guide Suprême » comme épine dorsale d'une république islamique inédite dans l'histoire moderne de l'homme.
Ainsi, la révolution anti monarchique fut transformée en une « révolution islamique », avec des lois directement sorties des cavernes moyenâgeuses ! L'on vit alors s'installer en Iran un règne de terreur, d'emprisonnements, de torture, d'exécutions sommaires, et même de massacre de milliers de prisonniers politiques et d'opinion s'installer en Iran.
Mais la résistance des femmes, des étudiants, des intellectuels, des travailleurs, et des militants des nationalités minoritaires n'a jamais cessé. Cet engagement, ces militants l'ont très cher payé, mais ces efforts n'ont pas été vains ; depuis 8 mois, et les élections truquées de juin 2009, l'Iran est en ébullition, des centaines des milliers d'iraniens de tous âges et de toutes les origines sociales descendent dans la rue à la moindre occasion, et défient le régime malgré une répression de plus en plus dure qui a commencé avec des arrestations massives, des tortures à grande échelle, des viols et passages à tabac systématique même en pleine rue, qui a culminé avec les exécutions des prisonniers politiques accusés d'être « ennemis de Dieu ».
Et à ce jour, en attendant les festivités officielles relatives à la commémoration du 31ème anniversaire de la révolution, le régime islamique multiplie les menaces et les restrictions, et a même publié les noms de 9 personnes dont l'execution est prévue pour « bientôt ».
Notre association, solidaire du peuple iranien et de ses résistances héroïques, condamne avec force toutes ces atteintes aux droits civiques et élémentaires de ce peuple. Nous demandons la libération sans conditions de tous les manifestants arrêtés, ainsi que de tous les prisonniers politiques et d'opinion en Iran. Nous réitérons notre opposition à la peine capitale et appelons à une mobilisation encore plus forte des organisations de défense de droits de l'Homme afin de contrer les actes barbares de la République Islamique d'Iran contre ses propres citoyens, et surtout ces menaces de nouvelles exécutions « pour l'exemple ». Dans ce but, nous appelons à une manifestation le jeudi
11 février (le jour anniversaire de la révolution en Iran) de 15h à 17h devant l'ambassade d'Iran à Place Iéna, Paris 16ème.
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Amnesty International a de nouveau appelé les autorités soudanaises à arrêter immédiatement le président Omar el Béchir, les juges d'appel de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye ayant, le 3 février, annulé une décision aux termes de laquelle le président soudanais ne pouvait pas être inculpé d'actes de génocide au Darfour faute de preuves suffisantes.
En mars 2009 la CPI avait délivré un mandat d'arrêt contre le président Omar el Béchir pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, mais non pour génocide car la chambre préliminaire de la CPI avait appliqué une norme d'administration de la preuve trop stricte. Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, qui avait interjeté appel de la décision de la chambre préliminaire, a obtenu gain de cause.
« Il avait été demandé au procureur de la CPI de prouver que la seule conclusion raisonnable pouvant être tirée des éléments de preuve qu'il produisait était que le président était responsable de génocide, a expliqué Christopher Keith Hall, conseiller juridique d'Amnesty International. Cela revenait en fait à demander au procureur de prouver sa culpabilité, ce qui ne peut être fait que lors du procès.
« La chambre préliminaire doit à présent réexaminer les éléments de preuve produits à l'encontre du président Béchir afin de décider si elle peut l'inculper de génocide », a ajouté Christopher Keith Hall.
Amnesty International a exhorté le président Omar el Béchir à se livrer de lui-même afin qu'il réponde devant la justice des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité qui ont déjà été retenues contre lui.
« Le président Omar el Béchir tente d'échapper à la justice internationale alors qu'il est accusé d'être responsable de crimes commis contre des hommes, des femmes et des enfants, notamment de meurtres, de viols, de tortures et de disparitions forcées », a poursuivi Christopher Keith Hall.
Le président Béchir a voyagé hors du Soudan à plusieurs reprises depuis son inculpation par la CPI, mais il n'a pas encore été arrêté.
« Tous les États qui ont signé le Statut de Rome instituant la CPI ont l'obligation absolue, aux termes de ce traité, de l'arrêter immédiatement s'il se rend sur leur territoire et de le transférer rapidement à la Cour, a précisé Christopher Keith Hall.
« Le Soudan est tenu, aux termes de la résolution 1593 du Conseil de sécurité, de coopérer avec la CPI, et donc de l'arrêter et de le transférer. De plus, les États qui n'ont pas encore ratifié le Statut de Rome ne doivent pas lui offrir refuge s'il effectue une visite sur leur territoire. »
La CPI a lancé un mandat d'arrêt contre le président Omar el Béchir en raison de son rôle dans le conflit au Darfour au cours duquel des milliers de viols ont été commis, plus de 300 000 personnes ont été tuées et des millions d'autres déplacées de force.
Amnesty International exhorte les autorités du Bélarus à libérer un objecteur de conscience déclaré coupable « d'insoumission » et condamné à trois mois d'emprisonnement par le tribunal de première instance de Minsk.
Ivan Mikhailau a refusé d'effectuer son service militaire au motif qu'il est un membre actif de la communauté juive messianique et que le fait de porter les armes va à l'encontre de ses croyances religieuses. Il a été arrêté le 15 décembre 2009 à Salihorsk, une ville située au sud de Minsk, la capitale du pays.
Amnesty International considère Ivan Mikhailau comme un prisonnier d'opinion, détenu pour avoir exprimé pacifiquement ses convictions.
L'avocat du jeune homme a informé l'organisation que sa famille entend faire appel de sa condamnation. La période qu'il a passée en détention depuis le 15 décembre est prise en compte dans les trois mois de sa condamnation. Il reste à Zhodzina, une ville située à environ 50 kilomètres au nord-est de Minsk, dans le centre de détention provisoire où il a été conduit peu après son arrestation.
Au Bélarus, le service militaire est obligatoire pour tous les hommes âgés de 18 à 27 ans. Selon la Constitution de ce pays, les citoyens ont le droit d'effectuer un service civil de remplacement. En pratique, cependant, il n'existe pas d'alternative au service militaire.
Le droit de refuser de servir dans l'armée pour des raisons de conscience est inhérent au droit à la liberté de pensée, de conscience ou de religion, reconnu par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel le Bélarus est partie.
Selon son avocat, après avoir été appelé sous les drapeaux en décembre 2008, Ivan Mikhailau avait informé les autorités militaires de Minsk qu'il n'était pas en mesure d'effectuer son service militaire pour des raisons religieuses. Il avait demandé à prendre part, à la place, à un service civil de remplacement.
En janvier 2009, les autorités ont rejeté sa demande en indiquant qu'il n'existe pas d'alternative civile au service militaire. Ivan Mikhailau s'est adressé une deuxième fois à l'armée pour demander s'il pouvait effectuer son service avec les réservistes. Les autorités ont de nouveau rejeté sa requête en juin 2009 et l'ont astreint au service militaire régulier.
Amnesty International appelle les autorités du Bélarus à libérer Ivan Mikhailau immédiatement et sans condition. D'autre part, l'organisation les exhorte à faire en sorte que ce jeune homme et tous les objecteurs de conscience soient dispensés d'effectuer leur service militaire ou autorisés à attendre la mise en place d'un service civil.
Amnesty International prie instamment les autorités d'adopter une loi instaurant un véritable service civil de remplacement qui ne doit pas être punitif de par sa durée, et leur rappelle que le Bélarus est partie au PCDIP et qu'il est donc tenu de reconnaître le droit à l'objection de conscience.
Le 3 novembre 2006, le Comité des droits de l'homme a estimé que les poursuites engagées par la République de Corée contre deux objecteurs de conscience et leur condamnation pour avoir refusé d'effectuer le service militaire obligatoire violait l'article 18 du PIDCP car il n'existait aucun service civil de remplacement.
La militante Ana María Pizarro a expliqué à Amnesty International qu'au Nicaragua les femmes enceintes risquent de perdre la vie à cause de la médiocrité des services de santé et de l'interdiction de l'avortement.
Beaucoup de jeunes femmes disent : « Je ne peux pas prendre le risque de tomber enceinte dans ce pays. »
Le Nicaragua ne peut pas avoir une loi qui réprime pénalement une chose qui arrive uniquement dans le corps des femmes car à ce moment-là il n'y a plus d'égalité devant la loi.
Au Nicaragua les femmes ont peur de fonder une famille, de tomber enceintes. Beaucoup de jeunes femmes disent : « Je ne peux pas prendre le risque de tomber enceinte dans ce pays parce que j'ai peur des complications [médicales] qui pourraient me faire perdre la vie. »
J'ai travaillé pendant dix ans dans le secteur de la santé publique. Avant, il y avait une commission d'examen pour les interruptions de grossesse, dans les hôpitaux publics. Maintenant, dans les hôpitaux publics, on laisse les femmes mourir parce qu'on a peur. Il y a des femmes [enceintes] avec des maladies curables qui ne sont pas soignées.
Les femmes qui ont de l'argent peuvent payer un avortement [clandestin] mais les femmes pauvres continuent d'utiliser des méthodes rudimentaires et dangereuses car elles ne peuvent pas avorter dans des conditions sûres.
On est face à un problème de justice sociale. Dans les deux cas les femmes peuvent être envoyées en prison. Mais la différence c'est que les femmes pauvres meurent alors que celles qui ont des moyens financiers ne courent aucun danger car elles ont la possibilité de trouver des professionnels qui peuvent pratiquer un avortement en toute sécurité.
Un des cas dont j'ai eu connaissance est arrivé dans la région de Condega, dans l'une des provinces du Nicaragua.
Une jeune femme de 25 ans est arrivée dans un dispensaire un samedi à cinq heures du matin. Là, on a diagnostiqué un avortement provoqué. En l'espace de deux heures l'infirmière et le médecin du dispensaire ont prévenu la police, et à sept heures la police était déjà en train d'interroger la jeune femme.
Pendant que la jeune femme subissait un prélèvement utérin, un médecin a filmé la scène et pris des photos alors qu'elle était nue à ce moment-là. La police aussi a pris des photos de la jeune femme pendant l'intervention et alors qu'elle était nue.
Le lundi suivant, la jeune femme a été transférée à l'hôpital et son cas a été déféré aux services du procureur. Les services du procureur ont passé le dossier au médecin légiste, qui a pratiqué sur elle un examen médicolégal, et le mardi elle a été inculpée devant un tribunal. Elle a été interrogée alors qu'elle était sous perfusion et sous traitement médical.
Le médecin a dit qu'elle n'avait pas besoin d'avocat et elle a été poussée à témoigner contre elle-même et à s'avouer coupable. On l'a obligée à donner des informations précises, par exemple sur comment l'avortement avait été pratiqué.
Sans qu'il y ait eu de procès elle a été assignée à domicile pour une période de six mois, ce qui est la sanction prévue par la loi. Depuis, on l'a obligée à fournir des preuves contre elle-même ; le procès n'a pas été nécessaire. Elle est actuellement en train de purger sa peine.
Tout cela s'est passé très vite. Ce n'est pas du tout pareil avec les violeurs, les meurtriers, ceux qui maltraitent des femmes, ou encore dans les affaires de corruption ou de violences, qui sont tellement fréquentes au Nicaragua.
Communiqué du Parti Communiste-Ouvrier d'Iran
Au peuple du monde
A tous les syndicats ouvriers, organisations des droits humains et individus
Tous dans les rues le 11 février pour soutenir le peuple d'Iran !
La fin du régime islamique d'Iran est proche. Un régime qui s'est hissé au pouvoir il y a 31 ans par les exécutions, la torture et la répression est sur le point de disparaître. Nous vous appelons tous à soutenir la lutte du peuple d'Iran pour renverser ce régime et amener la liberté, l'égalité, le bien-être, la laïcité, la fin de l'apartheid sexiste, la liberté d'expression, la liberté d'organisation et de grève, et la fin de la peine de mort, de la torture, de la lapidation et de tous les brutaux châtiments islamiques.
Pour le jeudi 11 février, le peuple d'Iran se prépare à des manifestations de masse à travers l'Iran. Simultanément, à travers le monde, des manifestations auront lieu devant les ambassades et les consulats de la République Islamique pour soutenir le peuple d'Iran. Nous vous appelons à montrer votre solidarité en participant à ces manifestations.
Pour la solidarité internationale avec le peuple d'Iran !
Une révolution humaine pour un règne humain !
Khalil Keyvan
Secrétaire du Parti Communiste-Ouvrier d'Iran –
Organisation à l'Etranger
Site du Parti communiste-ouvrier d'Iran
5 Février 2010
Banderole du Parti communiste-ouvrier d'Iran, 1er mai 2009 à Lyon
La guerre de basse intensité s´intensifie, après l´expulsion de la communauté San Pedro, Base d´appui Zapatiste, deux nouvelles communautés ont été victimes d´expulsion violente, par le gouvernement qui répondait supposément a une demande d´expulsion faite par les lacandons.
Des indigènes qui habitaient depuis 20 ans les localités d'El Semental et de San Pedro, dans la réserve de la biosphère de Montes Azules au coeur de la forêt Lacandone, furent délogés par des policiers fédéraux, membres de l'armée Mexicaine et du bureau fédéral de protection de l'environnement (la Procuraduría Federal de Protección al Ambiente (Profepa).
Au cours d'une visite effectuée dans la réserve mardi dernier, Patricio Patron Laviada, employé de la Profepa, se mit d'accord avec le gouvernement de l'état pour accélérer le délogement de quelques 8 localités situées dans la réserve de la biosphère. Quelques heures plus tard, des centaines de policiers et de militaires expulsèrent la vingtaine de familles qui habitent la zone. Une source du gouvernement chiapanèque a déclaré que ce délogement "a été pacifique, et [qu'] il existe un compromis de relogement hors de la forêt des familles qui l'ont quittée". Cependant, un employé fédéral rapporte qu'arrivé en ce lieu, il n'a trouvé personne, les familles avaient fuit des heures auparavant. D´autres sources des villageois disent que le délogement n´a en rien été pacifique, " le gouvernement n´a montré aucune disposition au dialogue (...) la police a brulé des maisons et les biens des paysans et des familles ont fuit jusqu´a la montagne pour ne pas etre arrétées."
Manuel Aguilar Cruz et Manuel Aguilar Silvano, deux indigènes sans terre qui arrivèrent dans la forêt à la recherche d'un lieu où installer leurs familles, ont été arrêtés ce mercredi 20 janvier au cours de l'opération dans la localité de San Pedro Guanil, et selon le rapport du bureau judiciaire de l'état, ils se trouvaient en possession d'une carabine 22 et d'un AK47, ainsi que de 28 cartouches en état de fonctionnement.
Les autres habitants -hommes, femmes et enfants- ont été emmenés à la délégation régionale du DIF dans la municipalité de Palenque, où ils ont entamé le dialogue avec les autorités pour leur retour ; tandis que les indigènes qui se trouvaient dans la localité d'El Semental se sont enfuis au coeur de la forêt au moment du délogement, et que l'on ignore même leur destination.
El semental fut déjà évacué à deux reprises mais ses habitants revinrent ; cette fois -dans le but de les en empêcher-, on a emmené le bétail ainsi que tout ce qui leur appartenait, les habitations et les cultures ont été détruites, et la zone reste sous protection policière.
Des Lacandons qui réclament la forêt et qui se sont retrouvé favorisés par le délogement ont envoyé au gouvernement de l'état une lettre dans laquelle ils demandent des moyens pour reboiser les zones connues sous le nom de Lagunas Yaqui, Ojos Azules, et El Suspiro.
Dans cette missive, signée par Carmelino Flores Montejo, Antonio Velazco Gutiérrez et Mariano Flores Montejo, ils expliquent que ces terrains "seront occupés par 20 lacandons de Nouvelle Palestine", lesquels entendent établir en ces lieux un centre touristique...
De nombreux émettent des doutes, qu´un projet touristique, quand bien même "écotouristique" prendra plus soin de l´environnement qu´une communauté indigene.
Traduction : Yannick pour Espoir Chiapas Commentaire : El fifi
AUTRES INFORMATIONS => Dénonciation de la JBG de la Garucha, sur la violente expulsion de la communauté San Pedro [espoirchiapas.com]
=> La JBG de Morelia dénonce agressions et menaces de la part des paramilitaires de l´OPDIC [espoirchiapas.com]
=> Ecotourisme, manoeuvres gouvernementales, rentabilisation des communautés. [espoirchiapas.com] [espoirchiapas.com]
SANS PAPIERS
en luttecoordination nationale - 25, rue François Miron, 75004, Paris -– fax : 01.44.61.09.35 – mail : coordnatsanspap wanadoo.fr -
Sarkozy/Hortefeux/Besson n'ont jamais dormi sous des températures d'hiver, ça se voit, ils viennent de faire intervenir la police contre un local associatif loué pour mettre à l'abri les réfugiés Afghans, Somaliens, Irakiens, etc, de cet hiver particulièrement dur.
Après le « nettoyage de la jungle » de Calais suite au démantèlement de Sangatte, voilà la charge policière pour déloger, en piétinant sans honte la trêve hivernale, les centaines de réfugiés fuyant les guerres dans lesquelles sont engagées les soldats français.
Dans le pays berceau des droits de l'homme, on ne respecte décidément plus rien. TOUT EST POSSIBLE disait le slogan de campagne de Sarkozy, eh, bien TOUT EST DEVENU POSSIBLE : LE PIRE EST DEVENU POSSIBLE, LA SAUVAGERIE EST DEVENUE POSSIBLE !
Même des voyous sont amenés à utiliser « la burqua » pour braquer et voler, comme quoi c'est la gouvernance sarkoziste même qui donne des idées aux bandits pour accomplir leur forfait. Voilà à quoi a été ramené le pays des « lumières ». Pauvres « lumières ».
La fascisation rampante qui se manifeste en Italie frappe à nos portes avec cette obsession hystérique sarkoziste/hortefeuiste/Bessonniste de capter les électeurs Front Nazional dans les élections régionales. Le PIRE EST A VENIR : QUE FERONT-ILS EN 2012 ?
La CNSP proteste avec la dernière énergie contre cette dérive de plus en plus systématique vers le fascisme du sarkozisme aux abois.
Après moi le déluge semble être la nouvelle devise du sarkozisme. Halte au déluge !
Paris le 07/02/10
—
Comité des Sans Papiers 59 (CSP59) 42 rue Bernos 59000 Lille
tel : 0680575061 e-mail : csp59 wanadoo.fr
infos : leblogducsp59.over-blog.com
Manifestation tous les mercredis 18 h 30 Place de la République / Lille
SANS PAPIERS
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Sarkozy/Hortefeux/Besson n'ont jamais dormi sous des températures d'hiver, ça se voit, ils viennent de faire intervenir la police contre un local associatif loué pour mettre à l'abri les réfugiés Afghans, Somaliens, Irakiens, etc, de cet hiver particulièrement dur.
Après le « nettoyage de la jungle » de Calais suite au démantèlement de Sangatte, voilà la charge policière pour déloger, en piétinant sans honte la trêve hivernale, les centaines de réfugiés fuyant les guerres dans lesquelles sont engagées les soldats français.
Dans le pays berceau des droits de l'homme, on ne respecte décidément plus rien. TOUT EST POSSIBLE disait le slogan de campagne de Sarkozy, eh, bien TOUT EST DEVENU POSSIBLE : LE PIRE EST DEVENU POSSIBLE, LA SAUVAGERIE EST DEVENUE POSSIBLE !
Même des voyous sont amenés à utiliser « la burqua » pour braquer et voler, comme quoi c'est la gouvernance sarkoziste même qui donne des idées aux bandits pour accomplir leur forfait. Voilà à quoi a été ramené le pays des « lumières ». Pauvres « lumières ».
La fascisation rampante qui se manifeste en Italie frappe à nos portes avec cette obsession hystérique sarkoziste/hortefeuiste/Bessonniste de capter les électeurs Front Nazional dans les élections régionales. Le PIRE EST A VENIR : QUE FERONT-ILS EN 2012 ?
La CNSP proteste avec la dernière énergie contre cette dérive de plus en plus systématique vers le fascisme du sarkozisme aux abois.
Après moi le déluge semble être la nouvelle devise du sarkozisme. Halte au déluge !
Paris le 07/02/10
—
Comité des Sans Papiers 59 (CSP59) 42 rue Bernos 59000 Lille
tel : 0680575061 e-mail : csp59 wanadoo.fr
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Manifestation tous les mercredis 18 h 30 Place de la République / Lille
La rue Kronstad était déserte d'habitants. Les stores de plusieurs maisons baissés. Aucune voiture garée...
Tout était bien entendu bloqué. Les gens refusaient de sortir du siège. Seuls les journalistes avaient le pouvoir de franchir les lignes.
Boire un thé ou aller mangerLe dilemme se posa à l'heure du repas.
Derrière les CRS, les gens ont commencé à appeler les bénévoles et militante reconnues, les invitant à venir partager ce moment humain et convivial du thé.
Les CRS ont commencé à mettre leur tenue de combat.
Quand ils ont compris que nous ne pourrions pas franchir le barrage, une échauffourée se produisit près d'un car, et tout à coup les CRS ont foncé sur les gens, les matraquant, pour certains au sol, (un blessé No Border qui a essayé d'extirper un autre copain).
Quand certains eurent trop faim, les policiers refusèrent qu'on leur passe des aliments.
Presque tout le monde partit manger à la distribution, quittant la place.
Deuxième round de la journée : le retour des convivesTout le monde se plaça face aux policiers. Quelqu'un jeta au-dessus des têtes, deux bâches de plastique et deux d'entre nous la saisirent pour en faire un bouclier de poussée.
Mais une autre personne les en dissuada, sans trouver de solution de rechange. Les gens décidèrent de planifier leur retour au bercail.
Ordre d'un officier : "Pas de violences médiatiques"...Mais aussi pas de journalistes
Vers 17h, j'ai entendu un officier de police passait la consigne discrètement : "plus de journalistes". Et effectivement, personne n'eut le droit soudain d'entrer alors que l'on voyait au coin de la rue Kronstad, les policiers se mettre par paquet de 3, dans des positions cocasses de chiens de chasse, à l'arrêt. De l'extérieur, l'agitation et les courses étaient visibles mais nous ignorions ce qui se passait réellement.
Versant commissariat de police de Calais
Changeant de rue d'observation, celle donnant derrière nous sur le commissariat de Calais était gardée par des CRS dont l'un avait visiblement bu, grisé par sa soif d'en découdre en bande organisée et armée, avec des militants des droits humains.
Les camions de CRS pénétrèrent l'espace face au hangar et nous en privèrent de la vue.
Une grosse poignée de CRS entra dans la maison contigüe à notre hangar. Un homme menotté et tête basse ressortit et fut emmené par un fourgon de police du commissariat.
Violences sur militantes et journaliste tenace
Des gens du local sortaient de la rue par petits groupes. Du côté commissariat, un nombre élevé d'obéissants casqués se tenaient cachés, cornaqués par un policier parisien à la sale tronche de tueur.
A l'intérieur, les No Border s'étaient enfermés dans le hangar.
Nous avons, L. et moi tenté d'empêcher l'entrée subite de deux fourgons de ramassage de la PAF. Mais L. s'est fait éjectée brutalement par les sbires de Besson.
Un caméraman de l'autre versant d'observation arriva au moment où un paquet consistant de CRS enveloppaient les 10 No Border qui scandaient "No Border, no nation, stop deportation". Les CRS s'en prirent alors au caméraman.
Un officier de police se souvint avec un léger retard, des consignes de Besson. Il intervint pour dire : "pas de violences médiatiques !"
La violence se déroula à l'intérieur, loin des regards.
Maltraitance réservée aux militants No Border et à leur accompagnatrice du moment
D'après ceux qui l'ont vécu, les CRS n'y sont pas allés de mains mortes dans l'arrestation, s'en prenant particulièrement aux femmes. Une bénévole âgée a eu le nez cassé par un coup de coude de CRS.
Les policiers se sont présentés à la porte pour discuter mais ce fut pour la défoncer. Il n'en reste rien de cette porte vitrée.
Le long comptoir de bois a été complètement cassé par les sauvages qui en ont profité pour voler et détruire tout ce qu'ils pouvaient.
Un RG Monsieur Buzin, a refusé de dire les motifs autrement que sous le couvert d'un arrêté d'ordre public.
La PAF de Coquelles attaque les réfugiés
Avec la police sarkoziste, quand on ne peut pas arrêter devant des journalistes, on attend que ces derniers soient partis.
A l'heure de la distribution du soir, les policiers en costume montaient dans leurs voitures civiles et munies de trois fourgons de ramassage faisaient la chasse aux exilés qui avaient eu l'outrecuidance de vouloir aller boire un thé chez nous.
Il y eut plusieurs arrestations et ceux qui venaient de sortir du commissariat continuèrent leur travail d'opposition à la milice.
Epilogue précaire : une victoire pour les No BorderNous avons tenu deux jours contre deux compagnies de CRS, la PAF de Coquelles en grande sortie et des policiers du commissariat, nous avons tenu à une vingtaine.
Besson aurait annoncé que la base arrière des No Border était anéantie.
Ah oui ? La carpette de Sarkozy, qui se protège derrière une bande armée, parle toujours un peu trop vite.
zetkin
La rue Kronstad était déserte d'habitants. Les stores de plusieurs maisons baissés. Aucune voiture garée...
Tout était bien entendu bloqué. Les gens refusaient de sortir du siège. Seuls les journalistes avaient le pouvoir de franchir les lignes.
Boire un thé ou aller mangerLe dilemme se posa à l'heure du repas.
Derrière les CRS, les gens ont commencé à appeler les bénévoles et militante reconnues, les invitant à venir partager ce moment humain et convivial du thé.
Les CRS ont commencé à mettre leur tenue de combat.
Quand ils ont compris que nous ne pourrions pas franchir le barrage, une échauffourée se produisit près d'un car, et tout à coup les CRS ont foncé sur les gens, les matraquant, pour certains au sol, (un blessé No Border qui a essayé d'extirper un autre copain).
Quand certains eurent trop faim, les policiers refusèrent qu'on leur passe des aliments.
Presque tout le monde partit manger à la distribution, quittant la place.
Deuxième round de la journée : le retour des convivesTout le monde se plaça face aux policiers. Quelqu'un jeta au-dessus des têtes, deux bâches de plastique et deux d'entre nous la saisirent pour en faire un bouclier de poussée.
Mais une autre personne les en dissuada, sans trouver de solution de rechange. Les gens décidèrent de planifier leur retour au bercail.
Ordre d'un officier : "Pas de violences médiatiques"...Mais aussi pas de journalistes
Vers 17h, j'ai entendu un officier de police passait la consigne discrètement : "plus de journalistes". Et effectivement, personne n'eut le droit soudain d'entrer alors que l'on voyait au coin de la rue Kronstad, les policiers se mettre par paquet de 3, dans des positions cocasses de chiens de chasse, à l'arrêt. De l'extérieur, l'agitation et les courses étaient visibles mais nous ignorions ce qui se passait réellement.
Versant commissariat de police de Calais
Changeant de rue d'observation, celle donnant derrière nous sur le commissariat de Calais était gardée par des CRS dont l'un avait visiblement bu, grisé par sa soif d'en découdre en bande organisée et armée, avec des militants des droits humains.
Les camions de CRS pénétrèrent l'espace face au hangar et nous en privèrent de la vue.
Une grosse poignée de CRS entra dans la maison contigüe à notre hangar. Un homme menotté et tête basse ressortit et fut emmené par un fourgon de police du commissariat.
Violences sur militantes et journaliste tenace
Des gens du local sortaient de la rue par petits groupes. Du côté commissariat, un nombre élevé d'obéissants casqués se tenaient cachés, cornaqués par un policier parisien à la sale tronche de tueur.
A l'intérieur, les No Border s'étaient enfermés dans le hangar.
Nous avons, L. et moi tenté d'empêcher l'entrée subite de deux fourgons de ramassage de la PAF. Mais L. s'est fait éjectée brutalement par les sbires de Besson.
Un caméraman de l'autre versant d'observation arriva au moment où un paquet consistant de CRS enveloppaient les 10 No Border qui scandaient "No Border, no nation, stop deportation". Les CRS s'en prirent alors au caméraman.
Un officier de police se souvint avec un léger retard, des consignes de Besson. Il intervint pour dire : "pas de violences médiatiques !"
La violence se déroula à l'intérieur, loin des regards.
Maltraitance réservée aux militants No Border et à leur accompagnatrice du moment
D'après ceux qui l'ont vécu, les CRS n'y sont pas allés de mains mortes dans l'arrestation, s'en prenant particulièrement aux femmes. Une bénévole âgée a eu le nez cassé par un coup de coude de CRS.
Les policiers se sont présentés à la porte pour discuter mais ce fut pour la défoncer. Il n'en reste rien de cette porte vitrée.
Le long comptoir de bois a été complètement cassé par les sauvages qui en ont profité pour voler et détruire tout ce qu'ils pouvaient.
Un RG Monsieur Buzin, a refusé de dire les motifs autrement que sous le couvert d'un arrêté d'ordre public.
La PAF de Coquelles attaque les réfugiés
Avec la police sarkoziste, quand on ne peut pas arrêter devant des journalistes, on attend que ces derniers soient partis.
A l'heure de la distribution du soir, les policiers en costume montaient dans leurs voitures civiles et munies de trois fourgons de ramassage faisaient la chasse aux exilés qui avaient eu l'outrecuidance de vouloir aller boire un thé chez nous.
Il y eut plusieurs arrestations et ceux qui venaient de sortir du commissariat continuèrent leur travail d'opposition à la milice.
Epilogue précaire : une victoire pour les No BorderNous avons tenu deux jours contre deux compagnies de CRS, la PAF de Coquelles en grande sortie et des policiers du commissariat, nous avons tenu à une vingtaine.
Besson aurait annoncé que la base arrière des No Border était anéantie.
Ah oui ? La carpette de Sarkozy, qui se protège derrière une bande armée, parle toujours un peu trop vite.
zetkin
Magie sondagière, désinformation et fabrique du consentement.
- Exercices de pédagogie économique
A Lyon, c'est le 8 février 1891 qu'une Bourse du travail ouvre pour la première fois ses portes, sur le cours Morand dans le 6e, avant de devoir fermer pour redémarrer définitivement le 4 décembre 1892. C'est à l'époque un centre important de résistance, un foyer d'agitation révolutionnaire notamment par la préparation de la grève générale…
- Mémoire / Salariat - précariat, Droits sociaux - santé - services publics, En une
A Lyon, c'est le 8 février 1891 qu'une Bourse du travail ouvre pour la première fois ses portes, sur le cours Morand dans le 6e, avant de devoir fermer pour redémarrer définitivement le 4 décembre 1892. C'est à l'époque un centre important de résistance, un foyer d'agitation révolutionnaire notamment par la préparation de la grève générale…
- Mémoire / Salariat - précariat, Droits sociaux - santé - services publics, En une
par Gilles Devers, avocat lyonnais qui a accepté de porter mandat pour crimes de guerre contre les dirigeants israéliens devant la Cour Internationale de Justice, et qui s'exprime ici sur la polémique autour de la candidature d'hilam sur la liste du NPA.
Ma chère Ilham,
je ne voterai pas pour toi. Parce que je n'ai pas la chance d'habiter dans le Vaucluse, et parce que le NPA, ce n'est pas ma tasse de thé, même si j'y compte de vrais amis . Je ne suis pas d'accord du tout avec votre positionnement, protestataire à perpétuité. Il y a dans le programme du NPA des principes économiques et sociaux que j'estime indéfendables, et qui seraient dangereux si le NPA n'avait pas fait le choix de se protéger dans la posture d'une opposition puriste. C'est la magie du verbe et l'incapacité de faire quoi que ce soit, avec comme illustration votre inaction face à la privatisation de la Poste.
Mais, tu me trouveras aussi tous les défauts quand je te dirais que je suis un social démocrate réformiste, persuadé que le monde c'est le marché, et que la responsabilité politique, c'est de s'organiser avec méthode pour en amender les excès et créer, dans la vraie vie, de la solidarité.
Je ne suis donc pas prêt de voter pour toi ou tes petits camarades, mais je veux te dire très tranquillement que je trouve ta candidature incontestable, et je reste halluciné par les éructations de la politic family.
Ces bavards impénitents bafouent la Constitution, en invoquant des règles nées de leurs fantasmes déprimés. Ce qui est en cause, c'est l'article 4 : « Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement ». Donc, le NPA, comme tous les partis, est libre de s'organiser comme il l'entend. Aucune loi ne peut interférer, et aucun juge ne pourrait y mettre son nez. Ta candidature ne viole rien : bien au contraire, elle honore la Constitution, en poussant un peu le champ de la liberté politique. Tout centimètre gagné dans la liberté d'expression est une victoire. Bravo.
Et puis, tu colles un joli bonnet d'âne à ces ignorants, sectaires au point d'en devenir oublieux. Comment vont-ils faire demain, après leur cris de pucelles laïques effarouchées, quand ils vont côtoyer au parlement européen tous les partis politiques « démocrates-chrétiens ». La démocratie chrétienne italienne, c'est trente ans d'histoire, et la France n'avait pas rompu ses relations diplomatiques, me semble-t-il. De plus, horreur absolue, il existe en France, tiens toi bien, un Parti Chrétien Démocrate, un Mouvement Démocrate Chrétien et un Parti Républicain Chrétien : il faut envisager d'urgence leur dissolution. Et je ne te parle pas des estivales messes de Chirac à Bormes-les-Mimosas, en cortège officiel depuis le château de Brégançon. Enfin, je te livre, depuis le site de l'Assemblée Nationale, cette page au nom de « L'Abbé Pierre, Député ». Encore un coup du NPA !
Non, ta candidature est d'autant plus légitime que tu es une militante du NPA, assumant des responsabilités dans ton parti. Loin du casting qui prévaut à la constitution des listes des grands partis. En Rhône Alpes, notre héros local, fer de lance de la nouvelle SFIO, Queyranne Jean-Jacques, a placé en position éligible un ancien patineur artistique. Très honorable, sans doute, mais comme contenu politique, c'est un peu court.
De toute façon, ne te trompe pas. Ce qui ne leur plait pas, c'est justement que tu ne rentres pas dans le moule qu'ils avaient préparé pour toi. Une femme musulmane qui porte le voile est nécessairement une bigote effarouchée, soumise au grand frère, incapable de penser par elle-même. Alors que tu aies tes idées, et que tu t'avances dans un combat politique minoritaire, ça, ce n'est pas prévu par le scénario. Merci de rester soumise aux idées toute faites, ça nous simplifierait la vie.
Le plus drôle, dans toute cette histoire, c'est la manière dont ils s'accrochent à l'ornement vestimentaire. Ce que tu penses, ce que tu dis, ce que tu fais, peu importe. Demain, une autre dirait la même chose, sans le foulard, tout irait bien. Le bonnet phrygien de Marianne est génial, mais le voile noué en bonnet d'Ilham est atroce. C'est l'apparence qui coince, alors que tu te présentes aux élections pour débattre publiquement. Et puis, dénier ton droit d'être candidat, c'est grave, et parfaitement idiot, car ta candidature est l'occasion de dépasser le symbolique, pour affronter les idées, dans le libre débat démocratique. C'est une mentalité de vilains censeurs, perdus devant une liberté qu'ils rêvent de contrôler.
Bonne chance, Ilham.
par Gilles Devers, avocat lyonnais qui a accepté de porter mandat pour crimes de guerre contre les dirigeants israéliens devant la Cour Internationale de Justice, et qui s'exprime ici sur la polémique autour de la candidature d'hilam sur la liste du NPA.
Ma chère Ilham,
je ne voterai pas pour toi. Parce que je n'ai pas la chance d'habiter dans le Vaucluse, et parce que le NPA, ce n'est pas ma tasse de thé, même si j'y compte de vrais amis . Je ne suis pas d'accord du tout avec votre positionnement, protestataire à perpétuité. Il y a dans le programme du NPA des principes économiques et sociaux que j'estime indéfendables, et qui seraient dangereux si le NPA n'avait pas fait le choix de se protéger dans la posture d'une opposition puriste. C'est la magie du verbe et l'incapacité de faire quoi que ce soit, avec comme illustration votre inaction face à la privatisation de la Poste.
Mais, tu me trouveras aussi tous les défauts quand je te dirais que je suis un social démocrate réformiste, persuadé que le monde c'est le marché, et que la responsabilité politique, c'est de s'organiser avec méthode pour en amender les excès et créer, dans la vraie vie, de la solidarité.
Je ne suis donc pas prêt de voter pour toi ou tes petits camarades, mais je veux te dire très tranquillement que je trouve ta candidature incontestable, et je reste halluciné par les éructations de la politic family.
Ces bavards impénitents bafouent la Constitution, en invoquant des règles nées de leurs fantasmes déprimés. Ce qui est en cause, c'est l'article 4 : « Les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement ». Donc, le NPA, comme tous les partis, est libre de s'organiser comme il l'entend. Aucune loi ne peut interférer, et aucun juge ne pourrait y mettre son nez. Ta candidature ne viole rien : bien au contraire, elle honore la Constitution, en poussant un peu le champ de la liberté politique. Tout centimètre gagné dans la liberté d'expression est une victoire. Bravo.
Et puis, tu colles un joli bonnet d'âne à ces ignorants, sectaires au point d'en devenir oublieux. Comment vont-ils faire demain, après leur cris de pucelles laïques effarouchées, quand ils vont côtoyer au parlement européen tous les partis politiques « démocrates-chrétiens ». La démocratie chrétienne italienne, c'est trente ans d'histoire, et la France n'avait pas rompu ses relations diplomatiques, me semble-t-il. De plus, horreur absolue, il existe en France, tiens toi bien, un Parti Chrétien Démocrate, un Mouvement Démocrate Chrétien et un Parti Républicain Chrétien : il faut envisager d'urgence leur dissolution. Et je ne te parle pas des estivales messes de Chirac à Bormes-les-Mimosas, en cortège officiel depuis le château de Brégançon. Enfin, je te livre, depuis le site de l'Assemblée Nationale, cette page au nom de « L'Abbé Pierre, Député ». Encore un coup du NPA !
Non, ta candidature est d'autant plus légitime que tu es une militante du NPA, assumant des responsabilités dans ton parti. Loin du casting qui prévaut à la constitution des listes des grands partis. En Rhône Alpes, notre héros local, fer de lance de la nouvelle SFIO, Queyranne Jean-Jacques, a placé en position éligible un ancien patineur artistique. Très honorable, sans doute, mais comme contenu politique, c'est un peu court.
De toute façon, ne te trompe pas. Ce qui ne leur plait pas, c'est justement que tu ne rentres pas dans le moule qu'ils avaient préparé pour toi. Une femme musulmane qui porte le voile est nécessairement une bigote effarouchée, soumise au grand frère, incapable de penser par elle-même. Alors que tu aies tes idées, et que tu t'avances dans un combat politique minoritaire, ça, ce n'est pas prévu par le scénario. Merci de rester soumise aux idées toute faites, ça nous simplifierait la vie.
Le plus drôle, dans toute cette histoire, c'est la manière dont ils s'accrochent à l'ornement vestimentaire. Ce que tu penses, ce que tu dis, ce que tu fais, peu importe. Demain, une autre dirait la même chose, sans le foulard, tout irait bien. Le bonnet phrygien de Marianne est génial, mais le voile noué en bonnet d'Ilham est atroce. C'est l'apparence qui coince, alors que tu te présentes aux élections pour débattre publiquement. Et puis, dénier ton droit d'être candidat, c'est grave, et parfaitement idiot, car ta candidature est l'occasion de dépasser le symbolique, pour affronter les idées, dans le libre débat démocratique. C'est une mentalité de vilains censeurs, perdus devant une liberté qu'ils rêvent de contrôler.
Bonne chance, Ilham.
AVEU DE FAIBLESSE
A la lecture du communiqué écrit par des militants du Mirail suite à une prétendue « agression » survenue sur le campus, on hésite d'abord à répondre. Devant tant de mensonges, on serait tentés de rétablir quelques faits : de dire que les mouvements sociaux arrivent très bien à se casser la gueule tout seuls, que les attaques de squats ou agressions de militants relèvent du pur fantasme...
Et puis on se reprend. On relit ce compte rendu et on se rend compte que le seul affect qui s'en dégage est la peur.
La peur des militants de voir émerger d'autres paroles et d'autres gestes à la fac, la peur d'y perdre le monopole de l'expression politique.
La véritable fonction de ce texte apparaît finalement dans sa conclusion : appeler à l'union pour faire en sorte que plus rien ne déborde.
D'où la nécessité de définir ce qui leur échappe, ce qui fuit hors du cadre militant.
Peu importe qu'il faille pour cela renverser la réalité et se faire passer pour les victimes d'une agression.
Mais ce qui déborde, ce qui fuit, ce n'est pas un groupe isolable. C'est tous ceux qui n'en peuvent plus des blocages sans occupations, des revendications syndicales, des actions où on ne mesure que notre impuissance et du grand manège des A-Gs qui ne tourne que grâce aux dernières réformes.
Dans ces conditions, le réel danger provient de ceux qui défendent les formes de lutte établies.
Faire le constat de cette situation ne suffit plus. Il s'agit de l'assumer et d'explorer les nouvelles possibilités qui s'offrent à nous.
Face aux méthodes de flics employées par les « militants de lutte », qui reviennent à essayer de créer la figure d'un ennemi intérieur contre lequel toutes les unions, même les plus improbables, sont possibles, la force viendra de la multiplicité des initiatives en rupture avec toute forme de gestion.
des « individus difficiles a définir idéologiquement »…
AVEU DE FAIBLESSE
A la lecture du communiqué écrit par des militants du Mirail suite à une prétendue « agression » survenue sur le campus, on hésite d'abord à répondre. Devant tant de mensonges, on serait tentés de rétablir quelques faits : de dire que les mouvements sociaux arrivent très bien à se casser la gueule tout seuls, que les attaques de squats ou agressions de militants relèvent du pur fantasme...
Et puis on se reprend. On relit ce compte rendu et on se rend compte que le seul affect qui s'en dégage est la peur.
La peur des militants de voir émerger d'autres paroles et d'autres gestes à la fac, la peur d'y perdre le monopole de l'expression politique.
La véritable fonction de ce texte apparaît finalement dans sa conclusion : appeler à l'union pour faire en sorte que plus rien ne déborde.
D'où la nécessité de définir ce qui leur échappe, ce qui fuit hors du cadre militant.
Peu importe qu'il faille pour cela renverser la réalité et se faire passer pour les victimes d'une agression.
Mais ce qui déborde, ce qui fuit, ce n'est pas un groupe isolable. C'est tous ceux qui n'en peuvent plus des blocages sans occupations, des revendications syndicales, des actions où on ne mesure que notre impuissance et du grand manège des A-Gs qui ne tourne que grâce aux dernières réformes.
Dans ces conditions, le réel danger provient de ceux qui défendent les formes de lutte établies.
Faire le constat de cette situation ne suffit plus. Il s'agit de l'assumer et d'explorer les nouvelles possibilités qui s'offrent à nous.
Face aux méthodes de flics employées par les « militants de lutte », qui reviennent à essayer de créer la figure d'un ennemi intérieur contre lequel toutes les unions, même les plus improbables, sont possibles, la force viendra de la multiplicité des initiatives en rupture avec toute forme de gestion.
des « individus difficiles a définir idéologiquement »…
Turquie : Solidarité avec la résistance des ouvriers de Tekel contre le gouvernement et les syndicats !
Nous reproduisons ci-dessous le compte-rendu de la grève des ouvriers du tabac de Tekel, publié par la section du CCI en Turquie, et dont la presse ailleurs n'a pas soufflé mot, instaurant un véritable black-out.
Le 14 décembre 2009, des milliers d'ouvriers des entreprises de Tekel 1 de douzaines de villes en Turquie ont quitté leurs maisons et leurs familles pour monter sur Ankara. Ces ouvriers ont fait ce voyage pour lutter contre les horribles conditions auxquelles les contraint l'ordre capitaliste. Cette lutte exemplaire qui dure depuis près de deux mois à présent est portée par l'idée d'une grève permettant à tous les ouvriers d'y participer. Ce faisant, les ouvriers de Tekel ont commencé à mettre en œuvre et à être porteur d'un mouvement pour l'ensemble de la classe ouvrière dans tout le pays. Ce dont nous essayons de rendre compte ici est l'histoire de ce qui s'est passé dans cette lutte. On ne doit pas oublier que ce compte-rendu ne concerne pas les seuls ouvriers de Tekel mais les ouvriers du monde entier. Nous remercions chaleureusement les ouvriers de Tekel pour avoir rendu possible l'écriture de cet article en poussant les luttes de notre classe en avant et en nous expliquant ce qui s'y passait.
Les ouvriers de Tekel sont entrés en lutte contre la « politique du 4-C » de l'Etat turc. Ce dernier a placé des milliers d'ouvriers en plus de ceux de Tekel sous les conditions de travail du « 4-C ». Ces conditions sont celles qui attendent déjà des centaines de milliers d‘ouvriers, ceux du secteur du sucre en étant les prochaines victimes. A côté de cela, de nombreux secteurs de la classe ouvrière ont fait l'expérience d'attaques similaires sous d'autres appellations. Qu'est donc que ce « 4-C » ? Il s'agit de fait d'une pratique de « protection » mise en avant par l'Etat turc lorsque le nombre d'ouvriers qui ont perdu leur travail à cause des privatisations a augmenté. Cela implique d'abord, avec une sérieuse baisse de salaire, que les ouvriers du secteur public soient mutés dans différents autres endroits et secteurs de l'Etat dans les pires conditions. La pire d'entre elles introduite par le « 4-C » est qu'elle donne à l'Etat-patron un pouvoir absolu sur les ouvriers. Ainsi, le salaire, qui est fixé par l'Etat et qui est déjà massivement réduit, est simplement un prix maximum. Il peut être réduit arbitrairement par les dirigeants des entreprises d'Etat. De plus, les heures de travail sont complètement dérèglementées et les directeurs d'usine ont arbitrairement le droit de faire travailler les ouvriers aussi longtemps qu'ils veulent, jusqu'à « la fin de la tâche qui leur est assignée ». En retour, les ouvriers ne touchent rien pour ce travail supplémentaire. Avec cette politique, les patrons ont le pouvoir de virer les ouvriers arbitrairement, sans qu'il y ait une quelconque compensation salariale. La période où les ouvriers peuvent travailler varie de trois à dix mois par an, rien ne leur étant payé durant les mois où ils ne travaillent pas, la durée de travail étant une fois encore arbitrairement décidée par les patrons. Malgré cela, il est interdit aux salariés de trouver un deuxième travail pendant les périodes où ils ne travaillent pas. Les remboursements de sécurité sociale n'existent plus pour eux et toute assurance médicale leur est supprimée. Les privatisations, tout comme la politique du « 4-C », ont commencé depuis longtemps. Dans les entreprises de Tekel, seuls les départements de l'alcool et de la cigarette étaient privatisés, et ce processus a conduit les usines de tabac à fermer. Nous pensons qu'il est clair que le problème n'est pas seulement celui des privatisations. Il est évident qu'aussi bien le capital privé que l'Etat veulent surexploiter les ouvriers en les soumettant aux pires conditions d'exploitation et qu'ils joignent leurs forces dans cette attaque. En ce sens, on peut dire que le combat des ouvriers de Tekel est né des intérêts de classe de tous et est l'expression de la lutte contre l'ordre capitaliste tout entier.
Il faut encore expliquer la situation du mouvement de la classe ouvrière en Turquie dans la période où les ouvriers de Tekel ont déclenché leur lutte. Le 25 novembre 2009, une journée de grève était organisée par le KESK, le DISK et le Kamu-Sen 2. La semaine où les ouvriers de Tekel se sont rendus à Ankara, deux autres luttes ouvrières étaient en cours. La première était des manifestations de pompiers qui devaient perdre leur emploi début 2010, la seconde était une journée de grève des cheminots contre le licenciement de certains collègues pour leur participation à la grève du 25 novembre. La police anti-émeutes, devant la montée des luttes, attaqua brutalement les pompiers et les cheminots. Les ouvriers de Tekel ne furent pas traités de façon différente. Jusqu'à 50 cheminots ont perdu leur emploi pour avoir participé à la grève. Plusieurs ouvriers ont été arrêtés et placés en garde à vue. Les pompiers allaient mettre du temps avant de se remettre de ces attaques, et malheureusement les cheminots ne l'ont pas encore fait. Ce qui a poussé ceux de Tekel aux avant-postes de la lutte en décembre est le fait qu'ils se sont organisés pour se défendre contre les mesures répressives de l'Etat et qu'ils ont su garder leur lutte vivante et active.
Comment la lutte de Tekel commença-t-elle ? Il y avait déjà une forte minorité qui voulait se battre, dès le 5 décembre, lors d'une cérémonie présidée par Tayyip Erdogan 3. Les ouvriers de Tekel, avec leurs familles, apostrophèrent à l'improviste Erdogan pour lui demander ce qui allait leur arriver. Ils interrompirent son discours en disant : « Les ouvriers de Tekel attendent que vous leur donniez de bonnes nouvelles par rapport à nos revendications » Erdogan répondit : « Il y a malheureusement une espèce d'individus qui s'est répandue en Turquie. Ce sont des fainéants qui veulent gagner de l'argent sans faire aucun travail, en se prélassant. L'ère où l'on gagnait de l'argent en se la coulant douce est terminée (…) Ils pensent que l'Etat est une vache à lait inépuisable et que quiconque n'en profite pas n'est qu'un porc. Voici comment ils posent le problème. Nous ne tolérerons plus cette mentalité et ce genre de situation. Si vous n'êtes pas d'accord pour accepter les règles du 4-C, vous êtes libres de créer vos propres entreprises. Nous avons dit cela aussi. Nous avons eu un accord avec vos syndicats. Je leur avais parlé et je leur avais dit : ‘Vous avez du temps. Mais faîtes ce qui est nécessaire pour faire adopter notre point de vue.' Comme nous avons eu leur accord, eh bien là, le processus de négociation s'est terminé et nous avons laissé passer encore un ou deux ans. Mais certains sont encore ici pour dire des choses comme nous voulons garder notre travail et continuer comme avant, nous voulons garder les mêmes droits. Non, nous avons déjà négocié ces choses-là. 10 000 ouvriers de Tekel nous coûtent quarante milliards par mois. » 4 Erdogan n'avait pas idée des ennuis qu'il allait s'attirer. Les ouvriers, qui, pour la plupart avaient soutenu le gouvernement auparavant, étaient à présent en colère. La question de comment lancer une lutte était discutée sur les lieux de travail. Un ouvrier d'Adiyaman 5 explique le processus dans un article qu'il a écrit, publié par un journal gauchiste : « Ce processus a stimulé les collègues ouvriers (…) Ils ont commencé à voir le vrai visage du Parti de la Justice et du Développement (AKP) à cause des mots d'insultes prononcées par le Premier ministre. La première chose qu'ils firent a été de cesser d'être membre du parti. Dans les discussions qui démarraient sur les lieux de travail, nous avons décidé de protéger notre travail tous ensemble. » 6 Le syndicat 7 avec lequel Erdogan disait avoir passé un accord, et qui n'avait fait aucune action sérieuse pour les défendre, appela à un rassemblement à Ankara. En conséquence, les ouvriers prirent la route vers la capitale.
Les forces d'Etat avaient préparé une attaque sournoise contre les ouvriers dès le début. La police anti-émeutes arrêta les bus qui transportaient les ouvriers, déclarant qu'elle ne pouvait laisser passer les ouvriers des villes kurdes où les usines Tekel sont concentrées, mais que ceux des régions de l'Ouest, de la Méditerranée, du Centre anatolien et de la mer Noire pouvaient passer. Cela avait pour but de dresser les ouvriers kurdes et les autres les uns contre les autres, et donc de diviser le mouvement sur des bases ethniques. Cette manœuvre déchira en réalité deux masques de l'Etat : celui de l'unité et de l'harmonie et celui de la réforme kurde 8. Mais les ouvriers de Tekel ne sont pas tombés dans ce piège de la police. Les ouvriers de Tokat en tête 9, ceux venant d'en-dehors des villes kurdes protestèrent contre cette position de la police, et insistèrent avec détermination pour que tous entrent dans la ville ensemble et que pas un ne reste derrière. La police ne sachant pas quelle position le gouvernement risquait finalement d'adopter, finit par permettre aux ouvriers d'entrer en ville. Cet incident a fait en sorte que des ouvriers de différentes villes, différentes régions et ethnies tissent des liens profonds sur un terrain de classe.
Le 15 décembre, les ouvriers de Tekel ont démarré leur manifestation de protestation en face du quartier général du Parti de la Justice et du Développement à Ankara. L'un d'entre eux présent ce jour-là explique : « Nous avons marché sur le quartier général du Parti de la Justice et du Développement. Nous avons allumé un feu le soir et attendu en face de l'immeuble jusqu'à 22 h. Quand il se mit à faire trop froid, nous sommes allés au gymnase Atatürk. Nous étions 5000. Nous avons sorti nos tapis et des cartons pour y passer la nuit. Au matin, la police nous a repoussés vers le parc Abdi Ipekçi et nous a encerclés. Certains de nos camarades ont marché à nouveau vers le bâtiment du parti. Alors que nous attendions dans le parc, nous voulions aller à la rencontre de nos camarades et ceux qui étaient face à l'immeuble désiraient nous rejoindre : la police nous attaqua avec des tirs de gaz lacrymogène. Nous avions marché quatre heures. Nous avons passé la nuit dans le parc, sous la pluie. » 10 L'attaque la plus brutale de la police eut lieu le 17 décembre. Celle-ci, agissant évidemment sur ordre et peut-être afin de cacher le fait qu'elle n'avait pas pu empêcher les ouvriers kurdes d'entrer en ville, attaqua les ouvriers à l'intérieur du parc avec une grande violence et une véritable haine. Le but était de disperser les ouvriers. Cette fois-ci encore, il y avait quelque chose que les forces de l'ordre n'avaient pas prévu : la capacité des ouvriers à s'auto-organiser. Ces derniers, dispersés par la police, s'organisèrent sans l'aide d'aucun bureaucrate syndical et se réunirent dans une manifestation massive face au siège du Türk-Is 11 l'après-midi. Le même jour, n'ayant pas d'endroit où rester, ils occupèrent deux étages du bâtiment. Les jours suivants le 17 décembre, des manifestations eurent lieu dans la petite rue en face du siège du syndicat Türk-Is, au centre d'Ankara.
La lutte entre les ouvriers de Tekel et les syndicats du Türk-Is a marqué les jours suivants cette date jusqu'au Nouvel An. De fait, même au début de la grève, les ouvriers n'avaient pas confiance dans les dirigeants syndicaux. De chaque ville, ils avaient envoyé dans toutes les négociations deux ouvriers avec les syndicalistes. Le but était de faire en sorte que tous soient informés de ce qui se passait réellement. A la fois Tek Gida-Is et Türk-Is, ainsi que le gouvernement, attendaient que les grévistes renoncent au bout de quelques jours face à la fois au froid glacial de l'hiver d'Ankara, à la répression policière et aux difficultés matérielles. Évidemment, les portes de l'immeuble du Türk-Is furent immédiatement fermées un court moment pour empêcher les ouvriers d'y pénétrer. Contre cela, ces derniers réclamèrent avec succès que les femmes puissent se reposer dans l'immeuble et utiliser ses toilettes. Les ouvriers n'avaient pas l'intention de repartir. Un sérieux soutien leur fut apporté par la classe ouvrière d'Ankara et surtout par des étudiants des couches prolétariennes devant les difficultés matérielles. Une partie peut-être réduite mais néanmoins significative de la classe ouvrière d'Ankara se mobilisa pour accueillir les ouvriers chez eux. Au lieu de renoncer et de repartir, les ouvriers de Tekel se rassemblèrent chaque jour dans la petite rue en face de l'immeuble du Türk-Is, et commencèrent à discuter de comment faire avancer leur lutte. Il ne fallut pas longtemps pour réaliser que la seule solution pour dépasser leur isolement était d'étendre leur lutte au reste de la classe ouvrière.
Dans ce contexte, les ouvriers combatifs de toutes les villes qui avaient vu que le Tek Gida-Is et le Türk-Is ne faisaient rien pour eux essayèrent d'établir un comité de grève avec pour but principal de transmettre leurs revendications aux syndicats. Parmi ces revendications se trouvait la mise sur pied d'une grande tente pour les grévistes afin de célébrer collectivement le Nouvel An, ainsi que l'organisation d'une manifestation devant l'immeuble du Türk-Is. L'exécutif des syndicats s'opposa à cette initiative. Leur argument était qu'après tout, quel besoin avaient-ils des syndicats si les ouvriers se portaient en avant et prenaient le contrôle de leur lutte dans leurs propres mains ?! Cette attitude contenait derrière une menace à peine voilée : les ouvriers qui étaient déjà seuls craignaient d'être encore plus isolés si les syndicats leur retiraient leur soutien. Le comité de grève fut donc supprimé. A présent se posait la question de la volonté des ouvriers de conserver le contrôle de la lutte. Rapidement, ils s'efforcèrent de former des liens avec les ouvriers des usines du sucre qui se heurtaient déjà aux mêmes conditions du 4-C et allèrent vers les ouvriers des environs et dans les universités où ils étaient invités à expliquer leur lutte. En même temps, ils continuaient leur lutte contre la direction du Türk-Is qui n'était en aucune façon derrière eux. Le jour où le comité exécutif du syndicat se réunit, les ouvriers forcèrent les portes du quartier général syndical. La police anti-émeute fut mobilisée pour protéger le président du syndicat Mustafa Kumlu face aux ouvriers. Ceux-ci criaient des mots d'ordre comme : « Nous liquiderons qui nous trahit », « Le Türk-Is à votre devoir, vers la grève générale », « Kumlu, démission ». Kumlu n'osa pas se montrer jusqu'à ce qu'il ait annoncé une série d'actions, y compris lancer des appels à la grève et accepter les manifestations hebdomadaires face au bâtiment du syndicat. Il avait peur pour sa vie. Même après cette déclaration de Kumlu, les ouvriers ne le croyaient toujours pas. Un ouvrier de Tekel venant de Diyarbakir 12 déclara dans une interview : « Nous ne suivrons aucune décision prise par la direction syndicale pour arrêter la grève et nous faire repartir. Et si une décision d'arrêter la grève sans rien gagner est prise comme l'an dernier, nous pensons à saccager l'immeuble du Türk-Is et à y mettre le feu » 13. Il exprimait le sentiment de nombreux autres ouvriers de Tekel. Le Türk-Is revint sur son plan d'action lorsque la première grève d'une heure connut un taux de participation de 30% pour tous les syndicats. Les leaders syndicaux furent tout autant terrifiés que le gouvernement lui-même à l'idée de voir la lutte se généraliser. Après la chaleureuse manifestation du Nouvel An devant l'immeuble du Türk-Is, un vote à bulletins secrets fut organisé parmi les ouvriers pour décider s'ils continuaient ou retournaient chez eux. 99% votèrent pour la poursuite de la grève. Dans le même temps, un nouveau plan d'action, suggéré par le syndicat, commença à être mis en discussion : après le 15 janvier, il devait y avoir un sit-in de trois jours, suivi par une grève de la faim de trois jours et un jeûne complet de trois jours. Une manifestation avec une participation massive devait également avoir lieu, comme l'administration du Türk-Is le promettait. Les ouvriers pensaient au départ qu'une grève de la faim était une bonne idée. Étant déjà isolés, ils ne voulaient pas être oubliés et ignorés et pensaient qu'une grève de la faim pouvait éviter cela. Ils pensaient être embourbés face au Türk-Is et ressentaient le besoin de faire quelque chose. Une grève de la faim pouvait agir comme intimidation aussi pour le syndicat, pensaient-ils.
Un des textes les plus significatifs écrits par les ouvriers de Tekel a été publié ces jours-là. Il s'agit d'une lettre écrite par un ouvrier de Batman 14 aux ouvriers des usines de sucre : « A nos sœurs et frères ouvriers honorables et travailleurs de l'usine de sucre. Aujourd'hui, la lutte remarquable que les ouvriers de Tekel ont développée est une chance historique pour ceux dont les droits ont été retirés. Pour ne pas rater cette chance, votre participation dans notre lutte nous rendrait plus heureux et plus fort. Mes amis, j'aimerais spécialement indiquer que depuis longtemps les syndicalistes vous promettent l'espoir qu'ils « vont s'occuper de cette affaire ». Cependant, comme nous sommes passés par ce même processus, nous savons bien que ce sont de gens aisés qui n'y ont aucun intérêt vital à défendre. Au contraire, vous êtes ceux auxquels les droits seront enlevés et dont le droit au travail sera retiré. Si vous ne prenez pas part à la lutte aujourd'hui, demain sera trop tard pour vous. Cette lutte ne sera victorieuse que si vous êtes dedans et nous n'avons aucun doute ou manque de confiance en nous-mêmes pour nous en occuper. Parce que nous sommes sûrs que si les ouvriers sont unis et agissent comme un seul corps, il n'y a rien qu'ils ne puissent réussir. Avec ces sentiments, je vous salue avec ma plus profonde confiance et mon plus profond respect au nom de tous les ouvriers de Tekel. » 15 Cette lettre n'appelait pas seulement les ouvriers du sucre à rejoindre la lutte ; elle exprimait aussi très clairement ce qui s'était passé pour ces ouvriers de Tekel. En même temps, elle exprimait la conscience partagée par nombre d'entre eux qu'ils ne se battaient pas que pour eux-mêmes mais pour la classe ouvrière tout entière.
Le 15 janvier, d'autres ouvriers de Tekel vinrent à Ankara pour participer au sit-in. A présent, ils étaient presque 10 000 sur la place Sakarya. Certains membres de leurs familles étaient venus avec eux. Les ouvriers avaient pris des jours de congés maladie et des vacances pour venir à Ankara et la plupart d'entre eux devaient revenir plusieurs fois pour renouveler leurs permis de vacances. Presque tous les ouvriers de Tekel étaient présents 16. Une manifestation avec une large participation fut planifiée pour le samedi 16 janvier. Les forces de l'ordre craignaient cette manifestation car elle pouvait faire naître la généralisation et l'extension massive de la lutte. La possibilité que des ouvriers arrivent le samedi pour la manifestation en passant la nuit et tout le dimanche avec les ouvriers de Tekel pouvait conduire à la construction de liens forts et massifs. Aussi, la police insista pour que la manifestation démarre le dimanche, et le Türk-Is, dans une manœuvre typique, affaiblit un peu plus la manifestation en faisant en sorte que les ouvriers des villes kurdes ne viennent pas. Il avait été aussi calculé que passer deux nuits dans l'hiver glacé d'Ankara, sans bouger en sit-in dans la rue, briserait la résistance et la force des ouvriers. On vit lors de la manifestation du 17 janvier que ce calcul était une sérieuse erreur.
Celle-ci commença dans le calme. Les ouvriers qui se rassemblaient à Ankara et plusieurs groupes politiques commencèrent à 10 h à marcher de la gare vers la place Sihhiye. Dans la manifestation, sous le regard de dizaines de milliers d'ouvriers, d'abord un ouvrier de Tekel, puis un pompier et un ouvrier du sucre prirent la parole sur une estrade. L'explosion de colère n'eut lieu qu'après quand Mustafa Kumlu s'installa à la tribune. Kumlu, qui ne s'est jamais préoccupé de la lutte ni des conditions de vie des ouvriers de Tekel fit un discours complètement modéré, conciliateur et vide. Le Türk-Is avait fait un effort particulier pour garder les ouvriers à distance de l'estrade et avait mis devant les ouvriers métallurgistes, qui n'étaient pas du tout au courant de ce qui se passait devant eux. Mais ceux de Tekel, leur demandant de les laisser passer, s'arrangèrent pour venir directement devant la tribune. Tout au long du discours de Kumlu, ils firent de leur mieux pour l'interrompre avec leurs mots d'ordre. La dernière offense à l'égard des ouvriers fut l'annonce qu'après Kumlu, ce serait Alisan, un chanteur de pop qui n'avait rien à voir avec le mouvement, qui allait donner un concert. Les ouvriers investirent l'estrade, commençant à crier leurs mots d'ordre et malgré le fait que les chefs syndicaux baissaient la sono, les ouvriers qui étaient venus à la manifestation reprirent le micro. Pour cette fois, le syndicat perdit complètement le contrôle. C'était les ouvriers qui l'avaient. Les chefs syndicaux, se ruant sur l'estrade, commencèrent à faire des discours radicaux d'un côté et à essayer de l'autre d'en chasser les ouvriers. Comme cela ne marchait pas, ils essayèrent de les provoquer les uns contre les autres et s'en prirent aux étudiants et aux ouvriers qui venaient les soutenir. Les syndicalistes tentèrent encore de diviser les ouvriers qui étaient à Ankara depuis le début de la lutte de ceux qui étaient arrivés récemment, et ils essayèrent de cibler ceux qui venaient offrir leur aide. A la fin, les chefs syndicaux tentèrent de faire descendre ceux qui occupaient l'estrade, et convainquirent l'ensemble de retourner rapidement devant l'immeuble du Türk-Is. Le fait que les discours concernant les grèves de la faim et les jeûnes complets étaient mis en avant pour faire tomber les mots d'ordre sur la grève générale est, selon nous, intéressant. En aucun cas retourner vers l'immeuble du Türk-Is n'était assez pour éteindre la colère des ouvriers. Des mots d'ordre comme « Grève générale, résistance générale », « Türk-Is ne doit pas abuser de notre patience » et « Nous liquiderons qui nous trahit » étaient à présent criés devant le bâtiment. Quelques heures plus tard, un groupe d'environ 150 ouvriers se mit à casser la barricade dressée par les bureaucrates devant les portes du bâtiment et l'occupèrent. Les ouvriers de Tekel qui cherchaient Mustafa Kumlu dans l'immeuble commencèrent à crier « Ennemi des ouvriers, larbin de l'AKP » lorsqu'ils atteignirent la porte de Kumlu. Après la manifestation du 17 janvier, les efforts pour mettre en place un autre comité de grève resurgirent parmi les ouvriers. Ce comité était constitué d'ouvriers qui ne pensaient pas qu'une grève de la faim était une façon adaptée pour faire avancer la lutte et qu'il fallait au contraire étendre celle-ci. L'effort pour le former était connu de tous les ouvriers et soutenu par une très grande majorité. Ceux qui ne le soutenaient pas activement, n'étaient pas non plus contre. Parmi les tâches assignées au comité, plutôt que de transmettre leurs revendications aux syndicats, l'objectif fut de mettre en œuvre la communication et l'auto-organisation dans les rangs ouvriers. Comme le précédent comité de grève, celui-ci était entièrement composé d'ouvriers et complètement indépendant des syndicats. La même détermination d'auto-organisation permit que des centaines d'ouvriers de Tekel puissent se joindre à la manifestation des employés du secteur de la santé qui était en grève le 19 janvier. Le même jour, alors qu'il avait été permis à seulement une centaine d'ouvriers de participer à une grève de la faim de trois jours, 3000 ouvriers les rejoignirent, malgré le sentiment général parmi les ouvriers que cette grève de la faim n'était pas le moyen le plus approprié pour faire avancer la lutte. La raison qu'ils invoquaient était qu'ils ne voulaient pas laisser leurs camarades faire cette grève de la faim seuls, qu'ils voulaient, par solidarité, s'engager avec eux et partager ce qu'ils allaient traverser.
Bien que les ouvriers de Tekel aient fait des réunions régulières entre eux selon les villes d'où ils venaient, une assemblée générale avec tous les ouvriers participants n'avait pas été possible. Cela étant dit, depuis le 17 décembre, la rue face à l'immeuble du Türk-Is avait pris le caractère d'une assemblée générale informelle mais régulière. La place Sakkarya, ces jours-là, était pleine de centaines d'ouvriers de différentes villes, discutant comment développer la lutte, comment l'étendre, quoi faire. Une autre caractéristique importante de la lutte fut comment les ouvriers des différentes régions ethniques réussirent à s'unir contre l'ordre capitaliste malgré les provocations du régime. Le mot d'ordre « Ouvriers kurdes et turcs tous ensemble », lancé dès les premiers jours de la lutte, l'a exprimé très clairement. Dans la lutte de Tekel, de nombreux ouvriers de la région de la mer Noire dansèrent le Semame, et de nombreux kurdes firent la danse d'Horon pour la première fois de leur vie. 17 Un autre aspect significatif de l'approche des ouvriers de Tekel a été l'importance qu'ils donnèrent à l'extension de la lutte et à la solidarité ouvrière, et cela non pas sur la base étroite du nationalisme mais sur celle incluant le soutien mutuel et la solidarité des ouvriers du monde entier. Aussi, les ouvriers de Tekel évitèrent que des factions de la classe dominante dans l'opposition se servent de la lutte pour leurs propres buts car ils n'avaient aucune confiance en elles. Ils furent attentifs à comment le Parti Républicain du Peuple 18 (CHP, Cumhuriyet Halk Partisi) attaquait les ouvriers qui étaient licenciés de Kent AS 19, comment le Parti du Mouvement Nationaliste 20 (MHP, Milliyetçi Hareket Partisi) a joué son rôle dans l'aggravation de la politique étatique et anti-ouvrière. Un ouvrier a exprimé cette conscience très clairement : « Nous avons compris ce que nous sommes tous. Ceux qui ont voté pour la loi de privatisation nous disent aujourd'hui comment ils comprennent notre situation. Jusqu'ici, j'ai toujours voté pour le Parti du Mouvement Nationaliste. Ce n'est que dans cette lutte que j'ai rencontré des révolutionnaires. Je suis dans cette lutte parce que je suis un ouvrier. Les révolutionnaires sont toujours avec nous. Le Parti du Mouvement Nationaliste et le Parti Républicain du Peuple font cinq minutes de discours ici et puis s'en vont. Ils y en avaient parmi nous qui les chérissaient lorsqu'ils sont venus ici. A présent, la situation n'est plus la même. » 21 L'exemple le plus frappant de cette conscience s'est vu lorsque les ouvriers de Tekel ont empêché de parler des fascistes de l'Alperen Ocakları 22, la même organisation qui avait attaqué les ouvriers de Kent AS qui manifestaient dans le Parc Abdi Ipekçi parce qu'ils étaient Kurdes. La lutte de ceux de Tekel a également constitué un important soutien aux pompiers qui avaient été brutalement attaqués après leur première manifestation en leur redonnant le moral pour reprendre la lutte. De façon générale, les ouvriers de Tekel ont donné l'espoir non seulement aux pompiers mais à tous les secteurs de la classe ouvrière en Turquie qui veulent entrer en lutte. Ils ont fait en sorte de permettre à tous les ouvriers de participer à la grève. C'est pourquoi aujourd'hui, ils se tiennent fièrement à l'avant-garde de la classe ouvrière en Turquie. Ils ont permis aux ouvriers de Turquie de sortir du sommeil où ils étaient depuis des années en les faisant rejoindre les luttes ouvrières du monde entier. Ils représentent les graines de la grève de masse, comme celles qu'on a vu secouer le monde ces dernières années de l'Egypte à la Grèce, du Bangladesh à l'Espagne, de l'Angleterre à la Chine.
Cette lutte est toujours en cours, et nous pensons qu'il n'est pas encore temps d'en tirer toutes les leçons. Avec l'idée d'une grève de la faim et d'un jeûne total poussée en avant d'un côté, et de l'autre celle d'un comité de grève mis en œuvre par les ouvriers qui ne trouvent pas adaptée la grève de la faim pour la lutte et veulent au contraire l'étendre, avec les bureaucrates du Türk-Is qui font partie de l'Etat d'un côté et de l'autre les ouvriers qui veulent une grève générale, il est difficile de prévoir ce qui attend cette lutte, où elle ira, quels résultats elle obtiendra. Ceci étant dit, nous devons mettre l'accent sur le fait que, quelle qu'en soit l'issue, l'attitude remarquable des ouvriers de Tekel laissera des leçons inestimables pour toute la classe ouvrière.
Gerdûn - Courant Communiste International - www.internationalism.org
1 Tekel est la compagnie qui a eu le monopole d'Etat de toutes les entreprises de production d'alcool et de tabac.
2 Respectivement, la Confédération de Gauche des Syndicats des Ouvriers du Secteur Public, la Confédération des Syndicats Ouvriers Révolutionnaires, et la plus importante, la Confédération des Syndicats des Employés du Public, connu pour ses sympathies pro-fascistes.
3 Premier ministre, également dirigeant du Parti de la Justice et du Développement ou AKP (AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi).
4 http://www.cnnturk.com/2009/turkiye...
5 Ville du Kurdistan turc.
6 http://www.evrensel.net/haber.php?h...
7 Tek Gıda-İş, Syndicat des Ouvriers de l'Alimentaire, de l'Alcool et du Tabac, membre de la centrale syndicale Türk-İş.
8 La "réforme kurde" est une tentative de l'Etat turc de trouver une solution au problème posé par la guérilla kurde dans l'Est du pays, en assouplissant les lois anti-kurde (par exemple en levant les interdictions contre l'utilisation de la langue kurde). Cette "réforme" a récemment pris du plomb dans l'aile avec l'interdiction en décembre 2009 du parti kurde DTP (voir aussi l'article sur notre site en anglais : http://en.internationalism.org/icco...).
9 Région connue traditionnellement pour son nationalisme et son soutien au parti au pouvoir.
10 http://www.evrensel.net/haber.php?h...
11 Confédération des syndicats turcs, la plus ancienne et la plus grande confédération de syndicats en Turquie qui a une histoire tout à fait infâme, ayant été formée sous l'influence des Etats-Unis dans les années 1950 d'après le modèle de l'AFL-CIO, et saboteur depuis des luttes ouvrières.
12 Connue pour être la capitale non-officielle du Kurdistan, Diyarbakır est une métropole du Kurdistan turc.
13 http://www.kizilbayrak.net/sinif-ha...
14 Ville du Kurdistan turc.
15 http://tr.internationalism.org/ekao...
16 Environ 9000 sur les 10 000 de l'entreprise.
17 Le Şemame est une danse kurde très connue, et le Horon une autre également très connue de la région de la mer Noire de Turquie.
18 Le parti nationaliste de gauche, kémaliste, sécuritaire, membre de l'Internationale socialiste, extrêmement chauvin.
19 Les ouvriers de la municipalité d'İzmir, une métropole de la côte de la mer Egée. Ces ouvriers ont été licenciés par le Parti Républicain du Peuple qui contrôlait la municipalité où ils travaillaient et ensuite brutalement attaquées par la police alors qu'ils manifestaient contre le dirigeant du parti.
20 Le principal parti fasciste.
21 http://www.kizilbayrak.net/sinif-ha...
22 Gang meurtrier lié au Grand Parti d'Union (BBP, Büyük Birlik Partisi), une scission fasciste radicale du Parti du Mouvement Nationaliste.
Turquie : Solidarité avec la résistance des ouvriers de Tekel contre le gouvernement et les syndicats !
Nous reproduisons ci-dessous le compte-rendu de la grève des ouvriers du tabac de Tekel, publié par la section du CCI en Turquie, et dont la presse ailleurs n'a pas soufflé mot, instaurant un véritable black-out.
Le 14 décembre 2009, des milliers d'ouvriers des entreprises de Tekel 1 de douzaines de villes en Turquie ont quitté leurs maisons et leurs familles pour monter sur Ankara. Ces ouvriers ont fait ce voyage pour lutter contre les horribles conditions auxquelles les contraint l'ordre capitaliste. Cette lutte exemplaire qui dure depuis près de deux mois à présent est portée par l'idée d'une grève permettant à tous les ouvriers d'y participer. Ce faisant, les ouvriers de Tekel ont commencé à mettre en œuvre et à être porteur d'un mouvement pour l'ensemble de la classe ouvrière dans tout le pays. Ce dont nous essayons de rendre compte ici est l'histoire de ce qui s'est passé dans cette lutte. On ne doit pas oublier que ce compte-rendu ne concerne pas les seuls ouvriers de Tekel mais les ouvriers du monde entier. Nous remercions chaleureusement les ouvriers de Tekel pour avoir rendu possible l'écriture de cet article en poussant les luttes de notre classe en avant et en nous expliquant ce qui s'y passait.
Les ouvriers de Tekel sont entrés en lutte contre la « politique du 4-C » de l'Etat turc. Ce dernier a placé des milliers d'ouvriers en plus de ceux de Tekel sous les conditions de travail du « 4-C ». Ces conditions sont celles qui attendent déjà des centaines de milliers d‘ouvriers, ceux du secteur du sucre en étant les prochaines victimes. A côté de cela, de nombreux secteurs de la classe ouvrière ont fait l'expérience d'attaques similaires sous d'autres appellations. Qu'est donc que ce « 4-C » ? Il s'agit de fait d'une pratique de « protection » mise en avant par l'Etat turc lorsque le nombre d'ouvriers qui ont perdu leur travail à cause des privatisations a augmenté. Cela implique d'abord, avec une sérieuse baisse de salaire, que les ouvriers du secteur public soient mutés dans différents autres endroits et secteurs de l'Etat dans les pires conditions. La pire d'entre elles introduite par le « 4-C » est qu'elle donne à l'Etat-patron un pouvoir absolu sur les ouvriers. Ainsi, le salaire, qui est fixé par l'Etat et qui est déjà massivement réduit, est simplement un prix maximum. Il peut être réduit arbitrairement par les dirigeants des entreprises d'Etat. De plus, les heures de travail sont complètement dérèglementées et les directeurs d'usine ont arbitrairement le droit de faire travailler les ouvriers aussi longtemps qu'ils veulent, jusqu'à « la fin de la tâche qui leur est assignée ». En retour, les ouvriers ne touchent rien pour ce travail supplémentaire. Avec cette politique, les patrons ont le pouvoir de virer les ouvriers arbitrairement, sans qu'il y ait une quelconque compensation salariale. La période où les ouvriers peuvent travailler varie de trois à dix mois par an, rien ne leur étant payé durant les mois où ils ne travaillent pas, la durée de travail étant une fois encore arbitrairement décidée par les patrons. Malgré cela, il est interdit aux salariés de trouver un deuxième travail pendant les périodes où ils ne travaillent pas. Les remboursements de sécurité sociale n'existent plus pour eux et toute assurance médicale leur est supprimée. Les privatisations, tout comme la politique du « 4-C », ont commencé depuis longtemps. Dans les entreprises de Tekel, seuls les départements de l'alcool et de la cigarette étaient privatisés, et ce processus a conduit les usines de tabac à fermer. Nous pensons qu'il est clair que le problème n'est pas seulement celui des privatisations. Il est évident qu'aussi bien le capital privé que l'Etat veulent surexploiter les ouvriers en les soumettant aux pires conditions d'exploitation et qu'ils joignent leurs forces dans cette attaque. En ce sens, on peut dire que le combat des ouvriers de Tekel est né des intérêts de classe de tous et est l'expression de la lutte contre l'ordre capitaliste tout entier.
Il faut encore expliquer la situation du mouvement de la classe ouvrière en Turquie dans la période où les ouvriers de Tekel ont déclenché leur lutte. Le 25 novembre 2009, une journée de grève était organisée par le KESK, le DISK et le Kamu-Sen 2. La semaine où les ouvriers de Tekel se sont rendus à Ankara, deux autres luttes ouvrières étaient en cours. La première était des manifestations de pompiers qui devaient perdre leur emploi début 2010, la seconde était une journée de grève des cheminots contre le licenciement de certains collègues pour leur participation à la grève du 25 novembre. La police anti-émeutes, devant la montée des luttes, attaqua brutalement les pompiers et les cheminots. Les ouvriers de Tekel ne furent pas traités de façon différente. Jusqu'à 50 cheminots ont perdu leur emploi pour avoir participé à la grève. Plusieurs ouvriers ont été arrêtés et placés en garde à vue. Les pompiers allaient mettre du temps avant de se remettre de ces attaques, et malheureusement les cheminots ne l'ont pas encore fait. Ce qui a poussé ceux de Tekel aux avant-postes de la lutte en décembre est le fait qu'ils se sont organisés pour se défendre contre les mesures répressives de l'Etat et qu'ils ont su garder leur lutte vivante et active.
Comment la lutte de Tekel commença-t-elle ? Il y avait déjà une forte minorité qui voulait se battre, dès le 5 décembre, lors d'une cérémonie présidée par Tayyip Erdogan 3. Les ouvriers de Tekel, avec leurs familles, apostrophèrent à l'improviste Erdogan pour lui demander ce qui allait leur arriver. Ils interrompirent son discours en disant : « Les ouvriers de Tekel attendent que vous leur donniez de bonnes nouvelles par rapport à nos revendications » Erdogan répondit : « Il y a malheureusement une espèce d'individus qui s'est répandue en Turquie. Ce sont des fainéants qui veulent gagner de l'argent sans faire aucun travail, en se prélassant. L'ère où l'on gagnait de l'argent en se la coulant douce est terminée (…) Ils pensent que l'Etat est une vache à lait inépuisable et que quiconque n'en profite pas n'est qu'un porc. Voici comment ils posent le problème. Nous ne tolérerons plus cette mentalité et ce genre de situation. Si vous n'êtes pas d'accord pour accepter les règles du 4-C, vous êtes libres de créer vos propres entreprises. Nous avons dit cela aussi. Nous avons eu un accord avec vos syndicats. Je leur avais parlé et je leur avais dit : ‘Vous avez du temps. Mais faîtes ce qui est nécessaire pour faire adopter notre point de vue.' Comme nous avons eu leur accord, eh bien là, le processus de négociation s'est terminé et nous avons laissé passer encore un ou deux ans. Mais certains sont encore ici pour dire des choses comme nous voulons garder notre travail et continuer comme avant, nous voulons garder les mêmes droits. Non, nous avons déjà négocié ces choses-là. 10 000 ouvriers de Tekel nous coûtent quarante milliards par mois. » 4 Erdogan n'avait pas idée des ennuis qu'il allait s'attirer. Les ouvriers, qui, pour la plupart avaient soutenu le gouvernement auparavant, étaient à présent en colère. La question de comment lancer une lutte était discutée sur les lieux de travail. Un ouvrier d'Adiyaman 5 explique le processus dans un article qu'il a écrit, publié par un journal gauchiste : « Ce processus a stimulé les collègues ouvriers (…) Ils ont commencé à voir le vrai visage du Parti de la Justice et du Développement (AKP) à cause des mots d'insultes prononcées par le Premier ministre. La première chose qu'ils firent a été de cesser d'être membre du parti. Dans les discussions qui démarraient sur les lieux de travail, nous avons décidé de protéger notre travail tous ensemble. » 6 Le syndicat 7 avec lequel Erdogan disait avoir passé un accord, et qui n'avait fait aucune action sérieuse pour les défendre, appela à un rassemblement à Ankara. En conséquence, les ouvriers prirent la route vers la capitale.
Les forces d'Etat avaient préparé une attaque sournoise contre les ouvriers dès le début. La police anti-émeutes arrêta les bus qui transportaient les ouvriers, déclarant qu'elle ne pouvait laisser passer les ouvriers des villes kurdes où les usines Tekel sont concentrées, mais que ceux des régions de l'Ouest, de la Méditerranée, du Centre anatolien et de la mer Noire pouvaient passer. Cela avait pour but de dresser les ouvriers kurdes et les autres les uns contre les autres, et donc de diviser le mouvement sur des bases ethniques. Cette manœuvre déchira en réalité deux masques de l'Etat : celui de l'unité et de l'harmonie et celui de la réforme kurde 8. Mais les ouvriers de Tekel ne sont pas tombés dans ce piège de la police. Les ouvriers de Tokat en tête 9, ceux venant d'en-dehors des villes kurdes protestèrent contre cette position de la police, et insistèrent avec détermination pour que tous entrent dans la ville ensemble et que pas un ne reste derrière. La police ne sachant pas quelle position le gouvernement risquait finalement d'adopter, finit par permettre aux ouvriers d'entrer en ville. Cet incident a fait en sorte que des ouvriers de différentes villes, différentes régions et ethnies tissent des liens profonds sur un terrain de classe.
Le 15 décembre, les ouvriers de Tekel ont démarré leur manifestation de protestation en face du quartier général du Parti de la Justice et du Développement à Ankara. L'un d'entre eux présent ce jour-là explique : « Nous avons marché sur le quartier général du Parti de la Justice et du Développement. Nous avons allumé un feu le soir et attendu en face de l'immeuble jusqu'à 22 h. Quand il se mit à faire trop froid, nous sommes allés au gymnase Atatürk. Nous étions 5000. Nous avons sorti nos tapis et des cartons pour y passer la nuit. Au matin, la police nous a repoussés vers le parc Abdi Ipekçi et nous a encerclés. Certains de nos camarades ont marché à nouveau vers le bâtiment du parti. Alors que nous attendions dans le parc, nous voulions aller à la rencontre de nos camarades et ceux qui étaient face à l'immeuble désiraient nous rejoindre : la police nous attaqua avec des tirs de gaz lacrymogène. Nous avions marché quatre heures. Nous avons passé la nuit dans le parc, sous la pluie. » 10 L'attaque la plus brutale de la police eut lieu le 17 décembre. Celle-ci, agissant évidemment sur ordre et peut-être afin de cacher le fait qu'elle n'avait pas pu empêcher les ouvriers kurdes d'entrer en ville, attaqua les ouvriers à l'intérieur du parc avec une grande violence et une véritable haine. Le but était de disperser les ouvriers. Cette fois-ci encore, il y avait quelque chose que les forces de l'ordre n'avaient pas prévu : la capacité des ouvriers à s'auto-organiser. Ces derniers, dispersés par la police, s'organisèrent sans l'aide d'aucun bureaucrate syndical et se réunirent dans une manifestation massive face au siège du Türk-Is 11 l'après-midi. Le même jour, n'ayant pas d'endroit où rester, ils occupèrent deux étages du bâtiment. Les jours suivants le 17 décembre, des manifestations eurent lieu dans la petite rue en face du siège du syndicat Türk-Is, au centre d'Ankara.
La lutte entre les ouvriers de Tekel et les syndicats du Türk-Is a marqué les jours suivants cette date jusqu'au Nouvel An. De fait, même au début de la grève, les ouvriers n'avaient pas confiance dans les dirigeants syndicaux. De chaque ville, ils avaient envoyé dans toutes les négociations deux ouvriers avec les syndicalistes. Le but était de faire en sorte que tous soient informés de ce qui se passait réellement. A la fois Tek Gida-Is et Türk-Is, ainsi que le gouvernement, attendaient que les grévistes renoncent au bout de quelques jours face à la fois au froid glacial de l'hiver d'Ankara, à la répression policière et aux difficultés matérielles. Évidemment, les portes de l'immeuble du Türk-Is furent immédiatement fermées un court moment pour empêcher les ouvriers d'y pénétrer. Contre cela, ces derniers réclamèrent avec succès que les femmes puissent se reposer dans l'immeuble et utiliser ses toilettes. Les ouvriers n'avaient pas l'intention de repartir. Un sérieux soutien leur fut apporté par la classe ouvrière d'Ankara et surtout par des étudiants des couches prolétariennes devant les difficultés matérielles. Une partie peut-être réduite mais néanmoins significative de la classe ouvrière d'Ankara se mobilisa pour accueillir les ouvriers chez eux. Au lieu de renoncer et de repartir, les ouvriers de Tekel se rassemblèrent chaque jour dans la petite rue en face de l'immeuble du Türk-Is, et commencèrent à discuter de comment faire avancer leur lutte. Il ne fallut pas longtemps pour réaliser que la seule solution pour dépasser leur isolement était d'étendre leur lutte au reste de la classe ouvrière.
Dans ce contexte, les ouvriers combatifs de toutes les villes qui avaient vu que le Tek Gida-Is et le Türk-Is ne faisaient rien pour eux essayèrent d'établir un comité de grève avec pour but principal de transmettre leurs revendications aux syndicats. Parmi ces revendications se trouvait la mise sur pied d'une grande tente pour les grévistes afin de célébrer collectivement le Nouvel An, ainsi que l'organisation d'une manifestation devant l'immeuble du Türk-Is. L'exécutif des syndicats s'opposa à cette initiative. Leur argument était qu'après tout, quel besoin avaient-ils des syndicats si les ouvriers se portaient en avant et prenaient le contrôle de leur lutte dans leurs propres mains ?! Cette attitude contenait derrière une menace à peine voilée : les ouvriers qui étaient déjà seuls craignaient d'être encore plus isolés si les syndicats leur retiraient leur soutien. Le comité de grève fut donc supprimé. A présent se posait la question de la volonté des ouvriers de conserver le contrôle de la lutte. Rapidement, ils s'efforcèrent de former des liens avec les ouvriers des usines du sucre qui se heurtaient déjà aux mêmes conditions du 4-C et allèrent vers les ouvriers des environs et dans les universités où ils étaient invités à expliquer leur lutte. En même temps, ils continuaient leur lutte contre la direction du Türk-Is qui n'était en aucune façon derrière eux. Le jour où le comité exécutif du syndicat se réunit, les ouvriers forcèrent les portes du quartier général syndical. La police anti-émeute fut mobilisée pour protéger le président du syndicat Mustafa Kumlu face aux ouvriers. Ceux-ci criaient des mots d'ordre comme : « Nous liquiderons qui nous trahit », « Le Türk-Is à votre devoir, vers la grève générale », « Kumlu, démission ». Kumlu n'osa pas se montrer jusqu'à ce qu'il ait annoncé une série d'actions, y compris lancer des appels à la grève et accepter les manifestations hebdomadaires face au bâtiment du syndicat. Il avait peur pour sa vie. Même après cette déclaration de Kumlu, les ouvriers ne le croyaient toujours pas. Un ouvrier de Tekel venant de Diyarbakir 12 déclara dans une interview : « Nous ne suivrons aucune décision prise par la direction syndicale pour arrêter la grève et nous faire repartir. Et si une décision d'arrêter la grève sans rien gagner est prise comme l'an dernier, nous pensons à saccager l'immeuble du Türk-Is et à y mettre le feu » 13. Il exprimait le sentiment de nombreux autres ouvriers de Tekel. Le Türk-Is revint sur son plan d'action lorsque la première grève d'une heure connut un taux de participation de 30% pour tous les syndicats. Les leaders syndicaux furent tout autant terrifiés que le gouvernement lui-même à l'idée de voir la lutte se généraliser. Après la chaleureuse manifestation du Nouvel An devant l'immeuble du Türk-Is, un vote à bulletins secrets fut organisé parmi les ouvriers pour décider s'ils continuaient ou retournaient chez eux. 99% votèrent pour la poursuite de la grève. Dans le même temps, un nouveau plan d'action, suggéré par le syndicat, commença à être mis en discussion : après le 15 janvier, il devait y avoir un sit-in de trois jours, suivi par une grève de la faim de trois jours et un jeûne complet de trois jours. Une manifestation avec une participation massive devait également avoir lieu, comme l'administration du Türk-Is le promettait. Les ouvriers pensaient au départ qu'une grève de la faim était une bonne idée. Étant déjà isolés, ils ne voulaient pas être oubliés et ignorés et pensaient qu'une grève de la faim pouvait éviter cela. Ils pensaient être embourbés face au Türk-Is et ressentaient le besoin de faire quelque chose. Une grève de la faim pouvait agir comme intimidation aussi pour le syndicat, pensaient-ils.
Un des textes les plus significatifs écrits par les ouvriers de Tekel a été publié ces jours-là. Il s'agit d'une lettre écrite par un ouvrier de Batman 14 aux ouvriers des usines de sucre : « A nos sœurs et frères ouvriers honorables et travailleurs de l'usine de sucre. Aujourd'hui, la lutte remarquable que les ouvriers de Tekel ont développée est une chance historique pour ceux dont les droits ont été retirés. Pour ne pas rater cette chance, votre participation dans notre lutte nous rendrait plus heureux et plus fort. Mes amis, j'aimerais spécialement indiquer que depuis longtemps les syndicalistes vous promettent l'espoir qu'ils « vont s'occuper de cette affaire ». Cependant, comme nous sommes passés par ce même processus, nous savons bien que ce sont de gens aisés qui n'y ont aucun intérêt vital à défendre. Au contraire, vous êtes ceux auxquels les droits seront enlevés et dont le droit au travail sera retiré. Si vous ne prenez pas part à la lutte aujourd'hui, demain sera trop tard pour vous. Cette lutte ne sera victorieuse que si vous êtes dedans et nous n'avons aucun doute ou manque de confiance en nous-mêmes pour nous en occuper. Parce que nous sommes sûrs que si les ouvriers sont unis et agissent comme un seul corps, il n'y a rien qu'ils ne puissent réussir. Avec ces sentiments, je vous salue avec ma plus profonde confiance et mon plus profond respect au nom de tous les ouvriers de Tekel. » 15 Cette lettre n'appelait pas seulement les ouvriers du sucre à rejoindre la lutte ; elle exprimait aussi très clairement ce qui s'était passé pour ces ouvriers de Tekel. En même temps, elle exprimait la conscience partagée par nombre d'entre eux qu'ils ne se battaient pas que pour eux-mêmes mais pour la classe ouvrière tout entière.
Le 15 janvier, d'autres ouvriers de Tekel vinrent à Ankara pour participer au sit-in. A présent, ils étaient presque 10 000 sur la place Sakarya. Certains membres de leurs familles étaient venus avec eux. Les ouvriers avaient pris des jours de congés maladie et des vacances pour venir à Ankara et la plupart d'entre eux devaient revenir plusieurs fois pour renouveler leurs permis de vacances. Presque tous les ouvriers de Tekel étaient présents 16. Une manifestation avec une large participation fut planifiée pour le samedi 16 janvier. Les forces de l'ordre craignaient cette manifestation car elle pouvait faire naître la généralisation et l'extension massive de la lutte. La possibilité que des ouvriers arrivent le samedi pour la manifestation en passant la nuit et tout le dimanche avec les ouvriers de Tekel pouvait conduire à la construction de liens forts et massifs. Aussi, la police insista pour que la manifestation démarre le dimanche, et le Türk-Is, dans une manœuvre typique, affaiblit un peu plus la manifestation en faisant en sorte que les ouvriers des villes kurdes ne viennent pas. Il avait été aussi calculé que passer deux nuits dans l'hiver glacé d'Ankara, sans bouger en sit-in dans la rue, briserait la résistance et la force des ouvriers. On vit lors de la manifestation du 17 janvier que ce calcul était une sérieuse erreur.
Celle-ci commença dans le calme. Les ouvriers qui se rassemblaient à Ankara et plusieurs groupes politiques commencèrent à 10 h à marcher de la gare vers la place Sihhiye. Dans la manifestation, sous le regard de dizaines de milliers d'ouvriers, d'abord un ouvrier de Tekel, puis un pompier et un ouvrier du sucre prirent la parole sur une estrade. L'explosion de colère n'eut lieu qu'après quand Mustafa Kumlu s'installa à la tribune. Kumlu, qui ne s'est jamais préoccupé de la lutte ni des conditions de vie des ouvriers de Tekel fit un discours complètement modéré, conciliateur et vide. Le Türk-Is avait fait un effort particulier pour garder les ouvriers à distance de l'estrade et avait mis devant les ouvriers métallurgistes, qui n'étaient pas du tout au courant de ce qui se passait devant eux. Mais ceux de Tekel, leur demandant de les laisser passer, s'arrangèrent pour venir directement devant la tribune. Tout au long du discours de Kumlu, ils firent de leur mieux pour l'interrompre avec leurs mots d'ordre. La dernière offense à l'égard des ouvriers fut l'annonce qu'après Kumlu, ce serait Alisan, un chanteur de pop qui n'avait rien à voir avec le mouvement, qui allait donner un concert. Les ouvriers investirent l'estrade, commençant à crier leurs mots d'ordre et malgré le fait que les chefs syndicaux baissaient la sono, les ouvriers qui étaient venus à la manifestation reprirent le micro. Pour cette fois, le syndicat perdit complètement le contrôle. C'était les ouvriers qui l'avaient. Les chefs syndicaux, se ruant sur l'estrade, commencèrent à faire des discours radicaux d'un côté et à essayer de l'autre d'en chasser les ouvriers. Comme cela ne marchait pas, ils essayèrent de les provoquer les uns contre les autres et s'en prirent aux étudiants et aux ouvriers qui venaient les soutenir. Les syndicalistes tentèrent encore de diviser les ouvriers qui étaient à Ankara depuis le début de la lutte de ceux qui étaient arrivés récemment, et ils essayèrent de cibler ceux qui venaient offrir leur aide. A la fin, les chefs syndicaux tentèrent de faire descendre ceux qui occupaient l'estrade, et convainquirent l'ensemble de retourner rapidement devant l'immeuble du Türk-Is. Le fait que les discours concernant les grèves de la faim et les jeûnes complets étaient mis en avant pour faire tomber les mots d'ordre sur la grève générale est, selon nous, intéressant. En aucun cas retourner vers l'immeuble du Türk-Is n'était assez pour éteindre la colère des ouvriers. Des mots d'ordre comme « Grève générale, résistance générale », « Türk-Is ne doit pas abuser de notre patience » et « Nous liquiderons qui nous trahit » étaient à présent criés devant le bâtiment. Quelques heures plus tard, un groupe d'environ 150 ouvriers se mit à casser la barricade dressée par les bureaucrates devant les portes du bâtiment et l'occupèrent. Les ouvriers de Tekel qui cherchaient Mustafa Kumlu dans l'immeuble commencèrent à crier « Ennemi des ouvriers, larbin de l'AKP » lorsqu'ils atteignirent la porte de Kumlu. Après la manifestation du 17 janvier, les efforts pour mettre en place un autre comité de grève resurgirent parmi les ouvriers. Ce comité était constitué d'ouvriers qui ne pensaient pas qu'une grève de la faim était une façon adaptée pour faire avancer la lutte et qu'il fallait au contraire étendre celle-ci. L'effort pour le former était connu de tous les ouvriers et soutenu par une très grande majorité. Ceux qui ne le soutenaient pas activement, n'étaient pas non plus contre. Parmi les tâches assignées au comité, plutôt que de transmettre leurs revendications aux syndicats, l'objectif fut de mettre en œuvre la communication et l'auto-organisation dans les rangs ouvriers. Comme le précédent comité de grève, celui-ci était entièrement composé d'ouvriers et complètement indépendant des syndicats. La même détermination d'auto-organisation permit que des centaines d'ouvriers de Tekel puissent se joindre à la manifestation des employés du secteur de la santé qui était en grève le 19 janvier. Le même jour, alors qu'il avait été permis à seulement une centaine d'ouvriers de participer à une grève de la faim de trois jours, 3000 ouvriers les rejoignirent, malgré le sentiment général parmi les ouvriers que cette grève de la faim n'était pas le moyen le plus approprié pour faire avancer la lutte. La raison qu'ils invoquaient était qu'ils ne voulaient pas laisser leurs camarades faire cette grève de la faim seuls, qu'ils voulaient, par solidarité, s'engager avec eux et partager ce qu'ils allaient traverser.
Bien que les ouvriers de Tekel aient fait des réunions régulières entre eux selon les villes d'où ils venaient, une assemblée générale avec tous les ouvriers participants n'avait pas été possible. Cela étant dit, depuis le 17 décembre, la rue face à l'immeuble du Türk-Is avait pris le caractère d'une assemblée générale informelle mais régulière. La place Sakkarya, ces jours-là, était pleine de centaines d'ouvriers de différentes villes, discutant comment développer la lutte, comment l'étendre, quoi faire. Une autre caractéristique importante de la lutte fut comment les ouvriers des différentes régions ethniques réussirent à s'unir contre l'ordre capitaliste malgré les provocations du régime. Le mot d'ordre « Ouvriers kurdes et turcs tous ensemble », lancé dès les premiers jours de la lutte, l'a exprimé très clairement. Dans la lutte de Tekel, de nombreux ouvriers de la région de la mer Noire dansèrent le Semame, et de nombreux kurdes firent la danse d'Horon pour la première fois de leur vie. 17 Un autre aspect significatif de l'approche des ouvriers de Tekel a été l'importance qu'ils donnèrent à l'extension de la lutte et à la solidarité ouvrière, et cela non pas sur la base étroite du nationalisme mais sur celle incluant le soutien mutuel et la solidarité des ouvriers du monde entier. Aussi, les ouvriers de Tekel évitèrent que des factions de la classe dominante dans l'opposition se servent de la lutte pour leurs propres buts car ils n'avaient aucune confiance en elles. Ils furent attentifs à comment le Parti Républicain du Peuple 18 (CHP, Cumhuriyet Halk Partisi) attaquait les ouvriers qui étaient licenciés de Kent AS 19, comment le Parti du Mouvement Nationaliste 20 (MHP, Milliyetçi Hareket Partisi) a joué son rôle dans l'aggravation de la politique étatique et anti-ouvrière. Un ouvrier a exprimé cette conscience très clairement : « Nous avons compris ce que nous sommes tous. Ceux qui ont voté pour la loi de privatisation nous disent aujourd'hui comment ils comprennent notre situation. Jusqu'ici, j'ai toujours voté pour le Parti du Mouvement Nationaliste. Ce n'est que dans cette lutte que j'ai rencontré des révolutionnaires. Je suis dans cette lutte parce que je suis un ouvrier. Les révolutionnaires sont toujours avec nous. Le Parti du Mouvement Nationaliste et le Parti Républicain du Peuple font cinq minutes de discours ici et puis s'en vont. Ils y en avaient parmi nous qui les chérissaient lorsqu'ils sont venus ici. A présent, la situation n'est plus la même. » 21 L'exemple le plus frappant de cette conscience s'est vu lorsque les ouvriers de Tekel ont empêché de parler des fascistes de l'Alperen Ocakları 22, la même organisation qui avait attaqué les ouvriers de Kent AS qui manifestaient dans le Parc Abdi Ipekçi parce qu'ils étaient Kurdes. La lutte de ceux de Tekel a également constitué un important soutien aux pompiers qui avaient été brutalement attaqués après leur première manifestation en leur redonnant le moral pour reprendre la lutte. De façon générale, les ouvriers de Tekel ont donné l'espoir non seulement aux pompiers mais à tous les secteurs de la classe ouvrière en Turquie qui veulent entrer en lutte. Ils ont fait en sorte de permettre à tous les ouvriers de participer à la grève. C'est pourquoi aujourd'hui, ils se tiennent fièrement à l'avant-garde de la classe ouvrière en Turquie. Ils ont permis aux ouvriers de Turquie de sortir du sommeil où ils étaient depuis des années en les faisant rejoindre les luttes ouvrières du monde entier. Ils représentent les graines de la grève de masse, comme celles qu'on a vu secouer le monde ces dernières années de l'Egypte à la Grèce, du Bangladesh à l'Espagne, de l'Angleterre à la Chine.
Cette lutte est toujours en cours, et nous pensons qu'il n'est pas encore temps d'en tirer toutes les leçons. Avec l'idée d'une grève de la faim et d'un jeûne total poussée en avant d'un côté, et de l'autre celle d'un comité de grève mis en œuvre par les ouvriers qui ne trouvent pas adaptée la grève de la faim pour la lutte et veulent au contraire l'étendre, avec les bureaucrates du Türk-Is qui font partie de l'Etat d'un côté et de l'autre les ouvriers qui veulent une grève générale, il est difficile de prévoir ce qui attend cette lutte, où elle ira, quels résultats elle obtiendra. Ceci étant dit, nous devons mettre l'accent sur le fait que, quelle qu'en soit l'issue, l'attitude remarquable des ouvriers de Tekel laissera des leçons inestimables pour toute la classe ouvrière.
Gerdûn - Courant Communiste International - www.internationalism.org
1 Tekel est la compagnie qui a eu le monopole d'Etat de toutes les entreprises de production d'alcool et de tabac.
2 Respectivement, la Confédération de Gauche des Syndicats des Ouvriers du Secteur Public, la Confédération des Syndicats Ouvriers Révolutionnaires, et la plus importante, la Confédération des Syndicats des Employés du Public, connu pour ses sympathies pro-fascistes.
3 Premier ministre, également dirigeant du Parti de la Justice et du Développement ou AKP (AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi).
4 http://www.cnnturk.com/2009/turkiye...
5 Ville du Kurdistan turc.
6 http://www.evrensel.net/haber.php?h...
7 Tek Gıda-İş, Syndicat des Ouvriers de l'Alimentaire, de l'Alcool et du Tabac, membre de la centrale syndicale Türk-İş.
8 La "réforme kurde" est une tentative de l'Etat turc de trouver une solution au problème posé par la guérilla kurde dans l'Est du pays, en assouplissant les lois anti-kurde (par exemple en levant les interdictions contre l'utilisation de la langue kurde). Cette "réforme" a récemment pris du plomb dans l'aile avec l'interdiction en décembre 2009 du parti kurde DTP (voir aussi l'article sur notre site en anglais : http://en.internationalism.org/icco...).
9 Région connue traditionnellement pour son nationalisme et son soutien au parti au pouvoir.
10 http://www.evrensel.net/haber.php?h...
11 Confédération des syndicats turcs, la plus ancienne et la plus grande confédération de syndicats en Turquie qui a une histoire tout à fait infâme, ayant été formée sous l'influence des Etats-Unis dans les années 1950 d'après le modèle de l'AFL-CIO, et saboteur depuis des luttes ouvrières.
12 Connue pour être la capitale non-officielle du Kurdistan, Diyarbakır est une métropole du Kurdistan turc.
13 http://www.kizilbayrak.net/sinif-ha...
14 Ville du Kurdistan turc.
15 http://tr.internationalism.org/ekao...
16 Environ 9000 sur les 10 000 de l'entreprise.
17 Le Şemame est une danse kurde très connue, et le Horon une autre également très connue de la région de la mer Noire de Turquie.
18 Le parti nationaliste de gauche, kémaliste, sécuritaire, membre de l'Internationale socialiste, extrêmement chauvin.
19 Les ouvriers de la municipalité d'İzmir, une métropole de la côte de la mer Egée. Ces ouvriers ont été licenciés par le Parti Républicain du Peuple qui contrôlait la municipalité où ils travaillaient et ensuite brutalement attaquées par la police alors qu'ils manifestaient contre le dirigeant du parti.
20 Le principal parti fasciste.
21 http://www.kizilbayrak.net/sinif-ha...
22 Gang meurtrier lié au Grand Parti d'Union (BBP, Büyük Birlik Partisi), une scission fasciste radicale du Parti du Mouvement Nationaliste.
SoS Soutien aux Sans Papiers "cette nouvelle jungle " de Besson : du "tout permis" et violences d'Etat
Expulsion , et violences intolérables dans le hangar Cronsdat de CALAIS. BESSON s'agite à nouveau . Il détourne ainsi le vrai débat de fond, pourquoi ces exils forcés ? Pourquoi cette violence envers des exilés obligés de fuir guerres, violences et misère.
Les conflits de l'occident obligent ces véritables " dégâts collatéraux" à rejoindre nos pays. Ce n'est pas par la violence et l'expulsion du hangar , ni en rasant leur campement , que Besson posera les vraies questions , mais il devra en répondre. Son discours mensonger et populiste ne trompe personne.
Ce hangar , est un prétexte pour terminer "le nettoyage" : la violence d'Etat qui est faite à ces exilés, n'est pas sans rappeler une triste époque où "le nettoyage" procédait de ces rafles , harcèlements fichages et contrôles.
Les Anglais intiment l'ordre à notre gouvernement d'agir dans ce sens. Sarkozy est allé jusqu'à signer un accord pour les charters communs vers Kaboul , violant ainsi les dispositions de la convention européenne des droits de l'homme. Ces va-t- en guerre , en aucun cas, ne peuvent nous dicter leur loi !
SoS Soutien aux Sans Papiers, entend dénoncer les violences faites aux soutiens lors de l'expulsion. La répression , le fichage ,la manipulation de pseudo réseaux d'etrêmes gauches, la criminalsition sytématique, sont les signes d'impuissance de ce gouvernement qui ne représente plus que 30% de la population !
SoS Soutien aux Sans Papiers portera plainte contre ces violences et l' expulsion du hangar. Besson déclare : qu'il "saura prendre les mesurent qui s'imposent". " Nous souhaitons une immigration humaine et respectueuse" : dit il en l'illustrant ...
Une retraité Calaisienne qui distribue des repas , soutien actif auprès des exilés, a même eu le nez cassé par les hordes de CRS lâchés dans le hangar , des No Border molestés lors de leur arrestation . Si ce gouvernement craint 20 soutiens, c'est qu'il vacille. Désavoué même par les juges lors de l'arrestation d'une centaine d'exilés en Corse, Désavoué dans la grotesque parodie de procès du CRA de Vincennes, il démontre son impuissance.
Cette militante de la solidarité représenterait un danger pour que les CRS lui casse le nez ? "le danger" dans la désinformation favorite de Besson de "sa lutte implacable contre les filières" ?
Un réseau alternatif de solidarités, un lieu d'échanges, devient un "réseau de passeurs" ? alors oui M. Besson nous sommes tousTES des passeurs et tousTES des délinquants de la solidarité
A quand des tasers désintégrateurs dans cette bonne ville de Calais ? : plus un exilé ? Pour cela plus un soldat français dans leur pays et forces de l'OTAN , plus de ventes d'armes , et ils deviendront invisibles ! Ils vivront dignement, loin de notre accueil indigne.
L'occident et l'Europe qui se barricadent sont les seuls coupables et responsables de cette honte ! , de ces exils forcés. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.
Qui sème la misère , récolte la colère ! Nous disons non à ces politiques européennes xénophobes, non à cette violence d'Etat , non aux ordres de l'Angleterre et ses charters de la mort. Oui à l'application des Accords et Genève et disparition de cette absurdité de loi Dublin II. Oui aux solidarités actives oui la libre circulation et installation.
Fermeture de tous les centres de rétention.
SoS Soutien aux Sans Papiers "cette nouvelle jungle " de Besson : du "tout permis" et violences d'Etat
Expulsion , et violences intolérables dans le hangar Cronsdat de CALAIS. BESSON s'agite à nouveau . Il détourne ainsi le vrai débat de fond, pourquoi ces exils forcés ? Pourquoi cette violence envers des exilés obligés de fuir guerres, violences et misère.
Les conflits de l'occident obligent ces véritables " dégâts collatéraux" à rejoindre nos pays. Ce n'est pas par la violence et l'expulsion du hangar , ni en rasant leur campement , que Besson posera les vraies questions , mais il devra en répondre. Son discours mensonger et populiste ne trompe personne.
Ce hangar , est un prétexte pour terminer "le nettoyage" : la violence d'Etat qui est faite à ces exilés, n'est pas sans rappeler une triste époque où "le nettoyage" procédait de ces rafles , harcèlements fichages et contrôles.
Les Anglais intiment l'ordre à notre gouvernement d'agir dans ce sens. Sarkozy est allé jusqu'à signer un accord pour les charters communs vers Kaboul , violant ainsi les dispositions de la convention européenne des droits de l'homme. Ces va-t- en guerre , en aucun cas, ne peuvent nous dicter leur loi !
SoS Soutien aux Sans Papiers, entend dénoncer les violences faites aux soutiens lors de l'expulsion. La répression , le fichage ,la manipulation de pseudo réseaux d'etrêmes gauches, la criminalsition sytématique, sont les signes d'impuissance de ce gouvernement qui ne représente plus que 30% de la population !
SoS Soutien aux Sans Papiers portera plainte contre ces violences et l' expulsion du hangar. Besson déclare : qu'il "saura prendre les mesurent qui s'imposent". " Nous souhaitons une immigration humaine et respectueuse" : dit il en l'illustrant ...
Une retraité Calaisienne qui distribue des repas , soutien actif auprès des exilés, a même eu le nez cassé par les hordes de CRS lâchés dans le hangar , des No Border molestés lors de leur arrestation . Si ce gouvernement craint 20 soutiens, c'est qu'il vacille. Désavoué même par les juges lors de l'arrestation d'une centaine d'exilés en Corse, Désavoué dans la grotesque parodie de procès du CRA de Vincennes, il démontre son impuissance.
Cette militante de la solidarité représenterait un danger pour que les CRS lui casse le nez ? "le danger" dans la désinformation favorite de Besson de "sa lutte implacable contre les filières" ?
Un réseau alternatif de solidarités, un lieu d'échanges, devient un "réseau de passeurs" ? alors oui M. Besson nous sommes tousTES des passeurs et tousTES des délinquants de la solidarité
A quand des tasers désintégrateurs dans cette bonne ville de Calais ? : plus un exilé ? Pour cela plus un soldat français dans leur pays et forces de l'OTAN , plus de ventes d'armes , et ils deviendront invisibles ! Ils vivront dignement, loin de notre accueil indigne.
L'occident et l'Europe qui se barricadent sont les seuls coupables et responsables de cette honte ! , de ces exils forcés. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.
Qui sème la misère , récolte la colère ! Nous disons non à ces politiques européennes xénophobes, non à cette violence d'Etat , non aux ordres de l'Angleterre et ses charters de la mort. Oui à l'application des Accords et Genève et disparition de cette absurdité de loi Dublin II. Oui aux solidarités actives oui la libre circulation et installation.
Fermeture de tous les centres de rétention.
Rassemblement de soutien le mercredi 10 février à 14 heures devant la Préfecture d'Alençon
Par ce rassemblement, nous souhaitons attirer l'attention des autorités sur le sort réservé à deux familles qui vivent à Alençon.
Originaire du Kosovo, le premier couple et ses deux enfants sont menacés d'expulsion. Persécutée et victime de violences au Kosovo, la famille est arrivée en France en 2007. Les deux enfants sont scolarisés l'une au collège Louise Michel, l'autre à l'école Molière.
Le deuxième couple est également originaire du Kosovo. La famille est arrivée en France en 2008 et la mère a mis au monde, en France, leur premier enfant en novembre 2009. Malgré une promesse d'embauche pour le père, ce dernier est sous le coup d'un arrêté d'expulsion.
Après avoir étudié la situation de ces deux familles, il apparaît que leur retour au Kosovo aurait des conséquences dramatiques.
Nous, enseignant-es, parents d'élèves, voisin-es, citoyen-nes…
Refusons l'expulsion de ces deux familles !
Demandons leur régularisation !!!

Complément d'information suite au « compte rendu sur la manifestation de solidarité aux sans papiers ». (à annexer au premier CR si ça ne gène personne).

Depuis début février se tient au Chat Crevé une série d'ateliers ayant pour objectif de partager nos connaissances sur les dispositifs de contrôle et de surveillance. A l'origine de ce projet, une volonté collective de comprendre et de lutter contre les architectures de sécurité, afin de mieux les apréhender et mieux les combattre.
L'espace urbain et les axes routiers sont peu à peu placés sous contrôle permanent. Les caméras, les micros et les robots de surveillance ont élu domicile au dessus de nos têtes. Les flics assurent la surveillance des espaces intermédiaires, munis d'une panoplie de jouets : matraques électriques, tasers, flash balls, gaz, masques et cuirasses. Les habitants sont invités à contribuer, à améliorer le système de contrôle. Chacun son alarme anti intrusion et sa caméra. On expérimente en live de nouvelles techniques de traçage et de gestion du vivant : tout doit être contrôlable, manipulable. Scanners, radars, biométrie, nanotechnologies et même nanobiotechnologies. Les robots marchent tout seul et les caméras parlent, les drones voient et tirent depuis le ciel, la nature est génétiquement transformée et les hommes sont pucés pour améliorer leurs performances... La science vient au secours des industriels et des flics pour mettre sous tutelle tout ce qui ne dépendait pas encore de l'humain. La société se transforme en nid de mouchards.
Nous n'avons plus le loisir d'être paranoïaques, mais nous avons le devoir de prendre conscience de ce qui est. Devant les délires sécuritaires du technomonde et faces aux tenants de l'hypothèse cybernétique, il est nécessaire de réagir dans l'urgence et de développer des moyens de résistance et de protection. Dans un premier temps, cette riposte nécessite de bien connaître l'ennemi, de se familiariser avec les dispositifs et d'avoir une connaissance au moins relative des technologies employées, ce qui demande la création de groupes de travail en mesure de se partager les recherches et la réflexion sur chacun des domaines suivants.
Un premier atelier s'est tenu ce vendredi 22 janvier au chat crevé avec un intervenant de Paris, afin de nous présenter la vidéosurveillance et quelques astuces pour la déjouer.
Le programme des ateliers est le suivant :
- MARDI 2 FEVRIER A 18H30 : Atelier sur la Biométrie.
JEUDI 11 FEVRIER A 18H30 : Atelier sur Internet et le cryptage.
MERCREDI 17 FEVRIER A 18H30 : Atelier sur le Fichage policier.
VENDREDI 26 FEVRIER A 18H30 : Atelier sur les Portables.
VENDREDI 5 MARS A 18H30 : Atelier sur les Equipements de police.
En fonction de l'intérêt qu'auront sucité ces ateliers, d'autres suivront, notamment sur l'Enfermement et les prisons, les RFID et les nanotechnologies, les drones et la vidéosurveillance, les agences de sécurité privées...
Nous invitons chacun à nous rejoindre au CHAT CREVE pour participer aux ateliers que nous organisons dans le cadre de ce cycle de réflexion et d'apprentissage pratique.
Le CHAT CREVE se situe à Fives, à proximité de la piscine et derrière le stade de foot, au croisement de la rue de Belle Vue et de la rue Parmentier. ATTENTION : l'entrée se situe rue de Belle Vue, face aux locaux du chemin de fer
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Depuis début février se tient au Chat Crevé une série d'ateliers ayant pour objectif de partager nos connaissances sur les dispositifs de contrôle et de surveillance. A l'origine de ce projet, une volonté collective de comprendre et de lutter contre les architectures de sécurité, afin de mieux les apréhender et mieux les combattre.
L'espace urbain et les axes routiers sont peu à peu placés sous contrôle permanent. Les caméras, les micros et les robots de surveillance ont élu domicile au dessus de nos têtes. Les flics assurent la surveillance des espaces intermédiaires, munis d'une panoplie de jouets : matraques électriques, tasers, flash balls, gaz, masques et cuirasses. Les habitants sont invités à contribuer, à améliorer le système de contrôle. Chacun son alarme anti intrusion et sa caméra. On expérimente en live de nouvelles techniques de traçage et de gestion du vivant : tout doit être contrôlable, manipulable. Scanners, radars, biométrie, nanotechnologies et même nanobiotechnologies. Les robots marchent tout seul et les caméras parlent, les drones voient et tirent depuis le ciel, la nature est génétiquement transformée et les hommes sont pucés pour améliorer leurs performances... La science vient au secours des industriels et des flics pour mettre sous tutelle tout ce qui ne dépendait pas encore de l'humain. La société se transforme en nid de mouchards.
Nous n'avons plus le loisir d'être paranoïaques, mais nous avons le devoir de prendre conscience de ce qui est. Devant les délires sécuritaires du technomonde et faces aux tenants de l'hypothèse cybernétique, il est nécessaire de réagir dans l'urgence et de développer des moyens de résistance et de protection. Dans un premier temps, cette riposte nécessite de bien connaître l'ennemi, de se familiariser avec les dispositifs et d'avoir une connaissance au moins relative des technologies employées, ce qui demande la création de groupes de travail en mesure de se partager les recherches et la réflexion sur chacun des domaines suivants.
Un premier atelier s'est tenu ce vendredi 22 janvier au chat crevé avec un intervenant de Paris, afin de nous présenter la vidéosurveillance et quelques astuces pour la déjouer.
Le programme des ateliers est le suivant :
- MARDI 2 FEVRIER A 18H30 : Atelier sur la Biométrie.
JEUDI 11 FEVRIER A 18H30 : Atelier sur Internet et le cryptage.
MERCREDI 17 FEVRIER A 18H30 : Atelier sur le Fichage policier.
VENDREDI 26 FEVRIER A 18H30 : Atelier sur les Portables.
VENDREDI 5 MARS A 18H30 : Atelier sur les Equipements de police.
En fonction de l'intérêt qu'auront sucité ces ateliers, d'autres suivront, notamment sur l'Enfermement et les prisons, les RFID et les nanotechnologies, les drones et la vidéosurveillance, les agences de sécurité privées...
Nous invitons chacun à nous rejoindre au CHAT CREVE pour participer aux ateliers que nous organisons dans le cadre de ce cycle de réflexion et d'apprentissage pratique.
Le CHAT CREVE se situe à Fives, à proximité de la piscine et derrière le stade de foot, au croisement de la rue de Belle Vue et de la rue Parmentier. ATTENTION : l'entrée se situe rue de Belle Vue, face aux locaux du chemin de fer

café le Malakoff place de prague Nantes
Les exilés font une chaine symbolique devant l'entrée du hangar : "frontière" de protection.
Quelques coups sont échangés. Ils sont déterminés à ne plus le laisser humiliés, bastonnés, par les flics. Mais la tension monte, les Exilés n'ont pas pu rejoindre la distribution de repas, car ils ne pourront plus revenir.
La solution est simple : hangar privé, mais ils isolent les exilés, sans nourriture.
Les NO.BORDER ont redit QUE CE HANGAR N'EST PAS UN LIEU D'HÉBERGEMENT.
LIBERTÉ DE CIRCULATION !
Les exilés font une chaine symbolique devant l'entrée du hangar : "frontière" de protection.
Quelques coups sont échangés. Ils sont déterminés à ne plus le laisser humiliés, bastonnés, par les flics. Mais la tension monte, les Exilés n'ont pas pu rejoindre la distribution de repas, car ils ne pourront plus revenir.
La solution est simple : hangar privé, mais ils isolent les exilés, sans nourriture.
Les NO.BORDER ont redit QUE CE HANGAR N'EST PAS UN LIEU D'HÉBERGEMENT.
LIBERTÉ DE CIRCULATION !
Le hangar Kronstadt a été évacué dimanche 07/02 par 75 CRS, et les douze militant-e-s bloqué-e-s à l'intérieur ont été brutalisé-e-s et arrêté-e-s puis relâché-e-s. Les flics ont détruit l'entrée, l'intérieur du hangar et tout ce qui s'y trouvait. Une partie des affaires présentes avant leur arrivée a disparu. 12 personnes ont été interpellées puis relâchées. On ne sait toujours pas sur quelle base légale cette intervention a eu lieu. Le soutien aux militant-e-s à Calais est important et urgent !
Quelques réactions à l'expulsion : hangar : deux jours de combat pour boire un thé | Communiqués SôS Soutien aux Sans Papiers | CNSP

Lors de l'ouverture publique du hangar Kronstadt de Calais par les no-borders [1] qui commençait samedi 6 à 17h, de nombreux migrants ont voulu se joindre au local pour assister au concert de musique acoustique qui devait y avoir lieu.
Ils sont donc venus après la distribution de nourriture de Salam en direction du local. Après avoir été bloqués par la police, ils ont réussi avec l'aide des militants à forcer le barrage. Tout le monde est barricadé à l'intérieur du local qui est encerclé, c'est l'état de siège !.
Vers 4h du matin les CRS formaient encore des barrages au coin de toutes les rues donnant accès à la rue du hangar. Photos | tension au hangar : les soutiens maintenus à l'extérieur du cordon de sécurité
Partout en Europe les migrants se font arrêter, réprimer, enfermer et expulser au nom de notre économie, notre sécurité. urgent csp 59 toutes et tous au tgi demain dimanche 07/02 à 10 h / encore une journée de répression à poitiers / exposition medecins du monde sur les sans-papiers en europe / Editos sur indymédia Nantes
Calais est un lieu symbolique de cette répression contre les migrations et les migrants. Que tous celles et ceux qui le peuvent rappliquent et expriment leur soutien !
[1] Les Noborders sont installés à Calais depuis le camp noborder de juin 2009. Ils avaient loué un petit local pour assurer le travail politique et le logement des militants venant de France, Allemagne, Italie, Grande Bretagne, Belgique....... Sites des no-borders. Ce mois-ci ils ont loué un énorme et magnifique hangar. Les Noborders veulent faire de cet endroit un lieu d'hébergement des militants, de débats, un lieu de lutte, de résistance, de solidarité, de création... calais : communiqué no border / hangar no border : contre-coups médiatiques
Le hangar Kronstadt a été évacué dimanche 07/02 par 75 CRS, et les douze militant-e-s bloqué-e-s à l'intérieur ont été brutalisé-e-s et arrêté-e-s puis relâché-e-s. Les flics ont détruit l'entrée l'intérieur du hangar et tout ce qui s'y trouvait. Une partie des affaires présentes avant leur arrivée a disparu. Le soutien aux militant-e-s à Calais est important et urgent !
Quelques réactions à l'expulsion :
hangar : deux jours de combat pour boire un thé
Communiqué SôS Soutien aux Sans Papiers
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Lors de l'ouverture publique du hangar Kronstadt de Calais par les no-borders [1] qui commençait samedi 6 à 17h, de nombreux migrants ont voulu se joindre au local pour assister au concert de musique acoustique qui devait y avoir lieu.
Ils sont donc venus après la distribution de nourriture de Salam en direction du local. Après avoir été bloqués par la police, ils ont réussi avec l'aide des militants à forcer le barrage. Tout le monde est barricadé à l'intérieur du local qui est encerclé, c'est l'état de siège ! [2]
Vers 4h du matin les CRS formaient encore des barrages au coin de toutes les rues donnant accès à la rue du hangar. [3] | [4]
Partout en Europe les migrants se font arrêter, réprimer, enfermer et expulser au nom de notre économie, notre sécurité. [5]
Calais est un lieu symbolique de cette répression contre les migrations et les migrants. Que tous celles et ceux qui le peuvent rappliquent !
[1] Les Noborders sont installés à Calais depuis le camp noborder de juin 2009. Ils avaient loué un petit local pour assurer le travail politique et le logement des militants venant de France, Allemagne, Italie, Grande Bretagne, Belgique....... Sites des no-borders. Ce mois ils ont loué un énorme et magnifique hangar. Les Noborders veulent faire de cet endroit un lieu d'hébergement, de débats, un lieu de lutte, de résistance, de solidarité, de création... calais : communiqué no border / hangar no border : contre-coups médiatiques
[2] urgent : migrants + militants encerclés à calais
[4] tension au hangar : les soutiens maintenus à l'extérieur du cordon de sécurité
[5] urgent csp 59 toutes et tous au tgi demain dimanche 07/02 à 10 h / encore une journée de répression à poitiers / exposition medecins du monde sur les sans-papiers en europe / Editos sur indymédia Nantes
Manifestation de soutien aux sans papiers : Encore une journée de répression à Poitiers
Aujourd'hui 6 février à Poitiers, à l'appel de plusieurs associations, une manifestation calme du début à la fin, pour dénoncer les pratiques illégales de la préfecture de la Vienne, et en soutien aux sans papier-e-s, à été de nouveaux le théâtre de provocations et répressions policières. Un cortège de 200 à 300 personnes est parti du palais de justice en direction de la préfecture, encadré par un dispositif policier démesuré : une dizaine de camions CRS, une vingtaine d'agents de la BAC, sans compter les flics présents. Tout le long du parcours, ils se sont livrés à un fichage systématique (Photo, vidéo, suivi de personnes) et insultes. Au moment de la dispersion, toutes les sorties possibles devant la préfecture étaient contrôlées, un départ groupé a été décidé en direction de la place d'Armes. Dans une rue adjacente, la BAC a interpellé violemment 3 manifestant-e-s, plaqué-e-s contre le mur avec fouille et contrôle d'identité. Le cortège s'est rapproché pour protester, et veiller à la sécurité des personnes contrôlées afin qu'elles repartent avec les manifestant-e-s. A ce moment là, avec le renfort des CRS, la BAC a essayé d'extraire les personnes contrôlées pour les embarquer. La tension a monté d'un cran, les CRS ont encerclé de très près les manifestant-e-s et la BAC a commencer à matraquer. D'autres interpellations violentes ont suivi. Les manifestant-e-s, sommé-e-s de se disperser, ne pouvaient de toute façon pas bouger car encerclé-e-s. Finalement 4 personnes ont été embarqué-e-s, et plusieurs contrôles d'identité musclés ont été effectués, les CRS ont obligé les manifestant-e-s a évacuer les lieux. Après ces premiers événements, les manifestant-e-s sont alors repartis, toujours suivi de près par la BAC et les CRS. Des manifestant-e-s protestants contre les fichages des individu-e-s qui continuaient à se faire, se sont faits interpellé-e-s et taire de manière virulente. Un individu a alors été embarqué, ainsi qu'un autre, sans raison, se trouvant en dehors de la scène.
Après 4h de garde à vue, les personnes arrêté-e-s ont été relâché-e-s sur demande du procureur de la république, puisqu'aucun motif n'était valable pour les garder.
Encore une fois à Poitiers, les forces de l'ordre nous ont fait une démonstration de leur politique de répression, arbitraire et systématique, dans une volonté de casser tout mouvement de contestation quel qu'il soit : entre autre le mouvement dans l'éducation et la répression des lycéen-ne-s ces dernières semaines, les manifestions de soutiens aux inculpé-e-s du 10 octobre, sans compter les surveillances continues de militant-e-s.
Aujourd'hui la moindre manifestation, même « calme », est la cible de provocations et de répression. Les CRS ont une présence quotidienne dans la ville, construisant un climat d'intimidation et de criminalisation vis à vis de toute expression politique.
Nous ne céderont pas à cette répression. Nous réaffirmons notre soutien aux sans papier-e-s, leur lutte, et à toute les victimes des répressions policières et d'état.
Un rendez vous est prévu lundi à 18h devant le palais de justice pour se tenir au courant des suites pour les personnes interpellées.
Des manifestant-e-s
Manifestation de soutien aux sans papiers : Encore une journée de répression à Poitiers
Aujourd'hui 6 février à Poitiers, à l'appel de plusieurs associations, une manifestation calme du début à la fin, pour dénoncer les pratiques illégales de la préfecture de la Vienne, et en soutien aux sans papier-e-s, à été de nouveaux le théâtre de provocations et répressions policières. Un cortège de 200 à 300 personnes est parti du palais de justice en direction de la préfecture, encadré par un dispositif policier démesuré : une dizaine de camions CRS, une vingtaine d'agents de la BAC, sans compter les flics présents. Tout le long du parcours, ils se sont livrés à un fichage systématique (Photo, vidéo, suivi de personnes) et insultes. Au moment de la dispersion, toutes les sorties possibles devant la préfecture étaient contrôlées, un départ groupé a été décidé en direction de la place d'Armes. Dans une rue adjacente, la BAC a interpellé violemment 3 manifestant-e-s, plaqué-e-s contre le mur avec fouille et contrôle d'identité. Le cortège s'est rapproché pour protester, et veiller à la sécurité des personnes contrôlées afin qu'elles repartent avec les manifestant-e-s. A ce moment là, avec le renfort des CRS, la BAC a essayé d'extraire les personnes contrôlées pour les embarquer. La tension a monté d'un cran, les CRS ont encerclé de très près les manifestant-e-s et la BAC a commencer à matraquer. D'autres interpellations violentes ont suivi. Les manifestant-e-s, sommé-e-s de se disperser, ne pouvaient de toute façon pas bouger car encerclé-e-s. Finalement 4 personnes ont été embarqué-e-s, et plusieurs contrôles d'identité musclés ont été effectués, les CRS ont obligé les manifestant-e-s a évacuer les lieux. Après ces premiers événements, les manifestant-e-s sont alors repartis, toujours suivi de près par la BAC et les CRS. Des manifestant-e-s protestants contre les fichages des individu-e-s qui continuaient à se faire, se sont faits interpellé-e-s et taire de manière virulente. Un individu a alors été embarqué, ainsi qu'un autre, sans raison, se trouvant en dehors de la scène.
Après 4h de garde à vue, les personnes arrêté-e-s ont été relâché-e-s sur demande du procureur de la république, puisqu'aucun motif n'était valable pour les garder.
Encore une fois à Poitiers, les forces de l'ordre nous ont fait une démonstration de leur politique de répression, arbitraire et systématique, dans une volonté de casser tout mouvement de contestation quel qu'il soit : entre autre le mouvement dans l'éducation et la répression des lycéen-ne-s ces dernières semaines, les manifestions de soutiens aux inculpé-e-s du 10 octobre, sans compter les surveillances continues de militant-e-s.
Aujourd'hui la moindre manifestation, même « calme », est la cible de provocations et de répression. Les CRS ont une présence quotidienne dans la ville, construisant un climat d'intimidation et de criminalisation vis à vis de toute expression politique.
Nous ne céderont pas à cette répression. Nous réaffirmons notre soutien aux sans papier-e-s, leur lutte, et à toute les victimes des répressions policières et d'état.
Un rendez vous est prévu lundi à 18h devant le palais de justice pour se tenir au courant des suites pour les personnes interpellées.
Des manifestant-e-s
Vers 4h du matin les CRS formaient encore des barrages au coin de toutes les rues donnant accès à la rue du hangar.
Le sous-préfet à peine parti, les forces de l'ordre, PAF et CRS ont du lever le camp. Certains militants en ont profité pour sortir un moment de la guêpière. Mais une heure après les beaux discours du sous-préfet M. Gavory , devant des journalistes à l'écoute, la compagnie 11 arrivée en renfort de la compagnie 4, bloquèrent les routes. Il nous fut interdit de franchir la ligne de CRS.
Un enfant de 12 ans a failli recevoir un coup de flashball, en passant en force avec son copain. Ce qu'il ne faut pas faire pour pouvoir dormir au chaud quand on a 12 ans !!!
Les autres lignes ennemies étaient plus détendues. Mais pas question de passer.
Les CRS nous ont dit qu'ils restaient jusqu'à 8h du matin et ensuite il y aurait la relève.quelques images des blocages, déblocages, reblocages





zetkin
Vers 4h du matin les CRS formaient encore des barrages au coin de toutes les rues donnant accès à la rue du hangar.
Le sous-préfet à peine parti, les forces de l'ordre, PAF et CRS ont du lever le camp. Certains militants en ont profité pour sortir un moment de la guêpière. Mais une heure après les beaux discours du sous-préfet M. Gavory , devant des journalistes à l'écoute, la compagnie 11 arrivée en renfort de la compagnie 4, bloquèrent les routes. Il nous fut interdit de franchir la ligne de CRS.
Un enfant de 12 ans a failli recevoir un coup de flashball, en passant en force avec son copain. Ce qu'il ne faut pas faire pour pouvoir dormir au chaud quand on a 12 ans !!!
Les autres lignes ennemies étaient plus détendues. Mais pas question de passer.
Les CRS nous ont dit qu'ils restaient jusqu'à 8h du matin et ensuite il y aurait la relève.quelques images des blocages, déblocages, reblocages
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zetkin
Comité des Sans-Papiers 59 - CSP59 – 42, rue Bernos – 59 000 Lille Fives – Métro Fives e-mail : csp59 wanadoo.fr _ [http:] leblogducsp59.over-blog.com
TOUS AU TGI DE LILLE POUR LA LIBERATION ET LA REGULARISATION DE MOULOUD ZARKOUT
MOULOUD ZARKOUT a été arrêté en gare de Lille le 22 janvier 2010, au terme d'un ces contrôles au faciès de plus en plus fréquents ces derniers temps, alors qu'il descendait de train. Après la garde à vue, il a été conduit en centre de rétention à Lesquin où il a passé 14 jours.
Ce matin 6 févier 2010, il a été extrait du centre de rétention et conduit à l'aéroport de Lesquin pour être expulsé. Il n'a opposé la moindre résistance aux policiers qui l'escortaient à Aéroport. Au moment d'embarquer, il a poliment expliqué au Commandant de bord qu'il était souffrant et que son état de santé ne lui permettait pas de voyager, en particulier dans les conditions de malaise occasionné par sa détention. Le pilote a refusé, avec raison de voyager avec un passager en situation de malaise et qui plus est reconduit contre son gré vers un pays où il n'a plus d'attache. MOULOUD a été reconduit n centre de rétention sans avoir rencontré un médecin comme il le demandé.
Agé de 34 ans, MOULOUD ZARKOUT est de nationalité Algérienne et, est en France depuis 2000, soit une durée de présence de 10 ans cette année. Il est orphelin de père et de mère. Ses parents sont tous les deux décédés. Son père et son grand-père, défunts, ont servi dans l'Armée Française. Son frère est en France et y réside régulièrement.
La Préfecture justifie cette expulsion par l'absence au dossier des preuves de présence sur le territoire de la République de 2003 à 2004. Et pourtant, les preuves de la présence de MOULOUD sont pour le moins évidentes. Fin 2002 début 2003, il est admis à la Pitié-Salpêtrière. 2003, il est cité comme témoin dans l'affaire ROLLAND FOLIN, décédé à Kremlin-Bicêtre dans un appartement dans lequel il se trouvait au moment du drame. Juge Administratif qui est saisi déclare : « C'est au Préfet de se prononcer a-t-il dit en substance ».
MOULOUD ZARKOUT a toujours travaillé dans le bâtiment depuis qu'il est en France. Il avait des revenus suffisants puisqu'il avait fait une déclaration des revenus et a payé ses impôts en 2006, 2007 et 2009. Les accompagnateurs de l'ORDRE DE MALTE au CRA ne sont pas restaient insensibles puisqu'il lui ont conseillé de faire un recours hiérarchique pour qu'il soit rétabli dans ses droits. Le Préfet a passé outre tous ces éléments probants.
MOULOUD ZARKOUT passe demain dimanche 7 FRVRIER 2010 à 9 HEURES devant le JLD au Tribunal de Grande Instance de Lille, Avenue du Peuple Belge dans le Vieux Lille. Le CSP59 appelle au relai le plus massif possible et à la mobilisation malgré la diffusion tardive de cette dépêche pour que nous soyons nombreux à soutenir ce camarade.