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Fermeture des magasins ? Plan Social au siège ? 500, 1200, 1 500 suppressions de poste ? Quels services ? Départs négociés ? ...
Si folles que çà ? Peut-être pas ... Rien d'officiel côté instance du personnel, sauf lors des CE précédents dans lesquels la Direction a évoqué « un plan d'économies pour redresser la situation »
Alors que l'ouragan Gustav est en train de menacer le Sud des États-unis rappelant que les impacts des dérèglements climatiques se font de plus en plus pressants, la Commission Industrie, Recherche et Énergie (ITRE) du Parlement européen s'est alignée hier soir sur les demandes des lobbies automobiles européens
Pour SUD Protection Sociale, la mise en place de cette complémentaire santé obligatoire au sein de la Sécurité sociale participe à la remise en cause de l'assurance maladie et de sa logique solidaire. Elle se met en place au moment où le gouvernement réduit le poids de l'assurance maladie
Lors de sa tournée en France, du 13 au 16 septembre, Joseph Ratzinger (aussi connu sous le pseudo de Benoît XVI) rencontrera le gouvernement français. Une rencontre en parfaite contradiction avec la séparation de l'Église et de l'État en théorie acquise en France (sauf en Alsace-Moselle).
Sarkozy + Ratzinger = Travail, Famille, Patrie
Adepte de la religion comme outil de pacification sociale, Sarkozy n'hésite pas à dérouler le tapis rouge à une institution qui a toujours prôné le retour à l'ordre moral. L'Église n'a jamais caché ses penchants les plus réactionnaires. Sous couvert de parler « d'Amour et de paix », ses partisans les plus intégristes n'hésitent pas à défiler en scandant les « pédés au bûcher » et à déclarer l'homosexualité comme « contre-nature ». A cette homophobie ouverte, s'ajoute une haine des femmes à toute épreuve. Ces dernières ne sont bien vues que lorsqu'elles restent dans leur rôle d'épouse et de mère soumises au « père de famille ». Cette défense de l'ordre moral est complétée par la lutte contre la contraception et le droit à l'IVG (Interruption volontaire de grossesse). Même si cela se fait au prix de plusieurs millions de vies humaines comme lorsque Jean Paul II a condamné l'usage du préservatif malgré la propagation du SIDA. L'Église « aime, veut la paix, veut aider », mais surtout contrôler les individus jusque dans leur intimité.
Les grenouilles de bénitier passent à l'offensive Les visées d'ingérence de l'Église catholique dans l'espace public ne sont ni folkloriques ni révolues. Au Mexique, le clergé tente de prendre la direction des universités. En Europe, l'IVG n'est pas autorisée dans plusieurs pays et le gouvernement polonais est présidé par un catho intégriste de la pire espèce. La France n'est pas épargnée par ce regain de « spiritualité » puante. Sarkozy a déjà très clairement indiqué ses intentions en affirmant que : « l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur ». Il agit en conséquence en voulant instaurer des cours « d'éthique et de morale » à l'école ce qui sera du catéchisme allégé. Pire encore, il projette de réformer la loi de Séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905. Présentée comme « simple toilettage », cette révision autorisera le Vatican et les municipalités les plus béni-oui-oui à financer les officines de cathos intégristes.
Rester toutes et tous vigilants contre l'ingérence religieuse
Nous devons refuser toute emprise des religions sur la société. L'histoire montre qu'à chaque fois qu'elles en ont la possibilité, les « Églises » tentent d'imposer leur loi à la société toute entière. Ces tentatives ne sont pas liées à telle ou telle religion, mais à la position de pouvoir acquise par chaque Église au sein d'une société. Plus une Église a conquis un pouvoir important, plus elle exercera ce pouvoir de façon dictatoriale. Cette vigilance contre les religions est d'abord un combat concret, pour le droit des femmes à disposer de leur corps, pour le respect de la dignité et des droits des homosexuel-les, pour la liberté d'expression, pour la défense d'un service public laïc de l'éducation et de la santé, pour le droit de chaque individu à vivre, aimer et mourir comme il le souhaite… Nous défendons le respect intransigeant de l'épanouissement et de l'autonomie des individus et celui d'une solidarité collective pour permettre à tous et toutes de vivre dignement.
C'est pourquoi nous revendiquons :
une absolue séparation de l'État et des religions, partout en France (renforcement de la loi de 1905, dénonciation du concordat en Alsace-Moselle)
le droit à la contraception et l'avortement libres et gratuits
la reconnaissance de toutes les formes de vie commune librement consentie et d'éducation partagée des enfants.
MANIFESTATION A PARIS VENDREDI 12 SEPTEMBRE à 18h30 Métro Filles du Calvaire Manifestation à l'appel du collectif Remballe ton Pape http://remballe-ton-pape.over-blog.com/
La décision prise mercredi dernier par le procureur général de Géorgie de fixer au 23 septembre l'exécution de Troy Davis est un nouvel exemple flagrant de l'injustice qui s'abat sur Troy Davis depuis 19 ans. Amnesty International France (AIF) demande la commutation de la peine et un sursis d'exécution. AIF invite la France, Présidente de l'Union européenne, à tout mettre en œuvre, en accord avec ses obligations, afin que cette exécution n'ait pas lieu
Mercredi 17 septembre à 19h00 à B17*
Dans la nuit de mercredi 03 à jeudi 04 septembre 2008, une quarantaine de tags - croix gammées et injures telles que "Mort aux arabes", "Fuck islam", "White power" - ont été peints à la bombe dans la cour du collège René Cassin d'Agde, dans les escaliers, sur les portes et sur des murs
RESF 25 s'élève contre la censure du livre du lauréat du concours littéraire « Litteratura Jeunesse » organisé par le Conseil Général du Doubs par ...le Conseil Général du Doubs. Intitulé « Demain, je reviendrai » et écrit par Karine Epenoy, l'ouvrage traite du parcours et de la souffrance d'un immigrant clandestin. Il a été choisi par le jury. Sa publication est refusée au motif ahurissant dans un pays démocratique qu'il serait « trop engagé » et qu'il pourrait déplaire à la Préfecture et nuire aux négociations en cours avec elle
De mai à juillet 2008, la Coordination française pour le droit d'asile (CFDA), rassemblement d'une vingtaine d'associations françaises, a mené une enquête dans le nord-ouest de la France sur la situation des « exilés ». Ils sont actuellement Afghans, Erythréens, Ethiopiens, Irakiens, Somaliens et Soudanais. La CFDA évalue leur nombre à 1 500 environ. Ils cherchent vainement une terre d'accueil en Europe. Rejetés par tous les pays qu'ils ont traversés, ils échouent sur le littoral français de la Manche, d'où certains se rendent en Grande-Bretagne
Entre le 8 avril et le 8 mai, le quotidien Le Monde a connu trois jours de grève auxquels il faut ajouter deux débrayages qui en ont retardé de façon conséquente la publication. En cause : un plan d'économies présenté début avril qui prévoit 129 suppressions d'emploi, soit un ou une salarié-e sur cinq. Hors rédaction, des secteurs sont saignés tels l'informatique ou le standard, domaines pour lesquels des externalisations totales ou partielles sont envisagées. Le plan d'économies prévoit également des cessions d'entités « déficitaires ou non stratégiques » comme Fleurus Presse (douze titres pour la jeunesse comme Papoum ou Pirouette), les Éditions de l'Étoile (Les Cahiers du cinéma), le mensuel Danser et le réseau de librairies religieuses La Procure.
Des dames de fer au 6e étageLa direction a justifié le plan par la nécessité de rétablir les comptes pour préserver l'indépendance du groupe Le Monde, qui a accusé 7 exercices consécutifs de pertes : 15,4 millions d'euros en 2007, malgré une progression de l'audience.
Le caractère massif et brutal de ce plan a provoqué une colère inédite au journal, attisée par l'attitude d'une haute direction essentiellement occupée à prouver aux actionnaires extérieurs que la maison est « tenue » et qu'elle ne cèdera pas. Le 6e étage, celui du directoire, s'est peuplé de « dames de fer » convaincues de rejouer le conflit des mineurs [1], le tout avec force dramaturgie et désinformation. Systématiquement y compris après un scrutin à bulletins secrets donnant 83 % pour la grève les votes ont été publiquement dénigrés, tandis que la rédaction était travaillée au corps sur le thème : « faire grève, c'est faire le jeu de Lagardère ». Lagardère, qui a un pied dans le capital du groupe, espère en effet y mettre les deux à la faveur de la crise. À quoi il a fallu répondre que le risque était bel et bien d'avoir les deux : et les suppressions d'emploi et la prise en main par Lagardère, faute d'une vision stratégique dont le « plan d'économies » est totalement dépourvu.
Ouvriers et journalistes réunisMalgré tout, la bataille a été menée dans le cadre d'une intersyndicale CFDT-CGT-SNJ [2] avec prises de décision en assemblée générale, et malgré un climat délétère au sein de la CGT entre la fédération du Livre et le Syndicat national des journalistes. Pour la première fois, des catégories qui d'habitude ont du mal à se retrouver ensemble et ont des cultures inégales du conflit social (très faible chez les journalistes, très spécifiques chez les ouvrières et les ouvriers du Livre) et n'ont pas les mêmes cycles de travail se sont efforcées de mener une lutte commune [3].
Après que la menace d'une grève reconductible a été brandie, la direction a finalement accepté une proposition. Il s'agissait de travailler d'abord sur les départs volontaires (en élevant les conditions financières) et de faire le bilan fin juin. La direction et les syndicats ont convenu d'évaluer alors « les économies réalisées par ces départs au regard de l'objectif de réduction de la masse salariale ». À la clôture, lundi 30 juin au soir, du plan de départ volontaire, 103 personnes s'étaient inscrites dont 60 journalistes. Les 55 ans et plus y sont surreprésentés, et pour une bonne part, par désenchantement envers le management du Monde. À cette date, la direction, dont l'objectif de 129 départs est donc atteint à 80 %, n'a pas dit si elle comptait malgré tout recourir à des licenciements.
Rimsky, le 01-07-08
[1] 1. En 1984-1985, la Première ministre britannique, Margaret Thatcher, brisa la grève des mineurs, dernier verrou avant la mise à sac ultralibérale du pays. Elle y gagna son surnom de « Dame de fer ».
[2] 2. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) est affilié à Solidaires bien qu'il soit loin d'en partager les conceptions.
[3] 3. On peut suivre la lutte sur www.presseencolere.org
Plus étendu que l'Afrique du Sud, le Tchad est un résidu colonial devenu État, peu peuplé, mais où ont été recensés 192 groupes ethniques différents, parlant plus de 100 langues et dont les groupes dominants ne sont que de fortes minorités : Arabes (15 % de la population), Saras au Sud (20 %). La population est estimée à moins de 7 millions d'habitants. Ce territoire se subdivise en trois parties : le Nord, que parcourent des tribus nomades arabes musulmanes ; le Centre, qui regroupe trois anciens sultanats arabes, ébauches d'États ; et le Sud peuplé par des Noirs animistes plus ou moins christianisés, et subissant jusqu'à la colonisation, cinquante ans avant l'indépendance, les activités esclavagistes des nomades du nord.
Une société sans classes socialesCe qui caractérise la société sara jusqu'à sa colonisation au début du XXe siècle c'est à la fois l'autonomie politique quasi absolue de chaque village et la quasi égalité économique qui règne entre les différentes familles au sein du village. Une société, non seulement sans classes, mais aussi sans castes [1].
La société sara est une société « acéphale ». Il n'y a, en tant que tel, aucun pouvoir politique central. Les seules structures centrales sont constituées par les « centres religieux », dont la fonction principale est l'organisation des rites d'initiation. Dans le déroulement « normal » de la vie sociale, la régulation des conflits au sein de la société sara se règle entre « initiés ». Chaque jeune garçon et chaque jeune fille a vocation à être initié, l'initiation étant le rite de passage à l'état adulte ; une renaissance – l'enfant change de nom [2]. Si dans un village se déroule un drame, un acte de violence grave, un suicide, un acte de pédophilie, un meurtre, le centre religieux délègue un « prêtre » pour procéder à l'expiation collective du village. Car ce désordre n'est pas interprété comme une déviance individuelle, mais comme un problème collectif au sein du village. Mais au-delà de ces accidents de parcours, chaque village organise sa vie politique de façon autonome, ce qui ne fait jamais obstacle à la circulation des individus d'un village à un autre. Chacun peut s'installer au sein d'un autre village, non seulement au sein de son ethnie, mais plus largement dans toute l'aire sara.
Un collectivisme agraireLe second principe fondamental de régulation au sein de la société sara, une société où les activités économiques se résument presque uniquement aux cultures de subsistance (par exemple, mil, patates douces, ignames, gombos), est la propriété collective de la terre, au sein du village. Comme partout au sein des sociétés traditionnelles, les champs sont cultivés entre les périodes de jachères. L'affectation des champs à chaque famille y est donc nécessairement « temporaire » et est déterminée en fonction des besoins par le « chef de la terre ». La redistribution est donc constante, et l'accumulation de richesse est donc impossible non seulement pour chaque individu, mais aussi pour chaque famille.
Le chef de la terre ne bénéficie pas, de par sa fonction, de privilège économique significatif. D'ailleurs, à quoi pourrait lui servir un surplus de surface cultivable s'il ne dispose pas au sein de sa famille des bras nécessaires pour le cultiver ? Par ailleurs, le terme de « chef » ne doit pas être interprété avec nos concepts occidentaux. Héréditaire, la fonction de chef se transmet de père en fils, en dehors de tout « droit d'aînesse ». Le fils est choisi par le père parmi l'ensemble de sa fratrie, au terme d'un processus où la parole des sages du village est écoutée. Du fait de ce mode de nomination comme du fonctionnement politique du village où la parole de tous doit être écoutée, le chef est plus investi d'une fonction d'interface, de « modérateur » que de décideur. Et les privilèges du chef sont essentiellement d'ordre symbolique, bien plus qu'économique [3].
Les espaces d'expression regroupent en assemblée tous les initiés, en conseil des sages. Chaque personne exprime son opinion sans entraves. Le consensus dégagé a force de loi. Le chef n'a pas prépondérance dans les débats en dépit de son statut. Les femmes représentées par une femme appelée korbégé – elle est élue démocratiquement – participe au même titre que les hommes à diverses organisations politico-religieuses. Elle maîtrise tous les processus des codes secrets des saras. Elle est la voix des femmes auprès des hommes et inversement.
Une société extrêmement organiséeL'individualisme, base de l'organisation sociale occidentale, est inconnu au sein de la société sara. La société est plus organisée pour assurer le fonctionnement collectif que les droits individuels. Cette organisation repose sur plusieurs principes :
– Une société hiérarchisée sur la base des générations. Les rapports interpersonnels sont organisés en fonction de l'âge des protagonistes. La parole de l'aîné prime sur celle du plus jeune. Le plus jeune doit respect, assistance et, au sein de la famille, obéissance aux plus âgé-e-s. La division du travail au sein de la famille s'organise en fonction de cette hiérarchie. Encore aujourd'hui, au sein d'une famille sara, dans la concession familiale [4], la femme et l'homme âgés se font servir par les jeunes hommes et les jeunes femmes de la famille.
– Des relations interpersonnelles codifiées de façon rigide. En extension de cette hiérarchisation générationnelle, ce sont toutes les relations interpersonnelles au sein de la famille qui sont régies par la position réciproque de chaque protagoniste. Non seulement, les parents par rapport aux enfants, mais les jeunes par rapport à leurs oncles et tantes paternels ou maternels, par rapport à leurs cousins, à leurs frères et sœurs… Et encore davantage quand une femme se marie et s'installe au sein de la famille de son mari.
– Une chefferie organisant les décisions collectives du village. Nous avons déjà décrit le rôle du « chef de la terre ». À celui-ci il faut ajouter le chef du village, organisateur de la vie politique ; le chef de la pêche qui déterminera les périodes de pêche ; le chef religieux, organisateur des rites d'initiation. Dépositaires de privilèges symboliques, les chefs sont les garants du fonctionnement autonome du village et de l'égalité économique et politique entre les familles, fonctionnement qui repose d'abord sur la prise de parole de tous sur les problèmes collectifs.
Une société fondamentalement patriarcaleLa société sara ne fait pas exception sur cet aspect, aujourd'hui universel, des sociétés humaines, tout ne tombant pas dans les exemples les plus extrêmes du patriarcat. La société est organisée sur une base patrilinéaire (les enfants sont de la lignée du père) et sur la base d'une division sexuée du travail. L'agriculture est d'abord de la responsabilité des hommes, même si les femmes doivent assistance aux périodes critiques de la production. La chasse est d'abord une activité masculine, mais il existe une forme de chasse collective auxquelles les jeunes femmes peuvent participer. Il existe des formes de pêche pour les hommes et des formes de pêche pour les femmes. La construction des habitations est une affaire d'homme. La cuisine est une affaire de femmes, sauf certaines cuisines sacrées réservées aux hommes pendant l'initiation. « Bien entendu » les travaux domestiques sont réservés aux femmes ainsi que l'éducation des enfants jusqu'à 7 ans. Au-delà les garçons sont éduqués par les hommes.
Le pouvoir politique dans le village est d'abord une affaire d'hommes, situation tempérée par la korbége qui jouit du privilège d'ambassadrice des femmes. Une curiosité tout de même : l'image de la femme est moins dévalorisée que dans d'autres sociétés. Au sein des centres religieux, une fonction est réservée à une femme ménopausée, et celle-ci y possède un statut égal à ses pairs. De même, certains mécanismes sociaux permettent d'éviter une dégradation massive du statut de la femme. Si l'homme a le droit de répudier une épouse, celle-ci a le droit de quitter son mari si elle n'en est pas satisfaite. Elle peut alors retourner dans sa famille. Cette situation n'est pas vécue comme dévalorisante pour la femme, mais davantage pour le mari et la dot ne sera remboursée que si la femme se marie à nouveau.
Il n'est toutefois pas possible de passer sous silence les excisions pratiquées massivement chez les Saras. Cette excision s'inscrit toujours dans le processus d'initiation. Les jeunes filles non excisées sont exclues des rites initiatiques et par-là même d'une partie importante de la vie sociale, même si elles ne sont pas, comme dans d'autres sociétés pratiquant cette barbarie, traitées comme des parias. Cette situation perdure, mais pourrait peut-être changer dans un avenir proche : certains groupes saras, en particulier dans la région de Sahr, auraient décidé que des jeunes filles non excisées pouvaient participer aux rites d'initiation, donc intégrer la vie sociale.
Plus qu'une curiosité de l'histoireLa société Sara, sans classes sociales hiérarchisées, sans État séparé du peuple, est évidemment à resituer dans son contexte historique et géographique. Mais elle ne s'inscrit en tout cas dans aucun des grands modèles de société « classiques » – esclavagisme, féodalité ou capitalisme. Il faut d'ailleurs souligner sa grande stabilité, qui en fait plus qu'une simple « curiosité de l'histoire » : constituée dans un environnement hostile, elle a regroupé plus d'un million de membres et a perduré pendant cinq siècles avant d'être déstructurée par le colonisateur français relayé par les religions d'importation – catholicisme, protestantisme et islam.
La démocratie directe était circonscrite à l'espace du village. Pourtant la cohésion politique était forte au sein de « l'ensemble Sara ». Une culture fondamentalement égalitaire, les liens familiaux intervillages, les fraternités d'initiés, les centres religieux maintenaient cette solidarité. Cette société nous rappelle également que l'égalité sociale ne se réduit pas au collectivisme et à l'égalité économique. L'un des piliers de la société sara était la fraternité des initiés, hiérarchisée sur une base générationnelle, l'autre était la division sexuelle, plaçant globalement les femmes dans une situation dominée.
Cette société est aujourd'hui largement déstructurée, même si la vie des Saras est toujours profondément rythmée par les modes de vie traditionnels. Pour ceux et celles qui auront le privilège de les rencontrer dans leurs villages, l'héritage en est, aujourd'hui encore, des rapports humains plus respectueux, beaucoup moins violents, plus attentifs à l'autre et plus accueillants pour l'étranger que dans beaucoup d'autres sociétés - en particulier que dans les sociétés occidentales.
Jacques Dubart (AL Lot-et-Garonne)
Un vaste ensemble culturelLa découverte des Saras par les aventuriers du colonialisme français a suscité chez eux une certaine surprise : « Ce nom de Sara m'étonne car c'est ainsi que l'on désigne généralement tous les gens, sans exception, qui habitent ces régions depuis le Logone à l'ouest jusqu'aux frontières ouaddaïennes, raconte un observateur français du début du XXe siècle. Ce sont des Saras depuis Nara jusqu'à Daï. Les observations que j'ai pu faire jusqu'à ce jour chez les Niellims, les Ndams, les Toumoks, les Goulleis, […] m'ont persuadé que ces groupes ne forment qu'un seul peuple divisé à l'infini, chaque village constituant presque toujours un groupement complet sans rapport avec les villages voisins. […] mêmes armes (surtout le bouclier et le couteau de jet), même langue (dans ses grandes lignes) […] mêmes ustensiles et mêmes ornements » [5].
De fait les Saras sont unis par la langue, les mœurs et coutumes, les mêmes techniques architecturales, la même religion animiste, les mêmes structures sociales. Venus probablement du Nil bleu, près de l'Éthiopie actuelle, ils auraient migré à partir du XVIe siècle en faisant une « étape » au Darfour. Linguistiquement et géographiquement, les Saras se divisent en trois groupes : groupe Logone, groupe Chari-Ouest et groupe Chari-Est qui entretiennent des relations religieuses, culturelles, politiques. D'autres peuples « allogènes », comme les Days, les Noys, les Tomaks, les Tounias, les Ndams, les Gabries ont adopté les coutumes, la religion et les structures sociales des Saras.
[1] 1. Le groupe Noy vivant dans un rapport social casté au centre religieux de Bedaya constitue une exception.
[2] 2. Le principe de fonctionnement des rites d'initiation et de l'organisation entre les initié-e-s est marqué du sceau du secret. D'ailleurs, violer ce principe reste un des actes graves au sein de la société sara. Il sera donc difficile d'en dire beaucoup plus.
[3] 3. On peut toutefois imaginer que le chef de la terre ne va pas choisir pour sa famille les plus mauvaises terres…
[4] 4. Nom donné aux cases et au terrain constituant le lieu d'habitation.
[5] 5. A. Chevallier, L'Afrique centrale française, mission Chari-lac-Tchad, 1908.
Lors du discours qu'il a donné en décembre 2007 en la basilique de Saint Jean-de-Latran à Rome, Nicolas Sarkozy a pu préciser ses vues sur le rôle que l'Église et la religion (quelles qu'elles soient) devraient avoir dans la société.
Il y a défendu une « laïcité positive » qui ne devrait pas avoir « le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes ». Selon lui « dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé » [1]. Il s'est permis « de souffrir avec ceux qui ont souffert […] des lois de la séparation de l'Église et de l'État, […] comme jamais il ne l'a fait avec aucun sans-papiers ou autre insignifiant du pays. » [2]
Que le petit Nicolas ait ses croyances personnelles, grand bien lui fasse ! Grâce à cette laïcité qu'il attaque, personne ne viendra l'en empêcher ! Mais qu'en temps que Président (un fait sans précédent), et donc au nom de la population française, il fasse de telles déclarations et qu'il invite ensuite le pape Benoît XVI, institutionnalisant ainsi le dialogue entre l'État et une Église opposée à des libertés individuelles fondamentales, constituent des attaques intolérables contre la laïcité.
Sans le latin…Ceci est d'autant plus problématique que Benoît XVI, Joseph Ratzinger pour les intimes, est plus réactionnaire que ses prédécesseurs. Par exemple, pour des raisons de politique interne à l'Église mais aussi pour chercher à enrayer le vieillissement et la diminution du clergé, Benoît XVI n'a pas hésité à réintégrer au sein de l'Église la très intégriste Fraternité sacerdotale Saint-Pie X. D'ici peu on pourrait même assister à une réforme du Concile « Vatican II » de 1962, considéré comme un « tournant humaniste » de l'Église Catholique et qui a imposé la messe en langue vernaculaire : à croire que Benoît XVI aussi trouve que sans le latin la messe nous emmerde.
L'abus de religion nuit gravement à votre utérusCette visite est aussi un signal envoyé aux femmes et à l'acquis le plus emblématique des luttes féministes : le droit à l'avortement. La visite de Ratzinger s'effectue à un moment où, dans le monde et en Europe, ce droit est attaqué sans relâche [3] avec l'aide [4] et pour le plus grand bonheur des intégristes religieux.
En France, alors que 40 % des femmes auront recours à l'IVG dans leur vie, les services hospitaliers qui le pratiquent ont toujours été sous financés et en sous effectifs. Aujourd'hui, en plus des idées reçues sur le « traumatisme » de l'IVG, il devient matériellement de plus en plus dur d'avorter. Et cela ne va pas s'améliorer si rien n'est fait pour arrêter les réformes de la santé et la fermeture des hôpitaux et maternités de proximité.
Cette invitation de l'État français est un appel du pied à la religion et un symbole fort que le mouvement social aurait tort de sous estimer. Dès maintenant préparons un tapis rouge et noir pour Benoît XVI !
Rémi (AL Paris Sud)
[1] 1. « Discours de Nicolas Sarkozy au Palais du Latran », jeudi 20 décembre 2007
[2] 2. « L'inquiétant pacte de Sarkozy au Vatican », http://contrejournal.blogs.liberation.fr - consulté le 21 juin 2008
[3] 3. Pour les pays où c'est un « acquis » ! Voir la carte « Le droit à l'avortement dans le monde » sur www.monde-diplomatique.fr.
[4] 4. « Vers un front international réactionnaire », Alternative libertaire n°173
La compétition sportive aux allures de grande fête ludique cache de moins en moins les enjeux de l'évènement olympique. Les dizaines de millions de téléspectateurs, rivés sur leurs écrans vont vibrer au rythme de « leurs » championnes et leurs champions, transformés en porte-drapeaux, acclamés ou haïs selon leur performance. Le fondateur des JO modernes en 1896, le baron Pierre de Coubertin (1863-1937), ne s'y trompait pas : « Les sports ont fait fleurir toutes les qualités qui servent à la guerre : insouciance, belle-humeur, accoutumance à l'imprévu, notion exacte de l'effort à faire sans dépenser des forces inutiles. » [1]
De Munich à PékinSi Pékin travaille de façon minutieuse sa communication (cours d'accueil des Occidentaux, restructuration de quartiers complets avec expropriations de centaines de milliers de familles et travail forcé, séjours en camps pour opposants…), c'est que les JO sont avant tout une énorme page de pub pour le régime. Ils lui permettent de justifier ses prétentions territoriales - comme les JO de Moscou en 1980, après l'occupation de l'Afghanistan par l'URSS – ou ses fondements idéologiques – comme les JO de Munich organisés par les nazis en 1936 ou le mondial de foot par la dictature argentine en 1978.
Préparation psychique et biologiqueQue ce soit à Pékin, à Munich ou ailleurs, le principal contenu idéologique des JO ou autre Coupe du monde réside dans la compétition en elle-même. Le principe suppose de battre continuellement des records, magnifie l'effort physique et le dépassement de soi au mépris de l'aspect esthétique et ludique que l'on pourrait attendre du sport.
Les sportives et les sportifs sont parqués dans un village étroitement surveillé, comme pour les préserver. Leurs corps sont devenus des matières premières rares et précieuses, que l'on a travaillé, cultivé avec des méthodes de plus en plus sophistiquées : surmédicalisation, préparation psychique et biologique… jusqu'au dopage. Le but est de produire de la performance, car c'est cette performance que l'on vend aux médias et que les sponsors attendent. Le corps sportif est réduit au statut de simple support de la compétition capitaliste. Derrière ces corps idéologisés, se trouvent pourtant des athlètes, qui perdent à nos yeux tout caractère humain.
Si l'on ajoute les commentaires journalistiques habituels, les performances sportives finissent par justifier une hiérarchie « naturelle » entre nations, voir entre « races », grâce à un essentialisme culturel anodin : eh oui, les Chinois sont souples, les Russes sont durs et rigoureux, les Africains sont endurants et persévérants, etc.
Les médias, acteurs décisifsAu-delà de la simple information sur les résultats, les médias servent avant tout à glorifier des héros, à enthousiasmer les foules, à dramatiser les enjeux de telle ou telle compétition. Ils sont partie prenante du système olympique dans lequel ils investissent en droits de retransmission, en espérant le maximum de rentabilité (sponsoring des émissions sportives, publicité). Donner de l'importance à l'évènement vise autant à augmenter l'audience, et donc les recettes publicitaires, qu'à diffuser l'idéologie sportive qui permet de perpétuer ce système. Dans ces conditions, il est illusoire de penser que la présence des médias en Chine pendant les JO permettrait de dénoncer la politique liberticide du Parti unique. Les médias façonnent les Jeux, au même titre que le Comité international olympique ou Coca Cola. Le boycott auquel appel le Comité d'organisation du boycott des Jeux olympiques de Pékin (Cobop) commence d'abord par le boycott des médias [2]. Mais plus encore, ce qu'il faut refuser, c'est ce sport-compétition, qui opprime le corps et nous enferme dans le cadre nationaliste ou localiste des évènements sportifs.
Renaud (AL Alsace)
[1] 1. Pierre de Coubertin, Essais de psychologie sportive, 1913.
[2] 2. http://cobop.free.fr
Le père de Dumenicu, condamné à 15 années de prison en juillet dernier, Hector, souffre dans la dignité et le silence depuis 5 ans, car il n'a pas pu encore voir son fils depuis son arrestation.
Toutes les demandes de permis de visite lui ont été refusées
L'occupation symbolique s'est donc déroulée dans le calme, des rafraîchissements étant même proposé aux manifestants par les habitants (Clavier était sorti en mer).
Mais l'affaire ne se termine pas là, le responsable de la sécurité en Corse, Dominique Rossi a été renvoyé
Deux fois déjà par le passé, nous vous avons fait appel à vos dons pour nous
aider à emmerder les plus grands criminels du monde. Les deux fois vous avez
répondu généreusement - et vous pouvez juger des résultats ici
Une mère de famille de deux enfants s'est jetée par la fenêtre de son logement à Istres,quartier de Rassuen, au moment où, le premier jour de rentrée scolaire au Clos de la Roche pour l'enfant agé de 4 ans, la police venait l'expulser de son logement HLM de l'OPAC des Bouches du Rhône pour "impayé de loyers"
Ce n'est plus un secret pour personne. La grogne sociale bat son plein en République Démocratique du Congo malgré le semblant que fait le gouvernement du duo Kabila-Gizenga. Le dernier acte en date est la rentrée scolaire 2008-2009 médiatisée à outrance par le gouvernement congolais
Le Tribunal Permanent des Peuples, lors de la séance sur les Entreprises Transnationales et les Droits des Peuples en Colombie, célébrée entre les 21 et 23 juillet à Bogota, a condamné le gouvernement colombien et un groupe d'entreprises transnationales pour pratiques de génocides, pour crimes contre humanité et pour crimes de guerre
Après une première réunion unitaire début juillet répondant à l'annonce d'ouverture du capital de La Poste, les fédérations syndicales SUD, CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC avaient décidé de se revoir le mercredi 2 septembre pour décider, ensemble, de la réaction unitaire nécessaire. Ces
discussions ont abouti et se concrétisent par un appel unitaire à la grève le mardi 23 septembre contre le projet de privatisation
Les publicitaires, c'est comme les dealers, ils attendent les enfants et les ados à la sortie des écoles et des lycées. Ils savent très bien que plus ils prennent les jeunes tôt, plus il sera dur après pour eux de se désintoxiquer de la consommation. A cause de la publicité, de plus en plus d'enfants sont malades de l'obésité
L'Église catholique se targue de défendre la vie. Mais la vie de qui ? Rarement celles des femmes enceintes qui veulent avorter, ou celles des pauvres, des homosexuels et des lesbiennes
À l'occasion du second anniversaire du lancement de la Campagne pour l'égalité, le 27 août, Amnesty International appelle à nouveau les autorités iraniennes à cesser de harceler et d'emprisonner ceux qui défendent les droits des femmes et à ne plus restreindre les activités de ceux qui mènent campagne pour la suppression des lois et pratiques discriminatoires à l'égard des femmes en Iran
L'Église catholique se targue de défendre la vie. Mais la vie de qui ? Rarement celles des femmes enceintes qui veulent avorter, ou celles des pauvres, des homosexuels et des lesbiennes.
Avant de devenir pape, Joseph Ratzinger a été préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, une structure descendant historiquement de l'Inquisition. Ratzinger était à l'origine de nombreux textes du pape précédent. Les réactionnaires seront heureux d'apprendre qu'en matière de traditionalisme, l'original vaut mieux que la copie !
Benoît XVI tient à envoyer un message clair contre l'émancipation : « Il serait criminel de prendre les éléments de la piété populaire et de les orienter vers un plan de libération purement terrestre, lequel se révèlerait rapidement comme rien d'autre qu'une illusion. » [1]. À défaut d'être corporatiste, Ratzinger a au moins le mérite de la cohérence : il refuse toujours de reconnaître le caractère politique de l'assassinat par l'extrême droite de l'archevêque salvadorien Oscar Romero en mars 1980. Il faut dire que celui-ci défendait la théologie de la libération, une doctrine progressiste du catholicisme.
Sur la question de la sexualité, les conseils et les méthodes autoritaires du nouveau Saint Père ne changent pas par rapport à celles du catéchisme de l'Église catholique : « Le plaisir sexuel est moralement désordonné, quand il est recherché pour lui-même, isolé des finalités de procréation et d'union. »
Sida et Église catholique : un crimeEn vertu de ce dogme, l'Église catholique se permet d'attaquer toute forme de sexualité en dehors des liens sacré(ment tordu)s du mariage. Elle s'en prend pour la même raison à l'avortement, en arrivant plus ou moins à ses fins à force de lobbying [2]. Enfin elle s'en prend à la majorité des moyens de contraception, y compris le préservatif, seul moyen de protection contre de nombreuses maladies sexuellement transmissibles (MST) et notamment le virus du Sida (VIH).
Pourtant, plusieurs études américaines ont récemment montré l'inefficacité des campagnes mettant en avant l'abstinence comme moyen de contraception et de protection jusqu'au mariage. Alors que, depuis 1982, le gouvernement américain a dépensé plus de 1,5 milliards de dollars dans ce type de campagnes, celles-ci s'avèrent incapables de changer le comportement des adolescentes et des adolescents. De plus, 26 % des femmes américaines de 14 à 19 ans ont une MST et en 2006, pour la première fois en quatorze ans, le nombre d'adolescentes américaines enceintes a recommencé à croître [3].
Vu l'inefficacité de ces campagnes et dans un contexte où la pandémie du VIH continue de faire des ravages, surtout en Afrique subsaharienne où se trouvent 64 % des personnes infectées et où les trois quarts sont des femmes, l'obstination de l'Église à interdire des protections simples, peu coûteuses et efficaces, comme le préservatif, est pour le moins criminelle.
Contre les LGBTEn voulant à tout prix associer sexualité et procréation l'Église catholique doit donc s'en prendre à l'homosexualité. Concernant ce sujet, la Bible est claire : c'est une abomination (Lévitique, chapitre 18, verset 22). Ratzinger, à peine plus nuancé, maintient que « l'inclination particulière de la personne homosexuelle constitue néanmoins une tendance […] vers un comportement intrinsèquement mauvais du point de vue moral » [4].
Par ses propos, Benoit XVI légitime toutes les discriminations et violences commises envers les lesbiennes, gays, bisexuel-le-s et transexuel-le-s (LGBT) dans leur vie quotidienne, à l'école, dans leur famille, au travail, dans les espaces publics et face à l'emploi.
Rémi (AL Paris Sud)
[1] Lettre aux évêques de l'Eglise catholique sur la pastorale à l'égard des personnes homosexuelles n°3, 1er octobre 1986
[2] Lire AL de mai et de l'été 2008.
[3] Steven Yoder, « Chastity Science Still an Oxymoron », Z Mag, mai 2008.
[4] Instruction sur la liberté chrétienne et la libération n°98, 22 mars 1986.
A l'occasion de la Conférence internationale sur le climat organisée à Accra du 21 au 27 août, la France, présidente en exercice de l'Union européenne, a offert à ses partenaires une réception organisée par M. Brice Lalonde, son ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique. Et la cérémonie était parrainée par... la société Areva, dont le logo ornait les cartons d'invitation !
Les pressions provenant de partout dans le monde ont forcé Monsanto d'annoncer qu'elle se retirait de la fabrication de l'hormone somatotrophine bovine recombinante Posilac(rBST), une substance génétiquement modifiée destinée à rendre les vaches laitières plus productives.
La loi AB541, qui vient d'être votée le 31 Août par les deux chambres californiennes, est le premier texte législatif venant protéger les agriculteurs contre les risques engendrés par les cultures OGM, et notamment les problèmes liés à la contamination génétique des cultures conventionnelles et biologiques.
Non, ce n'est pas une déclaration issue de l'université d'un parti politique, c'est le constat formulé par l'OMS, dont le communiqué de presse commence par ces mots :
"Un enfant né dans une banlieue de Glasgow, en Écosse, aura une espérance de vie inférieure de 28 ans à un autre né à peine treize kilomètres plus loin. L'espérance de vie à la naissance d'une fille au Lesotho est inférieure de 42 ans à celle d'une autre née au même moment au Japon
Le président du Paraguay a demandé à la société d'être vigilante face à des « intentions de coup d'État de la part des secteurs rétrogrades ». Il a fait référence à une réunion entre Oviedo, Duarte Frutos et le président du Sénat
Au Pérou, les blessures du conflit interne des années 80 et 90 ne se ferment pas et le drame des victimes de violations des droits de l'homme est de nouveau au centre du débat national. Dans les régions andines, de nouvelles fosses communes apparaissent et des rapports récents élèvent le nombre des disparus à des niveaux qui placent le Pérou parmi les pays avec le plus grand nombre de détenus disparus dans le monde
Un tremblement de terre de magnitude 5 a secoué le Tibet vendredi près de la frontière du Népal, très près de la région touchée la semaine passée et qui avait détruit quelques centaines d'habitations
Suite à l'entrevue entre notre syndicat et la direction du musée du Louvre, la procédure de sanction disciplinaire individuelle à l'encontre des 5 militants de SUD Culture (pour l'action syndicale contre la location d'espace au salon des marchands d'armes Eurosatory) a été levée et aucun rapport ne sera mis dans leur dossier administratif
Cristina, Edvige, que ce soit les ouragans ou les fichiers, décidément les catastrophes portent souvent des prénoms féminins ! Edvige est le nom du dernier né des fichiers policiers, et signifie "Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale". Son acte de naissance, un décret du 27 juin 2008, est paru au journal officiel du premier juillet 2008, en même temps qu'un nouveau service policier, la DCRI, fusionnant les deux grandes oreilles de la République, les RG et la DST
Le tribunal d'instance de Brest a condamné le 5 août 2008 l'usager breton qui l'avait saisi d'un contentieux l'opposant au Spanc d'une communauté de communes du Nord-Finistère. Après de nombreux rebondissements, cette décision, contre laquelle le justiciable concerné a décidé de faire appel, est de nature, si elle fait jurisprudence, à inquiéter tous les particuliers qui se sont dotés de toilettes sèches
Pour la troisième action des Cacheurs de pub bruxellois, le soleil était à nouveau au rendez-vous. Une quarantaine de personnes, dont plusieurs participants à la démarche de l'après-croissance, s'étaient rassemblés à 11 h devant la cathédrale Sainte-Gudule et Saint-Michel
Les Amis de la Terre accueillent favorablement les informations du quotidien Les Echos selon lesquelles le gouvernement proposerait un prêt écologique à taux zéro à partir de 2009. Les conditions de ce prêt devraient pouvoir dynamiser le marché de la rénovation thermique. Mais l'impact climatique réel de la mesure dépendra, lui, des critères retenus pour que les travaux bénéficient du prêt à taux zéro, critères qui restent à définir par décret
Reporters sans frontières est scandalisée par les interpellations brutales de trois journalistes et producteurs du programme audiovisuel Democracy Now !, le 1er septembre 2008 à Saint Paul (Minnesota, Nord), en marge de la convention du Parti républicain qui doit désigner John Mc Cain pour l'élection présidentielle du 4 novembre prochain
Voici le compte rendu d'un entretien avec Nidzara Ahmetasevic, responsable de l'équipe Justice Report au sein du BIRN, une agence de presse basée à Sarajevo. Cette agence est spécialisée dans la diffusion d'informations sur les poursuites liées aux crimes de guerre perpétrés en Bosnie-Herzégovine
Deux hauts gradés de l'armée du temps de la dictature militaire en Argentine ont été condamnés à des peines de réclusion à perpétuité pour avoir enlevé, torturé et fait disparaître le sénateur Guillermo Vargas Aignasse en avril 1976
La Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et le Centre bélarus des droits de l'Homme « Viasna » publient le rapport d'une mission d'enquête internationale sur les conditions de détention au Bélarus
Suite à une erreur de manipulation la totalité des articles [1] publiés sur le site depuis le 5 mars 2008 est perdue. Et ces données ne pourront pas être récupérées parce qu'il n'y a pas de sauvegarde plus récente.
Pour éviter qu'une erreur du même type ait d'aussi importantes conséquences à l'avenir nous mettons en place un système de sauvegarde automatique qui limitera normalement les conséquences à la perte au maximum d'une semaine de données.
Nous sommes désolé-e-s pour les personnes qui utilisent Indymedia Lille pour chercher et publier des infos, et en particulier pour celles qui utilisent exclusivement Indymedia Lille pour ça.
La prochaine réunion publique du collectif Indymedia Lille aura lieu à 20h00 le 9 septembre au Centre Culturel Libertaire - 4 rue de Colmar à Lille [métro Porte des postes]. C'est l'occasion de venir nous rencontrer et pourquoi pas rejoindre le collectif !
[1] mais pas les brêves et les commentaires
Le texte qui suit est une nouvelle traduction de “La gioia armata” d'Alfredo M. Bonanno (livre paru en 1977 aux Edizioni Anarchismo). Elle a été élaborée à partir de la version d'origine, en italien. Une première traduction à partir de la version anglaise du texte a été publiée dans la revue Asymétrie n°0, en août 2003.
Le texte ci-dessous est une traduction de l'introduction faite par Bonanno pour l'édition anglaise (Elephant Editions, 1998).
Ce livre a été écrit en 1977 au moment où des luttes révolutionnaires se déroulaient en Italie, il faut avoir à l'esprit la situation de l'époque pour le lire aujourd'hui.
Le mouvement révolutionnaire, y compris les anarchistes, étaient dans une phase d'extension et tout semblait possible même une généralisation de l'affrontement armé.
Mais il était nécessaire de se prémunir de la spécialisation et de la militarisation qu'une minorité de militants voulaient imposer aux dizaines de milliers de camarades qui combattaient avec tous les moyens possibles la répression et la tentative de réorganisation - plutôt inefficace il est vrai - du capital par l'état. C'est ce qui se passait en Italie mais quelque chose de similaire avait lieu en Allemagne, en France, en Grande-Bretagne et ailleurs.
Il semblait essentiel d'empêcher que les nombreuses actions menées chaque jour par les camarades contre les hommes et les structures du pouvoir soient intégrées à la logique planificatrice d'un parti armé comme les Brigades Rouges en Italie.
C'est l'esprit de ce livre. Montrer comment une pratique de libération et de destruction peut surgir d'une logique joyeuse de lutte, et non pas d'une rigidité morbide et schématique dans les règles pré-établies des groupes dirigeants. Certains de ces problèmes n'existent plus aujourd'hui. Ils ont été résolus par les dures leçons de l'histoire. L'effondrement du socialisme réel a soudain ramené à leurs dimensions les ambitions directrices des marxistes de toutes tendances - fort heureusement. D'un autre côté, cela n'a pas supprimé mais plutôt enflammé le désir de liberté et de communisme anarchiste qui se répand partout et spécialement chez les jeunes, et souvent sans avoir recours aux symboles traditionnels de l'anarchisme, ses slogans et ses théories, taxés, dans un refus compréhensible (mais qu'on ne peut partager) de s'être imprégné d'idéologie.
Ce livre est encore d'actualité mais d'une autre façon. Non pas comme la critique d'une structure monopolisante qui n'existe plus, mais parce qu'il peut montrer les capacités potentielles des individus suivant leur chemin avec joie vers la destruction de tout ce qui les oppresse et les régule.
Avant de finir, je dois mentionner qu'on a ordonné la destruction de ce livre en Italie. La Cour Suprême avait ordonné qu'il soit brûlé. Toutes les librairies qui avaient un exemplaire reçurent une circulaire du ministère de l'Intérieur exigeant son incinération. Plus d'un libraire refusa de brûler ce livre, considérant qu'une telle pratique renvoyait aux nazis ou à l'Inquisition. Mais, légalement, ce livre était interdit à la consultation.
Pour la même raison, il ne put être diffusé légalement en Italie et plusieurs camarades virent leurs exemplaires confisqués au cours de descentes menées dans ce but.
J'ai été condamné à 18 mois de prison pour l'écriture de ce livre.
Alfredo M. Bonanno, Catania, le 14 juillet 1993
La gioia armata(A Paris, en 1848, la révolution).
C'était une fête sans commencement et sans fin.
Bakounine
I.
Mais pourquoi donc ces satanés garçons ont-ils tiré dans les jambes de Montanelli [1] ? N'aurait-il pas été mieux de lui tirer dans la tête ? Bien sûr que cela aurait été mieux. Mais cela aurait aussi été plus grave. Plus vindicatif et plus sombre. Estropier une bête comme celle-là peut aussi avoir un côté plus profond et significatif, au-delà de la vengeance, de la punition pour sa responsabilité en tant que fasciste et valet des patrons. L'estropier signifie l'obliger à boiter, l'obliger à se souvenir. Par contre, ça aurait été un divertissement plus agréable de lui tirer dans la bouche, avec la cervelle qui lui sort par les yeux. Le compagnon qui, tous les matins, se lève pour aller travailler, marche dans le brouillard, pénètre dans l'atmosphère irrespirable de l'usine ou du bureau, pour y retrouver toujours les mêmes visages : ceux du chef d'atelier, du chronométreur, du mouchard de l'équipe, du stakhanoviste-avec-sept-enfants-à-charge ; ce compagnon sent la nécessité de la révolution, de la lutte et de l'affrontement physique, même mortel. Mais il sent aussi que tout ceci doit lui apporter un peu de joie, tout de suite, maintenant. Cette joie, il la cultive dans ses rêveries tout en marchant tête basse dans le brouillard, tandis qu'il passe d'innombrables heures dans les trains ou les trams, tandis qu'il étouffe sous le poids des activités inutiles du bureau ou devant les inutiles boulons qui servent à tenir ensemble les inutiles mécanismes du capital. La joie rétribuée, celle que le patron lui paie toutes les semaines (week-end) ou toutes les années (congés), c'est comme faire l'amour en payant. Oui, l'aspect extérieur est le même, mais il y a quelque chose qui manque. Des centaines de discours s'entassent dans les livres, les opuscules, les journaux révolutionnaires. Il faut faire ceci, il faut faire cela, voir les choses ainsi, les voir comme le dit tel type ou tel gars, parce que ce type et ce gars sont les vrais interprètes des types et des gars du passé, ceux qui ont des lettres majuscules, ceux qui remplissent les volumes asphyxiants des classiques. Ceux-là aussi, il faut les avoir à portée de mains. Cela fait partie de la liturgie. De ne pas les avoir est mauvais signe et éveille le soupçon. C'est sûr que de les avoir sous la main peut être utile, comme ils sont pesants (c'est-à-dire lourds), ils peuvent être jetés à la tête de quelques casse-couilles : utilisation bien connue mais toujours agréable de la validité révolutionnaire des thèses du passé (et du présent). Jamais aucun discours sur la joie dans ces volumes. L'austérité du cloître n'a rien à envier à l'atmosphère que l'on respire dans ces pages. Les auteurs, moines de la révolution-de-la-vengeance-et-du-châtiment, passent leur temps à comptabiliser les coups et les peines. Ces prêtres en jeans ont également fait vœu de chasteté, à ce qu'ils prétendent et entendent imposer. Ils veulent être rétribués pour leurs sacrifices. D'abord, ils ont abandonné l'ambiance feutrée de leur classe d'origine, puis, ils ont mis leurs capacités au service des démunis, puis, ils se sont habitués à parler un langage impropre et à supporter des nappes sales et des lits défaits. Du moins, à les entendre. Ils rêvent de révolution ordonnée, de principes en bon ordre, d'anarchie sans turbulence. Quand la réalité prend un pli différent, ils crient immédiatement à la provocation et hurlent jusqu'à être entendus par la police. Les révolutionnaires sont des gens pieux. Pas la révolution.
Moi, j'appelle un chat un chat.
Boileau
II.
Nous sommes tous pris dans la problématique révolutionnaire du comment et quoi produire, mais personne ne parle jamais du “produire” en tant que problématique révolutionnaire. Si la production est la base de l'exploitation mise en place par le ca-pital, changer le mode de production signifie changer le mode d'exploitation, cela ne signifie pas éliminer l'exploitation. Un chat, même teint en rouge, est toujours un chat. Le “producteur” est sacré. On n'y touche pas. Plutôt les sancti-fier, lui et son sacrifice, au nom de la révolution, et le tour est joué. “Mais que mangerons-nous ?”, se demandent les plus inquiets. “Du pain sec et de l'eau”, répondent, de façon simpliste, les réalistes, un œil sur la marmite et l'autre sur le fusil. “Des idées”, répondent les idéalistes brouillons, un œil sur le livre des rêves et l'autre sur le genre humain. Qui touche à la productivité meurt. Le capitalisme et ceux qui le combattent s'assoient ensemble sur le cadavre du “producteur”, pour que le monde de la production continue. La critique de l'économie politique est une rationalisation du mode de production à moindre coût (pour ceux qui jouissent des bénéfices). Les autres, ceux qui subissent l'exploitation, doivent veiller à ce que rien ne manque. En cas contraire, comment vivrait-on ? Quand il sort au grand jour, le fils des ténèbres ne voit rien, tout comme quand il tâtonnait dans l'obscurité. La joie l'aveugle. Elle le tue. Alors, il l'appelle hallucination et il la condamne. Les bourgeois, bedonnants et faisandés, jouissent dans leur opulent farniente. Ainsi, jouir est un péché. Cela signifie partager les tentations de la bourgeoisie, trahir les aspirations du prolétariat. Ce n'est pas vrai. Les bourgeois se donnent le plus grand mal pour maintenir en vie le processus d'exploitation. Eux aussi sont stressés et ne trouvent aucun moment pour la joie. Leurs croisières sont autant d'occasions pour faire de nouveaux projets d'investissement. Leurs maîtresses sont autant d'informatrices au service de leurs concurrents. Le dieu de la productivité tue même ses humbles serviteurs. Décapitons-le, il en sortira un déluge d'immondices. Le miséreux affamé, qui regarde le riche, entouré de ses domestiques, couve des sentiments de vengeance. La destruction de l'ennemi avant tout. Mais que l'on sauve le butin. La richesse ne doit pas être détruite, mais utilisée. Qu'importe ce qu'elle constitue, de quel habit elle se pare, et quelles perspectives elle offre. Ce qui compte, c'est de l'arracher à son actuel détenteur pour en disposer librement, tous.
Tous ? Certainement, tous.
Et comment se fera la transition ? Par la violence révolutionnaire.
Belle réponse. Mais, concrètement, que ferons-nous, après avoir coupé tant de têtes qu'on en aura la nausée ? Que ferons-nous quand il n'y aura même plus un propriétaire à chercher à la lanterne ?
Alors, ce sera le règne de la révolution. à chacun selon ses besoins, à chacun selon ses possibilités.
Compagnon attentif, là, il y a une odeur de comptabilité. On parle de consommation et de production. On reste à l'intérieur de la dimension de la productivité. Dans l'arithmétique, on se sent en sécurité. Deux plus deux font quatre. Personne ne pourra jamais démentir cette “vérité”. Les nombres gouvernent le monde. S'ils l'ont toujours fait, pourquoi ne devraient-ils pas le faire à jamais ? Nous avons tous besoin de choses solides, de fondations sur lesquelles construire un mur contre les tentations inquiétantes qui nous prennent à la gorge. Nous avons tous besoin d'objectivité. Le patron jure sur son portefeuille, le paysan sur sa bêche, le révolutionnaire sur son fusil. Ouvrez une brèche critique et tout l'échafaudage s'effondre. Le quotidien extérieur, dans sa pesanteur objective, nous conditionne et nous reproduit. Nous sommes les fils de la banalité quotidienne. Même quand nous parlons de “choses importantes”, comme la révolution, nous avons toujours les yeux rivés au calendrier. Le patron a peur de la révolution parce que ça lui ôterait son portefeuille, le paysan fera la révolution pour obtenir de la terre, le révolutionnaire pour vérifier sa théorie. Une fois le problème posé en ces termes, entre portefeuille, terre et théorie révolutionnaire, il n'y a aucune différence. Tous ces objets sont purement imaginaires, ils sont le miroir des illusions humaines.
Seule la lutte est réelle.
Elle fait la différence entre patrons et paysans et établit l'alliance entre paysans et révolutionnaires. Les formes d'organisation de la production sont les vecteurs idéologiques qui masquent la grande illusion de l'identité du singulier. Cette identité est projetée dans l'imaginaire économique de la valeur. Un code en établit l'interprétation. Certains éléments de ce code sont aux mains des patrons. Nous nous en sommes aperçus avec la consumérisme. Même la technologie de la guerre psychologique et de la répression totale sont des éléments d'interprétation de l'être humain à condition qu'il soit “producteur”. D'autres éléments du code sont disponibles pour une utilisa